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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 15:16
Des chrétiens « confinés » et des prêtres « en danger » !

J’aime beaucoup cet adage de saint Augustin : « Avec vous je suis chrétien et pour vous je suis évêque ! » que je traduirai pour mon compte par « Avec vous je suis chrétien et pour vous je suis prêtre ! »

Prêtres séculiers (« dans le siècle ») nous ne sommes pas des ermites !

« Les prêtres vivent avec les autres hommes comme avec des frères. » « S’ils sont mis à part au sein du Peuple de Dieu, ce n’est pas pour être séparés de ce peuple, ni d’aucun homme quel qu’il soit » (Presbyterorum Ordinis Chapitre 1er § 3 - Concile Vatican II)

Nous n’avons pas pour vocation à célébrer la messe seuls, confinés, même si la messe « en solitaire » peut avoir un profond sens mystique (cf « la messe sur le monde » de Teilhard de Chardin). Nous n’avons pas pour vocation de priver nos communautés d’Eucharistie et peut-être encore moins - en ce temps du Carême - du sacrement du Pardon qui est – depuis les premières communautés Chrétiennes – le signe éminent de la conversion et de l’accueil de la miséricorde du Seigneur pour vivre pleinement sa Pâque !

Nous n’avons pas pour vocation à nous filmer en train de battre la ville déserte munis du Saint Sacrement pour bénir les rues et les maisons et chercher à compenser l’absence de culte et d’Eucharistie !

Attention au risque de pratiquer un « sacré » de substitution !

Désormais par son incarnation, sa vie, sa passion, sa mort et sa résurrection Jésus nous apprend que le sacré, le temple de l’Esprit c’est « l’Homme » ! Les sacrements de l’Eglise permettent aux chrétiens comme à tous les hommes de grandir autant en humanité qu’en sainteté !

Bien entendu les moyens de communication actuels, Internet et les réseaux sociaux favorisent des liens sans lesquels ce ne serait que désert et vide !

Mais il ne faut pas nous y tromper : nous sommes dans un carême de manque et de privation ! Cette période du carême propice à retourner à Dieu en développant la Prière, le Pardon et le Partage nous laisse un goût amer ! Alors que la Prière, le Pardon et le Partage sont les piliers du « vivre ensemble » pour les Chrétiens !

D’autant plus difficile à vivre que nous ne pouvons qu’accepter, et même assumer ces privations et ces manques cruels !

Profitons de cette période pour approfondir nos chemins spirituels : reconnaitre humblement nos manques, les accepter honnêtement, pour mieux désirer vraiment les dons de la Vie et de l’Esprit !

La grande tradition de l’Eglise atteste que la « communion de désir » lorsqu’elle est vécue avec une foi authentique apporte de vrais fruits aussi précieux qu’une communion réelle !

La grande tradition de l’Eglise atteste que la table de la Parole et que la Table de l’Eucharistie sont les tables du partage avec les pauvres et celles du « Service de l’Homme » !

A l’issue de cette période nous serons d’autant mieux préparés pour vivre ce passage de Pâques : « de la mort à la Vie » !

Belle route du Carême !

Bien fraternellement

 

Denis Chautard

Prêtre de la Mission de France à Vernon (Eure)

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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 20:14
ARCABAS : Le Fils Prodigue

ARCABAS : Le Fils Prodigue

« Bienheureuse marche au désert qu'il nous faut oser malgré nos peurs et nos fragilités » :
« Nous sommes si souvent dans l'à-côté de nos vies, dans la nasse de nos impasses, dans le désert de nos « dès-êtres »…

Comme elle est sèche, Seigneur, et fragile, l'argile de notre cœur sur laquelle Tu viens, sans relâche, blesser la paume de Tes douces Mains de potier !

Nous errons si souvent, l'âme en panne, tristes témoins d'une création en nous interrompue, sous le poids des rocs de nos piètres tombeaux.

Ardente lutte, au gré de nos vies incertaines, entre la pesanteur et la Grâce…

Nous sommes, Tu le sais bien, Seigneur, un peuple à la tête dure, petite horde de fuyards qui, sans cesse, hésite entre le feu brûlant de la liberté et les mirages anesthésiants de l'esclavage.

Nous sommes des hommes et des femmes du clair-obscur, de l'entre-deux, de « l'entre-Dieu », des intermittents de la foi, des « mécréants » récitant le credo de leurs doutes, des marcheurs pétrifiés, apeurés par l'exode auquel, sans relâche pourtant, Tu nous invites et qui nous mènera, de nuit, à l'intime, en cette chambre secrète où, Toi, l'Eternel patient, Tu nous attends et nous espère…

Bienheureuse marche au désert qu'il nous faut maintenant oser, malgré nos peurs et nos fragilités ; sans attendre…

Car Tu n'es pas le Dieu de l'en-haut, hautain et condamnant, mais le Dieu de l'en-bas qui, du bois mort de toutes nos faiblesses, fait secrètement germer l'arbre flamboyant de notre vie nouvelle…

Bienheureuse aridité du désert qui émonde, élague et unifie.

Bienheureuse soif de la Soif…

Bienheureux désir du Désir…

Le Carême n'est rien moins que la faim de la Faim…

Quarante jours, quarante nuits, pour qu'enfin, tel le voile du Temple, se déchirent nos robes de tristesse…

Quarante jours, quarante nuits, pour que tombent les oripeaux de nos angoisses, et qu'enfin nues, désirantes et désirables, nos âmes marchent et dansent vers la Joie imprenable ».
Ainsi soit-il.

 

Bertrand Révillion

Diacre permanent, Journaliste, Ecrivain et Editeur

 

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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 14:08
Entrons en « carême » ce mercredi 6 mars 2019 : « quarante jours pour apprendre à aimer » !

C’est Henri Grouès (l’Abbé Pierre, mort en 2007, il y a 12 ans) qui l’écrit dans son testament (1994) : « Nous venons sur terre pour apprendre à aimer » !

« Car-Aime ». C’est le mot que m’a confié un enfant. Et depuis j’ai mieux compris le sens du « carême » :

« Quarante jours pour apprendre à aimer » !

Jésus, après son baptême, fut conduit au désert pendant quarante jours. Là il est confronté aux forces du mal : le pouvoir dévoyé, la suffisance, l’orgueil. Là il fait le choix de la liberté : aimer et donner sa vie !

Il a fallu quarante ans au Peuple d’Israël libéré de l’esclavage d’Egypte pour prendre possession de la Terre Promise et surtout pour se déposséder de ses idoles, se libérer du mal et apprendre à aimer le vrai Dieu, apprendre à « s’aimer entre frères » !

 

Vivre avec les autres

J’aime bien ce mot d’Henri Grouès (l’Abbé Pierre) dans ses « confessions (2002) : « Sartre écrivait : « L'enfer, c'est les autres ». Je suis intimement convaincu du contraire. L'enfer, c'est soi-même coupé des autres. »

« Aimer » est un mot bien galvaudé. Aimer « comme » Jésus, qu’est-ce que cela veut dire ?

Durant le temps du carême faire le point avec la « boussole » de « l’amour » !

 

« L’autre est un don »

Dans sa lettre d’invitation au Carême 2017, le Pape François commente la parabole de Lazare et de l’homme riche (Luc 16,19-31). En voici un extrait : « La première invitation que nous adresse cette parabole est celle d’ouvrir la porte de notre cœur à l’autre car toute personne est un don, autant notre voisin que le pauvre que nous ne connaissons pas. Le Carême est un temps propice pour ouvrir la porte à ceux qui sont dans le besoin et reconnaître en eux le visage du Christ. Chacun de nous en croise sur son propre chemin. Toute vie qui vient à notre rencontre est un don et mérite accueil, respect, amour. La Parole de Dieu nous aide à ouvrir les yeux pour accueillir la vie et l’aimer, surtout lorsqu’elle est faible ».

 

« Dis-moi comment tu aimes, je te dirai qui est ton Dieu » (Maurice Bellet)

Aimer gratuitement, aimer sans attendre de retour.

Lorsqu’on aide un « sans papier » à obtenir un titre de séjour, lorsqu’on héberge quelqu’un en grande détresse, lorsque l’on donne de son temps à une personne qui a besoin d’une oreille et d’un cœur qui l’écoute, il arrive que l’autre – fragile et blessé – ne puisse pas trouver les mots ou les gestes pour nous remercier. Cela peut nous choquer. Aimer à la manière de Jésus, c’est donner « gratuitement », sans attendre de « retour » !

Aimer celui ou celle qui n'est pas aimable !

Apprendre à discerner derrière une carapace d'antipathie, derrière l'amertume, la solitude, ou la détresse ! Voilà ce que peut rendre possible l'amour de Dieu. Aimer, c'est voir l'autre tel que Dieu le voit et répondre à ses attentes. Cet amour-là est capable de révéler l’autre à lui-même. Il va se découvrir « aimable », retrouver confiance en lui, recouvrer dignité et estime alors qu’il désespérait de lui-même.

Quarante jours pour nous préparer à Pâques :

C’est l’Amour qui fait passer de la mort à la vie !

 

Denis Chautard

Prêtre à Vernon (Eure)

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 18:54
Le jeudi Saint 2016 le pape François lave les pieds de Migrants dans un camp proche de Rome

Le jeudi Saint 2016 le pape François lave les pieds de Migrants dans un camp proche de Rome

C’est Henri Grouès (l’Abbé Pierre) qui l’écrit dans son testament (1994) : « Nous venons sur terre pour apprendre à aimer » !

« Car-Aime » : « Quarante jours pour apprendre à aimer » ! C’est un enfant qui m’a dit cette phrase un jour et j’ai mieux compris – depuis - le sens du « carême » !

En effet, si l’on observe la vie de Jésus on constate que juste après son baptême, il fut conduit au désert pendant quarante jours : quarante jours pour « apprendre à aimer ». Jésus est confronté aux forces du mal : le pouvoir dévoyé, la suffisance, l’orgueil. Il manifeste son choix de la liberté. Il est libre pour pouvoir « se donner » et devenir « serviteur ».

Il a fallu quarante ans au Peuple d’Israël libéré de l’esclavage d’Egypte pour prendre possession de la Terre Promise et surtout pour se déposséder de ses idoles, se libérer du mal et apprendre à aimer le vrai Dieu, apprendre à « s’aimer les uns les autres » !

Notre vie est trépidante et nous courrons sans cesse d’une chose à l’autre sans savoir très bien d’ailleurs après quoi nous courrons. Il est urgent que nous sachions nous arrêter, que nous prenions le temps d’apprendre à aimer !

Chaque année l’Eglise nous propose ce temps du carême pour faire le point, savoir où nous en sommes grâce à la boussole de notre vie qu’est « l’Amour ».

Est-ce que nous allons vers les autres ? Est-ce que nous arrivons à sortir de notre coquille, de nos peurs ? Est-ce que nous arrivons à nous libérer de nos enfermements, de notre orgueil, de notre égoïsme ?

Sortir de nos prisons, de nos prisons intérieures, nous libérer de nos paralysies, de tout ce qui nous empêche d’aller vers les autres. « N’ayez pas peur » nous dit Jésus au matin de Pâques. Pour pouvoir aimer il faut chasser la peur pour libérer l’amour.

J’aime bien ce mot d’Henri Grouès (l’Abbé Pierre) dans ses « confessions (2002) : « L'enfer, c'est les autres », écrivait Sartre. Je suis intimement convaincu du contraire. L'enfer, c'est soi-même coupé des autres. »

Voilà la révolution qui nous est proposée chaque année pour nous préparer à Pâques : « Aimer » !

« Aimer » est pourtant un mot bien galvaudé. Aimer « comme » Jésus, qu’est-ce que cela veut dire ?

« Dis-moi comment tu aimes, je te dirai qui est ton Dieu » (Maurice Bellet)

« L’autre est un don »

Dans sa lettre d’invitation au Carême 2017, le Pape François commente la parabole de Lazare et de l’homme riche (Luc 16,19-31). En voici un extrait : « La première invitation que nous adresse cette parabole est celle d’ouvrir la porte de notre cœur à l’autre car toute personne est un don, autant notre voisin que le pauvre que nous ne connaissons pas. Le Carême est un temps propice pour ouvrir la porte à ceux qui sont dans le besoin et reconnaître en eux le visage du Christ. Chacun de nous en croise sur son propre chemin. Toute vie qui vient à notre rencontre est un don et mérite accueil, respect, amour. La Parole de Dieu nous aide à ouvrir les yeux pour accueillir la vie et l’aimer, surtout lorsqu’elle est faible ».

Aimer gratuitement, aimer sans attendre de retour.

Pour aimer, à la manière de Jésus dans l’Evangile, il faut déjà prendre le risque de ne pas être aimé en retour. A l’Amour que nous lui donnons l’autre ne répond pas toujours et c’est peut-être là l’expérience humaine la plus difficile.

Lorsqu’on aide un « sans papier » à obtenir un titre de séjour, lorsqu’on héberge quelqu’un qui est en grande détresse, lorsque l’on donne de son temps à quelqu’un qui a besoin d’une oreille et d’un cœur qui l’écoute, il arrive que l’autre – fragile et blessé – n’éprouve pas le besoin de nous remercier. Cette attitude peut nous choquer. Aimer à la manière de Jésus, c’est aimer « gratuitement », sans attendre de « retour » !

Aimer aussi celui ou celle qui n'est pas aimable !

Apprendre à discerner derrière une carapace d'antipathie, l'amertume, la solitude, la détresse ! Voilà ce que peut rendre possible l'amour de Dieu. Il peut nous rendre capables de dépasser le contexte visible pour comprendre véritablement une personne et discerner ses besoins. Aimer, c'est voir l'autre tel que Dieu le voit et répondre à ses attentes. Et cet amour-là, lorsqu'il est manifesté, est irrésistible pour celui qui le reçoit.

Aimer c’est avoir « foi » en l’Autre, lui faire confiance, pour qu’à son tour il lui soit possible de s’aimer lui-même, ce qui le rendra « aimable » et capable d’amour pour les autres.

C’est le vrai cadeau que fait Jésus à tous ceux qu’il croise sur les chemins de Judée, de Samarie et de Galilée !

« Si tu crois que l'amour est la seule force de persuasion,
Si tu crois que la paix est possible,
alors la paix viendra. »
Pierre Guilbert

Belle route vers Pâques !

Denis Chautard

A Vernon, le 26 février 2017

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 16:43
Belle entrée en carême ce mercredi 10 février !

Entrer en Carême,
c'est ouvrir sa porte
et réapprendre à bouger, se déplacer, à vivre.
C'est refuser de rester figé sur ses positions,
ses dogmes ou ses certitudes absolues.

Entrer en Carême
c'est aussi changer de cap.
Mettre le cap sur Dieu en se laissant déranger
par les coutumes des autres, leurs idées,
leurs habitudes, leurs langues,
se laisser surprendre par la musique de l'autre
qui dit un autre rythme, un autre temps,
une autre chanson.

Entrer en Carême,
c'est aussi se mettre à l'écoute
de la Parole, celle qui, au milieu des bavardages,
nous touche au cœur et nous arrache
non une larme, un billet de banque, un chèque,
mais un geste de pardon, d'amour ou de paix.

Entrer en Carême,
c'est se mettre à l'écoute
de la réussite de Dieu, celle qui accepte la blessure,
celle qui ne profite pas de l'échec du faible,
celle qui n'exploite pas la naïveté
ou la sueur du faible.

Entrer en Carême,
c'est se mettre à l'écoute de l'Amour de Dieu;
pas un amour maquignon qui ne tient compte
que du tour de taille, de la beauté des yeux ou du regard,
un Amour qui vous apprend à lire autrement,
à parler, à partager, à se rencontrer autrement.

Robert Riber

Prêtre et poète, Diocèse de Strasbourg

1935-2013

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 18:13
Mercredi 18 février 2015, entrons en Carême : quarante jours pour trouver la source !

Méditation sur l’Évangile du Premier dimanche de Carême :

« En ce temps-là, Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours tenté par Satan… » Marc 1,12-13

« Cet Évangile s'appelle habituellement le récit des Tentations. Il serait préférable de l'appeler l'Évangile des victoires de Jésus. En effet, là où, dans le désert, le peuple hébreu avait succombé, Jésus, lui, sort vainqueur. Commencer le Carême par la contemplation d'une victoire est intéressant pour nous car nous avons besoin de cette victoire, besoin de comprendre que, dans la Personne de Jésus, le mal est vaincu, le mal a trouvé son maître, le mal s'est comme brisé. Toute la vie du Christ est une victoire sur le mal, toute sa vie est un non à la mort, au mensonge, à l'idolâtrie, à la haine, au péché.

Toute la vie du Christ est un oui à la vie, à la vérité, à la justice, à la bonté, au pardon. Toute sa vie est une victoire et la croix, dans cette perspective, est la victoire absolue, puisqu'elle est victoire de l'amour et du pardon qui vont jusqu'au bout.

Cette victoire nous révèle que La Trinité s'offre à nous par la Parole faite chair pour que nos vies, notre humanité, notre histoire, soient sauvées en Elle, définitivement. Est introduite ainsi, dans notre monde, pour tous les temps, pour aujourd'hui, pour hier et pour demain, la semence de sa victoire.

Toutes nos vies étant marquées d'une manière ou d'une autre par une souffrance, un échec, une faute, il nous est bon de regarder cette victoire du Christ, gage de cette victoire définitive. Elle nous est promise ; elle est semence qui travaille le monde à la manière d'un ferment. Venu habiter de sa présence le désert de nos vies, Il est donc là, avec nous, à côté de nous, d'une présence définitive. Il nous rejoint jusque dans les recoins les plus désertiques de nos vies.

Que nous reste-t-il à faire? La seule chose, c'est de croire et de nous laisser aimer par lui, s'offrir à son amour, au cœur même des déserts de nos vies : nos pauvretés, nos fragilités, nos blessures, nos souffrances, nos choix tordus, nos cœurs étriqués... Et même notre péché !

Accepter sa présence au cœur même de notre misère, ce n'est pas facile, car notre réaction spontanée c'est de penser que nous serons dignes de Dieu quand nous serons impeccables. Non ! Dieu nous veut tout de suite et il nous prend dans ses bras. Une pauvreté habitée par sa présence est toujours une pauvreté mais cela devient un lieu de rencontre avec l'Amour qui est Dieu, un lieu d'ouverture à la Grâce, une brèche où Dieu peut enfin laisser couler sa vie. Voilà notre lieu de conversion, une attitude qui va permettre à Dieu d'agir et de faire du neuf dans nos vies.

Pour cela, il nous confie trois paroles : «L'homme vivra de la Parole de Dieu»: un appel à écouter l'Evangile « Tu ne mettras pas à l'épreuve, le Seigneur ton Dieu»: un appel à la confiance en Dieu. « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et c'est à lui seul que tu rendras un culte» : un appel à nous libérer des idoles qui pourrissent notre vie. Ces trois paroles sont le secret de la victoire du Christ pendant ces 40 jours au désert et durant toute sa vie. Ce sont les paroles de notre victoire et de notre bonheur. »

Sœur Michèle JEUNET, Religieuse du Cénacle.

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