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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 21:18
Nuit sacrée organisée en 2016 à la Paroisse Saint Merry

Nuit sacrée organisée en 2016 à la Paroisse Saint Merry

Enquête L’archevêque de Paris met un terme à l’expérience pastorale du centre Saint-Merry en raison de conflits avec le curé responsable. La décision suscite tristesse et émotion des fidèles de cette communauté ouverte aux personnes aux marges de l’Église.
La lettre est tombée comme un couperet : « Je vous annonce mettre fin à dater du 1er mars 2021 à la mission confiée par le cardinal Marty en 1975 au centre pastoral Saint-Merry. » Elle fait suite à un climat difficile à Saint-Merry, notamment à l’encontre des prêtres, précise Mgr Michel Aupetit : « C’est la seconde fois en moins de trois ans que le curé de votre paroisse est contraint de quitter sa mission brutalement devant la violence des attaques dont il fut l’objet », poursuit l’archevêque de Paris. Stupeur, tristesse, colère : les fidèles de Saint-Merry, au cours de la messe empreinte de gravité ce dimanche, ne cachaient pas leur désarroi devant une mesure jugée « infondée, excessive et brutale ».
Il faut, pour bien comprendre, revenir sur la spécificité du centre, autrefois dénommé « Centre pastoral Les Halles-Beaubourg ». En 1975 et dans l’élan de Vatican II, le cardinal François Marty confiait à une équipe de laïcs et au père Xavier de Chalendar ce lieu à deux pas du Centre Pompidou, avec pour mission « d’inventer des modes nouveaux pour l’Église de demain ».

Accueil inconditionnel
Tel un laboratoire pastoral, le centre dialogue alors avec les milieux artistiques, travaille à l’accompagnement des migrants et à l’accueil inconditionnel des personnes marginalisées dans l’Église (homosexuelles, divorcées remariées, etc.). Ces « audaces » ont pu inquiéter certains fidèles.

La « coresponsabilité » entre prêtres et laïcs est expérimentale, renforcée par les propos du pape François sur la synodalité, mais aussi laborieuse lorsque certains paroissiens engagés depuis des dizaines d’années veulent expliquer sa mission au curé… Ainsi, au bout de trois années, la personnalité charismatique du père Daniel Duigou ne s’accordait-elle plus au projet, ce qui a provoqué son départ.

À l’automne 2019, c’est au père Alexandre Denis qu’étaient confiés à la fois la paroisse dans son fonctionnement classique et le centre pastoral. Deux entités qui occupent un même lieu pour deux publics différents. De fait, la communauté Saint-Merry réunit des chrétiens de toute la région parisienne se retrouvant bien dans la messe de 11 h 15, suivie d’un temps d’échange, « la voix au chapitre ».

Une pétition en ligne contre la fermeture
Avec le nouveau curé, le contact n’a pas pu réellement s’établir. En décembre 2020, ayant fait face à de douloureuses incompréhensions, ainsi qu’à sa santé affectée, le père Denis présentait sa démission, qui est à l’origine de la décision épiscopale : « Il est de ma responsabilité de tirer les conséquences de ces événements profondément tristes et injustifiables, insiste Mgr Aupetit dans la lettre du 7 février. Les désaccords qui peuvent s’exprimer ne justifient en aucun cas la méchanceté, l’absence de charité et la volonté de détruire ainsi manifestées à l’encontre de vos pasteurs. »

« Surpris et attristés » du ton employé et d’une décision prise sans consultation, les responsables du centre pastoral ont sollicité l’archevêque, une demande d’entretien soutenue par un « appel » diffusé sous forme de pétition qui, en 48 heures, a dépassé les deux mille signatures. « Si nous pouvons nous désoler qu’il y ait eu des comportements agressifs de la part de quelques-uns, rien ne justifie de condamner la communauté, s’indigne un fidèle. Mais est-ce la seule motivation ? Si c’est l’expérience de Saint-Merry qui est visée, il faut le dire… » Pour cet autre, « c’est l’annonce de l’Évangile à un monde complexe et diversifié qui est en jeu. Au-delà des petites querelles prêtres-laïcs, y a-t-il une place dans le diocèse pour une Église qui prend au sérieux les invitations du pape à sortir de nos enclos ? »

C’est aussi le calendrier imposé, toute messe étant suspendue à compter du 1er mars, qui a choqué les paroissiens : « À quelques jours du Carême, c’est nous priver de ce chemin qui mène à Pâques. » Du côté du diocèse, on ne fait pas de commentaires, renvoyant à la lettre de Mgr Aupetit : « La décision n’est évidemment pas arbitraire, l’archevêque de Paris a reçu de nombreux témoignages et la situation est compliquée depuis plusieurs années », souligne Karine Dalle, directrice de la communication du diocèse.

Dans son courrier, Mgr Aupetit mandate Mgr Benoist de Sinety, vicaire général, pour gérer la suite des activités liées au centre pastoral Saint-Merry dont, sauf rétablissement du dialogue, les jours sont comptés.

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Les dates clé du centre Saint-Merry :
1975. Création du « Centre pastoral Les Halles-Beaubourg » par le cardinal Marty.

2015-2018. Le père Daniel Duigou est curé de Saint-Merry.

2019. Mgr Benoist de Sinety, administrateur de la paroisse.

1er septembre 2019. Le père Alexandre Denis devient curé de Saint-Merry.

11 janvier 2021. Démission du père Denis. Le père Christophe Aubanelle, curé de Saint-Nicolas-des-Champs, est nommé administrateur pour la paroisse de Saint-Merry.

7 février 2021. Mgr Aupetit met fin au centre pastoral Saint-Merry.

11 février 2021. Réponse de l’équipe pastorale, qui demande une entrevue avec l’archevêque de Paris.

28 février 2021. Dernière messe (sous réserve d’évolution) du centre pastoral à Saint-Merry.

Christophe Henning

Lien à la Source

Pétition "OUI AU MAINTIEN D’UN CENTRE PASTORAL À SAINT-MERRY"

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