Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 20:36

JeanVilnet

Evêque émérite de Lille et ancien président de la Conférence épiscopale, Mgr Jean Vilnet est décédé aujourd'hui. Il fut un acteur majeur de la vie de l'Eglise en France ces 30 dernières années.

               Jean Vilnet qui vient de mourir laissera plus de marques que le laisserait penser à priori le souvenir de sa personnalité discrète et distante en apparence. Cet homme originaire de l'Est de la France, intimidant au premier abord, montra en effet d'éminentes qualités humaines, intellectuelles et pastorales aussi bien dans ses responsabilités nationales, comme président des évêques de France (1981-1987) qu'épiscopales à Saint-Dié (1964-1983) puis à Lille (1983-1998).

                   « Né dans le Concile » disait il en évoquant sa nomination épiscopale en 1964, Jean Vilnet fut profondément inspiré par sa participation aux assemblées conciliaires à Rome. Il ressourçait constamment sa réflexion et son action dans les textes de Vatican II dont il citait volontiers par coeur des passages. La corresponsabilité prêtres-laïcs, la formation théologique et pastorale de ces derniers, la promotion du diaconat permanent, l'engagement social et politique des catholiques dans la société faisaient partie des priorités naturelles de cet évêque distingué de la génération Vatican II. Spécialiste de saint Jean de La Croix à qui il avait consacré une thèse, Jean Vilnet était à la fois un grand connaisseur de la tradition vivante de l'Eglise et un pasteur sachant humer les évolutions de la société et des mentalités de son temps. Aussi dans les diocèses dont il eut la responsabilité, avec une « audace tranquille » que soulignait La Vie en 1981, Jean Vilnet n'hésita pas à procéder aux évolutions qui pouvaient, selon lui, permettre à l'Eglise catholique de garder le cap sur sa double mission : l'annonce de l'Evangile et le dialogue avec la société. Pétri de christianisme social, Jean Vilnet s'est toujours montré, à Saint-Dié comme à Lille, très à l'écoute des militants catholiques « qui dans leurs engagements concrets, n'ont cessé d'approfondir leur foi et d'être proches des plus pauvres ». Quand il parlait d'eux, c'était toujours avec une pointe sincère de reconnaissance et de fierté.

                  C'est donc cet « homme complet » et simple au dire de ses confrères qui succède au cardinal Roger Etchégaray à la tête de l'épiscopat français en 1981. Sa présidence coïncida avec l'arrivée historique de l'union de la gauche au pouvoir. Ses débuts furent troublés par les vives tensions soulevées par le projet du gouvernement de François Mitterrand de faire de l'Education nationale un service unifié aux dépens de l'Enseignement privé. Ce projet fut retiré après l'imposant succès de la manifestation de ses opposants, soutenu par les évêques, en 1984. Peu à peu les relations avec le pouvoir socialiste s'apaisèrent selon le vœu du triumvirat qui dirigeait l'épiscopat et que formaient Jean Vilnet, son vice-président Albert Decourtray et son secrétaire général Gérard Defois. Leur souci commun était de toujours privilégier la concertation et la négociation sur l'épreuve de force ; éviter à tout prix un choc frontal qui, pensaient-ils, serait préjudiciable dans l'avenir à la place et à l'action de l'Eglise catholique dans la société.

               Cette recherche de compromis ne fut pas toujours bien admise dans certains milieux romains qu'inquiétait l'accélération de la sécularisation de la société française. Le pape Jean Paul II, qui avait entamé son tour du monde pastoral par une visite mémorable à Paris, en 1980, commençait alors à charpenter sa vision d'une « nouvelle évangélisation » à l'approche du IIIème millénaire. Des courants de l'Eglise de France cherchèrent à opposer cette nouvelle dynamique pastorale insufflée par le pape et relayée par de nouveaux mouvements (charismatiques notamment) au soutien que l'épiscopat français apportait aux mouvements d'action catholique qui dominaient la scène depuis le début du XXème siècle. Des organismes de l'épiscopat, comme le CCFD qui était très actif en Amérique latine où les chrétiens se dressaient alors contre des dictatures militaires, firent alors l'objet d'accusations de connivences politiques. D'autres affaires épineuses compliquèrent la présidence de Jean Vilnet : les remous créés par les déclarations jugées hétérodoxes de l'évêque d'Evreux Jacques Gaillot (dont Jean Vilnet avait été le professeur au séminaire de Langres) ; le refus du Vatican d'agréer les méthodes catéchétiques promues par la conférence épiscopale ; la rebellion traditionnaliste menée par Mgr Marcel Lefevbre... Face aux difficultés et aux critiques, Jean Vilnet se montra imperturbablement calme et ferme, défendant une ligne majoritairement soutenue par ses pairs, ce qui ne facilita pas toujours ses relations avec le cardinal Lustiger qui bénéficiait de l'oreille attentive du Vatican et d'une influence médiatique importante dans le pays.

               Jean Vilnet, fut selon la formule forte de Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France, « un mystique de l'action pastorale ». L'évêque émerite de Lille avait en effet le sens de l'action. La réforme ne lui faisait pas peur, lui qui avait particpé au concile, à ce qu'elle devienne un outil pastoral au service de la mission de l'Eglise dans le monde. Mais son action de prêtre puis d'évêque n'avait de sens, pour cet ami de sainte Thérèse de Lisieux et de sainte Bernadette de Lourdes, que si elle avait été plongée longuement dans la prière, dans un « cœur à cœur quotidien avec Dieu », disait-il.

              La Providence aura voulu que Jean Vilnet disparaisse pendant l'année du centième anniversaire du diocèse de Lille : pour les Lillois, il restera en effet le pasteur venu de l'Est qui acheva leur cathédrale inachevée, Notre-Dame de la Treille, en parant sa façade d'un ouvrage d'art digne ce nom.

Michel Cool

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 22:26

Les catholiques organisent ce soir à Joinville, en Haute-Marne, une rencontre publique sur l’enfouissement de déchets nucléaires sur le site voisin de Bure. Interview de Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes.

Mgr Stinger 

Labo Bure

Le laboratoire souterrain de l'Andra à Bure (Meuse) Pol Emile/SIPA

Sciences et Avenir: Que vient faire l’Église dans le débat sur les déchets nucléaires ?

              Mgr Stenger : Elle vient poser des questions d’éthique essentielles. La plus grave interrogation, à mes yeux, c’est celle de notre responsabilité vis-à-vis des générations futures. Ces déchets gérés par l’Agence nationale des déchets radioactifs (Andra) vont rester dangereux pour des centaines de milliers d’années, bien au-delà de notre préhension du temps. Nous ne pouvons pas les enfouir sans poser de questions sur les conséquences de notre action. Pouvons-nous ainsi nous débarrasser de ces colis gênants sans nous interroger sur ce qu’ils pourraient provoquer dans quelques centaines d’années sur nos descendants ?

                Par ailleurs, nous risquons de léguer aux générations à venir non seulement des déchets mais aussi un mode de gestion et une organisation de la société où la technique asservit l’homme plutôt que de le servir. Nous devons demeurer conscients que les techniques dont nous avons hérité ou que nous avons créées peuvent aussi détruire les êtres et les valeurs humaines.

               Sciences et Avenir : Ce faisant, vous intervenez aussi sur la question de la transition énergétique...

               Mgr Stenger : Oui, et nous l’assumons. Depuis quelques années, la conférence des Évêques de France a créé une antenne « environnement et mode de vie » que j’anime. C’est le lieu où nous discutons d’écologie et d’énergie. C’est lié. La consommation actuelle d’électricité est en hausse continue. Notre actuelle boulimie d’énergie légitime-t-elle que nous compromettions l’avenir de nos enfants et traitions notre terre de façon irresponsable ? C’est une question d’éthique qui débouche sur des actes concrets d’économie d’énergie.

               Sciences et Avenir : L’Église est-elle antinucléaire ?

               Mgr Stenger : L’Eglise n’a pas à prendre position pour ou contre le nucléaire. Elle doit faire en sorte que toutes les questions éthiques sont bien posées et qu’on a bien cherché à y répondre de manière satisfaisante. Notre rôle est de rappeler les questions essentielles à se poser et faire en sorte que les individus qui vont se forger une opinion soient correctement informés et aient toutes les cartes en main pour comprendre les enjeux.

              Nous serons ainsi très vigilants sur la qualité des informations données par l’Andra. Sur un tel débat, il ne peut y avoir de mensonges, de dissimulations ou de demi-vérités. Ainsi, pour les risques induits par le stockage profond, il vaut mieux employer le mot de « fuite » que celui de « relâchement», nettement moins précis, comme on a pu le lire ici ou là.

               Nous allons aussi interroger tous les acteurs sur les énormes compensations financières qui sont versées par l’Andra aux communes qui accepteraient le centre de stockage. L’an dernier, les communes riveraines ont reçu 654 euros par habitant. Un élu doit s’interroger avant d’accepter cet argent. A quoi s’engage-t-il vraiment ? Garde-t-il sa liberté de penser et d’agir ? Et à quoi doit-il consacrer ces fonds?

              Sciences et Avenir: Quelle légitimité a l’Église sur ces questions environnementales ?

              Mgr Stenger : Pour nous, croyants, la nature est un cadeau fait à l’homme par Dieu. L’homme ne peut donc faire n’importe quoi avec elle. Il doit la préserver et la transmettre intacte aux générations suivantes. Ce qu’il ne fait pas aujourd’hui. L’Église est donc dans son rôle quand elle interroge les comportements, réfléchit aux conséquences des choix effectués aujourd’hui par la société. Elle a bien vocation à favoriser le débat sur les grandes questions environnementales.

              Propos recueillis par Loïc Chauveau

              Sciences et Avenir

              17/01/2013

 

             Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 11:32

VOCATION. Installé depuis six ans à Bernay, Pierre Gaudin, prêtre de la paroisse de la Charentonne poursuit sa mission auprès de tous. Rencontre.

 Pierre Gaudin

Pierre Gaudin est animé d'une foi qu'il cherche à communiquer dans un esprit de fraternité

   

« Père Gaudin ?» Ne l’appelez surtout pas ainsi... ! Le prêtre auxiliaire de la paroisse de la Charentonne fuit la confusion des genres. « Le Père, c’est Dieu. Il est au ciel, moi... pas encore ! », répond l’abbé Gaudin en toute humilité. A 77 ans, il a en effet encore du temps devant lui et puis sa mission n’est pas finie. L’abbé Gaudin n’aime pas les distinctions et ne veut pas du titre de père, « en vertu des versets de l’évangile selon Saint Matthieu », ajoute-t- il. C’est sous le nom de Pierre qu’il désire que le monde qui l’entoure le reconnaisse. Il est donc l’abbé Pierre local. « Moi-même, j’appelle l’évêque par son prénom et si je devais rencontrer le pape, ce serait Benoît, tout naturellement », confesse l’homme de religion, pétri d’une foi simple et joyeuse.

Se donner la main

Dès qu’il franchit la rue, il semble prendre plaisir à créer des liens avec tous, dans un esprit de fraternité exubérante. « Fais attention à ne pas trop secouer la poupée que tu portes sous ton bras car tu risques de la réveiller », lance-t-il à l’adresse d’une petite fille qu’il croise sur son chemin. C’est ainsi que le dialogue s’engage avec tous. A ceux qui veulent en savoir plus sur lui, il répond de manière énigmatique : « Je me rends souvent dans une maison au toit pointu avec un animal au dessus », laissant ainsi planer l’idée qu’il appartient à quelque monde enchanteur. Ce monde, c’est l’Eglise. « Avec un grand E », s’empresse- t-il de préciser. Lors des cérémonies religieuses, dans ses églises, il invite tout lé monde à se donner la main pour symboliser la fraternité qu’il aimerait voir se développer davantage.

Des messes à domicile

Après cinquante ans de sacerdoce, il poursuit sa mission et est appelé à officier au sein des trente églises de sa paroisse. Ses messes - tout comme les sacrements aux malades - il les donne aussi auprès de ceux qui ne peuvent pas venir à lui. Notamment dans trois maisons de retraite des environs. Il y a aussi les mariages et les baptêmes qui ont lieu à tous les âges. « Il m’est arrivé de baptiser une femme de 65 ans », glisse le serviteur de Dieu et de sa foi. Et la confession ? « Bien sûr, elle se pratique toujours mais plus au confessionnal. Je confesse soit à l’église soit à la maison paroissiale autour d’une table. » A l’issue de celle-ci, l’abbé Pierre peut aussi être amené exceptionnellement à procéder pour des raisons pratiques à l’absolution collective. « Personnellement, il m’arrive de me confesser auprès d’autres prêtres car je peux aussi en avoir besoin », avoue celui qui reste un homme faillible parmi d’autres. ! Car, c’est vrai, dans l’engagement solennel qui est le mien ce n’est pas toujours facile. Je peux me laisser aller à l’égoïsme. Tout aussi bien, d’autres tentations peuvent-elles toujours se présenter. Ainsi des femmes m’ont parfois sollicité et j’ai donc dû résister avec fermeté. » C’est pour Pierre, qui a choisi le célibat, le prix à payer pour être davantage libre et disponible aux autres. Il ne le regrette pas car il est entouré aujourd’hui d’une très grande famille. Celle constituée de ses fidèles paroissiens.

PHILIPPE SCHAEFFER

Paris Normandie vendredi 30 novembre 2012

Partager cet article

Repost0
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 10:23

presbyterorum-ordinis

Ce jeudi 15 novembre 2012 à 20h30 à l’église de Pacy sur Eure, à l’invitation du curé de la paroisse, Eric PICHARD, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II et dans le cadre d’une série de conférences mensuelles paroissiales sur les grands orientations du Concile, j’étais invité à présenter le décret «  Ministère et Vie des Prêtres » voté par les Pères Conciliaires le 2 décembre 1965 et promulgué par le pape Paul VI le 7 décembre 1965, la veille de la Cérémonie de clôture.

Je ne suis ni bibliste, ni théologien, ni expert en aucune manière sur un sujet aussi difficile ! Simplement ma vocation de prêtre est née juste avec la fin du Concile et dans l’élan « missionnaire » qui l’a suivi. Puis j’ai été accompagné durant toute ma formation au ministère par des formateurs et des évêques qui étaient présents au Concile et qui ont  contribué à la rédaction de ce texte.

Toute ma formation et tout mon ministère de « prêtre au travail » sont donc habités par « l’Esprit du Concile Vatican II » dont j’ai essayé de rendre compte en présentant ce texte de « Presbyterorum Ordinis ».

Denis Chautard

Lien pour télécharger le texte de ma conférence

 

Lien vers le texte de « Presbyterorum Ordinis »

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 18:43

OLemesle      

         En ce mois de septembre, notre rentrée en Mission ouvrière est particulièrement marquée par les chiffres du chômage. Oui la barre symbolique des 3 millions de chômeurs est dépassée, notre département n’est pas épargné (vous pourrez lire cela dans les pages suivantes). Au-delà des chiffres nous voyons bien que des hommes, des femmes, des familles sont touchées dans leur dignité. Car pour moi le travail est un lieu de dignité. Lorsque l'on prive des personnes de dignité, cela me révolte !

          Notre société en perte de repères cherche un sens à donner au monde d’aujourd’hui. A l’heure des réseaux sociaux, du tout communication, quelle relation savons-nous entretenir entre nous pour permettre à chacun, chacune, d’exprimer sa souffrance, ses doutes face à l’avenir ? Il nous faut savoir écouter, oui il nous faut nous engager sur des chemins de simplicité au service des plus humbles, des sans droits, des sans paroles.

          En ce début d’octobre je vais faire mon engagement à l’Association des prêtres du Prado fondée dans les années 1860 par le père Antoine Chevrier. Celui-ci avait pour intuition « des prêtres pauvres pour les pauvres ». Si je prends cet engagement, c’est pour me rappeler que l’Église n’est pas engagée pour les pauvres mais avec les pauvres. Leur vie et leur parole éclairent sans cesse ma lecture de l’Évangile de manière nouvelle, elles m’invitent à vivre la fraternité et l’engagement avec tous les sans - sans emploi, sans dignité, sans paroles, sans droit. Il ne s'agit pas de vivre une simple écoute mais un réel « vivre avec ». C’est peut-être pour cela que j’ai longtemps hésité à vivre, à exercer, à partager cet engagement.

         Pour m’aider à vivre cela, je m’appuie sur le Christ qui nous a ouvert des chemins pour vivre avec les pauvres et leur donner une réelle dignité. Il nous faut donc regarder Jésus-Christ de plus près dans les Évangiles, l’étude d’Évangile fait partie de l’engagement Pradosien. Dans la contemplation de l'Évangile nous pouvons connaître, suivre et aimer ce que Jésus nous enseigne et cela permet de conformer notre vie à celle de l'Évangile et des pauvres.

          Je vous invite donc à partager ce temps ensemble en toute simplicité ce 6 octobre à Navarre et à prier notre Seigneur afin qu'il me rende capable de vivre cet engagement avec vous jusqu'au bout.

              Olivier Lemesle, Délégué diocésain de la Mission Ouvrière de l’Eure

              Editorial de « Cris et Espoirs en Mission Ouvrière » N° 35 Octobre 2012

Partager cet article

Repost0
15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 15:37

A l’occasion des 50 ans du concile Vatican II, l’Institut Catholique de Paris célèbre cet anniversaire et créé une vidéo destinée à comprendre en moins de 10 mn en quoi cet événement a été considérable pour l’Eglise et pourquoi les fruits des travaux qui en sont issus irriguent encore aujourd’hui …

Partager cet article

Repost0
10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 10:05

 

Que croire ? Qui croire ? C'est le thème de la troisième édition des Etats généraux du christianisme, organisés par La Vie. 3 grands forums, 50 débats, 30 ateliers, 150 intervenants: du 12 au 14 octobre 2012, le coeur du centre historique de Strasbourg battra au rythme de La Vie, dans le bonheur de réfléchir, de débattre, d'apprendre, de prier, de célébrer, d'expérimenter, de manifester le christianisme dans sa diversité, en conversation avec le monde et la société.

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 20:06

EPIC

Les personnes qui fréquentent occasionnellement ou régulièrement l’Église ont une caractéristique : elles estiment que la foi est une démarche éminemment personnelle.
Entendons-nous bien. Il ne s'agit pas seulement d'affirmer l'importance de la liberté dans l'acte de croire - il n'y aurait là rien de nouveau. La vraie nouveauté est que cette foi va s'exprimer, dans le domaine liturgique en particulier, de manière à affirmer l'originalité d'une quête de Dieu qui appartient à chacun. Il y a là une question de sincérité, de vérité : appliquer platement les rites de l’Église pour un mariage, un baptême, des funérailles, est compris comme quelque chose d'hypocrite. D'où une inflation considérable de l'importance accordée à la préparation de ces célébrations, qui a pris dans l'emploi du temps des prêtres et de leurs collaborateurs une place qu'elle n'avait pas auparavant. Il y a un demi-siècle, lorsque mes parents se sont mariés, il leur avait suffi de rencontrer l'organiste pour choisir les pièces musicales qui seraient jouées lors de la messe. Aujourd'hui, chaque célébration est le fruit d'un long marchandage entre le prêtre et les personnes concernées, au cours de laquelle les uns s'efforcent d'introduire le plus possible d'éléments personnels (musiques, interventions diverses, parfois réécriture d'une partie du rituel), tandis que l'autre rappelle que l’Église ne s'invente pas purement et simplement au gré des humeurs de chacun. Celles et ceux qui choisissent de se couler dans le rituel le font également par conviction, et non par esprit d'obéissance, ce qui montre bien que tout le monde raisonne de la même manière.

Il est aisé de comprendre les difficultés rencontrées. Les prêtres sont désorientés devant certaines demandes. Le nombre important de rencontres, l'individualisation des parcours, oblige à une attention aux personnes qui encombre les agendas et donne souvent l'impression de succomber à la réunionnite. Quant aux chrétiens, ils n'acceptent pas facilement les exigences (souvent minimales) posées par leur curé, alors perçu comme autoritaire ou clérical.

Cette évolution est liée à une vague de fond, à un désir profond que nul ne songe à remettre en cause tant il est étroitement lié à nos modes de vie et semble plein de promesses d'un avenir meilleur. La vie bonne, c'est celle que l'on construit comme on l'entend, en fonction de ce que l'on ressent au fond de soi, la seule limite admise étant la gêne que l'on impose à autrui. C'est ainsi que s'explique l'évolution de nos sociétés, soucieuses de permettre à chacun de vivre cet idéal : aucune loi ne saurait être un obstacle au bonheur compris de cette manière ; la loi n'a pour but que de favoriser cet épanouissement de soi-même. La vie de foi, la vie "spirituelle" dit-on souvent, ne fait pas exception à la règle : chacun la construit, en fonction de rencontres, de lectures, d'expériences qui lui sont propres. En matière de foi, il n'est pas de loi qui compte.

Dans un tel contexte, qu'est-ce qu'évangéliser ?

C'est d'abord prendre en compte le caractère irréversible, au moins à court et moyen terme, de cette manière d'être. S'y opposer frontalement ne sert à rien, c'est même contre-productif et conduit inévitablement à des conflits destructeurs et stériles.

Mais cela ne signifie pas qu'il faille tout accepter sans discernement : il faut plutôt entrer dans une négociation, ce à quoi les prêtres ne sont pas préparés. Dans ce monde-là en effet, l'autorité donnée par l'ordination n'a pas beaucoup de poids ; chacun se situe sur un pied d'égalité, et les arguments avancés le sont au nom de la raison commune, et non de la tradition ou de l’Écriture. Un prêtre qui ne serait pas capable de justifier ses positions n'aurait d'audience qu'auprès des convaincus, ce qui serait l'exact contraire de l'évangélisation.

Évangéliser, c'est aussi éveiller à une attitude critique vis-à-vis de cette vulgate "hyper-moderne". La liberté, la possibilité d'être acteur de sa propre vie, sont certes de bonnes choses. Mais cette manière de voir, lorsqu'elle est poussée à l'extrême, devient une idéologie, qui occulte des réalités bien plus fondamentales. Est-il exact de prétendre que la vie est pure construction subjective, alors qu'elle est en réalité reçue d'autrui, dès la naissance et jusqu'à son terme ? La naissance d'un enfant est l'un des moments où l'on expérimente le plus fortement que nul ne choisit d'entrer dans l'existence. Au moment de leurs noces, les époux sont tous capables de comprendre que l'amour est un don, même s'ils ont l'impression de "construire leur couple", pour reprendre une expression malheureuse souvent utilisée par les équipes de préparation au mariage. Enfin, la mort d'un proche permet évidemment de mesurer la vanité d'un projet de vie qui s'est trouvé mis à l'épreuve par la vie elle-même et ses inévitables aléas. Ces trois remarques font apparaître toute l'importance de la célébration des temps forts de l'existence par les rites de l’Église : baptêmes, mariages, obsèques sont des moments irremplaçables au cours desquels doit être dite une parole sur le sens de la vie et l'ouverture à Dieu. Ils sont par là même des lieux essentiels de l'évangélisation. Et ce, d'autant plus qu'ils permettent également au plus grand nombre de découvrir la foi pour ce qu'elle est : une expérience de Dieu, une rencontre avec le Dieu de Jésus-Christ, qui transforme la vie de ceux qui en sont l'objet.

Emmanuel PIC

Prêtre à Dijon (France), à la paroisse Saint-Pierre. Il enseigne également la théologie au Grand Séminaire de Mayidi (République Démocratique du Congo), et au Centre universitaire catholique de Bourgogne (CUCDB).

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 17:48

Soeurs Jésus au Temple

Soeur Jeannine                                                                                              Soeur Adèle

Aujourd’hui nous avons célébré en la Collégiale de Vernon en même temps que le Jubilé de Diamant (60 ans de Profession)  de Sœur Germaine, de Sœur Marie-Françoise et de Sœur Anne, la « Profession Perpétuelle » de Soeur Jeannine Sawadogo qui est envoyée en Mission comme infirmière dans un Centre de Soins en Côte d’Ivoire et de Sœur Adèle Sawadogo qui va se former deux ans comme Sage Femme pour créer ensuite une Maternité au Burkina Faso.

A l’occasion des 150 ans de la création de la Congrégation des Sœurs de Jésus au Temple dont la Maison Mère est à Vernon (Congrégation qui compte 71 sœurs Européennes et 21 sœurs Africaines) ce sont les tambours, les danses et la joie de vivre des Africains qui s’étaient invités dans notre église, à Vernon. Quel merveilleux témoignage de l'universalité de l'Eglise et de  la vitalité d'une Eglise d'Afrique en pleine croissance ! 

Je vous donnerai prochainement quelques échos de cette cérémonie et de la personnalité et du travail de ces sœurs Africaines.

Histoire et Implantations des Sœurs de Jésus au temple

Partager cet article

Repost0
2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 18:32

Cardinal Martini

Dans une ultime interview, publiée samedi 1er septembre à titre posthume par le Corriere della Serra, le cardinal Martini encourage l’Église à « entreprendre un chemin radical de changement ». En voici de larges extraits en français.

« L’Église est fatiguée. Notre culture a vieilli, nos églises sont vastes, nos maisons religieuses sont vides, et l’appareil bureaucratique de l’Église se développe. Nos rites et nos habits sont pompeux (…) Nous nous trouvons dans la situation du jeune homme riche qui s’éloigne, empli de tristesse, alors que Jésus l’appelle à devenir son disciple. Je sais bien qu’il est difficile de tout laisser… Mais au moins pourrions-nous chercher des hommes libres et attentifs au prochain, comme l’ont été Mgr Romero et les martyrs jésuites du Salvador. Où sont les héros qui pourraient nous inspirer ? En aucun cas, nous ne devrions nous en tenir aux limites de l’institution. (…) Dans l’Église aujourd’hui, je vois tant de cendres qui cachent les braises que je me sens souvent pris d’un sentiment d’impuissance. Comment peut-on libérer ces braises pour revigorer la flamme de l’amour ? (…) Je conseille au pape et aux évêques de chercher, pour les postes de direction, douze personnes « hors normes », proches des pauvres, entourées de jeunes, qui expérimentent des choses nouvelles. Nous avons besoin de ce contact avec des hommes qui brûlent, pour que l’Esprit puisse se diffuser partout.

Mon premier conseil est la conversion. L’Église doit reconnaître ses propres erreurs et entreprendre un chemin radical de changement, à commencer par le pape et les évêques. À commencer par les questions posées sur la sexualité et le corps. (…) Nous devons nous demander si les gens écoutent encore les conseils de l’Église en matière sexuelle. L’Église est-elle encore, dans ce domaine, une autorité de référence ou seulement une caricature pour les médias ?

Mon deuxième conseil est l’écoute de la Parole de Dieu. (…) Seul celui qui reçoit cette Parole dans son cœur peut aider au renouvellement de l’Église et saura répondre avec justesse aux demandes personnelles. (…) Ni le clergé ni le droit canonique ne peuvent se substituer à l’intériorité de l’homme. Tous les règlements, les lois, les dogmes ne nous sont donnés que pour clarifier la voix intérieure et aider au discernement de l’Esprit.

Enfin, les sacrements sont pour moi, non pas des instruments de discipline, mais un appui à la guérison des hommes pris dans les faiblesses de la vie. Portons-nous les sacrements à ceux qui ont besoin d’une force nouvelle ? Je pense à tous les divorcés et aux familles recomposées. Ils ont besoins d’une protection spéciale. L’Église soutient l’indissolubilité du mariage. C’est une grâce lorsqu’un mariage et une famille y parviennent. (…) L’attention que nous porterons aux familles recomposées sera déterminante pour la proximité de l’Église avec la génération de leurs enfants. Une femme abandonnée par son mari trouve un nouveau compagnon qui s’occupe d’elle et de ses enfants. Ce second amour réussit. Si cette famille est discriminée, la mère et ses enfants s’éloigneront. Si ces parents se sentent extérieurs à l’Église, ne se sentent pas soutenus par elle, l’Église perdra les générations futures. (...) La demande d’accès des divorcés à la communion doit être prise en compte. Comment l’Église peut-elle venir en aide avec la force des sacrements à ceux qui vivent des situations familiales complexes ? (…)

L’Église est en retard de 200 ans. Aurions-nous peur ? Peur au lieu de courage ? La foi, la confiance, le courage sont les fondements de l’Église. (…) Seul l’amour peut vaincre la fatigue. Je le vois bien avec toutes les personnes qui m’entourent désormais. »

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0