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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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26 février 2020 3 26 /02 /février /2020 16:54
La maire de Paris Anne Hidalgo a remis mardi la citoyenneté d’honneur de la ville à la chrétienne pakistanaise Asia Bibi.  Thomas SAMSON/AFP

La maire de Paris Anne Hidalgo a remis mardi la citoyenneté d’honneur de la ville à la chrétienne pakistanaise Asia Bibi. Thomas SAMSON/AFP

Reçue à l’Hôtel de ville, la chrétienne pakistanaise s’est dite « extrêmement reconnaissante ». Elle sera également reçue à l’Elysée vendredi.

 « Vous m'avez beaucoup honorée aujourd'hui ». La maire de Paris Anne Hidalgo a remis mardi la citoyenneté d'honneur de la ville à la chrétienne pakistanaise Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 et acquittée huit ans plus tard après une mobilisation internationale.

Actuellement en France pour y présenter son livre de témoignage « Enfin libre ! », Asia Bibi a été reçue dans l'un des salons d'honneur de l'Hôtel de ville. S'exprimant en ourdou, elle s'est dite « extrêmement reconnaissante ».

« Vous m'avez beaucoup honoré aujourd'hui » a déclaré cette ancienne ouvrière agricole, mère de famille d'une cinquantaine d'années. « Votre courage, votre calme, votre force intérieure nous ont époustouflés », a salué Anne Hidalgo, ajoutant « vous êtes une véritable leçon de vie pour nous tous ».

Une rencontre à l'Elysée vendredi

La maire de Paris a indiqué « espérer que la France lui reconnaîtra le statut de réfugié » et qu'elle « pourra envisager un avenir serein avec sa famille ici en France ». Le président Emmanuel Macron recevra vendredi la mère de famille, qui a de nouveau exprimé le souhait d'obtenir l'asile en France.

Asia Bibi avait été condamnée à mort pour « blasphème » en 2010 à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers.

Une longue saga judiciaire avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François.

Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, jusqu'à son acquittement en octobre 2018, elle vit depuis mai 2019 au Canada.

 

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 19:09
Journée mondiale de prières contre la traite des êtres humains : les défis à relever

Lancée en en 2015 par le Pape François, la cinquième Journée mondiale de prières et d’action contre la traite des êtres humains sera organisée le 8 février. Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes et Mme Geneviève Colas, Secours Catholique – Caritas France, « Lutte contre la traite des êtres humains. Mineurs isolés. Justice juvénile » expliquent les nombreuses avancées réalisées en 2019. Il reste néanmoins des défis à relever…

Lancée par le Pape François en 2015, le 8 février est aussi la Journée mondiale pour la dignité des personnes victime de la traite des êtres humains. Elle marque l’importance de se mobiliser ensemble pour lutter contre toutes les formes d’exploitation : travail domestique, exploitation sexuelle, travail forcé, obligation à commettre des délits, contrainte à mendier, mariage forcé, trafic d’organes… Au cœur de cette démarche, il s’agit que les femmes et les hommes de tous pays et toutes origines prennent conscience d’un phénomène global qui dépasse la responsabilité de tel ou tel État. Le Pape appelle à une véritable mobilisation contre ce fléau.

Dans la suite des « orientations pastorales sur la traite des personnes » publiées par le Vatican, la Conférence des Evêques de France (CEF) a confié la rédaction d’un Documents Episcopat à un trio composé du Secours Catholique-Caritas France coordinateur du Collectif « Ensemble contre la traite des êtres humains et membre du réseau international Coatnet coordonné par Caritas Internationalis ; de Notre Dame de Charité du Bon Pasteur, membre de Renate et du réseau international Talitha Kum ; et de la Commission Justice et Paix France ; sous la responsabilité de deux Evêques, de la Commission  pour la Mission universelle de l’Eglise, et du Conseil Famille et Société. Ce Document Episcopat n°7 – 2019 « Exploitation et traite des êtres humains. Comprendre pour agir » explorant la question de la traite des personnes sous toutes ces formes, du terrain local au terrain mondial, est maintenant disponible. L’objectif principal est d’être une ressource pour ceux qui veulent s’impliquer :  les diocèses et paroisses catholiques, les congrégations religieuses, les écoles et universités, les associations…la société civile dans son ensemble.

En France, l’Église est déjà impliquée pour lutter contre ce fléau

Sensibiliser le grand public, prévenir le public à risque, former les professionnels et bénévoles concernés (dans des domaines variés : police, justice, pompiers, secouristes, travailleurs sociaux, éducateurs, animateurs, enseignants…), accompagner les victimes, plaider auprès des institutions pour que la Personne soit toujours au cœur des lois et de leur application. Le travail en réseau se développe. Une initiative parmi d’autres : le Diocèse de Paris a décidé d’ouvrir prochainement la Maison Bakhita (du nom de Sainte Joséphine Bakhita, enlevée à l’âge de 5 ans et qui a connu l’esclavage jusqu’à ses 30 ans). Cette maison est destinée à l’accueil des personnes migrantes accompagnées par les paroisses de Paris, et au soutien des bénévoles engagés dans cette action. Le Secours Catholique, partenaire du projet a débuté hors les murs les « Mercredis de la rencontre » mensuels destinés à développer l’information et l’échange concernant et impliquant les personnes migrantes. Vous êtes invités le  Mercredi 26 février 2020 de 18h30 à 20h30 au 106 rue du Bac 75007 Paris sur le thème:  « L’exploitation et la traite des êtres humains : de l’action locale au plaidoyer international « .

Nous ne pouvons que nous réjouir du fait que le 18 octobre dernier, Journée européenne de lutte contre la traite des êtres humains, le gouvernement français a présenté le second Plan d’action national contre la traite des êtres humains… mais nous espérons qu’un agenda et des moyens vont maintenant être à la hauteur du défi humain auquel nous devons faire face.

L’Église, en France mène des actions de plaidoyer au niveau local, national, européen et mondial afin que les politiques prennent en compte les victimes de traite et luttent contre ce fléau. Des associations et congrégations interpellent régulièrement la Commission européenne, le Conseil de l’Europe et l’ONU, parfois avec la Commission Nationale Consultative des droits de l’Homme ou/et le Défenseur des Droits.

Parce que la traite des êtres humains est un phénomène mondial, il est important de collaborer au niveau international. Devant le phénomène grandissant de la traite des mineurs, les Caritas d’Albanie, de Bosnie et Herzégovine, de France, de Jordanie, du Kosovo, du Liban, de la Slovaquie et de l’Ukraine se sont associées pour mener une recherche-action : « Des enfants invisibles / Un crime impuni : Agir contre l’exploitation et la traite des enfants en Europe et au Moyen Orient. » Celle-ci vient d’être éditée et diffusée afin de sensibiliser et mobiliser les acteurs sur le sujet.

Les défis à relever

Dans ce contexte, nous vous proposons quelques défis à relever ensemble :

  • Apprendre à repérer les victimes de toutes formes d’exploitation ou de traite, et les orienter. Des victimes directes ou par répercussion, comme les familles des victimes. Avec détermination, impertinence pour aider à ouvrir les yeux sur la situation inconnue…ou trop facilement acceptée d’un voisin, d’un migrant.
  • Faire tomber les idées reçues pour que la même énergie soit déployée pour prévenir et combattre toutes les formes de traite des personnes.
  • Connaître des associations et des institutions engagées dans l’orientation et l’accompagnement des personnes à risque et des victimes de traite. Elles participent à la formation des acteurs associatifs, des magistrats, des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse, des intervenants sociaux, de l’Aide sociale à l’enfance, de l’Éducation nationale, des médecins, des personnels hôteliers. Et avoir une approche globale des victimes : ne pas les enfermer dans ce statut et faire se croiser les approches des différents acteurs.
  • Soutenir la mise en place de voies légales et sûres pour les personnes réfugiées et toutes les personnes en déplacement (pas seulement « réfugiées ») reste aussi une urgence.
  • Faire en sorte que les entreprises et les sociétés examinent attentivement leurs chaînes d’approvisionnement pour éviter les risques d’exploitation par le travail. Nous devons changer d’urgence le modèle économique mondial et garantir un travail décent pour tous. Les organisations internationales, les entreprises internationales ont la possibilité de s’assurer que leurs produits sont exempts de toute forme d’exploitation et de traite des êtres humains. Et en tant que consommateurs, à nous d’aller dans le même sens.

Pour lutter efficacement contre la traite des êtres humains, adoptons une approche fondée sur les droits de l’homme !

Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes
Mme Geneviève Colas, Secours Catholique – Caritas France, « Lutte contre la traite des êtres humains. Mineurs isolés. Justice juvénile »

Pour connaître l’action des organisations membres du Collectif « Ensemble contre la traite des êtres humains,

Consultez le site : www.contrelatraite.org ou contacter genevieve.colas@secours-catholique.org

 

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 11:50
Henri Burin des Roziers en juin 2000 dans son bureau à Belem, au Brésil. Photo Paulo Amorin. AFP

Henri Burin des Roziers en juin 2000 dans son bureau à Belem, au Brésil. Photo Paulo Amorin. AFP

Avocat et religieux, le Français a défendu pendant quarante ans les paysans de l'Amazonie. Bête noire des riches propriétaires qui avaient mis sa tête à prix, il est mort le 26 novembre à Paris, à 87 ans.

Né dans la grande bourgeoisie parisienne, il était promis à un avenir doré sur tranche. Il a préféré la cause des opprimés qui l’emmena, trente-cinq ans durant, au Brésil. Le frère dominicain Henri Burin des Roziers s’est éteint le 26 novembre à Paris, à l’âge de 87 ans. Ses funérailles sont tenues ce vendredi. «Conformément à son souhait, il sera incinéré et ses cendres seront ramenées au Brésil», révèle le dominicain Xavier Plassat, qui continue son combat. Comme l’écrit l’activiste brésilien Leonardo Sakamoto, c’est une «victoire» que «Frei Henri» ne soit pas mort assassiné, car latifundistes, esclavagistes et autres flics tortionnaires d’Amazonie avaient mis sa tête à prix.

Empêcheurs de tourner en rond

Avocat formé à Cambridge, ordonné prêtre en 1963, il était arrivé au Brésil en 1978. Non pas pour convertir – il rejetait l’étiquette de «missionnaire» – mais pour lutter contre les injustices. Il débarque dans le Far West amazonien où le conflit pour la redistribution des terres fait rage. A l’époque (et encore aujourd’hui) les fazendeiros, cette poignée de grands propriétaires qui détiennent plus de la moitié du territoire rural du pays, font exécuter tous les empêcheurs de tourner en rond : paysans sans-terre, syndicalistes, écologistes, militants des droits de l’homme… Henri Burin des Roziers s’engage au sein de la Commission pastorale pour la terre (CPT), très active pour la réforme agraire et contre le travail forcé. «Henri a marqué et inspiré militants et juristes par sa recherche constante de la vérité, son exigence de justice quoiqu’il en coûte, reprend Xavier Plassat. Il avait une empathie avec les pauvres, un sens de la stratégie pour organiser leur défense sans leur retirer la capacité d’être les acteurs de leur propre libération.»

51 000 travailleurs libérés du travail forcé

En 2010, le Mouvement des sans-terre a baptisé de son nom une propriété d’Amazonie que ses militants occupent depuis pour exiger son expropriation. Tout un symbole. «Henri a toujours été le caillou dans la chaussure, dit encore son successeur. Il a rendu visible les graves problèmes des campagnes brésiliennes et fait reculer l’impunité en obligeant la justice à agir. Grâce à lui, de gros bonnets ont été traînés devant les tribunaux», tel le fazendeiro commanditaire de l’assassinat, en 1991, d’un leader syndical de l’Etat amazonien du Pará. Il est aussi à l’origine, avec d’autres, de la pression exercée par l’ONU et l’OIT pour que le Brésil reconnaisse l’existence du travail forcé qui sévit surtout (mais pas seulement) dans les exploitations agricoles d’Amazonie. «Les 51 000 travailleurs libérés depuis 1995, on les lui doit.» Un combat d’actualité, alors que le gouvernement, allié du lobby agricole, a pris une ordonnance – suspendue fin octobre par la Cour suprême — pour assouplir les critères de qualification des formes modernes d’esclavage.

Ce combat valut à Henri Burin des Roziers la légion d’honneur en 1994, puis le prix international des droits de l’homme Ludovic-Trarieux en 2005. D’autres religieux étrangers l’ont rallié, telle la missionnaire américaine Dorothy Stang, assassinée dans le Pará par des tueurs à gages en 2005. Deux ans plus tard, des pistoleiros étaient engagés pour liquider le frère dominicain. Depuis, et jusqu’à son retour en France en 2013, il vivait sous escorte vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Chantal Rayes Correspondante à São Paulo

 

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