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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 15:20
Message pour du Pape François la deuxième Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création

Usons de miséricorde envers notre maison commune

En union avec les frères et les sœurs orthodoxes, et avec l’adhésion d’autres Églises et Communautés chrétiennes, l’Église catholique célèbre aujourd’hui l’annuelle « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création ». Cette occasion entend offrir « à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons ».[1]

Il est très encourageant que la préoccupation pour l’avenir de notre planète soit partagée par les Églises et les Communautés chrétiennes avec d’autres religions. En effet, au cours des dernières années, de nombreuses initiatives ont été prises par des Autorités religieuses et par des organisations pour sensibiliser encore plus l’opinion publique aux dangers de l’exploitation irresponsable de la planète. Je voudrais mentionner ici le Patriarche Bartholomée et son prédécesseur Dimitrios, qui pendant de nombreuses années se sont prononcés constamment contre le péché de provoquer des dommages à la création, attirant l’attention sur la crise morale et spirituelle qui est à la base des problèmes environnementaux et de la dégradation. Répondant à l’attention croissante pour l’intégrité de la création, la Troisième Assemblée Œcuménique Européenne (Sibiu, 2007), proposait de célébrer un « Temps pour la Création » d’une durée de cinq semaines entre le 1er septembre (mémoire orthodoxe de la divine création) et le 4 octobre (mémoire de François d’Assise dans l’Église catholique et dans certaines autres traditions occidentales). A partir de ce moment cette initiative, avec l’appui du Conseil Mondial des Églises, a inspiré de nombreuses activités œcuméniques dans diverses parties du monde. Ce doit être aussi un motif de joie le fait que dans le monde entier des initiatives similaires, qui promeuvent la justice environnementale, la sollicitude envers les pauvres et l’engagement responsable à l’égard de la société, font se rencontrer des personnes, surtout des jeunes, de divers contextes religieux. Chrétiens et non-chrétiens, personnes de foi et de bonne volonté, nous devons être unis pour montrer de la miséricorde envers notre maison commune – la terre – et valoriser pleinement le monde dans lequel nous vivons comme lieu de partage et de communion.

1. La terre crie…

Avec ce Message, je renouvelle le dialogue avec chaque personne qui habite cette planète au sujet des souffrances qui affligent les pauvres et la dévastation de l’environnement. Dieu nous a fait don d’un jardin luxuriant, mais nous sommes en train de le transformer en une étendue polluée de « décombres, de déserts et de saletés » (Enc. Laudato si’, n. 161). Nous ne pouvons pas nous résigner ou être indifférents à la perte de la biodiversité et à la destruction des écosystèmes, souvent provoquées par nos comportements irresponsables et égoïstes. « A cause de nous, des milliers d’espèces ne rendront plus gloire à Dieu par leur existence et ne pourront plus nous communiquer leur propre message. Nous n’en avons pas le droit » (ibid. n. 33).

La planète continue à se réchauffer, en partie à cause de l’activité humaine : 2015 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et probablement 2016 le sera encore plus. Cela provoque sécheresse, inondations, incendies et événements météorologiques extrêmes toujours plus graves. Les changements climatiques contribuent aussi à la crise poignante des migrants forcés. Les pauvres du monde, qui sont aussi les moins responsables des changements climatiques, sont les plus vulnérables et en subissent déjà les effets.

Comme l’écologie intégrale le met en évidence, les êtres humains sont profondément liés les uns aux autres et à la création dans son ensemble. Quand nous maltraitons la nature, nous maltraitons aussi les êtres humains. En même temps, chaque créature a sa valeur propre intrinsèque qui doit être respectée. Écoutons « tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » (ibid. n. 49), et cherchons à comprendre attentivement comment pouvoir assurer une réponse adéquate et rapide.

2. …parce que nous avons péché

Dieu nous a donné la terre pour la cultiver et la garder (cf. Gn 2, 15) avec respect et équilibre. La cultiver « trop » – c’est-à-dire en l’exploitant de manière aveugle et égoïste –, et la garder peu est un péché.

Avec courage le cher Patriarche Œcuménique Bartholomée a, à maintes reprises et prophétiquement, mis en lumière nos péchés contre la création : « Que les hommes détruisent la diversité biologique dans la création de Dieu ; que les hommes dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant ses zones humides ; que les hommes polluent les eaux, le sol, l’air : tout cela, ce sont des péchés ». En effet, « un crime contre la nature est un crime contre nous-mêmes et un péché contre Dieu ».[2]

Face à ce qui arrive à notre maison, puisse le Jubilé de la Miséricorde appeler les fidèles chrétiens « à une profonde conversion intérieure » (Enc. Laudato si’, n. 217), soutenue de façon particulière par le Sacrement de la Pénitence. En cette Année jubilaire, apprenons à chercher la miséricorde de Dieu pour les péchés contre la création que jusqu’à maintenant nous n’avons pas su reconnaître et confesser ; et engageons-nous à accomplir des pas concrets sur la route de la conversion écologique, qui demande une claire prise de conscience de notre responsabilité à l’égard de nous-mêmes, du prochain, de la création et du Créateur (cf. ibid. nn. 10 ; 229).

3. Examen de conscience et repentir

Le premier pas sur ce chemin est toujours un examen de conscience, qui « implique gratitude et gratuité, c'est-à-dire une reconnaissance du monde comme don reçu de l'amour du Père, ce qui a pour conséquence des attitudes gratuites de renoncement et des attitudes généreuses […] Cette conversion implique aussi la conscience amoureuse de ne pas être déconnecté des autres créatures, de former avec les autres êtres de l'univers une belle communion universelle. Pour le croyant, le monde ne se contemple pas de l’extérieur mais de l'intérieur, en reconnaissant les liens par lesquels le Père nous a unis à tous les êtres » (ibid. n. 220).

A ce Père plein de miséricorde et de bonté, qui attend le retour de chacun de ses enfants, nous pouvons nous adresser en reconnaissant nos péchés envers la création, les pauvres et les générations futures. « Dans la mesure où tous nous causons de petits préjudices écologiques », nous sommes appelés à reconnaître « notre contribution, petite ou grande, à la défiguration et à la destruction de la création ».[3] C’est le premier pas sur le chemin de la conversion.

En l’an 2000, qui fut aussi une Année jubilaire, mon prédécesseur saint Jean-Paul II a invité les catholiques à reconnaître leurs torts pour l’intolérance religieuse passée et présente, ainsi que pour les injustices commises envers les Juifs, les femmes, les peuples indigènes, les immigrés, les pauvres et les enfants à naître. En ce Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, j’invite chacun à faire de même. Comme individus, désormais habitués à des styles de vie entrainés soit par une culture mal comprise du bien-être soit par un « désir désordonné de consommer plus qu’il n’est réellement nécessaire » (ibid. n. 123), et comme participants d’un système « qui a imposé la logique du profit à n’importe quel prix, sans penser à l’exclusion sociale ou à la destruction de la nature »,[4] repentons-nous du mal que nous faisons à notre maison commune.

Après un sérieux examen de conscience et habités par ce repentir, nous pouvons confesser nos péchés contre le Créateur, contre la création, contre nos frères et nos sœurs. « Le catéchisme de l’Église catholique nous fait voir le confessionnal comme un lieu où la vérité nous rend libres pour une rencontre ».[5] Nous savons que « Dieu est plus grand que notre péché »,[6] que tous les péchés, y compris ceux contre la création. Nous les confessons parce que nous sommes repentants et que nous voulons changer. Et la grâce miséricordieuse de Dieu que nous recevons dans le Sacrement nous aidera à le faire.

4. Changer de route

L’examen de conscience, le repentir et la confession au Père riche en miséricorde conduisent à un ferme propos de changer de vie. Et cela doit se traduire en attitudes et comportements concrets plus respectueux de la création, comme par exemple de faire un usage raisonnable du plastique et du papier, de ne pas gaspiller l’eau, la nourriture et l’énergie électrique, de trier les déchets, de traiter avec soin les autres êtres vivants, d’utiliser les transports publics et de partager un même véhicule entre plusieurs personnes, et ainsi de suite (cf. Enc. Laudato si’, n. 211). Nous ne devons pas croire que ces efforts sont trop petits pour améliorer le monde. Ces actions « suscitent sur cette terre un bien qui tend à se répandre toujours, parfois de façon invisible » (ibid., n. 212) et encouragent « un style de vie prophétique et contemplatif, capable d’aider à apprécier profondément les choses sans être obsédé par la consommation » (ibid., n. 222).

Egalement l’intention de changer de vie doit imprégner notre manière de contribuer à construire la culture et la société dont nous faisons partie : en effet « la préservation de la nature fait partie d’un style de vie qui implique une capacité de cohabitation et de communion » (ibid., n. 228). L’économie et la politique, la société et la culture ne peuvent pas être dominées par une mentalité du court terme et de la recherche d’un gain financier ou électoral immédiat. Elles doivent au contraire être d’urgence réorientées vers le bien commun, qui comprend la durabilité et la sauvegarde de la création.

Un cas concret est celui de la “dette écologique” entre le Nord et le Sud du monde (cf. ibid., nn. 51-52). Sa restitution demanderait de prendre soin de l’environnement des pays plus pauvres, leur fournissant des ressources financières et une assistance technique qui les aident à gérer les conséquences des changements climatiques et à promouvoir le développement durable.

La protection de la maison commune demande un consensus politique croissant. En ce sens, c’est un motif de satisfaction qu’en septembre 2015 les pays du monde aient adopté les Objectifs de Développement durable, et que, en décembre 2015, ils aient approuvé l’Accord de Paris sur les changements climatiques, qui fixe l’objectif exigeant mais fondamental de contenir l’augmentation de la température globale. Maintenant les gouvernements ont le devoir de respecter les engagements qu’ils ont pris, tandis que les entreprises doivent assumer leur part de façon responsable, et il revient aux citoyens d’exiger qu’il en soit ainsi, et qu’on vise même des objectifs toujours plus ambitieux.

Changer de route consiste donc à « respecter scrupuleusement le commandement originel de préserver la création de tout mal, soit pour notre bien soit pour le bien des autres êtres humains ».[7] Une question peut nous aider à ne pas perdre de vue l’objectif : « Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent, aux enfants qui grandissent » (Enc. Laudato si’, n. 160).

5. Une nouvelle œuvre de miséricorde

« Rien n’unit davantage à Dieu qu’un acte de miséricorde – qu’il s’agisse de la miséricorde avec laquelle le Seigneur nous pardonne nos péchés, ou qu’il s’agisse de la grâce qu’il nous accorde pour pratiquer les œuvres de miséricorde en son nom ».[8]

Paraphrasant saint Jacques, « la miséricorde sans les œuvres est morte en elle-même. […] A cause des mutations de notre univers mondialisé, certaines pauvretés matérielles et spirituelles se sont multipliées : laissons donc place à l’imagination de la charité pour distinguer de nouvelles modalités d’action. De cette façon, la voie de la miséricorde deviendra toujours plus concrète ».[9]

La vie chrétienne inclut la pratique des œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles traditionnelles.[10] « Il est vrai que nous pensons d’habitude aux œuvres de miséricorde, séparément, et en tant que liées à une œuvre : hôpitaux pour les malades, cantines pour ceux qui ont faim, maisons d’accueil pour ceux qui sont dans la rue, écoles pour ceux qui ont besoin d’instruction, le confessionnal et la direction spirituelle pour celui qui a besoin de conseil et de pardon… Mais si nous les regardons ensemble, le message est que l’objet de la miséricorde est la vie humaine elle-même et dans sa totalité ».[11]

Évidemment la vie humaine elle-même et dans sa totalité comprend la sauvegarde de la maison commune. Donc, je me permets de proposer un complément aux deux listes traditionnelles des sept œuvres de miséricorde, ajoutant à chacune la sauvegarde de la maison commune.

Comme œuvre de miséricorde spirituelle, la sauvegarde de la maison commune demande « la contemplation reconnaissante du monde » (Enc. Laudato si’, n. 214) qui « nous permet de découvrir à travers chaque chose un enseignement que Dieu veut nous transmettre » (ibid., n. 85). Comme œuvre de miséricorde corporelle, la sauvegarde de la maison commune demande les « simples gestes quotidiens par lesquels nous rompons la logique de la violence, de l’exploitation, de l’égoïsme […] et se manifeste dans toutes les actions qui essaient de construire un monde meilleur » (ibid., nn. 230-231).

6. En conclusion, prions

Malgré nos péchés et les terribles défis que nous avons face à nous, ne perdons jamais l’espérance : « Le Créateur ne nous abandonne pas, jamais il ne fait marche arrière dans son projet d’amour, il ne se repent pas de nous avoir créés […] parce qu’il s’est définitivement uni à notre terre, et son amour nous porte toujours à trouver de nouveaux chemins » (ibid., nn. 13 ; 245). En particulier le 1er septembre, et ensuite pour tout le reste de l’année, nous prions :

« Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux. […]
Ô Dieu d’amour, montre-nous notre place dans ce monde
comme instruments de ton affection pour tous les êtres de cette terre (ibid., n. 246).
Ô Dieu de miséricorde, accorde-nous de recevoir ton pardon
et de transmettre ta miséricorde dans toute notre maison commune.
Loué sois-tu.
Amen.

François

1er septembre 2016

[1] Lettre pour l’institution de la « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création », 6 août 2015.

[2] Discours à Santa Barbara, Californie (8 novembre 1997).

[3] Bartholomée I, Message pour la Journée de prière pour la sauvegarde de la création (1er septembre 2012).

[4] Discours, IIème Rencontre mondiale des Mouvements populaires, Santa Cruz de la Sierra (Bolivie), 9 juillet 2015.

[5] Troisième méditation, Retraite spirituelle à l’occasion du Jubilé des prêtres, Basilique Saint-Paul-hors-les murs, 2 juin 2016.

[6] Audience générale, 30 mars 2016.

[7] Bartholomée I, Message pour la Journée de prière pour la sauvegarde de la création (1er septembre 2012).

[8] Première méditation, Retraite spirituelle à l’occasion du Jubilé des prêtres, Basilique Saint-Jean de Latran, 2 juin 2016.

[9] Audience générale, 30 juin 2016.

[10] Les œuvres corporelles sont : donner à manger à ceux qui ont faim ; donner à boire à ceux qui ont soif ; vêtir ceux qui sont nus ; loger les pèlerins ; visiter les malades ; visiter les prisonniers ; ensevelir les morts. Les œuvres spirituelles sont : conseiller ceux qui doutent ; enseigner aux ignorants ; exhorter les pécheurs ; consoler les affligés ; pardonner les offenses ; supporter patiemment les personnes importunes ; prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

[11] Troisième méditation, Retraite spirituelle à l’occasion du Jubilé des prêtres, Basilique Saint-Paul-hors-les murs, 2 juin 2016.

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 21:20
Présentation de la COP21 par des « jeunes cathos »

Vous le savez certainement, la COP21 a lieu à Paris à partir de ce 30 novembre jusqu’au 11 décembre. 195 états y sont réunis, dont le Vatican, pour décider des mesures à mettre en place pour limiter le réchauffement climatique. Autour de cette rencontre mondiale des gouvernements, la mobilisation est grande, dans les mouvements, les diocèses, les paroisses… Divers événements religieux sont organisés.

L’Eglise catholique en France prend sa part et appelle les chrétiens à une conversion écologique, pour passer à un mode de vie plus simple, dans le respect de la création et de la dignité humaine, en solidarité avec les plus vulnérables.

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 18:49
Appel lundi des Eglises du monde entier en faveur de la COP21

L’échéance de la conférence de Paris sur le climat se rapproche et les négociations préliminaires s’intensifient. Depuis lundi, les délégations des 195 pays participant sont réunies à Bonn en Allemagne avec l’objectif de progresser vers un accord global.

Dès le début de la rencontre, les 134 pays en développement, réunis au sein du groupe G77 ont exprimé leur mécontentement : le projet d’accord ne comprend pas une partie des propositions qu’ils avaient formulées. Les négociateurs ont jusqu’à vendredi soir pour gommer les litiges et proposer des solutions.

De leur côté, les Églises s’impliquent, faisant de la défense de la Création un thème central de leur réflexion comme l’a démontré la dernière encyclique du Pape François, Laudato si’. Lundi prochain, au lendemain de la fin du Synode sur la famille, des cardinaux, des patriarches et des évêques du monde entier vont lancer un appel aux États participant à la conférence de Paris.

Il s’agit d’une initiative du Conseil pontifical Justice et Paix et s’inspire justement de l’encyclique du Pape. Elle sera présentée à la presse en salle de presse du Saint-Siège par le cardinal Turkson, président du Conseil pontifical, les archevêques de Bombay et de Bogota, respectivement président de la fédération des conférences épiscopales asiatiques et du conseil épiscopal latino-américain. Présents également, le président de la fédération des conférences épiscopales d’Océanie ou le vice-président de la Comece, la commission des épiscopats de la communauté européenne.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 07:14
Assises chrétiennes de l’écologie : « Si j’aime mon Dieu, j’aime ma planète »

Du 28 au 30 août 2015, les Assises chrétiennes de l’écologie ont rassemblé 2 000 personnes à Saint-Etienne autour des enjeux écologiques, climatiques et solidaires. Le « tout est lié » du Pape François fut largement souligné. Lien avec les questions de foi, de développement, de finance, de migrations. Conférences, tables-rondes, forums, spectacle, marche étaient au programme. Voici quelques idées phares pour une rentrée Laudato Si’!

Les Assises ont donné la parole à des personnes engagées très variées. Avec une grande confiance, les organisateurs ont valorisé les compétences de chacun pour les partager au plus grand nombre. Sous forme de conférence plénière, de forum, d’atelier, les échanges ont eu lieu.

L’idée première à retenir de ces Rencontres est bel et bien que l’écologie à la lumière de la foi met l’humanité au centre de ses projets. Elle permet l’alliance entre soi et les autres, Dieu et les hommes, les hommes et leur environnement. Il n’y a pas de dissociation entre l’homme et la nature. L’écologie est au cœur de chacune de nos vies.

La deuxième certitude perçue à ces Assises est celle du Kairos. C’est le moment. C’est le bon moment pour agir. Il est temps : à mi-chemin entre la parution de l’encyclique et la tenue de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP21) et à un mois de la refonte des Objectifs du millénaire en Objectifs du développement durable à New York, fin septembre, en présence du Pape François. Chacun selon son charisme, sa sensibilité a partagé son expérience, sa façon propre de se saisir maintenant des enjeux de respect de la Création.

Les Eglises sont-elles en retard sur ces enjeux ?

Sur cette question, il fut précisé que les Eglises évoluent avec leur temps. La plupart des grands changements sont venus de la base. Or la base, c’est chacun de nous. Nous sommes tous coresponsables de la Terre. La parole forte du Pape et des grandes figures chrétiennes sur les défis climatiques, environnementaux est précieuse pour avancer vers une conversion écologique individuelle et collective.

Sur le rôle singulier des religions, Mgr Bruno Feillet, évêque auxiliaire de Reims, le rabbin Yeshaya Dalsace, l’immam Tareq Oubrou, ou encore le pasteur Christian Krieger ont mis en avant l’importance de la nature dans les Livres et la responsabilité de chaque croyant vers une transition écologique. Il s’agit de mutualiser les initiatives, de donner à voir les projets permettant plus de cohérence entre nos modes de vie et le souci écologique. Et cela passe par une régulation de nos consommations. Soyons créatifs pour être acteurs du changement.

Grand moment d’émotion, à la clôture des Assises, avec un temps spirituel interreligieux de gloire à Dieu et à sa Création. Des jeunes de différentes religions ont porté la Terre, lu des prières et conclu : « Si j’aime mon Dieu, j’aime ma planète » ? Bonne rentrée Laudato Si’ !

Estelle Grenon, Coordinatrice Cop21

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 10:52
Un théologien aux Assises chrétiennes de l’écologie

Fabien Revol sera l’un des intervenants des Assises chrétiennes de l’Écologie, à Saint-Étienne, du 28 au 30 août 2015. Il fait partie de la poignée montante de théologiens qui s’intéressent à l’écologie et revendiquent cette spécialité. À l’Université Catholique de Lyon, il transmet son approche interdisciplinaire. Propos recueillis par Chantal Joly.

Comment devient-on un théologien écologiste ?
Je suis venu à l’écologie par la science. Après deux années de théologie, j’ai en effet étudié la biologie des écosystèmes ; c’est-à-dire tenter de comprendre le fonctionnement des vivants dans leur ensemble. Peut-être influencé par le fait que je suis un fils d’agriculteur et que j’ai été marqué par la découverte des contraintes et des beautés de la nature grâce au scoutisme. Ayant compris que j’étais au cœur des problématiques écologiques, je me suis interrogé à leur rapport avec la théologie morale. La lecture d’un livre, « Éthique de l’environnement », a été le déclic. Séminariste, j’ai repris mes études de théologie habité par ce rapport entre éthique et biodiversité et découvert que non : l’écologie et la théologie morale ne se rencontraient pas. Mon évêque d’alors, Mgr Lagleize, sensible au fait que le diocèse de Valence est dans le département le plus « bio » mais aussi la zone la plus nucléarisée de France, a souhaité mettre ma compétence au service d’une réflexion chrétienne sur l’écologie. Je suis donc parti à Toronto, au Canada, suivre une première année de maîtrise de Théologie de l’écologie, revenant en France avec des références de lecture, une façon de penser et une méthodologie très anglo-saxonnes. C’est alors que j’ai compris que l’écologie est intégrée à la doctrine sociale de l’Église et qu’en matière d’éthique, tout se rapporte à la théologie de la Création. Mais qu’il est nécessaire de l’approfondir pour que la théologie morale puisse relever le défi de l’écologie. D’où ma thèse, soutenue le 19 novembre 2013, sur « La Création continuée ». D’où aussi ma décision de compléter mon doctorat de théologie par un doctorat de philosophie ; ce qui me donne une vraie crédibilité vis-à-vis du monde académique, dans la perspective interdisciplinaire qui est la mienne.

Vous êtes le premier titulaire de la Chaire Jean Bastaire « Pour une vision chrétienne de l’écologie intégrale » de Lyon. Quelle est sa mission ?
En 2008, Jean Bastaire, écrivain, philosophe, précurseur d’une théologie d’écologie chrétienne, avait pris contact avec moi. Partageant nombre de points communs, nous avons maintenu un rythme de correspondance et de visites jusqu’à son décès en 2013. On m’a alors demandé de préparer ses funérailles. Jean avait confié au gestionnaire de son héritage, la Fondation St-Irénée de Lyon, son désir de poursuivre son œuvre. Un legs a donc permis de financer l’ouverture en janvier 2015 de la Chaire Jean Bastaire, projet que j’ai coordonné. La Providence, avec la sortie cette année de l’encyclique du Pape François et la tenue à Paris de la Conférence mondiale sur le climat (COP 21) montre que c’était le bon moment. Notre groupe de recherche de 9 personnes a pour objet de développer une approche chrétienne de l’écologie à partir d’un travail sur la Création. Et cela via des publications, des conférences, des journées d’études, des colloques et des cours. 20 étudiants de niveau licence, très impliqués, les suivent. J’anime par ailleurs un module « Écologie et société » en fac de sciences pour des Bac +1. Et l’an prochain se tiendra un séminaire pour des étudiants de master en théologie.

Que percevez-vous de la mobilisation des nouvelles générations et globalement des acteurs chrétiens autour de l’écologie ?
Les jeunes sont dégagés de l’engouement des Trente Glorieuses mais ils ont été pétris dans la croyance du mythe de la science qui résout tout. Beaucoup cependant commencent à être désillusionnés et s’orientent vers des modes de vie plus simples, plus harmonieux avec leur être profond. Pris par le sentiment d’urgence, ils sont encore beaucoup dans le quoi faire, avant de se poser des questions de sens. Je perçois néanmoins chez eux des consonances spirituelles très fortes. Les chrétiens devraient être les premiers concernés par la sauvegarde de la Création, en harmonie avec des non chrétiens qui perçoivent en St François d’Assise un modèle.
Aujourd’hui peut-être la majorité des catholiques se réveillera-t-elle parce que le Pape parle d’écologie. Je sens un véritable « décollage ». Je suis sollicité, par exemple, par le réseau « Elus et Politique » pour leur pèlerinage à Lourdes ou pour intervenir devant 150 prêtres en septembre. Suite aux premières Assises chrétiennes de l’Écologie de 2011 était née une kyrielle d’associations. Ce serait important qu’elles agissent de manière complémentaire. Pauvreté franciscaine, sobriété heureuse, ascèse orthodoxe ; toutes les sensibilités se recoupent. Il s’agit des mêmes interrogations sur nos limites humaines et le sens de l’existence des autres êtres vivants.

Qu’avez-vous apprécié dans l’encyclique Laudato Si’ ?
Qu’il ne s’agit pas d’un simple appel à agir de façon écologique. Un véritable changement de regard sur la nature (la considérer comme un stock de ressources à notre service est presque un péché) et sur l’activité humaine nous est demandé. Le Pape François montre combien ces relations sont insécables, précarité des pauvres et fragilité des écosystèmes se rejoignant. Il montre en permanence comment tout est lié : pauvreté, paix, nature, respect, dignité, culture du déchet, crise économique, etc. Il démontre qu’on ne peut pas être gardien du Christ si on n’est pas gardien de son frère ET gardien de la Création. Cette lecture m’a donné beaucoup de joie. Le Pape a notamment osé employé le mot « décroissance » et donné une vraie définition de l’écologie intégrale. En plus, il ne joue pas sur le catastrophisme mais se place dans une posture d’espérance en l’humanité au nom du regard que Dieu a mis sur le monde. Nous ne manquons pas d’outils spirituels pour nous convertir.

2èmes Assises chrétiennes de l’écologie

Du 28 au 30 août, le parc des expositions de Saint-Étienne se transformera en véritable ruche verte. Au programme : des réflexions éclairées par des experts (conférences plénières, tables-rondes et une centaine de forums adultes et enfants aussi bien autour de la transition énergétique que des animaux dans la Bible, de l’agroécologie au service de l’emploi ou encore de François d’Assise), des ateliers pour les familles (cuisine, fabrication de nettoyants, création de sacs…), des contes, des films, des randonnées et de la convivialité notamment à travers l’hébergement proposé au maximum chez l’habitant.

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