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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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2 septembre 2020 3 02 /09 /septembre /2020 09:55
Vivons la nature et plantons des haies

Une initiative du Carrefour Rural du Diocèse d'Evreux

D'avance Merci pour votre générosité

 

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 07:31
La Convention citoyenne veut un référendum pour inscrire le climat dans la Constitution

La Convention citoyenne pour le climat a demandé dimanche l'introduction de la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution et la création d'un crime «d'écocide» par référendum, renvoyant l'exécutif et le Parlement à leurs «responsabilités» pour l'application des autres mesures, certaines radicales, adoptées après neuf mois de travaux.

Le chef de l'Etat, qui recevra les 150 citoyens de la Convention le 29 juin, avait décidé d'organiser cet exercice de démocratie participative inédit en France après la crise des «gilets jaunes», déclenchée par l'annonce d'une taxe carbone sur les carburants.

Il avait indiqué dans la semaine envisager un référendum à questions multiples sur certaines de leurs propositions, hypothèse relayée par plusieurs membres de la majorité ou du gouvernement.

Mais les membres de la CCC ont pris le contre-pied du pouvoir, votant contre l'idée de mise au référendum de leurs mesures concrètes. A l'exception, donc, de l'introduction dans le préambule et l'article 1 de la Constitution des notions de protection de l'environnement, de la biodiversité et «la lutte contre le dérèglement climatique» et l'introduction dans le droit français d'un crime «d'écocide» - visant à réprimer les atteintes graves à l'environnement - qui a déjà été rejeté au Parlement.

«Constitution, écocide - OK pour un référendum. Pour le reste, que le pouvoir prenne ses responsabilités,» a lancé un des participants, résumant les arguments avancés par la plupart des intervenants.

«Toutes nos mesures sont super. Nous encourageons tous nos concitoyens à s'en saisir et à contrôler le travail des politiques», insistait une autre, Yolande (ils ne sont identifiés que par leurs prénoms lors des travaux).

La ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne, qui a reçu au nom de l'exécutif les propositions, a salué leur «ambition». «Le président de la République (prépare) une reconstruction économique, écologique et solidaire. Votre travail sera au cœur du projet,» leur a-t-elle lancé, assurant qu'il n'y aurait «pas de tabou».

Les 150 avaient adopté à 95% le rapport définitif listant leurs mesures, qui ont toutes été adoptées sauf une, la réduction du temps de travail à quatre jours (28 heures) par semaine. Beaucoup de participants craignaient qu'elle ne discrédite, par son côté iconoclaste, l'ensemble de leur travail.

- «Ambition et cohérence» -

Cyril Dion, réalisateur et militant écologiste, promoteur et «garant» de la CCC, s'est félicité de «l'intelligence» des citoyens, notamment sur la limitation de leurs propositions de référendum.

Certaines des propositions devraient polariser l'opinion publique comme la réduction de la vitesse sur l'autoroute de 130 à 110km/h, qui a sans surprise déclenché l'ire des associations d'automobilistes, faisant écho à la grogne déjà déclenchée par les 80 km/h sur nationale.

Plusieurs autres mesures visent à réduire la place de la voiture individuelle, avec notamment une «amélioration du forfait mobilité durable». La CCC propose aussi de renforcer le bonus-malus écologique sur les véhicules, d'aider la location longue durée et développer les prêts à taux zéro pour l'achat de véhicules propres, d'interdire dès 2025 de la vente de véhicules neufs très émetteurs (+110 gr CO2/km) et les centre-villes aux véhicules les plus polluants.

Parmi les autres mesures figure un encadrement fort de la publicité, avec interdiction des panneaux dans l'espace public extérieur et de la pub pour des produits à fort bilan carbone - comme les gros véhicules type SUV. Ainsi que de lourdes taxes sur l'alimentation ultra-transformée, l'interdiction des semences OGM, une taxation plus forte des engrais azotés, une réduction de moitié en 2030 de l'usage des pesticides et l'interdiction des plus dangereux d'ici 2035.

La liste comprend aussi l'interdiction des terrasses chauffées ou de l'éclairage des magasins la nuit.

Le député ex-LREM Matthieu Orphelin s'est félicité de «l'ambition» et de «la cohérence» de ce travail, lançant dans un communiqué: «Aux responsables politiques, maintenant, de faire leur part du travail en le concrétisant».

Greenpeace a salué une «première étape vers un nécessaire changement radical de nos sociétés», avertissant qu'une «réponse purement symbolique aux travaux de la Convention serait un désastre démocratique».

Patrick Martin, président délégué du Medef, la principale organisation patronale, a salué un travail «sérieux», mais déploré l'absence de chiffrage des propositions, qu'il a jugé pour certaines «extrêmes».

Les membres de la CCC ont de leur côté annoncé la création d'une association, «Les 150», pour assurer le suivi de leurs propositions.

 

AFP

 

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 14:28
Face aux crises, ouvrir un chemin de conversion radicale

Une prise de parole du Ceras en temps de covid

Confrontée à une crise sanitaire de grande ampleur, c’est en plein carême chrétien qu’une grande partie de la population mondiale a été obligée de se confiner. Et si le confinement est une sorte de mise en quarantaine générale, il ne nous semble pas insensé de faire le lien entre cette quarantaine et le carême, ces 40 jours pendant lesquels nous sommes invités à laisser de côté le superflu pour nous recentrer sur l’essentiel.

Le carême est un temps d'apprentissage, lente éducation au lâcher-prise et au désencombrement : comme chrétiens, aurions-nous quelque chose à partager de notre expérience de cette traversée ? Evoquons, parmi tant d’autres choses : la joie de la simplicité, la force de l’essentiel, le goût de la solidarité, le besoin de relations vraies… Et nos frères musulmans, amenés à vivre un Ramadan bien particulier cette année, pourraient nous rejoindre dans ce témoignage.

S’il n’a pas été une épreuve trop lourde - pour des raisons sociales, psychologiques ou relationnelles - le confinement aura peut-être permis de repérer du superflu dans nos vies, de poser un autre regard sur notre mobilité hyperactive, notre consommation frénétique, notre rythme de vie accéléré... Chacun est invité à une relecture : ne pourrions-nous pas garder de ces dernières semaines quelques bonnes idées pour la suite ?

Nous ne sommes plus en carême, mais notre monde est encore en quarantaine. Et si nous avons pu célébrer Pâques, d’une manière certes particulière, le déconfinement, lui, ne s'annonce pas de manière très réjouissante. La célébration générale de sortie de crise semble bien lointaine.

La crise sanitaire liée au coronavirus a, certes, rebattu les cartes dans de nombreux domaines : revalorisation des services publics, remise en cause de dogmes budgétaires que l'on nous avait présentés comme figés à jamais, constat des méfaits d'une mondialisation dérégulée... Elle nous fait espérer un changement enfin possible dont nous percevons quelques premiers pas.

Mais la crise sociale est là, qui menace des jeunes pour qui le premier emploi se fait toujours plus lointain, les familles précarisées par l'absence des revenus habituels, les pays du Sud qui n'auront pas les moyens de renforcer seuls une économie ébranlée par le confinement, ou encore les exilés entassés aux confins d'une Europe qui a fermé ses frontières...

Elle nous rappelle qu'il aurait été bon de réfléchir plus tôt, comme nous y invite le pape François, à une “certaine décroissance” (Laudato si', LS 193) choisie, sélective, se donnant “comme objectif prioritaire l’accès à l’emploi pour tous” et non les “intérêts limités des entreprises et d’une rationalité économique discutable” (LS 127). Au lieu de cela, nous subissons maintenant une récession violente, imposée par les événements. Pour l'affronter, il nous faudra plus que jamais coupler engagements écologique et social. Car les chantres d'un néo-libéralisme et d’une mondialisation dérégulée ne semblent pas prêts à laisser les rênes du pouvoir. Et les plans de relance qui s'annoncent peuvent être très inquiétants : ils révèlent que l'idolâtrie de la croissance à tout prix nous guette encore, et toujours plus fortement avec la peur légitime de la crise socio-économique ! Sans critères environnementaux et sociaux pour rediriger notre économie dans la bonne direction, nous préparons des crises pires.

Crise financière, canicules, crise sociale et démocratique, COVID… nous allons de crise en crise en proposant pour chacune des réponses qui tentent de maintenir un système à bout de souffle sans nous attaquer aux racines du problème de cette « complexe crise socio-environnementale » (LS 139) qui englobe toutes les autres.

La crise sanitaire pourrait-elle être le kairos qui nous conduira à changer réellement ? Le pape François nous y invite, espérant « que cette période de danger nous fera abandonner le pilotage automatique, secouera nos consciences endormies et permettra une conversion humaniste et écologique pour mettre fin à l’idolâtrie de l’argent et pour placer la dignité et la vie au centre de l’existence » (François, Lettre aux Mouvements populaires, 12 avril 2020).

Au cœur de nos confinements comme au sortir de ces quarantaines, comment répondrons-nous à cet appel à la conversion ?

N’abandonnons pas l’écologie intégrale, n’abandonnons pas un style de vie prophétique, n’abandonnons pas le désir d'une conversion communautaire radicale. L'Église que nous sommes est attendue sur ce terrain.

Le déconfinement qui s'annonce nous offre l'occasion de devenir cette « Église en sortie » que le pape François appelle de ses vœux. Et nous serons peut-être les premiers surpris de découvrir que la richesse de l’expérience communautaire vécue dans la célébration eucharistique se vit aussi dans les actions et les combats au service de nos frères et sœurs, ceux d’aujourd’hui et ceux de demain.

Le chemin de la conversion n’est pas un chemin de solitude. Nous nous y engageons, ensemble, avec d’autres, au service du « monde d’après ». Ce monde n'est pas un rêve, mais une tâche qui commence maintenant, dans l'espérance de la « terre nouvelle » que nous attendons comme un don, mais où nous retrouverons, transfigurés, tous les fruits de notre labeur au service de la dignité de tous et de la communion fraternelle (Gaudium et Spes, GS 39).

Beaucoup de chrétiens ont déjà fait preuve d’une grande envie de s’engager depuis le début du confinement. Beaucoup ont déjà mis leurs vies au service de cette « détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun ; c’est-à-dire pour le bien de tous et de chacun parce que, tous, nous sommes vraiment responsables de tous. » (Sollicitudo rei socialis, SRS 38). Tous, car cette crise n’est pas qu’un défi réservé aux chrétiens mais concerne l’ensemble de la famille humaine. Il est temps de transformer l’essai, collectivement.

Car c'est aujourd'hui qu'il nous faut faire entendre nos voix !

Comment ? Les gestes symboliques sont importants mais devenus insuffisants. Ils finissent par épuiser. Nous avons maintenant besoin d'actes forts : personnels certes, mais aussi collectifs, à commencer par nos paroisses.

Ces premiers jours de déconfinement sont le moment favorable pour décider enfin – selon sa situation - de changer de banque (et de demander à son diocèse de désinvestir des énergies fossiles), de passer à l'énergie renouvelable (et de demander à sa paroisse de faire de même), de choisir une destination plus proche pour ses prochaines vacances, de s'engager dans une association de solidarité, de partager son salaire, d’interroger les finalités de son travail...

Il s’agira aussi de dépasser les frontières de nos communautés pour rejoindre ces mouvements de la société civile et de l’altermondialisme animés, comme nous, de cet idéal d’une terre dont tous les fruits seraient vraiment destinés « à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples » en sorte que « les biens de la création [affluent équitablement] entre les mains de tous, selon la règle de la justice, inséparable de la charité » (GS 69). Il s'agira d'oser un « amour civil et politique » (LS 231) qui n’ait pas peur de rejoindre les lieux de décision. Nous le savons, pour servir le bien commun, nous ne pouvons “absolument pas renoncer à la participation à la ‘politique’” quelles que soient les accusations dont elle puisse être l’objet, ni justifier le scepticisme ou l'absentéisme des chrétiens pour la chose publique (Jean-Paul II, Christifideles laïci, 42). Viser ce niveau d’engagement est indispensable pour demander des comptes à nos dirigeants et appeler un changement de cap. Ces revendications politiques donneront sens à nos conversions individuelles et collectives.

Saurons-nous relever le défi ? Choisir la voie de l’écologie intégrale n’est, pas plus que la charité, une simple option pour les chrétiens. C’est répondre à notre appel de baptisée et baptisé à suivre le Christ et à prendre soin de nos frères, de nos sœurs, et de la création.

 Cette crise vous donne envie de vous engager pour faire avancer la transition sociale et écologique ?

A la suite du Pape dans Laudato Si, au Ceras, nous pensons que c’est le moment de réaliser effectivement notre conversion radicale mais que les gestes individuels, bien que nécessaires, sont insuffisants. Seule une mobilisation collective au sein de nos communautés et de nos lieux de vie permettra d’opérer la transition.

Envoyez-nous vos coordonnées à secretariat@ceras-projet.com, nous pourrons vous recontacter pour vous mettre en lien avec d'autres personnes de votre région, vous proposer des ressources pour penser et agir et vous inviter à collaborer avec nous pour démultiplier de telles initiatives de conversion socio-écologique sur tout le territoire.

L'équipe du Ceras

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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 17:32
Tortue de mer à la surface de l'eau à Olowalu, comté de Maui dans l'état d'Hawaï (océan Pacifique) © Getty / Tor Johnson

Tortue de mer à la surface de l'eau à Olowalu, comté de Maui dans l'état d'Hawaï (océan Pacifique) © Getty / Tor Johnson

A la COP25 à Madrid, les participants doivent se pencher sur le sort des océans. Un rapport publié opportunément alerte les dirigeants de la planète, sur le manque d'oxygène croissant dans les fonds marins.

L'océan commence à manquer cruellement d'oxygène selon l'Union internationale pour la conservation de la nature, l'UICN.  Les chercheurs avaient déjà montré que les océans s'étaient acidifiés, à cause des émissions de CO2 liées aux activités humaines, ils pointent cette fois du doigt, les effets néfastes du manque d'oxygène  sur les poissons notamment.

Le rapport, basé sur les travaux de 67 experts et présenté comme le plus important à ce jour sur ce sujet, se penche sur ce phénomène mal connu. Il en ressort que cette perte d'oxygène "constitue une menace croissante pour la pêche et certains groupes d'espèces comme les thons, les marlins et les requins", avertit l'UICN, qui fait référence pour les espèces menacées avec sa "liste rouge".  "Au fur et à mesure que les océans perdent leur oxygène, en se réchauffant, l'équilibre délicat de la vie marine se fragilise", avertit Grethel Aguilar, directrice générale par intérim de l'UICN.  

Pour limiter la perte d'oxygène dans les océans, parallèlement aux autres effets dramatiques des changements climatiques, les dirigeants mondiaux devraient donc, selon les experts, s'engager à réduire immédiatement et de manière substantielle leurs émissions. Le Chili, qui préside cette réunion délocalisée en Espagne, a promis de mettre l'accent sur les océans.  

La baisse du taux d'oxygène s'accélère

La désoxygénation s'explique principalement par deux phénomènes : 

- l'eutrophisation (prolifération de certains végétaux, en général des algues) due au ruissellement des nutriments provenant des continents et aux dépôts d'azote provenant de l'utilisation de combustibles fossiles

- le réchauffement des eaux océaniques dû au changement climatique, alors que les océans absorbent en partie les émissions de gaz à effet de serre générées par les humains.  

A l'échelle mondiale, le taux d'oxygène dans les océans a diminué d'environ 2% entre 1960 et 2010, selon le rapport.  Ils pourraient encore perdre 3 à 4% de leurs stocks d'oxygène d'ici à 2100 si les émissions continuent à croître au rythme actuel, "la majeure partie de cette perte se concentrant dans les premiers 1.000 mètres de la colonne d'eau, où la richesse et l'abondance des espèces sont les plus élevées", avertit le rapport.   

Environ 700 sites à travers le globe, souvent sur des côtes et dans des mers semi-fermées, souffrent de faible teneur en oxygène, contre 45 dans les années 1960. 

Plus de méduses, et moins de poissons

"Au cours de la même période, le volume des eaux anoxiques dans les océans mondiaux, c'est-à-dire des zones complètement vides d'oxygène, a quadruplé", selon le rapport.  Cette diminution de la teneur en oxygène des océans a déjà commencé à modifier l'équilibre de la vie marine, favorisant les espèces tolérantes à l'hypoxie (les microbes, les méduses et certains calmars) au détriment d'espèces sensibles à l'hypoxie (comme de nombreuses espèces marines, dont la plupart des poissons).

Certaines zones océaniques très riches en poissons consommés par l'homme doivent leur existence à des courants océaniques riches en nutriments mais sont pour autant pauvres en oxygène, ce qui les rend "particulièrement vulnérables aux changements, même minimes", selon les auteurs.   

Certaines espèces cruciales pour la pêche, comme les thons, les marlins et les requins, sont également particulièrement sensibles à une faible teneur en oxygène en raison de leur grande taille et de leurs besoins énergétiques élevés. Elles risquent de se retrouver acculées dans des couches de surface de plus en plus fines d'eau riche en oxygène et être ainsi encore plus exposées à la surpêche.  

D'autres espèces, comme celles vivant au fond des eaux, les varechs, les macroalgues, les coraux, les herbiers marins, les mangroves, les poissons, le plancton, les mammifères marins sont aussi concernées, énumère l'UICN, même s'il est parfois difficile de mesurer les impacts.  

La santé des océans sera le sujet numéro 1 du congrès mondial de l'UICN, en juin prochain à Marseille.  Les chercheurs attendent des décisions fortes de la part des Etats pour protéger les ressources marines. 

 

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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 10:36
L’Église voit-elle l’Amazonie comme un patrimoine commun de l’humanité ?

Les incendies de cet été en Amazonie soulèvent la question d’inscrire cette forêt tropicale au patrimoine commun de l’humanité.

À la demande du pape François, l’Église s’engage pour la préservation de cet environnement et de ses habitants, auxquels un synode sera consacré à Rome en octobre.

Mgr Emmanuel Lafont

Évêque de Cayenne (Guyane)

« Nous devons changer radicalement notre rapport avec ces peuples et cette nature »

« Ce que l’Église catholique regarde tout d’abord, ce sont les peuples qui vivent en Amazonie. Car, comme le dit le pape François dans Laudato si’, « tout est lié ». La vie humaine ne saurait être séparée de l’environnement dont elle dépend et qu’elle doit protéger pour se protéger elle-même. Nous devons adopter un regard holistique, qui prenne tout en compte : les territoires, mais d’abord les personnes qui y vivent et, qui, d’une manière pure et belle, en sont les gardiens.

Reconnaissons que lorsque nous sommes allés à la rencontre des peuples d’Amazonie, au cours de l’histoire, ce n’était pas d’abord pour apprendre leur sagesse, mais pour nous emparer de leur territoire et de ses ressources. Aujourd’hui encore demeure la tentation de surexploiter cette nature, pour le profit de certaines multinationales et aux dépens du bien commun.

 

Au Brésil, la forêt amazonienne s’embrase alors que la déforestation fait rage

 

À l’approche du synode sur l’Amazonie, en octobre prochain à Rome, l’Église appelle à changer radicalement notre rapport avec ces peuples dont nous ne respectons pas les droits. Nous devons nous mettre à l’écoute de leur expérience, et de la qualité de relation qu’ils ont toujours entretenue – et continuent d’entretenir – avec leur terre. L’Église peut et doit prendre aujourd’hui un « visage amazonien » !

L’Église catholique appelle également à changer radicalement notre rapport avec la nature. Le pape François, en visite au Pérou en janvier 2018, a dit que cette terre est une terre sacrée ! Alors oui, bien sûr, l’Église considère que la forêt amazonienne fait partie du patrimoine universel. Au même titre, d’ailleurs, que le bassin du Congo ou que les jungles de l’Asie du Sud-Est.

 

Synode pour l’Amazonie, un défi pour toute l’Église

 

Sur tous ces sujets, l’un des grands moments de prise de conscience de l’Église a été le concile Vatican II, qui a débouché sur une multitude de rencontres des évêques du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM). Depuis 2013, grâce à l’expérience sudaméricaine du pape François, toute l’Église bénéficie de ce sursaut. Ce pape représente quelque chose d’extrêmement fort, qui n’est pas sans provoquer un certain nombre de résistances. Mais l’Évangile a toujours provoqué des résistances : le message de Jésus est un véritable défi pour ce monde où prime souvent l’amour de l’argent et de la consommation.

Que nous soyons en Amazonie ou à Paris, il est urgent que nous tous, chrétiens, posions un regard spirituel sur la Création, et que cela nous conduise à une plus grande frugalité de vie. Pour la journée de la terre, dimanche 1er septembre (1), j’ai lancé un appel à la prière et à la mise en œuvre de cette sobriété, rendue urgente face aux incendies désastreux, et pour que la préparation du synode réveille encore un peu plus la conscience que nous avons de vivre pour préserver le présent et l’avenir. »

 

Recueilli par Mélinée Le Priol

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(1) Le Pape François a institué en 2015, la Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création, le 1° septembre.

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 09:10
16 mars 2019 : Marche pour le climat, dite Marche du Siècle. Paris (75), France.

16 mars 2019 : Marche pour le climat, dite Marche du Siècle. Paris (75), France.

Cet appel inter-religieux a été initié par diverses personnalités à l’occasion de l’anniversaire de la publication de Laudato Si et de la mobilisation internationale des jeunes pour le climat.

Le 24 mai 2015, le pape François signait l’encyclique Laudato Si’, appelant à un dialogue et une action commune des religions et des mouvements écologistes pour la sauvegarde de la nature et la défense des pauvres. Le 24 mai 2019, la jeunesse du monde se mobilise pour le climat. Le 17 avril dernier, Greta Thunberg et le pape François se rencontraient.

Dans cet esprit ont fleuri des collaborations interreligieuses et interconvictionnelles pour le climat depuis plus d’une décennie, avec un engagement fort du Conseil œcuménique des Églises. En France, la Conférence des responsables de Culte en France (CRCF) remettait une Déclaration sur la crise climatique à l’Élysée six mois avant la COP21.

Nous, issus de différentes traditions religieuses, juives, chrétiennes et musulmanes, voulons dire comme dans de nombreux pays, que nous nous réjouissons face à cette mobilisation mondiale de la jeunesse et nous interpellons à nouveau les dirigeants de nos pays, pour qu’ils écoutent enfin « tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres ». Il est urgent que l’ensemble de nos dirigeants et représentants, y compris ceux qui présideront aux destinées de l’Union européenne à l’issue du prochain scrutin, prennent les décisions nécessaires pour éviter la catastrophe climatique. Comme nous l’ont rappelé le GIEC et l’IPBES, il est urgent de passer aux actes !

En effet, nous sommes en train de détruire la diversité de la vie sur la terre par la surconsommation et la combustion croissante d’énergies fossiles. Le moment est proche où il ne sera plus possible d’arrêter l’extinction massive de bien des formes de vie – y compris la nôtre. Cette crise climatique met en danger le futur de nos enfants et petits-enfants. Défi de justice intergénérationnelle, elle est de manière plus large un défi de justice climatique : elle touche en premier lieu les plus pauvres, au Nord comme au Sud, accentue les violences sociales et contraint à l’exil de plus en plus de personnes.

Nous réaffirmons notre propre engagement, personnel et des structures dans lesquels nous sommes engagés, pour participer à cette transition nécessaire et urgente, que ce soit dans la gestion écologique de nos structures, les décisions sur notre patrimoine – bâti ou épargne – et dans la vie liturgique et de prière.

Nous disons à chacune et à chacun : n’ayez pas peur. Oui, protéger notre maison commune nous oblige à des changements profonds des structures de nos sociétés, de nos modes de vie, des façons de regarder les différentes formes de vie végétales et animales. Ils obligent à ne plus mettre l’argent et les biens matériels au centre mais au service des investissements nécessaires. Ces changements sont bons et dessinent un futur désirable, où l’être passera avant le faire ou l’avoir, les inégalités sociales devront être réduites et les pauvres considérés, la beauté de la terre rendue à nos sens. Le temps est venu d’agir sans délai aucun : avec amour, créativité, générosité, foi et espérance !

———

Olivier Abel, philosophe ; Guy Aurenche, ancien président de l’ACAT et du CCFD-Terre solidaire ; Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix, Rachid Benzine, islamologue ; Olivier Brès, président du Comité national de la Mission populaire évangélique de France ; Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du Ccfd-Terre Solidaire ; Grégoire Catta, prêtre jésuite, directeur du Service National Famille et Société de la Conférence des Evêques de France ; Suzanne Chevrel, présidente des Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France ; François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France ; Frédéric de Coninck, théologien, église protestante mennonite ; Michel Maxime Egger, éco-théologien orthodoxe ; François Euvé, prêtre jésuite et directeur de la revue Études ; Arnaud Favart, vicaire général de la Mission de France ; Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique-Caritas France ; Mgr Bruno Feillet, président du Conseil Famille et Société de la Conférence des Evêques de France ; Jean Fontanieu, secrétaire général de la Fédération de l’entraide protestante ; Laurent Gagnebin, théologien et ancien président du Mouvement du Christianisme social ; Eric Geoffroy, islamologue, musulman, président de Conscience Soufie ; Gaël Giraud, prêtre jésuite et économiste ; Gabriel Hagaï, rabbin ; Philippe Kabongo Mbaya, président du Mouvement du christianisme social ; Christine Kristof-Lardet, présidente d Anima Terra/Spiritualités pour la terre ; Elena Lasida, chargée Ecologie et Société à la Conférence des Evêques de France ; Stéphane Lavignotte, pasteur et éthicien, ancien président du Mouvement du Christianisme social ; Jean Merckaert, directeur du plaidoyer du Secours Catholique ; Anne-Sophie Monsinay et Eva Janadin, co-fondatrices des Voix d’un islam éclairé ; Laura Morosini, conseillère en conversion écologique, présidente de Chrétiens unis pour la terre ; Marion Muller-Colard, théologienne et romancière ; Alain Paillard, secrétaire national de Justice et Paix France ; Cécile Renouard, religieuse de l’Assomption et chercheuse en philosophe politique ; Fabien Revol, titulaire de la Chaire jean bastaire de l’Université catholique de Lyon ; Isabelle Richard, présidente de la Fédération de l’entraide protestante ; Frédéric Rognon, pasteur et professeur de philosophie ; Jean-Luc Souveton, prêtre, co-initiateur des Assises chrétiennes de l’écologie.Emmanuelle Seyboldt, présidente du Conseil national de l’Église protestante unie de France ; Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi France ; Philippe Verseils, secrétaire général de la Mission populaire évangélique de France

 

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 19:35
Greta Thunberg à Davos : après 32h de train, elle bouscule les puissants

En cohérence avec ses convictions, la jeune militante suédoise a renoncé à l'avion, mais pas à sa détermination ni à son franc-parler. Brillant.

Greta Thunberg, jeune suédoise de 16 ans, avait déjà fait parler d’elle lors de la dernière Cop 24. C’était au mois de décembre. À l’époque, elle avait fait sensation en expliquant qu’il ne servait plus à rien d’apprendre quoi que ce soit à l’école dans un monde privé d’avenir. Et voici qu’on la retrouve aujourd’hui au sommet de Davos où elle est venue faire la leçon aux puissants de ce monde et a de nouveau appelé les jeunes du monde entier « à se mettre en colère » . Une nouvelle intervention coup de poing qui, déjà, fait sensation. Explications.

Pour arriver à Davos, Greta Thunberg a fait 32 heures de train. Citée par Sciences et Avenir, elle s’explique :

« J’ai arrêté de prendre l’avion par conviction, parce que je ne veux pas dire une chose et agir autrement (…) J’estime qu’il est insensé que des personnes qui discutent notamment ici du dérèglement du climat, arrivent en jet privé. »

Pourquoi s’être imposé un tel voyage ? Parce que la militante a certains messages à faire passer aux fameux « grands de ce monde ». Vendredi, elle prendra la parole officiellement mais, déjà, mardi, un écran géant a diffusé quelques-uns de ses propos. Et la jeune fille n’y va pas avec le dos de la cuillère :

« Certaines personnes disent que nous ne faisons pas assez pour combattre le changement climatique. Ce n’est pas vrai, parce que pour ne pas faire assez, il faudrait déjà que nous fassions quelque chose, et la vérité est que nous ne faisons rien. »

À l’AFP, elle précise sa pensée :

« Les responsables savent exactement quelles valeurs inestimables ils ont sacrifiées afin de continuer à gagner des sommes d’argent inimaginables (…) Je pense qu’il est parfaitement injuste que les anciennes générations nous lèguent cela, à nous ainsi qu’aux générations futures (…) et qu’il nous revienne de nettoyer après eux (…) Les jeunes doivent réaliser que leur avenir est en péril (…) Ils doivent faire quelque chose, se mettre en colère et transformer cette colère en action. »

Voilà des propos liminaires qui mettent en appétit. On a hâte d’entendre Greta Thunberg Vendredi. Ça pourrait décoiffer.

Axel Leclercq

 

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4 décembre 2018 2 04 /12 /décembre /2018 08:00
Le Centre international de conférences de Katowice (Pologne) le 12 octobre 2018.  © Janek SKARZYNSKI / AFP

Le Centre international de conférences de Katowice (Pologne) le 12 octobre 2018. © Janek SKARZYNSKI / AFP

Les 200 pays réunis en Pologne pour tenter de mettre en orbite l'accord de Paris doivent "faire beaucoup plus" pour limiter les impacts sans précédent du dérèglement climatique, a plaidé l'ONU dimanche malgré des vents contraires peu propices à une réponse ambitieuse.

La 24e Conférence de l'ONU sur le climat (COP24) s'est ouverte à Katowice, en pleine région houillère, avec dans tous les esprits l'alerte rouge récemment émise par le Giec (le groupe d'experts qui fait autorité sur ces questions).

Désastres météorologiques, incidence sur la santé ou les rendements agricoles, concentrations record de CO2 dans l'atmosphère... "Les impacts du changement climatique n'ont jamais été aussi graves", a martelé la responsable climat de l'ONU Patricia Espinosa.

Avec l'accord de Paris en 2015, le monde s'est engagé à limiter la hausse de la température à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle et idéalement à +1,5°C.

Et le récent rapport du Giec a souligné la différence "nette" des impacts entre ces deux objectifs, que ce soit sur les vagues de chaleur ou l'augmentation du niveau des mers.

Mais les engagements pris aujourd'hui par les signataires de Paris mèneraient à un monde à +3°C.

La planète ayant déjà gagné +1°C, il faudrait, pour rester sous +1,5°C, que les émissions de CO2 soient réduites de près de 50% d'ici à 2030 par rapport à 2010, selon le Giec.

"Le monde nous regarde. (...) Même si l'accord de Paris est un jalon majeur et l'expression de la volonté du monde de lutter contre le changement climatique, cela ne suffit pas", a de son côté déclaré à l'AFP Maria Fernanda Espinosa, la présidente de l'Assemblée générale de l'ONU.

"Le genre humain est menacé de disparition alors nous devons agir d'urgence, maintenant, et avec audace", a-t-elle ajouté.

Dans une déclaration inhabituelle, les présidents des quatre précédentes COP, dont le Français Laurent Fabius qui était à la manoeuvre en 2015 pour l'accord de Paris, ont également appelé la communauté internationale à envoyer un "message sans équivoque" sur ses ambitions.

Mais les États seront-ils prêts à le faire pendant cette COP24 ?

Les membres du G20, à l'exception des États-Unis, ont certes réaffirmé samedi leur soutien à l'accord de Paris.

Mais "les étoiles ne sont plus alignées, manifestement", s'inquiète Seyni Nafo, le porte-parole du groupe Afrique, en raison du contexte géopolitique.

Ainsi, Donald Trump a répété au G20 son rejet de l'accord de Paris et le futur président brésilien Jair Bolsonaro, a évoqué une sortie de son pays également du pacte climatique.

- "Point de non retour" -

"Mais pour l'Afrique, quelles que soient les péripéties de la géopolitique, nous n'avons pas le choix. Nous ressentons les impacts du changement climatique tous les jours (...) Nous allons amplifier notre action", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le sommet d'une journée lundi à Katowice, où la présence d'une vingtaine de dirigeants seulement est confirmée, pourrait donner un signe quant aux intentions du reste du monde.

Mais malgré le dialogue politique dit de "Talanoa" destiné à évoquer une hausse des ambitions, les observateurs craignent que la plupart des États, encouragés à réviser leurs engagements pour 2020, n'attendent un autre sommet convoqué par le secrétaire général de l'ONU en septembre 2019 à New York pour afficher leurs objectifs.

Quant à la Pologne, le pays hôte de la réunion et défenseur acharné de son industrie du charbon, son "principal" objectif est l'adoption du manuel d'utilisation de l'Accord de Paris.

Comme une loi a besoin d'un décret d'application, l'accord ne pourra libérer son potentiel sans des règles précises notamment sur la "transparence" (comment les États rendent compte de leurs actions, de leurs financements, de leurs résultats) ou le degré de flexibilité accordé aux pays les plus pauvres.

"Il n'y a pas d'accord de Paris sans Katowice", martèle la présidence polonaise de la COP24.

Mais les débats risquent d'être très âpres sur ces sujets sensibles, tout comme sur la question des financements Nord-Sud.

Les pays développés se sont engagés à porter à 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 leur aide au financement des politiques climatiques des pays en développement. Même si ces flux sont en augmentation selon l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), beaucoup de pays du Sud réclament des engagements plus clairs pour que cette promesse soit tenue.

D'autant qu'ils sont les plus vulnérables aux impacts déjà en oeuvre du changement climatique. Si on ne parvient pas "à agir maintenant", cela "risque de nous pousser vers un point de non retour avec des conséquences catastrophiques sur la vie telle que nous la connaissons", a ainsi mis en garde Amjad Abdulla, négociateur pour le groupe des Etats insulaires.

Par Amélie BOTTOLLIER-DEPOIS - Katowice (Pologne) (AFP)

 

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 15:20
Message pour du Pape François la deuxième Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création

Usons de miséricorde envers notre maison commune

En union avec les frères et les sœurs orthodoxes, et avec l’adhésion d’autres Églises et Communautés chrétiennes, l’Église catholique célèbre aujourd’hui l’annuelle « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création ». Cette occasion entend offrir « à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons ».[1]

Il est très encourageant que la préoccupation pour l’avenir de notre planète soit partagée par les Églises et les Communautés chrétiennes avec d’autres religions. En effet, au cours des dernières années, de nombreuses initiatives ont été prises par des Autorités religieuses et par des organisations pour sensibiliser encore plus l’opinion publique aux dangers de l’exploitation irresponsable de la planète. Je voudrais mentionner ici le Patriarche Bartholomée et son prédécesseur Dimitrios, qui pendant de nombreuses années se sont prononcés constamment contre le péché de provoquer des dommages à la création, attirant l’attention sur la crise morale et spirituelle qui est à la base des problèmes environnementaux et de la dégradation. Répondant à l’attention croissante pour l’intégrité de la création, la Troisième Assemblée Œcuménique Européenne (Sibiu, 2007), proposait de célébrer un « Temps pour la Création » d’une durée de cinq semaines entre le 1er septembre (mémoire orthodoxe de la divine création) et le 4 octobre (mémoire de François d’Assise dans l’Église catholique et dans certaines autres traditions occidentales). A partir de ce moment cette initiative, avec l’appui du Conseil Mondial des Églises, a inspiré de nombreuses activités œcuméniques dans diverses parties du monde. Ce doit être aussi un motif de joie le fait que dans le monde entier des initiatives similaires, qui promeuvent la justice environnementale, la sollicitude envers les pauvres et l’engagement responsable à l’égard de la société, font se rencontrer des personnes, surtout des jeunes, de divers contextes religieux. Chrétiens et non-chrétiens, personnes de foi et de bonne volonté, nous devons être unis pour montrer de la miséricorde envers notre maison commune – la terre – et valoriser pleinement le monde dans lequel nous vivons comme lieu de partage et de communion.

1. La terre crie…

Avec ce Message, je renouvelle le dialogue avec chaque personne qui habite cette planète au sujet des souffrances qui affligent les pauvres et la dévastation de l’environnement. Dieu nous a fait don d’un jardin luxuriant, mais nous sommes en train de le transformer en une étendue polluée de « décombres, de déserts et de saletés » (Enc. Laudato si’, n. 161). Nous ne pouvons pas nous résigner ou être indifférents à la perte de la biodiversité et à la destruction des écosystèmes, souvent provoquées par nos comportements irresponsables et égoïstes. « A cause de nous, des milliers d’espèces ne rendront plus gloire à Dieu par leur existence et ne pourront plus nous communiquer leur propre message. Nous n’en avons pas le droit » (ibid. n. 33).

La planète continue à se réchauffer, en partie à cause de l’activité humaine : 2015 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et probablement 2016 le sera encore plus. Cela provoque sécheresse, inondations, incendies et événements météorologiques extrêmes toujours plus graves. Les changements climatiques contribuent aussi à la crise poignante des migrants forcés. Les pauvres du monde, qui sont aussi les moins responsables des changements climatiques, sont les plus vulnérables et en subissent déjà les effets.

Comme l’écologie intégrale le met en évidence, les êtres humains sont profondément liés les uns aux autres et à la création dans son ensemble. Quand nous maltraitons la nature, nous maltraitons aussi les êtres humains. En même temps, chaque créature a sa valeur propre intrinsèque qui doit être respectée. Écoutons « tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » (ibid. n. 49), et cherchons à comprendre attentivement comment pouvoir assurer une réponse adéquate et rapide.

2. …parce que nous avons péché

Dieu nous a donné la terre pour la cultiver et la garder (cf. Gn 2, 15) avec respect et équilibre. La cultiver « trop » – c’est-à-dire en l’exploitant de manière aveugle et égoïste –, et la garder peu est un péché.

Avec courage le cher Patriarche Œcuménique Bartholomée a, à maintes reprises et prophétiquement, mis en lumière nos péchés contre la création : « Que les hommes détruisent la diversité biologique dans la création de Dieu ; que les hommes dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant ses zones humides ; que les hommes polluent les eaux, le sol, l’air : tout cela, ce sont des péchés ». En effet, « un crime contre la nature est un crime contre nous-mêmes et un péché contre Dieu ».[2]

Face à ce qui arrive à notre maison, puisse le Jubilé de la Miséricorde appeler les fidèles chrétiens « à une profonde conversion intérieure » (Enc. Laudato si’, n. 217), soutenue de façon particulière par le Sacrement de la Pénitence. En cette Année jubilaire, apprenons à chercher la miséricorde de Dieu pour les péchés contre la création que jusqu’à maintenant nous n’avons pas su reconnaître et confesser ; et engageons-nous à accomplir des pas concrets sur la route de la conversion écologique, qui demande une claire prise de conscience de notre responsabilité à l’égard de nous-mêmes, du prochain, de la création et du Créateur (cf. ibid. nn. 10 ; 229).

3. Examen de conscience et repentir

Le premier pas sur ce chemin est toujours un examen de conscience, qui « implique gratitude et gratuité, c'est-à-dire une reconnaissance du monde comme don reçu de l'amour du Père, ce qui a pour conséquence des attitudes gratuites de renoncement et des attitudes généreuses […] Cette conversion implique aussi la conscience amoureuse de ne pas être déconnecté des autres créatures, de former avec les autres êtres de l'univers une belle communion universelle. Pour le croyant, le monde ne se contemple pas de l’extérieur mais de l'intérieur, en reconnaissant les liens par lesquels le Père nous a unis à tous les êtres » (ibid. n. 220).

A ce Père plein de miséricorde et de bonté, qui attend le retour de chacun de ses enfants, nous pouvons nous adresser en reconnaissant nos péchés envers la création, les pauvres et les générations futures. « Dans la mesure où tous nous causons de petits préjudices écologiques », nous sommes appelés à reconnaître « notre contribution, petite ou grande, à la défiguration et à la destruction de la création ».[3] C’est le premier pas sur le chemin de la conversion.

En l’an 2000, qui fut aussi une Année jubilaire, mon prédécesseur saint Jean-Paul II a invité les catholiques à reconnaître leurs torts pour l’intolérance religieuse passée et présente, ainsi que pour les injustices commises envers les Juifs, les femmes, les peuples indigènes, les immigrés, les pauvres et les enfants à naître. En ce Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, j’invite chacun à faire de même. Comme individus, désormais habitués à des styles de vie entrainés soit par une culture mal comprise du bien-être soit par un « désir désordonné de consommer plus qu’il n’est réellement nécessaire » (ibid. n. 123), et comme participants d’un système « qui a imposé la logique du profit à n’importe quel prix, sans penser à l’exclusion sociale ou à la destruction de la nature »,[4] repentons-nous du mal que nous faisons à notre maison commune.

Après un sérieux examen de conscience et habités par ce repentir, nous pouvons confesser nos péchés contre le Créateur, contre la création, contre nos frères et nos sœurs. « Le catéchisme de l’Église catholique nous fait voir le confessionnal comme un lieu où la vérité nous rend libres pour une rencontre ».[5] Nous savons que « Dieu est plus grand que notre péché »,[6] que tous les péchés, y compris ceux contre la création. Nous les confessons parce que nous sommes repentants et que nous voulons changer. Et la grâce miséricordieuse de Dieu que nous recevons dans le Sacrement nous aidera à le faire.

4. Changer de route

L’examen de conscience, le repentir et la confession au Père riche en miséricorde conduisent à un ferme propos de changer de vie. Et cela doit se traduire en attitudes et comportements concrets plus respectueux de la création, comme par exemple de faire un usage raisonnable du plastique et du papier, de ne pas gaspiller l’eau, la nourriture et l’énergie électrique, de trier les déchets, de traiter avec soin les autres êtres vivants, d’utiliser les transports publics et de partager un même véhicule entre plusieurs personnes, et ainsi de suite (cf. Enc. Laudato si’, n. 211). Nous ne devons pas croire que ces efforts sont trop petits pour améliorer le monde. Ces actions « suscitent sur cette terre un bien qui tend à se répandre toujours, parfois de façon invisible » (ibid., n. 212) et encouragent « un style de vie prophétique et contemplatif, capable d’aider à apprécier profondément les choses sans être obsédé par la consommation » (ibid., n. 222).

Egalement l’intention de changer de vie doit imprégner notre manière de contribuer à construire la culture et la société dont nous faisons partie : en effet « la préservation de la nature fait partie d’un style de vie qui implique une capacité de cohabitation et de communion » (ibid., n. 228). L’économie et la politique, la société et la culture ne peuvent pas être dominées par une mentalité du court terme et de la recherche d’un gain financier ou électoral immédiat. Elles doivent au contraire être d’urgence réorientées vers le bien commun, qui comprend la durabilité et la sauvegarde de la création.

Un cas concret est celui de la “dette écologique” entre le Nord et le Sud du monde (cf. ibid., nn. 51-52). Sa restitution demanderait de prendre soin de l’environnement des pays plus pauvres, leur fournissant des ressources financières et une assistance technique qui les aident à gérer les conséquences des changements climatiques et à promouvoir le développement durable.

La protection de la maison commune demande un consensus politique croissant. En ce sens, c’est un motif de satisfaction qu’en septembre 2015 les pays du monde aient adopté les Objectifs de Développement durable, et que, en décembre 2015, ils aient approuvé l’Accord de Paris sur les changements climatiques, qui fixe l’objectif exigeant mais fondamental de contenir l’augmentation de la température globale. Maintenant les gouvernements ont le devoir de respecter les engagements qu’ils ont pris, tandis que les entreprises doivent assumer leur part de façon responsable, et il revient aux citoyens d’exiger qu’il en soit ainsi, et qu’on vise même des objectifs toujours plus ambitieux.

Changer de route consiste donc à « respecter scrupuleusement le commandement originel de préserver la création de tout mal, soit pour notre bien soit pour le bien des autres êtres humains ».[7] Une question peut nous aider à ne pas perdre de vue l’objectif : « Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent, aux enfants qui grandissent » (Enc. Laudato si’, n. 160).

5. Une nouvelle œuvre de miséricorde

« Rien n’unit davantage à Dieu qu’un acte de miséricorde – qu’il s’agisse de la miséricorde avec laquelle le Seigneur nous pardonne nos péchés, ou qu’il s’agisse de la grâce qu’il nous accorde pour pratiquer les œuvres de miséricorde en son nom ».[8]

Paraphrasant saint Jacques, « la miséricorde sans les œuvres est morte en elle-même. […] A cause des mutations de notre univers mondialisé, certaines pauvretés matérielles et spirituelles se sont multipliées : laissons donc place à l’imagination de la charité pour distinguer de nouvelles modalités d’action. De cette façon, la voie de la miséricorde deviendra toujours plus concrète ».[9]

La vie chrétienne inclut la pratique des œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles traditionnelles.[10] « Il est vrai que nous pensons d’habitude aux œuvres de miséricorde, séparément, et en tant que liées à une œuvre : hôpitaux pour les malades, cantines pour ceux qui ont faim, maisons d’accueil pour ceux qui sont dans la rue, écoles pour ceux qui ont besoin d’instruction, le confessionnal et la direction spirituelle pour celui qui a besoin de conseil et de pardon… Mais si nous les regardons ensemble, le message est que l’objet de la miséricorde est la vie humaine elle-même et dans sa totalité ».[11]

Évidemment la vie humaine elle-même et dans sa totalité comprend la sauvegarde de la maison commune. Donc, je me permets de proposer un complément aux deux listes traditionnelles des sept œuvres de miséricorde, ajoutant à chacune la sauvegarde de la maison commune.

Comme œuvre de miséricorde spirituelle, la sauvegarde de la maison commune demande « la contemplation reconnaissante du monde » (Enc. Laudato si’, n. 214) qui « nous permet de découvrir à travers chaque chose un enseignement que Dieu veut nous transmettre » (ibid., n. 85). Comme œuvre de miséricorde corporelle, la sauvegarde de la maison commune demande les « simples gestes quotidiens par lesquels nous rompons la logique de la violence, de l’exploitation, de l’égoïsme […] et se manifeste dans toutes les actions qui essaient de construire un monde meilleur » (ibid., nn. 230-231).

6. En conclusion, prions

Malgré nos péchés et les terribles défis que nous avons face à nous, ne perdons jamais l’espérance : « Le Créateur ne nous abandonne pas, jamais il ne fait marche arrière dans son projet d’amour, il ne se repent pas de nous avoir créés […] parce qu’il s’est définitivement uni à notre terre, et son amour nous porte toujours à trouver de nouveaux chemins » (ibid., nn. 13 ; 245). En particulier le 1er septembre, et ensuite pour tout le reste de l’année, nous prions :

« Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux. […]
Ô Dieu d’amour, montre-nous notre place dans ce monde
comme instruments de ton affection pour tous les êtres de cette terre (ibid., n. 246).
Ô Dieu de miséricorde, accorde-nous de recevoir ton pardon
et de transmettre ta miséricorde dans toute notre maison commune.
Loué sois-tu.
Amen.

François

1er septembre 2016

[1] Lettre pour l’institution de la « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création », 6 août 2015.

[2] Discours à Santa Barbara, Californie (8 novembre 1997).

[3] Bartholomée I, Message pour la Journée de prière pour la sauvegarde de la création (1er septembre 2012).

[4] Discours, IIème Rencontre mondiale des Mouvements populaires, Santa Cruz de la Sierra (Bolivie), 9 juillet 2015.

[5] Troisième méditation, Retraite spirituelle à l’occasion du Jubilé des prêtres, Basilique Saint-Paul-hors-les murs, 2 juin 2016.

[6] Audience générale, 30 mars 2016.

[7] Bartholomée I, Message pour la Journée de prière pour la sauvegarde de la création (1er septembre 2012).

[8] Première méditation, Retraite spirituelle à l’occasion du Jubilé des prêtres, Basilique Saint-Jean de Latran, 2 juin 2016.

[9] Audience générale, 30 juin 2016.

[10] Les œuvres corporelles sont : donner à manger à ceux qui ont faim ; donner à boire à ceux qui ont soif ; vêtir ceux qui sont nus ; loger les pèlerins ; visiter les malades ; visiter les prisonniers ; ensevelir les morts. Les œuvres spirituelles sont : conseiller ceux qui doutent ; enseigner aux ignorants ; exhorter les pécheurs ; consoler les affligés ; pardonner les offenses ; supporter patiemment les personnes importunes ; prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

[11] Troisième méditation, Retraite spirituelle à l’occasion du Jubilé des prêtres, Basilique Saint-Paul-hors-les murs, 2 juin 2016.

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 21:20
Présentation de la COP21 par des « jeunes cathos »

Vous le savez certainement, la COP21 a lieu à Paris à partir de ce 30 novembre jusqu’au 11 décembre. 195 états y sont réunis, dont le Vatican, pour décider des mesures à mettre en place pour limiter le réchauffement climatique. Autour de cette rencontre mondiale des gouvernements, la mobilisation est grande, dans les mouvements, les diocèses, les paroisses… Divers événements religieux sont organisés.

L’Eglise catholique en France prend sa part et appelle les chrétiens à une conversion écologique, pour passer à un mode de vie plus simple, dans le respect de la création et de la dignité humaine, en solidarité avec les plus vulnérables.

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