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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 19:05
ALBERTO PIZZOLI/AFP

ALBERTO PIZZOLI/AFP

Le pape François Le pape François s’est, une nouvelle fois, livré à une sévère critique du système économique mondial. Il a appelé les acteurs de l’économie de communion à développer « une économie qui fait vivre ».

Recevant samedi midi 4 février en audience 1 100 acteurs de l’économie de communion, rassemblés à Rome par le mouvement des Focolari, le pape François s’est, une nouvelle fois, livré à une sévère critique du système économique mondial, exaltant l’action de ces entrepreneurs qui mettent en avant « la communion des biens, des talents et des profits ».

« En mettant dans l’économie le bon germe de la communion, vous avez lancé un profond changement dans la façon de voir et de vivre l’entreprise, s’est réjoui le pape L’entreprise non seulement, ne peut plus détruire la communion entre les personnes, mais peut l’édifier et la promouvoir. »

Dans son long discours en italien, le pape est revenu sur ses critiques répétées contre l’argent.

« La nouvelle divinité d’une certaine finance »

« L’argent est important, surtout quand on n’en a pas et que, de cela, dépend la nourriture, l’école, le futur des enfants, a reconnu le pape. Mais il devient une idole quand il devient la fin. L’avarice, qui n’est pas par hasard un péché capital, est péché d’idolâtrie car l’accumulation d’argent pour soi devient la fin de son action. »

« Quand le capitalisme fait de la recherche du profit son unique but, il risque de devenir une structure idolâtrique, une forme de culte, a mis en garde François dans ce discours étonnamment non retransmis par la télévision vaticane. La “déesse fortune” est toujours plus la nouvelle divinité d’une certaine finance (…), et que vous contrariez. »

 

Le pape a en effet félicité les acteurs de l’économie de communion de leur choix de « mettre les profits en commun » : « la manière la meilleure et la plus concrète de ne pas faire de l’argent une idole est de le partager avec les autres ».

Critiquant à la fois l’évasion fiscale comme les jeux de hasard, le pape s’est alors livré à une violente charge contre le capitalisme qui « continue à produire des déchets qu’il voudrait ensuite guérir (…) pour qu’on ne les voit plus ».

« Les avions polluent l’atmosphère, mais avec une petite partie de l’argent du billet on va planter des arbres pour compenser les dommages créés, a-t-il dénoncé. Les sociétés de jeux de hasard financent des campagnes pour traiter les joueurs pathologiques qu’ils créent. Et le jour où les entreprises d’armement financeront des hôpitaux pour soigner les enfants mutilés par leurs bombes, le système aura atteint son apogée. »

« Il s’agit d’abord de se battre contre les brigands »

Le pape a alors invité les acteurs de communion « à non seulement guérir les victimes, mais à construire un système où les victimes seront toujours moins nombreuses ».

« Il faut donc chercher à changer les règles du système économique et social, a expliqué pour qui Imitez le Bon Samaritain de l’Évangile ne suffit pas. »

Reprenant la célèbre parabole où le Samaritain vient aider l’homme attaqué par les brigands, le pape souligne que, certes l’entrepreneur de communion se doit de « prendre en charge » les victimes du système, « en y associant également le marché, l’aubergiste ».

 

« Je sais que c’est ce que vous essayez de faire depuis 25 ans », a reconnu le pape pour qui il faut désormais aller plus loin.

« Il s’agit surtout, d’abord de se battre contre les brigands, combattre les structures de péchés qui produisent brigands et victimes », a-t-il assuré, soulignant que « le “non” à une économie qui tue » doit se transformer en « un “oui à une économie qui fait qui fait vivre parce qu’elle partage, inclut les pauvres et utilise les profits pour créer la communion ».

 

Nicolas Senèze, à Rome

 

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 18:44
Quelles perspectives après le « non » au référendum grec ?

Après la victoire du « non » en Grèce, les Européens retournent mardi 7 juillet 2015 à la table des négociations avec le premier ministre Alexis Tsipras. La situation financière, économique et sociale du pays reste très tendue. La Croix explore les enjeux de la semaine, côté grec et côté européen.

1. COMMENT ÉVITER LE CHAOS À ATHÈNES ?

Certes, la victoire du « non », dimanche 5 juillet, n’a pas entraîné de ruée vers les distributeurs de billets, mais les banques grecques sont toujours sur le fil du rasoir, exsangues depuis plusieurs mois.

Or le maintien du pays dans la zone euro repose avant tout sur elles. Hier après-midi, le gouvernement a annoncé que les banques resteraient fermées encore quelques jours. À son corps défendant, c’est donc la Banque centrale européenne (BCE) qui reste le dernier rempart contre le chaos en Grèce.

Seul son système d’urgence (« ELA » en anglais) maintient les banques grecques à flot. Mais, au sein de la BCE, de plus en plus de voix – emmenées par Jens Weidmann, patron de la Bundesbank allemande – réclament la fermeture de cet ultime « robinet ». Motif : les banques grecques, insolvables à leurs yeux, ne remplissent plus les critères requis pour cette aide d’urgence. « Mais les critères objectifs n’ont pas cours dans ce type de décision », répond Christopher Dembik, chez Saxo Bank.

À ses yeux, la BCE ne souhaite pas prendre la responsabilité d’une faillite de la Grèce. « Dans les circonstances de très grande incertitude en Europe et au niveau international, la BCE a été très claire : si c’est nécessaire on fera plus », a réaffirmé dimanche 5 juillet Benoît Cœuré, membre du directoire de l’institution.

Le temps, probablement, de laisser un accord se dessiner. Reste que maintenir le robinet d’urgence au même niveau qu’aujourd’hui « est insuffisant », selon une note de COE-Rexecode, qui prône tout simplement de « relever le niveau des liquidités octroyées ». La BCE devait prendre sa décision lundi 6 dans l’après-midi.

2. EST-IL ENCORE POSSIBLE DE NÉGOCIER ?

Un sommet de la zone euro a été convoqué pour aujourd’hui, dès l’annonce du résultat du référendum. Lundi 6 juillet, Angela Merkel et Alexis Tsipras se sont mis d’accord pour qu’Athènes soumette des propositions lors de ce sommet, qui sera précédé par une réunion de l’Eurogroupe.

Le « non » au référendum aura-t-il changé les rapports de force ? C’est l’un des paris d’Alexis Tsipras,qui « veut pousser le président français en faveur de la Grèce, et éviter ainsi le processus infernal d’isolement du pays », estime le politologue Iannis Papadopoulos, de l’Université de Macédoine à Thessalonique. À ses yeux, pourtant, « la Grèce est dans une situation de faiblesse absolue (…) et il semble très peu probable que la France sacrifie l’axe franco-allemand au profit de la Grèce. »

Sybillin, Michel Sapin, le ministre français des finances, a prévenu lundi 6 juillet : « Aucune solution ne pourra être trouvée s’il n’y a pas entre Angela Merkel et François Hollande (…) une conversation en profondeur, en vérité. » Les deux dirigeants devaient se rencontrer lundi soir à l’Élysée.

« Les négociations s’annoncent difficiles entre les créanciers et la Grèce, prévient une note de BNP-Paribas. L’incertitude des derniers mois a eu un vrai coût économique : recul de l’activité, détérioration des finances publiques, etc. (…) Atteindre les anciens objectifs en termes d’excédent budgétaire primaire (hors charge de la dette) sera d’autant plus difficile. Le gouvernement grec adoptera vraisemblablement une attitude ferme »,poursuit la note, sceptique sur la possibilité d’un accord rapide.

Surtout concernant les deux points d’achoppement majeurs : la réforme des retraites, exigée par le FMI depuis l’automne, et la restructuration de la dette. Les Européens ne veulent pour l’instant pas en entendre parler, alors qu’Alexis Tsipras a déclaré dimanche 5 juillet qu’elle serait au menu des discussions.

3. FAUT-IL RESTRUCTURER LA DETTE GRECQUE ?

« Les gouvernements grecs qui se sont succédé depuis des décennies sont largement responsables de cette crise, reconnaît cet homme d’affaires grec. Cela étant dit, la dette grecque n’est pas remboursable en l’état et les créanciers le savent depuis le premier plan de sauvetage de 2010, qui était d’abord destiné à sauver les banques grecques, allemandes et françaises… »

Après la restructuration de la dette privée en 2011-2012, les Européens avaient officiellement accepté le principe d’un nouvel allégement du fardeau grec, de l’ordre de 100 milliards d’euros. Ils ont repoussé l’échéance quand la crise politique s’est ouverte fin 2014.

Jean-Claude Bourbon, Marie Dancer et Marie Verdier (à Athènes)

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 16:13

Les-paradis-fiscaux-CCFD-terre-solidaire1

La réflexion sur les problématiques soulevées par la finance contemporaine prend de l’ampleur dans l’Église. Plusieurs documents ont été publiés depuis 2007. En France, le groupe Finances de la commission Justice et Paix vient de publier une note intitulée : « Postures chrétiennes face à la finance ». Le texte souligne que la finance n’est pas condamnable en soit tant qu’elle demeure un instrument au service du financement de l’activité économique réelle et du bien commun. Or, selon Justice et Paix France, la crise est révélatrice d’une transformation en profondeur du système financier : « Le fonctionnement de la planète financière repose sur le court terme qui privilégie les profits réalisés rapidement, et pratique la spéculation comme finalité plutôt que comme moyen ».

La crise actuelle est donc systémique : ce n’est pas seulement le comportement délictueux de quelques-uns qui est en cause, mais toute l’architecture du système financier. Et il est illusoire de penser que le système peut de lui-même se réformer, s’autoréguler et s’autolimiter dans sa recherche de rendements financiers. Le communiqué se prononce en faveur d’une vigilance démocratique, d’un contrôle des pratiques et d’un encadrement législatif et réglementaire au niveau national et international. Au moment de régler la note, les pauvres sont les grands perdants. Face à ce scandale qui menace l’ordre mondial et la paix, les chrétiens doivent s’indigner et peser sur les orientations du système financier. La question est posée à chacun, mais aussi à chaque diocèse, à chaque congrégation, à toutes les œuvres liées à l’Église.

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 08:18

Les-paradis-fiscaux-CCFD-terre-solidaire1

Des entreprises multinationales telles qu'Apple, Starbucks ou Google qui ne payent pas ou peu d'impôts, un ministre français du budget qui fraude le fisc, une enquête journalistique internationale sans précédent sur la prospérité de l'industrie de l'évasion fiscale... Confrontés à un profond mécontentement citoyen et aux déficits des finances publiques, un nombre croissant de pays se disent enfin prêts à lancer des réformes ambitieuses. Ils reprennent désormais à leur compte plusieurs propositions clés portées de longue date par la société civile. Au-delà de la pression exercée sur les territoires opaques pour qu'ils adoptent l'échange automatique d'information, il est urgent de revoir en profondeur les règles du jeu de la fiscalité des multinationales, d'interdire les activités de conseil en fraude fiscale et de bannir les sociétés écrans.

David Cameron avait annoncé début 2013 que la fiscalité serait l'un des trois principaux thèmes du sommet du G8 sous présidence britannique qui se tiendra les 17 et 18 juin à Lough Erne, en Irlande du Nord. Il s'est trouvé peu à peu dans l'obligation de surenchérir et d'annoncer des mesures chocs.

Un comble pour un pays au cœur de l'opacité financière, qui pèse 20% du marché de la finance offshore... Le Royaume-Uni est en effet à l'origine des structures juridiques opaques les plus perfectionnées - ces fameux trusts, obstacles infranchissables pour les administrations du monde entier. Selon la dernière enquête d'Oxfam, le pays et ses nombreux satellites (les territoires d'outre mer ou les dépendances de la couronne britanniques tels que les Bermudes, les îles Vierges, Jersey ou les Caïmans ...) hébergent un tiers de la richesse mondiale détenue par des grandes fortunes dans les paradis fiscaux.

Dans une lettre adressée au Conseil européen le 24 avril dernier, le Royaume-Uni annonçait de profondes modifications de sa position, notamment sur la transparence des propriétaires ou bénéficiaires réels des entreprises. Pour la première fois, David Cameron évoque ouvertement la création d'un registre public des sociétés pour connaitre l'identité des individus qui les détiennent ou les contrôlent. Et, fait extraordinaire, les trusts sont explicitement mentionnés, même si aucune proposition claire n'y a été associée pour mettre fin à leur nocivité. Il n'est ainsi pas encore proposé de les ajouter dans les fameux registres, ce qui est pourtant indispensable pour exiger la divulgation de l'identité réelle des bénéficiaires.

Hélas les ambitions ont déjà été révisées à la baisse puisque le cœur des négociations porte aujourd'hui sur la mise en place de plans d'actions nationaux dans chaque pays membres du G8, sans recommandation précise sur la création de registres publics. Le résultat d'une contre-attaque des lobbies de la finance offshore ?

La France, qui a déjà mis en place une obligation de déclaration des trusts au niveau national et des registres des comptes bancaires et des entreprises, ne peut rester silencieuse sur le sujet. Exiger du Royaume-Uni des avancées concrètes dans ce domaine doit aussi permettre de faire cesser les manœuvres dilatoires du Luxembourg, de l'Autriche ou de la Suisse qui cherchent à éviter l'échange automatique d'informations et renvoient le monde anglo-saxon à sa part de responsabilité.

Bannir ces sociétés écrans bénéficierait aux pays du monde entier et en particulier aux pays pauvres, premières victimes de l'évasion fiscale, qui perdent chaque année plus de 800 milliards d'euros en flux financiers illicites. En s'y attelant sérieusement, les pays du G8 faciliteraient grandement la traque des biens mal acquis, des avoirs des fraudeurs fiscaux et du déplacement de l'assiette fiscale par les entreprises multinationales. Autant de ressources publiques supplémentaires qui pourraient être investies notamment dans l'agriculture et allouées à des politiques publiques de lutte contre la faim. Si des avancées majeures sont décidées à Lough Erne, nous serons alors les premiers à déclarer que, cette fois, le G8 aura servi à quelque chose.

Mathilde Dupré

 

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 13:56

pape-francois

Pour la première fois, le pape s’est exprimé contre « le fétichisme de l’argent », source de la « négation du primat de l’homme ». Il a réfuté la conception de « l’être humain comme bien de consommation qu’on peut utiliser, puis jeter ».

Certains s’inquiétaient, ces derniers temps, de ne pas entendre le pape François aborder les « sujets qui fâchent », notamment en matière d’éthique, privée ou publique. C’est désormais chose faite. Dimanche 12 mars, il a d’abord rappelé l’attachement intangible de l’Église à la défense de la vie, de sa conception à sa fin naturelle. Et puis, ce jeudi 16 mai, recevant les lettres de créances de quatre nouveaux ambassadeurs près le Saint-Siège (Kirghizstan, Antigua et Barbuda, le Grand-duché de Luxembourg et le Botswana), il s’est exprimé pour la première fois, en termes très forts et très personnels, sur la crise économique, dénonçant « la négation du primat de l’homme », « le fétichisme de l’argent », « la dictature de l’économie sans visage, ni but vraiment humain ».

C’est à dessein, a expliqué le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, que le pape s’est livré à « cette première intervention, forte et explicite, en tant que pape » sur les questions économiques et sociales. Tout est résumé dans cette citation de saint Jean Chrysostome: « Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c’est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs » (Homélie sur Lazare, 1,6: PG 48, 992D).

« L’être humain est considéré aujourd’hui comme étant lui-même un bien de consommation qu’on peut utiliser, puis jeter »

Explicitant les termes traditionnels de la doctrine sociale de l’Église, notamment la destination universelle des biens et l’attention aux pauvres, le pape François souligne d’abord les « pathologies » contemporaines: « précarité », « peur », « désespérance », « amenuisement de la joie de vivre », croissance « des violences et des indécences. » Et il situe la source de tout cela dans « l’acceptation de l’empire de l’argent sur nos êtres et sur nos sociétés »: « On s’est créé des idoles nouvelles! » s’est-il exclamé.

Plus profondément, le pape François estime que les « difformités » de l’économie mettent en lumière « la grave déficience de son orientation anthropologique qui réduit l’homme à une seule de ses nécessités: la consommation. »: « L’être humain est considéré aujourd’hui comme étant lui-même un bien de consommation qu’on peut utiliser, puis jeter. » Il s’offusque que « la solidarité soit considérée comme contre-productive », alors qu’elle est « le trésor du pauvre ». Il dénonce « l’accroissement exponentiel du revenu d’une minorité, tandis que celui de la majorité s’affaiblit », conséquences d’« une nouvelle tyrannie invisible, parfois virtuelle, qui impose unilatéralement et sans recours possible, ses lois et ses règles. » Sans oublier « une corruption tentaculaire et une évasion fiscale égoïste ».

« L’éthique conduit vers Dieu, qui, lui, se situe en dehors des catégories du marché »

Allant plus loin, ne se contentant pas de dénoncer, le pape estime qu’il faut mettre en cause « le refus de l’éthique, qui dérange! », parce que considéré, comme la solidarité, comme « contre-productive ». Or, à ses yeux, « l’éthique conduit vers Dieu, qui, lui, se situe en dehors des catégories du marché: « Dieu est considéré par ces financiers, économistes et politiques, comme étant incontrôlable, dangereux même puisqu’il appelle l’homme à sa réalisation plénière et à l’indépendance des esclavages de tout genre. ».

Dans cette perspective, il est urgent, dit le pape, de mettre en œuvre « une réforme financière qui soit éthique et qui entraînerait à son tour une réforme économique salutaire pour tous. » Et il lance un appel aux dirigeants politiques, qui « doivent courageusement changer d’attitude »: « L’argent doit servir et non pas gouverner! »

En même temps, pas question pour le pape de stigmatiser les riches: « Le pape aime tout le monde: les riches comme les pauvres. ». Mais il a « le devoir, au nom du Christ, de rappeler au riche qu’il doit aider le pauvre, le respecter, le promouvoir », d’appeler « à la solidarité désintéressée, et à un retour de l’éthique pour l’humain dans la réalité financière et économique. »

Une feuille de route qui guidera la réforme envisagée par le pape de la « banque du Vatican »

En conclusion, rappelant l’attitude traditionnelle de l’Église, pour laquelle « le bien commun ne devrait pas être un simple ajout, un simple schéma conceptuel de qualité inférieure inséré dans les programmes politiques », le pape lance un appel aux « dirigeants des entités financières à prendre en compte l’éthique et la solidarité. »: « Et pourquoi ne se tourneraient-ils pas vers Dieu pour s’inspirer de ses desseins? Il se créera alors une nouvelle mentalité politique et économique qui contribuera à transformer l’absolue dichotomie entre les sphères économique et sociale en une saine cohabitation. »

À n’en pas douter, cette feuille de route guidera la réforme envisagée par le pape de la « banque du Vatican », l’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR), dont il a beaucoup été question ces derniers temps à Rome. De même, recevant, quelques instants avant les ambassadeurs, le comité exécutif de Caritas Internationalis avec son président, le cardinal hondurien Oscar Maradiaga, lui-même coordinateur du « groupe des huit cardinaux » chargés de conseiller le pape dans la réforme de la Curie, le pape a improvisé dans la même veine. Il s’agit donc bien d’une orientation précise donnée au pontificat.

FRÉDÉRIC MOUNIER, à Rome

 

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 07:37

Les-paradis-fiscaux-CCFD-terre-solidaire1

Loin d’être paradisiaques, ces territoires constituent des espaces où les règles appliquées par la majorité des Etats n’ont plus lieu d’être : tu ne voleras point, tu paieras tes impôts, tu gagneras ton salaire à la sueur de ton front, tu joueras les règles de la concurrence, tu respecteras les législations sociales et environnementales… Les paradis fiscaux et judiciaires participent, selon le mot du magistrat Jean de Maillard, à la construction d’un « monde sans loi ». Or, dans un monde sans loi, c’est la loi du plus fort qui règne. Les conséquences sont redoutables.

Dans l’imaginaire collectif, l’expression « paradis fiscal » évoque une île lointaine et enchanteresse où quelques milliardaires s’enrichissent en dormant à l’ombre des palmiers : en un mot, rien qui semble nous concerner directement.

Cette image ne correspond absolument pas à la réalité. Elle est à la fois trompeuse et nocive. Aujour’hui, la majorité des capitaux qui se pressent vers les paradis fiscaux proviennent des entreprises multinationales. Et ce sont bien les budgets des États qui pâtissent de cette évasion fiscale massive. Et les contribuables sont appelés à compenser les pertes budgétaires dûes à la fraude et à l’évasion fiscale des multinationales par exemple par le développement de la TVA. Sans parler des PME qui souffrent de la concurrence des entreprises multinationales artificiellement avantagées par leur capacité à échapper à l’impôt...

La liste des territoires opaques que propose la société civile montre que, bien souvent, les paradis fiscaux et l’opacité financière se nichent au coeur des principales métropoles des économies riches comme la City de Londres. Grâce à une multitude d’intermédiaires financiers, des grandes banques internationales aux cabinets d’audit et de conseil, la moitié des flux commerciaux et financiers internationaux transite désormais par ces places.

Quelques chiffres :

·                Le nombre de paradis fiscaux a été multiplié par 3 en 30 ans et s’élève à environ 72 aujourd’hui.

·                150 000 sociétés offshores se créent chaque année

·                les paradis fiscaux abritent 2 fonds alternatifs sur 3 et hébergent 2 400 000 sociétés écran.

·                50 % du commerce mondial transite par les paradis fiscaux qui ne représentent pourtant que 3% du produit mondial brut.

·                50 % des prêts bancaires et 30% des investissements directs à l’étranger (IDE) internationaux sont enregistrés dans des paradis fiscaux.

·                11 000 milliards de dollars sont abrités des les paradis fiscaux, soit cinq fois le PNB de la France. 

Signer la Pétition du CCFD

 

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 10:57

   Caritasinveritate

Le monde a besoin d’un nouveau modèle de développement humain. Durant tout son pontificat Benoît XVI a mis toutes ses forces à la réalisation d’un tel projet. En témoigne ses nombreux discours mais surtout sa dernière encyclique publiée en 2009, Caritas in Veritate. Dans ce texte le Pape expose de manière précise l’importance de son magistère social dans un monde en pleine mutation.

Une crise éthique à l’origine de la crise économique

« La crise nous oblige à reconcevoir notre chemin, à nous donner de nouvelles règles et à trouver une nouvelle forme d’engagement » : c’est un des passages clé de son encyclique Caritas in Veritate. Pour sortir de la crise le Pape en est convaincu, il y a besoin « d’un nouvelle culture de la solidarité et la participation responsable, conditions indispensables afin de construire ensemble » l’avenir de la planète. L’encyclique de Benoît XVI publiée en pleine crise mondiale devient rapidement un best seller qui attire même l’attention du monde de la finance. Le Pape plaide pour une économie au service de la personne et rappelle dans son texte que le développement des peuples doit être intégral.

Benoît XVI n’a cessé durant son pontificat de rappeler qu’à l’origine de la crise économique, il y a une crise éthique, anthropologique. Le Pape est allé même plus loin en analysant les causes d’une disparition de l’éthique en économie dans son discours à la Curie romaine en 2011 : « Même si des valeurs comme la solidarité, l'engagement pour les autres, la responsabilité à l'égard des pauvres et des personnes souffrantes sont en grande partie indiscutés, il manque souvent une force motivante, capable de stimuler l'individu et les grands groupes sociaux aux renoncements et aux sacrifices ».

Le Pape condamne les excès du libéralisme radical

« Il ne faut pas se résigner au spread du bien-être social, alors qu’on combat celui de la finance ». Cette phrase de Benoît XVI prononcée devant le corps diplomatique en janvier dernier restera très certainement gravée dans la mémoire collective. « Si l’indice différentiel entre les taux financiers constitue une préoccupation, les différences croissantes entre un petit nombre, toujours plus riche, et un grand nombre, toujours plus pauvre, devraient provoquer le désarroi » avait ajouté le Pape.

Trop souvent « les profits ont été absolutisés au préjudice du travail » et on « s’est aventuré sans retenue sur les voies de l’économie financière, plutôt que sur les voies de l’économie réelle ». Il convient donc de « revenir au sens véritable du travail », de résister « aux tentations des intérêts particuliers » pour « s’orienter en direction du bien commun ».

Dans son dernier message pour la journée mondiale pour la paix, le Pape a condamné les excès du libéralisme radical et de la technocratie, pour qui la croissance économique est à obtenir aussi au prix de l’érosion de la fonction sociale de l’Etat et des réseaux de solidarité de la société civile, ainsi que des droits et des devoirs sociaux. Parmi les plus menacés, le droit au travail. Construire la paix nécessite donc de penser un nouveau modèle de développement et d’économie. Une urgence pour Benoît XVI. Comme Jean-Paul II, le Pape espère une «globalisation de la solidarité » soulignant l’importance de l’unité de la famille humaine.  

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 10:44

eveques

POUR L’AVENIR DE L’ARTOIS ET DU HAINAUT-CAMBRESIS !

Comme évêques d’Arras et de Cambrai, nous vivons douloureusement une avalanche d‘épreuves pour les habitants de nos diocèses. La fermeture de la Base aérienne 103, sise sur nos deux départements, les craintes pour l’avenir de l’entreprise Doux et les incertitudes sur la réalisation du grand canal Seine-Nord font plus que nous inquiéter. Ce dernier chantier, en particulier, est l’espérance d’un travail pour un grand nombre de nos concitoyens, d’autant plus que plusieurs ministres et un président se sont publiquement engagés sur sa réalisation.

Notre pays et l’Europe traversent une crise sans précédent et nous n’ignorons pas les défis qu’elle pose aux responsables politiques actuels, mais nous ne pouvons rester silencieux lorsque des populations entières se laissent gagner par le découragement qui conduit au désœuvrement, source de tant de violences. Les catholiques prennent une part active dans de nombreux secteurs de la société, particulièrement auprès des plus démunis et des oubliés des mutations économiques. En leur nom, nous appelons tous les responsables de nos territoires et de notre pays à œuvrer ensemble pour sauver la réalisation d’un projet essentiel pour l’avenir de l’Artois et du Hainaut--Cambrésis.

Mardi 4 septembre 2012

Mgr François Garnier, archevêque de Cambrai

Mgr Jean-Paul Jaeger, évêque d’Arras.

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 20:27

fontaine

Les mesures prises pour diminuer les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises sont importantes. Mais il y a aussi les dirigeants des grandes banques, ceux qui sont à l’origine du processus qui a amené la crise financière, ceux qui, par exemple aux USA, n’ont pas été inculpés après les événements de 2008 et ...qu’on a retrouvés aux côtés de Barak Obama !

La financiarisation déconnectée de l’économie réelle est un cancer qui proli­fère depuis des années, qui fait éclater ses boursouflures sur la Grèce, comme depuis des décennies sur les pays pauvres.

Mais ce n’est pas un cancer ordinaire, qui tomberait sur l’humanité comme une maladie dont on n’est pas responsable. C’est une maladie qui a été inoculée par des hommes, qui ont sciemment pensé le projet. Ils ont entraîné dans leur cupidité bien des acteurs économiques jusqu’aux petits épargnants.

Comment nous-mêmes, les citoyens, avons-nous pu laisser les politiques obliger les Etats à financer leurs projets auprès du marché financier privé et non auprès de leurs banques centrales, et pour l’Union européenne auprès de la Banque Centrale européenne ?

Comment nous-mêmes, citoyens, avons-nous pu laisser les politiques fer­mer les yeux sur les paradis fiscaux, y compris en Europe, qui privent nos pays, mais plus encore ceux d’Afrique ou d’Amérique latine, de ressources essentiel­les?

est temps pour les chrétiens, comme pour les autres citoyens, de mieux s’informer sur les processus financiers qui gouvernent notre monde et d’arrêter de dire : « on n’y peut rien. » Il est temps de revenir à des règles économiques saines.Il 

Dominique FONTAINE, Vicaire général de la Mission de France

Lettre d’information n°347 Juin 2012

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 10:23

PierreRabhi

Agriculteur, écrivain et penseur français d'origine algérienne, Pierre Rabhi est un des pionniers de l'agroécologie. Inventeur du concept « Oasis en tous lieux » et initiateur du « Mouvement pour la Terre et l’Humanisme », il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages dont « Paroles de Terre » 1, du « Sahara aux Cévennes »2, « Conscience et Environnement » 3 ou « Graines de Possibles »4, co-signé avec Nicolas Hulot.

En quelques mots...

Depuis sa tendre enfance, Pierre Rabhi est indigné par la marche et l’état du monde. Cette indignation constructive, devenue une force, l’a incité à trouver de nouvelles voies pour démontrer que d’autres comportements et d’autres choix sont possibles. Après avoir expérimenté sur sa propre ferme en Ardèche une méthode agricole pouvant redonner l'autonomie alimentaire aux plus démunis tout en sauvegardant leur patrimoine nourricier, il transmet son savoir-faire agroécologique à travers le monde, notamment dans les pays arides d'Afrique, en France et en Europe.
Chevalier dans l’ordre national de la légion d’honneur, il est aujourd'hui reconnu expert international pour la sécurité alimentaire et a participé à l’élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification.

1938

Fils d’un forgeron du sud algérien, Pierre est confié à l’âge de 5 ans, après le décès de sa mère, à un couple d’Européens. Il reçoit une éducation française tout en conservant l’héritage de sa culture d’origine.

1960

La guerre d’Algérie bat son plein. Pierre Rabhi est ouvrier dans une entreprise parisienne, et met en cause les valeurs de compétition de la modernité. Avec sa femme Michèle, une parisienne, il quitte la capitale pour s’installer en Ardèche. Ouvrier agricole, il récuse déjà fortement la logique productiviste appliquée à l’agriculture dont les conséquences dévastatrices révèlent aujourd’hui leur ampleur.

1972

Après avoir découvert les principes de l’agriculture biologique et écologique, il les applique avec succès sur la terre aride et rocailleuse de sa ferme, dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage.

1978

Pierre Rabhi est chargé de formation à l'agroécologie par le CEFRA (Centre d'études et de formation rurales appliquées).

1981

A partir de 1981, il commence à transmettre son expérience agroécologique. Il met en place plusieurs programmes de formation en France, en Europe et en Afrique. Invité au Burkina Faso où les paysans souffrent d'un marasme écologique (sécheresses répétitives) et économique (cherté des engrais et pesticides), Pierre Rabhi développe sa première action agroécologique.

1985

Création du premier Centre africain de Formation à l’Agroécologie de Gorom-Gorom, avec l'appui de l'association "Le Point-Mulhouse".

1988

Pierre Rabhi est reconnu comme expert international pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la désertification.

1989

Fondation du Carrefour International d’Echanges et de Pratiques Appliquées au Développement (CIEPAD) avec l'appui du Conseil Général de l'Hérault : mise en place d'un "module optimisé d'installation agricole", de programmes de sensibilisation et de formation, lancement de nombreuses actions de développement à l'étranger (Maroc, Palestine, Algérie, Tunisie, Sénégal, Togo, Bénin, Mauritanie, Pologne, Ukraine...).

1992

Lancement du programme de réhabilitation de l'oasis de Chenini-Gabès en Tunisie.
Accompagnement des moniales du Monastère de Solan - parmi les premiers religieux engagés dans l’écologie - dans leur volonté de restaurer l’harmonie et la fécondité de la terre de leur domaine agricole.

1995

Naissance du Mouvement pour des Oasis en Tous Lieux, lieux de vie visant à une autonomie fondée sur la Terre nourricière, la réduction de l’empreinte environnementale, la pluriactivité et les échanges favorables à la reconstitution du lien social.

1997-98

A la demande de l'ONU, Pierre Rabhi intervient dans le cadre de l'élaboration de la Convention de lutte contre la désertification (CCD) et est appelé à formuler des propositions concrètes pour son application.

1999-2000

Création de Terre & Humanisme. Cette nouvelle structure doit permettre d’élargir l’action en faveur de pratiques écologiques autonomes et d’une solidarité internationale.

Lancement de nouvelles actions de développement au Niger (région d'Agadez), au Mali (région de Gao) et au Maroc (Kermet BenSalem, Dar Bouaza, Taroudant).

Création par sa fille, Sophie Rabhi, de la Ferme des enfants qui propose une pédagogie Montessori à la ferme pour la maternelle, le primaire et le collège.

2002

Encouragé par de nombreux amis, Pierre se lance dans une campagne électorale "non conventionnelle" en proposant de replacer l'Homme et la Nature au cœur de la logique. Sa campagne a, en très peu de temps, suscité une mobilisation exceptionnelle, récolté la signature de nombreux élus et donné naissance à plus de 80 comités départementaux de soutien : les colibris.

2003

Création du Mouvement « Appel pour une insurrection des consciences » suite à la précampagne de Pierre Rabhi à la présidentielle.

2004

Naissance du projet de création d'un centre agroécologique, Les Amanins, à la Roche-sur-Grâne, dans la Drôme. Ce lieu d'accueil, d'hébergement et de pédagogie voué à l'écologie est porteur des valeurs de Terre & Humanisme.

L’école à la ferme s’ouvre sur la société avec la création du Hameau des Buis, véritable oasis de vie et laboratoire d’expérimentations d’intérêt général.

2006

Lancement de Colibris, Mouvement pour la Terre et l’Humanisme afin d’aider chacun à construire, à son échelle, de nouveaux modèles de société fondés sur l’autonomie, l’écologie et l’humanisme.

Avril 2010

Création de la Fondation Pierre Rabhi, sous l’égide de la Fondation de France, pour continuer à soutenir l’autonomie, la sécurité et la salubrité alimentaires des populations.

http://www.fondationpierrerabhi.org/

 

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