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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 09:53
Contribution de Jean-Pierre DENIS au débat sur l’interdiction des messes

Contribution de Jean-Pierre DENIS au débat sur l’interdiction des messes
Journaliste catholique sur twitter

Manifester pour la messe ? Sans doute, la majorité des gens, y compris des catholiques, ne comprennent plus que la nourriture sacramentelle est un bien de première nécessité. Beaucoup veulent aussi ignorer que la liberté de culte est un droit constitutionnel.
Lors du premier confinement, des militants et des associations (de tendance intégriste) ont obtenu que ce droit fondamental soit reconnu. Tant mieux. Lors du deuxième, les évêques on perdu devant le Conseil d’Etat. Tant pis. Sans un certain légalisme, plus de démocratie.
Les mesures prises cette fois n’entraînent ni la disparition de la vie sacramentelle et de l’activité apostolique ni l’impossibilité de se recueillir devant le Saint-Sacrement. Elles empêchent les rassemblements, pas le culte. Elles se veulent proportionnées.
Cependant le choix de demi-mesures rend ce confinement beaucoup plus contestable. Les journaux oui, les livres non. Amazon oui, la petite mercière non. Le tabac oui, les fleurs non. Le marché oui, la messe non. D’où un sentiment général et plus fort d’injustice. Le problème est là.
Des militants descendent dans la rue. Manifester est un droit même pour les catholiques ! Mais si les évêques ont bien fait d’agir en justice, ils font bien aussi de rester dans la discussion constructive et le sens des responsabilités. Face à l’épidémie, tu choisiras la vie.
Charybde, la secte : instrumentaliser la messe à des fins idéologiques ou politiques, jouer aux faux résistants, se faire plus cathos que l’épiscopat. Sylla, la démission : donner à penser que la messe est un loisir, comme d’aller au cinéma. Une « activité ». Une option.
Comme au cours du premier confinement, la messe me manque. Mais j’y vois une invitation à une Église en sortie, missionnaire, allant aux carrefours existentiels. Service des pauvres. Témoignage personnel de foi. Annonce du Salut. Rien de cela n’est interdit. Fratelli Tutti.
Par ailleurs dimanche comme beaucoup j’ai regardé la messe sur France 2 et c’était très bien 


Jean-Pierre Denis
@jeanpierredenis

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 11:20
Prendre notre part aux épreuves du pays

Les mêmes choses produisent les mêmes effets : devant l’interdiction des liturgies publiques, exceptées les obsèques, des catholiques expriment leur souffrance. Elle est naturelle, l’eucharistie et l’assemblée chrétienne nourrissent notre foi. Oui, nous vivons un manque, oui, ceci est douloureux, oui, l’eucharistie est essentielle à la vie chrétienne. Cependant, la circulation du virus est-elle une invention ? L’Etat en prend-il prétexte pour mettre en place un régime d’encadrement des libertés, dont la liberté religieuse ?
Il est légitime qu’un Etat, en fonction des données dont il dispose, dans le respect des lois et des règles, impose des mesures qui sont au bénéfice de tous, y compris des mesures, et c’est le cas cette année, qui restreignent des libertés publiques. Il est bien entendu possible d’estimer que ces mesures ne sont pas légitimes, ou sont excessives ; dans de pareils cas, il revient à la juridiction administrative de dire le Droit.

Ce qui me gêne, au-delà d’éventuelles procédures, toujours possibles, c’est un discours que je n’hésite pas à qualifier de malsain.
On entend ou on lit que les mesures de restriction des cultes ne seraient pas dictées par des impératifs sanitaires mais l’expression d’un Etat laïc qui n’aurait de cesse d’encadrer voire de contrôler les cultes. Même en dehors du confinement, certains aiment à dire les chrétiens, sinon persécutés en France, mais au moins ne pouvant disposer d’une vraie liberté.
Rendre compte de sa foi est par nature toujours difficile et exigeant ; pour autant, soyons honnêtes, qui peut, en France, se dire persécuté en raison de ses convictions et pratiques religieuses ? Ceux qui le prétendent, ce sont les tenants de l’islamisme politique, qui, depuis l’étranger, décrivent la France, sa laïcité, son Etat comme persécuteurs de l’islam.
Alors qu’il est urgent que les musulmans français et vivants en France, ses responsables en particulier, affirment haut et fort qu’ils sont respectés et libres de vivre leur religion en France, il serait grave et même irresponsable que des catholiques adoptent un discours semblable, tout simplement parce que, non seulement il est dangereux, surtout il est faux.

Depuis trop d’années, des personnes, des groupes, ont trouvé une identité en se qualifiant de « discriminés », « victimes » de phobies diverses. Un minimum de lucidité permet de savoir qui sont les vrais pauvres, en moyens matériels, en qualité de l’habitat ou de vie familiale. Cette même lucidité permet de ne pas se tromper au sujet de ceux qui attentent à des chrétiens, non pas l’Etat, qui exerce sa mission protectrice, et qui doit en répondre devant le peuple et la Loi, mais les tenants de l’islam politique.

+ Pascal Wintzer
Archevêque de Poitiers

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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 21:05
Frédéric HENRY, Mgr Pascal DELANNOY et Patrick BONNE

Frédéric HENRY, Mgr Pascal DELANNOY et Patrick BONNE

Frédéric HENRY, paroissien de Vernon Notre Dame jusqu'en 2016 accompagnateur de groupes de jeunes confirmands a été ordonné diacre par Monseigneur Pascal DELANNOY , évêque de son diocèse, dimanche 25 octobre 2020 à 15h30 en la basilique cathédrale de Saint Denis.
Voici l'interview publié le 9 octobre dernier sur le site de sa paroisse Notre Dame de Lourdes (Bondy et Pavillons sous bois en Seine Saint Denis) :

Frédéric, pouvez-vous vous présenter ?
Je suis né il y a 59 ans à Saint-Denis… de La Réunion ! Donc à la fois africain et ultramarin. Cependant mes racines familiales sont en Lorraine à Commercy. Nous sommes arrivés aux Pavillons-sous-Bois depuis plus de quatre ans, venant de la proche Normandie.
J’ai fait des études d’ingénieur BTP, un peu comme le fils du charpentier qui évoque souvent les questions de construction dans les évangiles !
Marié depuis 32 ans à Laurence, nous avons cinq enfants et bientôt quatre petits-enfants.

Qu’est-ce qu’un diacre ?
C’est d’abord un serviteur de Jésus-Christ pour ses frères et l’Église, à l’image du Christ serviteur. Il s’appuie sur un trépied : la liturgie, la Parole et surtout la charité.
Il reçoit le premier degré du sacrement de l’ordre.
Comme il est souvent marié et dans le monde professionnel, sa mission est d’être aux portes de l’Église pour accueillir ceux qui sont au seuil.

Pourquoi avoir choisi d’être ordonné diacre ?
Au départ, on ne choisit pas d’être diacre, on est interpellé, par exemple par son curé.
Pour ma part, j’ai été interpellé par Monseigneur Nourrichard, évêque d’Evreux car à l’époque j’habitais dans ce diocèse.
Ensuite, il y a un temps de discernement sur une ou plusieurs années, en discrétion, afin de prendre conscience de cet appel et d’y répondre par un oui ou par un non en toute liberté.
Pour moi, cela a été une grande joie et le oui a été facile.

Avez-vous suivi une formation pour devenir diacre ?
Comme on engage dans certains domaines l’autorité de l’Église, il est important d’être formé. Et notre intelligence a aussi besoin d’être éclairée pour croire et aimer.
De mon côté, j’ai repris des fondamentaux de la foi en Normandie, au monastère du Bec Hellouin puis une fois arrivé en région parisienne, j’ai suivi la formation en vue du diaconat pendant quatre ans avec d’autres personnes interpellées et appartenant à des diocèse de la région parisienne. Après l’ordination, il y aura encore deux ans de formation. Cette formation se fait en lien étroit avec l’équipe d’accompagnement du diocèse.
Laurence, ma femme, a suivi toutes les formations car le jour de l’ordination, elle devra donner en toute conscience son accord.
Les cours ont porté sur de très nombreux sujets : Bible, exégèse, sacrements, christologie, théologie morale, etc. Il y eut aussi de nombreuses rencontres : aumônier de prison, aumônier de roms, évêques, franciscains, théologiens, liturgistes etc. Ce fut passionnant !
Quel rôle allez-vous jouer dans votre paroisse en tant que diacre ?
Le rôle que me donnera mon évêque. Le diacre dépend en effet directement de son évêque qui, après avoir consulté diverses personnes, donne au nouveau diacre une lettre de mission à l’issue de la célébration d’ordination.

Pouvez-vous citer une parole de Dieu qui vous marque ?
Celle de mon mariage avec Laurence : « C’est moi qui vous ai choisis afin que vous partiez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15)

Quelle figure biblique, quel saint vous inspire particulièrement ?
Je prends Saint Jean-Baptiste qui se réjouit de la venue du Christ dès avant sa naissance, qui saura s’isoler et prendre du recul, qui annoncera le Christ et s’effacera devant lui, qui dira la volonté de Dieu sur le mariage jusqu’au don de sa vie.

Quel conseil donneriez-vous à un homme pensant devenir candidat au diaconat ?
Confiance : si Dieu le veut, tu seras ordonné.

Avez-vous une parole à exprimer aux paroissiens de Notre-Dame-de-Lourdes ?
« Confiance » (encore !)
Confiance dans l’Église pour suivre le Christ ressuscité.

Nous remercions Frédéric pour ce témoignage et pour son engagement au service de l’Église, prions pour que le Seigneur le guide dans sa nouvelle mission.

Patricia KAPLAN

Paroisse Notre Dame de Lourdes de Bondy et Pavillons sous bois (Diocèse de Sain Denis)

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 11:35
À Ajaccio où il officie depuis huit ans, Olivier de Germay a su se faire adopter. © DR

À Ajaccio où il officie depuis huit ans, Olivier de Germay a su se faire adopter. © DR

Olivier de Germay, évêque d'Ajaccio, va succéder à Philippe Barbarin et tenter de restaurer la confiance dans un diocèse de Lyon éprouvé.
Il aura fallu huit longs mois à Rome pour trouver un successeur à Philippe Barbarin. Pour remplacer l'archevêque de Lyon démissionnaire, mis en cause dans le retentissant scandale de pédophilie qui a traumatisé le diocèse de Lyon et ébranlé l'Église française jusqu'au Vatican, le pape François a nommé Olivier de Germay, le discret évêque d'Ajaccio.
Une nomination surprise qui a pris de court tous les pronostics y compris la conférence des évêques de France qui n'avait pas vu passer ce nom dans la short-list des nominables. L'intéressé confie avoir lui-même été étonné par la proposition. « J'ai reçu un appel du nonce le jour de mes 60 ans, c'est-à-dire le 18 septembre. Je l'ai ensuite rencontré à Paris où il m'a annoncé que le pape m'avait nommé archevêque de Lyon. Ç'a été une énorme surprise, pas un seul instant je n'avais imaginé une telle nomination. » On murmure même que plusieurs évêques ont décliné l'offre tant la tâche de restauration de la confiance et de l'image de ce diocèse semble ardue.
Pour tourner la page de ces années noires, Rome a choisi un profil de rupture. Une personnalité plus modeste, un nom beaucoup moins médiatique que Philippe Barbarin, un inconnu du grand public et des médias susceptibles de faire oublier l'exposition passée. Un évêque jeune (60 ans, dans l'Église, c'est jeune !) représentatif de la nouvelle génération, un homme de terrain qui saura aborder les questions de société d'un œil neuf et inscrira son mandat dans la durée.
Une personnalité modeste
Un homme au parcours atypique aussi, ancien militaire, ingénieur diplômé de l'école de Saint-Cyr à la vocation tardive mais ardente. « J'ai découvert ma vocation à l'âge de 30 ans. Cela a été un grand bouleversement, car j'étais officier parachutiste, destiné à faire carrière dans l'armée. J'ai été saisi par l'appel du Christ, prêt à tout quitter pour le suivre, ce que j'ai fait avec joie », raconte Olivier de Germay, « ma vie a basculé ce jour-là ».
À Ajaccio où il officie depuis huit ans, Olivier de Germay a su se faire adopter. « C'est un homme très simple, d'accès facile, il ne met pas de barrière malgré sa fonction », rapporte Annonciade Andréani, présidente de RCF Corsica et ancienne directrice du collège-lycée Saint-Paul d'Ajaccio, « c'est un homme bienveillant, proche des gens, très ouvert, sans préjugés ». « En Corse, terre de tradition chrétienne, il n'a pas hésité à aller au-delà des gens, dans les villages, à se plier aux coutumes locales, à participer aux processions et aux célébrations, c'est comme ça qu'il s'est fait accepter », poursuit Annonciade Andréani. Malgré son passé militaire, l'homme sait également faire preuve d'une certaine modernité. C'est ainsi que, malgré sa fonction, il n'hésite pas à se déplacer à vélo dans les ruelles d'Ajaccio, à partir randonner sur les chemins de montagne, à faire partager son sens de l'humour en échangeant des bons mots sur son téléphone portable, ou encore à prendre position sur les sujets d'actualité. « Il fait passer l'humain avant toute chose, résume-t-elle.
Le capucin Emmanuel Auréjac, curé d'Alésia, décrit lui aussi « un homme d'une extrême simplicité » malgré le prestige de sa fonction. « Il vit de façon très austère, comme un moine, il est logé modestement, s'habille et se nourrit le plus simplement du monde, il est totalement dévoué au Christ ». Aux ors de la fonction, Olivier de Germay préfère le contact direct avec ses ouailles dans les villages de montagne qu'il sillonne au quotidien, où encore le partage de la vie pastorale de ses prêtres. « Il est comme l'un des nôtres, on sait que c'est lui l'évêque, mais il n'a jamais de comportements de supériorité, il reste prêtre », résume le père Auréjac. Des qualités qui lui seront utiles pour retisser les liens avec les nombreux fidèles éloignés de l'Église après les scandales d'abus sexuels.
« Il y a un énorme travail à réaliser dans ce diocèse »
Jeudi, devant la primatiale Saint-Jean de Lyon, la nouvelle de cette nomination est déjà commentée par les catholiques. « L'arrivée de ce nouvel archevêque va nous aider à tourner la page, à repartir sur de nouvelles bases », estime Jacques, septuagénaire qui reconnaît ne jamais avoir entendu parler de l'évêque de Corse. « Il y a un énorme travail à réaliser dans ce diocèse après tout ce qui s'est passé », commente de son côté Marie-Alice, mère de famille de 43 ans, « il y a de nombreuses pièces à recoller, de la confiance à retrouver pour ramener les familles au sein de l'Église ».
La messe d'installation du nouveau primat des Gaules aura lieu le 20 décembre prochain. En attendant, une messe sera célébrée en son honneur dès vendredi.

Catherine Lagrange

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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 07:10
L'abbé Michel Prêtre est en route vers ses 100 ans | Christiane Elmer

L'abbé Michel Prêtre est en route vers ses 100 ans | Christiane Elmer

Prêtre depuis 70 ans, Michel Prêtre aura bientôt 100 ans. Il se dit aujourd’hui un homme heureux. «Ce qui conserve c’est l’amour», explique-t-il.
Il y a des êtres qui vous tatouent le cœur et l’esprit. L’abbé Michel Prêtre est l’un d’entre eux. Enjoué, vif, passionné de Dieu, des gens et de la vie, il transmet une énergie et une joie débordantes. Sa vivacité, sa fraîcheur, sa mémoire n’ont pas pris une ride. Et pourtant, le 9 décembre prochain, il aura cent ans!
Comment vous sentez-vous à la veille de passer le cap des 100 ans?
Michel Prêtre: Bien! Je me suis épanoui au fil de mon parcours. Le monde que j’ai rencontré ma éduqué et m’a montré mon chemin de bonheur. J’ai eu la chance d’avoir une bonne santé. Et d’avoir ma sœur Brigitte, qui a son appartement à côté du mien, et qui me prépare de bons petits plats. J’aime la vie et les bonnes choses.

«Ce qui conserve, c’est l’amour!»
Est-ce la prêtrise qui conserve?
Je dirais plutôt que c’est l’amour. Là où l’on aime, tout va bien. Quand l’amour s’approfondit, il communique des énergies. Les relations sont primordiales. Elles ne sont pas simples, mais il faut les mettre en valeur. Sommes-nous capables de faire aboutir, en nous et autour de nous, des relations vibrantes d’amour, de justice et de paix?
Ce qui m’a toujours semblé important aussi, c’est d’entretenir son esprit, de se cultiver sans cesse. Je l’ai fait d’année en année auprès des Pères jésuites. Mes activités d’éducateur m’ont aussi aidé; j’avais les nerfs solides; j’étais un bon sportif. Bien sûr, comme tout le monde, j’ai aussi connu des moments noirs. Mais j’ai chaque fois repris mon Evangile et poursuivi mon chemin.

Une part importante part de votre ministère s’est déroulée à Bienne où vous avez été prêtre et curé pendant 17 ans, de 1970 à 1987. Quels souvenirs en gardez-vous?
A l’époque où j’étais curé au Christ-Roi, on entendait souvent dire: «Il y a au moins deux prêtres qui s’entendent bien à Bienne : les abbés Stanislas Wirz et Michel Prêtre» Nous nous complétions bien, Stani et moi. Chacun faisait un effort linguistique. Les tâches étaient nombreuses. Il n’y avait pas de sacristain. Je donnais environ douze heures de caté par semaine. Le soir, j’allais dans les blocs locatifs visiter des familles. Le quartier de Mâche était alors en pleine expansion.

«Les jeunes nous bousculent et nous incitent à nous mettre continuellement en mouvement»
Les anciens jeunes se rappellent de vos innovations…
J’ai eu l’idée de projeter des diapos, des bouts de films ou d’émissions, de mettre sur pied des activités ludiques (baby-foot, tournées de ping-pong, chants rythmés…). C’était également le début des messes des familles. Il faut rester créatifs! J’avais mon petit orchestre et je préparais les chants. On avait un batteur extra! Je voulais que les gosses s’enthousiasment pour le Christ et pour le caté. Mon souci, c’était d’être présent.

Tout au long de votre activité pastorale, vous avez beaucoup travaillé avec les enfants et les jeunes. Que vous ont-ils apporté?
Ils m’ont beaucoup appris. Les jeunes nous bousculent et nous incitent à nous mettre continuellement en mouvement. Savez-vous quel est le meuble le plus important d’un appartement? La table. Qui accueille, réunit, recentre, relie. Et qui, bien sûr, nous renvoie à la Table du Jeudi-Saint. Notre responsabilité est de faire en sorte que ceux et celles que nous rencontrons trouvent leur place à la table du Christ.

«La mort ne me fait pas peur puisque je sais où je vais, vers ce Père qui m’attend»

Est-ce que le Covid, la vieillesse et la mort vous effraient?
Je suis beaucoup à la maison; les risques d’attraper ce virus sont donc faibles. Et puis, la vieillesse est une chose tout à fait normale: toute vie a une fin. Quant à la mort, elle ne me fait pas peur puisque je sais où je vais, vers ce Père qui m’attend.

Après 100 ans de vie quel message aimeriez-vous laisser?
Etes-vous des chrétiens heureux? Car s’il est vrai que chacun recherche le bonheur, il faut aussi se demander quel est celui qui va nous permettre d’assurer un bonheur vrai et définitif.

Votre mot de la fin?
J’ai été fidèle aux réalités de la vie. Préparé ou non, j’ai toujours dit oui aux situations qui se présentaient à moi. (cath.ch/ce/mp)

Michel Prêtre
Michel Prêtre naît à Boncourt le 9 décembre 1920. Il étudie à Lyon, puis entre chez les Salésiens de Don Bosco pour se mettre au service des jeunes. Le 29 juin 1950, il est ordonné prêtre. Il est directeur et éducateur à l’institut «La Longeraie», à Morges, puis travaille à la paroisse de langue française de Zurich avant d’entrer au service du diocèse de Bâle (à la paroisse du Christ-Roi,à Bienne). A la retraite, on l’affecte à la paroisse de St-Ursanne (JU). A 76 ans, il se retire enfin à Boncourt où il assure (jusqu’à la crise du Covid) la messe dans des homes.

Christiane Elmer/ Angélus

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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 11:36
MARC BERTRAND/CHALLENGES-REA

MARC BERTRAND/CHALLENGES-REA

Je vous recommande cette lettre de 60 pages, que je viens de lire, du président des évêques de France au président de la république : un texte solide, ouvert, équilibré et responsable ! 

Monseigneur de Moulin-Beaufort publie mercredi 3 juin « Le matin, sème ton grain, Lettre en réponse à l’invitation du Président de la République ». 
« Le matin, sème ton grain ». Dans ce livre qui sort en librairies ce mercredi 3 juin, le président de la Conférence des évêques de France adresse une longue lettre à Emmanuel Macron. De cette manière, l’archevêque entend participer à la réflexion du monde de l’après-Covid-19. Extraits inédits.
« Mon rôle est d’apporter à un responsable politique de quoi nourrir sa réflexion, en essayant de lui être utile, pour être utile au pays et à l’humanité entière. Je sème mon grain selon ce qui m’est donné. » Dans une longue lettre adressée au président de la République, Mgr Éric de Moulins-Beaufort veut faire œuvre utile. Et montrer une Église ouverte, en dialogue avec l’État, traversée par un seul souci : le bien commun.

Dans ce texte d’une soixantaine de pages (1), l’archevêque de Reims ouvre des perspectives pour l’après-Covid-19. Il l’a travaillé notamment avec le conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF).

Son initiative répond à l’interpellation d’Emmanuel Macron, formulée lors d’une audioconférence organisée par l’Élysée le 21 avril, en temps de confinement. « Le président a demandé aux responsables de culte de partager leurs réflexions sur l’événement singulier qu’est la crise sanitaire que le monde entier traverse », confie Mgr de Moulins-Beaufort, qui a pris l’invitation au pied de la lettre. Le 15 mai, il avait déjà adressé une lettre au président de la République plaidant pour la reprise des cultes pour la fête de Pentecôte. Une deuxième audioconférence, prévue le 25 mai, n’a finalement pas eu lieu, interrompant en apparence le dialogue.

Extrait : « Dans notre pays, l’unité maintenue est particulièrement significative »

« J’ajoute en préambule un constat : nos sociétés sont restées en paix et l’humanité entière aussi. Peut-être une guerre commerciale et économique se prépare-t-elle, mais pour le moment aucune société n’a sombré dans la violence et aucun pays n’a profité du confinement généralisé pour s’emparer par la force d’une portion de territoire. À l’échelle de l’histoire humaine, une telle situation ne doit pas être si fréquente. Pour tous les humains, c’est un motif de soulagement et de fierté, de confiance aussi ; pour les croyants, d’action de grâce pour Dieu qui agit dans les cœurs et les esprits. Dans notre pays, l’unité maintenue est particulièrement significative alors que la fracture sociale est bien présente et que nous avons connu des tensions sociales fortes ces dernières années. »

Il est vrai que la décision du Conseil d’État du 18 mai demandant au gouvernement de revoir sa copie quant à l’interdiction des rassemblements cultuels a pu refroidir l’Élysée. La CEF n’avait pourtant pas crié victoire, soucieuse de préserver le dialogue, après une décision de justice provoquée par d’autres catholiques qu’elle. La lettre-programme de Mgr de Moulins-Beaufort s’impose comme une reprise en main de la parole catholique et la poursuite d’un dialogue voulu de part et d’autre.

Le temps ralenti
Dans le chapitre intitulé « Liberté », le président de la CEF revient sur l’interdiction de rassemblements appliquée aux cultes et lance un avertissement : « L’État court toujours le risque de ne pas prendre les citoyens pour des personnes responsables. » Mais il n’est plus question de revendications : l’archevêque de Reims veut contribuer à la réflexion nationale, aussi bien politique que philosophique. Une initiative dans la droite ligne de la rencontre des Bernardins, le 9 avril 2018, lorsque Emmanuel Macron s’adressait aux catholiques : « La République attend de vous que vous lui fassiez trois dons : le don de votre sagesse ; le don de votre engagement et le don de votre liberté. » Sans attendre la fin de la pandémie et d’une plume vive et personnelle, l’archevêque de Reims déploie des pistes dans l’espoir, confie-t-il, d’une « unité nationale plus forte ».

Extrait : « L’élargissement du regard est sans doute la seule manière de sortir par le haut »

« La pensée chrétienne a développé l’idée de bien commun. Il n’est pas la somme des biens communs (système scolaire, système hospitalier, système routier, distribution de l’eau ou de l’électricité, etc.), mais le bien dans lequel tous peuvent être en communion. L’épidémie s’ajoute à la contrainte écologique pour encourager l’humanité entière, tout homme, tout État, toute structure politique à ne pas limiter le bien commun aux seuls intérêts des humains mais à inclure dans sa visée tous les êtres de notre cosmos. L’élargissement du regard est sans doute la seule manière de sortir par le haut des traumatismes provoqués par l’épidémie et le confinement qui a été imposé aux corps sociaux. S’orienter dans une telle direction serait aussi sortir de la course actuelle des sociétés occidentales vers l’accumulation de moyens techniques permettant de transformer toute frustration en droit à faire valoir sur la société. Le corps social n’a pas à satisfaire les désirs de chacun, mais il devrait aider chacun à croire en son rôle propre, malgré ses manques et ses douleurs. »

Pour envisager l’avenir, l’archevêque de Reims fait d’abord mémoire de l’engagement sans faille des soignants mais aussi des « petits métiers peu estimés qui se sont révélés indispensables ». Il souligne encore ce « temps suspendu » que fut le confinement, à rebours de « l’accélération constante du temps » : « Beaucoup ont entendu de nouveau les oiseaux et ont pu observer l’arrivée du printemps comme jamais au cours de leur vie. »

Et le président de la CEF suggère de garder les fruits de cette expérience en instaurant « un vrai repos dominical qui soit un repos des personnes mais aussi des villes, de la terre, etc. (…) Je suggère, sans doute en un rêve éveillé, qu’une fois par mois un dimanche soit «confiné» partout dans notre pays. »

Bienveillance
Mémoire, encore, de ceux qui ont été touchés par la maladie, les familles endeuillées, et les malades trop isolés, et ceux qui ont dû vivre le confinement dans des conditions matérielles difficiles. Mgr de Moulins-Beaufort souhaite que le « mémorial de l’épidémie » conduise à « des investissements indispensables pour que chacun puisse avoir un logement digne, qui puisse lui être une demeure. »

Extrait : « Le modèle, ce devrait être l’hospitalité »

« Le modèle des relations entre les êtres humains ne devrait pas être le conflit ou la compétition, ni même le commerce. Ce devrait être l’hospitalité. Pour cela, il importe que chacun habite sa maison et habite en lui-même. À l’échelle individuelle comme à l’échelle collective, le modèle du progrès humain ne peut pas être l’extension indéfinie des droits. Il devrait être la croissance dans le don de soi et le service des autres, rendue possible par l’hospitalité mutuelle entre les humains et la maison commune. Il ne s’agit pas là d’une utopie, d’un rêve qui n’a pas de lieu pour se réaliser, mais d’une espérance qui passe par le chemin intérieur de chacun. L’expérience du confinement a peut-être donné quelques clés pour progresser collectivement en ce sens. »

L’épidémie renvoie inévitablement à la dimension physique de l’épisode traversé : « Nous avons craint collectivement d’être victimes du virus et craint d’être porteurs pour les autres ». L’archevêque de Reims souligne à quel point les Français ont été conscients de l’enjeu, dont il fait une lecture spirituelle, le confinement donnant « une signification inattendue et bienvenue, plus riche que la seule nécessité d’éviter la propagation de la maladie et de la mort. »

Prudents non seulement pour eux-mêmes et pour les autres, beaucoup se sont montrés solidaires : « La crainte d’être contagieux a été transmuée en désir de se rendre utile aux autres ou de manifester de la bienveillance et de l’attention au-delà du cercle habituel ».

La place des aumôniers
C’est aussi le corps et la mort qui étaient au cœur de l’incroyable défi du Covid, l’occasion pour Mgr de Moulins Beaufort de demander une nouvelle fois et « solennellement » que les aumôniers soient associés aux plans d’urgence et non pas refoulés comme « personnel non-indispensable ». Dénonçant une fois encore « la tentation de l’euthanasie », l’archevêque rappelle que « la mort appartient à l’aventure personnelle de chaque être humain (…). Au moment de mourir, plus d’affection est préférable à davantage de médecine. »

Extrait : « Nous n’avons jamais réclamé un privilège »

« Il est possible que l’on ne retienne de l’action de l’Église catholique dans ces semaines que la réclamation supposée de retrouver au plus tôt des assemblées liturgiques, «des messes avec assemblée». Ce serait injuste, mais nous assumons ce risque. Nous n’avons jamais réclamé un privilège ou une exemption des règles communes. Nous avons simplement demandé que les règles communes à toute la société s’appliquent à tous les cultes. Comme les branches professionnelles, les cultes en France sont des interlocuteurs possibles pour les pouvoirs publics, capables de s’engager à des mesures sanitaires ou de s’en déclarer incapables. L’interdiction explicite de toute réunion ou rassemblement dans des «établissements de culte» au moment même où les réunions et rassemblements de moins de dix personnes étaient autorisés ne pouvait être conforme au respect de la liberté de culte. La décision du Conseil d’État, le 18 mai dernier, en atteste. »

Le dernier chapitre, le plus long, ouvre résolument les perspectives du « monde d’après » : il est question d’hospitalité. Si le confinement a radicalement appauvri les relations sociales, le besoin de rencontre en sort renforcé : « Comment les conditions de vie concrètes permettent-elles à tous d’exercer l’hospitalité ? (…) Comment nous comportons-nous concrètement dans la «maison commune» qu’est notre planète ? »

La question est posée à l’échelle du monde : « Au sortir du confinement, il est nécessaire de regarder en face le fait des migrations. » Mais la réponse est aussi politique : « Je regrette qu’un pays comme le nôtre ne sache pas donner une place à des personnes qui sont au milieu de nous depuis tant d’années. »

Hospitalité
Enfin, ce fils d’officier, ancien élève de Sciences-Po Paris, réhabilite « la chose politique » et l’implication individuelle : « Nul ne peut dire «je suis innocent de la situation des autres». (…) Quelle responsabilité de notre mode de vie assumons-nous chacun ? »

Une interpellation enthousiaste, une ultime invitation, qui s’adresse à tous, et redit la confiance en l’homme : « La seule vraie force vient de chaque être humain, de notre capacité à tous et à chacun à habiter notre corps, notre maison, et à y donner librement l’hospitalité et goûter la saveur du temps où l’éternité se donne déjà. » Le monde de demain commence aujourd’hui.

Extrait : « N’y a-t‑il pas là une piste pour réfléchir au fait de la migration ? »

« Le caractère universel de l’épidémie et de la réaction qu’elle a suscitée renforce la nécessité de regarder notre humanité comme une unité. Chaque peuple a pu lutter contre l’épidémie parce que tous les peuples l’ont fait aussi. Mais aussi tous les peuples ont été touchés par l’épidémie ou auraient pu l’être sans qu’il soit possible de désigner un coupable initial. Car la propagation si rapide n’a pas été due à la méchanceté de certains mais à la variété des échanges entre humains en notre temps. N’y a-t‑il pas là une piste pour réfléchir au fait de la migration ? Au nom de quoi certains seraient-ils assignés à un lieu sur cette terre où ils ne peuvent réunir les conditions leur permettant de vivre ? Ne peut-on pas «se serrer pour leur faire de la place» ? À quelles conditions pourrait-on le faire, sans reproduire à grande échelle la promiscuité du métro parisien ? Peut-on les aider à rester dans leur pays d’origine, toute la terre devant être peuplée. Mais alors comment les aider à acquérir les moyens d’y vivre ? »

Christophe Henning

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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 07:28
Le nonce apostolique en France, Mgr Celestino Migliore.

Le nonce apostolique en France, Mgr Celestino Migliore.

Mgr Celestino Migliore, qui vient de présenter ses lettres de créances au président de la République Emmanuel Macron, a effectué le 25 août une médiation sur le sens du martyre, dans le cadre du pèlerinage de l’Ile Madame, dans le diocèse de La Rochelle et Sainte.
L’Ile Madame, dans le département de la Charente Maritime, est l’objet d’un pèlerinage annuel sur le lieu de sépulture de 254 prêtres réfractaires, qui furent persécutés par les autorités révolutionnaires en 1794 pour avoir refusé l’assermentation à la Constitution civile du clergé. Au total, 547 prêtres moururent alors en détention, sur 829 au total arrêtés et emprisonnés dans des conditions épouvantables sur les pontons de Rochefort, et 64 d’entre eux ont été béatifiés par saint Jean-Paul II en 1995.

Cet épisode tragique de l’Histoire de France a donné au nouveau nonce apostolique, invité à participer aux célébrations par l’évêque de La Rochelle et Saintes, Mgr Georges Colomb, l'occasion d’effectuer une ample intervention sur le thème du martyre des chrétiens dans l’histoire et dans l’actualité.

Le lien entre persécution religieuse et martyre
«Nous vivons une époque inquiétante où différentes communautés chrétiennes dans le monde subissent une persécution systématique de la part de leurs gouvernements ou d’organisations religieuses extrémistes. Persécution religieuse et martyre ne sont pas la même chose, mais c’est certainement dans le contexte de la persécution religieuse que mûrissent et se produisent les cas de martyre», a expliqué Mgr Celestino Migliore.

Alors que certains responsables internationaux avaient tendance à minimiser ce phénomène, le Jubilé de l’an 2000, à la demande de saint Jean-Paul II, a été l’occasion de mettre en lumière un travail de recensement de 12 000 épisodes de martyre au cours du XXe siècle. Le changement de siècle et de millénaire n'a pas signifié la fin des persécutions. «Dans les vingt dernières années le martyre des chrétiens s’est malheureusement intensifié, a remarqué le nonce. L’attention et la préoccupation de l’Église pour l’effusion actuelle de sang chrétien s’est accrue. Les conférences sur la liberté religieuse internationale se sont multipliées, ainsi que les appels et les démarches auprès des gouvernements et des organisations internationales», a expliqué Mgr Migliore.

«Mais les martyrs d’aujourd’hui stimulent le travail de l’Église sur différents fronts, par exemple, en promouvant la liberté religieuse, l’unité entre les Églises chrétiennes, l’amitié entre les religions du monde et le pouvoir transformant du pardon en politique», a précisé le nonce apostolique, en précisant que «les martyrs d’aujourd’hui construisent aussi l’Église. Comme le Père Jacques Hamel qui, il y a quatre ans, est entré dans la cohorte des martyrs modernes.»

Donner sa vie pour promouvoir la justice et la réconciliation
S’appuyant aussi sur les exemples de saint Maximilien Kolbe, de don Pino Puglisi, de Mgr Romero ou encore du théologien protestant Dietrich Bonhoeffer, Mgr Migliore a mis en valeur la fécondité de leurs témoignages pour la promotion de la justice et de la réconciliation dans l’Église. «Les martyrs témoignent de cette justice qui est justement violée dans leur propre homicide, c’est-à-dire la justice, le droit de la liberté religieuse. Aujourd’hui, une grande partie de la population mondiale, comprenant des personnes de toutes les religions, vit dans des pays avec des restrictions élevées à la liberté religieuse. Les martyrs offrent un témoignage contre la négation de la liberté religieuse», a-t-il expliqué en prenant l’exemple du ministre pakistanais Shahbaz Bhatti, assassiné par des islamistes en 2011.

«Comme le répète souvent le Pape François, aujourd’hui les chrétiens ne sont pas persécutés parce qu’ils appartiennent à une communauté chrétienne particulière, parce qu’ils sont catholiques ou orthodoxes, luthériens ou anglicans, mais parce qu’ils sont chrétiens. Le martyre est œcuménique et on doit parler d’un vrai œcuménisme des martyrs. Historiquement, le martyre commun souffert par les catholiques, protestants et orthodoxes sous les nazis et les soviétiques a favorisé le rapprochement entre les Églises et les communautés chrétiennes», a expliqué le nonce en rappelant que bien avant le pontificat de François, Paul VI et Jean-Paul II avaient développé cette vision dans la filiation du Concile Vatican II, mettant fin à la «vision confessionnelle étroite» qui dominait les esprits quand les chrétiens se tuaient mutuellement, notamment dans le contexte des guerres de religion des XVe et XVIe siècles.

Et au-delà de cette dimension œcuménique, le martyre peut aussi avoir une dimension interreligieuse, comme dans le cas des moines de Tibhirine et des autres religieux martyrs en Algérie dans les années 1990, qui ont donné leur vie au milieu des milliers de musulmans victimes de la guerre civile.

«Toutefois, comment répondre aujourd’hui au martyre est une question à laquelle sont confrontés l’Église, les communautés religieuses, les gouvernements et toute la société. Ils doivent trouver des solutions efficaces pour mettre un frein à la culture de l’épée par la culture du dialogue et de la coexistence pacifique», a conclu le nonce apostolique.

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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 07:48
Décès de Mgr Hippolyte Simon, archevêque émérite de Clermont

Hommage de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et Président de la CEF
« Notre frère Hippolyte Simon est mort après une maladie qui l’avait contraint en 2016 à renoncer à sa charge d’archevêque de Clermont. Il s’était retiré à Caen, où il avait été supérieur du Séminaire interdiocésain. Mgr Simon avait été vice-président de la Conférence des évêques de 2007 à 2013 auprès du cardinal Vingt-Trois. Il avait aussi représenté la CEF auprès de la COMECE. Sa vaste culture politique lui a permis d’intervenir souvent sur le rapport entre l’Église catholique et les religions en général et l’État, notamment dans le contexte particulier de la séparation telle qu’elle existe en France. Par l’ampleur du champ historique qu’il connaissait et par la précision de son analyse des concepts employés, il savait repérer les confusions, signaler les glissements, alerter quant aux tentations récurrentes de la part de l’État de transformer les religions en agents de la cohésion nationale. Mgr Simon savait aussi regarder les évolutions sociales à l’échelle de l’Europe entière ; il appelait à ce que l’Union européenne ne soit pas qu’un objet politique plus ou moins supporté par les citoyens et puisse devenir un espace culturel partagé par tous les citoyens. Sa foi dans le Christ et son œuvre de salut éclairait sa raison, lucide quant aux dérives possibles des sociétés humaines et déterminée quant à l’espérance qui devrait habiter nos perspectives. Il a été, tant que ses forces le lui ont permis, un « excitateur » de la réflexion de l’assemblée des évêques, un esprit fraternel aussi, soucieux de comprendre les idées ou les réticences des uns et des autres. Il avait su reconnaître que la maladie ne lui laissait pas les forces nécessaires pour conduire le diocèse de Clermont et présider la province ecclésiastique. À Caen, il a apporté sa contribution à la vie pastorale et culturelle, toujours prêt à intervenir ; il a continué à réfléchir et à proposer les fruits de sa réflexion comme l’atteste son dernier livre : « Vers une France païenne ? ». Avec les évêques de France, je rends grâce à Dieu pour le ministère de Mgr Hippolyte Simon et pour sa personne. J’ai personnellement beaucoup de gratitude pour son attitude toujours encourageante : il savait, après une discussion, apporter des éléments nouveaux à la réflexion, en laissant une grande liberté à la pensée et à la décision. Que Dieu lui donne la récompense promise aux bons serviteurs. »

Mgr Hippolyte Simon, archevêque émérite du diocèse de Clermont est décédé dans sa 77ème année, le mardi 25 août 2020.

Né le 25 février 1944, Mgr Simon fut ordonné prêtre le 27 juin 1970 pour le diocèse de Coutances et Avranches.

Mgr Simon occupa plusieurs fonctions : aumônier du lycée de Mortain (1974-1978) ; supérieur du séminaire interdiocésain de Caen (1978-1990) ; vicaire épiscopal à Coutances, chargé du service de formation permanente des prêtres et des laïcs, délégué diocésain pour le diaconat permanent (1990-1996).

Il fut nommé évêque de Clermont le 22 février 1996 puis devint archevêque de la province ecclésiastique de Clermont le 8 décembre 2002 suite à la réorganisation des provinces ecclésiastiques.

Sa démission pour raison de santé avait été acceptée par le pape François le 17 mars 2016.

Mgr Simon fut par ailleurs représentant de la Conférence des évêques de France (CEF) au sein de la Commission des Épiscopats de l’Union européenne (COMECE) entre 2000 et 2007 puis vice-président de la CEF de 2007 à 2013.

Les obsèques de Mgr Simon auront lieu samedi 29 août à 10h30 en la cathédrale de Clermont

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 21:01
Mgr Jacques NOYER (CIRIC)

Mgr Jacques NOYER (CIRIC)

Monseigneur Jacques Noyer, évêque d'Amiens pendant 16 ans, de 1987 à 2003, est décédé ce mardi 2 juin à l'âge de 93 ans. Il s'est éteint au Touquet, sa ville natale, où il avait pris sa retraite. Notre journaliste Jean-Paul Delance revient sur le parcours de cet évêque "atypique et iconoclaste".

Il est toujours délicat d’établir un classement, une hiérarchie. Mais nul doute que dans l’Histoire deux fois millénaire des évêques d’Amiens, Monseigneur Jacques Noyer aura une place prééminente.

Né le 17 avril 1927 au Touquet, c’est dans cette même commune qu’il vient de s’éteindre.
Après une licence de lettres obtenue à l’Université de Lille, il intègre le Grand Séminaire d’Arras pour suivre une formation philosophique et théologique.
 


Sans quitter son Pas-de-Calais natal, il devient prêtre à Boulogne-sur-Mer puis curé de la paroisse du Touquet-Paris-Plage. Un retour à la maison, en quelque sorte.

C’est là que le 4 novembre 1987, il apprend sa nomination en tant qu’évêque du diocèse d’Amiens.
Il est consacré en la Cathédrale, le 13 décembre suivant devant une foule nombreuse. En 2003, il se retire mais reste évêque-émérite du diocèse.
 

Une grande ouverture d'esprit

J’ai souvent eu au cours de ma carrière l’occasion d’approcher cet homme à l’ouverture d’esprit remarquable.
D’abord, l’Homme impressionne par sa stature. Il est grand, bien bâti, surmonté d’une abondante chevelure blanche.

Mais c’est sa voix qui le caractérise le mieux. Une voix chaude, grave exprimée par un ton toujours calme.
Une façon élégante de vous mettre en confiance sans chercher à en imposer, à quoi s’ajoute une grande qualité d’écoute.
 

Un évêque atypique

Ce portrait tout en rondeur ne doit pas masquer le côté « iconoclaste » de cet évêque un peu atypique.
Né dans une famille modeste, il prend à de nombreuses reprises des positions inattendues de la part d’un représentant de la haute hiérarchie catholique.

Jacques Noyer n’aime pas les « pompes » de l’Eglise. Lui aime rencontrer les gens simples, les déshérités, les migrants.
Ouvert, il rencontre les représentants de tous les cultes et n’hésite pas à la moindre occasion, d’engager le dialogue avec les athées.
 

Barrage au FN en 2002

En 2002, lors du second tour de l’élection présidentielle, il appelle, dépassant selon certains, les prérogatives de sa charge, à voter contre Jean-Marie le Pen estimant que le Front National conduit « à l’isolement, au racisme et à la xénophobie ».

L’homme est aussi bien de son temps. S’intéressant aux médias et aux nouveaux modes de communication, il produit plusieurs ouvrages sur le sujet dont le dernier en 2017 intitulé : « Libres pensées d’un cyber-évêque».

Jacques Noyer est mort ce mardi 2 juin matin à 93 ans. Il était Chevalier de la Légion d’Honneur.
Dans un communiqué, le diocèse d'Amiens a annoncé que les obsèques auront lieu le jeudi 11 juin 2020 à 10h00 en la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens. 

 

Par Pierre-André Delbecq

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 07:38
© 2020 RCF - Mgr Laurent Percerou - Photo Diocèse de Moulins

© 2020 RCF - Mgr Laurent Percerou - Photo Diocèse de Moulins

Après une semaine de tension entre Gouvernement et Eglise de France les évêques se sont retrouvés ce lundi 4 mai 2020. L'occasion pour Mgr Laurent Percerou de lancer un message d'apaisement.

Une semaine après l'annonce du Premier Ministre les évêques de France se sont retrouvés ce lundi 4 mai pour une assemblée plénière en visioconférence. L'occasion pour les représentants des Diocèses d'échanger sur les tensions qui ont germés ces derniers jours mais aussi de préparer l'après 11 mai. Mgr Percerou, évêque du Diocèse de Moulins, parle d'un besoin "d'apaisement" et invite les catholiques à se tourner vers l'après 11 mai qui doit être "une sorte de recommencement".
 

"Le gouvernement n'a pas de volonté de porter atteinte à la liberté des cultes"

Si l'évêque du Diocèse de Moulin partage la déception de ne pas pouvoir de nouveau célébrer avec les fidèles dès le 11 Mai il invite les catholiques à faire preuve de mesure et lance un appel à l'apaisement. "Le gouvernement n'a pas la volonté de nous bâillonner" insiste Mgr Laurent Percerou avant de rappeler que "nous ne sommes pas en période de persécution, nous sommes en période de pandémie". Une position que partage Mgr Eric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des Evêques de France a expliqué que "L'Eglise n'a pas à lutter contre un ennemi extérieur, mais les catholiques doivent prendre leur part pour lutter contre un ennemi (le COVID-19) qui touche toute l'humanité et qui touche notre communauté nationale". Cette lutte les Chrétiens y ont largement contribué en étant "irréprochables" explique le Père Evêque tout en invitant les fidèles à se tourner vers l'objectif du 2 juin avec l'espoir de se retrouver légèrement avant pour la fête de la Pentecôte (Le Premier Ministre a évoqué devant les sénateurs la possibilité de laisser des cérémonies se dérouler à partir du 29 Mai, si le niveau de l'épidémie le permet).
 

Voir le 11 Mai comme un recommencement

Si le 11 Mai les célébrations ne pourront toujours pas se dérouler en présence des fidèles Mgr Laurent Percerou insiste sur le fait que la vie spirituelle ne s'est pas arrêtée et que le déconfinement progressif permettra de se déplacer dans les Eglises pour "retrouver un début de vie communautaire et fraternelle en petite équipe". Les bénévoles et les prêtres pourront de nouveau se retrouver en équipe de 10 personnes maximum pour "prier ou préparer la rentrée" et voir comment "relancer la catéchèse pour les enfants même si cela sera compliqué. Mais on devrait pouvoir y arriver" précise l'évêque de Moulins. "Il faut donc voir cette date comme une première étape et nous redonner de l'Espérance et de la Joie si, ce que je n'espère pas, nous l'avions un peu perdu".
 

Prudent sur les messes "à la maison"

A l'occasion de cette visioconférence les Evêques de France ont aussi évoqué la possibilité de dire la messe directement au coeur des maisons des fidèles. Des messes domestiques qui "questionne" Mgr Percerou qui rappelle que la "Messe à une dimension publique, elle ne doit pas être privée" et de rappeler qu'il sera difficile de "choisir" les familles qui pourront profiter de la Messe. "Si nous pouvons comprendre que cela soit possible pour accompagner les personnes mourantes, handicapées, c'est plus difficile pour les personnes valides" avant de préciser que c'est "L’église qui est le lieu ordinaire du rassemblement Eucharistique".


Stéphane Longin 

 

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