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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 07:23
Mgr Vingt-Trois à Paris le 19 septembre 2017. / Bruno LEVY/CIRIC pour La Croix

Mgr Vingt-Trois à Paris le 19 septembre 2017. / Bruno LEVY/CIRIC pour La Croix

Le cardinal André Vingt-Trois, qui aura 75 ans le 7 novembre, quittera ses fonctions d’archevêque de Paris dans quelques semaines. Dans un entretien exclusif à La Croix, il explique quel rôle doivent jouer les chrétiens dans une société française qui s’apprête notamment à débattre d’enjeux éthiques comme la PMA.

La Croix : Selon vous, qu’est-ce qui a le plus changé dans l’Église depuis vos premiers pas comme évêque auxiliaire de Paris, il y a près de trente ans ?

Cardinal André Vingt-Trois : Le bouleversement principal réside dans le fait que, dans la société française, les traces du christianisme se sont insensiblement réduites. De ce fait, le particularisme du christianisme, par rapport aux autres grands courants de pensée, apparaît de manière plus marquée. C’est ce que le cardinal Ratzinger appelait le passage d’un « christianisme sociologique » à un « christianisme de choix ». Il y avait autrefois une certaine transmission culturelle de convictions chrétiennes, dont on ne percevait plus toujours la racine, mais qui faisaient partie du socle commun de la culture occidentale. Désormais, on n’est plus simplement chrétien parce que l’on naît dans une culture chrétienne, mais parce que l’on choisit de l’être.

Cette évolution a une conséquence très forte, non pas pour la survie de l’Église qui n’est pas en question, mais pour la manière dont les catégories les moins armées culturellement peuvent accéder au christianisme. Ceux qui ont les moyens de comparer, peuvent exercer leur libre discernement. Mais les autres, non. D’où la perte d’une sorte de christianisme populaire, qui se rattachait à une forme de ritualité sociale. Dès lors que celle-ci se dissout, le christianisme populaire se trouve dévitalisé. Il faut donc retrouver des médiations culturelles pour rejoindre ceux qui ont le moins de facilités à entrer en contact avec l’Évangile.

Est-ce précisément le conseil que vous donneriez à l’Église de France ?

Card. A.V-T. : Oui, car cette évolution du catholicisme, conjuguée à la faiblesse des moyens dont dispose l’Église, comporte un risque : celui de consacrer l’essentiel des forces de l’Église à fortifier ceux qui ont choisi, d’autant qu’ils expriment de nombreux besoins. Tout ceci ne laisse guère de marge pour des initiatives en direction de ceux qui n’ont pas choisi le christianisme, non pas parce qu’ils le rejettent mais parce qu’ils n’ont pas eu les éléments du choix. Cela me paraît l’évolution la plus sensible, qui va d’ailleurs de pair avec une fracture culturelle et sociale dans la société elle-même.

À Paris, vous avez poursuivi l’élan de la nouvelle évangélisation, en compagnie d’autres capitales européennes. Quel peut-être le visage du christianisme dans les grandes métropoles ?

Card. A.V-T. : Le christianisme ne doit pas se réduire au patrimoine des églises. Il faut montrer de manière visible la vitalité des communautés chrétiennes. D’où l’idée de créer un événement manifestant que les grandes métropoles ont aussi quelque chose à échanger sur le christianisme. Au-delà de leurs différences, elles ont en commun une vie sociale dans laquelle le christianisme risque d’être enfoui et imperceptible. À mon arrivée à Paris en 2005, un an après Toussaint 2004, c’est cette intuition que j’ai développée. Si l’on dit que l’Église peut trouver une place dans la société du XXIe siècle, ce ne peut être que si les chrétiens trouvent leur mode d’intervention dans la vie de cette société, s’ils assument vraiment leur foi chrétienne.

La raréfaction du nombre de prêtres ne nuit-elle pas à cette visibilité ?

Card. A.V-T. : Si les prêtres faisaient la visibilité de l’Église, cela se saurait ! Évidemment, il n’y a pas de communauté chrétienne sans pasteur. Mais si je prends une référence personnelle, lorsque j’ai commencé mon ministère dans une paroisse parisienne, nous étions une dizaine de prêtres. Aujourd’hui, ils ne sont plus que deux ou trois. La paroisse n’est pas moins missionnaire qu’elle ne l’était il y a quarante ans ! La mise en œuvre des conseils pastoraux, que j’ai soutenue, permet précisément de faire reposer les décisions autrement que sur la seule initiative du prêtre.

Sauf à les mener à l’usure complète, on ne peut pas compter uniquement sur un nombre restreint de prêtres. La fécondité et la visibilité de l’Église ne peuvent être réduites à leur seule activité, sinon on va droit dans le mur ! Ce qui compte, c’est la capacité du prêtre à coordonner, stimuler, entraîner, apporter une nourriture spirituelle qui va permettre aux chrétiens de prendre des initiatives et de les mener à bien.

Comme archevêque de Paris et président des évêques de France, vous avez souvent exprimé les positions de l’Église. Dans une société déchristianisée, comment peut-elle se faire entendre ?

Card A.V-T. : Le principal n’est pas de parler ! Certes, dans une situation de pluralisme, comme la nôtre, il est important que nos références, nos convictions soient énoncées publiquement. Ce peut être la mission d’un évêque, de l’archevêque de Paris, ou de la conférence épiscopale. Le propos doit être exprimé clairement, non pas dans l’illusion que tout le monde va faire ce que l’on a dit, mais avec la conviction que les chrétiens, eux aussi, ont besoin de l’entendre dire. Car la communauté chrétienne forme un ensemble très diversifié : entre les convaincus, profondément attachés à la mise en œuvre de la parole de Dieu, et les sympathisants plutôt bienveillants, il existe une grande marge.

Mais cette expression claire et forte de nos convictions ne résout aucun problème ! Elle plante seulement un étendard signifiant « attention, terrain miné ou fragile ». L’essentiel, ce n’est pas l’étendard, mais la manière dont se comportent les chrétiens, la cohérence entre leurs discours et leurs choix. Ce qui va changer la société, ce ne sont pas les déclarations de l’archevêque de Paris, mais la manière dont les chrétiens vivent de l’Évangile dans leurs choix et en témoignent.

Concernant la PMA, on a cependant le sentiment que le combat est perdu d’avance pour les chrétiens…

Card A.V-T. : D’abord, reconnaissons que la médiatisation de la question n’est pas honnête. Toute la complexité de l’avis du Conseil national d’éthique (CCNE) sur le sujet est passée à la trappe dans le compte rendu qu’en ont fait la plupart des journalistes, qui se sont contentés de dire que le CCNE avait donné son accord. C’est malhonnête, on traite une question dont les enjeux humains sont considérables comme s’il n’existait pas d’enjeux.

Pour moi, le plus important, c’est de savoir quel regard porter sur l’enfant. Est-il un objet qui doit satisfaire un désir ou un besoin ? Ou bien une personne qui a ses propres droits ? On crée des procédures qui sont objectivement des procédures de chosification de l’enfant. Il ne s’agit pas de porter un jugement sur le fait que des personnes prises individuellement soient capables d’élever un enfant. Ce n’est pas le problème ! La loi n’a pas à gérer des cas particuliers, elle doit dire quelque chose pour l’ensemble de la société. Dans le cas présent, on affirme qu’un enfant peut vivre sans avoir de référence paternelle même symbolique, sans connaître ses racines et savoir d’où il vient.

Ensuite, si on prend en considération l’argument de l’égalité pour justifier l’accès des couples de femmes à la PMA, on aboutit logiquement à la possibilité de la gestation pour autrui (GPA). Lorsque les femmes en couple auront le droit d’avoir des enfants, les hommes vont le revendiquer pour eux, sans que l’on ne se pose la question des moyens mis en œuvre pour satisfaire ce désir.

Il faut sensibiliser les responsables politiques au travail qui avait été fait lors de la première révision des lois de bioéthique en 2009. Si la révision de 2018 veut changer quelque chose, il faut qu’elle prenne des moyens correspondants. Et en particulier que les positions divergentes ne soient pas caricaturées sur l’échiquier du modernisme et du conservatisme.

Le pape François a entrepris une profonde réforme de l’Église, notamment avec Amoris laetitia pour la morale familiale. Mais certains craignent une forme de relativisme, conduisant à accepter toutes les situations dans lesquelles vivent les chrétiens, sans tenir compte de la morale chrétienne…

Card A.V-T. : Le pape nous dit simplement l’importance de prendre en compte les situations qui existent. Il ne faut pas oublier qu’il est jésuite, et donc qu’il aborde la réalité dans le dynamisme de la conversion spirituelle des exercices de saint Ignace. Il commence par écouter ce que disent les gens, ce qu’ils font. Puis il exerce un discernement spirituel, pour peser tout cela devant le Seigneur.

Si on interprète les décisions du pape François uniquement dans le registre organisationnel, on n’y comprend rien. Pour comprendre le pape, il faut se placer sur le terrain du discernement spirituel. L’enjeu, pour lui, est que le plus grand nombre progresse dans la suite du Christ, chacun devant faire un choix. Personne ne pourra éviter à personne la question de sa conversion personnelle : on peut avoir des dispositifs canoniques, des règlements, mais la liberté des hommes se joue dans leur conversion.

Concernant l’Église universelle, comment comprenez-vous les résistances de certains catholiques au pape François ?

Card A.V-T. : Pour une part, face à sa volonté de réformes structurelles, les résistances sont institutionnelles, phénomène assez classique lorsqu’on veut changer les pratiques d’une organisation. Par ailleurs, pour nous, Occidentaux, elles s’expliquent aussi par notre culture « technicienne », où l’action est toujours conditionnée par la théorie. « Jésus nous ayant donné la théorie, nous saurions ce qu’il faut faire », pensent certains. « Puisque la théologie, vue comme une théorie, a dit ça, la pastorale, vue comme une application pratique, doit le faire ». C’est très réducteur pour la théologie et aussi pour la pastorale. Nous avons besoin de nous réapproprier des critères de discernements pastoraux qui ne soient pas seulement théologiques.

Une question plus personnelle, pour finir. Comment avez-vous assumé cette lourde charge durant tant d’années ?

Card A.V-T. : J’ai la conviction que ce n’est pas moi qui décide, et surtout que ce n’est pas moi qui conduis les âmes et les cœurs. Je ne change pas les gens et la réalité tout seul, il faut accepter d’être l’instrument de quelqu’un d’autre. Je ne suis pas capable de mesurer ce qui vient de moi dans ce que j’apporte, et ce qui vient de Dieu. De plus, dans une société anxiogène, mon rôle d’évêque, c’est d’apporter la sérénité et la paix. Les diocésains n’ont pas besoin d’un excitateur de plus, mais d’un père qui résiste aux événements, qui manifeste qu’il y a une stabilité qui nous dépasse.

La maladie, dont vous avez souffert en début d’année, vous a-t-elle changé  ?

Card A.V-T. : Elle m’a fatigué et rendu moins capable de faire face à certaines exigences. Je me suis trouvé dans la situation de partager la dépendance d’un certain nombre de personnes, en raison de l’âge, de la maladie, et d’éprouver dans ma vie la limitation humaine. Je suis plus attentif à ne pas trop compliquer la tâche des autres, à ne pas être une charge excessive pour mon entourage.

Le cardinal André Vingt-Trois en quelques dates

• 7 novembre 1942. Naissance à Paris.

• 28 juin 1969. Ordonné prêtre pour le diocèse de Paris.

• 1969-1974. Vicaire à la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal à Paris.

• 1974-1981. Professeur au séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

• 1981-1999. Vicaire général pour le diocèse de Paris.

• 1988-1999. Évêque auxiliaire de Paris.

• 1999-2005. Archevêque de Tours.

• 2005-2017. Archevêque de Paris.

• 24 novembre 2007. Créé cardinal par le pape Benoît XVI.

• 2007-2013. Président de la conférence des évêques de France.

Recueilli par Bruno Bouvet et Isabelle de Gaulmyn

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 07:02
Le GFU donne la possibilité de vivre sa vocation tout en ayant une vie étudiante. / Crédit Frederic Maigrot/Rea

Le GFU donne la possibilité de vivre sa vocation tout en ayant une vie étudiante. / Crédit Frederic Maigrot/Rea

J’ai participé samedi 16 septembre à l’anniversaire des 50 ans des Groupes de Formation Universitaire au Séminaire Saint Sulpice à Issy les Moulineaux (grand moment de retrouvailles et d’émotion !) en présence d’une dizaine de GFU actuels, de leurs formateurs, de quatre vingt prêtres et de quelques pères de familles qui ont vécu la formation en GFU au cours des 50 dernières années et de 5 évêques dont deux ont été membres des GFU (Laurent ULRICH, archevêque de Lille et Pascal ROLLAND, évêque de Belley Ars). J’ai été moi-même « en GFU » d’octobre 1969 à août 1973 à Paris avant de rejoindre la Mission de France et d’être ordonné diacre au Carmel de Mazille le 3 juillet 1976 et prêtre au Centre Œcuménique Saint Marc à Grenoble le 4 février 1978.

Le groupe de formation universitaire (GFU), qui permet aux jeunes de mener de front les études et le séminaire, fête samedi 16 septembre ses 50 ans.

Quand Maxime Begyn, étudiant en master de philo à Lyon, a rencontré pour la première fois son évêque pour lui faire part de son envie de devenir prêtre, il n’avait que 17 ans. « L’évêque m’a écouté pendant deux heures… J’étais encore au lycée, j’avais ressenti un appel très jeune mais je voulais quand même entreprendre des études profanes. » Quinze jours plus tard, l’évêque le rappelle et lui propose de devenir « GFU ». Un nom de code bien connu dans l’Église de France, pour « Groupe de formation universitaire ».

Ce parcours sur mesure pour les étudiants désirant devenir prêtres sans pour autant abandonner leur cursus est né il y a tout juste cinquante ans, sous les auspices de la Mission de France et des mouvements d’action catholique. « À l’époque, en 1967, le nombre de séminaristes était en chute libre et les évêques avaient décidé de fermer les petits séminaires, raconte le père Emmanuel Goulard, supérieur du séminaire GFU. Le GFU a donc été pensé comme un lieu de discernement et de première formation tout en poursuivant des études universitaires. »

« Éprouver la vocation en partageant le quotidien des gens »

Une spécificité française qui, en un demi-siècle, a fait son petit bonhomme de chemin. S’ils représentaient une centaine de séminaristes quand le père Bruno Cazin, vicaire général du diocèse de Lille et médecin, a bénéficié de ce parcours au début des années 1980, on compte aujourd’hui 17 GFU dans tout le pays, pour quatre à cinq nouvelles entrées chaque année.

Un recrutement plutôt constant ces dernières années, dont la courbe épouse celle de l’ensemble des vocations. Mais pour le spécialiste en hématologie, ce parcours garde toute sa raison d’être. « C’est à l’hôpital que j’ai appris le Christ et l’Évangile et c’est pour ça que j’y suis resté, poursuit le père Cazin. Le parcours GFU permet aux étudiants ou aux jeunes professionnels d’éprouver leur vocation en partageant le quotidien des gens. »

« Faire entre deux vies, voire trois, en une »

Un séminaire hors les murs, en somme, où se conjuguent pleinement vie de séminariste et vie d’étudiant en attendant de rejoindre, diplôme d’ingénieur ou de philo en poche, le cursus classique de théologie conduisant à la prêtrise. « Tout l’enjeu est de faire entrer deux vies, voire trois, en une », résume Maxime Begyn.

L’étudiant en philo enchaîne dans une même journée les temps de prière dans son logement ou dans le train, les cours sur le campus, la participation à une messe quotidienne et l’animation de l’aumônerie des jeunes à la paroisse de Montluel (Ain). Sans compter les week-ends mensuels de formation et les diverses retraites pour GFU encadrées par des prêtres accompagnateurs. Pas toujours facile, dans ces conditions, de trouver du temps pour les soirées étudiantes.

« Grâce à cette formule, j’ai rencontré des gens, y compris des amitiés féminines, que je n’aurais jamais croisés dans un séminaire classique, poursuit Maxime. Mais cette plus grande liberté requiert une certaine cohérence : par exemple, je ne vais pas dans les soirées étudiantes pour emballer les filles… Cette unité entre plusieurs vies préfigure les situations réelles qui m’attendent si, un jour, je suis ordonné prêtre. »

 

Samuel Lieven

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 09:28
La charge de l’évêque : Présider aux trois missions de l’Église

Pour le service du diocèse aux Armées Françaises, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, assisté de Monseigneur Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, et de Monseigneur Emmanuel Lafont, Évêque de Cayenne, en présence de Monseigneur Luigi Ventura, nonce apostolique en France, a conféré la consécration épiscopale à Monseigneur Antoine de Romanet de Beaune, prêtre du Diocèse de Paris, en la cathédrale Notre-Dame de Paris le dimanche 10 septembre 2017. A l’occasion de cette ordination, monseigneur Bernard-Nicolas AUBERTIN nous redit les trois missions de l’évêque :

Les Pères du Concile Vatican II ont présenté la triple mission des évêques : mission d’enseignement, mission de sanctification,  mission de gouvernement[1]. Cette triple mission doit être exercée à la manière du Pasteur suprême, le Christ  qui s’est présenté lui-même sous la figure du serviteur. C’est donc comme serviteur que l’évêque est appelé à  exercer sa mission.

Serviteur de la Parole

L’écoute de la parole de Dieu est l’attitude fondamentale de tout disciple du Christ. L’évêque, avant d’être ce docteur dont la cathèdre est le signe, doit donc se faire disciple. Il lui faut se mettre à l’écoute de cette Parole qu’il a pour mission de transmettre, partager, commenter, expliquer. L’évêque ne peut être le garant de la foi que s’il est profondément nourri de l’Évangile, que s’il est comme « informé » par l’Évangile. Lors de son ordination, l’évêque porte l’évangéliaire sur ses épaules. N’est-ce pas pour signifier que l’Évangile fait partie de sa vie et qu‘il doit vivre en porteur de cette Parole qui n’est pas seulement la sienne mais celle du Christ et de l’Église ?

Serviteur du Christ et de l’Église

L’évêque doit l’être dans la célébration des sacrements. À plusieurs reprises au cours de la célébration de l’ordination d’un évêque, celui-ci est appelé « intendant des mystères du Christ ». L’intendant n’est pas le propriétaire des biens mais leur gérant, leur dispensateur, à l’image du Christ  « dispensateur de tout bien ». L’évêque est au service de l’Église et en particulier de cette portion d’Église qui lui est confiée. Il lui appartient donc d’appeler, de former et d’ordonner des collaborateurs pour que l’Évangile soit annoncé, pour que la grâce du Christ soit largement et justement partagée dans les sacrements afin que chacun soit nourri et conforté dans sa marche vers le Royaume.

Serviteur du peuple

Serviteur, l’évêque l’est également dans l’exercice de sa charge de gouvernement. Serviteur du peuple qui lui est confié, l’évêque doit se faire proche de tous, à l’image du bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Ne nous y trompons pas cependant. Si l’autorité est un service elle demande à la fois  force, courage, fermeté, délicatesse et amour vrai. Je n’oublie jamais cette recommandation de saint Benoît de  ne pas donner « une fausse paix », c’est-à-dire faire comme s’il n’y avait pas de problème, comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes…. Gouverner c’est discerner, décider dans le respect de chacun mais toujours en vue du bien de tous.

Diacre, serviteur, l’évêque le demeure dans l’exercice de sa triple mission. Que le Christ serviteur et bon pasteur soit toujours sa force et son modèle.

Par Bernard-Nicolas Aubertin, Archevêque de Tours et président de la Commission épiscopale de liturgie

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[1] Constitution sur l’Église Lumen gentium  et le Décret Christus dominus sur la charge pastorale des évêques.

 

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 07:00
15.000 personnes rassemblées au stade Yves Du Manoir à Colombes ce dimanche 11 juin pour les 50 ans du diocèse de Nanterre

La célébration du 50e anniversaire de la création du diocèse de Nanterre sera marquée ce dimanche 11 juin par des festivités à Colombes. Entretien avec le Père Hugues de Woillemont, vicaire général du diocèse de Nanterre.

Pouvez-vous nous parler du diocèse de Nanterre ?

Le diocèse de Nanterre est né en 1966 après la création des départements de la ceinture parisienne (1964). Il correspond au département des Hauts-de-Seine, de la taille de l’île d’Oléron (176 km2) où vivent 1,6 millions d’habitants. Sainte-Geneviève (née en 420 à Nanterre) est la sainte patronne de notre diocèse, marqué également par d’autres figures : Saint Clodoald, Saint Vincent de Paul, l’abbé Frantz Stock ou l’abbé Guérin… Le département compte 36 communes et il y a actuellement 50 curés. 175 prêtres sont en mission dans les paroisses, dont 125 de moins de 75 ans. Une cinquantaine de diacres permanents, 235 laïcs en mission ecclésiale dont 71 chefs d’établissements catholiques, et des milliers de baptisés ! Monseigneur Michel Aupetit, l’évêque actuel est le quatrième évêque de Nanterre. Notre diocèse a vécu un synode marquant en 1990-1992, «A cause de l’Évangile» qui a beaucoup œuvré pour une bonne collaboration entre ministres ordonnés et laïcs.

Quels sont les enjeux de ce rassemblement ?

Nous avons besoin de temps qui marque une vie personnelle et collective. Nous souhaitons que ce rassemblement marque la vie du diocèse et des participants, comme celles et ceux absents qui seront associés, je pense aux détenus de la prison qui célèbreront à leur manière ce Jubilé. Ce rassemblement se situe à la fin d’une année jubilaire avec différentes propositions : formations des laïcs avec un livret sur l’Église, Festival de la Fraternité (dans l’esprit de Diaconia) dans quatre lieux du diocèse, pèlerinage fluvial de Sainte Geneviève, concert Hopeteen ; tout au long de l’année, une paroisse a accueilli une statue de Sainte Geneviève, occasion de nous visiter les uns les autres. L’esprit de l’année des 50 ans était beaucoup autour de la Visitation, sortir de sa communauté pour rencontrer d’autres, se connaître, se découvrir… Ce rassemblement permettra ainsi de faire la fête, de se rencontrer, de louer le Seigneur. Que nous ayons la joie d’être disciple pour être missionnaire.

Quels sont les points forts du diocèse de Nanterre ?

Une population urbaine nombreuse, assez jeune, des paroisses vivantes grâce à l’engagement de très nombreux laïcs, une bonne collaboration des membres du Corps ! Des personnes engagées dans la pastorale des jeunes, de la santé, les mouvements caritatifs : par exemple, une belle mobilisation des paroisses pour l’accueil des réfugiés et des migrants. Des laïcs qui se forment.

Quelles sont les difficultés rencontrées par le diocèse ? Et d’où viennent-elles ?

Les populations se renouvellent rapidement dans les communes et il est difficile de fidéliser pour un engagement, avec des difficultés de travail et de vie conjugale et parentale. Des rythmes de vie qui s’accélèrent. Difficulté de se loger. Notre département est marqué par de grandes disparités sociales avec des villes très riches et d’autres très pauvres : pour le diocèse, l’enjeu est plus de solidarité entre les paroisses, solidarité financière et humaine. Comment rejoindre « les travailleurs nomades », qui sont 600 000 à venir travailler dans le département quotidiennement ?

Quelles orientations pour demain ?

Monseigneur Michel Aupetit arrivé il y a un plus de trois ans a publié en octobre 2016 une lettre pastorale intitulée : «Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie», dans laquelle il nous invite à un élan missionnaire, se déployant en particulier dans trois domaines : la solidarité et la diaconie, la famille et la jeunesse.

Pourriez-vous nous informer du programme des célébrations ?

Le rassemblement diocésain du dimanche 11 juin sera un temps festif et de rencontres. Le thème en est : « Votez pour Jésus, Tous élus par le Christ. » Nous serons rassemblés au stade Yves du Manoir à Colombes, bien connu des rugbymen car le Racing 92 s’y entraîne ! Il a été demandé qu’il n’y ait pas de célébration de la messe dans les paroisses le dimanche matin pour favoriser la participation de tous. Au cours de la messe, seront célébrées 300 confirmations d’adultes, afin de manifester l’envoi en mission de tous les baptisés; le déjeuner sera l’occasion de proposition très variées pour tous les âges : jeux, expression artistique, chants, danses … L’après midi, un spectacle permettra de revisiter les 50 ans du diocèse et de faire découvrir les talents d’aujourd’hui à travers des témoignages, des vidéos et des artistes…

Propos recueillis par E. DELANOË

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 07:12
Des prêtres appréciés, mais à l'image affectée par les scandales de pédophilie

83% des Français, autant qu'il y a deux décennies, considèrent le prêtre comme "un homme d'écoute" / AFP/Archives

Les prêtres catholiques restent globalement appréciés des Français, mais la perception de leur utilité sociale est en baisse et leur image affectée par les scandales de pédophilie, selon un sondage Ifop publié vendredi dans le quotidien La Croix.

Selon cette enquête réalisée pour la quatrième fois depuis son lancement en 1993, l'image du prêtre est globalement stable: 83% des Français, autant qu'il y a deux décennies, le considèrent comme "un homme d'écoute".

Ils sont même plus nombreux aujourd'hui qu'en 1993 (50% contre 39%) à voir en lui "un homme heureux, épanoui".

En revanche, la perception de l'utilité sociale du prêtre est en baisse constante dans un pays largement sécularisé: si 71% des Français le jugeaient "nécessaire à la société" en 1993, ce chiffre tombe à 56% aujourd'hui (68% en 1996, 64% en 1999).

Et si 76% des Français, toutes tranches d'âge confondues, déclarent avoir été en contact avec un prêtre au cours de leur vie, ce n'est le cas que d'une petite majorité (51%) des 18-24 ans.

En outre, pour deux tiers (65%) des Français - et même 70% des 35-49 ans et des catholiques non-pratiquants -, l'image des prêtres a été "affectée" par les affaires de pédophilie qui ont secoué l’Église de France ces derniers mois.

La France compte environ 11.000 prêtres diocésains (dépendant des diocèses) - soit presque deux fois moins qu'il y a vingt ans - dont à peine la moitié sont encore en activité (moins de 75 ans).

Enquête menée par questionnaire auto-administré en ligne du 28 avril au 3 mai auprès d'un échantillon de 2.000 personnes âgées de 18 ans et plus, dont la représentativité est assurée par la méthode des quotas. La marge d'erreur se situe entre 1 et 2,2 points.

afp

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 21:50
Jubilé des Soeurs de Jésus au Temple à Vernon ce mercredi 31 mai

Un grand moment de joie et « d’action de grâce » que cette fête du jubilé des sœurs de Jésus au Temple à Vernon (Eure) ce mercredi 31 mai.
La chapelle des sœurs pleine à craquer. Une assemblée joyeuse. Une chorale Africaine entrainante, des you-yous appuyés, une procession des offrandes « chaloupée » conduite par une délégation de sœurs Africaines venues de côte d’ivoire et du Burkina Faso ! J’ai bien cru que notre évêque allait se laisser entrainer !

Le plus impressionnant : des sœurs les plus jeunes fêtaient leurs 50 ans de profession solennelle, d’autres leurs 60 ans ou leurs 70 ans. Une sœur fêtait ses 80 ans ! Elle avait fait profession à l’âge de 19 ans en 1937. Elle a aujourd’hui 99 ans ! A 68 ans je suis vraiment pour elle un gamin !

A une époque où l’engagement pose problème, quel témoignage inouï !

Dieu bénit !

Merci

 

Denis

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 06:21
Episcopat belge: Une lettre pastorale d’une grande ouverture

Ce 24 mai, les évêques de Belgique publient une lettre pastorale portant sur l’exhortation apostolique Amoris Laetitia. Un texte d’une grande ouverture, qui s’inscrit totalement dans la ligne proposée par le pape François. Avec un maître-mot: le « discernement ».

La lettre pastorale des évêques belges est le fruit d’une longue et profonde analyse de l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia (« La Joie de l’amour »), qui traite de l’amour dans la famille et qui a été publiée par le souverain pontife dans la foulée des deux synodes sur la famille qui se sont tenus à Rome, en 2014 et 2015. La lettre pastorale des évêques, adressée à tous les prêtres, diacres, animateurs et animatrices pastoraux, donne des clés de lecture du texte.

Ils rappellent tout d’abord qu’Amoris Laetitia explique en quoi le mariage et la famille sont si précieux et pourquoi l’Eglise y a toujours attaché tant d’importance. Le mariage est avant tout un sacrement, c’est-à-dire « un signe visible – aussi imparfait soit-il – de l’amour et de la fidélité de Dieu », écrivent les évêques.

Un « catéchuménat du mariage »

Citant de larges passages de l’exhortation apostolique, nos évêques se demandent comment les idées et les impulsions d’Amoris Laetitia peuvent être fécondes pour l’Eglise dans notre pays. « Telle est aussi la raison pour laquelle nous nous adressons dans cette lettre à tous ceux qui exercent une responsabilité pastorale dans notre communauté d’Eglise et en particulier aux responsables de pastorale familiale », poursuivent-ils.

Que retiennent les évêques belges d’Amoris Laetitia pour la pastorale des couples et des familles? Dans leur lettre, ils mettent en évidence trois axes: la préparation au mariage, l’accompagnement des familles et l’attitude à adopter à l’égard de personnes dont la relation s’est brisée.

Pour le premier point, les évêques admettent qu’aujourd’hui, être chrétien et se marier, surtout religieusement, ne vont plus de soi. Ils invitent cependant les acteurs de la pastorale des couples à accueillir ceux qui veulent s’engager dans le sacrement de mariage, mais surtout à les accompagner et à les aider à discerner ce que signifie le mariage religieux. Ils en appellent donc à la mise en place d’un « catéchuménat de mariage », véritable cheminement d’approfondissement de la foi. Tout en admettant que tous les couples ne demandent pas une préparation aussi intense, ils mettent néanmoins en garde face à une approche trop minimaliste. Et de poser un premier appel au discernement: « Cette préparation ne peut ni ne doit se passer partout de la même manière. » Toutefois, les évêques émettent le souhait qu’au moins trois moments de préparation aient lieu: que signifie être chrétien aujourd’hui?, que signifie un mariage et un foyer chrétiens? et la préparation de la liturgie du mariage.

En matière d’accompagnement des couples et des familles, les évêques belges démontrent leur pleine connaissance des réalités actuelles. Ainsi, ils sont conscients que, dans toujours plus de familles, les deux partenaires ne sont pas nécessairement croyants ou chrétiens. « Cela n’empêche aucunement leur engagement dans l’amour et la fidélité », insistent-ils. Pas question, ici, de donner des lignes directrices générales mais plutôt d’encourager des initiatives rassemblant la famille au sens large (parents, enfants, grands-parents, etc.). Lucides sur la beauté du mariage mais aussi sur sa fragilité, nos évêques appellent à soutenir, avec l’aide des communautés locales, les jeunes couples, « surtout lorsque leur relation entre en crise ». Ils n’omettent pas de décrier les situations qui peuvent contribuer à fragiliser la relation de couple, telles la misère, le souci des enfants, la perte de travail ou la pression psychologique. Ils demandent donc aux prêtres, diacres et autres responsables pastoraux d’être attentifs à ces situations.

Dans la foulée, la lettre pastorale aborde un sujet sensible: l’attitude à l’égard des personnes dont le couple s’est brisé. Un point où beaucoup attendent nos prélats « au tournant ». Et là, la position adoptée est empreinte d’une grande ouverture, marquée par ce leitmotiv qu’est le discernement. Un mariage qui échoue a des conséquences multiples pour toute une série de personnes: les époux, bien sûr, les enfants, la famille, voire les amis. « Notre mission est et reste de soutenir les personnes, de les accompagner et de rester en lien avec elles. »

Divorcés et divorcés remariés: trois concepts de base

Les évêques n’éludent pas la délicate question de la communion pour les personnes divorcées remariées, un thème qui est abordé explicitement dans le chapitre huit d’Amoris Laetitia. S’ils précisent que « l’indissolubilité du mariage appartient au trésor fondamental et irrévocable de la foi de l’Eglise », ils soulignent aussi que, pour le pape, toutes les situations ne devraient pas être abordées de la même manière. Sans détour, ils réaffirment que les divorcés remariés font partie de l’Eglise, précisant que, dans cette problématique, le pape François a placé le discernement nécessaire comme concept central dans l’approche à adopter. Clairement, l’épiscopat belge adopte une position d’ouverture sur les propos du pape: « On ne peut donc pas décréter que tous les divorcés remariés peuvent être admis à la communion. On ne peut pas non plus décréter qu’ils en sont tous exclus. Le cheminement de chaque personne demande le discernement nécessaire en vue d’une décision pastorale prise en conscience. » Il ajoute que toute la pastorale doit être orientée autour de trois concepts de base: l’accompagnement, le discernement et l’intégration. Les évêques demandent à ce que, dans cette démarche de discernement, les personnes puissent compter sur un accompagnement pastoral, sur un dialogue avec un prêtre, un diacre ou un autre agent pastoral.

« Amoris Laetitia ouvre bien clairement une porte aux divorcés remariés pour qu’ils puissent recevoir l’aide des sacrements. Mais cette décision, ils ne peuvent – pas plus que les autres croyants – la prendre à la légère », écrivent les prélats de notre pays, appelant à relire ce que le pape avance comme critères. « Dans une telle démarche de discernement, juger en conscience est important de la part des personnes impliquées, tout comme des responsables pastoraux. »

Enfin, les membres de l’épiscopat belge soulignent le poids que le pape François reconnaît à la décision prise en pleine conscience par les croyants: « (…) Nous sommes appelés à former les consciences, mais non à prétendre nous substituer à elles. » (AL 37)

Indiquant qu’une démarche de discernement ne conduit pas à un oui ou un non automatique à pouvoir communier, les évêques admettent qu’il se peut aussi que quelqu’un décide en conscience de recevoir l’Eucharistie. Et la réponse est évidente pour eux, à la lumière d’Amoris Laetitia: « Cette décision mérite aussi le respect. Entre le laxisme et le rigorisme, le pape François choisit la voie du discernement personnel et d’une décision prise soigneusement et en conscience. »

Et de conclure en précisant que, comme évêques de notre pays, ils veulent exprimer leur reconnaissance pour Amoris Laetitia et pour le chemin qu’indique le pape François pour l’Eglise: « ne pas renoncer au bien possible, même si elle court le risque de se salir avec la boue de la route’. » (AL 308)

Jean-Jacques Durré

 

Lire la Lettre pastorale des évêques de Belgique

 

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 20:35
Le cardinal Barbarin et Gérard Collomb. Photo archives Joël Philippon

Le cardinal Barbarin et Gérard Collomb. Photo archives Joël Philippon

L’archevêque de Lyon estime que le nouveau ministre, chargé des Cultes, « a compris, mieux que d’autres, que la laïcité ne se construisait pas en opposition » avec les religions.

Sollicité par Le Progrès, l’archevêque de Lyon a accepté de réagir, ce mercredi, à la nomination de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur, où ce dernier sera également chargé des Cultes.

"Voir le maire de Lyon s’éloigner de notre ville est un regret bien sûr, mais c’est une joie de le voir devenir aujourd’hui ministre de l’Intérieur et des Cultes", se félicite le cardinal Barbarin, en insistant sur l'apport de Gérard Collomb au dialogue dans cette ville où il avait créé, à la mairie, le groupe "Concorde et Solidarité", réunissant tous les responsables religieux de la ville autour du maire.

"A Lyon, il a favorisé un vrai climat de concorde et de solidarité et j’espère de tout cœur qu’il saura élargir cet esprit à tout notre pays. Il a compris mieux que d’autres que la laïcité ne se construisait pas en opposition avec les cultes, ni même en leur absence, mais dans un dialogue franc et confiant avec les croyants, celui–là même qui permet aussi de dire nos désaccords."

L'archevêque de Lyon évoque plusieurs souvenirs personnels. "Je me souviens de Gérard Collomb disant à l’approche de la guerre du Golfe que sa ville n’avait rien à craindre des religieux, mais qu’elle avait tout à gagner à ce qu’un juif soit vraiment juif, un chrétien vraiment chrétien et un musulman vraiment musulman. Je me rappelle aussi avec émotion ce communiqué que nous avions signé avec les responsables juifs, chrétiens et musulmans de Lyon, alors que la France connaissait un climat de violence, après l’avoir rencontré : « Le paysage est moins beau lorsqu’on ne voit plus le ciel. »"

Le cardinal Barbarin "souhaite au nouveau ministre de l’Intérieur et des Cultes la force intérieure pour prendre les décisions qui seront nécessaires en faveur de la paix et de la sécurité", avant de conclure par ces mots : "Je l’assure simplement de ma prière pour ses lourdes responsabilités."

Nicolas Ballet

www.leprogres.fr

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 21:37
En Algérie, Bernard Cazeneuve salue à travers Mgr Vesco une « Église citoyenne »

En visite à Alger, le premier ministre a remis la légion d’honneur à l’évêque d’Oran.

Dans son discours, très personnel mais non dénué d’humour, il a salué la variété de ses engagements et son attachement à « cette terre » algérienne.

Une Église « réfractaire à tout prosélytisme » et orientée vers « les plus démunis, notamment vers les migrants sub-sahariens et vers les malades ». Une Église qui souhaite « connaître et comprendre la société algérienne, ses combats, son histoire sa culture ». Une Église qui « se veut profondément ’citoyenne’ », et le prouve à travers ses bibliothèques...

En remettant à Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran, les insignes de la légion d’honneur mercredi 5 avril, Bernard Cazeneuve lui a témoigné « la reconnaissance de la République » pour son action « continue en faveur du dialogue interreligieux, entre islam et chrétienté, qui coexistent depuis si longtemps en terre d’Algérie ».

Église de courage, d’amour et de paix

À travers lui, c’est, avec des mots très forts, à toute l’Église d’Algérie qu’il a souhaité rendre hommage : « Église de courage, d’amour et de paix », contribuant « au rapprochement de nos deux pays à travers la propagation des valeurs de tolérance et de respect »...

Le premier ministre français a choisi de profiter d’une visite de deux jours en Algérie – axée sur le renforcement des partenariats économiques et de la lutte antiterroriste – pour remettre cette distinction à l’évêque d’Oran, qu’il connaît et apprécie pour l’avoir rencontré à deux reprises. « En décembre 2014, lors d’une visite à Oran, sur la terre natale de mes parents », a rappelé Bernard Cazeneuve, qui avait alors découvert le chantier de restauration de l’église de Santa Cruz, sur les hauteurs de la ville. Puis en octobre 2015, à Rome, pendant le synode sur la famille.

« J’aurais des scrupules à faire le récit de votre vocation. D’abord parce qu’il s’agit d’un sujet très intime ; et aussi parce que l’on m’en a livré deux versions différentes. (...) Comme quoi, il est certains aspects de la vie de nos concitoyens que même un ancien ministre de l’Intérieur ne peut se flatter de connaître avec certitude. Il y a là quelque chose de rassurant, me semble-t-il, en ces temps où l’on redoute l’existence de ’cabinets noirs’ », s’est amusé Bernard Cazeneuve, en référence aux accusations portées par François Fillon contre l’entourage de l’actuel président de la République...

Silence de l’opinion publique internationale

Dans un discours très personnel, le premier ministre a rappelé les différentes étapes de la vie de l’évêque d’Oran : « avant de trouver la vocation du sacerdoce », lorsqu’il travaillait dans un cabinet d’avocats parisien spécialisé dans le droit des affaires, « clin d’œil du destin, ou signe de la Providence », voisin du couvent dominicain de l’Annonciation.

Lors de son arrivée en octobre 2000 en Algérie où « l’Ordre dominicain veut refonder une présence après l’assassinat de Mgr Pierre Claverie », et alors que « l’Algérie vit des heures sombres ». « Le fléau du terrorisme frappe ce pays et je sais que cette épreuve aura été d’autant plus cruelle qu’elle aura été subie, bien souvent, dans le silence d’une opinion publique internationale qui tarde alors à prendre la pleine mesure de ce qui se déroule ici. »

Rapprochement entre chrétiens et musulmans

À Béni Abbès ensuite, « là où le père Charles de Foucauld a fondé son premier ermitage » et où il apprend l’arabe. « Ce premier séjour est pour vous une révélation : l’Algérie est votre terre d’adoption et vous ne souhaiterez plus jamais la quitter », a souligné Bernard Cazeneuve. « Jusqu’à votre consécration épiscopale en la cathédrale d’Oran en 2013, vous n’aurez de cesse de développer dans ce pays l’héritage spirituel de Mgr Claverie, en appuyant le rapprochement entre chrétiens et musulmans, afin que ceux-ci vivent ensemble dans le dialogue, le respect et la fraternité ».

Au passage, le premier ministre a également souligné quelques-uns des engagements de l’actuel évêque d’Oran hors des « frontières de l’Algérie » : comme prieur provincial des dominicains de France, entre 2010 et sa nomination comme évêque en 2012, par ses « écrits et conférences publiques » qui font de lui « non seulement un acteur de l’Église en terre d’islam et un artisan du dialogue entre nos religions, mais un théologien et un réformateur ».

« Dans votre ouvrage Tout amour véritable est indissoluble, vous avez pris vigoureusement parti dans la question, délicate pour l’Église, de l’accueil sacramentel des divorcés remariés. (...) Il ne m’appartient certes pas, ni en tant que représentant de la République laïque, [ni même en tant que sujet divorcé et remarié avec la même épouse], d’avoir une opinion sur cette controverse théologique », a reconnu Bernard Cazeneuve, mentionnant seulement que la formule de Jean-Paul Vesco sur les conclusions du synode – un texte qui « nous emmène chacun un peu plus loin que là où nous pensions aller » – est « d’une certaine façon, pour le croyant, l’enjeu du dialogue interreligieux ; et pour celui qui ne croit pas, une maxime d’ouverture d’esprit et de refus des préjugés ».

À propos du souhait de l’évêque d’Oran de « demander la nationalité algérienne (...) pour témoigner du lien si fort qui vous attache à cette terre », le premier ministre a dit sa « conviction, que, si cette nationalité vous était accordée, vous n’en seriez que plus Français, si cela est possible ».

Anne-Bénédicte Hoffner

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 19:07
Portrait de Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France. Clément Mahoudeau/Ciric

Portrait de Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France. Clément Mahoudeau/Ciric

Lors de son discours d’ouverture de l’Assemblée plénière des évêques de France, à Lourdes, Mgr Georges Pontier a mis en garde, mardi 28 mars, contre le « repli sur soi » et le « dangereux regard de méfiance » porté sur les musulmans. Une manière de s’opposer au Front National sans jamais mentionner le nom du parti de Marine Le Pen.

Alerter contre la montée du Front National sans jamais le citer. C’est à cet exercice délicat que s’est livré, mardi 28 mars à Lourdes, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, en ouvrant les travaux de l’Assemblée plénière des évêques.

« Nous ne pouvons pas penser notre avenir, chacun replié sur soi-même. Certains le pensent. C’est un leurre », a martelé l’archevêque de Marseille.

Faisant l’apologie de la « fraternité » contre le « repli », Mgr Pontier a répondu indirectement à la candidate frontiste, Marine Le Pen. Il a ainsi employé un vocabulaire utilisé depuis plusieurs années par de nombreux évêques français pour s’opposer au Front National, sans jamais mentionner explicitement le nom du parti fondé par Jean-Marie Le Pen.

Hospitalité

« Ceux qui viennent chez nous et sont accueillis, peuvent s’intégrer, apporter leur savoir-faire (…). Notre conviction chrétienne et citoyenne nous invite à la générosité », a-t-il affirmé. Citant le pape François, Mgr Pontier a estimé que les chrétiens étaient tenus à un « devoir de solidarité » : « l’hospitalité offerte à l’étranger qui a besoin d’un refuge est offerte à Jésus-Christ lui-même. »

Il a appelé à un changement d’attitude envers les migrants et les réfugiés. « Il s’agit de passer « d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt et de marginalisation (…) à une attitude qui soit basée sur la ‘culture de la rencontre’. »

Autre plaidoyer contre le repli développé par l’archevêque de Marseille : celui regrettant le « dangereux regard de méfiance » porté sur les musulmans après les attentats. « Notre société hésite sur la place à faire à la religion musulmane dans notre pays », a constaté Mgr Pontier. Avant d’insister : « Nous savons que seuls le dialogue et la rencontre permettent de grandir dans la connaissance et le respect mutuel. »

Formation des imams

Bien sûr, la place des musulmans en France dépend aussi de la capacité de leurs responsables à s’organiser : « Il est nécessaire que du sein de la population française musulmane se lèvent des responsables qui aident leurs frères à inscrire la pratique de l’islam dans notre République et se démarquent de ceux qui distillent des enseignements fermés ou des pratiques communautaristes », a insisté le président de la Conférence des évêques. Il a souligné l’importance de la formation des imams ainsi que celle de « l’organisation d’une représentation lisible de l’islam » en France.

Le président de la Conférence des évêques de France est revenu plus largement sur le climat de la campagne présidentielle, alors que François Fillon et Marine Le Pen sont mis en cause dans plusieurs affaires. Là encore, sans jamais citer aucun candidat. « L’exercice du pouvoir est exigeant. Il nécessite une vigilance de tous les instants pour demeurer au service du bien commun et ne pas en tirer un profit personnel aux effets désastreux », a-t-il jugé, en citant de larges extraits du document « Retrouver le sens du politique », publié en octobre par l’épiscopat.

Mises en garde

En revanche, il a adressé clairement aux candidats et aux « futurs gouvernants du pays » une claire mise en garde contre le développement de « pratiques eugéniques » et contre la disparition « de toutes les procédures de dialogue et de réflexion contenue dans la loi Veil », un an après la suppression par les parlementaires du délai de réflexion qui était jusqu’alors imposé aux femmes souhaitant avorter. Autre point d’insistance de l’archevêque de Marseille : l’opposition de l’Église à tout « droit à l’enfant ». Un message envoyé aux candidats souhaitant élargir la procréation médicalement assistée aux femmes seules ou aux couples de femmes.

Au-delà des questions politiques, l’archevêque de Marseille est revenu sur les affaires de pédophilie révélées par la presse depuis plusieurs semaines, quelques jours après la diffusion par France 2 d’une émission – Cash investigation – sur le sujet. « On nous rappelle souvent (les fragilités et les fautes) qui concernent les évêques ou les prêtres », a-t-il regretté. Rappelant les actions menées par l’épiscopat depuis plusieurs mois (mise en place de cellules d’écoute des victimes, développement d’outils de formation), Mgr Pontier a affirmé que les évêques étaient « résolus à aider la justice à faire son travail » : « Nous invitons les victimes à porter plainte auprès des autorités judiciaires auxquelles, pour notre part, nous signalerons les faits qui nous seraient révélés ».

Pédophilie

Alors que certains reprochent à des évêques de ne pas avoir signalé à la justice des prêtres accusés d’abus sexuels ou de pédophilie, Mgr Pontier s’est élevé contre un soupçon généralisé à l’encontre de tous les prêtres : « qu’on veuille bien cesser de laisser entendre que tout prêtre est un pédophile potentiel ».

Loup Besmond de Senneville (à Lourdes)

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