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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 10:03
Fête de la Présentation de Jésus au Temple : A qui Jésus est-il présenté ?

Le 2 février, nous fêtons la présentation de Jésus au Temple. Le P. Marc Sevin nous aide à lire et à méditer le texte d'évangile qui raconte cet épisode (Luc 2, 22-39).

Regardons la scène

Les parents, en venant présenter Jésus au Temple, obéissent à la loi de Moïse. Le texte de Luc se plaît à le faire remarquer trois fois au début du récit puis une fois à la fin du récit. Jésus comme tout premier-né masculin doit être présenté, "consacré" au Seigneur. La cérémonie elle-même de la Présentation n'est pas décrite. Le texte de Luc s'intéresse surtout à deux personnages qui viennent au Temple : un homme et une femme.

Syméon n'a aucune fonction. Il réside à Jérusalem. "Juste" et "pieux", il possède deux qualités aimées des livres de l'Ancien Testament. La justice consiste à "s'ajuster à Dieu", à suivre sa volonté. La Bible stigmatise les "méchants" ou "impies" qui s'opposent aux justes et aux pieux ; ce sont des "criminels" qui agissent comme si Dieu était aveugle !

Syméon attend la "consolation d'Israël". "Consolez, consolez mon peuple" disait le prophète Isaïe au nom de Dieu. Le terme de "consolation" est devenu technique et se rapporte au temps espéré où Dieu viendra "consoler" son peuple, c'est-à-dire le sauver, le délivrer. Syméon semble symboliser l'attente des croyants d'Israël en la venue des temps où Dieu consolera son peuple en lui assurant enfin la paix et la prospérité.

Le texte souligne que Syméon vient au Temple voir le "messie" de Dieu. L'enfant est présenté comme un roi, le Messie attendu. Les paroles de Syméon sont prophétiques puisque l'Esprit est sur lui. Elles concernent Jésus identifié au "salut préparé à la face des peuples" et à la "lumière" qui éclaire les autres nations.

Les paroles de Syméon adressées directement à Marie sont dramatiques, avec l'allusion à l'épée, à la division, à la chute… Devant Jésus il faudra ouvertement prendre parti : "Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre."

Anne, elle aussi, est "prophète", porte-parole de Dieu. Elle est âgée de 84 ans, c'est dire qu'elle a 7 fois 12 ans. Dans la symbolique biblique des nombres, le chiffre 7 suggère la perfection et le 12 l'universalité. Le lecteur devine ainsi qu'Anne représente parfaitement les croyants de son peuple qui attendent "la délivrance de Jérusalem".

Le temps de la méditation

Comme tout extrait d'évangile, ce récit, écrit après Pâques, dit la foi de Pâques. L'enfant de Marie, Jésus, est présenté clairement par deux prophètes, un homme et une femme, comme le Messie ou Christ. Il est le salut offert à tous et non seulement à Israël. Cette ouverture à l'universel a demandé du temps pour s'imposer à l'intérieur des premières communautés chrétiennes. Jésus est la lumière qui éclaire les nations païennes, c'est-à-dire les nations autres qu'Israël.

Jésus est aussi la Gloire d'Israël. "Gloire", ce mot dans la tradition biblique évoque le poids, la puissance. Le salut pour tous vient de Jésus qui est d'Israël. Jésus est toujours resté fidèle à son peuple. Il s'est soumis aux obligations de la loi dès sa naissance.

La scène de la Présentation se déroule au Temple de Jérusalem, centre religieux de la nation. Mais Jésus vient pour tous. On devine que Luc rappelle aux communautés qui se trouvent maintenant hors frontières, qu'elles ne peuvent pas oublier tout ce qu'elles doivent au judaïsme. Elles appartiennent au même courant que celui de Syméon et Anne, ces juifs qui depuis longtemps attendaient la venue du roi selon le coeur de Dieu, la venue du Messie.

Ce ne sont pas les prêtres qui accueillent Jésus, alors que la scène se passe au Temple, mais un "juste" (Syméon) et un "prophète" (Anne). Il y a là sans doute une critique adressée à ceux qui parmi les responsables n'ont pas accueilli Jésus, mais surtout il y a l'invitation à être "juste" comme Syméon et à prier comme Anne pour reconnaître en Jésus le Messie de Dieu. Jésus est le Messie mais il le sera par le service, non par la puissance. L'épée évoque la croix.

L'enfant ne reste pas à Jérusalem. C'est à Nazareth en Galilée qu'il recevra sa formation religieuse et professionnelle. Cette indication géographique est peut-être aussi une indication théologique. Tout doit commencer à Jérusalem. Mais il faut bien vite aller dans cette Galilée proche des autres nations. L'Église aussi commencera à Jérusalem mais les chrétiens partiront de cette ville jusqu'aux extrémités de la terre pour porter l'Évangile.

Le temps de la prière

Seigneur Dieu, notre Père, merci pour tous ces justes et ces prophètes qui ont attendu longuement la venue de ton Messie. Façonne en nous un coeur de juste qui sache s'ajuster constamment sur toi. Avec ton Esprit, comme Syméon et Anne, que nous reconnaissions en Jésus le sauveur de tous. Que ton Église reste missionnaire.

Marc Sevin, bibliste

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 10:51
« Sur le coussin à l’arrière » de Corine MARBEUF

« Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
Ev. selon St Marc

Le café tourne en rond dans sa tasse.
Il hésite à commencer la journée.
C’est samedi et le silence de la maison se pose, en paix.
L’écran s’allume et sur l’écran les tempêtes se lèvent. Des politiques qui valsent. Des mairies qui ne veulent plus servir de café chaud dans les rues. Des guerres. La mort. La bêtise. La moquerie. La solitude. L’absence.
Des vies.
J’éteins tout.
Tu dors dis ? Cela ne te fait rien ?
Est-ce qu’il faut fermer un peu ses yeux pour mieux le voir le monde ?

Le café tourne encore dans sa tasse.
Une gorgée et la danse s’arrête.
C’est samedi et le silence insiste.
L’écran s’éteint, les vents avec. Je me lève. Une adjointe à croiser pour un projet de jeunes. Des cafés à préparer encore. Des mains à serrer. L’Espérance. Le joli. Les sourires. Des rencontres. Nos présences.
La vie.
J’éteins tout.
Tu es là dis ?
Est-ce qu’il faut fermer un peu ses yeux pour mieux Te voir ?

Corine MARBOEUF

Née le 1er Février 1967 : Joyeux Anniversaire Corine pour ce cap, ce " sommet " : 50 printemps !

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 18:28
Les mots de la Bible : « EFFATA, Ouvre-toi » (Marc 7,34) par Olivier Bourion

« Sésame, ouvre-toi ! ». Vous vous rappelez la formule magique ? Celle que prononce Ali Baba devant la caverne des quarante voleurs.

Alors, tout d'un coup, la pierre s'ouvre, dévoilant une immense caverne. Et dans cette caverne, des montagnes de merveilles, des coffres débordant de pièces d'or et mille autres trésors !

Et si la caverne d'Ali Baba, c'était nous ? On en a, des trésors ! Tout au fond, à l'intérieur. Dans ce qu'on possède de plus secret et de plus profond : notre beauté d'enfants de Dieu.

Riches ou pauvres, grands ou petits, jeunes ou vieux, manuels ou intellectuels, croyants ou non, tous, aux yeux de Dieu, nous avons la même valeur. Celle d'un trésor infini que nous n'aurons jamais fini de découvrir.

Seulement, tant que la caverne est fermée, tout ce que vous verrez, c'est un grand mur de pierres sans aucun intérêt. Si personne ne passe pour prononcer les mots qu'il faut, rien ne pourra jamais s'ouvrir. Combien de nos contemporains ressemblent à des cavernes d'Ali Baba ignorées, parce que personne n'a encore prononcé devant eux le mot de passe, la formule magique qui permettrait à leur vie de s'épanouir et de faire rayonner ses trésors. Ce sont pourtant des mots simples... « Ouvre-toi ! Je crois en toi ! Je t'aime ! Je te pardonne ! Tu peux y arriver I Tu comptes pour moi ! Tu as de la valeur à mes yeux I »

Jésus n'a pas employé d'autres mots. Il n'a pas inventé un vocabulaire sacré dont on devrait se gargariser pour accéder à l'étage supérieur. Avec lui, les plus simples paroles sont des paroles d'ouverture. Partout où il passe, les cavernes s'ouvrent, les murs s'effondrent et l'humanité peut enfin s'épanouir. Il vient. Il nous emmène à l'écart pour qu'on puisse le rencontrer seul à seul. Il touche nos oreilles, notre bouche, notre cœur. Et alors, c'est le miracle ! il refait de nous des gens ouverts, des êtres de relation, capables de donner, de créer et d'aimer.

N'aie pas peur ! Ecoute le Christ, ton maître intérieur. Lui seul pourra te murmurer les mots qui rendent heureux. Les paroles qui t'ouvriront à ton propre mystère et réveilleront en toi le trésor de ta vie.

 

Olivier BOURION, prêtre, équipe de la Communauté Mission de France de Vittel.

Supérieur du Séminaire des Carmes à Paris

Paroles de Mission n°7 Décembre 2016 page 22

 

www.missiondefrance.fr

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 18:27
Jésus et les pharisiens : Evangile de mercredi 12 octobre 2016

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (11, 42-46)

« En ce temps-là, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue, et vous passez à côté du jugement et de l’amour de Dieu. Ceci, il fallait l’observer, sans abandonner cela. Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques. Quel malheur pour vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu’on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir. »
Alors un docteur de la Loi prit la parole et lui dit : « Maître, en parlant ainsi, c’est nous aussi que tu insultes. » Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt.
»

Les pharisiens dans l'évangile de Luc

Les pharisiens entrent en scène dans l'évangile en 5,17. Jésus enseigne devant un parterre de pharisiens et de docteurs de la loi venus de tous les villages de Galilée, de Judée et de Jérusalem. Ces derniers, entendant Jésus déclarer au paralytique qu'on lui a amené: «Tes péchés te sont pardonnés» se mettent à «raisonner» pour essayer de comprendre qui est cet homme qui, à leurs yeux, blasphème. A la fin de l'épisode (5,26), rien ne dit qu'ils ne font pas partie des « tous» qui rendent gloire à Dieu. Avec leurs scribes, ils « murmurent» en voyant que Jésus et ses disciples mangent et boivent avec les collecteurs d'impôts et les pécheurs (5,30) ; ils remarquent qu'ils ne jeûnent pas (5,33) et qu'ils font ce qui n'est pas permis le jour du sabbat (6,2).

Très vite apparaît ensuite leur hostilité - ils observent Jésus pour trouver le moyen de l'accuser (6,7) - ou leur incrédulité. Pour Simon, le pharisien qui a pourtant invité Jésus à prendre un repas chez lui, ce dernier ne peut être, en effet, un prophète (7,39). Jésus les présente d'ailleurs comme ceux qui ont refusé de suivre la volonté de Dieu en recevant le baptême de Jean Baptiste (7,30).

À deux reprises, durant la montée à Jérusalem, Jésus est invité pour un repas chez un pharisien (11,37; 14,1). Il lui est reproché de ne pas respecter les rites de pureté (11,38), ce qui provoque de vives critiques de la part de Jésus, concernant la manière dont les pharisiens détournent ces pratiques de leur véritable sens (11,39-52). De même, en 12,1, Jésus met la foule en garde contre la « fausseté» de ceux qui ne trouvent rien à répondre quand ils s'entendent rappeler que le sabbat est au service de la vie et non de la mort (14,6). Auparavant, on voit cependant les pharisiens s'acharner contre Jésus, lui posant des questions sur quantité de sujets et lui tendant des pièges (11,53). Ils murmurent même en voyant Jésus manger avec des pécheurs (15,2) et le narrateur souligne qu'ils sont attachés à l'argent (16,4), c'est-à-dire qu'ils ont l'attitude inverse de celle qui est requise pour entrer dans le Royaume. Un peu plus loin dans le récit, la figure du pharisien, centré sur lui-même et rempli de bonne conscience s'oppose à celle du publicain qui s'en remet à Dieu (18,10-14). Enfin, on voit les pharisiens interroger ensuite Jésus pour savoir quand viendra le Royaume (17,20), et, lors de l'entrée à Jérusalem, ils demandent à Jésus de faire taire les acclamations des disciples (19,39).

Reste que certains pharisiens viennent en aide à Jésus, comme ceux qui viennent prévenir Jésus qu'Hérode cherche à le mettre à mort (13,31). Comme si Luc construisait la figure des pharisiens de façon nuancée. Car, s'ils sont certes connotés négativement, il faut relever qu’ils ne sont plus présents dans le récit après l’entrée de Jésus à Jérusalem. Absents du récit de la Passion, ils reviendront au-devant de la scène dans les Actes des Apôtres.

Document publié dans Guide de lecture du NT,
sous la direction de Pierre Debergé et Nieuvart. Bayard

Scribes et pharisiens une tentation de tous les temps

Face aux grands prêtres (aristocratie sacerdotale) et aux anciens (aristocratie laïque), les scribes tentent de devenir, au premier siècle, la classe supérieure. Venus de toutes les couches de la population - il y a aussi des prêtres parmi eux -, ils tiennent leur puissance de leur savoir: de leurs maîtres, ils ont reçu la Tradition dans le domaine de la législation religieuse et la transmettent à des disciples. De la sorte, ils prennent des décisions dans des questions relevant de cette législation et du droit pénal. Si nombre de scribes relèvent de la mouvance pharisienne, certains appartiennent à des traditions religieuses différentes (par ex. sadducéenne).

Les pharisiens sont un mouvement de piété se recrutant surtout parmi les laïcs - les membres du sacerdoce qui s'y adjoignent n'ont aucune prérogative - et destiné à former la vraie «communauté sainte. d'Israël. Pour cela, les règles de pureté rituelle prescrites par la Loi aux prêtres en fonction sont étendues par eux à l'ensemble du peuple juif et à toutes les circonstances de la vie. Si les dirigeants du mouvement sont des scribes, la grande masse de ses membres est dépourvue d'une telle formation et se contente d'observer les prescriptions sur la dime et sur la pureté rituelle.

A plusieurs reprises, des textes rabbiniques mettent le doigt sur les travers qui affectent le comportement des pharisiens. Ainsi trouve-t-on l'affirmation, dans Avot de Rabbi Nathan A 37; B 45).
"Il y a sept genres de pharisiens:

  • le pharisien aux fières épaules [= dont la piété est ostentatoire],
  • le pharisien comptable [= calculant les gains et les pertes provenant des préceptes accomplis et des transgressions commises],
  • le pharisien gagnant du temps [= prétextant d'un devoir religieux qui l'attend, pour tarder de donner à manger à ses ouvriers];
  • le pharisien dont la seule affaire est sa propre personne;
  • le pharisien qui dit: Quelle obligation m'est imposée pour que j'aille l'accomplir?
  • le pharisien de la crainte, comparable à celle deJob;
  • le pharisien de l'amour, comparable à celui d'Abraham".

Plus des deux tiers d'une telle énumération porte ainsi sur les «plaies» du comportement pharisien; le but même du mouvement peut, de fait, favoriser de tels travers.
Cela dit, il est clair que le «pharisaïsme et le «légalisme» dénoncés par Jésus dans les pages de Luc sont des perversions religieuses qui ne sont pas l'apanage de certains juifs contemporains de Jésus. Si Luc les rapporte longuement, c'est bien qu'elles menacent également le chrétien. Le but du texte n'est pas de nous informer sur des perversions anciennes, mais bien de nous alerter sur des plaies qui nous affectent tous plus ou moins.

Documents publiés dans L’Evangile de Luc,
commentaires de Hugues Cousin Bayard 1993 p.175 et p. 183

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 07:29
Evangile du lundi 5 septembre : « L'homme à la main desséchée »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,6-11.

Un autre jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était paralysée.

Les scribes et les pharisiens observaient Jésus afin de voir s'il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l'accuser.

Mais il connaissait leurs pensées, et il dit à l'homme qui avait la main paralysée : « Lève-toi, et reste debout devant tout le monde. » L'homme se leva et se tint debout.

Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de la perdre ? »

Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l'homme : « Étends ta main. » Il le fit, et sa main redevint normale.

Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu'ils allaient faire à Jésus.

Commentaire

² Dans les trois évangiles synoptiques ce récit de miracle est stylisé au maximum: deux personnages (Jésus et l'handicapé) et, en toile de fond, l'assemblée, hostile ou indifférente. C'est le jour du sabbat, en pleine synagogue, devant toute la communauté du village; et de plus les Pharisiens et les spécialistes de la Torah se sont donné le mot pour essayer de prendre Jésus en faute; donc le moindre geste peut être pour lui compro­mettant.

L'homme à la main paralysée ne dit rien, d'un bout à l'autre du récit. Sa main inerte parle pour lui: il est là comme témoin de l'humanité souffrante et impuissante. Il n'a rien demandé, ni à Jésus ni aux autres. Il est là, surpris que son infirmité tout d'un coup intéresse tant de monde. Jésus le fait lever devant tous les autres assis pour l'homélie. Pour une fois on fait attention à l'handicapé; pour une fois il a l'impression qu'on a besoin de lui.

Mais les Pharisiens ne se soucient pas de cet homme. Pour eux il n'est qu'un prétexte, un moyen de faire échec à Jésus. Peu leur importe la guérison d'un infirme; ce qu'ils veulent, c'est sauver la Loi, un précepte de la Loi, entendu selon leur tradition. L'homme à la main "sèche" n'est qu'une pièce à conviction dans le procès qu'on intentera à Jésus.

² Jésus, lui, sent bien venir le coup; et Luc souligne de trois manières son autorité de Messie.

Tout d'abord Jésus sait leurs raisonnements et leurs intentions; et pour bien le leur montrer il énonce tout haut ce qu'ils pensent tout bas; il pose lui-même la question qu'on voulait lui poser.

Ce faisant, Jésus prend l'initiative, pour révéler le fond des cœurs. Avant même de guérir, il demande: "Est-ce permis?". Mieux encore: par sa question Jésus dévoile le péché de ces hommes: "Qu'est-ce qu'il vaut mieux faire, un jour de sabbat: guérir un homme, comme j'en ai le pouvoir, ou attenter à la liberté des hommes, comme vous en avez l'habitude?"

Ainsi l'accusé se fait accusateur. Jésus, qu'on voulait prendre au piège, prend l'attitude du juge.

De plus, après sa question, il attend; il les regarde tous, l'un après l'autre, les Pharisiens et les intellectuels, qui guettent son faux pas, puis les hommes du pays, dont certains sans doute n'ont pour lui que de l'admiration. Mais personne ne parle, personne ne prend position. Les braves gens se taisent parce qu'ils ont peur des représailles; les Pharisiens se taisent parce qu'ils sont démasqués.

Il y a des moments où le silence est coupable, surtout quand c'est Jésus qui pose les questions.

² Alors, tout comme Jésus a été seul à parler, il sera seul à agir. "Étends ta main!", dit-il à l'homme. La main se dénoue: elle est guérie! L'homme a été guéri en faisant un geste tout simple sur l'ordre de Jésus. Il a cru suffisamment en Jésus pour commencer ce geste impossible. Il n'avait rien demandé, mais il a suivi sans réticence l'initiative du prophète de Nazareth. Tout seul devant la foule, il a fait confiance à Jésus, qui était encore plus seul que lui.

Saurons-nous, à notre tour, sur la parole de Jésus, déplier notre main?

Saurons-nous faire, de toutes nos paralysies, un bel acte de foi?

Jean Lévêque, carme, de la Province de Paris

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 19:11
Une lecture « pertinente » du dialogue de Jésus et de la Samaritaine ( Jean 4, 1-42 )

Dans le dialogue entre Jésus et la Samaritaine, tout le monde pense que les paroles de Jésus sont à prendre symboliquement. Quand il dit qu’il peut nous donner de l’eau, personne ne l’interprète au pied de la lettre en pensant que Jésus offrirait l’eau courante à tous les étages pour le confort matériel des ménagères.

L’eau est le symbole de la grâce de Dieu, il suffit d’une pluie, ou d’une source dans le désert pour sauver le voyageur assoiffé, pour transformer un lieu aride, inhospitalier et brûlant en un lieu verdoyant, agréable et fécond. Et c’est bien ce qu’offre la grâce de Dieu dans une existence : c’est la vie, et c’est d’y faire germer le meilleur qui s’y trouve pour la rendre belle et féconde.

La promesse de Jésus est donc à lire symboliquement, comme les autres promesses de l’Évangile, comme sa lumière qui ne se mesure pas en kilowatts, et ses guérisons qui sont plus spirituelles que médicales.

Quant à la Samaritaine, les commentateurs disent, généralement, qu’elle ne comprend rien, qu’elle prend tous les propos de Jésus au pied de la lettre, faisant de ce dialogue une sorte de quiproquo. Mais cette lecture est discutable. L’intérêt d’un évangile aussi profond que celui de Jean ne peut reposer sur le fait de s’amuser de la bêtise de quelqu’un qui répond de travers, d’autant plus qu’alors toutes ses interventions seraient des non-sens.

On peut penser au contraire que la Samaritaine, dès le début, comprend très bien de quoi il s’agit et, elle aussi, est dans le registre du symbolique. Le dialogue entre elle et Jésus n’est pas alors un malentendu, mais une discussion serrée sur l’origine de la grâce.

La preuve, c’est ce qu’elle dit : si Jésus lui donnait l’eau lui permettant de n’avoir plus soif, elle n’aurait plus besoin d’aller puiser. C’est absurde matériellement, l’eau pour boire représente à peine 10 % des besoins en eau ; même si elle n’avait plus soif, elle devrait tout de même puiser, pour la cuisine, la lessive et le reste.

Et puis cette mention du « puits de Jacob » est bizarre. Nulle part dans l’Ancien Testament il n’est question d’un puits en Samarie qui serait en rapport avec Jacob.

Tout cela n’a de sens que spirituellement. La Samaritaine était dans la logique du judaïsme traditionnel pensant que l’Esprit avait soufflé du temps des patriarches, jusqu’à Moïse, et que pour avoir la grâce, il fallait retourner puiser à la source de ces temps anciens. Elle était dans une logique de religion d’observance où il faut peiner, travailler, œuvrer pour gagner la grâce à la sueur de son front. Jésus, lui, propose une autre conception : la grâce est offerte, il n’y a pas à la gagner, il suffit de la demander.

Mais, dit-elle, « le puits est profond et tu n’as rien pour creuser ». Elle a du mal à y croire, la grâce est loin de nous, et comment Jésus pourrait-il prétendre parvenir à la donner sans « moyens de grâce », sans rites, sans obligations diverses ? « Es-tu plus grand que Jacob ? » « Oui », lui dit Jésus. Il est bien plus grand que l’ancienne alliance des patriarches, il y a en lui une nouvelle source de révélation, d’esprit et de grâce.

Et ce qu’offre Jésus, c’est une source, bien mieux que le puits des juifs et des Samaritains. Un puits, c’est une citerne, où gît une eau ancienne, parfois croupissante ; la source, elle, offre une eau neuve, vivante. Il y a là encore une vision totalement différente de la religion, qui ne cherche plus dans une tradition ancienne des relents de souffle vital, mais qui trouve l’esprit et la grâce à la source même qui est le Christ.

Et Jésus promet en plus que chaque croyant peut devenir à son tour une source, pour soi et pour les autres. La Samaritaine comprend très bien cela, elle comprend ce que lui dit Jésus : elle a eu cinq maris (les cinq livres du Pentateuque qui font toute la Bible des Samaritains), et actuellement, en fait, n’a pas de foi vivante, pas de mari, juste une foi qui est une cohabitation avec des pratiques purement humaines. Elle comprend que le véritable époux est devant elle (le 7e) qui accomplit toutes les promesses et qui est le Christ, le Messie, donnant la plénitude de la présence vivifiante de Dieu.

Louis Pernot

Pasteur, Théologien et Musicien Français

Evangile & Liberté n° 290 Juin-Juillet 2015 page 26

www.evangile-et-liberte.net

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 10:55
Diocèse d’Evreux - Vidéo : « l' Evangile un chemin de bonheur n°4 »

Cliquez sur la vidéo ci-dessous puis cliquez sur l’icône « plein écran »

 
l' Evangile un chemin de bonheur n°4

Les prostituées vous précèderont dans le royaume de Dieu - Mat, 21.32Quelle audace de Jésus d’affirmer cela à de bons juifs....imaginons ceci aujourd'hui....

Posted by Diocèse d'Evreux - Eglise Catholique dans l'Eure on jeudi 21 mai 2015

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 18:23
L'Evangile un chemin de bonheur n°3, par Christian NOURRICHARD, évêque d’Evreux

"Zachée, descends vite, aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison" Luc19,5
Zachée est une personne jugée non fréquentable par les juifs car il collaborait avec l'occupant romain. Pourtant il avait envie de voir Jésus dans la foule. Étant petit il était monté sur un arbre. Jésus, contre toute attente le remarque et s'invite chez lui....

 

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 14:57
Méditation sur l'Evangile de dimanche 25 janvier

Marc 1,14-20

Les récits « d'appel » sont nombreux dans la Bible. Depuis Abraham jusqu'aux disciples, de nombreuses personnes ont répondu à l'appel de Dieu. Certaines réponses sont rapides, elles semblent s'imposer et les récits accentuent cette promptitude, comme dans l'évangile de ce dimanche. D'autres réponses se font attendre, elles prennent des chemins de traverse pour arriver parfois, après des grands détours, à une issue positive, telle l'histoire de Jonas. Que retenir alors des lectures de ce dimanche ? Qu'il n'y a pas d'itinéraire tout tracé pour répondre à Dieu. Jésus appelle à vivre, à se mettre en marche, à le suivre, à se convertir, à parler en son nom, à aimer les pauvres… En retour, il attend une réponse personnelle, élaborée pas à pas dans l'histoire et dans la vie de celui qui est interpellé. Jonas, Jean le Baptiste, Simon, André, Jacques, Jean poursuivent, comme chacun de nous, un itinéraire spirituel qui leur est propre.
D'ailleurs, les lectures d'aujourd'hui peuvent laisser penser que dans la réponse à Dieu, le plus important, c'est justement l'itinéraire emprunté. Non pas que la réponse finale n'ait pas de valeur. Mais dans le sens où toute réponse est une voie à tracer, une route dans laquelle se diriger. Dans la suite du Christ, on avance, on recule, parfois on fait un peu de surplace…
Le refrain du psaume peut nous aider à comprendre cela. « Seigneur, enseigne-moi tes chemins », dit le psalmiste. Chercher les chemins du Seigneur reste la voie la plus sûre vers la conversion. Le Seigneur montre son chemin aux pécheurs et aux humbles à condition que ceux-ci le demandent dans la prière.

Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 22:09
Evangile du 8 décembre 2014, Fête de l’Immaculée Conception

La venue d'un roi sauveur est attendue du peuple juif et promise par Dieu. C'est Marie, la fiancée de Joseph, qui a été choisie pour lui donner naissance. Elle l'appellera Jésus. Une nativité qui rappelle la Genèse.

Réalisateur : Michel FARIN, CFRT France 2

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