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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 11:39
Aujourd’hui, douzième anniversaire du décès de notre maman

En ce douzième anniversaire du « départ » de notre maman, le 24 août 2005 à 13 heures à l’hôpital de Privas (Ardèche), je vous recommande cette prière de Michel QUOIST que maman aimait beaucoup :

« Seigneur, je Te demande la grâce de faire consciencieusement ce que Tu veux que je fasse » :

« Je suis sorti, Seigneur, dehors les hommes couraient, les vélos couraient, des voitures couraient, les camions couraient, la rue courait, la ville courait, tout le monde courait. Ils couraient pour ne pas perdre de temps, pour rattraper le temps, pour gagner du temps. Au revoir, monsieur, excusez-moi, je n’ai pas le temps, je repasserai, je ne puis attendre, je n’ai pas le temps. Je termine cette lettre, car je n’ai pas le temps. J’aurai aimé vous aider, mais je n’ai pas le temps. Je ne puis accepter, faute de temps. Je ne peux réfléchir, lire, je suis débordé, je n’ai pas le temps. J’aimerais prier, mais je n’ai pas le temps. Ainsi les hommes courent tous après le temps, Seigneur. Ils passent sur la terre en courant, pressés, bousculés, surchargés, affolés, débordés. Toi qui es hors du temps, Tu souris, Seigneur, de nous voir nous battre avec lui. Seigneur, j’ai le temps, j’ai tout mon temps à moi, tout le temps que Tu me donnes, les années de ma vie, les journées de ma vie, les journées de mes années, les heures de mes journées, elles sont toutes à moi. A moi de les remplir, tranquillement, calmement, mais de les remplir tout entières, jusqu’au bord, pour Te les offrir, et que de leur eau fade Tu fasses un vin généreux, comme jadis à Cana, Tu fis pour les noces humaines. Je ne Te demande pas ce soir, Seigneur, le temps de faire ceci, et puis encore cela, je Te demande la grâce de faire consciencieusement, dans le temps ce que Tu me donnes, ce que Tu veux que je fasse. Ainsi soit-il. »

Michel Quoist, Prêtre du Diocèse du Havre (1921-1997)

Lien à la Source

Vous retrouverez – sur ce Blog – ce que j’écrivais pour le dixième anniversaire du départ de maman, le 24 août 2015, en cliquant sur le lien ci-dessous :

10 ans du départ de maman

 

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 08:56
Cousinades « Chautard » à Alissas ( Ardèche) dimanche 22 mai 2016

Toute la descendance - 2ème génération - de Gustave Chautard (1872-1922) et de Marie Cheval (1880-1949) s’est retrouvée à l'Esclopier (Alissas) dimanche 22 mai 2016 chez Françoise, soit 16 cousines-cousins avec leurs compagnes et compagnons, encore en vie, (photo ci-dessus).

Notre Grand-père Gustave Chautard était né dans la maison familiale de Lemps (Alissas) le 6 mars 1872 de Jean-François Gustave Chautard (1843-1883) et Emilie Delma Noyer (1848-1920). Jean-François Gustave était le fils de Jean-François Chautard (1792-1869) et de Marie Cotta (1804-1876) qui s’installèrent après leur mariage à Lemps (Alissas) le 9 mai 1842. Les 6 générations antérieures sont originaires de Rochessauve à partir du 17ème siècle, dont 3 ont travaillé au Château.

Gustave Chautard et Marie Cheval ont eu 7 enfants :

1) Gustave Chautard (1906-1908)

2) Denise Chautard (1907-1984) mariée à Antoine Thévenon (1908-1986). Ils ont eu 9 enfants : Jean Thévenon, Pierre Thévenon, Madeleine Thévenon (†), Paul Thévenon, Michel Thévenon, Bernard Thévenon, Joseph Thévenon, Bernadette Thévenon (†) et Bruno Thévenon.

3) Marthe Chautard (1909-1992) mariée à Charles Souteyrand (1907-1934). Ils ont eu une fille : Suzanne Souteyrand.

4) Madeleine Chautard (1912-2001) – Religieuse de la congrégation Sainte-Marie de l’Assomption

5) Marguerite Chautard (1913-1913)

6) Régis Chautard (1916-1994) marié à Jeanne Blanc (1921-2010). Ils ont eu 5 enfants : Françoise Chautard, Dominique Chautard (†), Geneviève Chautard, Jacques Chautard, Véronique Chautard

7) Isidore Chautard (1919-2001) marié à Andrée Ferlat (1919-2005). Ils ont eu 4 enfants : Marie Chautard, Denis Chautard, Paul Chautard, Jean Chautard.

19 petits-enfants (dont Bernadette Thévenon, Dominique Chautard et Madeleine Thévenon décédés) parmi lesquels des prêtres, des enseignants, des officiers supérieurs de l'armée, des cadres des services publics, de l'industrie, du commerce, des professions libérales... et aussi membres actifs d’associations humanitaires, culturelles et sportives.

32 arrières petits-enfants, dont Jérémie Chautard (1986-2010) décédé de la Mucoviscidose.

51 arrières arrières petits-enfants.

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 18:23
Synode sur la famille : du jugement à la bienveillance

Si l’Eglise ne retire pas un iota de sa doctrine sur le mariage et la famille, elle saute généreusement le pas de la miséricorde. Et cela change beaucoup de choses !

D’une longue fréquentation des textes pontificaux j’ai appris qu’il fallait les lire deux fois. Dans une première lecture, on part fébrilement à la recherche des paroles que l’on voudrait entendre, au risque d’être déçu si l’on ne les y trouve pas. De ce point de vue, Amoris Laetitia (1) n’a pas dérogé à la règle. Sur aucune des «questions qui fâchent», qu’il s’agisse de la contraception, du mariage homosexuel ou de l’accès aux sacrements des divorcés remariés, le pape François n’apporte explicitement la réponse attendue par de nombreux fidèles, dont je suis. Une seconde lecture, dans la foulée, fait alors découvrir le texte pour lui-même et ses richesses. Et procure quelques surprises pour peu qu’on sache lire les notes en bas de page.

Les derniers paragraphes de l’exhortation apostolique en résument parfaitement l’esprit lorsqu’il écrit : «D’aucune manière l’Eglise ne doit renoncer à proposer l’idéal complet du mariage» (2) avant de poursuivre : «Cependant, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour.» (3) Et comme pour répondre par avance aux objections il précise : «Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. Mais je crois sincèrement que Jésus Christ veut une

Un seul modèle, plusieurs réalités…

Tout est dit. Et les deux-cent soixante pages de ce texte, organisé en trois-cent vingt-cinq paragraphes n’est que le long développement de cette double exigence : fidélité et ouverture. Si le pape François, se faisant en cela l’expression du synode romain, ne veut pas toucher à la doctrine c’est parce qu’elle exprime le «projet de Dieu» sur la famille, et que ce que propose l’Eglise au travers du sacrement de mariage, lui semble correspondre à ce à quoi continuent massivement d’aspirer nos contemporains : un amour durable, vécu dans la fidélité et la fécondité.

L’exhortation apostolique réaffirme donc la conviction de l’Eglise que le seul modèle familial réellement utile à la société est celui qui repose sur le mariage hétérosexuel indissoluble et fécond. «Aucune union précaire ou excluant la procréation n’assure l’avenir de la société» écrit le pape François (5) Ce qui, bien évidemment, ne correspond pas à l’état actuel de l’opinion publique dans un pays comme la France. Pour autant, prenant acte de la diversité des familles et des situations, le texte reconnaît l’existence «d’éléments positifs» dans d’autres formes matrimoniales : concubinage, mariage civil ou remariage. Il invite donc les prêtres à accueillir les personnes telles qu’elles sont, sans renoncer à leur proposer l’idéal que préconise l’Eglise au travers de ce que le texte appelle une «pédagogie divine.»

Des vertus d’une note de bas de page…

Pour le pape François, le chemin est clair : «Deux logiques parcourent toute l’histoire de l’Eglise ; exclure et réintégrer (…) La route de l’Eglise, depuis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration. (…) La route de l’Eglise est celle de ne condamner personne éternellement.» (6) Or, précisément, la question soulevée par le refus d’admettre aux sacrements les divorcés remariés est bien celle d’une «condamnation à perpétuité». Si l’exhortation apostolique ne lève pas «explicitement» l’interdit, tout le propos du pape François est de nous faire comprendre qu’il y invite, dans le discernement.

Il écrit : «Il est possible que, dans une situation objective de péché, l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Eglise.» Pour qui est peu averti du langage ecclésiastique cela pourra sembler bien banal ou obscur. Il n’en est rien ! La mention faite de «l’aide de l’Eglise» peut déjà suggérer qu’il puisse y avoir là une possible allusion à l’accès aux sacrements. Une lecture plus attentive montre que cette phrase fait l’objet d’un renvoi à une note de bas de page n°351 où il est dit «Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements.» Le mot est lâché ! La boucle est bouclée. Sans crier gare, en évitant toute provocation inutile sur un sujet sensible, le pape François, comme l’assemblée synodale l’y autorisait, ouvre une porte verrouillée depuis toujours. (7)

L’Eglise accepte-t-elle de recevoir aussi, de la société ?

On savait l’homme rusé et déterminé. Il en apporte là la preuve, dans une totale fidélité aux délibérations des Pères du Synode. C’est là un point qu’il convient de souligner : on est étonné de la volonté manifeste du pape François de «jouer le jeu» de la collégialité synodale, en n’allant pas au-delà du consensus exprimé au terme des deux sessions.

Faut-il en conclure que l’Eglise change d’époque ? Sans doute pas ! Si la lecture, même rapide, de ce texte séduit très vite par sa richesse et l’ouverture qu’il propose, un point au moins continue de faire question. Certes, l’Eglise accepte de regarder la société telle qu’elle est, en évitant de multiplier les condamnations que l’on pouvait trouver sous la plume de ses prédécesseurs. Mais cette description des réalités de la famille contemporaine semble ne l’interpeller que sur sa capacité – ou sa non-capacité – à faire prévaloir sa propre vision des choses dans la société. Jamais l’Eglise ne se reconnaît questionnée «au fond» par telle ou telle réalité nouvelle.

Il y a là un décalage, pour ne pas dire une contradiction, avec les propos du pape François dans son interview aux revues Jésuites de l’été 2013 où il déclarait : «La compréhension de l’homme change avec le temps et sa conscience s’approfondit aussi (…) Les sciences et leur évolution aident l’Eglise dans (sa) croissance en compréhension.» (8) Or, on reste étonné que sur une question aussi sensible que la contraception, l’exhortation revienne à quatre reprises sur l’encyclique Humanae Vitae pour en souligner la pertinence notamment en ce qui concerne le lien entre méthodes naturelles et respect de la dignité de la personne (9), ce qui mériterait un plus large examen.

De même, sur la question de l’homosexualité, on s’étonne que l’exhortation donne le sentiment de ne pas «entendre» les personnes homosexuelles elles-mêmes et de ne pas leur parler. Sinon pour confirmer, comme pour les autres personnes se trouvant dans des situations non conformes à l’enseignement du magistère, qu’elles sont aimées de Dieu et ont toute leur place dans l’Eglise. La seule attention pastorale vise leurs familles – parents ou enfants – que le texte invite à accompagner avec charité. Ce qui peut sembler un peu court.

Que dire d’autre ? Qu’il faut lire Amoris Laetitia, selon l’invitation du pape François lui-même. En prenant le temps d’entrer dans une réflexion dont ne peuvent rendre compte les codes binaires et expéditifs de la communication dans nos sociétés modernes. Pour l’Eglise, restera malgré tout posée une question essentielle : comment faire prendre conscience de ce nouveau regard sur les réalités familiales, à celles et ceux qui sont éloignés d’elle ?

René POUJOL

Journaliste, Ancien Rédacteur en Chef du magazine Le Pèlerin

Lien à la Source

Télécharger l’exhortation « «Amoris Laetitia »

________

  1. Exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia, pape François, 260 p. à paraître dans les prochains jours chez de nombreux éditeurs.
  2. n°307
  3. n°308
  4. ibid
  5. n°52
  6. n°296
  7. Il est même possible que cette «ouverture» ait échappé aux membres de la Secrétairerie d’Etat du Vatican qui a traduit le texte en différentes langues. Dans un document pédagogique «questions et réponses» fourni aux évêques et aux journalistes, ils écrivent à propos des divorcés remariés : «Même s’ils ne peuvent pas prendre pleinement part à la vie sacramentelle de l’Eglise, ils sont encouragés à participer activement à la vie de la communauté». Ce qui était la position de l’Eglise…. avant l’exhortation !
  8. Pape François, l’Eglise que j’espère, Ed. Flammarion – Etudes, p. 132
  9. n°82

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 14:35

Mission de France

LES DÉFIS PASTORAUX DE LA FAMILLE 

DANS LE CONTEXTE DE L’ÉVANGÉLISATION

 

Une des orientations de la Mission de France, votée en 2007, porte sur « les questions nouvelles autour de la famille, la vie conjugale, l’éducation des enfants et la relation homme/femme. » La prise en compte, par l’Eglise de France en 2011, de la très grande diversité familiale (familles recomposées, familles monoparentales, etc.) nous encourage car dans chaque famille, il y a  des membres qui vivent une réalité conjugale et familiale particulière. La figure traditionnelle de la famille est devenue une parmi d’autres. Notre contribution a pour source le témoignage les nombreux couples et familles avec lesquels nous sommes en compagnonnage, la réflexion pastorale et théologique menée avec d’autres dans le cadre de la pastorale familiale (préparation au mariage, accompagnement des couples, pastorale des séparés-divorcés-remariés).

Ce que donne à penser la rencontre des couples lors des préparations au mariage

La célébration vient en cours de chemin : 90 à 95% des couples vivent déjà  ensemble quand ils adressent leur demande. La célébration religieuse intervient parfois tardivement, après 8 ans, 15 ans, voire 30 ans de vie commune. La célébration du mariage n’est plus, de manière générale, une célébration du démarrage du couple mais un sacrement de la route ! C’est une consécration d’un chemin déjà commencé, c’est une manière de signifié qu’on est engagé dans la construction d’une famille. Le PACS est assez souvent une première étape sociale : si cela facilite  les démarches administratives, c’est aussi une décision de couple qui semble jouer un rôle symbolique, comme l’était les fiançailles il y a quelques années.

La forte exigence affective fait reculer l’engagement définitif : la diversité des chemins conjugaux ne traduit pas une moindre exigence des couples vis-à-vis du mariage, au contraire. Aujourd’hui  l’union conjugale repose d’abord sur le lien affectif, dans un contexte où les fonctions symboliques de l’homme, de la femme, du père et de la mère sont profondément transformées. Cela rend la construction d’un couple plus complexe, que l’on soit ou non chrétien. L’engagement à vie ne va plus de soi.

La signification du sacrement de mariage est hors de portée : La plupart des couples qui viennent demander le mariage ont peu ou pas de formation catéchétique (au mieux arrêtée à la fin de l’école primaire à l’âge de 10 ans), ont peu de pratique des sacrements, ne connaissent pas la présence vivante du Christ crucifié et ressuscité. C’est pourquoi 80% des couples ne demandent pas vraiment un mariage chrétien sacramentel mais seulement « un mariage à l’église ». Ils veulent donner une certaine dimension sacrée à leur couple, mais rarement un véritable engagement à œuvrer pour la construction d’un projet matrimonial. L’incohérence à accorder le sacrement de mariage à des personnes qui n’ont pas la foi alors que tous les autres sacrements la requièrent devient de plus en plus incompréhensible. D’ailleurs, la plupart des sacrements de mariage sont aujourd’hui célébrés sans le rite eucharistique au motif du manque de pratique et de compréhension de ce sacrement (nouvelle incohérence).

Les accueillir sans jugement ouvre la porte à l’Evangile : Ils viennent à la préparation au mariage souvent avec la crainte que leur soit reprochée leur situation de conjugalité. Ils expriment souvent leur surprise que leur itinéraire de vie soit accueilli et qu’un chemin soit ouvert à partir de leur histoire : Au lieu d’entendre un discours moral, ils entendent une parole de témoins, alors la parole de Dieu devient davantage crédible. Nous croyons que nous avons à favoriser une expérience de « révélation » de Dieu, ce qui est toujours de l’ordre d’un surgissement qui ne nous appartient pas. L’inattendu de Dieu n’est pas au bout de nos efforts ou de notre prédication mais néanmoins nous pouvons préparer la route au Seigneur. Nous ne cherchons donc pas d’abord à leur donner un savoir religieux, mais à leur faire découvrir la source de leur soif comme Jésus dans son dialogue avec la Samaritaine.

L’accompagnement des couples mixtes est un défi : Au moins 50% des couples sont mixtes, baptisé et non baptisé, ou baptisé confessant la foi chrétienne et baptisé agnostique. De même, un peu moins de 10% sont des couples avec disparité de culte, islamo-chrétien ou judéo-chrétien. Les couples mixtes sont donc assez nombreux au sein des forces vives de nos communautés chrétiennes. C’est souvent ces conjoints qui provoquent les questionnements les plus pertinents dans les rencontres. La difficulté est ensuite de pouvoir leur offrir des espaces de partage et de cheminement durables. Mais ceci exige une véritable hospitalité et une expression de foi qui donne une vraie place à chacun dans son cheminement.

Le respect du sacrement et des personnes invite à explorer d’autres formes de célébration : Cela pourrait prendre la forme d’un catéchuménat en vue du mariage sacramentel, avec un cheminement et des étapes célébrées et la possibilité de ne pas aller jusqu’au sacrement. Une telle approche maintiendrait une présence de l’Eglise à cet instant important de la vie humaine et qui est un véritable terrain d’évangélisation et de mission. Déjà, beaucoup de prêtres et de diacres de la Mission de France et d’autres diocèses sont sollicités par des couples qui veulent donner une dimension profonde à leur engagement de couple, sans pour autant recevoir le sacrement car ils perçoivent que leur foi ne correspond pas en tout à celle de l’Eglise.

L’accompagnement des couples et des familles tout au long de la vie est nécessaire. C’est une grâce lorsqu’un mariage et une famille réussissent. Cela ne peut se réaliser sans le soutien de la communauté chrétienne. Nous soulignons en particulier les enjeux de dignité et d'égalité de l'homme et de la femme dans la transformation et la multiplication des modèles familiaux. En quoi une pastorale familiale liée au message de l'évangile et à la manière de faire de Jésus peut-elle aider à une conversion dans ce domaine?

 

II. Ce que donne à penser la rencontre des personnes séparées-divorcées-remariées :

Leur rapport à l’Eglise :

La manière dont l’Eglise se positionne en matière de doctrine sacramentelle est source d’une grande incompréhension et d’une véritable souffrance. La majorité prend de la distance vis-à-vis de l’Eglise et se cantonne au mieux dans une foi individuelle sans aucun lien avec d’autres croyants. Beaucoup se croient excommuniés. Même des chrétiens engagés ont bien souvent l’impression qu’il n’y a plus de place pour eux en paroisse quand on leur dit que plus aucune responsabilité pastorale ne peut leur être confiée.

Personne, à part une minorité qui en fait un chemin spirituel d’ascèse, ne comprend pourquoi le fait de se remarier (ce qui veut dire oser redonner sa confiance et son amour à quelqu’un) empêche de recevoir les sacrements, source d’amour et de pardon pour vivre en cohérence avec l’Evangile. Comment affirmer d’une part qu’un catholique ne peut vivre pleinement sa foi sans les sacrements et d’autre part dire à certains catholiques que la Parole de Dieu suffit ?

Quand dans une famille les parents se sentent rejetés ou pas compris par l’Eglise, leurs enfants en sont très marqués. Car comment pourraient-ils se sentir accueillis eux-mêmes si leurs parents ne le sont pas ? Certaines familles transmettent ainsi de génération en génération un anticléricalisme farouche et il faudrait beaucoup de rencontres personnelles positives avec des chrétiens, en particulier avec des prêtres, pour commencer un chemin de réconciliation.

Leur rapport à la foi :

Quand les personnes vivent l’épreuve de la séparation, du divorce, la foi est toujours éprouvée. Certains l’abandonnent car ils n’arrivent plus à concilier leur représentation d’un Dieu de toute bonté avec la réalité de la souffrance, du malheur et de la mort. Certains la redécouvrent plus vive, ayant vécu dans leur chair quelque chose de la mort et de la résurrection du Christ. Certains y viennent par conversion, ayant expérimenté quelque chose de la présence divine dans leur vie au cœur même de leur épreuve.

Il n’y a pas de vie sans passage par des formes d’errances, de non-sens, d’échecs… La relation vivante au Christ permet de découvrir que l’échec est une des dimensions du mystère Pascal que Lui-même a vécu. Ces chrétiens attendent de l’Eglise une attestation que leur vie n’est pas seulement un échec et que Dieu ne cesse de les mener à la vie, quel que soit le chemin engagé. La Bonne Nouvelle serait davantage audible pour eux si l’Eglise tenait davantage compte de l’expérience spirituelle, des conversions que chacun peut vivre à tout âge, et de ce que cela engage comme diversités de fidélités.

Le fait de connaître ou de rencontrer personnellement un prêtre ou des religieuses ou des chrétiens engagés est un grand soutien dans leur cheminement de foi. Les propositions de groupes de paroles sont aussi très appréciés car ils y trouvent une écoute sans jugement ce qui permet à chacun de faire du chemin et d’avancer en vérité. La Parole de Dieu et les sacrements deviennent pour eux révélation et présence de l’Amour manifesté en Jésus-Christ.

Leur rapport aux sacrements :

C’est la plupart du temps à cette étape de leur vie qu’ils découvrent que s’ils se remarient, ils ne pourront plus recevoir aucun des sacrements de l’Eglise. La première réaction est d’arrêter toute pratique religieuse ou de communier malgré tout. Pourquoi ? Parce que la théologie sacramentaire depuis Vatican II s’est déployée dans la logique de la Révélation d’un Dieu qui se donne à nous par amour car Il n’est lui-même qu’Amour. Les sacrements sont la manifestation en parole et en acte de la bonté de Dieu qui vient nous rejoindre en notre faiblesse pour nous donner sa force. Cet accent sur la bonté de Dieu plutôt que sur sa justice fait écho à la dimension affective sur laquelle s’appuie aujourd’hui essentiellement la construction d’un couple et d’une famille. Que l’Eglise ne puisse manifester la miséricorde de Dieu que par une interdiction est incompréhensible au point d’apparaître comme scandaleuse. Le fait que seules les personnes qui se remarient sont exclues des sacrements à vie est une autre source majeure d’incompréhension. Le message qu’elles comprennent est : « vous êtes des pécheurs impardonnables ». Or, elles ont traversé l’épreuve de la trahison, de la désillusion, de l’échec de ce à quoi elles croyaient de toutes leurs forces, elles ont fait tout un chemin de découverte d’elles-mêmes et de Dieu et un chemin de réconciliation au point de pouvoir à nouveau donner leur confiance et leur amour à quelqu’un d’autre et vivre. Ce chemin de mort et de résurrection, pourquoi ne peut-il être reconnu dans ce qu’il comporte aussi de grâce ?

Le fait de s’abstenir des sacrements est une situation tout à fait paradoxale pour un catholique qui se retrouve à vivre sa foi à la manière protestante, avec la seule parole de Dieu comme nourriture. Or les sacrements ont une dimension corporelle essentielle. La rencontre avec le Christ concerne notre être tout entier. Qu’engendrons-nous en privant délibérément des chrétiens de tous les sacrements sans aucun recours possible ? Ainsi demander à des personnes mariées de vivre en frère et sœur, n’est-ce pas amputer leur relation de cette dimension corporelle si indispensable à la vie d’un couple ? Le Christ lui-même n’a-t-il pas choisi de se donner sous une forme corporelle en disant : « prenez et mangez en tous » ?

La liberté de conscience que beaucoup prennent en la matière découle de la découverte de la Bonne Nouvelle du Christ-Jésus qui jamais ne condamne quiconque et qui paraît en totale contradiction avec l’actuelle pratique de l’Eglise en matière sacramentelle.

 

La simplification de la procédure de déclaration de nullité n’apparaît pas comme une bonne solution pour plusieurs raisons :

Le petit nombre de ceux qui y ont recours (actuellement cela représente 0.1% des divorces par an. Donc 99.9% n’y ont pas recours) le font car c’est la seule possibilité pour continuer d’avoir accès aux sacrements, s’ils désirent s’engager dans une autre relation matrimoniale.

Ce serait dévaloriser le sacrement de mariage que de continuer à le délivrer sans plus grand discernement et de le déclarer « nul » ensuite. Avoir recours de manière plus fréquente à cette pratique, c’est reconnaître qu’il y a un problème en amont, le fait de célébrer trop de mariage « nuls ». Or, nous avons déjà fait le constat que la plupart des couples qui demandent de se marier à l’Eglise, ne demandent pas le sacrement tel que l’Eglise le comprend.

Le terme « nullité » fait problème car s’il est pensé à un niveau juridique, les personnes l’entendent au niveau anthropologique. La logique de l’amour ne peut être enfermée dans la logique juridique. La plupart des personnes, même après l’échec très douloureux de la séparation, ne se voient pas déclarer nul le mariage auquel elles ont cru, les enfants qui en sont nés. Ce serait comme nier une partie de leur histoire. Beaucoup ne veulent pas faire vivre cela à leurs enfants. Il y a aussi la foi que Dieu accompagne son peuple dans les méandres de son histoire, et qu’il peut faire du neuf de l’ancien, sans effacer pour autant ce qui a été vécu (cf. l’histoire biblique de Jacob et de tout le peuple d’Israël).

Cela demande de l’énergie, du temps, de l’argent : c’est un obstacle pour beaucoup de personnes, en particulier parmi les plus modestes.

Positivement, cela demande d’inventer un autre type d’accompagnement et de reconnaissance qui mette l’accent sur tout ce que les personnes mettent en œuvre du point de vue humain et spirituel dans l’ordre du soin des relations, de la confiance, du pardon à partir de l’échec traversé et assumé. Cela demanderait aussi de ré-envisager des possibilités de réintégration sacramentelle.

L’expérience des temps de prière à l’occasion d’une nouvelle union :

Un texte d’orientation a été voté par les évêques de France en 2002 en faveur d’un temps de prière qui ne présente pas les signes extérieurs d’un mariage sacramentel.

La possibilité de ce temps de prière est l’occasion d’une préparation qui favorise un véritable cheminement de foi. Cela oblige les personnes à clarifier leur demande, à élaborer davantage leur projet de vie en prenant le temps de relire leur histoire, et en particulier l’histoire de leur première union. C’est aussi bien souvent l’occasion d’une catéchèse, d’un approfondissement de leur démarche chrétienne. Ceux qui accompagnent ces personnes le font sur plusieurs rencontres comme dans la préparation au mariage.

C’est une expérience dont il faudrait tirer davantage profit pour avancer pastoralement dans l’accompagnement des familles recomposées.

Les répercussions au niveau du catéchuménat

La doctrine actuelle de l’Eglise crée des obstacles insurmontables pour un certain nombre de catéchumènes, de plus en plus nombreux. Un exemple : un certain nombre vient justement à la foi grâce à son conjoint. Mais si ce dernier est divorcé, il faudrait que le catéchumène se sépare de lui pour avoir accès aux sacrements. Cela en est arrivé à un tel point qu’au lieu de pouvoir se réjouir d’accueillir de nouveaux catéchumènes, les acteurs pastoraux commencent par redouter qu’ils vivent dans des situations qui les empêchent de recevoir le baptême.

Il y a donc à repenser à nouveaux frais ce qui est demandé aux personnes qui demandent le baptême, comme lors du Concile de Jérusalem (Actes des Apôtres). Comme l’écrit le pape François : « Saint Thomas d’Aquin soulignait que les préceptes donnés par le Christ et par les Apôtres au Peule de Dieu « sont très peu nombreux » (citant saint Augustin), il notait qu’on doit exiger avec modération les préceptes ajoutés par l’Eglise postérieurement « pour ne pas alourdir la vie aux fidèles » et transformer notre religion en un esclavage, quand « la miséricorde de Dieu a voulu qu’elle fût libre ». Et le pape ajoute : « Cet avertissement, fait il y a plusieurs siècles, a une terrible actualité. Il devrait être un des critères à considérer au moment de penser une réforme de l’Eglise et de sa prédication qui permette réellement de parvenir à tous ».

 Ce que donne à penser la rencontre avec des familles engagées ou non en Eglise 

La notion de loi naturelle est difficilement compatible avec les soubassements anthropologiques de la société européenne qui voit l'homme comme un être en devenir et non comme ayant dans son être une loi préexistante. Cela favorise davantage une foi chrétienne qui voit la vie comme un passage à accompagner au lieu de la penser comme un idéal à réaliser. La réflexion de Philippe Bach, jésuite belge nous paraît essentielle à ce sujet : « Quel est le critère moral suivi par la grande majorité des chrétiens mariés de notre région? Il est simple : se rendre mutuellement heureux, s’épanouir ensemble, se faire du bien, grandir en humanité en se respectant dans ses différences. D’où le noyau des valeurs principales de la vie familiale : se parler, s’écouter, essayer de se comprendre, accepter les divergences de points de vue, se faire plaisir, tenter de dépasser les frustrations, durer si possible dans l’amour mutuel pour toujours. […] Elles dessinent ce qu’on pourrait appeler : la vie du désir.  C’est un premier obstacle à la « loi » naturelle qui évoque d’abord et avant tout l’obligation morale. […] Or les expressions : « précepte », « loi », « il faut », sonnent mal lorsqu’il s’agit d’éclairer la vie du désir. […] L’obligation morale intervient lorsqu’une difficulté se glisse dans le couple. Ils ne se comprennent  plus, s’énervent mutuellement, deviennent un peu des étrangers l’un pour l’autre… A ces moments, ils durent dans la relation « par devoir », en se remettant  en quelque sorte sous la loi, mais ils espèrent que le désir mutuel reprenne le dessus. Aborder le mariage par le biais de l’obligation, c’est l’envisager à partir de ses difficultés et non des sources de vie qu’il promeut. »

L’urgence est d’abord d’accueillir chacun tel qu’il est. Mettre en avant la « loi naturelle » pour juger de ce qui est régulier de ce qui ne l’est pas dans la vie des gens,  exclut par sa définition même, du statut de « famille » un grand nombre de situations et de réalités familiales (familles recomposées, famille monoparentales, familles homosexuelles…). Est-il vraiment possible de continuer à s’appuyer sur ce concept tout en voulant proposer la Bonne Nouvelle du Christ à tous ? Dans une société où la majorité des personnes n’a pas de relation personnelle au Christ, la manière dont le Christ rencontrait chacun peut être aussi la nôtre. Jésus ne demandait pas aux gens s’ils vivaient selon la loi, au contraire des pharisiens. Jésus les rejoignait dans leur désir de vie et de salut, à partir de leur situation réelle. C’est la relation au Christ qui peut conduire chacun à vivre davantage selon la loi divine de l’Amour. L’Amour n’est pas une forme idéale de vie à mettre en œuvre. Il est un chemin, une vérité à apprendre à connaître, à aimer et à servir.

L’invitation dans Humanae Vitae à ce que la régulation des naissances soit un choix fait en couple n’est pas connue. Dans beaucoup de familles chrétiennes, il y a très peu de dialogue à ce sujet et ce sont les femmes seules qui assument la question et choisissent le mode de contraception. Cette dimension a été occultée sans doute à cause des interdits concernant la contraception « non-naturelle ». Aujourd’hui, la majorité des chrétiens suivent tranquillement leur conscience sans  se préoccuper de ce que l’Eglise dit dans le domaine de la sexualité, car cela ne tient pas compte de la réalité, de ce qu’ils vivent au quotidien. Imposer une seule manière de faire en termes de régulation des naissances ne tient pas compte du fait que pour aimer une autre personne en vérité, cela demande beaucoup de dialogue, de connaissance de soi, de souplesse et de créativité pour s’ajuster à la différence.

La foi est une grâce à recevoir qu’on ne peut que proposer. Chaque parcours a une incidence sur l’entourage, mais cela reste mystérieux car personne ne réagit de la même façon. Ainsi, il y a des enfants, des jeunes, des adultes qui demandent le baptême alors que leurs parents se disent athées ou agnostiques. Par ailleurs, il y a des enfants, des jeunes qui se détournent de l’Eglise alors que leurs parents sont des chrétiens engagés dans une vie profondément cohérente avec leur foi. Certains y reviendront plus tard, quand ce sera l’occasion de réfléchir davantage au sens de leur vie. C’est le non-respect, le manque de confiance, l’absence d’amour, un légalisme intransigeant qui peuvent faire obstacle à la révélation de l’amour inconditionnel du Christ.

Dire que le sacrement de mariage représente l’union du Christ avec l’Eglise est aujourd’hui perçu comme démesuré, y compris par les couples chrétiens engagés fidèles. Le « démesuré » est en fait signifié par cette interdiction des sacrements pour ceux qui contractent une nouvelle union. L’indissolubilité n’est pas ce qui est remis en cause. Il y a à penser une indissolubilité du premier mariage qui laisse en même temps une porte pour ceux qui ne peuvent le vivre jusqu’au bout, et qui découvrent la profondeur de la foi lors d’une deuxième union.

 

CONCLUSION

Le temps est venu de ré-ouvrir le chantier pastoral et théologique de la sacramentaire afin que tous ceux qui ont rencontré le Christ crucifié et ressuscité et vivent de sa parole, puissent aussi en recevoir la présence corporelle. Il est temps de mettre fin à toutes les incohérences juridiques, théologiques et pastorales qui brouillent les repères de tout le monde et repenser l’accès aux sacrements selon des critères renouvelés (qui tiennent compte des dimensions historiques et relationnelles), afin de rester fidèles à l’Esprit Saint qui ne cesse de faire toutes choses nouvelles pour que l’Amour de Dieu continue de remplir les cœurs.

 

Continuer de susciter des chemins pour que la Bonne Nouvelle soit vraiment perçue comme telle par tous, ce qui veut dire en premier lieu par les plus pauvres, tel est notre désir le plus vif.

Contacts :

Arnaud Favart, vicaire général, vicairegeneral-mdf@sfr.fr

Marie-Odile Pontier, coordinatrice des réseaux, reseaux-cmdf@club-internet.fr

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http://catholique-mission-de-france.cef.fr/

 

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 12:09

SteFamille

A première lecture, la sainte famille semble une famille bourlinguée, une famille de réfugiés, comme tous ces expulsés, ces sans papier, chassés de leur pays par la guerre, la famine, le chômage ou la dictature. C’est vrai, et c’est hélas toujours d’actualité. Et puis une relecture plus réfléchie se souvient que Jésus descend en Égypte comme son peuple qui s’y était réfugié des siècles auparavant pour fuir la famine. Et que Jésus sort d’Egypte comme son peuple en sortit libéré avec Moïse. Comme si l’Evangile voulait nous dire que Jésus assume toute l’histoire de son peuple, qu’il vient récapituler dans son existence humaine les heures de souffrance et la soif de liberté de son peuple.

Gérard Bessière a quelques mots concrets sur ce qu’il appelle la Sainte Famille errante : “Fuite, exil, retour hésitant, recherche d’une terre d’asile… un nouveau-né qui est déjà un réfugié politique ? C’est clair : il nous est dit dès sa naissance que tous les pouvoirs se sentiront menacés par lui et chercheront à l’éliminer…

Jésus, par l’Égypte, refait l’itinéraire de son peuple autrefois : Exode et Pâques seront en lui pour toujours. Il bouleversera les préjugés, les conformismes, …, toutes les barrières, pour faire renaître les hommes dans la rencontre aimante de Dieu et de tous. De lui-même, il dira qu’il est « chemin »… Impossible de jamais s’asseoir, de jamais figer « l’ordre », avec ce vagabond qui parle toujours d’aller plus loin.”

Alors moi j’ai envie de vous inviter à le chercher là où il est, c’est à dire dans la discrétion du quotidien. C’est parfois longtemps après que l’on comprend par où il a voulu nous conduire. J’insiste parce que cette attention au quotidien pour trouver Dieu est la mission de l’Eglise depuis toujours, mais elle n’est pas naturelle. C’est tellement réconfortant de chercher Dieu dans le merveilleux. C’est si tentant de s’évader de ce quotidien tellement banal, dur ou triste et de se réfugier dans le gentillet. C’est peut-être pour ça que Noël est beaucoup plus fêté que Pâques.

Ceci dit, ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on cherche Dieu dans le merveilleux : les évangiles apocryphes il y a 20 siècles, c’était déjà ça. Mais chaque fois qu’on cède à cette tentation, c’est qu’on a un regard pessimiste sur l’homme, alors que la foi chrétienne dit qu’il est Fils de Dieu. Quand on cherche Dieu Baguette magique, – ça peut arriver – c’est qu’on n’assume plus très bien notre condition d’homme où chacun doit prendre ses responsabilités et sa place, modeste mais nécessaire.

Deux leçons bien concrètes dans l’évangile que je viens de lire :

- La première : invitation à une confiance totale dans la Parole de Dieu, malgré l’obscurité de la foi, et au creux même de l’insécurité. Dans l’odeur de mort qui rôde autour de l’enfant Jésus, une espérance se lève. Ce n’est pas en sortant de nos situations difficiles qu’on accomplit la volonté de Dieu. C’est en découvrant la force désarmée du petit de Bethléem qui vient nous y rejoindre et nous garder de la désespérance.

- Le second enseignement, c’est le fantastique appel à la responsabilité que contient cet évangile. Jésus, Dieu sauve, ne se défend pas lui-même. Il se remet entre les mains de ces croyants que sont Joseph et Marie. Immense respect de l’homme ! Immense responsabilité de l’homme ! Dieu veut la vie et confie cette tâche à des hommes et des femmes engagés, les parents en première ligne

Voulez-vous quelques vœux : il sont contenus dans ce que je viens de dire. Mais ils seront plus précis avec ces quelques mots de Gabriel Ringlet dans L’évangile d’un libre penseur : “Placer Dieu très haut, voilà le chemin habituel. Et c’est beau. Mais on connaît le danger, pour l’homme surtout. Et pour Dieu. Placer l’homme sur un piédestal mérite aussi admiration. Avec le risque d’enfermer l’homme dans l’homme. Jésus refuse de choisir entre ces deux «hauteurs» ou, plus exactement, il garde les deux : passionné par la cause de Dieu et passionné par la cause de l’homme, il prend la double nationalité, faisant ainsi du christianisme une religion qui se veut à la fois une affirmation radicale de Dieu et une affirmation radicale de l’homme.”

Je vous souhaite donc la double nationalité. 

Robert Tireau, Prêtre du Diocèse de Rennes

 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 10:30

Hanouka

Les familles juives ne célèbrent pas Noël, mais elles ont également une fête à célébrer en décembre : pendant Hanouka, la fête des lumières, chacun allume une bougie d'un chandelier à huit branches, chaque soir de la semaine.

Cette coutume commémore la reconquête de l'Israël au IIè siècle avant J.C., dirigée à l'époque par un roi gréco-syrien : Antochius.

Il avait profané le temple de Jérusalem et voulait imposer au peuple juif l'adoration de divinités grecques. Judas Maccabée incita ses compatriotes juifs à se révolter et réussirent à chasser les Syriens de Jérusalem.

Hanouka est célébrée l'honneur de cette victoire.

Le chandelier à huit branches rappelle le miracle d'une petite fiole contenant assez d'huile pour une journée qui avait été trouvée dans les débris du temple de Jérusalem aprés sa destruction, et qui aurait miraculeusement permis d'illuminer le chandelier pendant huit jours...

Pendant Hanouka, on s'échange un cadeau par jour pendant huit jours, et les enfants juifs reçoivent traditionnellement une toupie marquée de quatre initiales hébraïques qui signifient "ce fut là un grand miracle". 

 

Première Bougie : La Hanoukia

Deuxième Bougie : La lumière

Troisième bougie: Le miracle

Quatrième bougie : Shabath

Cinquième bougie : L'Heroïsme

Sixième bougie : La langue Hébraïque

Septième bougie: La solidarité Juive

 

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 17:25

A 08 carte bonne fete enfant

Sylvie est un prénom issu du latin « silva », la forêt.
C'était aussi le nom donné, dans la mythologie romaine, à la mère de Romulus et Remus, Rhea Silvia, symbole de la Terre nourricière. Ce prénom apparaît dans l'Antiquité mais ne semble pas avoir été fréquemment attribué. Disparu ensuite de l'usage, il ne refit surface que tardivement, au XVIIIe siècle, bien que de nombreux poètes de la Renaissance s'en soient servi de façon littéraire. Sylvie (Sylvia) a eu beaucoup de succès en Angleterre dans les années 1930. En France, entre 1950 et 1975, il a connu une sorte de triomphe, restant plus de vingt ans au palmarès des prénoms, et y occupant plusieurs fois la première place. Cette remarquable faveur est aujourd'hui oubliée. Sylvie est redevenu très discret. Sainte Sylvie, une aristocrate romaine du VIe siècle, joua un rôle important dans la conversion et l'éducation religieuse de son fils, le futur pape Grégoire le Grand.

 

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 16:02

Brunin

À l’occasion de la sortie de son livre sur « la nouvelle donne » des familles, Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre et président du conseil Famille et société de l’Église de France, rappelle que le désir de réussir sa vie de famille est partagé par tous.

La famille, une priorité pour la société de demain

  « Il faut cesser de penser que l’Église ne s’intéresse qu’aux familles qui correspondent à un idéal »,  écrivez-vous dans votre livre (1). Pourquoi? 

  Mgr Jean-Luc Brunin: Parce qu’il n’y a pas un « modèle » de famille selon l’Église catholique, même si la famille fondée sur un couple marié et fidèle reste l’idéal d’épanouissement que propose l’Église!

 Comment l’Église peut-elle, à la fois,  « tenir compte de la complexité et de la diversité des situations »  et promouvoir  « une conception de la famille qu’elle tient de la Révélation chrétienne »  ? 

 Mgr J.-L. B.: Dans une société qui ne fait plus majoritairement référence à la tradition chrétienne, l’Église se trouve mise au défi de montrer concrètement, à partir de ce qu’elle reçoit de la Révélation, ce que signifie « faire famille » de manière équilibrante et épanouissante. Car les Français restent très attachés à l’idée de réussir la vie de famille , mais ils doutent que cela soit encore possible.

 Par quoi cette réussite passe-t-elle? 

 Mgr J.-L. B.: D’abord, par le cadre du mariage, en tant qu’il est le fondement de toute vie familiale et non pas simplement une ritualisation du sentiment. Cela passe aussi par une inscription dans la lignée générationnelle, face à la tentation de nucléarisation du couple. Enfin, cela passe par l’apprentissage de l’altérité, de la fraternité et de la gratuité. Des parents aiment leurs enfants d’un amour gratuit et cela permet à l’enfant de développer en lui ce que les générations antérieures ont accumulé de possibilités d’adaptation…

Cela dit, il y a toujours moyen de « faire famille » en dépit des divers accidents: échec conjugal, maladie, veuvage, perte d’un enfant, chômage… Ce qui est certain, c’est que ce désir est partagé par tous, pas seulement ceux qui confessent la foi chrétienne. C’est pour cela qu’il faut explorer le concept d’espace tiers entre la société et l’Église, un peu comme un « Parvis des gentils » pour les familles qui sont préoccupées par le sens de la vie.

 Comment verriez-vous la mise en œuvre d’un tel « Parvis des gentils » pour les familles? 

 Mgr J.-L. B.: Nous devons faire preuve d’imagination, mais déjà des réalisations existent dans certains diocèses: maison de la famille, journées des familles, récollections ouvertes aux parents et aux enfants, sans oublier les Associations familiales catholiques (AFC) qui, à travers leurs réseaux d’éducation pour parents, ouvrent des espaces de parole. Au Havre, quatre groupes AFC – pour les mères isolées, pour les pères et deux autres s’intéressant aux enfants et aux adolescents – font pleinement partie de la pastorale diocésaine, même s’ils attirent bien plus largement que les familles catholiques.

 Comment prêter une plus grande attention aux personnes séparées, divorcées, remariées  ? 

 Mgr J.-L. B.: Il faut pouvoir améliorer leur accueil ecclésial et leur accompagnement. Au Havre, nous avons lancé depuis un an un groupe de travail pour sensibiliser les communautés en ce sens et aider les personnes divorcées à continuer un chemin avec Dieu, sans se focaliser sur le fait de ne pas pouvoir accéder à la table eucharistique.

 Le ministre de l’éducation, Vincent Peillon, dans son livre  La Révolution française n’est pas terminée  (Seuil, 2008), écrivait que le  « rôle privilégié de l’école est de dépouiller l’enfant de toutes ses attaches prérépublicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen ».  Comment comprenez-vous une telle déclaration? 

 Mgr J.-L. B.: Elle se fonde sur une conception qui relève du siècle des Lumières, à une époque où on réduisait l’homme à sa raison, qu’il fallait éclairer par l’instruction. Or, on ne devient un sujet libre qu’au cœur des appartenances diverses qui nous socialisent. C’est le but de l’acte éducatif, dont les parents demeurent les premiers responsables. Certes, l’école va apporter des compléments d’éducation, mais il y a des fondamentaux qui sont portés par la famille, car elle est la première communauté éducative et c’est là que l’on apprend, entre autres, à se respecter, à se supporter et à se pardonner.

 La note      Poursuivre le dialogue,  rédigée, après le vote du « mariage pour tous », par le conseil que vous présidez à l’intention des délégués diocésains à la pastorale familiale a été jugée trop tolérante par certains. Que leur répondez-vous? 

 Mgr J.-L. B.: Le dialogue n’est pas une stratégie mais une manière fondamentale pour les chrétiens d’habiter la société et de témoigner de la richesse que porte l’Évangile. Nous sommes dans un temps favorable pour promouvoir ce que la foi propose aux familles. Cela requiert de la part des chrétiens de s’interroger davantage sur ce qu’ils donnent à voir dumariage et de la famille.

RECUEILLI PAR CLAIRE LESEGRETAIN

(1) Les Familles, l’Église et la Société: la nouvelle donne, entretiens avec Christophe Henning, Bayard, 173 p., 16 €.

 

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 10:26

audience

Des dizaines de milliers de personnes de plusieurs pays ont participé à l’audience générale mercredi 18 septembre au matin. Un nouveau bain de foule plein de gaîté et de chaleur pour le pape François qui, toujours souriant, est arrivé à bord de sa jeep découverte pour faire le tour de la place, bénir les fidèles et embrasser les enfants, alors que la foule l’acclamait en criant : « François, tu es l’un d’entre nous ». Poursuivant sa catéchèse sur le mystère de l’Église, le Souverain Pontife a, cette semaine encore, comparé l’Église à une bonne mère de famille qui indique à ses enfants la route à suivre dans la vie et qui les remet entre les mains de Dieu avec patience, miséricorde et compréhension.

Le pape François a comparé l’Église à une mère miséricordieuse qui ne ferme jamais ses portes, une mère qui défend ses enfants et leur pardonne, avec tendresse, affection et amour. Car parfois ceux-ci s’écartent du droit chemin ou empruntent des routes qui portent vers un abîme ; elle n’a pas peur d’entrer dans leur nuit pour redonner l’espoir. Elle sait ce qui est bon pour eux, non pas grâce aux livres ; c’est son cœur qui le lui dit.

Comme une mère a souligné le Saint-Père, l’Église comprend, encourage, et s’efforce d’aider ses enfants qui ont commis des erreurs, y compris ceux qui sont tombés dans un gouffre profond. Elle ne juge pas, mais elle offre le pardon de Dieu, son amour qui aide à revenir sur le droit chemin. Comme une mère, elle sait frapper à toutes les portes, et surtout à celle du cœur de Dieu. 

Penser les dix commandements de manière positive

Le pape François a par ailleurs invité les fidèles à ne pas percevoir les dix commandements comme une série de normes ou d’interdits, mais comme l’expression de la tendresse de Dieu et de l’Église qui aide les chrétiens à devenir adultes et à assumer leurs responsabilités. Le Souverain Pontife a invité les fidèles à lire les dix commandements et à les penser de manière positive : ils nous parlent de notre comportement vis-à-vis de Dieu, des autres, de nous-mêmes. 

Ils nous invitent à ne pas avoir d’idoles matérielles qui nous rendent esclaves, à être honnête à respecter les autres. Essayez de les voir comme les enseignements d’une mère qui veut le bien de ses enfants, a-t-il insisté, avant d’avoir une pensée particulière pour les mères des détenus qui souffrent parce que leurs enfants sont en prison.

Elles ne se demandent pas s’ils sont coupables ou pas ; elles continuent à les aimer et sont prêtes à subir des humiliations sans crainte. Et le pape François a invité toutes les mères à continuer de prier pour leurs enfants. Le Seigneur ne reste pas insensible. Il sait toujours nous surprendre a-t-il conclu.

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 07:37

vieil homme   

Dans ce monde où la perte d’autonomie devient vite dégradante cette lettre nous redit des mots « d’amour » bien ajustés !

"Si un jour tu me vois vieux, si je me salis quand je mange et que je ne réussis pas à m’habiller, sois compréhensif, souviens toi du temps que j’ai passé à t’apprendre.

Si quand je parle avec toi je répète toujours les mêmes choses, ne m’interromps pas, écoute moi, quand tu étais petit je devais te raconter chaque soir la même histoire avant que tu ne t’endormes.

Quand je ne veux pas me laver, ne me fais pas honte, souviens toi quand je devais te courir après en inventant mille excuses pour que tu ailles au bain.

Quand tu vois mon ignorance pour les nouvelles technologies, donne-moi le temps nécessaire et ne me regarde pas avec ce sourire ironique, j’ai eu tant de patience pour t’apprendre l’alphabet.

Quand par moment je n’arrive pas à me souvenir ou que je perds le fil de la conversation, donne-moi le temps nécessaire à retrouver la mémoire et si je n’y arrive pas ne t’énerve pas, la chose la plus importante n’est pas ce que je dis mais le besoin d’être avec toi et de t’avoir là à m’écouter.

Quand mes jambes fatiguées n’arrivent plus à tenir la cadence de tes pas, ne me considère pas comme un boulet, viens vers moi et offre-moi la force de tes bras comme je l’ai fait lorsque tu as fait tes premiers pas.

Quand je dis que j’aimerais être mort, ne te fâche pas, un jour tu comprendras ce qui me pousse à le dire. Essaie de comprendre qu’à mon âge on ne vit pas on survit.

Un jour tu découvriras que malgré mes erreurs je n’ai toujours voulu que le meilleur pour toi, que j’ai tenté de te préparer la route.

Donne-moi un peu de ton temps, donne-moi un peu de ta patience, donne-moi une épaule sur laquelle poser ma tête de la même façon que je l’ai fait pour toi.

Aide-moi à avancer, aide-moi à finir mes jours avec amour et compréhension, en échange je n’aurai que mon sourire et l’immense amour que j’ai toujours eu pour toi.

Je t’aime mon fils" 

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