Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 12:51
Photo: Paula Kindsvater CC BY-SA 4.0

Photo: Paula Kindsvater CC BY-SA 4.0

Les droits des femmes et l’égalité des sexes vont occuper le devant de la scène en 2020.

La célébration de la Journée internationale des femmes à l’ONU

le 6 mars 2020, de 10 h à 13 h

Vingt-cinq ans après l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing – une feuille de route pour favoriser l’égalité des sexes – le moment est venu de faire le point sur les progrès accomplis et de combler les lacunes qui subsistent en prenant des mesures audacieuses et décisives.

Le thème de cette année pour la Journée internationale des femmes (le 8 mars) est « Je suis de la Génération Égalité : Pour les droits des femmes et un futur égalitaire ».

La campagne Génération Égalité rassemble des personnes de tous sexes, âges, ethnicités, races, religions et pays, afin qu’elles prennent des actions qui feront advenir un monde dans lequel règne l’égalité des sexes que nous méritons tous.

Ensemble, nous voulons nous mobiliser afin de mettre fin à la violence basée sur le genre ; nous lançons un appel en faveur de la justice économique et des droits pour toutes et tous ; de l’autonomie corporelle et de la santé sexuelle et reproductive et des droits ; et de l’action féministe pour la justice climatique. Nous voulons utiliser la technologie et l’innovation pour favoriser l’égalité des sexes et le leadership féministe.

Les petites actions peuvent créer des impacts importants dans l’avènement de cette vision. À l’occasion de la Journée internationale des femmes, joignez-vous à la #GénérationÉgalité et participez au mouvement.

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
25 avril 2019 4 25 /04 /avril /2019 12:53
« Les femmes, les hommes et Dieu » par Christian BOBIN

« …Les hommes ont peur des femmes. C'est une peur qui leur vient d'aussi loin que leur vie. C'est une peur du premier jour qui n'est pas seulement peur du corps, du visage et du cœur de la femme, qui est aussi bien peur de la vie et peur de Dieu. Car ces trois-là se tiennent de près — la femme, la vie et Dieu. Qu'est-ce qu'une femme ? Personne ne sait répondre à cette question, pas même Dieu qui pourtant les connaît pour avoir été engendré par elles, nourri par elles, bercé par elles, veillé et consolé par elles. Les femmes ne sont pas Dieu. Les femmes ne sont pas tout à fait Dieu. Il leur manque très peu pour l'être. Il leur manque beaucoup moins qu'à l'homme. Les femmes sont la vie en tant que la vie est au plus près du rire de Dieu. Les femmes ont la vie en garde pendant l'absence de Dieu, elles ont en charge le sentiment limpide de la vie éphémère, la sensation de base de la vie éternelle. Et les hommes, ne pouvant dépasser leur crainte des femmes, croyant la dépasser dans des séductions, des guerres ou des travaux, mais ne la dépassant jamais réellement les hommes, ayant une peur éternelle des femmes, se condamnent éternellement à ne presque rien connaître d'elles, presque rien goûter de la vie et de Dieu. Parce que ce sont les hommes qui font les Eglises, il est inévitable que les Eglises se méfient des femmes, comme d'ailleurs elles se méfient de Dieu, cherchant à apprivoiser celles-ci et celui-là, cherchant à contenir la vie en crue dans le lit bien sage des préceptes et des rites. Et sur ce point, l'Eglise de Rome ressemble à toutes les autres. En 1310, moins d'un siècle après la mort de François d'Assise, elle brûle une femme, Marguerite Porete, pour son livre, « le Miroir des âmes simples et anéanties ». Dans ce livre il n'y a rien que François d'Assise n'eût pu signer, rien de plus que ce qu'il disait sans le dire — en chantant. Dans ce livre elle n'emprunte pas au latin des prêtres mais au provençal des troubadours, qui est langue des moineaux et des princes, langue famélique de la surabondance d'amour. Elle ne s'adresse ni au Très-Haut ni au Très-Bas. Elle s'adresse au Loin-Près. Elle parle à Dieu en lui donnant ce nom que toutes les femmes pourraient donner à leur mari : le loin-près…. »

 

Partager cet article

Repost0
27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 06:51
Le diaconat pour les femmes ?

La théologienne Phyllis Zagano,connue pour son appui au diaconat pour les femmes, fera partie de la commission sur ce sujet crée par le pape François le 2 août 2016. Photo: St. Pheobe Centre for the History of the Deaconess

Le 12 mai 2016, lors de l’assemblée de l’Union internationale des supérieures générales des communautés religieuses féminines à Rome, le pape François avait évoqué la possibilité de créer une commission chargée de clarifier la question du diaconat des femmes. La composition de cette dernière, dont il faut saluer la parité, a été annoncée le 2 août dernier : six hommes et six femmes d’orientations théologiques diverses ont été nommés, incluant Phyllis Zagano, une théologienne américaine reconnue pour son expertise et ses publications favorables au diaconat pour les femmes.

Le diaconat est une pratique qu’on trouve présente dans les toutes premières communautés chrétiennes. Exercée alors aussi par les femmes, cette pratique tombera en déclin avec l’expansion du christianisme et la création des monastères qui prirent en charge le service des pauvres, un rôle important jusqu’alors assumé par les diacres. L’Église catholique, lors du concile Vatican II, a certes réactivé l’accès au diaconat permanent pour des rôles « de la liturgie, de la Parole et de la charité » (droit canon, can.1009, § 3) mais en le réservant uniquement aux hommes.

Depuis, l’élargissement du diaconat aux femmes a été demandé à plusieurs reprises (notamment par l’épiscopat du Québec et du Canada, la plus récente demande ayant été faite par Mgr Paul-André Durocher, en octobre 2015, lors du Synode sur la famille). Il faut dire que la situation actuelle est aussi inacceptable qu’absurde, compte tenu du fait que les épouses des diacres sont obligées de suivre la même formation alors qu’on leur refuse ensuite l’ordination conséquente. Un blocage institutionnel qui est par ailleurs d’autant plus incompréhensible que l’Église catholique reconnaît les sacrements et les ordres des Églises orthodoxes qui n’ont jamais interdit l’ordination des diaconesses et dont certaines l’ont même officiellement restauré au XXIe siècle. L’Église catholique se trouve ainsi à reconnaître les femmes diacres dans d’autres Églises tout en le refusant aux femmes catholiques. Une incohérence qui lui est reprochée et un argument qui est invoqué pour que la hiérarchie vaticane évolue vers la reconnaissance de l’ordination diaconale des femmes.

De plus, des nombreuses études réalisées sur le sujet, aucune n’a conclu à l’impossibilité de l’accès des femmes à ce ministère et plusieurs confirment sa faisabilité depuis longtemps, ce que le pape François a d’ailleurs lui-même reconnu. Il faut souhaiter, comme le fait Phyllis Zagano, que la démarche de la Commission qui vient d’être créée soit moins de documenter le sujet que de s’engager une bonne fois pour toutes dans un véritable discernement sur la réactualisation de cette tradition pour l’Église catholique d’aujourd’hui. Une réactualisation dont l’un des enjeux devra être la réalisation d’une véritable égalité entre hommes et femmes dans la forme et la reconnaissance de ce ministère ordonné.

Les commissions précédentes (notamment dans les années 1980 et en 2001) ne sont pas parvenues à trancher en faveur du diaconat pour les femmes, en bonne partie par crainte que cela ne leur ouvre l’accès à l’ordination sacerdotale. Aujourd’hui, cet obstacle risque d’intervenir plus marginalement. En effet, en décembre 2009, le pape Benoît XVI, par le motu proprio Omnium in mentem, a ajouté un paragraphe dans le droit canon qui distingue explicitement l’ordination diaconale de l’ordination sacerdotale, ce qui renforce le statut ministériel permanent du diaconat et fait en sorte que l’accession des femmes au diaconat ne puisse constituer une étape vers la prêtrise.

Pour celles et ceux qui croient que les femmes devraient être admises et reconnues dans l’ensemble des fonctions et des ministères de l’Église, une éventuelle recommandation de la commission favorable au diaconat des femmes sera certainement saluée comme la réparation d’une injustice et l’aboutissement de la résistance et de la patience infinie des femmes – qui exercent souvent déjà leur vocation dans l’Église sans la reconnaissance institutionnelle que confère l’ordination diaconale. Cette décision ne s’inscrira malheureusement pas dans une prise de conscience plus large par l’institution de sa dynamique patriarcale et ne constituera pas une étape vers la pleine reconnaissance des femmes dans toutes les sphères de la vie ecclésiale, sans exception.

Elisabeth GARANT

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 08:32
8 mars : journée internationale de la femme - Les cinq phrases marquantes du pape François sur les femmes

Le pape François discute avec deux jeunes femmes, lors de l'audience générale du mercredi au Vatican. / M.MIGLIORATO/CPP/CIRIC/

Les phrases « choc » sont une marque de fabrique du pape argentin. À l’occasion du dossier de La Croix sur les femmes dans l’Église, retour sur les cinq phrases les plus mémorables du Saint-Père à propos de la gent féminine.

► « Les femmes ont été les premières à croire »

3 avril 2013. Fraîchement élu, le pape François reprend le cycle de catéchèse pour l’Année de la foi, initiée par son prédécesseur Benoît XVI. Et il affirme avec insistance le « rôle primordial, fondamental » des femmes dans la compréhension de la foi.

Les « premières à croire » dont parle le Saint Père, ce sont les femmes qui, dans l’Évangile, découvrent les premières le tombeau vide du Christ au matin de la Résurrection. Devant ce tombeau, « les apôtres ont eu du mal à croire, mais pas les femmes », explique le nouveau pape.

Il souligne encore le rôle des femmes dans la transmission de la foi, aux débuts de l’Église et tout au long de son histoire. « C’est beau, c’est un peu la mission des femmes, des mamans, de donner ce témoignage ! », conclut-il.

► « La femme est la plus belle chose que Dieu ait créé »

À la fin du mois de juin 2014, le pape accorde une interview au journal italien Il Messaggero. Interrogé, entre autres, sur le rôle des femmes, il répond : « La femme est la plus belle chose que Dieu ait créé. L’Église est femme. ’’Église’’ est un mot féminin. Il n’y a pas de théologie possible sans cette féminité. » Avant de reconnaître la nécessité d’approfondir une « théologie de la femme », un vœu qu’il renouvellera à plusieurs reprises par la suite.

► « Les femmes sont comme les fraises sur un gâteau : il en faut toujours plus ! »

C’est l’une de ces phrases à la tournure surprenante dont le pape François a le secret, et qui ont fait son succès médiatique. Dans les médias d’ailleurs, cette sortie fait mouche une fois de plus. Et pourtant, le message est on ne peut plus sérieux : le pape veut plus de théologiennes.

Le 5 décembre 2014, le pape prononce un discours devant la Commission théologique internationale, et regrette que les femmes soient « encore peu nombreuses » en son sein, bien que leur nombre soit passé de deux à cinq (sur trente) quelques mois plus tôt.

Aux 25 autres membres de la Commission, il conseille de « tirer le meilleur profit » de « l’apport spécifique des femmes à l’intelligence de la foi ». « En vertu de leur génie féminin, insiste encore le Saint Père, les théologiennes peuvent relever certains aspects inexplorables de l’insondable mystère du Christ ».

► « Je suis convaincu de l’urgence d’offrir des espaces aux femmes dans la vie de l’Église »

Le 7 février 2015, le pape prononce un discours à l’occasion de l’Assemblée plénière du conseil pontifical de la culture, qui s’interroge sur le « regard féminin », et le rôle des femmes dans l’Église.

Après avoir fait l’éloge de « la réciprocité dans l’équivalence et la différence » entre l’homme et la femme, « de façon à satisfaire véritablement la plénitude de la personne », le pape appelle à « une présence féminine plus capillaire et incisive dans les communautés, afin que nous puissions voir beaucoup de femmes impliquées dans les responsabilités pastorales ».

► « Un monde où les femmes sont marginalisées est un monde stérile »

Le 8 mars 2015, Journée de la femme, le pape termine son Angelus par un salut à « toutes les femmes qui chaque jour essayent de construire une société plus humaine et accueillante ». Le Saint Père voit dans cette journée « l’occasion de confirmer l’importance des femmes et la nécessité de leur présence dans la vie, dans la société ».

« Les femmes non seulement donnent la vie, mais elles nous transmettent la capacité de voir au-delà, affirme le pape au balcon de la place Saint-Pierre. Elles nous transmettent cette capacité de comprendre le monde avec des yeux différents, d’entendre, de voir des choses avec un cœur plus créatif, plus patient, plus tendre ».

Gauthier Vaillant

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 18:30
Afghanistan : les poétesses de l'impossible risquent leur vie

En Afghanistan à Kandahar, fief des talibans, un groupe de femmes, la Mirman Bahir (La Tendance des dames), se réunit dans le plus grand secret pour s’adonner a leur passion, écrire et lire de la poésie.

Le patriarcat domine la culture des Pachtounes, qui représentent aujourd’hui environ 42% de la population afghane. Dans leurs «landay», courts poèmes, ces poétesses (étudiantes, mères de famille, célibataires…) dénoncent le sort réservé aux femmes. Leurs textes abordent aussi bien l'amour, la vie de couple, les peines de cœur, le sexe que les mariages des fillettes. Ou les crimes d'honneur.

Les membres de Mirman Bahir savent qu’écrire des vers, qui plus est sur des sujets aussi tabous, est un acte de courage. Mais qui les condamne à être rejetées par la société, comme l’explique Nadia: «Qui voudra épouser une femme qui écrit des poèmes ? En général, les gens se disent, si elle écrit sur l'amour, ça doit être une femme de petite vertu».

Ce que confirme le poète afghan Wahid Warasta : «Les femmes qui osent chanter ou réciter des poèmes en public risquent d'être traitées de prostituées. Mais la vraie prostitution est dans la tête de ceux qui les appellent comme ça».

Exécutions d’honneur interdites
Pour ces raisons, certaines femmes du groupe n’osent pas se rendre aux réunions et préfèrent laisser leurs poèmes sur son répondeur téléphonique. Malgré ces précautions, une jeune poétesse, originaire du sud du pays, s’est immolée par le feu en 2010 après avoir été surprise par ses frères. Ceux-ci pensaient que ses textes étaient destinés à un garçon.

Pourtant, le gouvernement afghan tente de faire évoluer les mentalités. Il a ainsi interdit officiellement les exécutions d'honneur. Et une loi criminalisant les mariages forcés et le viol, a été votée en 2009. Mais celle-ci est rarement appliquée.

Le 30 juin 2015, le président Ashraf Ghani a nommé pour la première fois une femme à la Cour suprême, la magistrate Anissa Rassouli. Il a aussi demandé à «tous les ministres de nommer au moins une femme à un poste de vice-ministre». Si d’autres ont pu accéder à des postes comme députées, chefs d'entreprises ou pilotes d'avion, la grande majorité reste sous la coupe des hommes. Pour ces derniers, elles sont «Naqis-ul-aqal», dotées de facultés limitées.

Le sort des Afghanes s'est amélioré depuis la chute du régime islamiste des talibans en 2001. Mais la lapidation pour adultère reste pratiquée dans les régions toujours tenues par les fondamentalistes musulmans. En 2013, cette pratique d’un autre âge a failli être réintroduite dans la loi. Preuve que pour la plupart des femmes, l’égalité des sexes est encore une utopie.

«Education libre et obligatoire»
Cependant, tout espoir n’est pas forcément perdu, comme le montre le combat de Malala Yousafzai pour «une éducation libre et obligatoire pour chaque enfant dans le monde». Un combat qui pourrait contribuer à faire avancer la cause des femmes.

Plus jeune prix Nobel de la paix (17 ans), elle avait été victime d’une tentative d’assassinat par les talibans le 9 octobre 2012. Ceux-ci entendaient la punir pour son action en faveur du droit à l'éducation des jeunes filles. Son père lui avait donné le nom de Malala, en hommage à la poétesse et guerrière Malala de Maiwand, figure de la résistance afghane. Tout un symbole.

Laurent Filippi

GEOPOLIS

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 19:38
L’Eglise défend la différence hommes-femmes, mais sait-elle la vivre ?

Alors que le Saint-Siège vient de publier un décret révisant les règles pour le rituel du lavement des pieds du Jeudi Saint, pour qu’il ne soit plus réservé aux hommes mais « représente la variété et l’unité de chaque portion du peuple de Dieu », le supplément féminin de L’Osservatore Romano s'intéresse à la complémentarité entre les sexes dans l'Eglise. Sans prendre de gants.

L’Église défend la différence des sexes mais sait-elle la vivre ? Telle est la question soulevée par le mensuel féminin Donne Chiesa Mondo, supplément du journal du Vatican l’Osservatore Romano. Dans l’éditorial du dossier, la directrice de la publication, Lucetta Scaraffia, par ailleurs surnommée « la féministe du Vatican » plaide pour « une Église plus vivante et accueillante, une Église qui ne se limite pas à défendre la différence, mais la découvre en son sein, et décide enfin de la vivre sous toutes ses formes vitales ».

Il y a quelques semaines, Lucetta Scaraffia, observatrice au synode sur la famille et à ce titre, une des rares femmes présentes dans la salle, avait publié un journal de son expérience dans Le Monde, « Et Dieu bouda la femme » qui avait fait grand bruit, y compris hors des cercles catholiques. Elle y déplorait que peu de femmes aient été invitées à Rome pour le dernier volet de la réflexion de l’Église catholique sur la famille et surtout que les rares élues aient si peu de poids dans le débat, devant se contenter de prises de parole sporadiques et ne pouvant pas voter : « Les femmes sont quasi invisibles, écrivait-elle. Et quand je les évoque, avec force, dans mes interventions, me plaignant de leur absence alors même qu’il s’agit de débattre de la famille, on me trouve "très courageuse". Me voilà applaudie, remerciée même parfois ; je suis un peu surprise, puis je comprends qu’en parlant clairement je les ai dispensés de le faire. »

Elle concluait : « Portée par ce flot de sensations contradictoires – entre la colère suscitée par une évidente exclusion et la satisfaction d’être là tout de même – je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il était quand même extraordinaire, de nos jours, de participer à une assemblée qui s’ouvre avec le chant du Veni Creator Spiritus et se close sur le Te Deum. Mais c’est précisément pour cette raison que je souffrais encore plus de l’exclusion injuste des femmes d’une réflexion qui, en principe, portait sur le rapport de l’humanité dans son ensemble, et donc des hommes et des femmes, avec Dieu. » Elle n’était pas la seule à déplorer ce déséquilibre. Dans l’assemblée, une jeune soeur avait découvert en discutant avec le pape, que les quatre lettres que son association lui avait envoyées « pour réclamer plus d’espace pour les religieuses » n’étaient jamais parvenues entre ses mains. Côté masculin, Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau, avait plaidé pour l’accès des femmes au diaconat permanent. Philippe Janson, frère des écoles chrétiennes, seul père synodal à ne pas être évêque – il avait obtenu une autorisation spéciale du pape l’autorisant à faire partie de l’assemblée et donc à participer au vote, s’était interrogé sur le fait que, par sa présence, le critère décisif permettant ou non d’être là « de plein droit » ne soit plus « clerc / laïc » mais « homme ou femme ».

A présent, Donne Chiesa Mondo « contre-attaque » en se plaçant sur le terrain non pas de la dénonciation mais de l’Histoire de l’Église et des exemples de « best practices » en matière de collaborations homme-femme. Au Sud Soudan, dans une société en guerre où les femmes sont victimes de violences sexuelles notamment, sœur Yudith du projet Solidarity with Sudan relate combien l’exemple donné par l’Église avec des religieux et des religieuses capables de travailler main dans la main, à égalité, est vital : « C’est un modèle, un paradigme de vie religieuse qui fonctionne, explique-t-elle. Nous sommes vraiment complémentaires. Ce qui est un problème pour nous, ne l’est pas pour les religieux, et vice-versa : vivant et travaillant ensemble nous apprenons tous, par exemple, à relativiser. Tous nous faisons tout : il n’y a pas de rôles pour les hommes et des rôles pour les femmes. Même les religieux cuisinent (certains sont des cuisiniers exceptionnels), nous partageons tout le travail domestique et d’entretien de nos maisons. » Au monastère de Bose, Enzo Bianchi affirme que la capacité à vivre la différence est un des principaux critères de discernement pour savoir si tel frère ou tel sœur peut vivre dans la communauté Ici, on a déclaré la guerre au sexisme : « Le discernement s’exerce sur le fait que si un homme dévalorise la femme et ne tient pas compte de sa présence, cela veut dire que Bose n’est pas son lieu ».

La question est aussi – et peut-être plus encore – spirituelle que politique. Au-delà de l’éternel débat autour du plafond de verre qui empêche les femmes d’accéder plus largement à des postes à responsabilité dans l’institution, pour le spécialiste de mystique Marco Vannini il faut lever le soupçon qui pèse sur l’amitié homme-femme. L’enjeu est que pour vivre et non pas simplement défendre la différence des sexes, comme y exhorte Lucetta Scaraffia dans son éditorial, il faut reconnaitre la possibilité de telles amitiés. Cela, estime Vannini, nécessite de l’honnêteté, celle de « reconnaître qu’au fond de la nature humaine il existe, incontournable, Eros, l’amour, qui est tout d’abord un désir d’union avec un corps ». Mais, conclut Vannini, « c’est précisément dans l’amitié, riche de l’éros entre homme et femme, que se manifeste plus que jamais la grâce de ce "sentiment populaire qui naît de mécaniques divines", comme le dit une chanson de notre époque, l’Amour "qui meut le soleil et les autres étoiles" ». Ainsi, l’amitié spirituelle homme-femme est le premier lieu de reconnaissance de l’égale dignité des sexes, le socle sur lequel l’Église peut s’appuyer, forte de son Histoire riche en histoires à la Claire et François (d’Assise), pour rééquilibrer la donne et rendre aux femmes une place reconnue dans les débats qui l’animent et les réformes à venir.

Marie-Lucile Kubacki

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 19:37
EN CETTE JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME : FEMINISATION DE LA MIGRATION AFRICAINE: DEFIS ET SIGNES D’ESPERANCE

La migration africaine, qu’elle soit familiale ou individuelle, temporaire ou définitif, forcée ou volontaire, se féminise. Longtemps réservée aux hommes, elle attire de plus en plus les femmes qui, souvent, trouvent dans les pays d’accueil, une sorte de prolongement de leurs activités domestiques dans leur pays d'origine. Elles sont, pour la plupart, engagées dans le secteur domestique, mais aussi comme paysannes, serveuses, ouvrières et employées de bas niveau ou qualifiées, professeures et infirmières…

Toutefois, la féminisation de la migration africaine soulève des problématiques sociales délicates. Les femmes migrantes se retrouvent souvent dans des situations de vulnérabilité et sont confrontées à des difficultés, notamment à l’exclusion sociale et à la violation de leurs droits fondamentaux ; leur condition de femmes les rendant encore plus vulnérables que leurs partenaires hommes.

Tout au long de la route migratoire, les femmes africaines sont exposées à des violences de plusieurs natures: les violences liées aux conditions du voyage, c'est à dire au fait migratoire lui-même, les violences émanant des groupes de passeurs, les violences exercées par les forces de l’ordre, notamment dans les pays de transit et/ou de destination et les membres des réseaux de trafic de femmes.

Arrivées dans les pays d’accueil, les conditions de beaucoup de femmes migrantes ne s’améliorent pas ; les cruelles atteintes aux droits humains se poursuivent, encouragées souvent par des politiques de lutte contre l’immigration irrégulière qui ne prennent, presque pas, en compte, le statut particulier des femmes en tant que catégorie vulnérable. Les lois de lutte contre l’immigration clandestine considèrent rarement les immigrés comme victimes de conditions de vie très précaires dans leur pays d’origine d’abord et, ensuite, victimes de réseaux de passeurs qui leur promettent des conditions de vie meilleures en Occident.

D’où la nécessité de se pencher sur la problématique et s’engager à relever le défis du respect des droits humains que soulève la migration souvent clandestine, des femmes africaines vers les pays occidentaux.

Dans cette perspective, Caritas Internationalis vient de tenir du 30 novembre au 2 décembre 2010, dans la ville de Saly au Sénégal, une conférence, pour réfléchir sur : "Le visage féminin de la migration".

Au cours de cette rencontre, la voix de l’Eglise s’est élevée, à travers l’intervention de Mgr Antonio Maria Vegliò, Président du Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en déplacement, qu a, notamment souhaité que la communauté internationale s’engage à faire apparaître l’image de la femme migrante comme porteuse de valeurs et de ressources.

L’Église invite les Gouvernements à revoir les politiques et les règles qui compromettent la tutelle des droits fondamentaux. Elle réitère son engagement à accueillir fraternellement les migrants à promouvoir la reconnaissance et la valorisation de la femme immigrée.

Après un tableau si sombre, de l’image de la femme africaine immigrée, on pourrait se demander s’il y a encore de la place pour l’espérance. A mon humble avis, oui.

Car, la diaspora africaine qu’elle soit masculine, ou féminine, est de plus en plus reconnue pour son rôle et ses nombreuses contributions en faveur du développement économique et social et de son pays d’origine et de son pays d’accueil.

L’apport de membres féminins de la diaspora africaine se fait comme pour les hommes, en particulier, dans le domaine de la coopération intellectuelle, du transfert de fonds et de technologies, de l’enseignement et de la santé mais également dans le combat pour la paix. Les femmes migrantes engagées dans ces secteurs ne sont pas encore légion, mais le processus de leur intégration est amorcé.

De plus en plus, elles font entendre leurs voix pour faire connaître leurs actions et leurs projets en faveur des pays qui les ont vu naître.

Certes, bon nombre d’entre elles se distinguent dans le milieu associatif, souvent en faveur de leurs compatriotes femmes restées sur le continent en les aidant notamment à devenir plus indépendantes. Mais, on remarque également, la présence de femmes entrepreneures spécialisées dans la promotion de l’image de l’Afrique et plus particulièrement de leur pays d’origine. On assiste également à l’implication des femmes d’origine africaine dans la vie politique et sociale de leurs pays d’accueil y apportant une touche spéciale de la culture africaine.

Les migrantes africaines assument donc de plus en plus des rôles de gestion, de décision ou de direction dans plusieurs domaines. Elles montent au front pour le développement social et économique de leur pays d’origine et, pourquoi pas, de leur pays d’accueil.

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 19:41
Et si l’Eglise catholique montrait ses femmes?

Voir ainsi une femme, sur le parvis de la cathédrale de York, au milieu de tous ces hommes, fait du bien. Un visage de femme, celui de Libby Lane, rayonnant, gai, différent.. On a beau se dire que cette ordination d’une première femme évêque dans l’Église d’Angleterre ne va pas dans le sens d’un rapprochement avec l’Église catholique, se rappeler les tensions créées au sein même de la Communion anglicane, et répéter que, dans l’Église catholique, ce serait bien impossible, bref, on a beau raisonner en « bonne catholique », il faut bien avouer que ce visage féminin, à ce niveau, dans une telle enceinte, apporte un sacré vent d’air frais dans la cathédrale.

Une curie si masculine

On pense alors à tant de manifestations catholiques où le second sexe reste totalement absent, les célébrations solennelles, les réunions d’évêques, les synodes romains… On se souvient du pape François, égrenant les « 15 maladies de la Curie », le 22 décembre devant un parterre penaud, mais uniquement composé d’hommes… On a même l’audace d’affirmer que, s’il y avait eu des femmes, le discours aurait été moins négatif, moins dur… bref, osons le dire : que s’il y avait eu des femmes, la Curie n’en serait peut-être pas là, qui sait…

Pas de cléricalisme au féminin

Certes, la possibilité d’ordonner des femmes prêtres, et maintenant évêques, n’est, tout obstacle théologique mis à part, sans doute pas la seule solution. On peut même avancer que la plus grande chance des femmes, dans l’Église catholique, c’est justement de ne pas pouvoir l’être. Elles évitent ainsi de tomber dans le cléricalisme qui reste sans aucun doute, comme Péguy le disait, le plus gros défaut de notre Église. Et cela permet aux femmes de pouvoir incarner des figures autrement plus humaines que celle de prélats un peu trop amidonnés…

Des femmes responsables

Au fond, au moins tout aussi enrichissante que la charge d’évêque, celle de présidente du Secours catholique ou de l’association « Aux captifs la libération », celle encore de responsable des finances de l’épiscopat, de théologienne moraliste, ou même directrice d’un quotidien catholique… Autant de femmes actives, responsables, épanouies dans l’Église, mais… si peu visibles. Dans une société où l’image compte, où l’on a besoin de figure incarnée, l’Église catholique ne peut continuer à cacher ses femmes. Messieurs les prélats, on ne vous demande rien d’autre que de leur faire un peu de place sur le devant de la scène…

Isabelle de Gaulmyn

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0