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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 19:10

Varillon

 

Bien sûr, cela devait arriver. Ce n'est pas la première fois, loin de là. Dès que l'on me demande: «Quel est votre livre préféré?», un titre me vient aussitôt à l'esprit et un auteur. Mais si je le cherche dans ma bibliothèque, ce bouquin, parmi des centaines d'autres, je ne le trouve pas. Pour une raison bien simple et très connue: je l'ai lu et relu puis, un jour, pour convaincre je ne sais qui de son intérêt, je l'ai prêté. Et je ne l'ai plus revu, bien sûr. Mais tant mieux s'il a fait son chemin. Et je vais en parler ici, avec mes souvenirs, pour qu'il le poursuive, si possible. Parce que je crains qu'il soit un peu oublié. Ce livre s'intitule La Souffrance de Dieu, de François Varillon. Le P. Varillon, théologien jésuite, est mort en 1978. Ce livre, paru en 1975, avait connu le succès, dans l'époque heureuse de l'après-Concile. Varillon comptait parmi les hommes qui l'avaient préparé en formant par des conférences, d'une rare intelligence et d'une subtile profondeur, des publics très divers, à ce que j'oserais appeler la vraie vision de Dieu. Il parlait aussi bien à de jeunes ruraux qu'à de grands patrons, à de grands intellectuels qu'à des paroisses ouvrières, circulant un peu partout en France, et finalement à Paris. Réunissant des foules passionnées. Et sans chercher de grands effets oratoires. Parlant posément, clairement, j'allais dire modestement. Je me souviens du soir où il m'a annoncé ce livre. Nous étions en voiture. J'étais allé le chercher à la paroisse de Belleville, où il parlait le dimanche après-midi, presque chaque mois, pour l'amener dîner à la maison, où il m'interrogeait sur l'actualité du monde, qui le passionnait. Et comme je lui demandais sur quoi il travaillait, il m'a lâché: « la souffrance de Dieu ». Il avait publié l'année précédente Humilité de Dieu. Je fus quand même un peu surpris. J'avais encore en tête, un peu, des images habituelles du Dieu tout-puissant. Donc, je vais essayer d'expliquer. Comme il le fit. En quelques lignes. Rude tache. L'idée de puissance est ambiguë. Certes, nous avons, j'avais appris, que Dieu est amour. Mais Varillon allait plus loin. Il disait que nous devions nous convertir à un Dieu qui n'est qu'amour. Et il soulignait: tout est dans le «ne que». Il faut toujours passer par ce qu'il appelait le «feu» de cette négation, qui met la puissance, la sagesse et tout le reste à leur place : ce sont des servantes de l'amour. Et Jésus qui nous a révélé la vérité de Dieu a dit: «Il n'y a pas de plus grand amour que de mourir pour ceux que l'on aime» (Jn 15,13). Ce qu'il a fait.

L'amour n'est donc ni puissance, ni possession, l'amour est dépendant. Comme celui d'une mère qui dit à son bébé: «Tu es toute ma joie.» Donc, si Dieu n'est qu'amour, il est plus dépendant des êtres. Il est un infini de dépendance. Et de souffrance. Et de joie. Exactement comme le père du Prodigue qui, lorsqu'il voit son fils arriver, ne sait pas du tout ce qu'il a dans la tête, quelles intentions l'animent. Il aime, donc il dépend et, à ce moment, il balance entre souffrance et espérance. Il l'a créé, ce garçon. Mais il ne l'a pas enchaîné. Il l'a laissé vivre sa vie, comme on dit. Et ce garçon a erré. L'homme tâtonne. Varillon disait à peu près, autant qu'il m'en souvienne, que Dieu ne peut pas intervenir dans ce tâtonnement. Où serait la dignité de l'homme? Celle-ci est le don de Dieu. Mais l'homme commet bien des erreurs, humanise le monde avec une incroyable lenteur. Et c'est très douloureux. Et Dieu est le premier à en souffrir. Deux phrases pour finir: «L'acte créateur implique le risque de la Croix» (P. Varillon) et «l'Agneau [c'est à dire le Fils] est immolé dès le commencement du monde» (Apocalypse).  

Jacques Duquesne

Ecrivain et Journaliste

Témoignage Chrétien

Supplément au n° 3542

30 mai 2013 page 94

 

La Souffrance de Dieu de François Varillon

Bayard-Centurion 1975 116 pages

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 09:04

Arcabas Emmaus1

« Lieu-dit eucharistie »

C’est en ce lieu que convergent toutes les énergies de l’univers, et c’est de là qu’elles refluent jusqu’à ses bords extrêmes.

C’est ici qu’aboutissent tous les bonheurs humains, tellement éphémères, et c’est de là qu’ils tiennent leur sens et leur consécration.

C’est ici que se rencontrent toutes les douleurs du monde, et  c’est de là qu’elles se transfigurent en éternelles joies.

C’est ici le lieu où sont à jamais consumées les faiblesses de l’homme, le creuset où se forge sa générosité.

C’est ici le pain, que rêvent de former les innombrables grains endormis aux sillons, le pain qui change tout ce qui meurt en moissons d’éternité.

C’est ici le pain, l’unique pain, secrètement pétri par tout travail d’homme, où toute œuvre d’homme atteint sa perfection.

C’est ici le pain, le véritable pain, celui que toute nourriture annonce, et qui donne aux autres nourritures leur saveur et  leur goût.

C’est ici le lieu où l’ancien monde s’achève et disparaît, où le nouveau est déjà en genèse.

C’est ici le lieu où l’humanité reçoit de son Dieu toute grâce, où l’humanité peut rendre toute grâce à son Dieu.

Didier Rimaud

 

 

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 21:16

J’ai publié sur mon blog la lettre ouverte de Thierry à l’Abbé Grosjean, je me dois donc, par honnêteté, de publier la réponse de ce dernier :

Thierry est un catholique belge, qui a publié sur médiapart une « Lettre ouverte à l’Abbé Grosjean et à ceux qui le suivent », me reprochant la façon dont j’ai pu prendre part, avec de nombreux autres prêtres, et à la suite de nos évêques, au débat autour de la loi Taubira. Nous avons prévu de nous voir bientôt, pour un dialogue franc. En attendant, voici ma réponse.

Cher Thierry,

J’ai bien lu votre longue lettre. Je vous remercie de votre franchise et je voudrais vous répondre avec la même franchise. Non pas seulement pour moi dans l’échange personnel que je vous ai proposé, ou pour ceux qui partagent vos questions, mais aussi pour tous ceux qui ont pu se sentir blessés ou incompris par la publication de votre message.

Tous vos arguments ne révèlent au fond qu’une seule chose : c’est que la caricature permanente qu’on a tenté de faire peser sur le débat du mariage pour tous, depuis le début, a fini par susciter de vraies incompréhensions. Même entre nous, entre frères chrétiens. Je ne vous demande pas d’être d’accord avec moi dans ce débat ; mais je vous demande juste, en frère, de faire l’effort de dépasser les mensonges les plus absurdes et d’essayer de me comprendre…

Pour mieux éviter de répondre à nos questions, une majorité politique mal à l’aise a tout fait pour nous diaboliser. Je le déplore, mais c’est ainsi. En revanche, qu’un catho cède à cette diabolisation, c’est bien le comble. Et pour tout vous dire, cela me blesse profondément. Comment pouvez-vous me faire tenir des propos que je n’ai jamais eus ? Me prêter des intentions qui sont si loin de ce dont j’ai témoigné ? Jamais je n’ai traité les homosexuels en bouc émissaire ; au contraire, je n’ai cessé de rappeler que chaque personne devait être aimée et respectée. Où avez-vous lu ces mots que je n’ai jamais dits ? Vous évoquez le procès du Christ : à sa suite, nous avons été jugés par un pouvoir sans justice, qui ne voulait pas entendre. Ne vous faites pas procureur à votre tour sans répondre à sa question ! « Si j’ai mal parlé, montre où est le mal... Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »

Jamais non plus je n’ai rêvé que l’Eglise impose sa loi à la société, jamais je n’ai méprisé la démocratie. Au contraire, j’ai seulement demandé, parmi tant d’autres, un peu de démocratie… De quel droit a-t-on pu nous dénier, à nous, prêtres et « cathos de base », pour reprendre votre expression, la possibilité de parler avec tous de l’avenir de notre pays ? Sous prétexte qu’il faut refuser le pouvoir au christianisme, qui ne le demandait pas, on a refusé la parole aux chrétiens... Comment pouvez-vous à votre tour tomber dans ce triste piège ? Lorsque les chrétiens, parmi d’autres, parlent du mariage civil, ne sont-ils pas concernés ? Doivent-ils être écartés du débat ? Souvenez-vous, Thierry, de ceux qui demandaient à l’Eglise de rester dans ses sacristies lorsqu’elle prenait fait et cause pour les pauvres, les exclus, les minorités… Serez-vous avec eux aujourd’hui pour limiter la démocratie, ce dialogue libre où tous ont leur part ? N’est-ce pas au fond le plus haut service que l’Eglise puisse rendre au cœur de l’espace public et dans les médias : continuer d’interpeller et d’éclairer les consciences, pour défendre le bien commun et les droits de la personne humaine ?

La vérité, Thierry, c’est que nous avons seulement voulu prendre part au dialogue. Et qu’on nous l’a refusé. A l’appel unanime de nos évêques, nous voulions dire cette chose si simple : qu’on ne peut pas légiférer sur la famille sans prendre d’abord en considération le bien du plus petit. Le chrétien n’est-il pas dans son rôle lorsqu’il témoigne ainsi ? Et en l’occurrence, je pense, comme des millions de français, que le bien du plus petit c’est de grandir entouré de son père et de sa mère, parce que la vie ne vient pas de nulle part et que la fécondité de l’homme et de la femme est fondatrice de la vie d’une famille. Quelle haine voyez-vous là-dedans ? Quel désir de pouvoir ? Quel extrémisme condamnable ?

Bien sûr, je le sais comme vous, la famille est toujours un lieu de fragilité. Ne vous inquiétez pas pour moi, je connais la réalité aussi bien que vous... Balzac disait que le prêtre est celui qui vit le plus l’expérience de la misère sociale, de la misère humaine cachée derrière les façades. Ces enfants qui souffrent, ces parents qui galèrent, ces couples qui se déchirent, je les accompagne chaque jour, comme mes milliers de confrères de tous les coins de France. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on apprendra à l’Eglise ce que vivent les hommes et les femmes, vous savez… En quoi cela devrait-il nous empêcher de rechercher le meilleur pour un enfant ? Deux personnes homosexuelles ne vont pas faire souffrir l’enfant qu’elles éduqueront, bien sûr ! Mais, malgré tout leur amour sincère et généreux, ne manquera-t-il pas quelque chose à cet enfant ? Ne lui manquera-t-il pas quelqu’un ? Son père, sa mère… ? Est-il si coupable de poser simplement cette question ?

Je crois avoir tenu mon rôle de chrétien en la posant. Cela nous a valu bien des épreuves ! Je n’en ai jamais parlé, cher Thierry, mais à vous je voudrais vous le dire : j’ai été moi aussi durement attaqué dans cette période difficile, avec une violence inconnue jusqu’alors. A l’occasion de notre rencontre prochaine, je pourrais vous montrer les messages quotidiens que je reçois, comme mes frères prêtres du Padre Blog et tant de citoyens, chrétiens ou non, engagés dans ce débat. Messages de violence et de haine, insultes gratuites, menaces en tous genres…! Le pouvoir n’aura cessé de jouer avec le mensonge, en présentant l’inquiétude simple et respectueuse de millions de citoyens en une preuve d’homophobie honteuse. Le résultat est là : au lieu de nous rassembler, ce faux progrès nous laisse profondément divisés. Des personnes homosexuelles ont souffert de ce débat et je les comprends ; elles n’ont pas été les seules…

Vous le savez, un prêtre donne sa vie pour témoigner de l’amour inconditionnel de Dieu pour chacun tel qu’il est – et rien d’autre. Il renonce à l’argent, au pouvoir, au confort. Cette vie est ma joie de chaque jour ! Mais je sais aussi que ce que nous portons et ce que nous sommes est depuis l’origine signe de contradiction. Le Christ lui même a vécu le mystère douloureux d’un cri d’amour qui n’est pas reçu. Qui suscite même parfois la haine… Il n’est donc pas étonnant que ceux qui le suivent puissent vivre la même expérience.

Je voudrais simplement qu’aucun de mes frères dans la foi ne cède à ce rejet, sans avoir au moins essayé de comprendre ; parce que nous avons en commun l’essentiel. Et l’essentiel, c’est la Parole, que vous citez. « Celui qui voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? » Comment aurions-nous pu savoir les plus petits de nos frères dans le plus grand besoin qui soit, le besoin d’un père, d’une mère, sans nous laisser toucher par cette ultime pauvreté ? Voilà comment, pauvrement nous aussi, mais avec toute la sincérité de notre foi, et toute notre conviction de citoyens, nous avons essayé d’aimer « en actes et en vérité ».

Abbé Pierre-Hervé Grosjean +

 

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 10:20

John-xxiii-2   

Cet anniversaire, en faisant mémoire de la personnalité singulière du pape Jean met en lumière une véritable parenté avec l’actuel pape François.

Le 3 juin 1963, le pape Jean XXIII s’éteint dans sa chambre du troisième étage du palais pontifical. On dira qu'il a expiré sur Vite missa est de la messe qui était célébrée pour lui sur la place Saint-Pierre. Nous sommes au soir du lundi de Pentecôte une coïncidence remarquable pour ce pape qui avait tant désiré une nouvelle Pentecôte pour l'Eglise et qui avait vu le début de sa concrétisation à travers la réunion de la première session du concile de Vatican II qu'il avait convoqué cinq ans plus tôt. Le décès de Jean XXIII fut un événement mondial vécu en direct. Le dominicain Yves Congar écrivit dans son journal : « Tout le monde a eu le sentiment, en Jean XXIII, de perdre un père, un ami personnel, quelqu'un qui pensait à lui et qui l'aimait. » En effet, le monde entier pleura ce petit homme sans grâce et sans allure qui avait su être pleinement le papa. Cette unanimité sidéra la Curie romaine qui ne comprenait pas comment ce brave homme qui avait fort peu les usages altiers d'un souverain Pontife et qui avouait volontiers - peut-être avec un peu de coquetterie - ses lacunes en théologie, pouvait avoir conquis tant de cœurs.

Transition ?

Élu à 77 ans comme un «pape de transition», Jean XXIII fut, très au-delà des espérances de ce que ceux qui l'avaient élu, l'artisan de la transition. Il fit passer le catholicisme d'une logique de forteresse assiégée à une culture de dialogue et d'ouverture au monde. Pourtant, au cours de son pontificat, il lui arriva bien des fois de décevoir les espoirs de ceux qui attendaient des changements. Au point que certains parfois le jugèrent durement. La relecture historique montre que Jean XXIII, sous ses airs de « grand-père de tout le monde», était un redoutable stratège. Du tournant qu'il souhaitait faire prendre à L'Église, il n'avait rien révélé avant son élection. Les Français qui avaient gardé le souvenir de sa stricte obéissance à Rome au moment de l'affaire des prêtres ouvriers (1953) n'en attendaient pas grand-chose. Et son savoir-faire de diplomate, face à la Curie laissa souvent croire qu'il ne savait pas trancher. Toute ressemblance avec la très récente et très surprenante élection d'un nouveau pontife n'est pas totalement fortuite. Certes, l'histoire ne se reproduit pas et Jorge-Maria Bergoglio n'est pas Angelo Roncalli. Cependant, l'affirmation d'un nouveau style papal, une façon de parler que tout le monde comprend et qui fait hausser les épaules aux amateurs de hauteurs théologiques, la volonté de ne pas «faire le pape», mais de rester soi-même, voilà, à cinquante ans de distance, des traits bien communs. Reste à savoir jusqu'où ira le pape François. Si l'on en juge par une série de propos récents, et en particulier sa prise de parole à Saint-Pierre de Rome devant les évêques italiens, il semble que le pape argentin soit beaucoup moins diplomate que ne le fut Jean XXIII. Il est vrai aussi que François a l'avantage d'être instruit pas l'expérience. Il sait le poids des habitudes, en particulier des mauvaises, et la tendance de l'Eglise catholique à se préoccuper d'abord d'elle-même. Prêtre ordonné dans l'espérance qu'avait fait naître le Concile, il sait quels espoirs ont été déçus. Il rêvait d'une Eglise servante de l'Évangile, il voulait annoncer Jésus-Christ jusqu'aux confins, aux extrémités de la terre (pour l'Argentin qu'il était, il s'agissait du Japon). Le pape qu'il est devenu est toujours avide de faire connaître Jésus. C'est la priorité qu'il donne à l'Église, quasiment contre elle-même, c'est-à-dire contre son nombrilisme. S'il est un point commun entre Jean et François, c'est que leur amour de l'Église est l'amour d'une Église qui sert Jésus-Christ en servant l'humanité.

Lumen Christi, lumen gentium. ..,«la lumière du Christ est la lumière des nations». C'est par ces mots que Jean XXIII avait inauguré le très important message radiophonique qu'il avait prononcé un mois avant l'ouverture du Concile afin de demander la prière de tous les catholiques. Lumen Gentium, ces mots sont ceux qui ouvrent la grande constitution conciliaire sur l'Église. Mais contrairement à ce que l'on croit le plus souvent, le texte demeure fidèle à la pensée du pape Jean. La première phrase de la Constitution dit: «Le Christ est la lumière des peuples», et ajoute que c'est : «la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l'Église». La nuance, mérite d'être soulignée. L'Église ne se prend pas pour la lumière, elle en est le miroir, elle a le devoir de la réfléchir. Jésus au centre ! Voilà ce qui unit Jean XXIII et François !

Christine PEDOTTI

TÉMOIGNAGE CHRÉTIEN

N° 3542 du 30 Mai 2013

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 11:56

Marie Mère des Pauvres

En cette fête de la « visitation de Marie », dernier jour du mois de mai (« le mois de Marie ») je vous propose cette prière de Jean DEBRUYNNE, Poète et Prêtre de la Mission de France :

 

A Marie,

Entre toutes les femmes tu es bénie

Marie douce et Marie tendre,

Ne te fais pas trop attendre.

Marie d'attente, Marie d'accueil,

Tiens-nous de guet sur notre seuil.

Marie silence et Marie sans bruit,

Donne aux tendresses un goût garanti.

Marie des rues, Marie des places,

Retiens pour nous le temps qui passe.

Marie minuit, Marie midi,

Fais-nous entendre ce que tu dis.

Marie des pauvres et des apôtres,

Donne-nous des mots pour écouter l'autre.

Marie des simples et des petits,

Donne à nos joies de l'appétit.

Marie de chair et Marie d'esprit,

Entre les femmes tu es bénie.

 

 

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 07:44

Grosjean

   

A la suite de courriels s’interrogeant sur mes intentions, je crois bon de faire cette « mise au point » : J'ai pour habitude de publier sur ce blog des documents de diverses origines et de diverses opinions sans pour autant approuver tous les points de vue qu’ils expriment, du moment qu’ils apportent quelque chose à la réflexion de tous.

Notre mission de prêtre est de favoriser la rencontre et le dialogue de personnes différentes. Si chacun s'enferme dans sa tour d'ivoire Dieu est mort et l'Homme avec lui !

Avec toute mon amitié

Denis Chautard

 

Monsieur l'abbé,

Permettez-moi d'abord de me présenter. Je suis un catho de la base. Je vais à la messe tous les dimanches, je prie tous les jours, je participe aux préparations liturgiques dans ma paroisse. A ce titre, je fais partie du conseil paroissial.

Je fais au moins une retraite chaque année. J'essaie de me mettre à la disposition des gens qui en ont besoin. Je suis marié. J'ai 6 enfants dont une adoptée et j'ai 4 petits enfants (avant la fin 2013, ils seront 7)... J'ai enseigné 36 ans dans une école libre des cours de math et de religion catholique. J'ai participé et je participe encore à des tas de mouvements chrétiens qu'il serait trop long de vous énumérer ici. Si je vous dis cela, ce n'est certainement pas pour me vanter ou pour vous "plaire", c'est simplement pour que vous voyiez quel genre de chrétien je suis.

Je vous connais mal, forcément. Je sais que vous êtes très "actif" sur Twitter... Mais quand je vous pose des questions sur le même Twitter, je n'ai pas de réponse. Alors, je vais profiter de la possibilité de dépasser les 140 caractères pour vous parler plus longuement.

Vous avez l'air de trouver tout à fait normal que l'Eglise intervienne dans la question du mariage gay qui en fait ne concerne pas l'Eglise. Pour l'Eglise, il n'y a pas de mariage entre deux personnes du même sexe. Et je suis d'accord avec ça. Mais de quel droit empêchez-vous deux non catholiques de même sexe de se marier ? Vous sortez de votre rôle grisé par un hypothétique "Printemps français" où les catholiques auraient eu un rôle prépondérant. Alors, vous commencez par critiquer le Gudd, le FN, Civitas, le Groupe Identitaire tout en sachant que sans eux, on ne parlerait pas tant de vous. Ces gens-là sont bons pour grossir le nombre de manifestants mais sont mauvais si on parle de casse. C'est chrétiens, ça, d'après vous ? D'ailleurs vous vous indignez des 293 arrestations qui ne concernent que ces groupes-là. Vous voulez sauver ce que vous condamnez. Est-ce cela le bien ? Puisque d'après vous il y avait 1 million de manifestants, les arrestations ne concernent donc que 0,0293 % des manifestants. Reconnaissez avec moi que c'est franchement peu si l'on fait une comparaison, comme vous le faites, avec les arrestations du Trocadero.

Vous vous voyez déjà dans une chrétienté retrouvée, ardente, victorieuse... Mais M. l'abbé, ce n'est pas ce que le Christ vous demande. La chrétienté, c'est terminé. Parce que tout simplement les non-chrétiens ont aussi des droits. Nous pouvons vivre notre religion dans le sein de la société. Nous pouvons même, par notre témoignage, plus que par nos paroles, essayer d'évangéliser encore et encore. Mais nous n'avons pas le droit de diriger toute la société et nous n'aurons plus jamais ce droit-là. Il faut en faire votre deuil. Ou bien, comme moi, vous considérez ce fait comme une chance car dans une société démocratique les droits des chrétiens sont respectés.

Venons-en à vos "arguments" contre le mariage homosexuel des non-catholiques. Vous dites que la base même de la société va être altérée, que c'est la porte ouverte à tous les abus et vous les citez : polygamie, zoophilie, mariages consanguins... Ecoutez : ici, en Belgique, il y a 10 ans que les homosexuels peuvent se marier. Venez voir, lisez la presse belge, fondez-vous dans la population belge. Rien de tous ces abus ne pointe à l'horizon. Ce ne sont que des fantasmes. Et si ces abus devaient un jour se réaliser, le mariage homo n'en serait pas plus responsable que toutes les composantes de la société. Vous voulez à tout prix présenter les homosexuels comme le bouc-émissaire idéal... Autrement dit, vous condamnez d'avance : vous faîtes un procès d'intention. Et ça, M. l'abbé, ce n'est pas chrétien du tout. C'est ce genre de procès qu'a subi Jésus-Christ. Reconnaissez avec moi que c'est la base même d'une vie de Chrétien. Imaginez qu’on dise que l’ordination d’un prêtre favorise la pédophilie !!!

Vous parlez aussi beaucoup des enfants de ces couples du même sexe. Vous annoncez fièrement qu'ils ne seront sûrement pas tout à fait heureux, qu'il leur manquera ce qu'il faut pour atteindre le bonheur... etc. Là aussi, vous cherchez un bouc émissaire. Parce que des enfants malheureux, il y en a des tonnes pour le moment. C'est un enseignant qui vous le dit. Et ils appartiennent à toutes sortes de famille : famille unicellulaire, famille monoparentale, famille recomposée... Il n'y a pas un seul genre de famille qui est à l'abri de cette catastrophe. Et je vous le dis tout net : un couple homosexuel donnera une garantie que les autres types de familles ne pourront jamais donner tout à fait. C'est l'amour désiré : un couple de même sexe est obligé de passer par l'adoption pour avoir un enfant. J'ai moi-même fait tout le parcours du combattant pour adopter notre petite fille qui venait d'Haïti. Nous avons été interrogés à maintes reprises, nous avons fait l'objet d'un profil psychologique et d'un profil socio-culturel. C'est cela que feront les couples de même sexe qui voudront adopter. Et, comme pour les autres candidats adoptants, certains seront refusés. Ce qui n'est jamais le cas pour des enfants biologiques. C'est une belle hypocrisie, M. l'abbé, d'avancer vos arguments. Vous surfez sur la vague "mais où va-t-on ?" Alors qu'on y est déjà dans ce "où" !

Pour encore mieux me faire comprendre, je vais faire une comparaison avec le divorce. Je l'avais fait en tweets, mais vous ne m'avez jamais répondu.

Vous le savez, le divorce chrétien, cela n'existe pas. Or le divorce laisse derrière lui toutes sortes de dégâts bien visibles. Il y a parfois des enfants qui sont blessés à vie par le divorce de leurs parents. Il y a des adolescents qui se suicident parfois de cela. Quand donc descendez-vous dans la rue pour défendre ces enfants ???? Jamais ! 

Alors pourquoi le faites vous pour les futurs enfants hypothétiquement malheureux des couples de même sexe ???

Vos arguments ne tiennent pas la route, M. l'abbé. Et vous êtes en train d'emmener des tas de chrétiens dans le mur de l'irraisonné ! Allez, je vous donne encore un exemple du manque de fondé de vos positions. Vous dites "un papa, une maman, pour chaque enfant". Dois-je vous rappeler ces multitudes de petites filles orphelines élevées dans des couvents de religieuses ? Ces enfants n'avaient "pas de papa" et sept ou huit mamans. L'Eglise elle-même organisait ces "familles" monoparentales et « polygames ». Maintenant, heureusement, un couple de même sexe, désirant un enfant, voulant l'aimer pourra le soustraire d'un orphelinat du Tiers-Monde et ce sera très bien ainsi.

M. l'abbé, vous avez à faire un travail énorme avec les chrétiens. N'allez pas à l'extérieur faire "votre" loi. Venez en aide aux couples en détresse, aux enfants mal-aimés, allez visiter des couples chrétiens séparés, venez en aide à l’adolescent en rupture avec ses parent parce qu’il est homosexuel... parlez avec les homosexuels (il ne faut pas aller loin : le Professeur Van Meerbeeck, Docteur en médecine, Neuropsychiatre et Psychanalyste, professeur à l'Université Catholique de Louvain, a affirmé à la télévision belge que 70 % des prêtres sont homosexuels peu ou prou)... Faites du bien à ceux qui vous donnent leur confiance... N'empêchez pas les non-chrétiens de construire leur propre bonheur... Je pense que l'Evangile que vous annoncerez alors sera bien plus beau à leurs yeux…

Pour terminer cette lettre, je vous invite à lire le petit passage biblique que propose les Vêpres de ce jour : 1 Jean 3 : 17-18

Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s'il voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir, comment l'amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Mes enfants, nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. (Clin d’œil de celui qui nous aime infiniment)

Thierry Peltier

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 20:11

bertrand revillion-3   

Une semaine après la Pentecôte où nous avons reçu le don de l’Esprit, l’Église nous invite aujourd’hui à méditer sur le grand mystère de la Trinité.

Alors, Frères et Sœurs, nous pourrions commencer par un petit sondage ! Histoire de vérifier un peu notre degré de connaissance des 3 personnes de la Trinité…

Avouons que nous serions sans doute un peu embarrassés :

Le « Fils », nous le connaissons par le récit qu’en font les Évangiles ; nous connaissons ses gestes, ses paroles, son histoire au travers du témoignage de ses disciples et des 4 évangélistes…

Le « Père », nous nous en approchons un peu au travers de la Révélation biblique, mais il nous semble parfois plus« lointain » comme le vigoureux barbu sur son nuage peint par Michel Ange au plafond de la chapelle Sixtine !

Quant à « l’Esprit », il est bien souvent pour nous « l’inconnu de la Trinité » ! Un« anonyme » dont pourtant, le Christ nous informe qu’il est celui qui« nous guidera vers la Vérité toute entière

Cette idée que Dieu est Un en trois « personnes » est un grand mystère qu’aucun article de catéchisme ne peut totalement expliquer.

Un mystère n’est pas une énigme, façon « Da Vinci Code » qu’à force d’enquête, nous pourrions élucider.

Un mystère, c’est un langage qui tente de dévoiler l’indicible, de murmurer autrement ce que les mots peinent à dire…

Une proposition de « mise en route », une invitation au déplacement, à l’interrogation intérieure…

Voyez-vous, Frères et Sœurs, je crois que grandir dans la foi c’est prendre régulièrement le temps de nous interroger sur ce que nous disons et récitons lorsque nous proclamons notre foi.

Lorsque nous débutons nos prières et nos liturgies par cette formule à laquelle nous ne faisons bien souvent plus attention - « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit »-, que disons-nous, que professons-nous ?

Ce n’est que progressivement que les chrétiens ont évoqué, pour parler de Dieu, la« Sainte Trinité ». Cette idée étrange que Dieu est à la fois Un et Trois…

Cette formule ne se trouve d’ailleurs pas explicitement dans les Évangiles, elle n’apparaît qu’au IIIème siècle.

Il s’agit alors de trouver « les mots pour Le dire », Lui, le Dieu d’amour en qui tout n’est que relation.

Il s’agit de trouver l’expression la plus juste – tout en sachant qu’elle n’épuisera pas la totalité du mystère - pour évoquer un Dieu tellement Amour qu’en Lui tout n’est que relation…

Sur la célèbre icône de Roublev, on découvre trois personnages attablés devant une coupe ; si nous regardons cette icône avec attention, nous constaterons que les yeux des trois personnes se croisent et se regardent continuellement… Belle prouesse artistique, et belle manière de dire que Dieu n’est pas « solitaire »mais éternellement « solidaire » !

Cette icône est comme une parabole de notre propre vie spirituelle : l’Esprit qui habite en nous, depuis la Pentecôte, depuis notre baptême, est comme le« regard » entre le Fils et le Père, comme l’énergie qui relie le Père et le Fils…

Notre vie chrétienne consiste donc essentiellement à ne pas faire obstacle, en nous, à l’échange d’amour entre les trois personnes de la Trinité.

Oui, Frères et Sœurs, croire, c’est veiller à ne pas nous mettre, nous et notre ego si encombrant, en travers du chemin de l’Esprit qui, en nous – et si possible avec nous ! – cherche à nous entraîner, à la suite du Christ, vers le Père.

« La Trinité, écrit le Père Maurice Zundel, cela veut dire que Dieu n’est pas quelqu’un qui se regarde et tourne autour de soi, qui se gargarise de Lui-même, mais au contraire Quelqu’un qui se donne… Dieu est une communion, une respiration d’amour… »

Notre tâche de croyant consiste donc à faire en sorte que cette « respiration »ne soit pas, en nous et par nous, étouffée.

En nous l’Esprit est souvent à l’étroit, il a besoin de se mettre à l’aise, de prendre de la place, de saisir fermement le gouvernail de notre existence…

J’étais dimanche dernier dans un minuscule hameau du massif de la Chartreuse. Nous y avons célébré la Pentecôte avec un ermite qui vit, la plupart du temps, en grande solitude. Cet homme a été prêtre ouvrier, membre de la Mission de France, engagé comme maçon dans de grands chantiers internationaux du bâtiment. Puis il s’est mis à vivre la nuit, à la rue, pendant plusieurs années aux côtés des Sdf de Paris. Puis un jour il a choisit de s’enfoncer plus avant dans la prière, le « grand silence », une solitude peuplée de mille visages. Sur un petit cahier, il écrit les noms et les histoires humaines, souvent blessées, qu’on lui confie.

Cet homme n’est pas un surhomme ni un super chrétien. Il a, comme vous et moi, ses limites. Mais il a choisi de laisser le grand vent de l’Esprit tendre la frêle voile de son existence…

Et nous, dans les vies qui sont les nôtres, que faisons-nous pour laisser de la place à l’Esprit ? Quels risques prenons-nous ? Quels déplacements consentons-nous ? Osons-nous « lâcher prise » et laisser l’Esprit prendre pour nous, avec nous et en nous, le « bon cap » ?

Saint Athanase d’Alexandrie, au IVème siècle utilise une image féconde pour tenter de dévoiler ce grand mystère de la Trinité: « le Père est la source, le Fils est le fleuve qui transmet l’eau, et nous buvons l’Esprit ».

Alors, Frères et Sœurs, ayons soif de cette eau-là !

Ecoutons l’appel vigoureux de ce nouveau pape François à la parole si libre et si réjouissante : ne devenons pas des « chrétiens insipides, des chrétiens de musée ! »

Amen. 

Bertrand REVILLION, Diacre 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:00

pouvoir clérical   

Une Eglise avec les “portes ouvertes”, pas “une douane” où celui qui cherche Jésus est éloigné parce qu’il a commis quelque erreur. « Tenir éloignées les personnes, ce n’est pas du zèle, et les contrôleurs de la foi ne font pas plaisir à Jésus, » qui veut son Eglise ouverte à tous ceux qui cherchent de l’amour. Voilà ce que le Pape a expliqué samedi matin lors de la messe en la chapelle de la Maison Sainte Marthe au Vatican, en présence d’un groupe de prêtres. Et dans son homélie, le Pape a aussi évoqué le Concile Vatican II et ce qu’ìl affirme au sujet de « la foi du peuple de Dieu » et la fois des « gens simples ».

Le Pape François nous exhortait à ne pas éloigner de l’Eglise les personnes à la “foi plus simple”. Et il rappelait à ce propos l’épisode de l’Evangile où Jésus réprimande les disciples parce qu’ils veulent éloigner les enfants qu’on lui amène. « Jésus les embrassait, les touchait, tous. Mais il se fatiguait beaucoup et les disciples voulaient l’empêcher », expliquait le Pape semblant parler un peu de lui-même en réalité et des hommes du service de sécurité du Vatican qui ont peur de la pression des gens qui veulent s’approcher de lui lors des audiences. « Jésus, rappelle en effet le Pape dans l’homélie de la messe de samedi matin, se mettait en colère et parfois disait : « Laissez-les venir à moi, ne les empêchez pas . Car le Royaume des Cieux appartient à celui qui est comme eux ».

Pourquoi instituer un huitième sacrement, celui de la "douane pastorale"?

Le Pape a alors pris deux exemples de la vie quotidienne, notamment « l’histoire de ce sacristain qui face à un couple de fiancés qui demandent d’être accompagnés au mariage leur demande aussitôt tous les certificats et leur communique le tarif des messes. Et puis cette fille mère qui demande le baptême pour son fils et à qui on oppose le fait qu’elle n’est pas mariée, alors qu’elle a eu le courage de porter à terme sa grossesse. » ! « Qu’ont-ils trouvé ? Porte close, a poursuivi le Pape, et « loin d’être du zèle, cela éloigne du Seigneur, cela n’ouvre pas les portes. Et ainsi, lorsque nous sommes sur ce chemin, dans cette attitude, nous ne faisons pas du bien aux personnes, au peuple de Dieu. Jésus a institué 7 sacrements, et nous par cette attitude nous en instituons un huitième : le sacrement de la douane pastorale ! »

“On se comporte trop souvent comme des contrôleurs de la foi, a poursuivi le Pape, alors que nous devrions être des facilitateurs de la foi des gens. C’est une vieille tentation, celle de nous approprier un peu du Seigneur », lançait le Pape. « Les enfants qui veulent aller vers Jésus, a-t-il commenté, expriment la « foi du peuple de Dieu, c’est une foi simple, c’est une fois peut-être sans beaucoup de théologie, mais avec une théologie à l’intérieur qui ne se trompe pas, parce qu’il y a l’Esprit Saint ». Le Pape François a alors cité la constitution Lumen Gentium qui affirme que « le peuple saint de Dieu ne peut se tromper en croyant », et pour expliquer sa pensée le Pape ajoutait : « Si tu veux savoir qui est Marie va trouver un théologien et il t’expliquera bien qui est Marie ». « Mais si tu veux savoir comment on aime Marie, tourne-toi vers le peuple de Dieu qui te l’enseignera beaucoup mieux ».  

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 19:04

sainte-rita-nardi

Le culte de sainte Rita est mieux attesté que sa vie. On peut cependant en reconstituer les grandes lignes. Née dans un petit village italien, elle fut l’enfant inespérée de la vieillesse. Toute jeune, elle veut se consacrer à Dieu, contrairement au projet de ses parents. Elle se laisse marier à Fernandino, un homme violent dont elle a deux fils. Elle est une épouse et une mère sans reproche. Mais les querelles de clans sont féroces dans l’Italie du XVème siècle. Fernandino est assassiné après 18 ans de vie conjugale pendant lesquelles la douceur de Rita a peu à peu converti à la paix et à la charité le mari brutal. C’est un déchirement pour Rita, mais plus encore lorsqu’elle voit que ses deux fils, pour venger leur père, sont prêts à assassiner à leur tour. Rita supplie Dieu de les rappeler à lui plutôt que de les laisser devenir assassins. Dieu exauce sa prière. Demeurée seule, Rita s’emploie à réconcilier les clans ennemis, pardonnant aux assassins, avant d’entrer chez les Augustines de Cascia. Elle y vivra une vie mystique intense et recevra les stigmates de la Passion du Christ. A sa mort, les miracles se multiplient sur son tombeau, faisant naître un culte populaire qui se répand rapidement. Sainte Rita a reçu le titre de "sainte des causes désespérées".

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 12:30

 

Pape François

Pour un chrétien, progresser signifie s’abaisser comme l’a fait Jésus. Le Pape François a tenu à le souligner durant la messe de mardi matin en la chapelle de la Maison Sainte Marthe au Vatican. Le Pape a rappelé aussi que le vrai pouvoir c’est le service et que la lutte pour le pouvoir ne doit pas exister dans l’Eglise. A cette messe participait un groupe de journalistes et d’employés de Radio Vatican, ainsi qu’un groupe d’employés du Bureau des pèlerins et touristes du Gouvernorat de la Cité du Vatican, sans oublier Maria Voce et Giancarlo Faletti, présidente et vice-président du Mouvement des Focolari.

Jésus parle de sa Passion et les disciples, par contre, sont occupés de se demander qui est le plus grand parmi eux. Voilà l’épisode amer de l’Evangile de ce jour qui a offert au Pape le point de départ pour une homélie et donc une méditation sur le pouvoir et le service. « La lutte pour le pouvoir dans l’Eglise, a-t-il souligné, ne date pas d’aujourd’hui », « elle a commencé à ce moment-là avec Jésus ». Et d’ajouter « que pour Jésus, la lutte pour le pouvoir dans l’Eglise ne doit tout simplement pas exister », parce que le vrai pouvoir, celui que le « Seigneur, par son exemple, nous a enseigné », « c’est le pouvoir du service ».

Le vrai pouvoir dans l'Eglise, c'est le service

« Le vrai pouvoir, c’est le service. Comme Lui l’a fait, Lui qui est venu non pour se faire servir, mais pour servir, et son service a été un service de la Croix. Il s’est abaissé jusqu’à la mort, la mort par la Croix, pour nous, pour nous servir, pour nous sauver. Et dans l’Eglise il n’existe aucune autre route pour aller de l’avant. Pour le chrétien, aller de l’avant, progresser, signifie s’abaisser. Si nous n’apprenons pas cette règle chrétienne, jamais, jamais nous ne pourrons comprendre le vrai message de Jésus sur le pouvoir ».

Progresser, a ajouté le Pape François, « signifie s’abaisser », « être toujours au service ». Et dans l’Eglise, a-t-il poursuivi, « le plus grand est celui qui sert le plus, qui est le plus au service des autres ». C’est « cela la règle ». Et pourtant, « depuis les origines jusqu’à aujourd’hui les luttes de pouvoir dans l’Eglise ont existé, jusque dans notre manière de parler ».

« Quand une personne reçoit une responsabilité qui aux yeux du monde est une responsabilité majeure, on a coutume de dire : « Cette femme a été promue présidente de telle association, et cet homme a été promu… ». « Ce verbe, promouvoir, oui, c’est un beau verbe, on doit l’utiliser dans l’Eglise. Oui : celui-là a été promu à la Croix, celui-là a été promu à l’humiliation. Voilà la vraie promotion, celle qui ressemble le plus à Jésus ! »

Pour un chrétien progresser signifie s'abaisser

Le Pape a alors rappelé que Saint Ignace de Loyola, dans les Exercices spirituels, demandait au Seigneur Crucifié « la grâce des humiliations ». « Voilà le vrai pouvoir du service de l’Eglise ».

« Tel est le vrai chemin de Jésus, la vraie promotion, et non pas les promotions mondaines ».            « Le chemin du Seigneur est le Service : comme Lui a réalisé Son Service, nous devons aller derrière Lui, le chemin du service. Voilà le vrai pouvoir dans l’Eglise. Et je voudrais aujourd’hui prier pour nous tous, pour que le Seigneur nous donne la grâce de comprendre cela : que le vrai pouvoir dans l’Eglise, c’est le service. Et pour comprendre la règle d’or qu’Il nous a enseignée par son exemple : pour un chrétien, progresser, aller de l’avant, signifie s’abaisser, s’abaisser. Demandons au Seigneur cette grâce. »

 

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