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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 21:40

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 17:42
Anniversaire. Moment où, comme le Petit Poucet, on regarde depuis un sommet le chemin parcouru.

Les moments dont je suis le plus heureux, ce sont ceux pendant lesquels j'ai pris la défense d'un frère humain injustement accusé.
Le jour de l'élection de Jorge Bergoglio, il était soupçonné de connivence avec la dictature d'Argentine. J'étais heureux de donner le témoignage du contraire sur 2 chaines et diverses radios.
Ce que Dieu nous dit avec le plus de force par Son incarnation c'est : "L’œil est la lampe du corps. Si ton regard est faussé tout ton être est dans les ténèbres"....
La blessure originelle c'est un regard faussé. Nous voyons Dieu comme L'ont vu nos premiers parents : "Il garde le meilleur pour Lui. Il ne nous aime pas." Les fils de Jacob ont vu Joseph comme un vaniteux, Il l'a payé de 10 ans de cachot sordide... Les juges de Jérusalem ont vu Suzanne comme une pervertie Un petit enfant l'a sauvée..., Les regards sur le plus innocent des hommes sont les plus infamants...L es moindres de ses plus beaux gestes, de ses plus belles paroles sont travestis en interventions démoniaques. Il sera puni des pires supplices. Nous continuons…
C’est après avoir communié que Torquemada mène au bûcher des prêcheurs innocents. L’évêque Cauchon se réjouit de faire brûler une sainte "schismatique, hérétique, relapse ». Pauvre Jeanne !
Et la fête continue. "Vous filtrez le moustique et vous avalez le chameau." répète Jésus. L’Autre nous dérange. Époux, épouse, fils, fille, ami, amie, frère, sœur... Personne n'est protégé.
Le "moustique" ce sont vos absolus, vos petites règles bien rassurantes ; casher, pas casher.
Le chameau : "Tsadaka ; plan de Dieu ; Emet : authenticité; Rahamim : miséricorde" Voilà ce que 89 années sur la planète m'ont appris. Je fus témoin de plus de 50 suicides de jeunes. Presque tous causés par un regard faussé. Je pense à Christelle (15 ans) laissant ce billet : "Je suis laide dans vos yeux" .(j'ai changé son prénom par respect)..Combien parmi les humains ont eu envie de hurler cela !..
Nous avons le gigantesque pouvoir de chosifier les êtres... Notre façon de nous rapporter au prochain est une question de regard... Le B.A.-BA de l'éducation devrait commencer là...
On m'accuse de croire ce que me dit pourtant "Nostra Aetate" : les autres religions contiennent des semences du Verbe"...On m'accuse de "ne pas croire à l'enfer" parce que je dis que c'est pour celui qui refuse d’être aimé "en connaissance réelle de l'amour que Dieu lui porte"...
Mais je crois aux propos : "On se servira pour vous du tamis dont vous vous êtes servi pour les autres" (et j'en tremble).

Stan ROUGIER

Prêtre, écrivain et conférencier

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19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 07:17
Être chrétien

Petit exercice, en une page, dire ce qu'est être chrétien.

 

Depuis bientôt 2000 ans, des hommes et des femmes se disent disciples de Jésus de Nazareth. Cet homme « passait en faisant le bien » (Actes des Apôtres 10, 38). Les disciples demeurent attachés à sa manière de vivre avec les autres, de mourir (Evangile de Marc 15, 39), de parler de Dieu (Evangile de Luc 4, 36), d’être homme pour les autres (Evangile de Matthieu 20, 28), de s’effacer pour qu’ils soient premiers (ib., 19, 30), d’aimer jusqu’au bout (Evangile de Jean 13, 1).

Ce n’est pas un hasard si la parole de Jésus la plus connue est « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Evangile de Jean 15, 12)

Après sa mort par le supplice de la croix le 7 avril 30 (date la plus probable), ses disciples le reconnurent vivant. Son corps déposé au tombeau et au vide s’est relevé comme un corps de frères (Première lettre de Paul aux Corinthiens 11, vers l’an 53). Plongés dans la mort et la résurrection de Jésus, les baptisés sont membres de ce corps qu’anime l’Esprit de Jésus.

Suivre Jésus, cela voulut de suite dire choisir de vivre comme lui. L’un des titres les plus anciens pour parler de Jésus est celui de messie, (qu’on traduit en grec par Christ) ; dès les années 60 de notre ère, le nom de chrétien est donné aux disciples (Actes des Apôtres 11, 26).

On a fini par identifier le christianisme avec la civilisation de l’Europe. Cela mène parfois à détester l’Eglise à cause de la violence des croyants (croisades, inquisition, collusion du pouvoir et des clercs contre la liberté, etc.) ou inversement à l’idolâtrer (les cathédrales, la culture, les hôpitaux et écoles, etc.) L’Eglise est l’assemblée de pécheurs qui reçoit sa sainteté de Dieu. Sans le Christ, elle n’a pas de sens.

Alors que les actes criminels de prêtres sont révélés, on peut se demander comment demeurer chrétien et catholique. Pourtant, l’urgence de l’amour du prochain, de faire que tout homme puisse trouver en nous un prochain (Evangile de Luc 10, 36) est telle que la vie et la mort de Jésus, la Parole de Dieu, demeurent une source indépassable de paix pour le monde et le sens de la mission.

Jésus a choisi de servir d’abord ceux qui sont exclus de la société (malades, handicapés, étrangers, pauvres, prisonniers, etc.). Son rapport aux étrangers, par exemple, interdit toute xénophobie ou ethnocentrisme. Etre disciples de Jésus en Eglise est un engament politique, témoigner et agir dans la cité (polis en grec) parce que la fraternité est le but de l’humanité. Si Dieu est le Père de tout homme, tous ne sont-ils pas frères ? (Cf. Evangile de Matthieu 25, 31-46)

Les chrétiens ne sont pas les seuls à vivre l’amour des frères, la charité, la solidarité ou la sollicitude et nombre de chrétiens n’y sont guère fidèles. La frontière entre chrétiens et non-chrétiens ne passe pas tant entre les personnes qu’à l’intérieur de chacune. Assurer le service de la fraternité et de l’amour « au nom de Jésus », « à cause de Jésus », c’est reconnaître que tout n’est pas dit sur l’homme avec l’homme, qu’en l’homme il y a une vie, une source de vie. Dieu se donne : il est créateur. « Prenez, ceci est mon corps, buvez, c'est mon sang. » (Evangile de Marc, 22 et 24)

Pour parler de Dieu, c’est le vocabulaire de la relation et de l’amour qu’il faut emprunter. Paul, moins de vingt ans après la mort de Jésus, tient ces drôles de propos : « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Paul aux Galates 2, 20, vers 55), « pour moi, vivre c’est le Christ » (Paul aux Philippiens 1, 21, vers 61). C’est ce que disent les amants ! Pour moi, vivre, c’est elle, c’est lui. Prends, c’est mon corps pour toi.

Cela explique le sens de la prière. Non pas amadouer une divinité hostile ou obtenir d’elle ce qui est inespéré, non un culte des morts, non pas non plus dire des prières ou accomplir des rites, mais exister devant Dieu, avec et pour lui. Cela ne relève pas de l’utilité et en ce sens ne sert à rien. C’est pure gratuité, gracieux, selon la grâce. Les chrétiens sont les prophètes de cette gratuité.


 

Patrick ROYANNAIS

Prêtre à la paroisse Saint-Edme de la Vallée du Serein (Diocèse de Sens Auxerre)

 

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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 11:03
Messe de la Saint Yves à la Sainte Chapelle à Paris ce mardi 14 mai 2019 à 20 heures

Quel moment inouï, quelle incroyable émotion que cette messe de la Saint Yves (Saint patron des avocats et des magistrats) dans cet « écrin », ce « joyau » construit par Saint Louis pour accueillir la couronne d’épines du Christ sauvée lors de l’incendie de Notre Dame de Paris lundi de la Semaine Sainte par l’aumônier des Pompiers de Paris, le Père Jean-Marc FOURNIER !

Présidée par Monseigneur Matthieu ROUGÉ, évêque de Nanterre et concélébrée par Denis CHAUTARD, aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers, Jérôme ROUSSE LACORDAIRE, aumônier du groupe catholique des avocats et Emmanuel TOIS, aumônier du groupe catholique des magistrats cette messe a réuni 300 personnes, avocats, magistrats et policiers.

Le Père ROUGÉ dans son homélie nous a proposé une méditation sur le service de la justice en nous présentant la figure de Jésus, le Juste  condamné comme un malfaiteur et un blasphémateur sur la base de faux témoignages, lors d’un simulacre de procès. Jésus a témoigné de la valeur inaliénable de « la dignité de l’homme », valeur qu’il nous faut savoir trouver chez l’innocent comme chez le criminel ! Deux expressions sont particulièrement fortes lors de ce procès : « Voici l’Homme » et « Qu’est-ce que la Vérité ? » une proclamation et une question dans la bouche de Pilate. En acceptant les outrages et les crachats, en donnant sa vie pour nous, Jésus nous exprime la finalité de l’Homme, sa dignité suprême, sa vérité dernière : l’Amour  sauve le monde !

Denis CHAUTARD

Messe de la Saint Yves à la Sainte Chapelle à Paris ce mardi 14 mai 2019 à 20 heures
Messe de la Saint Yves à la Sainte Chapelle à Paris ce mardi 14 mai 2019 à 20 heures
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Messe de la Saint Yves à la Sainte Chapelle à Paris ce mardi 14 mai 2019 à 20 heures
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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 07:23
Le vendredi Saint : méditation de Maurice Zundel

Chers Amis, aux yeux de Dieu, l'homme = Dieu. C'est, en somme, l'équation que Jésus inscrit dans l'histoire en ce jour du Vendredi saint.

En effet, Jésus donne sa vie pour notre vie, c'est-à-dire qu'il attribue à notre vie le poids de la sienne. Rien ne nous confond davantage, rien ne nous émeut plus profondément que cette équation sanglante et magnifique.

Voilà donc ce que nous sommes aux yeux de Dieu, voilà ce que nous valons devant lui : lui-même. Il est impossible de glorifier la vie humaine d'une manière plus magnifique. Il est impossible de révéler le caractère incommensurable de notre aventure qu'en établissant cette équation entre la vie de Dieu et la nôtre.

 

Si jamais l'homme a été tenté - et Dieu sait qu'il l'est plus que jamais aujourd'hui - a été tenté de voir en Dieu et dans la croyance en Dieu une diminution de l'homme, une situation de rivalité qui empêcherait l'homme de s'épanouir au maximum, le Vendredi saint inflige à cette crainte un démenti éternel car, justement, ce que Dieu veut ce n'est pas la soumission, l'assujettissement, l'esclavage, ce qu'il veut, c'est la liberté des fils de Dieu, ce qu'il veut, c'est que nous soyons des créateurs avec lui, ce qu’il veut, c'est que notre intimité s'enracine dans la sienne et la sienne dans la nôtre.

Il me semble que, si l'on pouvait crier dans les pays de l'Est où le communisme érige l'athéisme en doctrine d'Etat, si l'on pouvait crier cette équation, il me semble que l'on ferait refluer cet athéisme qui a, justement, ses racines dans la crainte d'une rivalité entre l'homme et Dieu, dans la crainte que Dieu signifie la diminution de l'homme. C'est le contraire qui est vrai et le christianisme, d'une manière unique précisément, proclame cette mystérieuse égalité d'amour entre l'homme et Dieu. Comment la concevoir ? Comment l'imaginer ? Comment la comprendre Comment la vivre ? Mais en tous cas, d'entrée de jeu, nous voyons que rien ne peut nous conférer une noblesse et une dignité plus grande.

Il ne s'agit pas de nous diminuer : au contraire, il s'agit de donner à notre vie une dimension infinie, infinie, infinie... C'est l'infini que nous portons en nous et c'est cet infini que nous avons à exprimer et à communiquer dans toutes les, dans tous les actes de notre vie.

Mais comment est-ce concevable, encore une fois, comment Dieu a-t-il pu écrire cette équation dans l'histoire ? Comment cette équation est-elle au cœur même de l'Evangile ?

Il faut pour cela remonter à la Trinité divine car le Dieu qui se révèle en Jésus-Christ, le Dieu qui est Jésus-Christ est un Dieu qui se communique, c'est un Dieu qui n'a prise sur son être, précisément, qu'en se communiquant, c'est un Dieu qui, loin de se posséder lui-même, n'existe que sous forme de don. Car la vie divine éternellement circule du Père dans le Fils et du Fils et du Père dans le Saint-Esprit dans une éternelle communion d'amour. Ce Dieu-là qui resplendit dans la personne de Jésus-Christ, ce Dieu-là est un Dieu libre. C'est un Dieu esprit, car être esprit, c'est cela même : être esprit, c'est ne pas se subir soi-même, c'est circuler dans la transparence de soi, sans rencontrer de limites, parce que l'être tout entier n'est plus qu'un élan d'amour.

C'est dans cette innocence, c'est dans cette enfance, dans cette enfance éternelle que gît le mystère du Dieu qui se révèle en Jésus-Christ et ce Dieu-là, ce Dieu qui est libre de lui-même, ce Dieu qui ne se regarde jamais, ce Dieu qui ne se complaît pas en soi, ce Dieu qui n'existe qu'en se donnant, de quel monde peut-il être le créateur, sinon d'un monde libre, libre jusqu'aux dernières fibres de son existence? Il a voulu, ce Dieu Esprit, une création qui fût esprit, comme Jésus le suggère à la Samaritaine.

Oui Dieu, Dieu est libre de soi, Dieu n'adhère pas à soi, Dieu est entièrement donné, Dieu est souverainement libre à l'égard de lui-même et c'est pourquoi, il va imprimer sa marque dans la création, c'est pourquoi il va susciter des esprits en les appelant chacun à vivre comme une source, à vivre comme une origine, à faire jaillir son existence d'un pur élan d'amour.

Nous voyons donc immédiatement ici le caractère nuptial de la création. Il ne s'agit pas d'un monde d'esclaves ou de robots : il s'agit d'un monde libre, libre de la vraie liberté qui est la liberté intérieure, libre de la vraie liberté qui est d'être libre à l'égard de soi-même, libre de la vraie liberté qui consiste à ne pas se subir soi-même, mais à se prendre tout entier pour renouveler son existence intégralement, en la donnant de bout en bout, en la donnant totalement à celui qui nous la donne en se donnant totalement.

Un jour nouveau est ainsi jeté sur la création, sur son sens, sur son mystère, sur les relations de l'homme avec Dieu. Dieu n'est pas un dominateur. Dieu n'est pas un souverain devant lequel il faudrait s'aplatir. Dieu est un amour qui se remet lui-même entre nos mains.

En effet, si, il s'agit d'une relation, d’une relation nuptiale entre Dieu et nous, si Dieu veut consacrer, veut contracter avec nous un mariage d'amour, ce mariage d'amour suppose que notre " oui " est indispensable à l'accomplissement du " oui " de Dieu. Et de là, justement, surgit cette passion de Dieu, cette crucifixion de Dieu qui remonte au commencement même de la création, qui remonte à ce refus originel de fermer l’or, de fermer l'anneau d'or des fiançailles éternelles. Dès que l'homme se refuse, Dieu meurt. Dieu meurt en l'homme, Dieu meurt par l'homme, Dieu meurt pour l'homme.

Il est impossible de méditer sur la passion de notre Seigneur, sans, justement, découvrir ce visage mystérieux de Dieu, ce visage d'amour et de pauvreté, ce visage de désappropriation et de liberté, ce visage où Dieu est tout don et respecte, jusqu'à en mourir, la règle du jeu car, s'il s'imposait, c'en serait fait de tout, s'il s'imposait, le monde ne pourrait plus être esprit et Dieu serait la caricature de lui-même.

C'est donc jusqu'aux racines de notre être que la lumière de la passion pénètre, en nous révélant à nous-même, d'une manière unique : voilà ce que nous sommes devant Dieu : d'autres lui-même, voilà ce que nous comptons sous son regard : nous sommes indispensables à la création, car la création ne peut être, précisément, que cette communication d'une liberté originelle, d'une liberté où chacun de nous devient le créateur de soi et de tout, où chacun de nous devient le porteur de Dieu et capable de le communiquer à tout l'univers.

Nous voyons donc à, à quel degré nous sommes concernés. Il ne s'agit pas d'un récit qui nous réfère au passé: il s'agit de ce qu'il y a de plus actuel, de plus brûlant, de plus passionnant, il s'agit du sens même de notre vie aujourd'hui !

Comme on a diminué la vie ! Comme on l'a aplatie ! Comme on l'a rendue vaine et absurde, justement parce qu'on s'est détourné de cette équation inscrite par Jésus éternellement dans l'histoire. Jésus rend à l'homme sa noblesse et sa dignité. Jésus fait de notre vie une aventure incommensurable, à condition que nous nous réveillions de notre torpeur, que nous surgissions de notre sommeil et que nous regardions avec les yeux de l'amour ce visage défiguré et glorieux qui est le visage du crucifié.

Comment ne pas rendre grâce à notre Seigneur de nous révéler ainsi à nous-même, de donner à Dieu ce visage qui nous bouleverse, d'établir entre Dieu et nous cette relation nuptiale et de nous rendre possible d'être les créateurs de nous-même en ne nous subissant plus mais en nous prenant tout entier pour nous offrir comme une hostie vivante entre les mains de l'éternel amour.

C'est ce que chacun de nous maintenant va s'efforcer d'accomplir du fond même de sa faiblesse et de sa misère mais avec toute la puissance de l'espérance et de l'amour. C'est ce que chacun de nous va s'efforcer d'accomplir, en se donnant à Jésus et, par Jésus, à la Trinité divine, pour fermer l'anneau d'or des fiançailles éternelles, afin que le monde apparaisse à travers nous comme l'ostensoir de Dieu.

 

Maurice ZUNDEL

Eglise du Saint Rédempteur à Lausanne

Vendredi Saint 1974

 

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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 06:49
Arcabas, le lavement des pieds

Arcabas, le lavement des pieds

Evangile de Jésus-Christ selon saint jean 13,1-15

« Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le démon avait déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu’il noue à la ceinture ; puis, il verse de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : “Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds !” Jésus lui déclara : “Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras.” Pierre lui dit : “Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais !” Jésus lui répondit : “Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi.” Simon-Pierre lui dit : “Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête !” Jésus lui dit : “Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs... mais non pas tous.” Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : “Vous n’êtes pas tous purs.” Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : “Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez “maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.” »

Jésus se met aux pieds de ses disciples dans la position de l’esclave pour leur laver les pieds. Et même, si l’on pense à la version de Marc et de Matthieu, dans la position de la pécheresse qui se prosterna à ses pieds. “Celui qui n’avait pas connu le péché, il l’a, pour nous, identifié au péché, afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu” (2 Co. 5,21).

Si le Fils de l’homme, le Fils de Dieu est aux pieds de ses disciples pour les servir, dès lors, pour trouver le Christ, il faut s’abaisser et tourner les yeux vers le bas. Il faut aussi trouver la grâce au fond de son péché.

Mais c’est plus que cela. Jésus fait à ses disciples ce que Marie a fait pour lui à Béthanie avec du parfum. Lui prend de l’eau. Est-ce un baptême ? Non : “Celui qui s’est baigné n’a nul besoin d’être lavé, il est pur.” Qu’est-ce donc ? C’est leur “ordination” pour avoir part avec lui dans la communion (v. 15) et dans l’envoi (v. 16). Les disciples ne sont plus seulement les compagnons, ils sont les amis.

“Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu auprès de mon Père, je vous l’ai fait connaître” ( Jn 15,15).

Les disciples avaient été appelés, ils ont été enseignés, maintenant Jésus les consacre.

Les rois d’Israël étaient oints sur la tête. Mais le roi d’humilité le fut par les pieds, et voici que les disciples aussi sont ordonnés par les pieds.

Être ordonné par les pieds, c’est être ordonné pour la route, pour un voyage humain et spirituel. C’est être touché par la grâce dans ce qui nous fait tenir debout sur la terre. C’est être atteint dans ce qui nous enracine et nous lie à la terre.

A l’humus, à l’humilité…

Extraits de “L’ordination par les pieds”,

Jean-Marie Ploux, prêtre de la Mission de France

 

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 18:22
Et si l’incendie de Notre Dame nous disait aussi quelque chose d’essentiel sur le feu qui ravage notre Eglise ?

Et si l’incendie de Notre Dame nous disait aussi quelque chose d’essentiel sur le feu qui ravage notre Eglise ! 

Lundi devant les images terribles retransmises par toutes les télévisions, je n’ai pas trouvé la force d’écrire autre chose, sur les réseaux sociaux, que ces quelques mots : « Notre Dame en feu. Je reste sans voix. Et les larmes qui me viennent aux yeux me disent que nous pleurons aussi un peu sur nous-mêmes. Sur notre pays que nous ne sommes plus sûrs de savoir aimer. Que Dieu nous garde ! »

Faire une relecture spirituelle de ce que nous avons vécu au cours de cette nuit

Dans les heures qui ont suivi, des choses fortes ont été dites et écrites, ici et là, qu’il faudra savoir relire. Aujourd’hui, comment ne pas être tenté de faire une relecture spirituelle de ce que nous avons vécu, en secrète communion les uns avec les autres, au cours de cette nuit où nous avons craint un instant que les tours de Notre Dame puissent disparaître après la flèche engloutie dans les entrailles de la cathédrale ? Une relecture à faire en lien avec la crise sans précédent que traverse l’Eglise catholique, y compris dans notre pays ! 

Et si l’attachement des Français à Notre Dame, qu’ils ont ressenti et peut-être découvert ce soir-là au fond d’eux-mêmes, dans l’angoisse de sa possible disparition, leur avait révélé, tout aussi enfoui, aussi inavouable, un secret attachement à l’Eglise qui, pour beaucoup, fait partie de leur patrimoine intime. Même s’ils ont pu, depuis, prendre leurs distances avec elle, pour des raisons qui ne sont pas toutes illégitimes !

Et si la peur de voir s’effondrer les tours de Notre Dame, avait nourri, en eux, la peur mimétique de voir l’Eglise disparaître du paysage Français ? Pour les deux mêmes types de raisons : parce qu’aux yeux de certains elle structure notre identité nationale indépendamment même de toute référence explicitement religieuse : parce que, pour d’autres, elle reste porteuse de sens, de transcendance, d’espérance, dans un monde tenté par le nihilisme !

Et si, pour les chrétiens, la chute de la tour nord et celle de la tour sud auraient pu représenter aussi, potentiellement et symboliquement, l’effondrement des deux piliers de notre Eglise : Pierre et Paul. L’apôtre qui convertit les “déjà croyants“ à la nouveauté radicale de l’Evangile et celui qui va porter la Parole aux périphéries du monde ? Et si la chute des deux tours avait eu pour effet de faire taire à jamais les cloches de Notre Dame, ces messagères du Ciel, rendant la ville à la seule rumeur du quotidien ! 

Nous méritons mieux qu’une reconstruction à l’identique

« Nous allons reconstruire Notre Dame » s’est engagé le Président de la République. Et déjà les  producteurs de bois font savoir qu’ils offrent 1300 chênes pour reboiser le toit de la cathédrale… à l’identique ! Tandis qu’un prêtre plaide dans la Croix que “Notre Dame mérite mieux que cela“. Que la charpente pourrait être faite d’un tout autre matériau et la flèche, qui ne datait jamais que du XIXe siècle, être remplacée à la hauteur de l’autel, par un puits de lumière…

Notre Eglise est en feu, sous l’accumulation des scandales. Et nous voyons, pareillement, s’opposer les tenants d’une reconstruction institutionnelle à l’identique, au nom de la fidélité à l’Eglise de toujours… et ceux qui considèrent qu’elle « mérite mieux » que cela, que certains ajouts des siècles, qui s’effondrent devant nous emportés par le brasier, ne doivent pas être remplacés en tant que tels et qu’ouvrir un puits de lumière pourrait être une manière de rebâtir notre Eglise pour le monde qui vient ! 

Dans L’œuvre au noir, Marguerite Yourcenar fait dire au prieur : « Peut-être (Dieu) n’est-il, dans nos mains, qu’une petite flamme qu’il dépend de nous d’alimenter et de ne pas laisser éteindre (…) Combien de malheureux qu’indigne la notion de son omnipotence accourraient du fond de leur détresse, si on leur demandait de venir en aide à la faiblesse de Dieu ! » Transposons : « Peut-être (l’Eglise) n’est-elle, dans nos mains, qu’une petite flamme qu’il dépend de nous d’alimenter et de ne pas laisser éteindre (…) Combien de malheureux qu’indigne la notion de son omnipotence accourraient du fond de leur détresse, si on leur demandait de venir en aide à sa faiblesse ! » Peut-être y sommes nous ! Grâce à Dieu ! Grâce à l’incendie de Notre Dame ?

René POUJOL

Journaliste et Blogueur

 

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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 07:27
Croix de la chapelle des marins

Croix de la chapelle des marins

Avec des morceaux de bois échoués sur les plages
des marins ont fait le crucifix de leur chapelle.
Avec les blessures de nos vies,
Dieu peut faire des merveilles.
C'est à 1 500 km de profondeur et 2000°F. que le charbon peut se changer en diamant....
Dieu est un bricoleur de génie :
Avec un couple stérile,
Il fait naître un peuple
Avec un bègue nommé Moïse,
Il fait un Libérateur.
Avec un berger adolescent,
Il extermine un tyran.
Avec un homme trompé,
Il fait le prophète de Sa fidélité.
Avec une femme légère,
Il évangélise la Samarie.
Avec des lâches,
Il fait des apôtres.
Avec un déserteur,
Il fait le premier pape.
Avec le plus grand adversaire
Il fait le plus grand missionnaire.
Avec un blouson doré,
Il fait François d'Assise.
Avec un officier cavaleur,
Il fait Charles de Foucauld.
Avec "un Roncalli quelconque",
Il fait saint Jean XXIII......

Alors, bancals, boiteux, peureux..., procurez-vous "La Bible pour les nuls" Découvrez que Dieu est un bricoleur de génie et qu'Il a besoin de vous......
(La chapelle des marins a été vandalisée en 2012.... Dieu va peut-être faire quelque chose avec l'un de ces pilleurs sans conscience)

 

Stan ROUGIER

Prêtre, Ecrivain et Conférencier

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1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 20:41
Thomas, responsable de la JOC de Lille, en chemin vers le baptême

Le 20 avril 2019, Thomas Babin, jeune fédéral à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) de Lille, sera baptisé. Il entrera, au terme de son cheminement vers ce premier sacrement, dans la grande famille des chrétiens.

Thomas, 24 ans, a grandi dans les quartiers populaires de Seclin, ville ouvrière de l’agglomération lilloise. En 2016, le jeune ouvrier dans les espaces verts, découvre la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), un mouvement d’Église par et pour les jeunes du milieu ouvrier. Abordé par Pascal, un accompagnateur du mouvement, il est invité à un premier temps avec d’autres jeunes à Lille avant de participer au rassemblement national du 15 avril 2017 à Paris avec plusieurs milliers d’autres. Un moment fort qui l’encouragera à s’investir en JOC et à y prendre des responsabilités. En septembre 2018, il est appelé à rejoindre l’équipe fédérale qui coordonne la vie du mouvement dans l’agglomération lilloise.

Une mission de responsable d’Église au service des jeunes qu’il prend à cœur et qui est inséparable de son choix d’avancer dans son chemin de foi en demandant le baptême. Une démarche qu’il prépare accompagné par Pascal, qu’il rencontre une fois par mois, et en participant à des rencontres de catéchumènes (personnes adultes qui se préparent au baptême). Sa paroisse de Seclin l’accompagne et le soutient également dans son cheminement. Il y prend le temps de lire la Bible et de l’analyser : « je lis des textes sur la vie de Jésus et on en débat ».

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Son baptême aura lieu le 20 avril 2019 à 20h à l’église Saint Piat de Seclin. Thomas souhaite y convier sa famille, ses amis de la JOC mais aussi tous les acteurs de la Mission Ouvrière qui sont une partie de sa communauté d’Église.  A cette occasion, il nous livre ce qui a été fondateur dans sa foi :

« Je crois en Dieu depuis longtemps, je ressens sa présence dans ma vie face à des moments de difficulté et de bonheur aussi. Un jour, à l’occasion d’un temps de l’Action catholique des enfants (ACE), une animatrice a remarqué que lors de la messe je ne connaissais pas le geste du pain. Elle est venue me questionner sur mon rapport à la foi, si j’étais chrétien…  C’est à ce moment que ma réflexion a commencé. Aujourd’hui, je suis très heureux d’être en JOC, de rencontrer d’autres avec qui je peux partager sur ma vie et recevoir des conseils. Je me sens plus responsable dans la société, je peux être à l’écoute, aider d’autres personnes en difficulté.  A chaque rencontre d’équipe, nous lisons des parties de la Bible, nous donnons notre opinion par rapport à des événements de nos vies. Selon moi, les valeurs chrétiennes, ce sont le partage, la solidarité, l’amour… J’aimerais changer le monde, réajuster ces valeurs dans la société pour que le monde aille mieux. Grâce à la JOC, je me sens plus soutenu dans mes projets, les autres sont attentif à moi et on me pose des questions. La JOC me rapproche chaque jour un peu plus de Dieu, de Jésus. J’essaie de comprendre Jésus, il est comme un exemple que nous devrions suivre. Mon baptême est une étape, l’occasion de s’ouvrir à une nouvelle vie. »

Chaque année, des dizaines de jeunes jocistes préparent leur baptême, leur première communion, leur confirmation ou leur mariage avec le soutien de leur mouvement. Dans le diocèse de Lille, ils seront 4 à être baptisés à la veillée pascale 2019 à Lille, Seclin ou Roubaix. Nous sommes tous invités à être à leur cotés.

 

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2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 22:18
L’abbé Pierre. / PhotoPQR/La Provence

L’abbé Pierre. / PhotoPQR/La Provence

Homme d’action par excellence, le fondateur des communautés Emmaüs était guidé par une foi profonde qu’il vivait avec discrétion.

« Il était convaincu, et ce jusqu’à sa mort, que mystérieusement, sans le nommer, il y avait au cœur des communautés Emmaüs cette présence de Dieu. » Le père Jean-Marie Viennet, 81 ans, ancien secrétaire général d’Emmaüs International qui a accompagné l’abbé Pierre à travers le monde pendant plus de vingt ans, évoque le regard de foi que portait le grand homme sur Emmaüs.

Un enracinement spirituel

Coauteur, avec René Poujol, ancien directeur de la rédaction de Pèlerin, d’un ouvrage sur l’abbé Pierre (1), il précise aussi que l’auteur de l’appel à l’insurrection de la bonté tenait beaucoup au caractère non confessionnel des communautés. « Il ne s’agissait pas d’être dans la mission en annonçant quelque chose, mais plutôt d’être des témoins dans le respect de toutes les confessions »,indique le prêtre, toujours engagé dans le diocèse de Belfort-Montbéliard.

 

Pour lui, la fondation d’Emmaüs et, au-delà, la vie tout entière de l’abbé Pierre trouvaient leur source dans son enracinement spirituel, brûlé de la présence de Dieu comme le buisson ardent. « Les gens qui le rencontraient voyaient en lui un grand homme d’action, explique-t-il. Pourtant, tout est né de son expérience de la prière et de l’adoration. Il ne prenait jamais une décision importante sans avoir prié. »

Son attachement à l’Eucharistie

Dans un petit livre paru en 2005 sous le titre Mon Dieu… pourquoi ? (2), l’abbé Pierre revient longuement sur l’Eucharistie, le « sacrement de la foi » qu’il célébrait tous les jours à 18 heures : « Je crois, sans chercher à me l’expliquer, que le Christ est mystérieusement présent dans l’hostie consacrée. » En épilogue de cet ouvrage, où il se confie comme rarement, il écrit aussi une lettre à Dieu : « Père, je vous aime plus que tout. Je ne supporte de vivre si longtemps que par cette certitude en moi : mourir est, qu’on le croie ou non, Rencontre. Trop de mes frères humains restent au bord de vous aimer. Pitié pour eux et pitié pour l’Univers. Père, j’attends depuis si longtemps de vivre dans votre totale présence qui est, malgré tout, Amour. »
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Questionnant le fondateur d’Emmaüs sur la spiritualité de son œuvre, le père Jean-Marie Viennet s’était vu répondre que « l’Esprit agissait en chaque homme », qu’il voyait comme une « paillette d’or » capable du meilleur. C’est pour cette raison que l’objectif des communautés était que chacun redevienne pleinement acteur de son projet de vie et passe du statut d’aidé à aidant.
Par l’action et la parole parfois tonitruante, cet homme de Dieu trouvait aussi de quoi nourrir sa prière et percevoir la présence de Dieu dans le service des plus pauvres. Interrogé par La Croixquelques jours après la mort de l’abbé Pierre le 22 janvier 2007, son biographe Pierre Lunel confirmait : « Toute sa vie, il a eu besoin de ces moments de solitude et de prière. Pour se construire et se renforcer. C’était un mystique agissant. »

Arnaud Bevilacqua

 

(1) Le Secret spirituel de l’abbé Pierre, Jean-Marie Viennet et René Poujol, Salvator, 2014, 222 p., 18 €. (2) Entretiens avec Frédéric Lenoir, Plon, 108 p., 13 €.

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