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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 00:00
"Tu es Pierre, et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise"
Ce n'est pas de l'Eglise en pierres qu'il s'agissait
Mais nous avons oublié les leçons apprises
Qui touchaient notre coeur en secret.

Un très grand homme est parti,
mais il n'est mort que pour les morts,
Seuls les vivants l'ont compris
Son combat est toujours là aussi fort,

A toi Henri, un immense merci
Tu as semé dans nos coeurs
La force de nous battre
Tu es venu agir maintenant et ici
Pour semer le bonheur
A jamais brûle l'âtre

Jamais tu ne parlais de religion,
Car la seule religion est l'amour
Tu as construit de simples maisons
Pour que les hommes bénissent les jours

Tu es Pierre, et sur cette pierre
Maintes maisons chanteront tes louanges
Tu es parti empli de lumière
Et à présent tu danses avec les anges

Au revoir et à un de ces jours,
merci pour toutes tes fleurs d'Amour.

Jean-François d'Angelo,
22/1/2007, en hommage à l'Abbé Pierre,
fondateur des Communautés d’Emmaüs
 
 

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19 décembre 2006 2 19 /12 /décembre /2006 00:00
Noël 2006
 
En France aujourd’hui comme en Palestine à l’époque de Jésus, nous sommes entraînés par les « mirages » du monde qui nous font croire que réussir sa vie c’est avoir de l’argent, les honneurs et le pouvoir à l’image des « grands de ce monde » qui symbolisent le « succès » !
Et même, quand il s’agit de Dieu, nous pensons spontanément à un « pouvoir supérieur » qui en impose par sa gloire et sa puissance !
Et voici qu’à Noël Dieu est un enfant, un « bébé » semblable à tous les autres ! Ce n’est pas un prince ou un des grands de ce monde né dans la richesse ou avec les honneurs ! Non, il est né dans une étable et dès sa naissance il a connu la précarité, l’exclusion et le rejet ! Seuls les bergers et les mages l’ont accueilli et sont venus le visiter !
Noël est un véritable « retournement » : notre Dieu (le Père de Jésus et notre Père) a choisi la fragilité et la faiblesse humaine pour manifester sa gloire : les premiers à l’accueillir sont les pauvres et les étrangers !
La voilà la Bonne Nouvelle qui est une immense joie pour tous les croyants mais aussi pour tous ceux qui cherchent, pour « tous les hommes de bonne volonté » : ce qu’il y a de faible et de précaire en l’homme, ce qu’il a de pauvre et de petit c’est ce que Jésus est venu toucher, rejoindre en premier pour rassembler tous les hommes en commençant par les derniers !
Toute l’humanité a vocation à être sauvée, à « réussir » ce pari de faire gagner la « vie » !
« Il n’y a pas de plus grand Amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ! »
Noël c’est vraiment la victoire de l’Amour universel sur toutes les « chimères » !
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et Paix sur la terre aux hommes qu’Il aime » !
 
Joyeux Noël !
 
Denis Chautard

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 00:00
Le 21 Novembre 1963
 

Une des premières mesures du Concile Vatican II est de tolérer l’usage des langues vernaculaires, c’est-à-dire locales, lors des liturgies. La messe pourra ainsi être prononcée dans les langues maternelles des fidèles, et ceci selon le principe d’ouverture vers les communautés prônée par Jean XXIII.
J'avais 14 ans. J'étais membre de l'équipe fédérale de la "Jeunesse Etudiante Chrétienne" en Ardèche et je me souviens du formidable espoir qu'a représenté ce concile pour l'ouverture de l'Eglise au monde et pour un "aggiornamento" de l'Eglise.
 
http://www.linternaute.com/histoire/jour/21/11/a/1/0/1/index.shtml

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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 23:00

  

Méfie-toi de ceux qui confondent l'éclairage et la lumière.

Tonino Benacquista.

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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 23:00

Homélie du Cinquième Dimanche de Carême

Saint Nicolas de Vernonnet 

3 avril 2006

Il y a des jours, comme aujourd’hui où le métier de « prédicateur » est bien difficile. On se dit que l’on aurait mieux fait de rester au chaud sous la couette plutôt que de s’exposer à un évangile aussi difficile. Et pourtant l’Evangile de Jean s’il est un Evangile « théologique » est aussi un Evangile qui a des racines très anciennes, on dit même les racines les plus anciennes avec les épîtres de Saint Paul.

 Nous montons à Jérusalem avec Jésus, la ville où il va subir son arrestation, son procès, sa passion et sa mort. Nous entrons avec lui dans ces moments douloureux et terribles où il est pris dans les filets du mal, de la haine et de la violence.

 Longtemps les récits de la Passion ont été interprétés comme de « connivence » avec le mal et la souffrance : « la vie ici bas est une vallée de larmes ». Il y a eu longtemps un véritable sado-masochisme religieux.

 Le sentiment religieux naturel de l’homme naît avec l’homme lui-même : lorsqu’il prend conscience des dangers, des menaces qui pèsent sur lui : la souffrance, la violence, la maladie,  et le pire de tous : la mort. Dieu est souvent un « bouche trou » de notre mal de vivre. Il vient combler les manques à la question du sens : tout ce que l’homme n’arrive pas à comprendre, à expliquer, il le remet entre les mains de la « divinité ».

 Ce sentiment religieux fait partie de nous. Il est au départ rempli d’ambiguïtés, c’est bien normal.

 Nous avons besoin de Dieu pour faire face à notre « misère humaine » ! La « révélation »  au contraire nous conduit à une véritable « conversion », au sens que ce mot a au ski : retournement, changement total d’horizon, de perspective qui conduit à un changement complet de regard sur Dieu. Dieu n’a plus rien d’un « bouche trou ».

 C’est ce qui se passe dans l’Evangile de Saint Jean aujourd’hui : Les grecs, qui ont été « interpellés »  par les miracles de Jésus, par son autorité, par ses paroles très étonnantes demandent à Philippe et aux apôtres à « VOIR » Jésus. Et ce mot « VOIR » est d’une importance capitale dans l’Evangile de Saint Jean, comme d’ailleurs un autre mot : « CROIRE ».

 Je fais un écart pour mieux faire comprendre la portée symbolique de ce mot. J’en choisis un autre qui a la même origine : VISA ». L’autorité qui donne un VISA aux étrangers qui désirent pénétrer sur leur territoire a pouvoir sur eux. De même qu’un chef de service ou un directeur montre qu’il a autorité sur ses salariés lorsqu’il a « visé » (c’est à dire qu’il a apposé son cachet et sa signature sur une note de service ou sur un document administratif). Regardez à la télévision, ou même dans les magasines ou sur Internet, le pouvoir des l’images.

Ces Grecs qui veulent « VOIR » Jésus veulent avoir « prise » sur lui. A travers lui, ils veulent avoir « prise » sur Dieu. C’est comparable au désir « religieux » primaire en chacun de nous. Nous avons besoin au départ d’un Dieu qui règle nos problèmes, qui nous permette de faire face à notre vie, pour calmer nos énormes angoisses devant la souffrance, l’injustice, la maladie, la mort.

 Nous voulons « VOIR » Dieu, c’est à dire avoir « prise » sur lui. Or, rappelez-vous que pour les Hébreux, « VOIR » Dieu c’est MOURIR. Moïse n’est jamais entré dans la terre promise., lui qui a « VU » Dieu.

 Aux Grecs qui demandent à le« VOIR », Jésus propose comme chemin de rencontre de Dieu le chemin « escarpé » de la Passion.

Nous y revenons : la Passion est le cœur de la « révélation ». Ce n’est en rien une compromission avec le mal, la souffrance ou la mort. Chrétiens nous ne sommes en rien des masochistes, des doloristes.

 Si vous lisez l’Evangile de Saint Jean vous verrez que c’est tout le contraire : c’est un Evangile de Vie. « La gloire de Dieu, c’est l’Homme Vivant » (Saint Irénée). La Passion selon Saint Jean, c’est la manifestation de la gloire de Dieu : cette gloire qui est la Vie elle même, qui est l’accomplissement de la Vie de Dieu en l’Homme. Rappelez-vous, lorsque le soldat romain perça le côté de Jésus juste après sa mort, il en jaillit du sang et de l’eau : qui sont les deux premiers symboles de la vie. Rappelez vous le centurion Romain au pied de la croix qui dit cette phrase étonnante en voyant mourir Jésus : « Vraiment cet homme est le Fils de Dieu » ! Le message de la Passion dans Saint Jean, c’est que la Résurrection n’est pas un coup de baguette magique après la mort de Jésus. La Résurrection s’exprime déjà tout au long de la Passion. Ce n’est qu’en nous aventurant sur ce chemin de la Passion « glorieuse et lumineuse » que nous pourrons entrevoir la révélation du mystère.

 Si les récits de la Passion sont les textes les plus anciens des Evangiles et ceux qui font partie de la liturgie des premières communautés Chrétiennes, c’est qu’ils représentent dès l’origine un retournement complet de perspective, une source inépuisable et fondamentale pour notre foi. Dans sa Passion Jésus n’est pas seul : il nous révèle la présence du Père à qui il donne toute confiance. Il est lui même « la gloire de Dieu ». « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore » dit la voix venue du ciel dans cet Evangile. Il est lui le VIVANT. La passion de Jésus n’est pas l’abandon dans la mort, c’est une source de Vie. La contemplation de la croix n’est pas la mortification du chrétien, la contemplation de la croix c’est la surabondance de la Vie. Ce n’est pas le supplicié que nous admirons et que nous voulons imiter, c’est la gloire de Dieu, c’est à dire l’extraordinaire puissance de Vie qui est donnée à celui qui « croit sans avoir vu », à celui qui accepte de faire le chemin en prenant le risque de l’inconnu. La foi n’est pas « une assurance tous risques ». La foi c’est une aventure où l’on se sait pas de quoi demain sera fait, mais où l’on accepte le défi, la route et le voyage !

 Nous faisons tous l’expérience de l’adversité, de la souffrance et du malheur. Nous connaissons tous des passions et des croix. Mais emprunter avec Jésus  ce chemin de la confiance et du don de soi, de la Passion à la Croix , c’est découvrir que nous sommes accompagnés, que la présence du Père transforme ce chemin de dés errance en chemin de VIE.

 « Il n’ y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jésus dans l’Evangile)

 « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant et la Vie de l’homme c’est la « vision » de Dieu ! » (Saint Irénée)

 « Dieu ne peut que donner son amour, notre Dieu est tendresse… » (Frère Roger de Taizé).

 Denis Chautard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 23:00

La confession de foi de Martin Luther KING
Oslo, 10 décembre 1964


Aujourd'hui, dans la nuit du monde et dans l'espérance de la Bonne Nouvelle, j'affirme avec audace ma foi en l'avenir de l'humanité.
Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.
Je refuse de croire que l'être humain n'est qu'un fétu de paille ballotté par le courant de la vie, sans avoir la possibilité d'influencer en quoi que ce soit le cours des événements.
Je refuse de partager l'avis de ceux qui prétendent que l'homme est à ce point captif de la nuit sans étoiles, du racisme et de la guerre que l'aurore radieuse de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité.

Je refuse de faire mienne la prédication cynique que les peuples descendront l'un après l'autre dans le tourbillon du militarisme vers l'enfer de la destruction thermonucléaire
Je crois que la vérité et l'amour sans condition auront le dernier mot effectivement. La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort.
Je crois fermement que, même au milieu des obus qui éclatent et des canons qui tonnent, il reste l'espoir d'un matin radieux.
J'ose croire qu'un jour tous les habitants de la terre pourront recevoir trois repas par jour pour la vie de leur corps, l'éducation et la culture pour la santé de leur esprit, l'égalité et la liberté pour la vie de leur coeur.

Je crois également qu'un jour toute l'humanité reconnaîtra en Dieu la source de son amour. Je crois que la bonté salvatrice et pacifique deviendra un jour la loi. Le loup et l'agneau pourront se reposer ensemble, chaque homme pourra s'asseoir sous son figuier, dans sa vigne, et personne n'aura plus raison d'avoir peur.
Je crois fermement que nous l'emporterons.

Amen.

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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 23:00
 
Quelques mots pour mes « 20 ans » !

Le ministère de prêtre est pour moi une passion pour la Bonne Nouvelle de l’Evangile ; pour l’Evangile à hauteur d’homme comme on aime dire à la Mission de France et une passion pour l’Homme : Croire que nous sommes aimés et que c’est l’Amour qui nous fait vivre.

Prêtre n’est pas un métier, même si cela réclame des compétences multiples, dont nous découvrons qu’elles nous font souvent cruellement défaut. Prêtre c’est d’abord une passion. Une passion comme celle des artistes ou des chercheurs, des amoureux, des voyageurs ou des ermites : La passion de ce qui est neuf, de ce qui commence – Le prêtre n’est pas un croque-mort ou un fossoyeur ; pour moi le prêtre est un accoucheur, un passionné de la naissance. Mais pour voir la pointe du jour, il faut accepter de traverser la nuit . Pour voir percer la vie au printemps, il faut s'engager à passer l’hiver. Pour découvrir les premières traces d’humanité, il faut consentir à les chercher au milieu des galères (et de bien des douleurs d’enfantement) de notre monde !

Le prêtre est un accoucheur d’Eglise. Et la vocation de l’Eglise c’est d’être le printemps, le printemps de la Parole de Dieu ! Oui je crois que l’Eglise a pour mission d’enfanter la Parole de Dieu, Parole de vie. Et l’Evangile est une naissance, un commencement. Ce n’est pas par hasard que les deux premiers mots de l’Evangile de Jean sont «au commencement » ! Mais attention, à tout instant tout peut basculer : l’Eglise peut devenir une mère acariâtre, possessive, jalouse : C’est alors que la parole de vie devient lettre morte quand nous l’enfermons, comme les pharisiens, dans un code, des interdits ou des faux-semblants. Au contraire l’Eglise peut donner la vie, ouvrir une route à l’Esprit : l’Esprit qui fait de nous des hommes libres, affranchis de l’esclavage des idoles, du vertige du néant ou de la peur de vivre !

Pour ne pas être lettre morte dans nos livres de messe, dans nos célébrations, ou même dans nos maisons, l’Evangile doit à chaque instant prendre sève, comme une branche greffée, à notre propre vie. Nous devons en permanence le découvrir comme une nouveauté, une naissance, un commencement. L’homélie, si ce mot pouvait trouver un sens, ne devrait jamais nous endormir, mais toujours nous éveiller.

En ce jour de mes 20 ans, mes 20 ans d’ordination de prêtre, j’ai envie de vous faire partager ma prière pour l’Eglise :

Pardon Seigneur pour tant de célébrations tristes, ennuyeuses, pour tant d’attitudes arrogantes et suffisantes de tes pasteurs, alors que les premiers gestes que tu nous apprends sont accueil, miséricorde, tendresse, humilité et service.

Merci Seigneur pour tous ceux qui m’ont éveillé à cette liberté et à ce service de l’Evangile et de mes frères, et parmi eux : mes parents, Jo Laurent prêtre en Ardèche, l’Abbé Pierre à Esteville, Jacques Sommet et Marie-Dominique Chenu à Paris, Marcel Légaut aux granges de Lesches en Diois, Dom Helder Camara à Recife au Brésil, Michel Quoist au Havre, Jean Marais à Evreux, Pierre Nicolas en cette église de Vernonnet, Geneviève au monastère de Chalais, sur les contreforts de la Chartreuse, Marie-Thérèse au Carmel de Mazille.

Pardon Seigneur pour cette langue de bois de trop de discours ecclésiastiques, et pour ces morales éteignoirs, rétrogrades où l’on juge avant d’accueillir et où l’on condamne avant d’écouter. C’est ainsi que l’on fait fuir de l’Eglise tant d’hommes et de femmes et tant de jeunes de bonne volonté.

Merci Seigneur pour le courage et la lucidité d’un certain nombre d’évêques français : je pense aux prises de position sur le chômage et sur « l’écart social », sur le SIDA, sur les soins palliatifs, sur l’accueil et le dialogue avec les étrangers. Je pense également à la lettre aux catholiques de France de Lourdes 1996.

Pardon Seigneur lorsque Rome condamne, exclue, par peur du risque et de la « nouveauté » ! Je pense bien sûr à cette grave blessure qu’est pour bon nombre d’entre nous la révocation de Jacques Gaillot, apôtre des pauvres et des exclus, homme de l’Evangile et de la prière. Je pense aussi à ces blocages autour des questions de discipline : du célibat, de l’appel des femmes aux ministères ordonnés, et de la responsabilité de tous les baptisés dans l’Eglise.

Merci Seigneur, lorsque, après le départ de Jacques Gaillot, Rome nous envoie Jacques David, homme de foi, plein d’humour et de simplicité, qui vient nous accompagner et nous encourager à poursuivre la tâche engagée.

Merci Seigneur pour cette belle parole de Jean-Paul II au début de son ministère : « n’ayez pas peur » ! Parole de confiance et de liberté !
Merci Seigneur lorsque Jean-Paul II va prier pour la paix à Assise, un parmi les représentants de toutes les religions de la planète.

Pardon Seigneur lorsque les chrétiens sont si timorés face aux scandales de l’argent et aux lois aveugles du profit. Nous dénonçons si peu la nocivité et la gangrène qui atteint tous les milieux et qui fait que les pauvres sont toujours plus pauvres et les riches toujours plus riches.

Pardon Seigneur quand les chrétiens oublient que la sexualité et l’Amour sont d’abord les signes de la création, le lieu où l’homme peut se dépasser, se donner et donner la vie.

Pardon Seigneur pour nous les pasteurs lorsque nous agissons comme des « propriétaires » dans l’Eglise : avec « nos » jeunes, « nos œuvres », « nos » laïcs, « nos » communautés et « nos » paroisses. Pardon de faire de notre ministère un pouvoir, un privilège ou bien une chasse gardée !

Merci Seigneur pour les prêtres qui accueillent et partagent la vie des gens : au travail, dans les associations ou la vie de quartier.
Merci Seigneur pour nos frères qui sont diacres. Par leur vie de famille et leurs engagements, ils renouvellent dans notre diocèse le visage du ministère et ils remettent à l’honneur cette mission du service qui est la base de toute responsabilité dans l’Eglise.

Je te rends grâce Seigneur pour l’Eglise : tous ceux qui font grandir en eux et dans tous ces actes d’amour et de fraternité, la foi de l’Eglise. C’est auprès d’eux que je puise chaque jour dans ma vie, dans ma foi et dans mon ministère, la nourriture pour la route.

Je te rends grâce Seigneur pour tant de bienfaits. Garde mon âme dans la paix.

Denis Chautard, Vernonnet le 31 Janvier 1998

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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 23:00

          En préparant cette célébration de Noël j’ai pensé à toutes sortes d’évènements heureux ou malheureux (Dieu sait s’ils sont nombreux) qui ont fait la une des journaux télévisés durant cette année. J’ai réfléchi sur la situation du monde, sur son évolution récente. Je me suis demandé ce que pouvait bien apporter l’espérance de Noël. J’ai gribouillé des pages très sérieuses et très graves. 

            Et puis cette semaine j’ai visité un enfant qui venait de naître depuis dix jours. Et sur son visage j’ai lu immédiatement le message de Noël : malgré le vacarme du monde, cet enfant dormait et en dormant il souriait et son sourire était tout bonnement : « désarmant » ! 

En voyant cet enfant j’ai pensé à Jésus dans la crèche : Dieu est totalement inattendu et déroutant.

 A l’époque du Christ, comme aujourd’hui, le monde avait bien des problèmes même si on ne les étalait pas comme aujourd’hui à la télévision.  

 On attendait que Dieu arrive avec armes et bagages pour remettre de l’ordre, pour remettre sur ses pieds l’homme qui marchait sur sa tête. 

Et voici qu’en plein cœur de l’hiver, en plein cœur de la nuit, une étoile apparaît dans le ciel et un petit être prend vie sur la terre.  

 « Cette nuit là il n’y avait qu’une place qui n’était pas à sa place, c’’est celle de Dieu. 

 On l’appelait au ciel et il est sur la terre, 

On le cherchait au sanctuaire et il est à l’étable, 

On acclamait son soleil et il est dans la nuit, 

On l’habillait de gloire et on le retrouve nu, 

On attendait un Roi et voici un enfant !... »

               Je crois vraiment que Dieu a de l’humour. Il est totalement à « contre courant » : 

                Nous, nous sommes sensibles au bruit, au vacarme, aux pampilles et aux paillettes…  

 Dieu aime le silence, la pudeur, la simplicité, la délicatesse…  

 Nous sommes sensibles à la magie, aux miracles, aux grandes déclarations, aux démonstrations de force et de puissance… 

Dieu aime l’ordinaire, le quotidien, la simplicité, l’intimité, le regard qui en dit bien plus long qu’un grand discours… 

Parmi tous les titres donnés à Jésus par la tradition Chrétienne, j’en retiens deux qui me semblent particulièrement convenir en cette nuit de Noël : « l’Agneau de Dieu » et le « Prince de la Paix  ». 

L’ « Agneau de Dieu », c’est le symbole de l’affection, de la douceur, de la tendresse… de celui qui est faible et sans défenses. 

Dieu n’est pas venu s’imposer ni imposer son Royaume. Il n’est pas venu étaler richesse, clinquant, force et puissance.

La Foi ne s’impose pas, elle ne se démontre pas. C’est une trace, une marque, une invitation. 

Le deuxième titre donné à Jésus et qui me semble particulièrement adapté en cette nuit de Noël, c’est celui de « Prince de la Paix  ». Ce à quoi les hommes aspirent le plus, ce dont ils ont le plus besoin pour vivre heureux, c’est la Paix  : la paix dans nos maisons, dans nos familles, dans nos quartiers, dans nos écoles ou au travail, …et dans le monde. 

D’ailleurs la fête de Noël a toujours été de par le monde un temps de trêve en plein cœur des conflits, parfois les plus violents, pour exprimer une réalité autres que celles des intérêts divergents. Un film récent, « Joyeux Noël », décrit la fraternisation entre soldats Français et Allemands à Noël dans les tranchées de la grande guerre de 1914-1918. 

La Paix ne s’impose pas par la force. Elle ne s’achète pas avec de l’argent. Elle n’est pas au bout d’un raisonnement ou d’une démonstration. 

La Paix , c’est l’intelligence du cœur, le Pardon et l’Amour. 

La Paix , c’est bannir la peur, refuser de retourner la souffrance en agressivité, le mal en amertume. 

La Paix , c’est face à la course aux pouvoirs, aux honneurs, à l’argent, comme ce sourire du bébé qui vient de naître : « désarmant » ! 

A Noël nous sommes invités à partager un bonheur immense : « Dieu a établi sa demeure parmi nous ». Il est venu habiter chez les pauvres, au beau milieu de son peuple. 

N’allons pas chercher au bout du monde ce qui est déjà en nous ! N’allons pas chercher ailleurs la lumière qui est au fond de notre coeur. 

Dans le conte de la veillée, il suffisait d’une petite bougie pour donner toute sa chance à la Paix. Et nous étions convaincus ce soir qu’il suffisait d’un peu d’Amour pour que le monde soit sauvé ! 

Voilà le trésor de cette nuit. Joyeux Noël !  

 Denis Chautard

 

 

 

 

 

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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 23:00
Joyeuses Pâques

Jésus n'est pas resté prisonnier du tombeau. Il s'est relevé d'entre les morts. Il est vivant, la vie de Dieu éclate en lui.

Jésus est mort hors des murs, comme il est né hors des murs. Pour voir la lumière, le soleil de Pâques, il faut sortir des murs.

Il est ressuscité pour que nous ayons la vie. Pâques est à jamais le passage de la mort à la vie. La mort était un mur. Mourir devient une brêche.

Depuis Pâques, Jésus est avec nous sur la route, chaque jour. Présence discrète, fraternelle qui rend le coeur brûlant. Rien ne l'impose à nos regards. Mais il se laisse reconnaître au signe du partage.

Souvent, je m'interroge : "les femmes et les hommes qui se réclament du Ressuscité se porteront-ils d'emblée là où le peuple souffre ?"

Une église qui n'est pas signe de libération pour les réfugiés, les exilés, les prisonniers, les étrangers, les chômeurs... doit s'interroger sur sa fidélité à l'évangile.

Pâques nous fait sortir de nos tombeaux.

Pâques, c'est toujours la vie qui gagne.

Bonne fête de Pâques

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29 août 2006 2 29 /08 /août /2006 23:00
Homélie du 27 Août 2006 à Chalencon (Ardèche)
 
Au début de ce même chapitre 6ème de l’Evangile de Jean dont est extrait le passage que nous venons d’entendre (deux pages avant celle-ci), c’est une foule très importante qui suit Jésus. C’est le récit de la multiplication des pains. Ce sont les miracles de Jésus : Jésus marche sur la mer, il commande au vent et à la tempête. Jésus est au plus haut dans les sondages. Tout le monde se presse auprès de lui : ce sont cinq mille hommes qui l’accompagnent sur la montagne. Jésus a ces paroles étranges : « Je suis le Pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair pour que le monde ait la vie.. » C’est à partir de ce moment là que les juifs récriminèrent contre lui : « comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? ». Et voici que dans le récit d’aujourd’hui, la foule lâche Jésus. Pourquoi ?
Le peuple, l’homme de la rue (dont nous faisons tous spontanément partie) achoppe sur ces paroles de Jésus. Comme pour les juifs à l’époque de Jésus, elles sont encore aujourd’hui objet de scandale. On veut comprendre, expliquer et on balbutie, comme l’enfant qui commence à parler. La revendication de l’homme d’aujourd’hui très imprégné de ses succès sur le monde et sur la nature, c’est de pouvoir maîtriser, dominer, expliquer. Nous sommes à l’apogée des sciences et des techniques. Mais on n’a pas la maîtrise de la foi. La foi, on ne la domine pas. On ne peut ni la mettre en formules, ni en règles de conduite…
La foi n’est pas une évidence, ni une science au bout du chemin de la connaissance. Elle n’est pas bien sûr non plus une idéologie arbitraire pour soumettre l’homme à un quelconque pouvoir.
La foi est reçue comme un cadeau : encore faut-il l’accueillir, la désirer, la protéger…
La foi est donnée à celui qui veut bien s’y aventurer. Comme l’enfant qui se met à marcher : il doit prendre des risques : le risque du déséquilibre, de la chute, en lançant tout son corps en avant pour passer d’un pied sur l’autre. Il y a un risque dans l’aventure de la foi : celui de « décrocher » de la réalité et de s’abîmer dans « le vide de l’illusion ». Ce qui nous tient en équilibre dans la foi, c’est « notre expérience » de croyant : « A qui irions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu ».
La foi c’est comme l’amour, ça ne se commande pas, « ça se vit ». La foi c’est accueillir cet immense cadeau de Celui qui a donné sa vie pour nous : en se faisant l’humble serviteur de l’humanité, en ouvrant ce chemin de l’amour universel où l’homme n’est plus un loup pour l’homme. Jésus nous révèle par tous les actes de sa vie, en libérant « l’Esprit » qui parlait et agissait déjà par les prophètes, que nous avons tous un seul Père, le Père du Ciel et donc que nous sommes tous frères et sœurs.
L’homme cherche le succès, les honneurs et la puissance. Jésus nous apprend la joie de donner sa vie pour ceux qu’on aime (c’est la définition que donne Jésus de l’Amour), la joie du service. Les premiers seront les derniers, les derniers seront les premiers. L’Evangile est un retournement, une « conversion » (comme on fait au ski pour se retourner dans la pente, en changeant ainsi totalement de perspective). Voilà pourquoi beaucoup de ceux qui étaient attirés par les succès et les pouvoirs de Jésus sont vite découragés et abandonnent à la première difficulté : lorsqu’il s’agit de « s’aventurer » eux-mêmes, de prendre le risque de « croire », c'est-à-dire de mettre en actes l’Amour que Dieu lui-même nous révèle comme le cœur du « mystère » !
Le chrétien est celui qui « nage à contre courant » en remontant le fleuve vers la source.
En pensant à nos parents qui jusqu’au bout ont tenu leur « lampe allumée » j’ai envie de vous confier cette parole du grand Rabbin de France Joseph SITRUK. Vous savez que Joseph SITRUK a subi une attaque cérébrale en 2001 et qu’il a été 3 semaines durant dans le coma. Il lui a fallu la prière de ses frères, la foi incroyable de son épouse et un courage à déplacer les montagnes pour s’en sortir. Aujourd’hui il a recouvré bien des capacités physiques et intellectuelles. Il vient de publier un livre qui s’intitule « rien ne vaut la vie ». Et dans une interview à la radio pour résumer son livre, il a dit ceci : « la réussite de l’homme n’est pas dans ses succès, mais dans ses combats. Le plus important est de demeurer un battant » !
Croyants ou non nous sommes tous marqués par notre « fragilité », notre besoin de sécurité, de puissance et de force. Nous ne sommes jamais dispensés d’erreurs, de chutes ou de trahisons. Mais l’extraordinaire message de l’Evangile sur le quel nous sommes invités à fonder notre vie : « L’amour supporte tout, il endure tout, il espère et fait confiance.. L’Amour ne passera jamais » !
Denis Chautard

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