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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 09:30
Les 7 qualités des pères selon le pape François

Le mercredi 4 février 2015, salle Paul VI à Rome, le pape François présentait 7 qualités pour encourager les pères d’aujourd’hui. Publié le 18 mars 2015

Les enfants ont besoin d’un père faisant preuve d’une sagesse qui consiste à être : (…) « fier et ému d’avoir transmis à son enfant ce qui compte vraiment dans la vie, c'est-à-dire un cœur sage ».

Cette sagesse conduit à la maturité (…) « Je t’ai enseigné des choses que tu ne savais pas, j’ai corrigé des erreurs que tu ne voyais pas. Je t’ai fait sentir une affection profonde et en même temps discrète, que peut-être tu n’as pas reconnue pleinement quand tu étais jeune et faible. »

Sans une réelle proximité, de son enfant et de la mère de l’enfant il ne peut devenir un vrai père (…) « La première nécessité, (…) c’est que le père soit présent dans la famille. Qu’il soit proche de sa femme, pour tout partager : les joies et les souffrances, les peines et les espoirs. Et qu’il soit proche de ses enfants dans leur croissance : quand ils jouent et quand ils s’appliquent, quand ils sont insouciants et quand ils sont angoissés, quand ils s’expriment et quand ils sont silencieux, quand ils osent et quand ils ont peur, quand ils font un mauvais pas et quand ils retrouvent la route. Père présent, toujours. ».

La patience est essentielle : « Les pères doivent être patients. Tant de fois, il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre. Prier et attendre avec patience, douceur, magnanimité et miséricorde. »

La magnanimité est nécessaire aussi « les enfants ont besoin de trouver un père qui les attend quand ils reviennent après leurs échecs. Ils feront tout pour ne pas l’admettre, pour ne pas le faire voir, mais ils en ont besoin. Et quand ils ne le trouvent pas, cela ouvre en eux des blessures difficiles à cicatriser ».

Etre ferme est attendu (…) « Un bon père corrige mais n’humilie pas. Il sait attendre et pardonner, mais il sait aussi corriger avec fermeté : ce n’est pas un père faible, qui cède, sentimental. Il sait corriger sans humilier. »

Enfin, Il faut qu’il soit un homme de foi. « Sans la grâce de Dieu, les pères se découragent… Sans cette grâce qui vient du Père qui est aux Cieux, les pères, qui vivent la paternité à la première personne, perdent courage et abandonnent la partie… »

Sébastien Antoni

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 11:22
Maëlye, Maëva, Noémy, trois soeurs et leur mamie Josette

Il y a quelques années, Josette, 60 ans aujourd’hui, travaillait dans le même Lycée que moi à Evreux au service de la maintenance et de l’hygiène des locaux. Elle était contractuelle et remplaçante, dans une situation de grande précarité. Aujourd’hui elle est fonctionnaire et titulaire de son poste.

J’ai célébré avec elle, ce dimanche, deux grands moments : la profession de foi de sa petite fille Maëlye, 11 ans, au cours de la messe de 9h30 à l’église de Saint Marcel, puis le baptême de Noémy, 1 an, après la messe.

Quel bonheur de vivre de pareils moments ! A la grâce de Dieu !

Voici une photo des trois sœurs : Maëlye, Maëva (9 ans qui a fait cette année sa première communion) et Noémy dans l’église de saint Marcel après le baptême.

Maëlye, Maëva, Noémy, trois soeurs et leur mamie Josette

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 11:52
Noël CHOUX : « pour une vie réussie » !

Noël CHOUX, prêtre de la Mission de France, fêtait à Pontigny (Yonne), entouré de plus de 200 amis, ses 70 ans d’âge et ses 43 ans d’ordination de prêtre le dimanche de la Pentecôte (15 mai 2016).

Il nous a adressés, en guise de remerciements pour notre présence, ce message pour « une vie réussie ». Je le trouve particulièrement juste et beau :

« Plusieurs attendaient que je rappelle, une fois de plus, les trois composantes d’une vie réussie. Alors, sur leur demande, les voici :

La première, c’est le grain de folie. Le grain de folie qui fait espérer contre toute espérance, qui fait entreprendre sans avoir des certitudes et qui donne la confiance au-delà de tous les doutes. Le grain de folie qui fait rêver et oser.

La deuxième, c’est la rigueur. La folie sans la rigueur, ce serait n’importe quoi, la voie ouverte à toutes les initiatives les plus farfelues et irréalistes. Et surtout, aucune action ne serait menée jusqu’au bout. Elle calerait au premier obstacle et à la première difficulté.

Et la troisième, c’est celle qui permet aux deux premières de tenir ensemble, de ne pas s’opposer l’une à l’autre, c’est la tendresse. Pas une tendresse au rabais, ni une mièvrerie de quatre sous, mais une vraie tendresse qui fait naître un regard positif sur chacun.

Ces trois ingrédients, je les partage avec vous tous, quelle que soient vos croyances. C’est cela qui nous unit et qui nous a rassemblés. « Ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas » comme disait Paul Eluard.

Pour ceux et celles d’entre vous qui partagent avec moi la foi chrétienne, ces trois ingrédients ne sont pas étrangers à notre foi.

Cette folie, elle à l’image de celle de notre Dieu, qui donne son amour à l’humanité, qui aime chaque homme et chaque femme quelle que soit sa vie, et qui va jusqu’à envoyer son Fils partager notre vie, de la naissance à la mort. Il n’y a pas de vie chrétienne sans cette folie, qui se décalque sur celle de notre Dieu.

Cette rigueur, elle s’enracine sur celle de Jésus, qui va aller jusqu’au bout se sa mission, qui va témoigner de l’amour de son Père face à tous ceux qui veulent le faire taire, et qui va partager jusqu’à notre mort pour que nous ayons la vie.

Cette tendresse, elle prend sa source dans la tendresse même de Dieu, dans cette tendresse que notre Dieu offre à chaque femme et à chaque homme qu’elle que soit sa vie. Notre Dieu est un Dieu de tendresse.

Grain de folie, rigueur, tendresse, voilà un beau programme pour chacun et chacune d’entre nous, pour inventer un avenir à l’image de ce que nous avons vécu ensemble ce week-end. Un avenir où chacun ait sa place et soit heureux, les petits comme les grands, avec nos différences. L’avenir peut sembler parfois sombre, mais si nous l’inventons ensemble, il deviendra lumineux. »

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 18:18
50 ans de la MISSION OUVRIERE en Seine Saint-Denis : « Ce que nous croyons »

Voici la « belle » déclaration de la Mission Ouvrière de Seine Saint Denis lors de la célébration de ses 50 ans à Sevran samedi 9 avril 2016 :

« Ensemble aujourd'hui, enfants, jeunes et adultes, nous sommes fiers de vivre dans notre département du 93.

Nous sommes les héritiers d'une longue et belle histoire ouvrière..... Ici à Sevran, nos anciens envoyaient leurs pellicules photos à développer à l'usine Kodak ;

Ici même dans ce quartier de Freinville, on y fabriquait justement des freins pour les trains de la SNCF. Rappelons qu'il y a 4 ans, nous avions soutenu la longue lutte des ouvriers de PSA dans la ville voisine d'Aulnay. La société évolue et maintenant la vie ouvrière prend de nouveaux visages comme dans la ville nouvelle de la Plaine Saint Denis.

Aujourd'hui même, partout en France, des jeunes et des travailleurs sont en train de se mobiliser pour lutter contre les précarités. Unis à eux, nous les applaudissons !!!!!!!!!

Nous sommes tous différents, et notre département est riche de toutes ces diversités : de langues, de cultures, de traditions, de couleurs, de religions. Ce n'est pas toujours facile de vivre bien ensemble, mais nous aimons être un département arc-en-ciel où nous apprenons à élargir notre regard et notre cœur aux dimensions du monde entier.

Trop souvent notre département est stigmatisé dans les médias : il serait celui de toutes les violences urbaines, de tous les trafics, de toutes les délinquances ...

Nous ne sommes pas naïfs, mais nous savons bien que notre département ne se réduit pas à ces vraies difficultés, mais que des trésors d'humanité s'y vivent quand les jeunes, les enfants, les adultes de toutes origines y inventent, y créent, y partagent les fruits de leur travail et de leur amitié.

Aujourd'hui rassemblés, nous sommes aussi porteurs des évènements de notre monde. Porteurs de tout ce qui lui fait du mal : les guerres, les attentats, les pollutions de toutes sortes, la famine pour encore trop de peuples ... mais porteurs aussi de toutes les solidarités vécues, de tous les espoirs mis en actes, de tous les efforts de paix, de plus grande écologie, de non-violence .... »

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 22:10
Abraham et Moïse… amis de Dieu !

Aux sources bibliques de l’amitié (1) Abraham, l’ami de Dieu

Et si nous allions interroger la Bible sur l’amitié ? C’est ce que je vous propose dans l’un ou l’autre article, et cela, en commençant par Abraham lui-même. Et l’on découvre que celui qui est le père des croyants était appelé « l’ami de Dieu ». Dès l’origine, le thème de l’amitié est donc présent, et pas n’importe quelle amitié, celle qui lie à Dieu lui-même !

C’est Jacques qui le rappelle : « Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice; et il fut appelé ami de Dieu. » (Jc 2,23). Mais d’où tient-il cela ? En fait, il cite le prophète Esaïe (41,8) : Toi, Israël, mon serviteur, Jacob, toi que j’ai choisi, descendance d’Abraham, mon ami ». Abraham ne s’est pas déclaré ami de Dieu, il n’a pas revendiqué cette amitié, c’est Dieu lui-même qui le déclare tel par la bouche de son prophète.

On voit dans le texte de Jacques qu’il y a un lien fort entre le fait d’être juste et celui d’être ami de Dieu. Mais en quoi Abraham était-il « juste » ? La Genèse (15,6) nous répond : « Abram eut foi dans le Seigneur, et pour cela le Seigneur le considéra comme juste ». Cette affirmation est tellement importante qu’elle fut reprise telle quelle par trois fois dans des épitres (Jc 2,23, Rm 4,3 et Gal 3,6).

Ainsi, l’amitié qui existe entre Dieu et Abraham se fonde sur la foi, sur la confiance comme le disent explicitement d’autres traductions : « Abram fit confiance au Seigneur et, à cause de cela, le Seigneur le déclara juste »

Le terme "ami" évoque l’affection, l’intimité, la confiance. Il s’agit d’une intimité profonde et partagée. Ces mots nous décrivent une relation remarquable qui laisse dans l’émerveillement. Un être humain, limité, est considéré par Dieu comme son ami très cher, avec lequel il veut lier une relation chaleureuse, durable et unique.

Les mots mon ami représentent bien comment Dieu considérait Abraham, dont la relation avec lui était une amitié vraie et profonde.

Abraham l’a manifesté par la confiance absolue qu’il a mise en Dieu, son ami, se montrant loyal et fidèle à travers tout, quoique Dieu lui demande. On peut penser à la ligature d’Isaac mais aussi, dès le départ au « Va dans le pays que je te montrerai » et tant d’autres étapes de sa vie.

Il l’a aussi manifesté par sa confiance dans les paroles échangées : en relisant la grande intercession d’Abraham en faveur de Sodome (Gn 18), on ressent jusqu’où la vraie amitié peut aller dans la confiance mutuelle.

Ainsi Abraham nous montre aujourd’hui encore le chemin pour devenir à notre tour « ami de Dieu ».

Rosy

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Aux sources bibliques de l’amitié (2) Moïse : comme un ami…

Après Abraham, je vous propose aujourd’hui d’aller à la rencontre de Moïse.

« L’Eternel parlait avec Moïse face à face, comme un ami parle à son ami ». (Ex. 33,11)

Qui ne serait pas attiré par ce verset qui traduit une profonde intimité avec Dieu, et qui est sans doute une situation unique dans la Bible ? D’ailleurs nous lisons en Dt 34,10 : « Il n'a plus paru en Israël de prophète semblable à Moïse, que l'Eternel connaissait face à face ».

Alors, pourquoi Moïse ?
Comme Abraham, Moïse est un homme qui a accepté de tout quitter pour obéir à la voix de Dieu. Il a fait une entière confiance à Dieu qui lui demandait une « mission impossible ». A cause de cela, il fut désigné comme la personne la plus humble que la terre ait jamais portée (Nb 12.3) ! Cette amitié est donc liée à la foi, à l’humilité, à la confiance et donc à l’obéissance à la Parole de Dieu. Le fruit de cette attitude intérieure a permis à un homme d’entrer dans une relation d'intimité avec le Seigneu
r.

Et que veut dire ce « face à face » ?

Il y a là de quoi nous étonner, car si souvent la Bible nous rappelle qu’on ne peut voir Dieu sans mourir. Ainsi en Ex 33,20 Dieu dit : «Tu ne pourras pas voir mon visage, car l'homme ne peut me voir et vivre. » Et pourtant, à la tente de la Rencontre, là où Moïse parlait avec Dieu, il se passait bien quelque chose d’extraordinaire car ensuite « Aaron et tous les enfants d'Israël regardaient Moïse, et voici la peau de son visage rayonnait; et ils craignaient de s'approcher de lui » (Ex 34,30)

En même temps, certains textes soulignent que Dieu parlait à Moïse « à face découverte », et nous pouvons comprendre qu’il se révélait ainsi sans énigme. Dieu dit :(Nb 12,8) « Je lui parle (à Moïse) bouche à bouche, je me révèle à lui sans énigmes, et il voit une représentation (une forme ? le dos ? ) de l'Eternel. »

Cette rencontre privilégiée se tient en un lieu qui l’est tout autant : la tente de la Rencontre, désignée aussi sous les noms de « Tabernacle » ou de « Demeure ».

Porté par notre désir de connaître cette intimité que Dieu nous offre, nous pouvons dire aussi, avec le psalmiste : « Pour moi, dans mon innocence, je verrai ta face » (Ps 17,15)

Ainsi Moïse vivait une dimension « de cœur à cœur » avec son Dieu, un Dieu qui cherche à s’entretenir avec nous, à se révéler à nous.

Oui, notre Dieu aime parler avec ses amis !

Rosy

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 17:14
La supplication du Pape François lors du Chemin de Croix au Colisée

Le Pape François a présidé ce vendredi 25 mars 2016, pour la 4e fois de son pontificat, le Chemin de Croix au Colisée. Au terme de la méditation des 14 stations, le Saint-Père a prononcé une prière d'une grande force, mettant en évidence la présence de la Croix dans les souffrances du monde d'aujourd'hui.

«Ô Croix du Christ, symbole de l’amour divin et de l’injustice humaine, icône du sacrifice suprême par amour et de l’égoïsme extrême par stupidité, instrument de mort et chemin de résurrection, signe de l’obéissance et emblème de la trahison, échafaud de la persécution et étendard de la victoire.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dressée en nos sœurs et nos frères tués, brûlés vifs, égorgés et décapités avec des épées barbares et dans le silence lâche.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les visages des enfants, des femmes et des personnes, épuisés et apeurés qui fuient les guerres et les violences et ne trouvent souvent que la mort et tant de Pilate aux mains lavées.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les docteurs de la lettre et non de l’esprit, de la mort et non de la vie, qui au lieu d’enseigner la miséricorde et la vie, menacent de punition et de mort et condamnent le juste.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les ministres infidèles qui au lieu de se dépouiller de leurs vaines ambitions dépouillent même les innocents de leur dignité.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les cœurs endurcis de ceux qui jugent facilement les autres, cœurs prêts à les condamner même à la lapidation, sans jamais s’apercevoir de leurs propres péchés et de leurs fautes.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les fondamentalismes et dans le terrorisme des adeptes de certaines religions qui profanent le nom de Dieu et l’utilisent pour justifier leurs violences inouïes.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui en ceux qui veulent t’enlever des lieux publics et t’exclure de la vie publique, au nom de quelque paganisme laïc ou même au nom de l’égalité que tu nous as toi-même enseignée.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les puissants et dans les vendeurs d’armes qui alimentent le four des guerres avec le sang innocent des frères.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les traitres qui, pour trente deniers, livrent n’importe qui à la mort.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les voleurs et les corrompus qui au lieu de sauvegarder le bien commun et l’éthique se vendent dans le misérable marché de l’immoralité.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les sots qui construisent des entrepôts pour conserver des trésors qui périssent, laissant Lazare mourir de faim à leurs portes.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les destructeurs de notre “maison commune” qui par leur égoïsme ruinent l’avenir des générations futures.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les personnes âgées abandonnées de leurs proches, dans les personnes avec un handicap et dans les enfants sous-alimentés et écartés par notre société hypocrite et égoïste.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans notre Méditerranée et dans la Mer Égée devenues un cimetière insatiable, image de notre conscience insensible et droguée.

Ô Croix du Christ, image de l’amour sans fin et chemin de la Résurrection, nous te voyons encore aujourd’hui dans les personnes bonnes et justes qui font le bien sans chercher les applaudissements ou l’admiration des autres.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les ministres fidèles et humbles qui éclairent l’obscurité de notre vie comme des bougies qui se consument gratuitement pour éclairer la vie de ceux qui sont les derniers.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les visages des sœurs et des personnes consacrées – les bons samaritains – qui abandonnent tout pour panser dans le silence évangélique, les blessures de la pauvreté et de l’injustice.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les miséricordieux qui trouvent dans la miséricorde l’expression la plus haute de la justice et de la foi.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les personnes simples qui vivent joyeusement leur foi dans le quotidien et dans l’observance filiale des commandements.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les repentis qui savent, de la profondeur de la misère de leurs péchés, crier : Seigneur, souviens-toi de moi dans ton Royaume !

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les bienheureux et dans les saints qui savent traverser l’obscurité de la nuit de la foi sans perdre la confiance en toi et sans prétendre comprendre ton silence mystérieux.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les familles qui vivent leur vocation au mariage avec fidélité et fécondité.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les bénévoles qui secourent généreusement les personnes dans le besoin et celles qui sont battues.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les persécutés pour leur foi qui dans la souffrance continuent à rendre un témoignage authentique à Jésus et à l’Évangile.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les rêveurs qui vivent avec un cœur d’enfant et qui travaillent chaque jour pour rendre le monde un peu meilleur, plus humain et plus juste.

Dans ta sainte Croix, nous voyons Dieu qui aime jusqu’au bout, et nous voyons la haine qui fait la loi et assèche les cœurs et les esprits de ceux qui préfèrent les ténèbres à la lumière.

Ô Croix du Christ, Arche de Noé qui a sauvé l’humanité du déluge du péché, sauve-nous du mal et du malin ! Ô Trône de David et sceau de l’alliance divine et éternelle, réveille-nous des séductions de la vanité ! Ô cri d’amour, suscite en nous le désir de Dieu, du bien et de la lumière.

Ô Croix du Christ, enseigne-nous que l’aube du soleil est plus forte que l’obscurité de la nuit. Ô Croix du Christ, enseigne-nous que l’apparente victoire du mal se dissipe devant le tombeau vide et face à la certitude de la Résurrection et de l’amour de Dieu que rien ne peut vaincre ou obscurcir ou affaiblir. Amen !»

François

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 07:56
« Le mystère du Samedi Saint », méditation de Benoît XVI à l’occasion de la vénération du Saint Suaire

A l’occasion de l’ostension du Saint Suaire (du 10 avril au 23 mai 2010), le pape Benoît XVI s’est rendu à la cathédrale de Turin pour y vénérer la relique dimanche 2 mai. Il a lu à cette occasion une méditation intitulée « Le mystère du Samedi Saint ».

Chers amis,

C’est pour moi un moment très attendu. En diverses autres occasions, je me suis trouvé face au Saint-Suaire, mais cette fois, je vis ce pèlerinage et cette halte avec une intensité particulière: sans doute parce que les années qui passent me rendent encore plus sensible au message de cet extraordinaire Icône; sans doute, et je dirais surtout, parce que je suis ici en tant que Successeur de Pierre, et que je porte dans mon cœur toute l’Eglise, et même toute l’humanité. Je rends grâce à Dieu pour le don de ce pèlerinage et également pour l’occasion de partager avec vous une brève méditation qui m’a été suggérée par le sous-titre de cette Ostension solennelle: « Le mystère du Samedi Saint ».

On peut dire que le Saint-Suaire est l’Icône de ce mystère, l’Icône du Samedi Saint. En effet, il s’agit d’un linceul qui a enveloppé la dépouille d’un homme crucifié correspondant en tout point à ce que les Evangiles nous rapportent de Jésus, qui, crucifié vers midi, expira vers trois heures de l’après-midi. Le soir venu, comme c’était la Parascève, c’est-à-dire la veille du sabbat solennel de Pâques, Joseph d’Arimathie, un riche et influent membre du Sanhédrin, demanda courageusement à Ponce Pilate de pouvoir enterrer Jésus dans son tombeau neuf, qu’il avait fait creuser dans le roc à peu de distance du Golgotha. Ayant obtenu l’autorisation, il acheta un linceul et, ayant descendu le corps de Jésus de la croix, l’enveloppa dans ce linceul et le déposa dans le tombeau (cf. Mc 15, 42-46). C’est ce que rapporte l’Evangile de saint Marc, et les autres évangélistes concordent avec lui. A partir de ce moment, Jésus demeura dans le sépulcre jusqu’à l’aube du jour après le sabbat, et le Saint-Suaire de Turin nous offre l’image de ce qu’était son corps étendu dans le tombeau au cours de cette période, qui fut chronologiquement brève (environ un jour et demi), mais qui fut immense, infinie dans sa valeur et sa signification.

Le Samedi Saint est le jour où Dieu est caché, comme on le lit dans une ancienne Homélie: « Que se passe-t-il? Aujourd’hui, un grand silence enveloppe la terre. Un grand silence et un grand calme. Un grand silence parce que le Roi dort… Dieu s’est endormi dans la chair, et il réveille ceux qui étaient dans les enfers » (Homélie pour le Samedi Saint, PG 43, 439). Dans le Credo, nous professons que Jésus Christ « a été crucifié sous Ponce Pilate, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers. Le troisième jour est ressuscité des morts ».

Chers frères et sœurs, à notre époque, en particulier après avoir traversé le siècle dernier, l’humanité est devenue particulièrement sensible au mystère du Samedi Saint. Dieu caché fait partie de la spiritualité de l’homme contemporain, de façon existentielle, presque inconsciente, comme un vide dans le cœur qui s’est élargi toujours plus. Vers la fin du xix siècle, Nietzsche écrivait: « Dieu est mort! Et c’est nous qui l’avons tué! ». Cette célèbre expression est, si nous regardons bien, prise presque à la lettre par la tradition chrétienne, nous la répétons souvent dans la Via Crucis, peut-être sans nous rendre pleinement compte de ce que nous disons. Après les deux guerres mondiales, les lager et les goulag, Hiroshima et Nagasaki, notre époque est devenue dans une mesure toujours plus grande un Samedi Saint: l’obscurité de ce jour interpelle tous ceux qui s’interrogent sur la vie, et de façon particulière nous interpelle, nous croyants. Nous aussi nous avons affaire avec cette obscurité.

Et toutefois, la mort du Fils de Dieu, de Jésus de Nazareth a un aspect opposé, totalement positif, source de réconfort et d’espérance. Et cela me fait penser au fait que le Saint-Suaire se présente comme un document « photographique », doté d’un « positif » et d’un « négatif ». Et en effet, c’est précisément le cas: le mystère le plus obscur de la foi est dans le même temps le signe le plus lumineux d’une espérance qui ne connaît pas de limite. Le Samedi Saint est une « terre qui n’appartient à personne » entre la mort et la résurrection, mais dans cette « terre qui n’appartient à personne » est entré l’Un, l’Unique qui l’a traversée avec les signes de sa Passion pour l’homme: « Passio Christi. Passio hominis ». Et le Saint-Suaire nous parle exactement de ce moment, il témoigne précisément de l’intervalle unique et qu’on ne peut répéter dans l’histoire de l’humanité et de l’univers, dans lequel Dieu, dans Jésus Christ, a partagé non seulement notre mort, mais également le fait que nous demeurions dans la mort. La solidarité la plus radicale.

Dans ce « temps-au-delà-du temps », Jésus Christ « est descendu aux enfers ». Que signifie cette expression? Elle signifie que Dieu, s’étant fait homme, est arrivé au point d’entrer dans la solitude extrême et absolue de l’homme, où n’arrive aucun rayon d’amour, où règne l’abandon total sans aucune parole de réconfort: « les enfers ». Jésus Christ, demeurant dans la mort, a franchi la porte de cette ultime solitude pour nous guider également à la franchir avec Lui. Nous avons tous parfois ressenti une terrible sensation d’abandon, et ce qui nous fait le plus peur dans la mort, est précisément cela, comme des enfants, nous avons peur de rester seuls dans l’obscurité, et seule la présence d’une personne qui nous aime peut nous rassurer. Voilà, c’est précisément ce qui est arrivé le jour du Samedi Saint: dans le royaume de la mort a retenti la voix de Dieu. L’impensable a eu lieu: c’est-à-dire que l’Amour a pénétré « dans les enfers »: dans l’obscurité extrême de la solitude humaine la plus absolue également, nous pouvons écouter une voix qui nous appelle et trouver une main qui nous prend et nous conduit au dehors. L’être humain vit pour le fait qu’il est aimé et qu’il peut aimer; et si dans l’espace de la mort également, a pénétré l’amour, alors là aussi est arrivée la vie. A l’heure de la solitude extrême, nous ne serons jamais seuls: « Passio Christi. Passio hominis ».

Tel est le mystère du Samedi Saint! Précisément de là, de l’obscurité de la mort du Fils de Dieu est apparue la lumière d’une espérance nouvelle: la lumière de la Résurrection. Et bien, il me semble qu’en regardant ce saint linceul avec les yeux de la foi, on perçoit quelque chose de cette lumière. En effet, le Saint-Suaire a été immergé dans cette obscurité profonde, mais il est dans le même temps lumineux; et je pense que si des milliers et des milliers de personnes viennent le vénérer, sans compter celles qui le contemplent à travers les images – c’est parce qu’en lui, elles ne voient pas seulement l’obscurité, mais également la lumière; pas tant l’échec de la vie et de l’amour, mais plutôt la victoire, la victoire de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine; elles voient bien la mort de Jésus, mais elles entrevoient sa Résurrection; au sein de la mort bat à présent la vie, car l’amour y habite. Tel est le pouvoir du Saint-Suaire: du visage de cet « Homme des douleurs », qui porte sur lui la passion de l’homme de tout temps et de tout lieu, nos passions, nos souffrances, nos difficultés, nos péchés également – « Passio Christi. Passio hominis » – de ce visage émane une majesté solennelle, une grandeur paradoxale. Ce visage, ces mains et ces pieds, ce côté, tout ce corps parle, il est lui-même une parole que nous pouvons écouter dans le silence. Que nous dit le Saint-Suaire? Il parle avec le sang, et le sang est la vie! Le Saint-Suaire est une Icône écrite avec le sang; le sang d’un homme flagellé, couronné d’épines, crucifié et transpercé au côté droit. L’image imprimée sur le Saint-Suaire est celle d’un mort, mais le sang parle de sa vie. Chaque trace de sang parle d’amour et de vie. En particulier cette tâche abondante à proximité du flanc, faite de sang et d’eau ayant coulé avec abondance par une large blessure procurée par un coup de lance romaine, ce sang et cette eau parlent de vie. C’est comme une source qui murmure dans le silence, et nous, nous pouvons l’entendre, nous pouvons l’écouter, dans le silence du Samedi Saint.

Chers amis, rendons toujours gloire au Seigneur pour son amour fidèle et miséricordieux. En partant de ce lieu saint, portons dans les yeux l’image du Saint-Suaire, portons dans le cœur cette parole d’amour, et louons Dieu avec une vie pleine de foi, d’espérance et de charité. Merci.

Benoit XVI

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 18:22
Jérusalem: des chrétiens du monde entier célèbrent le vendredi saint

Des chrétiens palestiniens transportent une croix de bois le long de la Via Dolorosa à Jérusalem, lors de la procession du vendredi saint le 25 mars 2016

Des milliers de pèlerins du monde entier et de chrétiens palestiniens ont refait vendredi à Jérusalem le chemin que Jésus a emprunté en portant sa croix jusqu'au lieu de sa crucifixion, selon la tradition chrétienne.

Les étroites ruelles entrelacées de la Vieille ville, située dans la partie palestinienne de Jérusalem, étaient quadrillées par la police israélienne, déployée en nombre plus important qu'à l'habitude, selon son porte-parole Micky Rosenfeld.

Jérusalem, les Territoires palestiniens et Israël sont en proie à une vague de violences depuis bientôt six mois.

Entre les barrières disposées par la police, des pèlerins portaient de larges croix de bois en psalmodiant et en chantant. La plupart étaient des chrétiens venus des quatre coins du monde car la majorité des chrétiens palestiniens appartiennent aux Eglises orientales qui célèbrent Pâques le 1er mai cette année.

"C'est magnifique d'être ici avec tous ces gens venus du monde entier pour marcher ensemble en paix", a affirmé, très ému, Carl-Leo von Honenthal, protestant allemand de 31 ans, à l'AFP.

Les commerçants de la Vieille Ville de Jérusalem assurent avoir perdu une grande part de leurs revenus depuis le début à l'automne d'un nouveau cycle de violences entre Israéliens et Palestiniens. Depuis le 1er octobre, 200 Palestiniens et 28 Israéliens ont été tués, selon un décompte de l'AFP.

Pour Jihad Abou Diya, interrogé par l'AFP au moment des processions, cette année est "la pire" car, selon lui, les pèlerins étrangers "n'achètent rien". Il affirme ne rien attendre de cette saison malgré la célébration prochaine à Jérusalem de Pâques par les chrétiens orthodoxes, notamment russes, à cause de la chute du rouble.

Dans le cadre des célébrations précédant les festivités de Pâques, les fidèles parcourent en procession la Via Dolorosa (chemin de la souffrance), située dans le secteur oriental de Jérusalem, palestinien mais occupé et annexé par Israël depuis 1967.

La Via Dolorosa compte 14 stations où Jésus a, selon les Evangiles, rencontré sa mère, chuté, reçu de l'aide pour porter la croix, et rencontré des femmes en pleurs.

La procession s'achève à l'église du Saint-Sépulcre, construite au-dessus du tombeau supposé du Christ.

Les chrétiens représentaient plus de 18% de la population de Terre sainte lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948, mais ils sont désormais moins de 2%, pour la plupart orthodoxes.

AFP

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 09:37
Fête du Jeudi Saint 2016 : « Ordonnés par les pieds, ordonnés pour la route »

Evangile de Jésus-Christ selon saint jean 13,1-15

« Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le démon avait déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu’il noue à la ceinture ; puis, il verse de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : “Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds !” Jésus lui déclara : “Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras.” Pierre lui dit : “Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais !” Jésus lui répondit : “Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi.” Simon-Pierre lui dit : “Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête !” Jésus lui dit : “Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs... mais non pas tous.” Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : “Vous n’êtes pas tous purs.” Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : “Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez “maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.” »

Jésus se met aux pieds de ses disciples dans la position de l’esclave pour leur laver les pieds. Et même, si l’on pense à la version de Marc et de Matthieu, dans la position de la pécheresse qui se prosterna à ses pieds. “Celui qui n’avait pas connu le péché, il l’a, pour nous, identifié au péché, afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu” (2 Co. 5,21).

Si le Fils de l’homme, le Fils de Dieu est aux pieds de ses disciples pour les servir, dès lors, pour trouver le Christ, il faut s’abaisser et tourner les yeux vers le bas. Il faut aussi trouver la grâce au fond de son péché.

Mais c’est plus que cela. Jésus fait à ses disciples ce que Marie a fait pour lui à Béthanie avec du parfum. Lui prend de l’eau. Est-ce un baptême ? Non : “Celui qui s’est baigné n’a nul besoin d’être lavé, il est pur.” Qu’est-ce donc ? C’est leur “ordination” pour avoir part avec lui dans la communion (v. 15) et dans l’envoi (v. 16). Les disciples ne sont plus seulement les compagnons, ils sont les amis.

“Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu auprès de mon Père, je vous l’ai fait connaître” ( Jn 15,15).

Les disciples avaient été appelés, ils ont été enseignés, maintenant Jésus les consacre.

Les rois d’Israël étaient oints sur la tête. Mais le roi d’humilité le fut par les pieds, et voici que les disciples aussi sont ordonnés par les pieds.

Etre ordonné par les pieds, c’est être ordonné pour la route, pour un voyage humain et spirituel. C’est être touché par la grâce dans ce qui nous fait tenir debout sur la terre. C’est être atteint dans ce qui nous enracine et nous lie à la terre.

A l’humus, à l’humilité…

Extraits de “L’ordination par les pieds”,

Jean-Marie Ploux, prêtre de la Mission de France

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 07:55
« Suivre Jésus Pauvre », par Michel BESSE, prêtre et volontaire d’ATD Quart Monde à Bangui

Michel Besse a 50 ans. Il est prêtre, volontaire d’ATD Quart Monde à Bangui (République Centrafricaine) et « relié » à notre équipe Mission de France d’Evreux. Ce témoignage a été donné le dimanche 20 février 2016 lors d’une rencontre chez les Petites Sœurs de Saint François d’Assise de Bangui, en même temps que celui d’une petite sœur Franciscaine Togolaise et celui d’un frère de Charles de Foucauld de Centrafrique.

Jésus Personne Vivante

Jésus est une personne vivante d'aujourd'hui. Une personne agissante. Une personne priante. Il a dans sa façon de nous voir vivre, de faire avec nous nos activités, de prier à nos côtés, une familiarité de tous les jours.

Dans l'évangile selon Jean il dit : « Mon Père travaille, et moi aussi je travaille ». Il dit cela de son Père du Ciel, mais il l'a appris de son père de la terre, dans l'atelier de Nazareth. Il ajoute : « Ce que mon Père m'a enseigné, moi aussi je le partage ». Il a appris de sa mère à ne pas garder pour lui, comme quand elle l'emmenait, dans son ventre, vers chez Elisabeth.

Jésus, dont les évangiles tracent le portrait, est un vivant d'aujourd'hui qui invente des façons de

vivre avec nous, et souvent basées sur la familiarité, le travail, le partage.

Jésus est bien un travailleur, un partageur, un priant, un agissant dans la vie ordinaire.

Jésus Personne Ordinaire

Pour moi, la pauvreté de Jésus c'est qu'il est ordinaire, et non « extra-ordinaire ». Il me semble que pour lui aujourd'hui ce doit être une pauvreté car bien des fois nous l'attendons comme guérisseur, puissant, miraculeux, vengeur, juge, etc.... toutes ces choses qui « sortent de l'ordinaire ». La Pauvreté de Jésus, ce doit être de rester là, avec nous, à nos côtés, et nous qui le cherchons ailleurs, sans le voir.

Comme disait St François bien tristement : « L'amour n'est pas aimé ».

Pour suivre la pauvreté de Jésus, je cherche donc à le trouver dans la vie ordinaire. C'est cela qui m'a porté à revenir à la vie diocésaine, après quelques années dans la vie consacrée en congrégation. Je continue de « vouer » les conseils évangéliques, mais c'est de retour dans l'ordinaire de la vie séculière.

Je suis accueilli par le diocèse de la « Mission de France », qui s'inspire d'une laïque, Mme Madeleine Delbrêl, qui a vécu sa foi en pleine ville incroyante au XXème siècle, et d'un ermite, Fr Charles de Foucauld, qui a vécu sa foi en frère universel dans le désert en dialoguant avec ses amis musulmans. Ce diocèse a recueilli et rassemblé et soutient encore aujourd'hui la forme de vie sacerdotale qu'on appelle les « prêtres-ouvriers ». Ils portent au cœur de l'eucharistie la vie ordinaire de tant de personnes pour qui les religions sont une chose étrangère, mais qui trouvent avec ces missionnaires « ordinaires » des occasions de dialogue. Par ailleurs, l'église de France demande à ces prêtres-ouvriers de réveiller la vie des autres diocèses en les ouvrant au dialogue avec l'incroyance.

Ce choix s'enracine pour moi dans la suite de la pauvreté simple de Jésus : lui qui a choisi d'être ordinairement avec nous, et qui connaît du dedans ce qu'il y a dans le cœur de tant d'hommes et femmes qui l'ignorent.

Détruire la Pauvreté

Un autre choix est celui de mon métier. Je suis aujourd'hui un « travailleur aux relations humaines » : c'est comme cela que le fondateur d'ATD Quart Monde, le Père Joseph Wresinski, décrivait la manière de travailler des volontaires-permanents de ce Mouvement. Unis à des militants (personnes connaissant actuellement ou il y a quelques années la grande pauvreté et l'exclusion sociale), à des amis (personnes qui ne sont pas dans la misère mais veulent que la société regarde autrement la réalité de l'exclusion et la détruise), les volontaires-permanents sont environ 400 dans le monde, et soutiennent les actions de ce Mouvement, pour que la pensée, les savoirs, et les propositions des très-pauvres puisent atteindre le reste de la société. Cela consiste à organiser des actions qui permettent la rencontre et le partage des savoirs entre personnes vivant la misère et d'autres citoyens, mais aussi créer et former avec d'autres instances des outils qui serviront à détruire la pauvreté.

Actuellement en République Centre Africaine, je suis dans l'équipe avec Froukje, avec trois grands chantiers : la « recherche-action sur l'éducation » qui durera deux ans, la formation d'acteurs de citoyenneté, et enfin la création d'un nouveau métier en République Centre Africaine : « médiateur-médiatrice sociale et culturelle ».

Ce choix est fait par le Mouvement. Moi aussi je suis dans ce choix comme volontaire-permanent. Mais comme croyant, comme baptisé, comme prêtre-ouvrier, je trouve dans cette action ma place dans l'atelier de Nazareth. Je suis un apprenti au milieu des apprentis « médiateurs-médiatrices », et cela me remet comme Jésus qui est apprenti de son père terrestre Joseph le charpentier, et apprenti de son Père Céleste qui est le créateur.

Je crois que cela me porte à être un ami ordinaire de Jésus, dont la pauvreté est d'être un vrai-homme ordinaire, et un « Vrai-Dieu ordinaire ».

Le symbole franciscain que j'ai connu depuis mon enfance, dans le couvent des Capucins de ma ville, c'était la croix, avec deux bras crucifiés : l'un, le bras de Jésus ; l'autre, le bras de St François. Je l'ai toujours compris comme « la Croix de Tous les Jours », dont parle l'évangile (« Celui qui veut me suivre... « ). « Tous les Jours », c'est aussi le sens que je donne à la vie « Ordinaire » que cherchent les prêtres-ouvriers. Je confie donc à la prière franciscaine ma vocation de prêtre de la Mission de France, et mon métier de Volontaire-permanent.

Je remercie particulièrement les Petites Sœurs de St François de m'avoir donné cette occasion de partage.

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