Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 20:25
Guillaume Roudier : «A 25 ans, j’ai décidé de devenir prêtre»

PORTRAIT - Alors que 750 séminaristes étaient rassemblés samedi et dimanche à Lourdes à l’invitation des évêques de France, l’un d’eux, Guillaume Roudier raconte à «20 Minutes» son itinéraire religieux…

Il n’a pas eu de révélation, mais le choix de devenir prêtre s’est imposé à lui comme une évidence. L’aboutissement d’un cheminement religieux, pour Guillaume Roudier, 31 ans, aujourd’hui en 6eme année de séminaire. Ce jeune homme participera samedi au rassemblement de 750 séminaristes à Lourdes pour un pélerinage inédit.

Pourtant rien ne le prédestinait à s’engager dans cette voie. «J’ai été élevé dans une famille chrétienne mais pas très pratiquante», confie-t-il. C’est au moment de ses études universitaires, que la foi de Guillaume se renforce. Il fréquente assidûment son aumônerie et rencontre des prêtres qui forcent son admiration. Après des études d’archéologie, il travaille pendant cinq ans en tant que chargé de mission dans le patrimoine, mais sa vocation le titille. «A 25 ans, après avoir beaucoup voyagé, rencontré de nombreux prêtres, j’ai finalement décidé de m’engager et de devenir prêtre», raconte-t-il.

Le célibat, un renoncement accepté «dans la joie»

Alors que ce choix n’est pas toujours bien accueilli par les familles, la sienne se montre bienveillante. «Mes parents s’en doutaient et m’ont exprimé leur joie. Ils me voyaient heureux et voulaient m’accompagner dans cette voie», évoque-t-il ému.

Alors bien sûr, Guillaume sait qu’il va devoir renoncer à une vie de couple. Mais il affirme avoir accepté «ce renoncement dans la joie, pas dans la souffrance». «Je dois rester disponible pour toutes les autres relations humaines, qui sont tout aussi fécondes que des relations de couple, quoique différemment», analyse-t-il.

Guillaume est d’ailleurs loin de vivre comme un ermite. «Dès la 3eme année de séminaire, j’ai habité dans une maison à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) avec d’autres séminaristes et nous avons partagé une communauté de vie ponctuée de prières et de messes», raconte-t-il.

Un prêtre qui travaillera

Il a aussi choisi de devenir prêtre dans le diocèse de la Mission de France. Sa spécificité? «Les prêtres vivent leur vocation au sein de la société et travaillent. Ce qui permet de garder contact avec la réalité et d’accompagner nos contemporains dans leurs difficultés quotidiennes. J’aime aussi l’idée de vivre au sein d’un monde multiculturel et multireligieux, car le champ des possibles est infini», explique Guillaume.

En attendant de connaître sa lettre de mission pour savoir dans quelle région et dans quel univers professionnel il sera envoyé, Guillaume se projette dans l’avenir avec sérénité: «J’ai hâte de continuer ma route dans ce monde pour partager Dieu avec d’autres», s’enthousiasme-t-il.

Delphine Bancaud

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 22:13
Dimanche 2 novembre : mémoire des défunts

MERCI à Marie-Thérèse et Georges pour les images de cette croix du Christ qu'ils ont rapportée de M'Volyé au Cameroun.

Cette croix signe de scandale : la mort du juste persécuté et "immolé"

Cette croix est en réalité un signe de vie et même le signe de la victoire sur la mort

La commémoration des défunts - douleur de l'absence de tous ceux qui nous ont quittés - et en particulier les plus proches - cette commémoration est pour les croyants un moment d'espérance : ceux qui nous ont quittés nous ont transmis la foi, la lumière et la force. Ils nous accompagnent chaque jour et veillent sur nous

Entrons avec eux dans cette "communion des Saints" !

Denis Chautard

Dimanche 2 novembre : mémoire des défunts

Partager cet article

Repost0
28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 09:07
Bonne fête de "Toussaint" !

TOUS SAINTS ?

La définition du Petit Robert est très éclairante d’une « sainteté » qui nous semble aux antipodes de nos propres vies : le saint est celui qui « mène une vie irréprochable, en tous points conforme aux lois de la morale et de la religion ». Voilà bien une forme de sainteté parfaite qui paraîtra sans doute inaccessible à la plupart d'entre nous, j'imagine, d'autant plus que nous savons bien que la perfection n'est pas de ce monde, et qu'elle n'a rien à voir avec cette sainteté dont nous parle l'Écriture.

(….)

En effet, si nous sommes tous appelés à la sainteté, dans le contexte qui est le nôtre aujourd'hui, ce n'est pas seulement pour correspondre aux modèles reçus, et ainsi réussir sa vie et son salut personnel en vue du bonheur parfait. Non, le chemin de sainteté que nous proposent les Béatitudes n'a que peu à voir avec un quelconque héroïsme de la piété, de l'ascèse ou des vertus. Mais il s'agit, devant la violence du mal, sa puissance, devant l'abîme de détresse qui saisit souvent notre monde, de manifester avant tout que Dieu s'y tient présent car des croyants y demeurent vivants, priants, aimants, comme des combattants du malheur et du destin. Rien de plus, mais rien de moins. Comme le dit l'Apocalypse, « tous ces gens vêtus de blanc viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leur vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau ».

Il y a donc là plus qu'une question de sainteté, un véritable enjeu mystique : faire toujours foi au meilleur de l'humain et montrer que vivre en chrétien, ce n'est pas se tenir dans un état permanent de recherche de perfection, dans une attitude de modèle rappelant ainsi aux autres les bornes à ne pas dépasser. Non, vivre en chrétien, c'est suivre un chemin de vie fait d' « imperfections », à l'image de celui vécu par le Christ qui ne s'est pas seulement fait homme, mais qui a, lui aussi, connu l'échec et la souffrance, l'épreuve de la trahison de l'amitié, de la mort et de la descente aux enfers, avant de ressusciter le troisième jour.

Renverser notre échelle des valeurs

En relisant ainsi l'Évangile des Béatitudes, dans la foi en la résurrection, mais à la lumière de l'image du Christ en croix, nous comprenons que nous sommes invités à laisser crucifier notre bon sens raisonnable et vertueux, afin de faire nôtre le regard de Dieu : Dieu qui fait de la pierre rejetée des bâtisseurs la pierre d'angle, Dieu qui regarde comme aimable ce qui aux yeux des hommes est sans noblesse, « ignoble ». Voilà le scandale, la folie qui renverse notre échelle des valeurs, c'est-à-dire qui la remet debout pour la sanctifier ! Voilà d'où la foi chrétienne peut puiser la force de voir la sainteté, là où il n'y a, à vue humaine, rien de bon à voir !

Dès lors, ceux que nous côtoyons pourront comprendre que le chemin de sainteté ouvert par l'Évangile ne s'enracine pas en dehors de leur histoire très concrète d'hommes et de femmes d'aujourd'hui, mais qu'elle leur rend, qu'elle nous rend accessible l'ordre de la liberté, en assumant toutes les imperfections contingentes, tous les ratés de nos vies non comme des limites ou comme des concessions résignées à notre humanité, mais comme faisant partie intégralement de cette histoire d'amitié et de sainteté que Dieu a proposée un jour à l'homme, don sans repentance, trésor toujours porté dans des vases d'argile.

Fr. François-Xavier Ledoux, Dominicain

Partager cet article

Repost0
24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 17:36
Naître et Renaître de l'eau et de la boue !

Me voici à Dax (département des Landes) depuis le jour de ma fête, le 9 octobre dernier pour une cure thermale – sur prescription médicale.

En effet ma cinquième vertèbre lombaire « n'est pas fixée » au « sacrum ». Le pivot qui la tenait à la première vertèbre « sacrée » est tronqué depuis ma naissance !

Les vertèbres lombaires sont la base de la colonne vertébrale, cette colonne qui est notre axe vertical et qui repose sur le « sacrum ».

Pour ma part la colonne vertébrale « flotte » dans le vide et ne repose pas sur sa base.

Ce sont les muscles et les disques de cartilage qui compensent ce déficit structurel et me permettent de me tenir « debout » ! Mais au prix de tensions, d'arthrose et de douleurs ! La cure soulage, détend et assouplit !

Ce souci « mécanique » m'invite à une « allégorie spirituelle » que je vous propose depuis le pays de Saint Vincent de Paul !

Je découvre la nécessité d'une plus grande souplesse dans ma dimension verticale raidie et fragilisée et la nécessité de mieux l'asseoir sur sa base : « le sacré » !

Et depuis ma rencontre avec le Christ à l'âge adulte, j'ai découvert que le sacré « c'est l'Homme » !

Ma vie spirituelle, trop souvent « décroche » de ce qui la soutient : « notre commune humanité » !

Je poursuis l'allégorie.

J'ai visité la cathédrale de Dax : un édifice construit au XI ième siècle et entièrement rebâti au XV ième. On y voit un tableau autant magnifique qu'impressionnant (3m x 2m50) représentant Saint Vincent de Paul portant un bébé dans ses bras en train de sonner à la porte des Filles de la Charité pour leur confier cet enfant visiblement abandonné.

L'Eglise affiche (d'une façon « ostentatoire »!) la Charité au pinacle du Temple comme son « chef d'oeuvre ». Mais lorsque la charité s'affiche ainsi le chef d'oeuvre est en « péril » ! car la charité se fait « condescendante » et un tantinet « orgueilleuse » !

J'ai visité le « berceau » de Saint Vincent de Paul à 6 km de Dax et là j'ai fait une toute autre découverte : c'est dans une grange, en pleine nature, qu'est né le petit Vincent d'une modeste famille de bergers. Alors là la Charité nourrie d'une foi intense et d'une profonde humilité prenait une toute autre dimension.

Cette cure thermale je l'ai vécue comme une nouvelle naissance à mon humanité. Mais pour cela il me fallait composer avec le monde végétal et avec le monde animal (qui sont nos racines) en me laissant toucher par les produits de la terre et de la nature de ce pays Landais :

Badigeonné comme une plante avec de l'essence de thérébentine (la sève du pin des Landes), enveloppé de boue nu comme un ver, baigné tel le poisson dans la piscine des eaux thermales à 34°, j'approchais l'expérience qu'ont fait ces « cabossés de la vie » dans leur rencontre avec Jésus sur les chemins de Palestine : c'est avec de la boue et de l'eau que Jésus a rendu la vue aux aveugles, guéri les paralytiques et remis les gens debout !

Vivre « debout », « aller de l'avant » sont des défis offerts à chacun mais où il nous faut composer avec nos faiblesses et nos fragiltés. Souvent et inconsciemment nous compensons ces fragilités par des tensions et des rigidités !

Accepter nos fragilités, en faire une occasion même pour nous rendre plus proche des autres voilà un beau défi de notre foi au cœur de notre humanité !

Denis Chautard

Partager cet article

Repost0
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 13:37
Méditation sur la lecture du mardi 21 octobre 2014

Lettre de Paul aux Ephésiens : Juifs et païens sont réunis en un seul peuple par la croix du Christ (Ep 2, 12-22)

"Frères, souvenez-vous qu'en ce temps-là vous n'aviez pas de Messie à attendre, vous n'aviez pas droit de cité dans le peuple de Dieu, vous étiez étrangers aux alliances et à la promesse, vous n'aviez pas d'espérance, et, dans le monde, vous étiez sans Dieu.

Mais maintenant, en Jésus Christ, vous qui étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. C'est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, Israël et les païens, il a fait un seul peuple ; par sa chair crucifiée, il a fait tomber ce qui les séparait, le mur de la haine, en supprimant les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Il voulait ainsi rassembler les uns et les autres en faisant la paix, et créer en lui un seul Homme nouveau. Les uns comme les autres, réunis en un seul corps, il voulait les réconcilier avec Dieu par la croix : en sa personne, il a tué la haine. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches.
Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons accès auprès du Père, dans un seul Esprit. Et donc, vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire c'est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s'élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, des éléments de la construction pour devenir par l'Esprit Saint la demeure de Die
u."

Dieu a fait alliance avec son peuple : avec Abraham, Noé, Moïse au Sinaï...

Il lui a donné la LOI : une charte du "vivre ensemble" pour faire gagner la Vie: c'est-à-dire la veuve, l'orphelin, le petit et le pauvre. Une charte pour faire gagner "l'humanité" !

Qu'ont fait les scribes et les pharisiens de cette Loi : une doctrine sur le pur et l'impur, une séparation entre le profane et le sacré !

Au lieu d'en faire le ciment d'une unité entre les hommes ils en ont fait un instrument de séparation, de division !

Avec Jésus Dieu nous donne l'Alliance et la Loi définitives : le Christ est l'accomplissement de la Loi : l'Amour.

En sa personne et par sa Croix il a détruit ce qui séparait le profane et le sacré : il n'y a plus désormais de sacré que l'Homme !

Il a détruit la séparation entre les hommes : les juifs et les païens, l'homme et la femme, l'esclave et l'homme libre !

Le Christ rassemble désormais toute l'humanité : il a définitivement détruit la haine et réconcilié les homme entre eux.

Le Christ n'est pas venu instituer une nouvelle religion mais libérer et réconcilier toute l'humanité.

Voilà pourquoi cette exclamation au moment du procès et de la mort de Jésus : "VOICI L'HOMME"

Denis Chautard

Partager cet article

Repost0
14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 20:01
Dimanche 14 septembre Fête de la Croix « glorieuse »

Par sa Croix Jésus nous sauve du « péché » et de la mort

Prière de Charles Singer « Sauver, c'est tracer une croix sur le péché et dire : « Viens, je t'aime ! » :

« Sauver, c'est relever celui qui est tombé, qui s'est blessé, le hisser vers la lumière et le laver de ses souillures. Sauver, c'est veiller avec soin malgré la fatigue et l'incertitude pour que la guérison arrive, c'est se tenir prêt à intervenir au moindre souffle, au plus fragile des appels, c'est arracher aux ronces qui déchirent les vêtements et le cœur. Sauver, c'est donner la tendresse même quand tout espoir s'en est allé car la tendresse a le pouvoir de traverser les vallées de la crainte et de la mort et de faire se lever, maintenant, l'aurore définitive, c'est prendre tout contre sa joue comme un enfant qui a peur. Sauver, c'est accourir pour retenir celui qui s'approche avec imprudence de tous les ravins de la vie, c'est libérer celui qui s'est enchaîné dans des situations inextricables et qui s'est soumis aux pouvoirs mauvais. Sauver, c'est indiquer la lumière qui permet de se faufiler à travers les taillis de la vie et de monter sur la montagne où tous les visages sont transfigurés, c'est se lier avec de douces attaches car alors on avance ensemble et on soutient celui qui est faible, c'est offrir son appui, à jamais, à celui qui ne sait rien d'autre que s'éloigner et se perdre. Sauver, c'est tracer une croix sur le péché et dire : « Viens, je t'aime ! » Sauver, c'est donner du pain à celui qui crie à la faim, c'est se donner à celui qui crie à l'amour, c'est venir chaque jour et dire : « Me voici ! Que dois-je faire pour ton bonheur ? », Mon Seigneur et mon Dieu qui vient sauver les habitants de la terre ! Amen. »

Charles Singer

Lien à la Source

Etrange "gloire" de la Croix...

Méditation pour le dimanche 14 septembre 2014

L’Église catholique fête aujourd’hui « la Croix glorieuse ».

Étrange choc des mots !

C’est un peu comme si on disait « la guillotine glorieuse », ou encore « le peloton d’exécution glorieux »…

Comment donc pouvons nous nous retrouver à faire la fête autour de l’un des plus abjects instrument de torture ?

En quoi le gibet du supplice peut-il être « glorieux » ?

Oui, c’est - lorsqu’on prend un peu de recul et qu’on y songe vraiment - un bien étrange signe de ralliement que les chrétiens se sont choisis !

Tardivement d’ailleurs, notons-le, car les premiers disciples lui préfèrent le signe du pain et des poissons, comme en témoignent certaines mosaïques anciennes…

Mais que veut dire ce choix de la croix comme signe de la foi chrétienne ?

Avons-nous à honorer l’instrument infâme par lequel le sang d’une victime sacrificielle innocente fut versé pour le rachat d’une faute originelle dont nous porterions, toutes et tous, le poids ?

Le rachat de nos fautes doit-il se faire dans un bain de sang ?

Le christianisme peut-il se résumer à un immense sacrifice, n’échappant pas aux traditions ancestrales les plus païennes ?

Parfois, dans son histoire chaotique, l’Église a exalté la croix. C’était – et cela reste – une façon forte de faire mémoire du don total du Christ. Une manière de nous rappeler que la foi est aussi à certaines heures un chemin rude et exigeant de dépouillement et d’abandon.

Mais, cette exaltation de la croix fut parfois tellement prégnante que cela en devenait louche !

Dans chaque pièce, les crucifix rivalisaient de laideur sanguinolente pour nous rappeler que le Fils de Dieu souffrait pour nous, mourrait à cause de nous, que c’était « notre faute, notre très grande faute » s’il y était cloué, que nous étions responsables de son éternelle agonie…

Toutes les religions savent user de la culpabilité pour asservir leurs troupeaux et le christianisme n’y a pas toujours échappé.

Comme si la souffrance en elle-même était une « bienheureuse épreuve » que Dieu nous envoie pour mieux nous éprouver.

Comme si la souffrance brutale et aveugle pouvait être d’emblée rédemptrice !

Il faut tout un chemin spirituel souvent rude et long pour trouver un peu de sens et de lumière au cœur de l’absurde…

A trop chercher à vouloir à tout prix expliquer l’inexplicable on s’embourbe dans des fadaises prétendument « spirituelles » qui n’ont plus grand chose à voir avec l’Évangile !

Non, Dieu n’est pas un Dieu pervers qui, volontairement, nous assomme d’épreuves et de croix à porter pour mieux nous rapprocher de lui.

La vie se charge déjà suffisamment de nous blesser pour que Dieu ne rajoute pas de sel dans les plaies pour notre « édification » !

Alors, comment cette croix que nous fêtons aujourd’hui est-elle glorieuse ?

Eh bien, parce que c’est un bois nu.

Parce que c’est un bois nu où Dieu n’est plus !

La gloire de la Croix, c’est qu’elle est vide !

Vide comme le tombeau du matin de Pâques.

Lorsque nous regardons les croix où le Christ agonise, nous les regardons avec le regard de la foi, avec cette espérance rivée au cœur que bientôt, que déjà le Christ n’y est plus.

La croix est glorieuse parce que Dieu l’a désertée pour venir habiter à la seule adresse où il souhaite désormais vivre : au cœur de notre humanité dont il vient prendre sur son épaule forte et secourable le fardeau des jours gris.

Depuis le grand matin de Pâques, il vient au cœur de toutes nos détresses, de toutes nos fragilités et pauvretés pour mieux nous relever.

Et sa croix, alors, est une planche de salut, le bois où agripper nos vies quand la tempête risque de nous submerger.

J’ai eu, par mon métier de journaliste, la grâce de rencontres fortes et amicales avec Sœur Emmanuelle. Lorsque, à la fin de sa vie, je me rendais dans la petite chambre de sa maison de retraite près de Nice, mon regard était toujours attiré par une croix au-dessus de son lit.

Une croix magnifique dont un antiquaire n’aurait pourtant pas donné trois sous !

Un chiffonnier de la décharge d’ordure du Caire l’avait fabriquée avec deux vieux morceaux de cageot, une ficelle douteuse et un fil de fer rouillé symbolisant le corps du Christ.

Croix façonnée de tous les rejets de l’humanité, croix de l’injustice, de l’exclusion, de la pauvreté, de la maladie, de la solitude, du désamour…

Croix fragile mais croix, ô combien « glorieuse » !

Bertrand REVILLION, Diacre, Journaliste, Philosophe et Editeur

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 19:38
La passion de la rencontre, le dernier ouvrage de Stan Rougier

La passion de la rencontre, le dernier ouvrage de Stan Rougier

En collaboration avec Nathalie Calmé

Editions le Relié, 2014

Dans ce nouvel ouvrage, La passion de la rencontre, Stan Rougier s'interroge : « La vie terrestre ne serait-elle pas une école où nous apprenons à écouter battre le cœur des autres ? ». Il nous rappelle aussi que « la beauté du monde est celle de nos affections ». « Voilà, la finalité de notre vie : les liens que nous aurons tissés, les amitiés et les amours que nous aurons ébauchés sont là pour durer toujours, pour combler nos cœurs de la plus intense félicité ».

L'auteur nous offre un florilège de portraits. A travers des souvenirs, des extraits de correspondances, le récit d'anecdotes pittoresques et émouvantes, il nous parle avec sa passion coutumière des hommes et des femmes qui ont marqué sa vie. « Je n’ai pas toujours cru en Dieu, dit-il, mais j’ai vu Sa trace ». C’est cette trace qu’il nous dévoile ici sur ces visages étonnamment variés, qui ont cependant un trait commun : ce sont des chercheurs de sens et des grands vivants. Parmi les soixante-sept personnalités évoquées, « certaines m'ont fait naître, écrit Stan Rougier, d'autres m'ont fait grandir. C'est un hommage que je veux rendre, une immense gratitude aussi. » Citons quelques noms. Par ordre alphabétique : l'Abbé Pierre, Yvan Amar, Alain Chevillat, Maurice Clavel, Olivier Clément, Arnaud Desjardins, Mireille Dumas, Sœur Emmanuelle, Cardinal Etchegaray, Pape François, Guy Gilbert, Robert Hossein, Lanza del Vasto, Cardinal Lustiger, Philippe Maillard, Patrick Poivre d'Arvor, Marthe Robin, Frère Roger, Christiane Singer, Faouzi Skali…

« Plus je réfléchis sur ma propre existence, confie-t-il, plus j'ai le sentiment que l'essentiel s'est joué dans mes rencontres quotidiennes. (…) Au Jugement dernier, il ne me sera pas demandé combien de pays j'ai visité ou combien de livres j'ai écrit, mais seulement : Qui as-tu regardé avec le regard valorisant que posait le Christ sur ceux qu'il a rencontrés ? ». Stan Rougier garde aussi en mémoire ces multitudes avec lesquelles il a pu échanger par courrier, à la suite de ses homélies données à la radio ou à la télévision, ou bien après la lecture d’une de ses chroniques publiées dans La Croix, Le Monde, Panorama, Peuples du monde, Prier, Sources…

L’auteur persiste et signe : l’Avenir est à la tendresse, son premier livre, annonçait La passion de la rencontre, le trente-septième. « Tant de dialogues, tant d’écoute des autres, tant de visages aux horizons si divers m’ont ancré dans la certitude que les paroles plurielles, les cultures arc-en-ciel empruntent un chemin qui a un avenir… ».

Au regard de sa foi et de ses quatre-vingt-quatre ans, Stan Rougier nous confie son rêve : « Parvenir à aimer comme Dieu aime ». (Juliette Lérins)

Commander le livre

Partager cet article

Repost0
1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 18:11
Baptisés, envoyés en mission par David Fernandez !

Depuis quelques années, ma femme et moi accompagnons des fiancés dans la préparation de leur mariage en étant à l'écoute de leur histoire et de leurs attentes.

Je me souviens comme si c'était hier de cette soirée où nous ayons accueilli pour la dernière fois un jeune couple de fiancés et que nous avons été profondément touchés par leurs remerciements. La préparation avait été pour eux l'occasion de se poser et de regarder les choses sous un angle nouveau, de se redécouvrir autrement, de changer même. Nous étions étonnés parce que les premières rencontres avaient été difficiles, nos deux jeunes fiancés étant très discrets pour ne pas dire totalement silencieux. Nous n'en menions pas large. Nous nous sommes retrouvés, à la fin de ces deux premières rencontres, un peu arides, avec le sentiment de beaucoup parler, de ne pas assez écouter et de répéter un peu toujours les mêmes choses.

Quelle heureuse et inattendue surprise donc, à la fin, de recevoir ces remerciements chaleureux qui semblaient venir du fond du cœur. Nous avions nous mêmes sous-estimé l'importance de ce que nous avions dit ce soir là et comment une parole peut parfois prendre racine dans l'esprit. Jésus nous a refait le coup des noces de Cana et nous a gardé le meilleur vin pour la fin. Finalement, on a bien fait de venir à la fête, non ?

Comme baptisés, nous sommes porteurs d'une parole évangélique, fondée sur l'amour, toujours incroyablement actuelle, dans toutes nos missions d'Eglise : Equipes d'animation locales, équipe d'animation pastorale, préparations aux baptêmes, aux mariages, catéchuménat, célébrations de funérailles, organisation des messes et autres engagements auprès des jeunes... Sans oublier tout ceux qui - en silence - sont au service de l'Eglise et de toute personne ayant besoin d'aide.

Il y a des silences qui sont fait d'or, de beaux silences, bien plus que ce que nous pouvons imaginer. Notre foi, un peu folle, c'est aussi de croire qu'il y a quelque chose de beau derrière chacun de ces silences alors que notre attention est si facilement détournée par le bruit, et parfois, d'en parler ou d'en dire quelque chose. Notre mission, en plus d'annoncer la Bonne Nouvelle, n'est-elle pas aussi de révéler toute la profondeur que l'on peut trouver dans des choses qui pourtant semblent banales ? Il y a des mariages tous les jours, partout dans le monde, et pourtant chacune de ces rencontres, chacun de ces engagements a sa propre histoire, sa propre beauté, sa propre profondeur spirituelle.

Des engagements, il y en a également beaucoup dans l'Eglise, et ils sont parfois entourés plus ou moins de silence. Ce sont des engagements forts, éprouvants, passionnants, difficiles à certains moments et bien souvent heureusement, également sources de joie. Un joli mélange que tout cela ! Bref, ces engagements sont profondément ancrés dans notre humanité. Profitons de cette rentrée pour rendre hommage à toutes les formes d'engagement qui sont la vitalité même des sociétés humaines et, bien entendu, à tous les engagements des chrétiens dans la paroisse, en France et partout dans le monde, parfois dans des conditions difficiles.

Bonne rentrée à toutes et à tous !

David Fernandez Equipe d'Animation Pastorale

Bulletin Paroissial n°39 Septembre 2014

Paroisse Saint Nicaise du Vexin Normand

Diocèse d’Evreux

Partager cet article

Repost0
29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 11:51
Prière pour la Rentrée

Merci, Seigneur,

pour les semaines d’été,

pour les découvertes et les rencontres,

pour la beauté contemplée,

pour le silence et l’amitié,

pour l’amour renouvelé et le repos !

Merci pour ce trésor :

je le garde dans mon corps et dans mon cœur.

Maintenant,

c’est la rentrée dans le temps ordinaire.

Mais je ne retournerai pas

à mes pratiques du passé,

je ne rentrerai pas

dans mes habitudes.

Je vais entrer en lutte,

je vais entrer en amour,

je vais entrer en douceur,

je vais entrer en miséricorde et en sourire,

je vais entrer en clarté,

je vais entrer en courage,

je vais entrer en Evangile encore une fois !

C’est ma rentrée :

viens avec moi, Seigneur.

Charles Singer - Prier N° 314

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 20:35
Michaet Lonsdale : "François est un cadeau pour l'Église"

INTERVIEW - Quand il parle de sa foi, Michael Lonsdale ne joue pas la comédie. Il la vit. Pour le JDD, il témoigne aussi de son admiration pour l’évêque de Rome.

Il n'a pas peur de la mort. À 83 ans, au seuil de sa vie, Michael Lonsdale se dit serein, parce qu'il "remet les choses entre les mains de Dieu". Comédien, peintre, écrivain, l'homme de mots a la foi chevillée à l'âme depuis sa jeunesse. Une foi à toute épreuve renforcée par des rencontres, des lectures de Thérèse de Lisieux, de Sœur Emmanuelle, de l'Évangile - "le plus vrai de tous les textes". Des rôles aussi, celui de frère Luc, l'un des moines trappistes assassinés à Tibéhirine en Algérie en 1996, qui lui colle encore au cœur. La prière l'accompagne au quotidien, une prière "baladeuse". Dans la rue, dans le métro, les trains, au milieu de la foule… Michael Lonsdale est de ces chrétiens qui ne supportent pas les traditionalismes, qui prônent une Église ouverte sur le monde, c'est pourquoi il s'enthousiasme pour le pape François.

Vous publiez un livre sur Charles Péguy*, pourquoi?
Péguy était un grand poète et un grand chrétien, les artistes sont les témoins de l'invisible, associer la beauté et la foi est l'élément moteur de mon métier de comédien… Je pense que l'œuvre de Péguy dépasse parfois les thèses de savants théologiens. Il donne des raisons d'espérer dans un monde démoralisé. Il faut aider les gens à respirer, pour cela il faut puiser dans la poésie. Et puis en tant que chrétien, il est un précurseur de l'esprit de Vatican II. Pour lui déjà, l'Église était trop souvent repliée sur elle-même, recroquevillée. Péguy, comme le pape François d'ailleurs, refuse les catholiques qui mettent une barrière stérile entre l'Église et le monde, ce besoin d'ouvrir l'Église au monde est un appel urgent et pressant, une Église servante et pauvre, comme disait Congar…

C'est exactement la vision partagée par le pape François…
Oui, François est formidable, parce qu'il s'attaque de façon frontale à l'argent, au matérialisme, aux dérives de la société de consommation. Il souhaite une Église pauvre parmi les pauvres. Le Christ a dit : "Je suis venu pour les pauvres et les prostituées…" Quand je l'ai entendu le jour de son élection prononcer ses premières paroles : "Priez pour moi", j'ai compris à qui nous avions affaire, c'est la première fois qu'un pape dit cela. Je ne connaissais pas ce Bergoglio, il est tombé du ciel. François est un cadeau pour l'Église. Puis il est devenu François, comme François d'Assise. Saint François est celui qui s'est le plus rapproché du Christ, c'est vraiment un signe de modestie.

Quels sont les temps forts de ce début de pontificat?
Je ne connais pas toutes les paroles et homélies du pape, mais pour moi tout a commencé quand il est apparu à la fenêtre place Saint-Pierre. On a découvert un pape venu du bout du monde, sa voix m'a touché, et je me suis dit : ça y est, on passe à autre chose, quelque chose de très simple et de très pauvre… Je l'attendais depuis longtemps. Son absence de solennité m'a tout de suite plu. Mais je ne cherche pas à le comparer avec les autres papes, chaque pape a sa personnalité, son temps, sa façon d'être. Puis, lors de son premier déplacement, il s'est rendu à Lampedusa. Il va là où l'on ne s'attend pas à voir un pape, là où il y a de la misère, de la tragédie. Il est tout de suite concerné. C'est très enthousiasmant. La présence du pape sur cette île sicilienne où il y a tant de naufrages de clandestins revêt une dimension essentielle. Cela veut dire que l'Église est solidaire de ces gens qui ont fui dans la désolation et la peur pour sauver leur vie : il faut entendre ces cris. Il faut retrouver le partage et l'amour du prochain.

«LÉglise n'a pas besoin de se donner ainsi en représentation : ce n'est ni du théâtre ni du spectacle»

Le pape n'est pas tendre envers le clergé…
François veut faire sortir l'Église de son image surannée. Il faut arrêter avec les apparats et les déguisements des évêques, tout ce faste qui impose une représentation riche de Dieu, François veut en finir avec tous ces signes extérieurs de richesse. Il a déjà rectifié le tir en écartant par exemple cet évêque allemand qui s'était fait construire un palais avec une baignoire en marbre de 15.000 euros… J'ai souvent dit aux évêques qu'il était temps d'arrêter les mitres et les beaux costumes ; cela valait du temps où il fallait impressionner les foules, mais l'Église n'a pas besoin de se donner ainsi en représentation : ce n'est ni du théâtre ni du spectacle.

Un pape qui tweete, cela vous plaît?
Oui il a raison, il est vraiment moderne, en accord avec l'époque.

Le pape est-il un révolutionnaire?
Non, cela me gêne, la révolution c'est pour abattre quelque chose, le pape François n'est pas un guerrier, ou alors sa guerre à lui c'est l'amour.

Benoît XVI aussi a quelque part bouleversé l'Église en renonçant...
Benoît XVI a bien fait, il y avait tellement de secousses au Vatican, et tous ces scandales de pédophilie. On a étouffé cela pendant des années, c'est honteux. Benoît XVI avait commencé à faire le nettoyage. Mais il ne tenait plus physiquement. C'est un homme avant d'être un pape. François a dit tout récemment qu'il se donnait le droit de renoncer, cela me semble normal, quelle responsabilité vous vous rendez compte! Souvenez-vous de ces images de Jean-Paul II, le marathonien de la foi, à bout de souffle à la fin de son pontificat, c'était triste de le voir décliner ainsi, sa voix si fragile, mais il a été héroïque, jusqu'à n'en plus pouvoir.

Le pape François s'est dit prêt à se rendre en Irak
Cela ne m'étonne pas, sa place est auprès des gens qui souffrent. Ce qui se passe là-bas est scandaleux, on tue au nom de Dieu, on tue pour convertir, c'est effrayant, c'est honteux pour l'humanité. Des chrétiens doivent s'exiler, ils ne peuvent plus vivre leur foi dans leur pays, des peuples sont déplacés. Le pape n'est pas totalement d'accord avec les bombardements américains, mais il est conscient du fait qu'il faille faire quelque chose, il a affirmé qu'il est "licite d'arrêter l'agresseur injuste", c'est même un "droit de l'humanité", avant de préciser aussitôt qu'"arrêter" ne signifie pas automatiquement "faire la guerre, bombarder".

Face à tant de souffrance, votre foi a-t-elle été mise à rude épreuve?
Non, je n'ai jamais eu l'occasion de douter. Parfois, on m'interroge, face aux malheurs du monde. Mais cela ne me fait pas douter de la parole de Dieu : Dieu ne veut le mal de personne et il n'est pas le surveillant général qui agit pour rétablir la bonté.

* Entre ciel et terre, Péguy, (Cerf, 19 euros).

Propos recueillis Par Adeline Fleury - Le Journal du Dimanche

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0