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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 07:37
L'équipe de France version Coupe du monde 2018. | Photo : AFP

L'équipe de France version Coupe du monde 2018. | Photo : AFP

Vingt ans après le « black-blanc-beur » de 1998, mythe aujourd'hui éculé, l'équipe de France de football continue de porter les questionnements et paradoxes identitaires qui traversent la société française.

À quelques heures de la finale de la Coupe du monde contre la Croatie, dimanche à Moscou, les Français se retrouvent une nouvelle fois derrière leur sélection qui a toujours incarné, de Raymond Kopa à Zinédine Zidane en passant par Michel Platini, la diversité française et son histoire héritée de vagues de colonisation et d'immigration.

Parmi les 23 Bleus présents au Mondial en Russie, 14 ont des origines sur le continent africain (Guinée, Mali, Sénégal, Angola, Algérie, Maroc...), deux y sont même nés (Samuel Umtiti à Yaoundé, Steve Mandanda à Kinshasa). 

« C'est comme ça qu'on aime la France »

Après des années de désamour nées notamment du fiasco de Knysna au Mondial-2010 puis de « l'affaire Benzema », cette génération revendique de manière inhabituelle son identité française.

« Je veux incarner la France, représenter la France », clamait Kylian Mbappé vendredi dans une interview au Monde. La veille, Paul Pogba avait vanté les nombreuses « origines » et « couleurs » de la population française : « C'est ça qui fait la France, une belle France (...) C'est comme ça qu'on l'aime et qu'on l'aimera toujours ».

Le glorieux parcours des Bleus en Russie a fait basculer dans la liesse un pays traversé par les questionnements identitaires, un an après l'accession de Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, et alors que la question de l'accueil des migrants suscite de vifs débats. Dans un sondage fin juin, 61% des Français jugeaient ainsi la politique migratoire de la France « trop laxiste ».

Marseillaise et « shaku shaku »

Pour l'historien spécialiste de l'immigration Pascal Blanchard, cette équipe est le reflet d'une jeunesse française bercée de multiples cultures.

Mardi soir, sur les Champs-Élysées, cette jeunesse a fêté la qualification pour la finale tantôt en chantant la Marseillaise, tantôt en dansant le « shaku shaku », danse nigériane popularisée par leurs idoles Pogba et Kimpembe.

« Nous sommes à une troisième ou quatrième génération d'immigration qui revendique explicitement ses particularismes culturels ou religieux, comme sa francitude. C'est cette génération qui descend dans la rue et dit "Regardez, ça marche : on peut être noir, musulman et Français et faire gagner la France" », souligne Pascal Blanchard.

Du haut de ses 19 ans, avec une mère d'origine algérienne et un père d'origine camerounaise et son enfance en Seine-Saint-Denis, Kylian Mbappé en est, selon lui, « un des grands symboles ». « Il est beur, il est black, il est blanc à lui tout seul », relève le chercheur, en analogie au slogan controversé « black, blanc, beur » post-1998.

Sphères fermées

Cette formule rebattue a depuis été largement ébranlée : en 2001, la Marseillaise était sifflée lors d'un match France-Algérie au Stade de France; l'année suivante, Jean-Marie Le Pen se hissait au second tour de l'élection présidentielle; en 2005, les banlieues s'embrasaient durant plusieurs semaines.

« Ce n'est pas incompatible qu'une partie de la France vote à l'extrême droite et que cette même France soutienne une équipe qui représente la France. Ce n'est pas la vraie société qu'on voit à travers le football », relève le sociologue du sport William Gasparini.

« Si on retrouve en équipe de France autant de jeunes issus des classes populaires et de l'immigration, c'est aussi parce que d'autres sphères, politique et économique, leur sont fermées, souligne-t-il. C'est un miroir déformant de la réalité ».

Fraternité

Plus que l'« intégration », notion mise en avant en 1998 mais « aujourd'hui dépassée », c'est « la fraternité, une valeur plus simple, plus forte peut-être » qui ressortira de « l'épisode 2018 », anticipe Yvan Gastaut, historien spécialiste des relations entre immigration et football.

« Ce qui fait la force de cette équipe, ce n'est pas tellement que les joueurs viennent de partout, mais qu'ils sont soudés avec un jeu fait d'entraide, de solidarité », poursuit-il.

Les Bleus, eux, se sont investis d'une mission patriotique, à l'image d'Antoine Griezmann. « Il faut être fier d'être Français, a déclaré l'attaquant vendredi en conférence de presse. J'ai envie que les jeunes disent "Vive la France et vive la République !" ».

 

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Corentin Tolisso, Kylian Mbappé, Thomas Lemar Florian Thauvin. | Photo : AFP

Corentin Tolisso, Kylian Mbappé, Thomas Lemar Florian Thauvin. | Photo : AFP

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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 05:55
Le Bayonnais Didier Deschamps dans la légende : un sacré patron !

Champion du monde en 1998, il a porté son groupe au sommet de la planète foot avec ténacité, autorité, réalisme et humilité. Chapeau « La Dèche »…

 « Ce sont le joueurs qui l’ont gagnée… », la première réaction de DD après la victoire des Français, résume l’état d’esprit exceptionnel et tout en réserve d’un champion qui ne lâche jamais rien et qui gagne tout… ou presque.

Si la génération 2018 des Bleus est riche de jeunes surdoués, déjà stars dans les plus grands clubs du monde, le mérite de cette victoire revient largement au Bayonnais. Il incarne le succès, la victoire, il a su façonner un groupe en lui transmettant ses valeurs et en poussant chaque joueur à se transformer au service du collectif.

Fierté !

Le Bayonnais Didier Deschamps dans la légende : un sacré patron !

Kylian Mbappé, la jeune étoile montante du foot mondial, ne s’y est pas trompé : « Deschamps ? Ce qu’il a fait est impressionnant. Il va rester lui aussi dans l’histoire à jamais. Encore plus que nous car il l’a fait deux fois ».

Et ce n’est pas pour rien qu’aussitôt les joueurs ont fait sauter en l’air et en triomphe le Basque.

Didier Deschamps est un formidable meneur d’hommes, depuis toujours. Dès 11 ans, à l’Aviron Bayonnais, outre ses qualités sportives, il impressionne par sa volonté farouche et sa capacité à commander. Déjà capitaine chez les minimes basques, il le deviendra aussi très rapidement chez les Canaris nantais, en Ligue 1, du haut de ses… 19 ans. Déjà, un sacré patron !

Le palmarès de « La Dèche » est incroyable, à commencer par deux titres suprêmes de champion du monde, l’un comme capitaine très influent des Bleus il y a 20 ans, l’autre comme sélectionneur bâtisseur aujourd’hui.

Jugez plutôt. Comme joueur et capitaine il a été : deux fois champion de France avec Marseille, deux fois vainqueur de la mythique Ligue des Champions avec Marseille et la Juventus de Turin, trois fois champion d’Italie avec la Juventus de Turin, champion du Monde et champion d’Europe avec la France.

Comme entraîneur, il a remporté la coupe de la Ligue avec Monaco et a relancé la Juventus de Turin descendue en Série B. De retour à Marseille, il décroche un titre de champion de France. Vexé par la finale perdue contre le Portugal à l’Euro 2016 en France, il succède désormais à Aimé Jacquet comme sélectionneur champion du Monde.

Il y a 18 ans, Bayonne a baptisé le modeste stade de l’Aviron foot « Didier-Deschamps ». Un clin d’œil et tout un symbole.

 

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