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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 20:11
Gilets jaunes…. Alerte Orange !

On ne bâtira pas l’avenir de ce pays sur la désespérance d’une partie de son peuple. 

On a tout dit, tout écrit, depuis dix jours, sur les gilets jaunes. Tout et son contraire. Ce qui, j’en conviens, est une expression absurde car les contraires sont précisément constitutifs du tout. Mais il fallait bien relever les dissensus qui, ici, voient dans les gilets jaunes rien moins que la liberté guidant le peuple et là de purs égoïstes fossoyeurs de l’alternative écologique. Alors pourquoi en rajouter ? Parce qu’il appartient à chacun (e) de nous de se mettre au clair avec lui-même sur ce phénomène. Et qu’on ne peut le faire qu’avec ses mots, sa sensibilité propre, son histoire personnelle.

Que la question de l’augmentation de la taxation du carburant n’ait été que pur prétexte, la goutte de pétrole qui fait déborder le vase est une évidence. Mais on sait bien, d’expérience, qu’acculer une personne sans lui ménager la moindre porte de sortie est la meilleure manière de nourrir chez elle l’exaspération ou la désespérance et de susciter la violence. Et nous en sommes là pour des millions de Français qui vivent à la périphérie des grandes agglomérations urbaines ou en zone rurale. Et, à leurs yeux, à la périphérie d’une société qui n’est plus la leur, qui ne les écoute plus, ne les voit plus…

Cette France rurale que nous évoquons parfois avec des trémolos dans la voix, au retour de vacances d’été, se meurt sous nos yeux dans la plus totale indifférence. De fermeture de bureau de poste en disparition des commerces de proximité, de non-remplacement du médecin généraliste en suppression de classe, de délocalisation des services hospitaliers en numérisation des démarches fiscales, de surenchérissement de l’immobilier urbain à l’éloignement des opportunités d’emploi… on contraint les citoyens à une mobilité, un « nomadisme du pauvre » dont on renchérit le coût au motif de préserver l’avenir de la planète. De cette souffrance là je suis témoin, comme bien d’autres, chaque fois que je “descends“ dans mon sud-Aveyron natal.

Le culte universel de la consommation de masse

Les théoriciens de la collapsologie (1), aiment à rappeler les cinq stades de l’effondrement des sociétés définis par l’ingénieur russo-américain Dimitry Orlov : financier, économique, politique, social puis culturel. Ce qui n’est pas encore avéré au niveau collectif se vérifie individuellement ici et là pour des millions d’exclus de la mondialisation : la pauvreté financière qui compromet jusqu’à la recherche d’emploi et l’intégration économique, le sentiment d’injustice sociale qui fait douter de la démocratie libérale et de valeurs de civilisations incapables d’atteindre leur objet : contenir la violence. Et l’on s’étonne ou se scandalise à peu de frais de possibles dérapages de ces “desperados“, interprétés comme autant de preuves d’incivilité. Et l’on pointe du doigt leur inexpérience coupable, leur incapacité à organiser des manifestations qui ne feraient pas de victimes ! Comme s’il ne mourrait pas chaque jour dix personnes sur les routes de France où plus de deux-cents autres sont également blessées, malgré l’existence de dispositifs de sécurité particulièrement contraignants. 

Maintenir un haut niveau de taxation sur les carburants, mais …

Comprenons nous bien : le gouvernement d’Emmanuel Macron a parfaitement raison de vouloir maintenir un haut niveau de taxation sur les carburants comme moyen de contenir puis réduire la consommation d’énergies fossiles source première du réchauffement climatique. Mais pas au détriment des seuls citoyens condamnés à user jusqu’à la panne finale leur vieux diésel alors qu’ailleurs cargos et avions de ligne bénéficient d’une exonération du fuel lourd et du kérosène… Pas en l’absence de toute alternative en matière de transports en commun longtemps négligés ou sacrifiés au « dieu automobile ». Pas sans pédagogie, sans vision d’avenir, sans justice, sans soutien, sans invitation à imaginer d’autres solutions. Et surtout pas sans un minimum d’estime et de prise en considération de ce que sont et vivent les gens au quotidien. 

On s’alarme ici ou là, avec raison, de la possible récupération politicienne de ce mouvement surgi de la base, au bénéfice de formations politiques ouvertement populistes. Comme ailleurs d’autres mécontentements non pris en compte ont conduit au Brexit, à l’élection de Trump, de Bolsonaro et de tant d’autres… Bref : amené au pouvoir des dirigeants bien décidés à remettre en cause les accords internationaux sur le climat, pour satisfaire leurs opinions publiques qui seront à terme les premières victimes de cette démagogie criminelle. Après eux le déluge ? Hélas, c’est possible ! Et il ne sera contenu ni aux frontières de l’Hexagone ni à celles de l’Union européenne. Comment ne pas s’alarmer ce la montée de ces égoïsmes nationaux, déconstruisant systématiquement les solidarités forgées par réaction aux hécatombes du siècle dernier ?

Comment attendre de l’économie libérale la solution de problèmes dont elle est la cause ? 

Plus profondément, Emmanuel Macron se trouve confronté, comme d’autres dirigeants, aux contradictions et désormais aux limites mêmes du capitaliste mondial qui se nourrit de la consommation/destruction effrénée de produits, bien souvent futiles,  fabriqués par prélèvement inconsidéré sur les ressources non renouvelables de la planète. Souvent au prix de l’exploitation des peuples dont elles contituent les seules richesses. Comment espérer de l’économie libérale la solution de problèmes dont elle est la cause ? A l’heure de la crise écologique comment continuer à courir, à l’aveugle, après une croissance qui repose pour l’essentiel sur la combustion suicidaire d’énergie fossile ? Plus ponctuellement – et l’on rejoint là l’incompréhension légitime des gilets jaunes –  comment justifier une augmentation de la pression fiscale sur les carburants, au nom de la nécessaire transition énergétique sans lui affecter, a minima, le revenu de ces taxes ? (2)

« Il ne suffit pas d’inclure des considérations écologiques superficielles… »

Je sais combien ces réflexions pourront paraître à certains « politiquement orientées ». Et combien notre tempérament national nous porte spontanément à transiger sur un entre deux très macronien de libéralisme économique mâtiné de préoccupations environnementales. L’urgence économique devant toujours prévaloir sur l’urgence écologique. Au nom du combat pour l’emploi dont pourtant nombre d’économistes plaident aujourd’hui qu’il serait sans doute mieux assuré à l’abri des folies du commerce international.

Dans ce soupçon d’arrières pensées politiques, figure bien sûr le pape François et son encyclique Laudato si’ où il nous rappelle qu’il « ne suffit pas d’inclure des considérations écologiques superficielles, pendant qu’on ne remet pas en cause la logique sous-jacente à la culturel actuelle » (n° 197) faite de gaspillage, d’exploitation et d’exclusion. Est-il à ce point insupportable aux catholiques de ce pays d’entendre le pape les appeler à une conversion qui ne soit pas que pieuse inclination de l’âme ? Est-il scandaleux et non-chrétien de plaider pour un mode de vie plus frugal où le développement de l’être prévale sur l’accumulation de l’avoir ? Alors que tel bien est au fond notre désir et l’intuition que nous portons d’un possible bonheur. 

La bonne santé de notre peuple et de sa jeunesse

On me dira que je suis loin des « gilets jaunes » et de leur revendication à accéder à un niveau de consommation dont ils s’estiment injustement sevrés, comme ailleurs des centaines de millions d’hommes et de femmes sur la planète. Nous sommes là au cœur de nos contradictions. Que nous ne dépasserons que par l’imagination, la solidarité et le partage. Ou nous en crèverons. J’ignore comment se terminera l’épisode « gilet jaune ». Mais je le sens symptomatique d’un mal profond qui touche à la dignité même de l’être et à l’avenir de notre communauté humaine.

Si, avec d’autres, je suis témoin de la montée de la précarité et d’une certaine désespérance qui aujourd’hui me rendent sensible le cri des gilets jaunes, j’observe tout autant – ici ou ailleurs – un foisonnement de créativité, un déploiement de courage, une capacité de résilience qui témoignent de la bonne santé de notre peuple et de sa jeunesse. Car le futur s’invente chaque jour, en monde rural comme à la périphérie de nos agglomérations urbaines. Notre classe politique, majorité et oppositions, sera-t-elle à la hauteur du défi  ?

René POUJOL

Journaliste Catholique

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(1) La collapsologie est l’étude, pluridisciplinaire, de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder. La parution récente du livre « Une autre fin du monde est possible » (Ed. du Seuil), vient de relancer l’intérêt pour cette discipline, contestée par certains courants écologistes.

 

(2) A cela on objecte à juste titre un principe du droit français qui est la non affectation des ressources fiscales. C’est-à-dire l’interdiction de prélever un impôt ou une taxe qui seraient automatiquement et exclusivement affectées à une dépense précise. Sauf que rien n’interdit au Parlement lors du débat budgétaire de voter une dépense affectée à la transition énergétique, calculée sur la base d’une estimation des rentrées fiscales sur les carburants. 

 

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 10:33
Des manifestants congolais à Kinshasa, lors de la première marche du CLC, en décembre. / John Wessels/AFP

Des manifestants congolais à Kinshasa, lors de la première marche du CLC, en décembre. / John Wessels/AFP

Le Comité laïc de coordination (CLC), un collectif catholique, a appelé à des marches anti-Kabila en décembre et janvier.

Il organise une troisième mobilisation dimanche 25 février pour demander l’alternance démocratique, en dépit des menaces du pouvoir.

Depuis plusieurs semaines, Léonnie Kandolo vit dans la clandestinité. Pour pouvoir être jointe, il a fallu qu’elle fournisse un autre numéro de téléphone que celui qu’elle utilise habituellement, repérable par la police du régime du président Joseph Kabila. Elle ne voit plus sa famille, ne travaille plus, vit recluse, protégée par la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RD-Congo).

Comme elle, les sept autres membres du Comité laïc de coordination (CLC), le collectif catholique à l’initiative des marches anti-­Kabila du 31 décembre et du 21 janvier, sont visés par un mandat d’arrêt de la justice congolaise. Ils se disent traqués, mais déterminés, et travaillent depuis leurs caches à l’organisation de la troisième grande marche pour l’alternance démocratique, qui doit se tenir dimanche 25 février à Kinshasa.

« Psychologiquement, c’est très difficile », souffle Léonnie ­Kandolo. D’autant que leurs familles aussi sont aujourd’hui menacées. L’épouse d’un des membres du CLC vient notamment de perdre son emploi à l’université.

 

Les paroisses de Kinshasa préparent la marche du 25 février

La diaspora est mobilisée

Formés pour la plupart à l’étranger, solidement diplômés et issus plutôt de l’élite intellectuelle du pays, les membres du CLC (deux femmes et six hommes) affirment répondre à l’appel de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) lancé en juin 2017, demandant aux habitants du pays de se lever pour leurs droits. Militants de longue date, ils ont formé leur collectif au mois de novembre, réclamant le respect de l’accord de la Saint-Sylvestre, un compromis politique devant aboutir à terme à la tenue d’élections.

Depuis, ce petit noyau a réussi à tisser un maillage serré dans la capitale, où se trouvent pas moins de 167 paroisses, qui sont autant de relais auprès des catholiques congolais. Récemment, la toile s’est étendue au reste du Congo. Grâce aux outils technologiques, et notamment Whatsapp, moins facile à détecter que le réseau téléphonique, les messages circulent à toute vitesse. À la grande satisfaction du CLC, la diaspora est, elle aussi, mobilisée. « La dynamique est lancée », se réjouit ainsi Léonnie Kandolo, saluant l’organisation de messes et de manifestations pour le Congo de Washington à Dakar, en passant par Paris et Bruxelles.

« En parfaite harmonie » avec les évêques

Les marches précédentes « ont été réprimées avec une violence disproportionnée (…), allant jusqu’à la profanation des églises et causant la mort de plusieurs personnes », clame le CLC dans son appel à manifester. La démarche se veut pourtant rigoureusement pacifique. Si la police charge, les manifestants ont pour consigne de se mettre à genoux et de prier. « Pas de provocations, pas de pillages », précise Léonnie ­Kandolo. « Nous marchons pour mettre fin à la dictature », insiste-t-elle.

Le CLC se dit « en parfaite harmonie » avec les évêques, et dit compter aussi sur le soutien du pape, qui est à l’initiative d’une journée de jeûne aujourd’hui dans le monde entier pour la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud (voir ci-dessous).

Pour le régime, ce n’est pas aussi simple. André-Alain Atundu, le porte-parole de la majorité présidentielle, affirme : « Il y a dans ces marches dites”des catholiques” une confusion entre la procession religieuse et la manifestation politique. C’est pourquoi elles ne sont pas autorisées. C’est la même chose avec les lieux de culte. Ils sont inviolables, en RDC, pourvu qu’ils gardent leur destination première : un lieu de prière. »

Au-delà des milieux catholiques

Le pouvoir insiste aussi sur les divisions qui frapperaient la Cenco : « Les marches du CLC touchent deux ou trois villes en RDC. Dans plusieurs diocèses, elles n’ont pas été souhaitées par les évêques, comme dans le Kivu », estime André-Alain Atundu.

« C’est vrai que nous ne sommes pas tous d’accord », confie un évêque congolais, « carle CLC s’est constitué sans coordination avec le Conseil de l’apostolat des laïcs catholiques du Congo (CALCC), la structure pour les laïcs mise en place par la conférence épiscopale. Pour le dire directement, nous pensons que le CLC, un instrument entre les mains de l’évêque de Kinshasa le cardinal Monsengwo, a court-circuité le CALCC et la Cenco ». Si les approches sont différentes, la Cenco a néanmoins clairement apporté son soutien aux membres du CLC, le 19 février.

Le collectif attire d’ailleurs au-delà des milieux catholiques. Sa démarche est même soutenue par les nouveaux mouvements citoyens issus de la jeunesse, sans pour autant qu’il y ait d’accord formel. « Oui, nous soutenons cette démarche, assure un responsable de la Lucha, un de ces collectifs, basé à Goma. Même si dans le Kivu, nous ne nous sommes pas sentis soutenus par l’Église catholique, le CLC peut compter sur nous. »

Laurent Larcher et Marie Malzac

 

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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 06:41
Véronique Sousset garde « l’envie que la prison soit utile et pas seulement un lieu de relégation » / Tina Merandon/Signatures

Véronique Sousset garde « l’envie que la prison soit utile et pas seulement un lieu de relégation » / Tina Merandon/Signatures

Dans un livre, cette directrice de prison, devenue avocate entre 2008 et 2012, revient sur un effroyable fait divers, qui l’a amenée à « défendre l’indéfendable ».

Véronique Sousset, Directrice de prison devenue avocate

En publiant Défense légitime (1), son premier livre, Véronique Sousset, directrice d’un établissement pénitentiaire de province, referme une parenthèse mémorable de son parcours professionnel, qui l’a vue passer, pendant quatre ans, « des barreaux au barreau ».

En 2009, peu de temps après avoir prêté serment et revêtu la robe d’avocat, cette quadragénaire, titulaire d’un DEA de droit pénal et de sciences criminelles et diplômée de l’Enap (École nationale d’administration pénitentiaire), a accepté, à la surprise de tous ses proches et de ses collègues, de défendre un père infanticide – qu’elle a choisi de ne pas identifier dans ce récit. Succédant à une consœur, incapable d’avancer dans l’insoutenable lecture du dossier qui « ébranle toute foi en l’humanité », la jeune avocate, pétrie d’idéalisme, plonge tête baissée « dans une grande inspiration », pour une interminable descente en apnée dans un puits de noirceur : « Je me suis posé mille questions. Comment défend-on un homme qui a commis pareil acte ? Quelle peut être la juste peine ? Existe-t-il une juste peine ? ».

« L’homme ordinaire qui a commis des choses épouvantables »

Fille de fonctionnaires et petite-fille de gardien de la paix, elle s’est engagée comme avocate sans plan de carrière défini avec « l’idée de ne pas choisir (ses) affaires mais de (se) rendre disponible, utile ». Sans sa robe, son « armure » qui l’a empêchée de vaciller, la jeune femme, gracile et d’un naturel enjoué, n’aurait sans doute jamais tenu le choc, livrée à la rude pression des médias et de l’opinion publique, horrifiée par celui que tous appellent « le monstre » : « Comme tout le monde, j’ai ma sensibilité, mes fragilités. Je me souviens d’avoir accepté de participer, à titre privé, à une maraude à la rencontre de femmes prostituées avec Médecins du monde. Je n’étais pas dans mon rôle habituel. Privée de mon filtre, j’ai été submergée par l’émotion. Je voulais aider toutes ces femmes, tout leur donner, sans discernement », raconte-t-elle de sa voix tranchante de mezzo-soprano.

Rien n’aura été facile dans cette affaire. Même l’écriture de ce livre ne parviendra pas à expulser de sa mémoire le souvenir de la grande carcasse filiforme de son client, de ses mains épaisses, de leur première rencontre au parloir et de la reconstitution macabre du meurtre dans la cave du pavillon familial. Posant ses limites, le visage impénétrable, le priant d’emblée de ne pas se plaindre de ses conditions de détention d’un cinglant « jamais, ni ce jour ni les suivants, je ne vous plaindrai », elle réussit pourtant à lui faire poser des mots sur l’indicible, à faire évoluer progressivement sa désinvolture apparente en gravité. « Si je n’avais pas perçu chez lui une once d’humanité, d’honnêteté, je n’y serais pas allée. Il n’a jamais fui, il ne s’est pas cherché d’excuses. Nous aurions pu chercher des explications plus loin dans son enfance. Il n’a jamais voulu creuser ce sillon-là. » En lui, elle perçoit « l’homme ordinaire qui a commis des choses épouvantables », décrit, en son temps, par Hannah Arendt dans sa thèse sur la banalité du mal.

« L’envie que la prison soit utile »

Persuadée qu’un homme « ne se réduit pas à son acte, aussi terrible soit-il », elle a plaidé avec panache pour une autre peine que la perpétuité, promesse, selon elle, « de désespoir programmé », réussissant, contre toute attente, à désarmer la cour. Laquelle a condamné son client à trente ans de réclusion. En évoquant le verdict, une lueur d’espoir se dessine sur son visage.

Au cours de ses années passées en milieu carcéral, elle a vu des hommes lourdement condamnés se redresser, tirer profit de leur sanction pénale et reprendre le chemin de « la communauté des hommes ». Redevenue directrice d’un établissement pénitentiaire en province, elle ressent plus que jamais « l’envie que la prison soit utile et pas seulement un lieu de relégation ». Véronique Sousset, qui a de nouveau lié son destin au service public, défend, dès qu’elle le peut, « l’honneur de la justice et de l’avocat », acceptant toutes les invitations à témoigner suscitées par cette publication. Dans les librairies, les séances de dédicace pour ce récit, qui a confirmé son goût de l’écriture, se transforment en moments d’échanges passionnés. Son timbre de voix enveloppant fait résonner ses mots clairs et méticuleusement pesés, auxquels elle attache une importance capitale, convaincue que « la violence surgit justement quand les mots manquent ».

Xavier Renard, correspondant régional à Tours

(1) Défense légitime, Éditions du Rouergue, 16 €.

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 14:43
Des manifestants tiennent des photos de détenus palestiniens lors d'un rassemblement à Ramallah, le 17 avril 2017 / AFP

Des manifestants tiennent des photos de détenus palestiniens lors d'un rassemblement à Ramallah, le 17 avril 2017 / AFP

Plus d'un millier de Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ont entamé lundi une grève de la faim collective, un mouvement de protestation inédit depuis des années lancé par Marwan Barghouthi, leader de la deuxième Intifada condamné à la perpétuité.

Cette grève de la faim vise à "mettre fin aux abus" de l'administration pénitentiaire, a indiqué Marwan Barghouthi, figure de la résistance palestinienne à l'occupation israélienne, dans une tribune envoyée au quotidien New York Times depuis sa prison de Hadarim, dans le nord d'Israël.

Ce mouvement de protestation faisait lundi la Une des médias palestiniens, tant la question des prisonniers incarcérés par l'Etat hébreu --actuellement 6.500-- est centrale pour les Palestiniens.

Depuis 1967 et l'occupation par l'armée israélienne des Territoires palestiniens, plus de 850.000 d'entre eux ont été emprisonnés par Israël, selon leurs dirigeants.

Ces dernières années, plusieurs Palestiniens se sont lancés dans des grèves de la faim individuelles pour protester contre des abus. Elles les ont mené au bord de la mort et se sont conclues par des accords sur leur libération. Certains ont toutefois été arrêtés de nouveau ensuite.

- 'Apartheid judiciaire' -

Ces initiatives individuelles ont suscité de vifs débats dans la société palestinienne, de nombreuses voix dénonçant des actes dangereux pour ceux qui les mènent et sans impact sur les conditions de l'ensemble des prisonniers.

Cette fois-ci, pour la première fois depuis des années, il a été décidé d'un mouvement collectif, pour porter "des demandes humanitaires prévues dans le droit international et reconnues comme faisant partie des droits de l'Homme", a indiqué à l'AFP Fedwa Barghouthi, l'épouse de Marwan Barghouthi, lors d'une manifestation à Ramallah.

Les prisonniers demandent entre autres des téléphones publics dans les prisons, des droits de visite élargis, la fin des "négligences médicales" et des mises à l'isolement, ainsi que l'accès à des chaînes télévisées et de la climatisation.

La présidence palestinienne a appelé le gouvernement israélien à répondre à ces demandes pour "la liberté et la dignité des prisonniers".

La dernière grève massive dans les prisons israéliennes remonte à février 2013, lorsque 3.000 Palestiniens avaient refusé de se nourrir, durant une journée, pour protester contre la mort en détention d'un des leurs.

Marwan Barghouthi, grand rival du président Mahmoud Abbas au sein de son parti du Fatah et régulièrement en tête dans les sondages sur une hypothétique présidentielle palestinienne, est à l'origine de ce mouvement, une "première" depuis son incarcération il y a 15 ans, selon son épouse.

"Les prisonniers palestiniens souffrent de torture, de traitements dégradants et inhumains et de négligence médicale, certains ont été tués en détention", a dénoncé dans sa tribune au New York Times celui qui avait été un des animateurs les plus emblématiques du soulèvement contre Israël entre 2000 et 2005.

Il a dénoncé "un apartheid judiciaire qui garantit une impunité pour les Israéliens ayant commis des crimes contre des Palestiniens et criminalise (...) la résistance palestinienne".

Environ 1.300 prisonniers participent au mouvement "et ce chiffre pourrait augmenter dans les heures à venir", a déclaré à l'AFP Issa Qaraqee, chargé de la question des prisonniers au sein de l'Autorité palestinienne. Le Club des prisonniers, l'ONG qui fait autorité dans les Territoires occupés sur la question des détenus a évoqué le chiffre de "1.500" grévistes.

Le porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne Assaf Librati a parlé d'"environ 1.100" détenus dans huit prisons israéliennes, évoquant "des mesures disciplinaires déjà prises". "L'administration pénitentiaire israélienne ne négocie pas", a-t-il prévenu.

- 'Journée des prisonniers' -

Selon le Club des prisonniers, "l'administration pénitentiaire a confisqué tous les biens qui se trouvaient dans les cellules des grévistes" et certains auraient été transférés vers d'autres prisons.

Cette grève de la faim illimitée est lancée à l'occasion de "la journée des prisonniers", observée chaque année par les Palestiniens depuis plus de 40 ans. A l'appel d'ONG, des différents partis et du gouvernement, des milliers de Palestiniens ont défilé dans différentes villes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Parmi les 6.500 Palestiniens actuellement détenus par Israël, figurent 62 femmes et 300 mineurs. Environ 500 d'entre eux sont sous le régime extra-judiciaire de la détention administrative qui permet une incarcération sans procès ni inculpation. Treize députés sont aussi emprisonnés.

Israël occupe les Territoires palestiniens comme la Cisjordanie depuis un demi-siècle. Les négociations de paix qui devaient aboutir à la création d'un Etat palestinien côtoyant l'Etat d'Israël sont au point mort.

afp

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 06:00
Lettre de soutien des évêques de France à la Guyane

Cher frère, cher Emmanuel,

Face au mouvement social que connaît La Guyane aujourd’hui, les évêques de France expriment leur inquiétude pour le peuple de Guyane. Dans un climat d’exaltation et de difficultés mélangées, l’unité du département semble aujourd’hui fragilisée par des débordements toujours possibles.

Au coeur des revendications se trouvent des thèmes cruciaux pour le bien-être de tous : la santé, l’éducation, la sécurité, l’économie, l’accès au foncier, la justice, l’habitat, la protection de la biodiversité et des ressources du sol de la mer et du sous-sol, les infrastructures, les relations de la Guyane avec le monde environnant (Amérique du Sud
et Caraïbes).
Que tout le peuple se lève est un signe fort à la fois de sa souffrance et de son désir de vivre. C’est un signe aussi de sa volonté de faire face, uni, à tous ces défis.

Les évêques de France tiennent à manifester leur soutien au peuple et à l’Eglise en Guyane.

Dans ce climat de tensions, ils expriment, à leur tour, leur profonde gratitude aux acteurs de dialogue et de paix.

Avec toi, ils prient enfin pour que le réveil de la Guyane soit un réveil qui ne mette pas de côté la dimension spirituelle de la vie.

Tu sais notre amitié fraternelle.

Tu peux compter sur ma prière.

Mgr Georges PONTIER
Archevêque de Marseille
Président de la Conférence des évêques de France

Lourdes, le 30 mars 2017

 

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Face au mouvement social que connaît La Guyane aujourd’hui, les évêques de France expriment leur espérance pour le peuple de Guyane. Face au mouvement social que connaît La Guyane aujourd’hui, les évêques de France expriment leur espérance pour le peuple de Guyane. Face au mouvement social que connaît La Guyane aujourd’hui, les évêques de France expriment leur espérance pour le peuple de Guyane.

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 12:34
Tous appelés à faire entendre la voix des frères exploités

Ce dimanche 8 février, en la mémoire liturgique de Sainte Joséphine Bakhita, une soeur soudanaise qui fut victime de la traite lorsqu’elle était enfant, l'Union des supérieures et supérieurs généraux des instituts religieux ont promu une initiative : la Journée de prière et de réflexion contre la Traite des personnes. A l’issue de la prière de l’Angélus, le Pape a encouragé « tous ceux qui agissent pour aider les hommes, les femmes et les enfants réduits à l'esclavage, abusés, exploités comme instruments de travail ou de plaisir et souvent torturés et mutilés ».

« J’espère, a affirmé François, que ceux qui ont des responsabilités de gouvernement s’engagent avec détermination à éliminer les causes de cette plaie honteuse et indigne d’une société civile ». Le Pape a rappelé que chacun doit se sentir impliqué pour porter la voix de ces « frères et sœurs humiliés dans leur dignité ». François a invité les fidèles à prier la Vierge pour ces hommes, femmes, enfants et pour leurs familles. Il a récité avec la foule un Ave Maria.

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 09:25
Pape François : « Etre aux côtés des pauvres, ce n'est pas du communisme, c'est l'Evangile »

Le Pape François a accueilli ce mardi au Vatican les participants à la Rencontre mondiale des Mouvements populaires organisée en ce début de semaine par le Conseil pontifical Justice et Paix, en collaboration avec l’Académie pontificale des Sciences Sociales. Paysans sans terre, vendeurs ambulants, mineurs, chômeurs, migrants, marginaux, locataires de bidonvilles, jeunes en situation de précarité, mais aussi évêques et agents de la pastorale étaient venus l’écouter et c’est un discours long et puissant que le Saint-Père leur a adressé, s’exprimant avec passion, en espagnol, sa langue maternelle, alternant l’espérance à la dénonciation.

Terre, logement et emploi

Etre aux côtés des pauvres, c’est l’Evangile, ce n’est pas le communisme, a-t-il lancé. Pour l’évêque de Rome, il y a trois dossiers prioritaires : la terre, le logement et l’emploi. Il est d’autre part urgent de revitaliser les démocraties prises en otage par de nombreux facteurs, de vaincre la faim et la guerre et de garantir la dignité de tous les êtres humains, surtout des plus pauvres et des marginaux. Fidèle à lui-même et à son engagement de toujours, le Pape François a souligné que la solidarité était aujourd’hui confrontée aux effets destructeurs de l’empire de l’argent. Ce n’est pas en apprivoisant les pauvres et en les rendant passifs et inoffensifs qu’on luttera contre le scandale de la pauvreté, a-t-il tonné s’insurgeant contre des stratégies hypocrites.

« L'amour des pauvres est au cœur de l’Evangile »

Terre, toit et travail. Le Pape François s’est demandé pourquoi quand il évoque ces questions, certains le prennent pour un communiste. Ils ne comprennent pas que l’amour des pauvres est au cœur de l’Evangile, que ces droits sacrés sont au cœur de la doctrine sociale de l’Eglise. Et de faire la liste des injustices qui blessent le monde : les paysans déracinés à cause des guerres et des catastrophes naturelles ; les millions de personnes qui souffrent de la faim alors que la spéculation financière fixe le prix des denrées alimentaires, comme s’il s’agissait d’une marchandise parmi d’autres ; ceux qui n’ont pas de logement dans les villes immenses, modernes, fières et orgueilleuses, où fleurissent les centres commerciaux, mais où une partie de la population est abandonnée dans les périphéries.

Ces derniers, a-t-il noté avec amertume, on les désigne par un euphémisme « sans domicile fixe » ; or souvent, les euphémismes cachent des délits. Mais la pire des pauvretés matérielles c’est le manque de travail. Les millions de jeunes chômeurs sont les victimes d’un système économique qui place le profit au-dessus des personnes, qui exploite la nature pour soutenir une consommation frénétique, qui doit parfois déclencher une guerre pour survivre.

« Le monde a oublié Dieu »

Que de souffrance, de destruction, de douleur partout. Le monde a oublié Dieu et s’est retrouvé orphelin. Le Pape François veut accompagner la lutte des mouvements populaires. Il faut, selon lui, construire des structures sociales qui proposent une alternative, promouvoir la culture de la rencontre contre les discriminations, favoriser la participation de toute la population, surmonter l’assistanat paternaliste. Il faut le faire avec courage, mais sans fanatisme, avec passion, mais sans violence. Les chrétiens peuvent s'appuyer sur le programme des béatitudes. Le Souverain pontife a confirmé qu’il préparait un Encyclique sur l’Ecologie. Les préoccupations des mouvements populaires y seront présentes, a-t-il assuré.

Et pour conclure cet appel : Qu’il n’y ait plus de familles sans toit, plus de paysans sans terre, plus de travailleurs sans droits, plus aucune personne privée de la dignité que confère le travail.

L’objectif de cette rencontre est de renforcer le réseau des organisations populaires, de favoriser la connaissance réciproque et de promouvoir la collaboration entre ces mouvements et les Eglises locales. Des évêques et des agents de la pastorale engagés dans la promotion et la protection des droits humains y participent. Dans un monde globalisé, marqué par de multiples discriminations et injustices, a expliqué le cardinal Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, les congressistes, veulent faire entendre la voix des sans-voix et donner de la visibilité à des millions d’exclus et de marginaux, en particulier les paysans, les jeunes, les immigrés et les femmes qui ont du mal à obtenir un travail digne, une terre ou un logement décent, et à toutes les victimes de l’indifférence et de l’égoïsme d’un système économique et social élitiste. Ils veulent construire une société plus juste et solidaire.

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 16:47
MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS À L'OCCASION DE LA 103e SESSION DE LA CONFÉRENCE DE L'ORGANISATION INTERNATIONALE DU TRAVAIL (OIT)

(GENÈVE, 28 MAI – 12 JUIN 2014)

A M. Guy Ryder Directeur général de l'Organisation internationale du travail

Au commencement de la création, Dieu a créé l'homme gardien de son œuvre, en le chargeant de la cultiver et de la protéger. Le travail humain fait partie de la création et poursuit le travail créateur de Dieu. Cette vérité nous conduit à considérer le travail à la fois comme un don et comme un devoir. En effet, le travail n'est pas simplement une marchandise, mais il possède sa propre dignité et sa valeur. Le Saint-Siège apprécie la contribution de l'oit à la défense de la dignité du travail humain dans le contexte du développement social et économique à travers la discussion et la coopération entre les gouvernements, les travailleurs et les employeurs. Ces efforts sont au service du bien commun de la famille humaine et promeuvent partout la dignité des travailleurs.

Cette conférence se réunit à un moment crucial dans l'histoire économique et sociale, qui présente des défis pour le monde entier. Le chômage est en train d'élargir de façon tragique les frontières de la pauvreté (cf. Discours à la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice, 25 mai 2013). Cela est particulièrement angoissant pour les jeunes chômeurs, qui peuvent trop facilement se démoraliser, en perdant la conscience de leur valeur et en se sentant mis en marge de la société. En s'engageant à accroître les opportunités de travail, nous affirmons la conviction qu'uniquement «dans le travail libre, créatif, participatif et solidaire, l'être humain exprime et accroît la dignité de sa vie» (Evangelii gaudium, n. 192).

Un autre grave problème, lié au précédent, que notre monde doit affronter est celui de la migration de masse: le nombre immense d'hommes et de femmes contraints à chercher du travail loin de leur patrie est un motif de préoccupation. Malgré leur espérance en un avenir meilleur, ils se heurtent fréquemment à l'incompréhension et l'exclusion sans oublier qu'ils font parfois l'expérience de tragédies et de désastres. Ayant affronté de tels sacrifices, ces hommes et femmes souvent ne parviennent pas à trouver un travail digne et deviennent victimes d'une certaine «mondialisation de l'indifférence». Leur situation les expose à de nouveaux dangers, tels que l'horreur de la traite des êtres humains, le travail forcé et la réduction en esclavage. Il est inacceptable que, dans notre monde, le travail fait par des esclaves soit devenu monnaie courante (cf. Message pour la Journée mondiale des migrants et des réfugiés, 5 août 2013). Cela ne peut pas continuer! La traite des êtres humains est une plaie, un crime contre toute l'humanité. Le moment est venu d'unir les forces et de travailler ensemble pour libérer les victimes de tels trafics et pour déraciner ce crime qui nous frappe tous, à commencer par les familles et jusqu'à l'ensemble de la communauté mondiale (cf. Discours aux nouveaux ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège, 12 décembre 2013).

Le moment est aussi venu de renforcer les formes existantes de coopération et d'établir des voies nouvelles pour accroître la solidarité. Cela exige: un engagement renouvelé en faveur de la dignité de toute personne; une application plus déterminée des normes internationales de travail; la planification pour un développement centré sur la personne humaine en tant que protagoniste central et principal bénéficiaire; une réévaluation des responsabilités des sociétés multinationales dans les pays où elles opèrent, en incluant les secteurs de la gestion du profit et de l'investissement; et un effort coordonné pour encourager les gouvernements à faciliter les déplacements des migrants pour le bien de tous, en éliminant de cette manière la traite des êtres humains et les conditions de voyage dangereuses. Une coopération efficace dans ces domaines sera notablement favorisée par la définition de futurs objectifs de développement durable. Comme j'en ai récemment fait part au secrétaire général et aux chefs exécutifs des Nations unies: «Les futurs objectifs du développement durable devraient donc être formulés avec générosité et courage, afin qu'ils arrivent effectivement à peser sur les causes structurelles de la pauvreté et de la faim, à obtenir des résultats plus substantiels en faveur de la préservation de l'environnement, à garantir un travail décent à tous et à offrir une protection adaptée à la famille, élément essentiel de tout développement économique et social durable».

Chers amis, la doctrine sociale de l'Eglise catholique est un soutien aux initiatives de l'oit, qui entendent promouvoir la dignité de la personne humaine et la noblesse du travail. Je vous encourage dans vos efforts pour affronter les défis du monde actuel, en restant fidèles à ces nobles objectifs. Dans le même temps, j'invoque la bénédiction de Dieu sur tout ce que vous faites pour défendre et renforcer la dignité du travail pour le bien commun de la famille humaine.

Du Vatican, le 22 mai 2014

FRANÇOIS

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 08:30
L'Église brésilienne critique l'organisation du Mondial

Les évêques du Brésil se plaignent, dans une brochure distribuée cette semaine à travers le pays, des milliards dépensés alors qu'une partie de la population n'a pas accès aux services de base.

À une semaine du Mondial, l'Église brésilienne sort un «carton rouge». Dans une brochure distribuée cette semaine dans toutes les paroisses du pays, la Conférence des évêques duBrésil se plaint des milliards dépensés à mauvais escient pour l'organisation de la Coupe du monde de football. «L'Église veut contribuer au débat public et dire son inquiétude face à l'inversion des priorités dans l'utilisation des fonds publics, qui devraient aller à la santé, à l'éducation, à la voirie, aux transports et à la sécurité», écrivent les évêques. Ces derniers reprochent notamment aux organisateurs d'avoir chassé plusieurs centaines de déshérités vivant à proximité des stades, d'ignorer les contraintes environnementales et de livrer le sport aux grandes sociétés.

L'épiscopat brésilien souhaite par ailleurs attirer l'attention des autorités sur les risques d'exploitation sexuelle encourus par de nombreux enfants à l'occasion du rendez-vous sportif, où sont attendus quelque 800.000 touristes étrangers. Or, à ce même moment, des milliers d'écoliers seront en vacances scolaires. Déjà, lors de la précédente Coupe du monde en 2010, la criminalité sexuelle avait bondi de 66 % en Afrique du Sud. Elle avait déjà augmenté de 28 % quatre ans plus tôt en Allemagne, soulève l'ONG Childhood Brasil. D'autant que l'exploitation sexuelle des mineurs est un problème endémique au Brésil. Chaque année, près de 250.000 enfants en sont les victimes, selon l'estimation de plusieurs associations de protection de l'enfance.

Une large partie de population partage l'opinion de l'Église et un vent de fronde souffle sur le pays à seulement quelques jours de la compétition. Jeudi, après les policiers et les professeurs, les employés du métro de Sao Paulo ont lancé une grève «illimitée». L'an passé, la coupe des confédérations en juin 2013, sorte de répétition avant la grand-messe du football, avait déjà été entachée par plusieurs manifestations. Cette semaine, la présidente Dilma Rousseff a annoncé qu'elles seraient à nouveau toléréés, «pour peu qu'elles soient pacifiques» et qu'elles «n'empêchent pas la libre circulation nécessaire au Mondial». Elle a également tenu à défendre l'organisation de l'événement. La majorité des investissements publics effectués depuis 2007 l'ont été «pour le Brésil», et pas pour le Mondial, a plaidé Dilma Rousseff.

Mais le succès de la Coupe du monde, estime pour sa part la Conférence des évêques, ne se mesurera pas à l'argent qu'elle va rapporter. «Une victoire pour tous ne sera possible que si certaines exigences fondamentales sont remplies.»

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