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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 12:33
 Francois Devaux, président de  La Parole Libérée, au tribunal de Lyon. / Romain Lafabregue/AFP

Francois Devaux, président de La Parole Libérée, au tribunal de Lyon. / Romain Lafabregue/AFP

Pour le magistrat Denis Salas (1), la justice des hommes vient rappeler à l’Église – à travers la condamnation du cardinal Barbarin – qu’elle est seule habilitée à instruire les affaires d’abus sexuels.
La Croix : Comment réagissez-vous à la condamnation de Philippe Barbarin ?
Denis Salas : Les juges ont fait une lecture divergente de celle du parquet, qui avait classé l’affaire sans suite en considérant que le cardinal n’avait pas eu « la volonté délibérée d’entraver la justice ». De son côté, le tribunal a considéré qu’en ne saisissant pas la justice, il avait pris le risque « d’empêcher la découverte d’autres victimes ». Au fond, pour le parquet, la non-dénonciation relevait de la faute morale là où, pour les juges, le délit pénal était constitué.
Je ne souhaite pas me positionner sur ce point, puisqu’il sera au cœur même du procès en appel. En revanche, le quantum de la peine – six mois avec sursis – me semble tout à fait conforme à la jurisprudence. Cette dernière va de trois mois de prison avec sursis, pour l’évêque de Lisieux en 2001, à huit mois avec sursis pour celui d’Orléans à l’automne 2018. La sanction à l’encontre du cardinal Barbarin, certes sévère, se situe donc dans cette échelle jurisprudentielle.
Voyez-vous dans ce jugement un message envoyé par la justice à l’Église ?
D. S. : La justice rappelle, et avec force, l’égalité de tous devant la loi. Mais pas seulement. Le juge vient aussi rappeler qu’il est le garant de la morale commune, sans laisser aucune autre institution se substituer à lui. Y compris l’Église.
Le message du tribunal est clair : ce n’est pas à l’Église d’apprécier la gravité des fautes commises par ses membres, ni de définir ce qui est prescrit et ce qui ne l’est pas. Si c’est aux autorités religieuses d’œuvrer pour la prévention au sein de l’institution, c’est à la justice des hommes de prendre en charge les victimes. Et certainement pas à l’Église, en interne, via ses tribunaux ecclésiastiques qui font peu de cas des victimes.
Que voulez-vous dire ?
D. S. : L’Église a une vision très rédemptrice de celui qui commet un péché. Elle a tout un discours en faveur de la réinsertion – qu’on peut d’ailleurs saluer – qui l’amène à se garder de tout jugement définitif envers ceux ayant fauté moralement ou pénalement. Or cette mansuétude vis-à-vis de la « brebis égarée » a, jusqu’à présent, empêché les tribunaux ecclésiastiques de placer les victimes au centre des débats et au cœur de leurs ­préoccupations.
Ce jugement témoigne-t-il d’une prise de conscience, dans la société tout entière, de la gravité des abus sexuels sur mineurs ?
D. S. : Je le crois. De nombreuses révélations – via des enquêtes, des ouvrages, des documentaires – ont récemment pointé du doigt les responsabilités de l’Église en la matière. Mais elle n’est clairement pas la seule dans le viseur des médias, du législateur ou de la justice. L’école l’a précédée, il y a quelques années. Nous sommes aussi en train de prendre toute la mesure du silence coupable des familles au sein desquelles de nombreux abus sexuels sont commis. C’est dans ce contexte plus global que s’explique le renforcement de l’arsenal pénal, notamment en matière de prescription, en la matière.

Recueilli par Marie Boëton

(1) Denis Salas est également président de l’Association française pour l’histoire de la justice.

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 06:27
Catholiques, Anglicans et Musulmans ensemble contre la traite humaine

Une initiative interreligieuse inédite lundi au Vatican : l’Eglise catholique, l’Eglise anglicane et l’université sunnite d’Al-Azhar se sont unies pour lutter contre « les formes modernes de l’esclavage et le trafic de personnes », qu’elles ont qualifiés de « crime contre l’humanité ».

Dans la matinée, les trois confessions ont signé ensemble un accord sans précédent : le « Global freedom network » a été négocié avec l’appui du Pape François, de l’archevêque de Canterbury Justin Welby et du grand imam d’Al-Azhar, Ahmed el-Tayeb. Les explications d’Antonino Galofaro

Du côté du Saint-Siège, le prélat argentin, Marcelo Sanchez Sorondo, qui dirige les Académies pontificales des sciences et des sciences sociales, a eu un rôle essentiel. Il a signé l'accord au nom de l'Eglise. A l'automne, Mgr Sanchez Sorondo avait organisé un séminaire de travail au Vatican en présence d'experts internationaux pour voir quelles ripostes concrètes pouvaient apporter l'Eglise et d'autres institutions aux réseaux de traite d'êtres humains.

Le texte signé ce lundi comprend un memorandum d'entente et une déclaration commune. La déclaration a mis en évidence « la violente capacité destructrice de l'esclavage moderne et de la traite des êtres humains, et a invité les autres Eglises chrétiennes et confessions religieuses dans le monde à intervenir». Le Global Freedom Network est une association ouverte et d'autres leaders spirituels seront appelés à adhérer à cette initiative et à la soutenir.

Un accord « dynamique »

« Historique », voire même « révolutionnaire », les adjectifs n’ont pas manqué pour décrire l’accord. Un accord « dynamique » sur un sujet qui devenait urgent, selon Mgr Sanchez Sorondo. « Le trafic humain est affaire de la criminalité, qui profite de l’absence de lois internationales concrètes, regrette le prélat. Nous devons avoir une réaction globale. Il faut convaincre la population que ces actes sont des crimes contre l’humanité. »

« Crime contre l’humanité », selon des mots du pape François, qui a condamné plusieurs fois « ce grave délit », cette « forme d’esclavage la plus répandue » de ce début de XXIème siècle. Le texte se traduit donc en action concrète.

« Pour les chrétiens, il s’agit de participer à une journée de prière, à des jeûnes, à un effort commun comme celui du Pape pour tenter d’éviter la guerre en Syrie, détaille Mgr Sanchez Sorondo. La finalité, c’est de faire prendre conscience du problème au G20 et au G8. »

Entre le Vatican et Al-Azhar, les relations se détendent

L’union de plusieurs confessions témoigne de l’importance de cette question. Mais la présence au Vatican d’un représentant d’Al-Azhar, la plus haute instance de l’islam sunnite, indique surtout que les relations entre les deux parties se sont détendues.

« Nous sommes contre le dialogue pour le dialogue, parler pour parler, répond Mahmoud Azab, conseiller du Grand imam d’Al-Azhar pour le dialogue. Nous devons traiter des vrais problèmes ensemble et essayer de poursuivre la réalisation des fruits de notre dialogue, sinon, c’est une perte de temps. »

« Qu’on définisse ensemble l’extrémisme pour que nous luttions ensemble contre l’extrémisme, poursuit Mahmoud Azab. Je ne suis pas d’accord avec l’injustice dans le monde, surtout en Orient. On profite de la pauvreté », dénonce-t-il encore.

Dans cette lutte, des laïcs se sont joints aux religieux. L’accord a été signé sous les auspices d’une fondation privée, la « Walk free foundation », fondée par un philanthrope et homme d’affaire australien.

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