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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 09:57
« Monsieur le curé fait sa crise » ou comment redonner du sens, le roman de Jean Mercier

En racontant l'étrange destin d'un curé de campagne, l'écrivain Jean Mercier choisit le ton de la fable pour répondre à une question que chacun d'entre nous se pose tôt ou tard : qu'ai-Je fait de ma vie ?

« Je suis nul, je suis incapable d'attirer les gens vers Dieu, je suis un imposteur. »

Celui qui s'exprime est l'abbé Bucquoy, héros du roman de Jean Mercier, Monsieur le curé fait sa crise. Preuve que les prêtres, qui sont censés nous indiquer le chemin à suivre, s'interrogent eux aussi sur le sens de leur vie. « Ce prêtre est confronté è l'image de ce qu'il aurait aimé être à 50 ans, et qu'il n'est pas », confirme l'auteur.

Les méandres de la vie

Que ceux qui n'ont pas la foi se rassurent, le roman de Jean Mercier n'est pas un prêchi-prêcha moralisateur, « C'est l'histoire d'un curé, mais ça pourrait être la crise du milieu de vie de chacun de nous : on ne sait plus trop à quoi on sert, pourquoi on est là, on est tenté de fuir. » Car c'est bien de cela qu'il s'agit, de cet instant de notre existence où l'on craint d'avoir fait fausse route ; celui où, face à un échec ou une épreuve, on est guetté par le découragement. « D'une maladie, d'un divorce, d'un licenciement, on ne sort pas indemne, poursuit l'auteur. L'idée, c'est qu'on peut traverser les épreuves et en faire une force pour rebondir. »

Jean Mercier, 52 ans, qui a quitté en 2006 l'agitation parisienne pour s'établir à Vernon, est bien placé pour savoir qu'une vie est un parcours aux méandres imprévus. Après une école de commerce, l'Edhec, il travaille à Londres dans la banque, puis à Paris dans l'édition, avant d'embrasser en 1992 la carrière de journaliste, Bientôt il devient protestant et mène de front des études de théologie pour devenir pasteur ! Au bout de dix ans, il retourne au catholicisme.

Crise de soi

Rédacteur en chef adjoint au magazine La Vie, Jean Mercier questionne sans cesse le rôle de l'Église. En témoigne son précédent ouvrage, « Célibat des prêtres, la discipline de l'Église doit-t ’elle changer ? ». Mais qu'on ne lui parle pas du déclin de la foi : « L'église ne s'en sort pas si mal, estime t’il. À Vernon, la messe du dimanche attire énormément de monde. Et aux JMJ de Cracovie, à 1 500 km d'ici, il y avait quand môme trente-cinq mille Jeunes Français : moi je dis chapeau I »

Avec « Monsieur le curé fait sa crise », chronique d'une paroisse de campaqne, Jean Mercier aborde pour la première fois la fiction. Plus qu'une satire à la Clochemerle, les tourments de l'abbé Bucquoy sont une fable sur le sens de la vie. Crise de soi* soi plutôt que crise de foi. « Ce roman raconte la difficulté de vivre par rapport à l'idéal que l'on s'est fixe, résume I'auteur, mais il ouvre un horizon, il offre un moment d'espérance dans un monde qui est tellement difficile, surtout depuis un an. »

Le livre est sorti en librairie le 25 août. Le père Jean-Marc Le Cam, curé de la paroisse de Vernon, a lu l'ouvrage en exclusivité, avant sa sortie. Alors ? « Il a trouvé ça très drôle. »

« Monsieur le curé fait sa crise, de Jean Mercier, aux éditions Quasar, 12 euros.

Le Démocrate Vernonnais

Jeudi 1er septembre 2016 page 16

www.ledemocratevernonnais.fr

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 19:48
Jean-Louis Debré, « Ce que je ne pouvais pas dire »

Jean-Louis Debré, président du Conseil Constitutionnel durant 9 ans (2007-2016), a tenu un journal personnel durant toute cette période au cours de laquelle il était lié par un strict devoir de réserve.

Il a choisi de publier son journal une fois son mandat terminé. C’est l’ouvrage « ce que je ne pouvais pas dire » chez Robert Laffont édité en avril 2016 (356 pages, 21 euros) que je suis en train de lire.

Cet ouvrage est un témoignage. Il n’est pas un programme politique. Il est truculent d’anecdotes, mais aussi d’érudition, loin de toute « langue de bois ». Il soulève la chape de fond des secrets de la cinquième république de cette période : c’est « passionnant » pour le lecteur quelles que soient ses idées politiques. J’ai choisi de vous faire découvrir cet ouvrage par un extrait (la page 121) qui relate la journée du 21 septembre 2012 :

« Brève plongée dans un monde que je ne connais pas : celui de la franc-maçonnerie. J'ai été convié par le grand maître de la grande Loge de France à présider, en compagnie de Régis Debray, le dîner annuel de cette obédience. J'ai hésité à accepter cette invitation inhabituelle. Je ne suis pas franc-maçon, mais le goût de la découverte a eu raison de mes hésitations.

Me voici rue de Puteaux, dans le 17e arrondissement, discourant devant un auditoire au sein duquel j'ai reconnu, surprise, des visages familiers et amis. J'ai choisi comme thème : « Le Conseil constitutionnel et la défense des libertés ». Je rappelle qu'il n'y a pas de nation sans « un rêve d'avenir partagé » et celui-ci ne peut devenir une réalité que si règnent la liberté et l'égalité pour permettre la fraternité.

« La petite dernière de la République », comme la qualifie Régis Debray, la « fraternité », est venue tardivement, en 1848, compléter dans notre devise républicaine les mots de « liberté » et d'« égalité » issus de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

Quand la « fraternité » s'efface ou disparaît, cela donne le second Empire avec « Liberté, ordre public » ou le régime de Vichy avec « Travail, famille, patrie ».

La République de 1848, que l’on évoque trop peu, a en quatre ans promu le suffrage universel masculin, aboli l'esclavage, supprimé la peine de mort pour les crimes politiques, proclamé le droit au travail et introduit la fraternité dans notre devise. Un bilan que beaucoup de nos dirigeants actuels pourraient lui envier. »

Pour commander le livre

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