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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 11:09
Les évêques d'Amérique centrale se mobilisent pour les migrants

Les évêques du Mexique, du Guatemala, du Salvador, du Honduras et du Nicaragua se réuniront du 28 au 30 janvier à Tapachula (Mexique) pour « discuter de la réalité toujours douloureuse de nombreux milliers de migrants provenant d’Amérique centrale qui, en traversant le Mexique, cherchent à parvenir aux États-Unis ». C’est ce que communique Mgr Felipe Arizmendi Esquivel, l’évêque de San Cristóbal de Las Casas, dans l'État mexicain du Chiapas, dans une note envoyée à l'agence Fides.

« Nous sommes peinés et préoccupés parce que les migrants sont exposés à de nombreuses humiliations en traversant notre pays : ils sont maltraités, font l’objet de chantages, parfois sont enlevés et contraints à travailler pour le compte des trafiquants de drogue. Un certain nombre d’entre eux est tué et nombre sont ceux qui ne parviennent pas à réaliser leur rêve » a déclaré Mgr Arizmendi lors d’une conférence de presse. « Nous sommes particulièrement préoccupés s’agissant du trafic de femmes qui sont violées et abandonnées lorsqu’elles sont enceintes ou qui sont utilisées pour des affaires louches » a-t-il souligné.

Cette rencontre des évêques d’Amérique centrale servira en vue « d’un échange d’informations sur la situation des migrations, mais surtout pour partager les efforts que nous faisons en tant qu’Eglise dans nos diocèses respectifs » a expliqué Mgr Aizmendi, qui a poursuivi : « Chaque jour, nous promouvons toujours davantage de centres pour les migrants, non seulement en fournissant nourriture et logement mais aussi assistance médicale et un lieu où se reposer et où trouver, en cas de besoin, un soutien légal. Nos services sont offerts non pas seulement aux catholiques mais à toutes les personnes, quels que soient leur credo, leur race et leur nationalité. Nous sommes des frères et nous partageons le peu que nous avons. »

Les catholiques mobilisés pour l'assistance aux migrants sont nombreux, notamment au Mexique autour des voies de chemin de fer sur lesquelles transitent des trains chargés d'hommes et de femmes partis tenter leur chance vers les États-Unis, en quête de travail et d'une plus grande sécurité.

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 07:50
Dimanche 18 janvier 2015 Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié : « Eglise sans frontières. Mère de tous »

Dimanche 18 janvier 2015, L'Eglise Catholique célèbre la 101ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié, avec comme thème « Eglise sans frontières. Mère de tous ».

Dans son message pour cette journée, le Pape François rappelle qu' « à la mondialisation du phénomène migratoire, il faut répondre par la mondialisation de la charité et de la coopération, de manière à humaniser les conditions des migrants ». Il souligne l'importance des migrants et réfugiés : « Vous avez une place spéciale dans le cœur de l'Eglise, et vous l'aidez à élargir les dimensions de son cœur pour manifester sa maternité envers la famille humaine tout entière ».

« Seule une Église "en sortie" vers les périphéries humaines, seule une Église aux portes ouvertes, où tous ceux qui le veulent trouvent leur place, pourra devenir et être véritablement la maison ouverte d'un Dieu qui est Père et Mère et qui voit en chacun non pas un étranger ou un hôte, mais un fils et une fille bien aimés ».

Site Internet : http://migrations.catholique.fr

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 16:21
7ème congrès mondial de la Pastorale des migrants : le souci des femmes et des jeunes

Coopération et développement dans la pastorale des migrations” : c'est le thème du VIIe Congrès mondial de la pastorale des migrants, organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement. Parmi les sujets à l'ordre du jour: la migration économique des femmes et des jeunes.

L’événement rassemblera près de 300 experts de 95 pays des cinq continents. Il se tient actuellement à Rome, à l'Université pontificale urbanienne, du 17 au 21 novembre 2014.

Le congrès a pour objectif de « formuler des réponses adéquates au phénomène de la migration économique » et de « promouvoir le potentiel social des migrants pour l’Église et la société entière », en insistant sur « leurs droits et leur identité afin de garantir leur dignité », indique un communiqué du dicastère.

Selon des chiffres de 2013, le phénomène des migrations concerne 232 millions de personnes dans le monde, parmi lesquelles 59% (136 millions) dans des régions développées et 41% (96 millions) dans des régions en voie de développement.

Les participants se penchent notamment sur « la réalité de la migration féminine », qui représente près de 50% de la population migrante : « les femmes aujourd'hui sont protagonistes : elles ne se déplacent plus seulement pour le regroupement familial mais elles partent de plus en plus à la recherche de meilleures conditions de vie ».

Les « problèmes et les potentialités » liées à la migration des jeunes sont aussi étudiés : « de plus en plus de jeunes s'éloignent de chez eux pour trouver du travail et arrivent dans des pays d'accueil avec toutes leurs fragilités et leurs attentes ».

Parmi les autres thèmes traités lors de la rencontre : les migrants comme « partenaires dans le développement et dans la promotion de la dignité humaine », l’accompagnement pastoral de la famille migrante comme « source de culture de la vie ».

La note souligne « la contribution positive de la diaspora » : « Les migrants tissent un réseau important d'échange culturel entre différents pays ; ils se déplacent de par le monde chargés de bagages de connaissances et de traditions méconnus des peuples des territoires où ils abordent. Le Congrès veut être une occasion de mettre en évidence les potentialités de cet enchevêtrement de cultures, afin de trouver les stratégies d'une collaboration entre les parties impliquées. »

Les travaux seront introduits par le cardinal Antonio Maria Veglio (Italie), président du dicastère et se concluront par une audience avec le pape François. Parmi les intervenants : Mgr Joseph Kalathiparambil (Inde), secrétaire du Conseil pontifical, le P. Gabriele F. Bentoglio (Italie), sous-secrétaire, le cardinal philippin Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, le cardinal Manuel Monteiro de Castro (Portugal), pénitencier majeur émérite, Mgr Mario Toso (Italie), secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix, le cardinal Béchara Boutros Raï (Liban), patriarche d'Antioche des Maronites, Mgr Barthélemy Adoukonou (Bénin), secrétaire du Conseil pontifical pour la culture et de nombreux laïcs du monde entier engagés au service des migrants.

Anne Kurian

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 08:18
Réflexion des évêques suisses pour la fête nationale

Après les référendums récents « contre une immigration de masse » et autres sujets délicats, comme des mouvements xénophobes contre les travailleurs frontaliers, les évêques suisses proposent une réflexion sur ce qui fait l’identité du pays, sur le rapport à l’étranger et sur comment leurs concitoyens construisent le « vivre ensemble ». Ils mettent en garde contre les « étrangers invisibles ».

Proposé par les évêques suisses à leurs concitoyens, le texte de Mgr Pier Giacomo Grampa (photo), évêque émérite de Lugano, rappelle « l’identité du peuple suisse », composée depuis toujours de langues, confessions, cultures et traditions différentes. En Suisse, nation « par volonté », se rencontrent des cultures variées : libérale, socialiste, réformée, catholique, urbaine et agraire. Les valeurs chrétiennes continuent de rester ancrées dans le peuple suisse. Mgr Grampa invite à les réactualiser: « Il faut les interpréter, en assumer la signification profonde pour l’aujourd’hui, les concrétiser surtout. »

Il importe de ne pas aborder la question de l’identité suisse naïvement. Il faut véritablement prendre au sérieux les craintes exprimées par une partie de la population, car « nier la peur revient à nier la réalité. » La manière la plus appropriée pour s’affranchir de cette peur est de faire un pas vers l’autre, à la rencontre d’une personne qu’on ne connaît pas. Dans ce cas, l’étranger. Si la volonté de connaître l’autre prime sur d’autres considérations, une perspective nouvelle s’ouvre.

La finance et les organisations criminelles, étrangers invisibles

Ceci dit, il existe des « étrangers » qu’il faut craindre : « Ce sont les étrangers « invisibles », sans visage. Il est impossible de les rencontrer, et cependant ils menacent réellement la coexistence. Ce sont des sociétés internationales de la finance qui court-circuitent des pans entiers du système économique par le seul transfert de richesses, sans pour autant en créer. Ce sont des organisations criminelles, qui recyclent de l’argent … moyennant le marché financier. » Il est vrai que ce type d’étranger ne forme pas de bouchon sur l’autoroute ni ne vole dans les maisons mais « il nous subjugue de façon plus pénétrante et sournoise, en nous dérobant la conscience et la culture. »

En proposant cette réflexion sur l’identité et la culture suisse, les évêques suisses souhaitent un heureux 1er août à tous leurs concitoyens.

Des questions de société en commun

« La Suisse n’a pas d’armée, explique le P. Antoine Sondag, Directeur du Service Nationale de la Mission Universelle de l’Eglise. Ce sont des citoyens en armes qui défendent le pays ». Certains cantons font un feu d’artifice. Les enfants des écoles défilent en portant un lumignon. On se rassemble souvent, le soir, sur la place du chef-lieu pour écouter le « chef du canton » tenir un discours sur les valeurs, l’identité de la Suisse, « une sorte d’homélie laïque ». Il ajoute : « Le texte des évêques de Suisse peut être lu par un Français qui en fait son sujet de réflexion… Identité, étranger, peur, valeurs, vivre ensemble : autant de thèmes débattus (souvent mal) en France au moins autant qu’en Suisse ».

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 08:27
Asile, immigration: le gouvernement dévoile ses projets de réforme

Le gouvernement présente mercredi en Conseil des ministres deux projets de loi, un sur l'asile, l'autre sur l'immigration, qui pourraient lui valoir des attaques à droite et suscitent déjà des critiques dans le milieu associatif.

Cette première réforme significative sur le droit des étrangers depuis l'élection de François Hollande à la présidence est défendue par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Elle a toutefois été préparée par son prédécesseur Manuel Valls dont elle porte la marque, avec un subtil dosage de mesures contraignantes et d'autres plus généreuses.

Larges concertations, rapports parlementaires, reports à plusieurs reprises de textes qui sortent finalement en plein été: tout a été fait pour "apaiser le débat", selon les termes du Premier ministre.

La Place Beauvau se méfie en effet des "risques d'instrumentalisation" et espère réussir une "synthèse républicaine". "On a voulu apporter des solutions à des problèmes concrets, et non se cantonner aux positions de principe", explique une source.

Premier problème identifié: l'engorgement du système d'asile. Depuis sept ans, le nombre des demandeurs a presque doublé, pour atteindre plus de 66.000 dossiers en 2013.

Les structures d'hébergement sont totalement saturées et la moitié des demandeurs doivent se débrouiller par leurs propres moyens, ce qui aboutit à l'ouverture de squats dans certaines régions (Lyon, Grenoble...).

De plus, le traitement des demandes prend deux ans en moyenne, ce qui complique l'expulsion des déboutés, comme l'a rappelé l'exemple de Leonarda Dibrani.

Le premier objectif de la réforme est donc de raccourcir les délais de traitement pour les ramener à neuf mois en procédure normale, à l'horizon 2017.

Pour ce faire, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) bénéficieront de "recrutements supplémentaires". L'Ofpra, qui instruit les demandes, pourra placer en "procédure accélérée" les dossiers qui lui semblent abusifs. La CNDA devra juger les recours en cinq mois, contre huit aujourd'hui.

Sur l'hébergement, le projet de loi prévoit de répartir les demandeurs sur l'ensemble du territoire et de supprimer les allocations aux étrangers qui refuseraient de se rendre dans un lieu donné, ou qui l'abandonneraient.

Le projet de loi sur l'immigration s'attaque à d'autres dysfonctionnements. Malgré la volonté affichée par l'ex-président Nicolas Sarkozy de substituer une "immigration choisie" à une immigration "subie", la France attire peu de professionnels qualifiés parmi les 200.000 étrangers hors Union européenne qu'elle accueille légalement chaque année.

Le gouvernement propose donc de créer un nouveau titre de séjour, le "passeport talents" valable quatre ans, qui remplacera le maquis des titres existants (carte bleue européenne, titre scientifique, artiste...) et simplifiera la vie des bénéficiaires et de leur famille.

Autre problème: l'obligation de renouveler son titre de séjour tous les ans crée d'immenses files d'attente en préfecture et complique le quotidien des étrangers. Puisque 99% des demandes de renouvellement sont acceptées, le ministère de l'Intérieur suggère de délivrer automatiquement une carte de séjour allant de deux à quatre ans après le premier titre de un an.

Mais ce titre pluriannuel ne sera délivré que si l'étranger a bien suivi ses cours de français. Et la délivrance d'une carte de résident après les cinq premières années sera conditionnée à la capacité à lire et à comprendre des textes simples.

Ce "parcours d'intégration" a suscité des grincements de dents chez les défenseurs des étrangers, d'autant que le gouvernement ne revient pas sur la loi dite Besson de 2011, très décriée à l'époque dans les rangs socialistes car elle avait reculé l'intervention du juge judiciaire lors du placement en rétention de sans-papiers.

Le projet de loi reste "marqué par l'obsession de la lutte contre l'immigration irrégulière et l'injonction à +l'intégration+ et n'apporte pas de progrès substantiels sur le terrain des droits fondamentaux", tacle le Gisti. Au diapason, la Cimade estime que le gouvernement a fait le choix de "la continuité dans la répression" par rapport aux précédents exécutifs.

La droite tique davantage sur les titres pluriannuels et sur le fait que l'assignation à résidence soit préférée au placement en rétention avant d'éloigner un sans-papiers.

Pour éviter "un feuilleton", le ministre de l'Intérieur souhaite désormais que les deux textes soient examinés "dans la même séquence parlementaire". La date n'est pas encore fixée, mais cet examen ne devrait pas intervenir avant l'automne.

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 16:34
Un an après sa visite à Lampedusa, le Pape appelle à plus de générosité dans l’aide aux réfugiés

Le pape François exhorte l’Europe à être « plus courageuse et généreuse dans le secours aux réfugiés ». Un appel lancé, dans un message qui a été lu samedi soir par l’archevêque d’Agrigente, Mgr Francesco Montenegro, un an après la visite du Saint-Père sur l’île italienne de Lampedusa, le 8 juillet 2013. Un an après, déplore le Pape, « le problème de l'immigration est en train de s'aggraver et d'autres tragédies se sont malheureusement succédées à un rythme rapide ». « Notre cœur a du mal à supporter la mort de nos frères et sœurs qui affrontent des voyages exténuants pour fuir les drames, la pauvreté, les guerres, les conflits, souvent liés aux politiques internationales ».

Tout comme il l’avait fait il y a un an, le Pape exprime à nouveau sa douleur face à ces tragédies, « je me rends une fois de plus spirituellement au large de la mer Méditerranée pour pleurer avec ceux qui éprouvent de la douleur et pour prier pour les femmes, les hommes et les enfants victimes d'un drame qui semble sans fin ». La question de l’immigration, a poursuivi le Pape doit être affrontée « non pas avec la logique de l'indifférence mais avec la logique de l'hospitalité et du partage afin de protéger et de promouvoir la dignité de chaque être humain ».

Le Saint-Père encourage donc les communautés chrétiennes et toutes les personnes de bonne volonté à « continuer à être attentives à ceux qui sont dans le besoin pour leur tendre la main, sans calcul, sans peur, avec tendresse et compréhension ». Et dans le même temps, il dit espérer que « les institutions compétentes, en particulier au niveau européen, soient plus courageuses et généreuses dans le secours aux réfugiés ».

Une messe célèbrée par Mgr Veglio à Lampedusa

Ce dimanche, le cardinal Vegliò est présent à Lampedusa à l’occasion du premier anniversaire de la visite du Pape François sur l’île sicilienne, toujours confrontée à un afflux massif de réfugiés, victimes de la « mondialisation de l’indifférence » et de la « culture du rebut ». Des manifestations commémoratives, dont une messe ce dimanche ont été organisées par l’archidiocèse d’Agrigente, pour évoquer le voyage historique du Souverain Pontife, mais aussi en mémoire des milliers de naufragés et pour réfléchir sur le rôle de Lampedusa au cœur de la Méditerranée.

Dans les colonnes de l’Osservatore romano, le président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement a invité à un changement des mentalités et à une culture de l’accueil et de la solidarité, pour éviter que tant de pauvres et de désespérés continuent à mourir en poursuivant le rêve d’une vie meilleure.

Ces jours derniers, des milliers de migrants ont été secourus au large du littoral sicilien. Parmi eux des mineurs, souvent seuls. L’instabilité de la Libye, de la Syrie, et de l’Egypte, constate pour sa part le quotidien français Ouest-France, fournit une source inextinguible de chair humaine pour les trafiquants sans scrupules. La population locale a même fait des chaînes humaines dans l’eau pour sauver des vies. Mais les Siciliens demandent de l’aide tandis que l’Etat italien souligne que l’urgence dépasse ses seules compétences. Une réponse européenne est nécessaire.

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 10:11
En Italie, les opérations « Mare Nostrum » se poursuivent

Près de 5 500 migrants ont été secourus par la marine italienne ce week-end, dans le cadre de l’opération « Mare Nostrum ».

Si elle permet de sauver des milliers de vies, l’opération ne résout pas le problème de l’accueil des migrants, et l’Italie dénonce un système à bout de souffle.

« Mare Nostrum », voilà le nom de la plus grande opération de sauvetage de ces dernières années. Lancée à l’octobre 2013 après le drame de Lampedusa, cette opération à la fois militaire et humanitaire doit permettre de secourir les migrants qui tentent de traverser la Méditerranée.

5 500 MIGRANTS SECOURUS EN UN WEEK-END

Ce week-end, plus de 5 000 réfugiés ont été ainsi secourus en Méditerranée par la marine italienne. Trois navires militaires et deux cargos commerciaux, transportant au total près de 5 500 personnes, sont attendus dans les ports du sud de l’Italie.

Une trentaine de cadavres ont aussi été découverts sur une embarcation, dimanche 29 juin. Les causes des décès sont « probablement l’asphyxie et la noyade », a affirmé un communiqué militaire.

Coincés dans un espace très restreint, les migrants pourraient avoir trouvé la mort car l’embarcation de fortune, qui transportait près de 600 personnes, a pris l’eau.

PLUS DE 60 000 PERSONNES EN 6 MOIS

Depuis le début de l’année, plus de 60 000 migrants et réfugiés fuyant des pays en guerre sont arrivés sur les côtes italiennes. Le record de l’année 2011, où 63 000 migrants avaient rejoint l’Italie, en raison notamment des violences des Printemps arabes, pourrait donc être battu.

Selon les experts, l’opération « Mare Nostrum » a aussi un effet d’appel. Les navires militaires italiens vont en effet de plus en plus loin au large, se rapprochant des côtes libyennes, ce qui alimente le flux des départs.

UN BESOIN DE SOLIDARITÉ EUROPÉENNE

La météo favorable et l’insécurité grandissante dans les pays du nord-est de l’Afrique et du Moyen-Orient favorisent le départ de migrants depuis la Libye. Pour faire face à la situation, l’Italie a obtenu un renforcement de Frontex, l’agence de surveillance des frontières européennes, et des aides supplémentaires.

Mais Rome souhaiterait désormais que l’opération « Mare Nostrum » prenne une dimension européenne, et que les pays du nord de l’Union soient plus solidaires dans l’accueil des immigrés. L’Italie est en effet à la limite de ses capacités d’hébergement, notamment en Sicile.

La Croix (avec AFP)

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 20:50
Le prêtre Gérard Riffard, hébergeur de demandeurs d’asile devant la justice

Depuis de nombreuses années, le père Gérard Riffard héberge dans l’église de Montreynaud, à Saint-Etienne, des demandeurs d’asile en attente d’une nouvelle vie. Une situation qui a amené ce prêtre à la retraite devant la Justice. Ce mercredi, à l’issue de son audience devant le tribunal de police, le ministère public a requis une amende de 11 950 euros. Plus de 200 personnes sont venues le soutenir.

Vue de l’extérieur, la petite église Sainte-Claire ne paie pas de mine. Avec son toit pentu et sa chair de béton, elle conserve le charme désuet des années 1970. Le modeste lieu de culte n’est pourtant pas anodin. Né il y a quarante ans avec la ZUP stéphanoise de Montreynaud, il sert actuellement d’accueil provisoire à quarante adultes et douze enfants. Tous africains et demandeurs d’asile.

« Je suis comme Abraham, père d’une multitude »

Petit gabarit en bras de chemise, le père Gérard Riffard est la figure animatrice de cette petite communauté autogérée. La tâche est lourde pour ce retraité qui vit d’une pension de 700 euros, mais il est porté par le « désir de servir » :

« Je suis comme Abraham, père d’une multitude », plaisante le prêtre catholique.

A bientôt 70 ans, l’ancien curé de Montreynaud préside Anticyclone, une association qui a pour vocation d’accueillir et d’accompagner les demandeurs d’asile. Au fil des années, il a fait de l’église Sainte-Claire -située juste en face du bureau de police du quartier- un toit pour ces migrants démunis en attente d’une nouvelle vie.

Une situation qui ferait aujourd’hui de cet homme de foi un hors-la-loi. Car à l’été 2012, suite à une visite de la commission municipale de sécurité, les services de la mairie ont pris un arrêté interdisant toute activité d’hébergement au sein de l’église ; avant de saisir la justice pour non respect de cet arrêté.

Lors de l’audience qui s’est tenue ce mercredi 11 juin au tribunal de police de Saint-Etienne, le procureur de la République a requis une amende de 11 950 euros et le jugement a été mis en délibéré au 10 septembre.

« Notre ville est arrivée à saturation »

Les poursuites à l’encontre du père Riffard se basent sur des raisons sanitaires et de sécurité. Marie-Christine Buffard, adjointe en charge des affaires juridiques, plaide pour sa mairie :

« Imaginez une seule seconde qu’un incendie se déclare. La responsabilité de la mairie pourrait être mise en cause dans la mesure où nous avions connaissance de la situation ».

« Le danger, est-il dans notre salle ou est-il dans la rue ? », interroge de son côté le père Riffard qui assure faire le maximum pour respecter les règles de sécurité.

Pour Marie-Christine Buffard, d’autres solutions doivent être mises en œuvre :

« Lorsqu’un demandeur d’asile arrive en France, il est logé par la préfecture pour le compte de l’Etat, précise-t-elle. S’il n’y a plus de places -ce qui est le cas à Saint-Etienne-, il faut en chercher dans les villes qui ont encore des capacités d’hébergement. C’est une charge sociale qui doit se répartir sur l’ensemble du territoire. Notre ville est arrivée à saturation. »

« On va faire quoi de ceux qui arrivent ? »

Le père Riffard a accueilli les premiers demandeurs d’asile dans son modeste appartement. Mais, face à la nécessité, il a ouvert il y a sept ans l’annexe de l’église puis la petite chapelle où s’alignent aujourd’hui des rangées de matelas.

« Nous ne sommes pas une structure d’hébergement mais un abri le temps qu’on leur trouve un toit, se défend le prêtre. Les centres d’hébergement sont pleins. De fait, ceux qui arrivent sont laissés dehors. »

Peu après la visite de la commission de sécurité, la préfète de la Loire, Fabienne Buccio, a décidé de reloger 75 personnes accueillies à l’église Sainte-Claire en Ardèche et à Roanne. Mais cela n’a fait que résoudre temporairement le problème.

« Je ne me suis pas engagé à ne pas accueillir d’autres demandeurs parce que ce n’était pas possible, se justifie le père Riffard. On va faire quoi de ceux qui arrivent ? »

Soupçonné d’organiser des filières

République démocratique du Congo, Angola, Nigéria, Guinée, Cameroun, Côte d’Ivoire… Les origines des demandeurs d’asile sont multiples. Ceux-ci sont généralement envoyés par d’autres associations ou les services sociaux.

« La préfète pense que nous incitons les gens à venir, déplore le prêtre. En septembre dernier, nous avons été convoqués par la police. J’ai été interrogé pendant cinq heures. Ils me soupçonnaient d’organiser des filières. C’est me donner une importance que je n’ai pas. »

Gérard Riffard estime jouer un rôle de suppléant dans un contexte où l’Etat n’est plus en mesure d’accomplir pleinement sa mission.

« Au lieu de nous embêter, il vaudrait mieux que l’on nous aide, clame-t-il. Notre objectif n’était certainement pas de contrevenir à la loi. Mais nous arrivions à une situation dans laquelle le droit vient en contradiction avec quelque chose de beaucoup plus fort qui est le respect de l’être humain. »

Droit du demandeur d’asile : qui est en infraction ?

Calme et déterminé, le père Riffard n’entend pas renoncer : « Dans une épreuve, soit on se couche, soit on reste debout, résume-t-il. La foi me permet de rester debout. »

Le prêtre et l’association Anticyclone ont déjà reçu de multiples soutiens, à commencer par celui de l’évêque de Saint-Etienne, Dominique Lebrun, ainsi que de nombreux partis et associations dont la Ligue des droits de l’homme.

Marc Urhy, directeur régional de la fondation Abbé Pierre, est atterré :

« C’est donc une longue chaîne de violations des droits individuels par les institutions sensées les protéger, que le geste de solidarité de Gérard Riffard vient répondre. A minima, le Procureur de la République pourrait demander autant de comptes à la préfecture, sur la formation d’une situation jugée insatisfaisante, qu’au citoyen qui visait à restaurer l’ordre public. »

Le Réseau éducation sans frontières fait actuellement circuler une pétition qui aurait déjà recueilli 1 500 signatures. Gérard Riffard et les demandeurs d’asile qu’il héberge, eux, attendent patiemment le 10 septembre prochain.

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 05:15
Communiqué de Jean-Paul JAEGER, Evêque d’Arras, suite aux expulsions des migrants

Qu’on le veuille ou non, des images font honte ! A ceux qui n’ont rien, la force vient enlever même ce qu’ils n’ont pas. Une fois de plus, les refuges de fortune dressés par les migrants aux abords du port de Calais ont été démantelés et leurs occupants dispersés. Ils étaient insalubres : personne ne prétendra le contraire ! Ils étaient devenus le repère de la gale, ce n’est pas une surprise. Les migrants rassemblés constituent une proie facile pour des exploiteurs sans scrupules. La misère n’est pas perdue pour tout le monde.

Le scandale n’est pas fondamentalement dans la démolition de ces camps improvisés, mais dans les raisons de leur apparition. Jusques à quand se poursuivra sur nos rivages un déni d’humanité qu’une sournoise indifférence s’efforce de cacher ? Il n’y a pas des migrants dont l’errance gêne et dérange. Chacun d’entre eux a un visage, porte une histoire, crie une souffrance, fuit une détresse, redoute une persécution. Aucun être humain ne se coupe de son pays, de sa famille, de sa culture, de sa dignité sans y être poussé par d’impérieux motifs. D’autres êtres humains peuvent-ils à leur égard demeurer sourds et aveugles ?

Il n’appartient pas aux seuls Calaisiens, aux seuls Français, d’assumer les conséquences de décisions politiques anciennes ou récentes qui défient le bon sens. Les pouvoirs nationaux, européens et mondiaux ont, un jour, sollicité le droit et l’honneur de gouverner leurs semblables. Ils ne peuvent pas se dérober à la lourde responsabilité de gérer ensemble le délicat problème des migrations et des causes qui les engendrent.

La difficile recherche de solutions concertées et durables ne saurait justifier la mise entre parenthèses de la grandeur et de la valeur de chaque être humain. Il n’est pas davantage acceptable d’abandonner à des bénévoles plus merveilleux les uns que les autres la sauvegarde du minimum de respect qui est dû à chaque membre de la famille humaine quelles que soient ses origines, son appartenance, sa langue et sa culture. Un abri, l’hygiène, les soins, un simple repas : est-ce déjà trop demander ?

Les récentes consultations électorales ont souligné les énormes défis que doit relever notre communauté nationale. Elle ne le fera qu’en retrouvant les valeurs susceptibles de reconstituer le tissu d’un vouloir-vivre commun trop abîmé. La solidarité au-delà des frontières a toujours renforcé l’unité à l’intérieur de notre pays. Le véritable service du frère n’appauvrit pas. Il ajoute toujours un surcroit d’humanité. Nous en avons bien besoin.

28 mai 2014

+ Jean-Paul JAEGER

Evêque d’Arras

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 17:35
Exilés de Calais, la santé méprisée : Lettre ouverte à Manuel Valls

Lettre ouverte à Monsieur Manuel VALLS

Premier Ministre

Copies à : Monsieur Bernard CAZENEUVE, Ministre de l'Intérieur

Madame Marisol TOURAINE, Ministre des affaires sociales et de la Santé

Objet : Exilés de Calais, la santé méprisée.

Monsieur le Premier Ministre,

La situation à Calais se détériore dans un silence assourdissant. Environ 700 personnes étrangères, pour la plupart d’origine syrienne, afghane, érythréenne, fuyant des conflits, des violences et des persécutions sont installées dans la ville. Parmi elles, quelque 550 ont aménagé des camps de fortune sur le port de Calais et aux alentours, ayant demandé l’asile en France ou attendant de passer en Angleterre.

Ils vivent dans des conditions sanitaires catastrophiques qui ont favorisé le développement d’une épidémie de gale. Bien que nous ayons alerté de manière répétée les pouvoirs publics sur les enjeux de santé publique que représente cette situation, aucune réponse correcte n’a à ce jour été apportée.

Le mercredi 21 mai, les associations apprennent avec stupéfaction la décision prise par les services de la Préfecture d’Arras : associer dans un même temps une prise en charge médicale et l’expulsion des terrains sur lesquels les exilés ont trouvé refuge depuis plusieurs semaines. Ceci sans concertation avec les associations, et sans l’accompagnement social des personnes concernées prévus par la circulaire du 26 août 2012. Mais surtout, pour la grande majorité des personnes, sans qu’aucune solution alternative de mise à l’abri ne leur soit proposée.

Nous pouvons anticiper les effets de cette expulsion, prévue le mercredi 28 mai : prise en charge médicale inappropriée, errance des personnes dans la ville de Calais, contrôles policiers quotidiens, violences, désespoir et prise de risques croissante pour tenter un passage vers le Royaume-Uni qui, depuis le début de l’année, ont déjà causé la mort de plusieurs exilés... Et certainement pas la disparition des exilés sur le territoire du Calaisis, qui restera un point de passage vers le Royaume-Uni, les expériences précédentes de destruction et de fermeture l’ont démontré (Sangatte en 2002, Jungle pachtoun en 2009).

Nous savons donc que cette politique irrespectueuse de la dignité des personnes n’apportera aucune solution.

Nous vous demandons de mettre en place un dispositif d'urgence adapté pour répondre à la situation sanitaire des exilés de Calais et que la France réponde à son devoir de protection. Comme vous l’avez affirmé lors de la table ronde qui s’est tenue le 12 décembre 2013 à Calais, des solutions peuvent être apportées à cette situation.

Monsieur le Premier Ministre, engagez une concertation, donnez les autorisations et les moyens de soigner correctement et de protéger les personnes, conformément aux engagements de la France en matière d'accueil des exilés.

Liste des associations signataires :

Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture de Calais, Amnesty International, Fédération Entraide Protestante, Fondation Abbé Pierre, France Terre d’Asile, L’Auberge des Migrants, La Cimade, Salam NpdC, Médecins du Monde, Secours Catholique.

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