Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 23:41
Parwana a passé plus de trois mois avec sa famille dans le camp de Moria, en Grèce. Elle a raconté son quotidien dans des "lettres au monde" publiées sur internet et bientôt dans un livre. Crédit : Judith Büthe

Parwana a passé plus de trois mois avec sa famille dans le camp de Moria, en Grèce. Elle a raconté son quotidien dans des "lettres au monde" publiées sur internet et bientôt dans un livre. Crédit : Judith Büthe

Parwana Amiri, 16 ans, vit aujourd'hui dans le camp de Ritsona, au nord d’Athènes, avec sa famille. Arrivés en Grèce en septembre 2019, ils ont vécu pendant plusieurs mois dans le camp surpeuplé de Moria. Révoltée par les conditions de vie qui y régnaient, l’adolescente a raconté son quotidien dans des "lettres au monde", aujourd’hui publiées sur internet.

À quoi ressemble la vie dans le camp de migrants surpeuplé de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, vue par les yeux d’une jeune fille de 16 ans ? C'est la question à laquelle répond Parwana Amiri, qui y a passé trois mois et demi avec sa famille.

À son arrivée le 19 septembre, la jeune fille est extrêmement choquée par les conditions de vie des migrants. Les lieux, prévus pour 3 000 personnes, en accueillent à ce moment-là plus de 10 000. Le sol est jonché de déchets. Partout, il faut faire la queue : pour avoir à manger, pour voir un médecin, pour obtenir des informations.

Dans le camp, Parwana voit défiler les journalistes mais il lui semble que personne ne parvient à raconter la façon dont les habitants vivent au quotidien. Elle s'indigne de la situation dans laquelle des milliers de personnes sont contraintes de vivre. Deux semaines après son arrivée, elle prend la plume et rédige sa première "lettre au monde".

"La plupart des gens qui viennent à Moria voient que beaucoup de choses ne vont pas mais certains de nos problèmes restent cachés, comme la violence. Je voulais écrire sur ces problèmes cachés. Je crois au pouvoir des mots et je sais que mes articles sont un moyen de donner une voix aux réfugiés", explique Parwana à InfoMigrants.

"Nous risquons nos vies pour survivre"

La jeune fille écrit d’abord ses textes en persan mais réalise rapidement que l’anglais serait lu par davantage de personnes. La plateforme Infomobile, gérée par l’ONG Welcome to Europe, propose à Parwana de l’aider à traduire ses textes et de les publier.

Dans sa deuxième lettre, elle évoque le choix difficile de quitter son pays lorsqu’on y est menacés. "Quand nous sommes obligés de partir et que nous choisissons cette voie, nous risquons nos vies pour survivre. Même après avoir pris en compte tous les dangers et la probabilité de mourir, cela reste le meilleur choix parmi des options qui sont toutes mauvaises", écrit-elle.

Les textes de Parwana sont parfois très personnels, d'autres sont plus journalistiques ou sont écrits sous la forme de témoignages d’autres migrants. La jeune fille raconte la vie autour du four à pain construit par des femmes, le harcèlement, les enfants privés d’éducation, la fatigue de devoir toujours prouver que l’on a besoin d’une protection humanitaire. Et la violence, omniprésente.

"Je me sens impuissante face à cette violence. J’ai l’impression qu’elle coule dans nos veines. Je ne veux pas faire partie de tout cela. J’ai honte quand je sens que de la violence monte entre deux personnes qui souffrent pour les mêmes raisons. Et j’ai honte quand je sens la violence qui monte en moi", confie la jeune femme dans sa "lettre au monde" numéro 10.

Un livre en 2020

Originaire de Herat, dans l'ouest de l'Afghanistan, Parwana affirme qu'elle écrit depuis qu’elle a 13 ans. Quand elle était encore en Afghanistan, la jeune fille a commencé par imaginer des histoires pour enfants et de petits poèmes. "C’est presque interdit en Afghanistan pour les femmes d’écrire sur ce dont elles ont peur et ce qu’elles veulent", assure la jeune fille.

Aujourd’hui, Parwana et sa famille vivent dans le camp de Ritsona, au nord d'Athènes. L'adolescente voudrait continuer à écrire sur son quotidien dans ce nouveau camp. Elle espère aussi inspirer d’autres migrants afin qu’ils écrivent à leur tour leur histoire.

Après avoir été publiées sur internet, les lettres de Parwana doivent être rassemblées dans un livre dont la publication est prévue en 2020. Pour la jeune fille, ce livre est un moyen de "montrer que ni les montagnes, ni les frontières ne sont une raison d’abandonner".

 Julia Dumont

 Lien à la Source

  

Partager cet article

Repost0
19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 12:30
José Luis Escriva, le ministre espagnol de la sécurité sociale, de l'inclusion et des migrations, à Madrid, le 14 janvier 2020. Crédit : Reuters/Susana Vera

José Luis Escriva, le ministre espagnol de la sécurité sociale, de l'inclusion et des migrations, à Madrid, le 14 janvier 2020. Crédit : Reuters/Susana Vera

Lors du Forum de l’OCDE sur les migrations, jeudi, le ministre espagnol de la Sécurité sociale, de l'inclusion et des migrations a affirmé que son pays aurait besoin, au cours des prochaines années, de "8 ou 9 millions de personnes" migrantes pour conserver un bon niveau de population active.

"Nous aurons besoin de millions et de millions de migrants dans les prochaines années", a déclaré, jeudi 16 janvier à Paris, José Luis Escriva, le ministre espagnol de la Sécurité sociale, de l'inclusion et des migrations, lors du Forum de l'OCDE sur les migrations.

Avec 47 millions d'habitants, l'Espagne aura, selon José Luis Escriva, besoin de "8 ou 9 millions de personnes juste pour garder [sa] population active au même niveau".

Madrid doit donc se préparer à intégrer "un certain nombre de migrants supplémentaires" dans la société espagnole pour "conserver un niveau de confort", a encore ajouté le ministre.

"Nous devons montrer que nous contrôlons l'immigration" 

La Commissaire européenne en charge des migrations, Ylva Johansson, a complété jeudi les déclarations de José Luis Escriva en déplorant un "manque de confiance entre la population et les responsables politiques, au niveau européen ou au niveau local" sur la question de l’immigration.

Les citoyens européens, a-t-elle avancé lors d'un échange sur les perspectives migratoires, "veulent accueillir les migrants en besoin de protection internationale et veulent accueillir des personnes qui vont contribuer à notre économie mais ils sont inquiets qu'on ne puisse pas gérer la migration, qu'on ne puisse pas la contrôler".

"Nous devons montrer que nous contrôlons l'immigration", a-t-elle poursuivi, rappelant que l'année dernière, "2,5 millions de migrants sont entrés dans l'Union européenne", dont 150 000 "arrivées clandestines".

Ces déclarations ne sont pas sans rappeler celles de Jean-Paul Delevoye, fin novembre. L'ex-Haut-Commissaire aux retraites avait estimé que la "démographie européenne et son vieillissement" nécessiteraient "50 millions (de personnes) de population étrangère pour équilibrer la population active en Europe en 2050".

 

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 07:27
Des migrants d'Afrique subsaharienne en Algérie. Crédit : Reuters

Des migrants d'Afrique subsaharienne en Algérie. Crédit : Reuters

L’OIM en Algérie affirme que près de 500 migrants arrivent quotidiennement sur le territoire algérien, rendant les conditions d’accueil plus difficiles. L’organisation tente de favoriser les retours volontaires en partenariat avec le gouvernement algérien. Ils ont triplé depuis 2018.

Interrogé par InfoMigrants, le représentant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Algérie a confirmé que le pays voyait arriver chaque jour 500 migrants irréguliers, précisant qu’il s’agit d’estimations.

L’Algérie "reçoit quotidiennement plus de migrants que toute l’Europe", avait déclaré Paolo Giuseppe Caputo dans une interview donnée lundi 18 novembre au quotidien algérien Le Soir d’Algérie. Le chef de mission de l’OIM à Alger avait affirmé que "selon les statistiques du gouvernement algérien, qui a la souveraineté sur ses frontières, une moyenne de 500 personnes entrent chaque jour de manière irrégulière sur son territoire".

Il décrit l’Algérie comme une "une plaque tournante de l’immigration". "Récemment plusieurs sources nous ont affirmé que chaque lundi, ce sont cent pick-ups qui partent depuis le marché de Niamey vers l’Algérie. Chacun transporte au moins 25 migrants irréguliers. Il s’agit d’un flux organisé par des trafiquants. Une partie de ces migrants restent en Algérie, les autres partent en Libye et au Maroc", a-t-il précisé à InfoMigrants.

Aller en Algérie pour se soigner

Parmi ces migrants, explique Paolo Giuseppe Caputo, une partie vient se soigner en Algérie. "Ces personnes sont acceptées au même titre que les Algériens au sein des structures de santé publique et disposent d’une prise en charge de façon gracieuse". De ce fait, beaucoup de femmes viennent accoucher en Algérie, d’après l’OIM.

"Dans le sud du pays, des migrants atteints de maladies chroniques ou du VIH viennent faire des bilans de santé. Pour certains c’est un déplacement très familier, qui intervient tous les 3 à 6 mois, nous ont indiqué des médecins", ajoute Nourhane Hussein de l’OIM.

>> À lire sur InfoMigrants : Le Sahara, l'enfer pour les migrants expulsés d'Algérie

La plupart des migrants arrivés en Algérie depuis janvier 2019 sont originaires du Mali et du Niger. Des Guinéens (Conakry), des Ivoiriens, des Camerounais, des Sénégalais, des Sierra-léonais, des Béninois et des Nigérians prennent aussi la route pour l'Algérie. D’après les statistiques internes de l'organisme onusien, la majorité sont des hommes venus pour travailler.

"L’économie algérienne est bien plus forte que les pays subsahariens, elle offre de nombreuses opportunités pour gagner de l’argent et le pays présente une politique d’accueil historique avec des bourses d’études. L’immigration vers ce pays n’est pas nouvelle", souligne Paolo Giuseppe Caputo. Toutefois, les conditions de vie des migrants arrivés récemment sont rendues "plus difficiles" dans les camps au niveau des "conditions d'hygiène", du fait de la multiplication des arrivées.

Assistance humanitaire aux migrants abandonnés dans le désert

Depuis 2016, l’Algérie est régulièrement accusée par l’ONU et plusieurs ONG (Médecins du Monde, Human Right Watch…) de maltraiter les migrants subsahariens subsahariens, expulsés en masse à la frontière Sud, où ils sont abandonnés en plein désert.

Au cours des six premiers mois de 2019, presque 5 000 personnes ont été arrêtées puis expulsées à la frontière entre l’Algérie et le Niger, affirmaient des sources associatives en août 2019.

"C’est quelque chose dans lequel l’OIM n’est pas impliquée", tient à préciser Paolo Giuseppe Caputo, qui affirme que "les retours à la frontière continuent". 

L’OIM, qui est chargée de fournir une assistance humanitaire aux migrants dans le besoin gère deux centres d’accueil à Alger (à Dar-el-Beïda et à Bab-el-Oued). L’organisation dispose également d’une base nigérienne à Assamaka, proche de la frontière avec l’Algérie, où elle fournit des produits de première nécessité, des soins et une aide administrative aux migrants en détresse. Ce village frontalier est considéré comme le point d’entrée côté nigérian des migrants expulsés par l’Algérie.

Objectif de 800 retours volontaires en 2019 

"Ce que nous essayons de favoriser en étroite collaboration avec l’Etat algérien, ce sont les programmes de retour volontaire et de réintégration dans les pays d’origine", indique Paolo Giuseppe Caputo.

Ces retours volontaires ont triplé depuis 2018, passant de 221 à environ 600 cas de janvier à la mi-novembre 2019. Ils concernent principalement des Nigériens. Des vols groupés ont été organisés vers le Niger et le Mali. Une prochaine opération de retour volontaire est prévue le 28 novembre vers Niamey, ce qui devrait porter le nombre de migrants concernés à 800 personnes.

Bahar Makooi

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 19:12
Cette petite fille de cinq ans fait partie des 73 rescapés de l’Open Arms secourus le 21 novembre 2019 au large de la Libye. Crédit : Reuters

Cette petite fille de cinq ans fait partie des 73 rescapés de l’Open Arms secourus le 21 novembre 2019 au large de la Libye. Crédit : Reuters

Des centaines de migrants ont été secourus par des navires humanitaires au large de la Libye au cours des deux derniers jours. D’autres ont été interceptés par les garde-côtes libyens. La météo clémente et l’intensification des combats autour de Tripoli expliquent ce pic de départs vers l’Europe.

Au moins une dizaine d’embarcations de fortune ont pris la mer ces dernières 48 heures depuis les côtes libyennes et tunisiennes, à destination de l’Europe. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), cela représente au moins 600 migrants. Certains ont été secourus par l’un des trois navires humanitaires qui sillonnent actuellement la zone de détresse au large de la Libye. D’autres ont été interceptés par les garde-côtes libyens ou tunisiens et renvoyés à leur point de départ ou en détention.

À lui tout seul, le navire humanitaire Ocean Viking a procédé à trois opérations de sauvetage : la première, qui a eu lieu mardi, a porté secours à 95 personnes, dont plusieurs femmes enceintes et de très jeunes enfants. La seconde, mercredi, a permis de secourir 30 personnes.

La troisième opération de sauvetage est intervenue jeudi soir. “Soulagement à bord de l’Ocean Viking qui vient de secourir 90 personnes d’un canot pneumatique en détresse, repéré après environ 24h de recherches”, a tweeté SOS Méditerranée, l’ONG qui affrète le navire aux côtés de Médecins sans frontières (MSF). “Les [rescapés] déclarent avoir quitté la Libye mardi [et auraient donc passé] 48h en mer avant d'être enfin repérés à 82 milles nautiques des côtes.”

À la recherche d'un port sûr

Un total de 215 rescapés se trouvent à bord du Ocean Viking qui “fait actuellement route vers le nord” dans l’espoir de les débarquer au plus vite en Europe, indique SOS Méditerranée dans un communiqué. “[L’équipage] a demandé aux centres de coordination de sauvetage en mer (MRCC) italiens et maltais d'assigner un lieu sûr pour y débarquer les 215 survivants, après que les autorités libyennes ont attribué Tripoli comme ‘lieu sûr’. Nous avons dû répondre que nous ne pouvions pas y aller, puisqu'aucun port en Libye n'est actuellement considéré comme un ‘lieu sûr’ selon le droit international.”
 

À la mi-journée, vendredi, l'équipage a fait une demande d’évacuation médicale pour deux de ses rescapés : "Une femme enceinte de jumeaux et un homme blessé par balles". Selon l’équipe médicale de MSF actuellement présente sur l'Ocean Viking, "ces deux cas nécessitent des soins qui ne peuvent être prodigués à bord du navire". 

L’Open Arms, de son côté, a secouru 73 personnes jeudi, dont 69 hommes et 4 femmes. Sur Twitter, l’ONG qui affrète le bateau, Proactiva Open Arms, fait état de cas de "chocs traumatiques, de brûlures au deuxième et troisième degré, de blessures par balle, d’hypothermie grave et de déshydratation" parmi les rescapés.  

Quelques heures plus tard, c’est l’Aita Mari - le navire de sauvetage des ONG espagnoles PROEM-AID et SMH - qui, à son tour, portait secours à 78 personnes “qui étaient à la dérive”. Sept femmes et onze mineurs ont été dénombrés. Le navire demeure au large de la Libye, à la recherche d’une autre embarcation en détresse, mentionné par la plateforme téléphonique AlarmPhone. Une troisième embarcation à la dérive avec au moins 70 personnes à bord a, quant à elle, été secourue par la marine maltaise.

Pendant ce temps-là, une embarcation avec 74 migrants est parvenue à arriver, par elle même à Lampedusa, jeudi. Selon l’OIM, les migrants étaient partis de Zouara en Libye.

"Un mépris total pour ceux qui fuient la Libye"

Mais il y a aussi ceux qui ne parviennent pas à atteindre l’Europe. Les garde-côtes libyens ont ainsi intercepté 289 migrants dont 14 enfants et 33 femmes, également en 48 heures. L’OIM indique qu’ils ont été immédiatement transférés dans des centres de détention en Libye. Les équipes de l’agence onusienne qui étaient présentes au débarquement relèvent que les migrants semblaient tous “vulnérables et effrayés”. Les garde-côtes tunisiens ont également intercepté 43 migrants jeudi matin qui étaient partis de l’île de Djerba.

D’autres bateaux ont lancé des appels de détresse auprès d’AlarmPhone, mais n’ont pas, pour l’heure, été pris en charge. Un pêcheur a également été témoin, mercredi soir, d'un naufrage au large de la Libye. L'homme dit avoir secouru 30 personnes tandis que 67 autres seraient décédées. Le naufrage n’a, toutefois, pas pu être vérifié par l’OIM.

“D'après mon expérience, la situation actuelle en Méditerranée centrale est pire qu'elle ne l'a jamais été ces dernières années”, lance Nicholas Romaniuk, coordinateur des opérations à bord de l'Ocean Viking. “Il n'y a pas de coordination dans la région. Il semble y avoir un mépris total pour les personnes fuyant la Libye par bateau et qui risquent ainsi de perdre la vie. C'est extrêmement frustrant et très dangereux pour les personnes elles-mêmes.”

Ce pic significatif des départs de migrants peut s’expliquer d’une part par une accalmie météorologique, et d’autre part par une intensification des combats à Tripoli. “Les bombardements actuels sont parmi les plus lourds depuis que le conflit a commencé en avril dernier”, souligne l’OIM qui se dit “extrêmement inquiète” pour la sécurité des migrants. L’organisation réitère son appel à l'Union européenne et à l'Union africaine à un “changement urgent d'approche de la situation en Libye”. “Des mesures immédiates doivent être prises pour démanteler le système de détention et trouver des solutions alternatives pour protéger des vies.”

Entre le 1er janvier et le 13 novembre 2019, 1 091 migrants ont péri en mer alors qu’ils essayaient de rejoindre l’Europe, selon les statistiques de l’OIM. Quant aux combats en Libye, ils ont déjà fait plus de 1 000 morts et 120 000 déplacés depuis avril, également selon l'ONU.

Par Anne-Diandra Louarn Publié le : 22/11/2019

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 22:05
Bintou a reçu « son » décret de naturalisation ce 19 novembre 2019

Quelle émotion ! Quel moment inouï ce mardi 19 novembre 2019 à 15 heures en Préfecture d’Evreux où Bintou a reçu son décret de naturalisation qui fait d’elle un citoyen Français à part entière !

Après un parcours bien chaotique, après des échecs, de grandes souffrances, de vrais moments de doute et même d’abandon…voici une porte grande ouverte vers l’avenir !

Félicitations Bintou et Bienvenüe parmi nous !

Quelle joie pour moi de t’accompagner aujourd’hui dans cette préfecture où tu avais par le passé subi tellement de refus !

Partager cet article

Repost0
6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 07:19
(Illustration) Un camp de migrants à la Porte d'Aubervilliers, en avril 2019. — CELINE BREGAND/SIPA

(Illustration) Un camp de migrants à la Porte d'Aubervilliers, en avril 2019. — CELINE BREGAND/SIPA

POLITIQUE Immigration professionnelle, baisse de l’accès aux soins pour les demandeurs d’asile… Le gouvernement doit présenter mercredi une série de mesures

 Quotas inutiles, baisse de l’accès aux soins « dangereuse » : les associations d’aide aux migrants et exclus ont étrillé ce mardi les mesures gouvernementales sur l'immigration attendues mercredi.

« Installer le terme de quota au milieu de la politique publique d’immigration, c’est la promesse de polémiques sans fins et d’une efficacité totalement douteuse », prévient Pierre Henry, directeur général de France Terre d'Asile.

Des « quotas » d’immigrants professionnels

Ce mardi matin, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a confirmé que des « quotas » ou « objectifs chiffrés » d'immigrés « professionnels » allaient être fixés chaque année dès 2020 pour que la « France recrute » en fonction de ses besoins de travail. Cette mesure devrait être annoncée avec d’autres mercredi à l’issue d’un Comité interministériel.

Ces quotas ne concerneraient qu’une petite partie de l’immigration : 34.000 titres de séjours « professionnels » sur 260.000 octroyés au total en 2018. Bien moins que le nombre accordés aux étudiants, aux conjoints ou aux réfugiés.

« Le débat n’est pas très clair », s’inquiète Cyrille de Billy, secrétaire général de la Cimade. « Est-ce que cela n’annonce pas derrière l’ouverture d’un autre débat pour toucher à l’immigration familiale ou au droit d’asile ? », abonde Pierre Henry, directeur général de France Terre d'asile.

Une mesure qui n’a pas fait ses preuves en 2008

La perspective hérisse les associations. « La France violerait alors ses obligations internationales, sur le droit d’asile et la famille notamment », préviennent Pierre Henry, et Cyrille de Billy. Par ailleurs, note le second, « il est très périlleux de déterminer à l’avance le niveau d’activité économique », en particulier pour de la « main-d’œuvre non qualifiée » et dans « des secteurs économiques peu régulés et flexibles ».

Les exécutifs précédents ne s’y étaient pas risqués. En 2008, sous Nicolas Sarkozy, une commission chargée par le gouvernement de plancher sur les quotas d’immigration les avait jugés « inefficaces », « irréalisables ou sans intérêt ».

Un « délai indigne »

Les associations sont également vent debout contre plusieurs autres mesures attendues mercredi, notamment les restrictions dans l’accès aux soins. Le gouvernement prévoit ainsi l’instauration d’un délai de carence de trois mois avant que les demandeurs d’asile ne puissent accéder à la Protection universelle maladie (PUMa, la Sécurité sociale de base), et la nécessité d’un accord préalable de la Sécu pour certains actes non-urgents dans le cadre de l’Aide médicale d’Etat (AME).

« Le gouvernement instrumentalise la politique de la santé à des fins migratoires », dénonce Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de solidarités (FAS) qui regroupe plus de 800 associations et organismes de lutte contre l’exclusion. « C’est un non-sens », déplore Pierre Henry, car « ce sont des dispositifs de santé publique qui nous protègent tous ».

« Les demandeurs d’asile arrivent après des mois ou années d’errance, de traumatismes, et ont besoin de soins. Certains ont des maladies respiratoires, la gale ou la tuberculose, qui doivent être traitées rapidement », souligne Florent Guéguen. « Ce délai est indigne, choquant, et très dangereux pour la santé publique », abonde Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs Solidarité, qui se dit « extrêmement inquiet ».

Se montrer « pragmatique »

« Au final, l’Etat ne fera pas d’économies, au contraire : plus on soigne tardivement, plus ça coûte cher », ajoute Florent Guéguen. Quant à ceux qui ont besoin de soins rapidement, ils iront aux urgences, « qui vont se retrouver encore plus chargées alors qu’elles sont déjà en crise », regrette-t-il. Toutes ces mesures témoignent selon ces associations d’une « vision idéologique » voire d’une instrumentalisation « électoraliste » de l’immigration.

« Aucune politique répressive ne va changer le phénomène migratoire, des gens continueront d’arriver », note Cyrille de Billy, qui souligne que loin des craintes d'« invasion », le solde migratoire est resté, hormis en 2016 marquée par une poussée due au conflit syrien, « assez stable ces dernières années ». « Il vaut mieux être pragmatique », ajoute-t-il, « et faire en sorte que ça se passe au mieux » en augmentant les dispositifs d’accueil, plutôt que de les diminuer et laisser émerger « des zones de précarité et de non droits ».

 AFP

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
2 novembre 2019 6 02 /11 /novembre /2019 07:56
Le maire de Lampedusa défend l’accueil des migrants et s'insurge contre la criminalisation des ONG qui portent secours aux migrants en mer. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants

Le maire de Lampedusa défend l’accueil des migrants et s'insurge contre la criminalisation des ONG qui portent secours aux migrants en mer. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants

Perdue au milieu de la mer Méditerranée, la petite île italienne de Lampedusa est le premier territoire européen sur la route maritime des migrants qui partent des côtes africaines, notamment libyennes et tunisiennes. Le maire de la ville, Salvatore Martello, défend une tradition d’accueil chère à l’île et fustige les politiques italiennes et européennes qui traitent de la question migratoire seulement dans l’urgence.

InfoMigrants : Les arrivées de migrants ont-elles augmenté ou diminué cette année ?

Salvatore Martello : Le flux de migrants ne s’est jamais arrêté à Lampedusa. Il y a eu un ralentissement en 2017, mais depuis 2019 nous avons constaté une légère augmentation des débarquements.

Les débarquements semblent reprendre pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la guerre entre les Turcs et les Kurdes en Syrie provoque la fuite de centaines de personnes.

Ensuite, je pense que la route libyenne est en train de se rouvrir. Dernièrement, les migrants arrivaient plutôt des côtes tunisiennes et étaient des ressortissants tunisiens. Mais on voit arriver de plus en plus d’embarcations d’Africains subsahariens parties de Libye.

IM : Quelle est votre position sur l’accueil des migrants ?

S.M. : Étant donné notre situation géographique [Lampedusa est située à seulement 150km des côtes tunisiennes, ndlr], nous devons accomplir un travail d’accueil, ce que nous avons toujours fait.

Même quand l’ancien ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, disait que les ports italiens étaient fermés, ils étaient ouverts à Lampedusa. Les débarquements n’ont jamais cessé.

Pendant 14 mois [temps pendant lequel Matteo Salvini est resté au pouvoir, ndlr], l’île de Lampedusa a été complètement effacée de la politique migratoire italienne. Matteo Salvini ne pouvait pas mentionner - et encore moins visiter - Lampedusa, car sinon il aurait été obligé de reconnaître que notre port était toujours ouvert et que les débarquements se poursuivaient.

Aujourd’hui, c’est différent. Nous avons un interlocuteur au ministère de l’Intérieur et nous participons aux décisions prises sur ce qui advient en mer et sur terre. La question migratoire ne peut être traitée comme une campagne électorale en continu. Soit, nous avons le courage de nous asseoir autour d’une table pour affronter sérieusement le problème, soit nous vivons en état d’urgence permanent.

IM : Quelle est la procédure quand les migrants débarquent à Lampedusa ?

S.M. : Dans le cadre d’une procédure ordinaire, c’est-à-dire quand les migrants arrivent accompagnés par les garde-côtes italiens au port de Lampedusa, ils sont emmenés au hotspot de l’île après avoir vu un médecin. Ils sont ensuite transférés sous 48 heures en Sicile.

Lors des débarquements "fantômes", c’est-à-dire quand les migrants arrivent de manière autonome sur les plages ou au port, ils sont signalés par la population puis pris en charge par la police qui les conduits au hotspot. Là aussi, ils sont transférés sous 48 heures en Sicile.

Dans le seul centre de l’île, nous pouvons héberger 96 personnes. À chaque fois que le système de transferts coince avec les autres régions italiennes, nous nous retrouvons rapidement en situation de surpopulation.

IM : Que pensez-vous des navires humanitaires qui portent assistance aux migrants en mer Méditerranée ?

S.M. : La guerre contre les ONG a été purement idéologique. La Méditerranée a été abandonnée par les États européens. Les différentes opérations européennes telles que Sophia, Frontex, Mare Nostrum… n’existent plus. Il n’y a plus personne dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone).

Quand l’ancien ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, dit que le nombre de morts a diminué, c’est faux. La réalité est qu’il n’y a plus personne pour compter les morts.

Si quelqu’un veut faire croire que les ONG exercent d’autres activités que le sauvetage, qu’il le prouve et la justice s’en saisira. Mais à l’heure actuelle, je ne vois aucune enquête sur le sujet.

IM : L’île de Lampedusa est composée d’une majorité de pêcheurs, vous êtes vous-même fils de pêcheur… Que pensent-ils des arrivées de migrants ?

S.M. : Comment les pêcheurs peuvent-ils respecter une loi qui incite à ne pas sauver de vies ? [Le maire fait référence aux décrets anti-migrants signés par Matteo Salvini qui prévoient une amende pour toute personne qui secourt un migrant en mer, ndlr].

Les règles internationales de navigation ont été bafouées parce que les personnes qui nous dirigent ne comprennent rien à la mer [les conventions maritimes internationales stipulent qu’il est obligatoire de porter secours à toute personne en détresse en mer].

Si tu portes secours à un bateau en détresse, tu peux être dénoncé pour complicité, ton bateau peut être séquestré et tu peux être soumis à une amende de 50 000 euros. C’est en fait une incitation à ne pas sauver de vie.

IM : Comment la population réagit à l’arrivée de migrants sur l’île ?

S.M. : Le contexte actuel n’arrange pas les choses : en Italie mais aussi chez nos voisins européens, les migrants sont traités de délinquants et de terroristes. Les gens ont peur et réclament plus de sécurité. Forcément, tous ces discours ont changé le point de vue des habitants de Lampedusa.

Le phénomène migratoire est traité sous le prisme de l’urgence alors qu’à Lampedusa ça dure depuis les années 1990. Le poids de cette crise pèse. Quand on n’a pas d’interlocuteur au gouvernement italien, que l’Union européenne n’apporte pas son soutien à la population, forcément il y a de la colère.

Leslie CARRETERO et Benjamin DODMAN

 

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 09:41
"Guides invisibles": des migrants offrent leur regard sur Rome aux touristes

Ils s'appellent Abdul, Kaba ou Sidia et ne voient pas vraiment Rome comme tout le monde. L'espace d'une heure, ils racontent aux touristes via un guide audio les sites emblématiques de la ville éternelle, en les croisant avec leur parcours singulier.

Les promenades sonores (en anglais et italien) de ces "guides invisibles" - comme se surnomment ces réfugiés sans visage le reste de l'année - ont lieu deux fois par mois sur réservation, à l'initiative de l'association d'aide aux migrants, Laboratorio 53.

Première étape: la Place d'Espagne et son escalier monumental où le bruit des clics d'appareils photos se mêlent à la clameur de la foule dans les écouteurs.

Pour Abdul Gafaru, ce site emblématique de la capitale est un tourbillon de surprises, comme ce jour où il vit "une grosse voiture conduite par un Blanc avec des passagers noirs".

Elle lui rappelle aussi le quartier de Vienna City à Accra, dans son Ghana natal, où "les riches vont faire la fête". Sauf que "Place d'Espagne, les riches et les pauvres se comportent et s'habillent pareil".

Aux yeux d'Abdul, la vraie richesse des touristes c'est "qu'ils peuvent quitter leur pays, aller en vacances et y revenir". Pas lui.

Mamadou Cellou Diallo, un Guinéen chargé d'encadrer la promenade, explique à l'AFP que l'objectif est de mêler les récits des migrants aux lieux historiques "et de montrer des choses que les gens ne remarquent pas d'habitude".

Deuxième étape: une plaque du 17ème siècle sur laquelle un prélat romain, "président des rues", interdisait d'abandonner les détritus. La halte permet d'évoquer la gestion anarchique des déchets dans la banlieue de Rome, où vivent ces migrants, une situation comparable aux métropoles africaines.

Plus tard, les touristes s'arrêtent au bord de la large rue du Trident, où le Malien Lamine Sanogo relate son périple à travers cinq frontières jusqu'à la traversée de la Méditerranée vers l'Italie, dans laquelle 25 de ses compagnons ont péri.

"Ils racontent leurs histoires, avec une grande dignité, simplement pour dire qu'ils existent" et ont eu une vie avant d'arriver en Italie, raconte, émue, Eve, une Française qui habite Rome depuis 28 ans.

Kaba Coulibaly, Guinéen lui aussi, espère que ce projet contribuera à combattre "les préjugés contre les Noirs". "Les Italiens pensent que nous sommes des voleurs, des bandits, on s'est dit qu'il fallait valoriser nos cultures et faire réfléchir les gens".

Ces demandeurs d'asile, pour la plupart originaires d'Afrique, ont souvent subi des violences qu'ils ne font qu'effleurer dans leurs récits.

- Des "sons très différents" -

Nouvel arrêt devant la mythique Fontaine de Trevi où le promeneur est transporté en Casamance (Sénagal) par la voix de Sidia Camara qui, lorsqu'il n'avait que 10 ans, se souvient avoir vu un de ses camarades se noyer dans le "bolon", la rivière où les enfants du village allaient jouer.

"J'ai peur de l'eau", raconte-t-il dans l'écouteur, avant d'ajouter néanmoins qu'il "aime la Fontaine de Trévi" car elle lui rappelle son "bolon" même si "leurs sons sont très différents".

Depuis trois ans, les migrants soutenus par l'association participent de septembre à juin à un laboratoire radiophonique où ils écrivent et enregistrent leurs récits en les mixant avec des sons d'ambiance.

Les promenades apportent une petite aide financière aux migrants mais visent surtout, selon Marco Signorelli de Laboratorio 53, "à affirmer l'idée que les migrants sont des citoyens comme les autres et que leur regard peut enrichir notre vision de l'espace public".

Les "guides invisibles" proposent aussi des balades autour de la gare de Termini ou dans les pittoresques quartiers de Trastevere, San Lorenzo ou Monti.

Pour le Romain Alfredo Gagliardi, cette rencontre est une découverte: "ces migrants ne voient pas le centre historique avec les mêmes yeux que moi, quand je viens au centre c'est pour me distraire, eux ils se rendent à la préfecture pour leur permis de séjour".

Kaba, qui se dit victime de remarques racistes, est également satisfait: "cette expérience permet de tisser des relations, de rencontrer des gens qui s'intéressent à mon histoire et à moi personnellement".

AFP

 

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 21:08
Immigration : les associations appellent à revenir à la "réalité" du terrain

Face aux "contre-vérités" politiques, ils font valoir la "réalité" du terrain: chercheurs, syndicats et associations dénoncent les présupposés du futur débat parlementaire sur l'immigration, qui "repose sur une base objective fausse", à commencer par l'idée que la France serait trop "attractive".

La demande d'asile, qui augmente pour atteindre plus de 123.000 personnes en 2018 là où elle baisse globalement en Europe, ainsi que certaines prestations sociales comme l'Aide médicale d'Etat (AME), réservée aux sans-papiers, seront au coeur du débat qui doit se tenir la semaine prochaine à l'Assemblée nationale et au Sénat. 

"Les associations de solidarité et les collectifs citoyens s'inquiètent de la multiplication des contre-vérités et postures démagogiques dans l'espace public, loin des réalités de terrain vécues par les personnes réfugiées ou exilées (...). Pour certains, la France serait +trop généreuse+ et +attractive+ dans ses procédures d'accueil: la réalité est pourtant tout autre", estime une vingtaine d'associations dans une lettre ouverte adressée mardi aux parlementaires.

La France connaît par exemple "une nette dégradation des conditions d'accueil et d'accompagnement des demandeurs d'asile du fait d'un sous-dimensionnement chronique du parc d'hébergement", expliquent les principales associations d'aide aux migrants.

L'une d'elles, la Fondation Armée du Salut, a également invité les parlementaires à se rendre sur des campements de migrants du nord-est parisien pour "constater la réalité du terrain avant le débat".

Loin de l'image du migrant auquel la France déroulerait un tapis rouge et qui vivrait confortablement des prestations sociales - véhiculée par certaines voix à droite et à l'extrême droite - les associations décrivent "la précarisation des étrangers", dont "15 à 20% des personnes présentes dans les campements parisiens sont des réfugiés statutaires".

"Entre l'AME, le regroupement familial, la générosité des prestations sociales... On voudrait nous faire croire que nous serions devenu le pays le plus attractif pour les migrants. Le problème, c'est que tout ceci est absolument inexact. Le débat repose sur une base objective qui est fausse", balaie François Héran lors d'une conférence de presse de l'Institut Convergences Migrations, qu'il dirige.

- Everest contre Morvan -


Certes, concède le titulaire de la chaire Migrations et société au Collège de France, la demande d'asile augmente. Certes, elle talonne désormais l'Allemagne, au deuxième rang européen. Mais la comparaison s'arrête là, explique celui qui a été auditionné mi-septembre par la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée en vue du débat.

Car en valeur relative, rapportée à la population, "la France n'est pas deuxième en demande d'asile, elle est à peu près à la 11e place en Europe", insiste-t-il.

"On se rapproche de la moyenne, sans plus. Et si on rajoute les revenus par habitant, nous rétrogradons au 17e rang européen", poursuit François Héran. 

Les courbes de croissance de l'asile en Allemagne (-50% entre 2017 et 2019) et en France (+25%) sont d'autant plus à relativiser, selon M. Héran, que la France a "réussi à passer au travers" de cette demande massive au plus fort de la crise migratoire des années 2015 et 2016. 

"L'Allemagne descend de l'Everest. Et nous montons le Morvan", résume-t-il. 

Autre thème du débat décortiqué par les chercheurs: l'"appel d'air" supposé suscité par les prestations sociales en France.

"Les soins sont l'une des dernières raisons" d'immigrer, estime durant la même conférence de presse Annabel Desgrées du Loû, directrice de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Elle en veut pour preuve, par exemple, que "plus de 90% des VIH sont découverts en France" et non dans le pays d'origine.

De son côté, la CGT a lancé mardi un mouvement de grève pour des régularisations suivi par quelque 140 travailleurs sans-papiers. "Les restaurants, les sociétés de nettoyage, de bâtiment, ne fonctionneraient pas sans ces employés", juge Maryline Poulain, chargée des sans-papiers à la CGT. 

Dans leur lettre ouverte, les associations demandent aux parlementaires "de s'emparer de ces réalités de terrain pour formuler des propositions qui garantissent le respect des droits fondamentaux".

"Cela suppose des mesures volontaristes de création de places d'hébergement (...) afin que personne ne soit contraint de vivre à la rue et que les pouvoirs publics" engagent "un programme de résorption des campements indignes qui font honte à la République".

AFP

 

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 21:02
Le monument rendant hommage aux migrants Place Saint-Pierre représente un groupe de 140 migrants de différentes cultures et périodes historiques.  / Andrew Medichini/AP

Le monument rendant hommage aux migrants Place Saint-Pierre représente un groupe de 140 migrants de différentes cultures et périodes historiques. / Andrew Medichini/AP

À l’occasion de la 105e journée mondiale du migrant et du réfugié, le pape François a inauguré Place Saint-Pierre une statue en bronze représentant 140 migrants, inspirée d’un verset de la Lettre aux Hébreux : « N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges ».

Le pape François a exhorté dimanche 29 septembre à « accorder une attention particulière à l’étranger » et à tous ceux qui sont rejetés, à l’occasion de la 105e Journée mondiale du migrant et du réfugié.
Il a également inauguré Place Saint-Pierre un monument rendant hommage aux migrants.
Sur les migrants, le pape François n’entend pas se taire
L’œuvre en bronze et en argile, inspirée de la Lettre aux Hébreux : « N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges », et signée de l’artiste canadien Timothy Schmalz est baptisée Angels Unaware (« les anges inconscients »). Elle représente en taille réelle un groupe de 140 migrants de différentes cultures et périodes historiques, massés sur une embarcation.

Multiples prises de positions en faveur des migrants

À l’occasion de cette journée « un thème revient comme un refrain : Il ne s’agit pas seulement de migrants. Et c’est vrai, il ne s’agit pas seulement d’étrangers, il s’agit de tous les habitants des périphéries existentielles qui, avec les migrants et les réfugiés, sont victimes de la culture du déchet », a déclaré pendant la messe le pape François, lui-même issu d’une famille d’émigrés italiens venus en Argentine.
Depuis le début de son pontificat en mars 2013, le pape a multiplié les prises de position fortes en faveur de l’accueil des réfugiés et des migrants. Ainsi, il s’était rendu quelques mois après son élection sur l’île de Lampedusa, l’une des principales portes d’entrée des migrants en Europe.
En avril 2016, il était même rentré d’une visite sur l’île grecque de Lesbos avec trois familles de réfugiés syriens musulmans à bord de son avion. Fin juillet, il a appelé la communauté internationale à agir « avec promptitude et décision » pour éviter de nouveaux drames en mer.

Clémence Houdaille

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0