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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 18:28
La Maison Bakhita vous ouvre ses portes samedi 28 septembre 2019

La Maison Bakhita, située à Paris, est un lieu dédié à la promotion et à l’intégration des personnes migrantes.

En 2017, le Cardinal André Vingt-Trois, puis en 2018, Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris nouvellement nommé, ont demandé à l’Eglise de Paris de renouveler ses efforts pour promouvoir et pour intégrer les personnes migrantes en se mettant au service de ceux qui les accueillent et qui les protègent.

UN PROJET COLLECTIF

Dans cette perspective, 50 personnes migrantes et 40 associations partenaires, des bénévoles, paroissiens, congrégations religieuses et personnes migrantes ont été invités à exprimer leurs besoins dans différents groupes de travail pour créer ensemble ce nouveau lieu.

UNE MISSION

La Maison Bakhita, située 5ter rue Jean Cottin dans le 18ème arrondissement sera un lieu au service des personnes migrantes, en soutien des paroisses, associations et congrégations engagées auprès d’elles.
Avant tout un lieu de rencontre pour « faire des ponts », la Maison Bakhita est composée de 4 niveaux avec des ateliers, des salles de formation, un espace de convivialité, un lieu de débats et d’exposition.

Trois associations ont d’ores et déjà pris en charge l’organisation de certaines activités dans la Maison :
- La formation des bénévoles engagées auprès des personnes migrantes (Secours catholique) Retour ligne manuel
- Un atelier de couture (atelier Bakhita animé par l’Association « Aux Captifs la Libération ») Retour ligne manuel
- Une micro-crèche pour accueillir les enfants des femmes migrantes qui participeront aux ateliers ou au cours de français (Apprentis d’Auteuil)

DES PORTES-OUVERTES POUR LA JOURNÉE MONDIALE DU MIGRANT ET DU REFUGIÉ

A l’occasion de la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié, le Diocèse de Paris ouvre les portes de la future Maison Bakhita aux parisiens :

Samedi 28 septembre de 14h à 18h
5ter rue Jean Cottin
75018 PARIS

Accueil par Monseigneur Benoist de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris, puis visite de la Maison, atelier-vélo, concert de chants africains…

L’ouverture de la Maison Bakhita est prévue en février 2021, lorsque les travaux et l’ensemble des aménagements seront finalisés.

NOS PARTENAIRES

Action Emploi Réfugiés, Adage, Alpha Chaillot, ASSFAM, Aux Captifs la libération, Chambre des métiers de la Cité des Sciences et de l’Industrie, CNAM, CoExister, Collectif FLE, Depaul, Dorothy Coffea, Emmaüs France, Fabrique nomade, GEIQ, GRDR, JRS, Kodiko, La Cimade, Le Cèdre, Le Français pour tous, Les Apprentis d’Auteuil, Les Champs de Booz, Les EDC, L’Ile aux langues, L’Oeuvre d’Orient, Mosaïques 9, Ordre de Malte, Pierre Claver, Réseau Chrétien - immigrés, Sant’Egidio, Secours catholique, Secours emploi, Solidarités nouvelles face au chômage, Fondation Notre Dame, Tandem Réfugiés, Vicariat pour la solidarité, Visemploi.

Contact :
Armelle Hérouard
Responsable Communication
Vicariat pour la Solidarité
01 78 91 92 42 – 06 78 40 98 58
aherouard@diocese-paris.net

Avec le soutien de la Fondation Notre Dame

 

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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 18:19
Les réfugiés apprennent le français dans une ancienne chapelle du couvent de Thal-Marmoutier, reconvertie en salle de classe. crédit : InfoMigrants

Les réfugiés apprennent le français dans une ancienne chapelle du couvent de Thal-Marmoutier, reconvertie en salle de classe. crédit : InfoMigrants

Depuis l’hiver 2017, le couvent franciscain de Thal-Marmoutier, en Alsace, ouvre une partie de ses bâtiments à des réfugiés originaires d’Afrique subsaharienne, qui arrivent par groupe de 50, trois fois par an. Encadrés et accompagnés par une association et par des agents du service public, ces réfugiés se préparent à leur intégration à la société française, sans subir les lourdeurs administratives dont souffrent souvent les nouveaux arrivants.

Les rires d’Asma, d’Abdallah, de Babikir et de Marwa résonnent en continu dans la salle de classe. Ce matin-là, les jeunes élèves étrangers, d’origine érythréenne et soudanaise, sont en plein apprentissage du vocabulaire. "On ne dit pas ‘cay-hié’ mais ‘cahier’", répète Claudine, la maîtresse, sans perdre patience. "Tu l’as appris ces derniers jours, Babikir. Tu le sais bien". À chaque erreur, les rires fusent presqu’instantanément. À côté du petit garçon, Marwa n’en mène pas large non plus. Elle ne sait pas très bien identifier les couleurs. "Rouse… ?", tente-t-elle en regardant l’image au tableau. "Presque, Marwa, mais il faut choisir. C’est ‘rose’ ou ‘rouge’".

Depuis la rentrée, Claudine, professeure de l’Éducation nationale, fait classe pour une petite dizaine d’enfants réfugiés dans le couvent de Thal-Marmoutier, un petit village alsacien dans le Bas-Rhin, à une heure de route de Strasbourg. L’objectif : aider ces petits étrangers à maîtriser les b.a-ba de la langue française en vue de leur scolarisation prochaine. A l’autre bout du couloir, dans une autre salle de classe, les parents de Babikir, Nourredine et des autres écoliers sont eux aussi en plein leçon de français. Il y a encore quatre mois, comme leurs enfants, ils n’en connaissaient pas un mot. Khadija, une mère de famille soudanaise, apprend donc au même rythme que sa progéniture. "Je parle un tout petit peu", dit-elle timidement en écrivant son prénom sur une feuille. "Je ne savais pas écrire avant".

En tout, ils sont 55 personnes, hommes, femmes et enfants, réfugiés statutaires, à relever ce défi linguistique. Et c’est bien de défi dont il s’agit quand on sait que les réfugiés de Thal-Marmoutier ne disposent que de quatre mois pour apprendre à tenir une conversation – des plus rudimentaires.

Quatre mois, c’est la durée de leur séjour ici. Dans le couvent de Thal-Marmoutier - dont une partie des locaux a été reconvertie en "sas d’accueil", selon l'expression des responsables de la structure -, les salariés et bénévoles de l’association France Horizon ont quatre mois pour armer les réfugiés à affronter leur nouvelle vie en France. "Un défi quand on sait que certains n’étaient jamais sortis de leur pays voire de leur village", explique Jean-Robert Wilt, le coordinateur de France Horizon sur le site.

Au terme de cette échéance, chaque réfugié – ou chaque famille - sera relogé en appartement de façon pérenne, quelque part en France. "En quelques semaines, ils doivent donc apprendre à être autonomes pour pouvoir se débrouiller dans leur vie de tous les jours", résume Jean-Robert Wilt. "C’est un apprentissage à marche forcée qui se déroule ici", sourit-il.

La promesse du président

Le SAS d’accueil alsacien est né à l’hiver 2017 à la suite de la déclaration du président Emmanuel Macron, d’ouvrir les portes de la France à 10 000 réfugiés d’ici fin 2019, dont 3 000 Africains subsahariens, évacués de Libye notamment.

"Nous avons été choisis par le gouvernement pour honorer cette promesse", explique Hubert Valade, le président de France Horizon qui rappelle que son association est spécialisée dans l’accueil des réfugiés depuis les années 1950. "Les personnes qui arrivent ici sont toutes inscrites au ‘programme de réinstallation du HCR pour les réfugiés africains’".

Les réfugiés de Thal-Marmoutier ont tous obtenu une protection internationale par l’Ofpra, qui dispose d’équipes au Niger et au Tchad. Ils ont été envoyés d’Afrique directement en Alsace, sans passer par la procédure classique du dépôt de dossier puis de l’entretien avec un agent de protection à Paris. Depuis le mois de décembre 2017, déjà 263 personnes sont passées par le couvent alsacien, à travers cinq groupes, appelés ici "rotations".

Une "chance", souligne Thomas Zimmermann, le directeur France Horizon. "Toutes les personnes qui arrivent ici bénéficient déjà du statut de réfugié, elles ne connaissent pas les lourdeurs administratives que subissent beaucoup de demandeurs d’asile, elles ne sont pas passées par les réseaux des passeurs, et n’ont pas risqué leur vie en Méditerranée", et elles ne connaissent pas la vie des campements informels de Paris ou de Calais. "Cette structure, c’est un peu la Rolls des centres d’accueil".

Force est de reconnaître que l’armée de salariés et de bénévoles aux petits soins pour ces réfugiés facilitent leur quotidien. Des agents de l’Ofii, du Pôle Emploi, de l’Éducation nationale viennent régulièrement à la rencontre des nouveaux arrivants pour faciliter leurs démarches et leur expliquer comment fonctionne le système de santé ou le marché de l’emploi.

"Ici, pendant quatre mois, on va les aider de façon concrète. C’est-à-dire qu’on les aide à ouvrir leurs droits aux minima sociaux, à remplir les documents administratifs pour la Caisse d’allocation familiale (CAF), pour le Revenu de solidarité active (RSA), on va leur apprendre à ouvrir un compte bancaire, les accompagner pour trouver un emploi, une formation, pour commencer ou reprendre des études… On est là pour toutes les étapes de leur adaptation", détaille Jean-Robert Wilt. "Le planning est serré, oui, ils ont entre 400h à 600h de cours. Ils ont des examens médicaux, des rendez-vous administratifs des cours d’éducation civique… Mais il faut que tout soit prêt pour leur départ vers leur nouvelle vie".

Sur place, la "Rolls" montre ses atouts : France Horizon a engagé une psychologue qui se déplace une fois par semaine à Thal Marmoutier pour assurer une permanence "et repérer les cas les plus fragiles". Des cuisiniers professionnels préparent chaque jour les repas. Une nurserie est mise à disposition de mères de famille qui peuvent y déposer leurs bébés le temps d’aller en classe. Des traducteurs en tigrina, somali, arabe, déambulent dans les couloirs pour aider tous ceux qui le souhaitent.

Les réfugiés de Thal-Marmoutier mesurent-ils cette "chance" ? "Non, pas toujours, mais comment le pourrait-il ?", souffle Jean-Robert Wilt. "Ils viennent directement du Niger et du Tchad. Ils ne connaissent rien de la

Beaucoup, en effet, fantasment Paris. "Thal Marmoutier, c’est bien mais c’est petit et il y a beaucoup de personnes âgées….", déplore en riant Robel, un Érythréen de 25 ans qui traîne les pieds pour aller en cours de français. "Je préférerais rencontrer des jeunes et des filles. Elles sont comment les filles à Paris ?"

Pour la plupart des jeunes d’une vingtaine d’années, le village alsacien est synonyme d’ennui. Peuplé de 1 000 âmes, Thal-Marmoutier ne dispose d’aucun café, d’aucun commerce, où les réfugiés pourraient échanger avec les habitants. Hormis une aire de jeux pour enfants et le terrain de volley installé dans le jardin privé des sœurs franciscaines, aucun lieu d’activité ou de divertissement n’est accessible à pied. "Le choc peut être grand pour eux, ils rêvent d’Europe et se retrouvent ici, ce n’est pas simple", reconnaît Jean-Robert Wilt.

Alors, tout est fait pour occuper les - rares - temps morts des 55 colocataires du moment. Des sorties sont organisées "pour aller voir les apiculteurs du coin" ou "pour aller jouer au foot", mais Dawit, un Érythréen de 26 ans préférerait "aller au cinéma" et Robel "aller à la piscine". Amanual, leur camarade, ne se départ pas d’une idée fixe, "aller dans des cafés pour rencontrer des filles".

Pour pimenter le quotidien, certains tentent l’école buissonnière, et s’en vont explorer le village, avant d’être rattrapés par l’équipe. À 13h30, ce jour-là, le retour en classe est compliqué. Pauline, la professeure, a commencé le cours avec une poignée d’élèves, des mères de famille. Il faudra attendre 14h, avant que la salle soit au complet. "Ils sont dissipés", sourit Laurent, un des salariés polyvalent de France Horizon. "Il faut être derrière eux. Ce sont des jeunes. Ils ne se rendent pas compte que la maîtrise du français est capitale. Ils pensent qu’on sera toujours là pour les aider".

Dans la maison au bout de la rue, à quelques mètres seulement du couvent, Pierre, un retraité d’une soixantaine d’année regrette de ne pas connaître davantage ce nouveau groupe. "Avec les 50 réfugiés de la première rotation, on avait beaucoup plus d’affinités. On se parlait, ils voulaient m’aider à jardiner", se rappelle-t-il. "Ce groupe-là ne vient pas à notre rencontre, c’est dommage".

Pierre n’a pas toujours tendu la main à ses nouveaux voisins. Il reconnaît sans langue de bois avoir été "très hostile" à l’ouverture de la structure d’accueil à l’hiver 2017. "On s’est imaginés qu’on allait avoir un Sangatte ou un Calais à nos portes. On était furieux. J’étais prêt à installer des grillages autour de mon jardin", se rappelle le retraité désormais surnommé "Papi carambar" par les enfants réfugiés à qui il distribue des friandises.

À 14h, dans les couloirs du couvent, justement, les plus petits qui ne sont pas partis à la sieste après le déjeuner courent partout entre le réfectoire, la nurserie et la salle de classe. L’un d’eux lance une balle contre un mur qui percute un petit tableau sculpté accroché là. L’œuvre religieuse - on y devine la Passion du Christ - vacille mais ne se décroche pas. Après avoir retenu son souffle, le petit responsable de ce tir malheureux, repart en riant.

Personne ne semble prêter attention aux reliquats catholiques encore présents ici et là. La salle de télé est toujours nommée "Béthléem", et la salle d’éducation civique "Nazareth". Tout le monde semble également se moquer qu’un immense Christ en Croix surplombe les tables de cours, dans la salle de classe du rez-de-chaussée qui servait autrefois de chapelle.

Le décor est d’autant plus cocasse que la quasi-totalité des 55 réfugiés est de confession musulmane. "Étudier dans une chapelle ? Ça ne me dérange pas. Je suis là pour apprendre le français, pas une nouvelle religion", sourit Abdelkarim, un jeune Somalien de 24 ans dont une partie de la famille a été massacrée par les islamistes Shebab. "C'est vrai qu'enseigner le principe de laïcité à des musulmans dans une chapelle, c'est drôle", renchérit une bénévole. La cohabitation avec sept religieuses franciscaines dévouées à Saint François d’Assise ne semble pas non plus perturber les nouveaux locataires des lieux, bien au contraire. "On ne les voit presque jamais… C’est dommage. Elles ont l’air gentilles. Elles sourient tout le temps", continue le jeune Somalien.

"C’est comme s’ils venaient d’une autre planète"

Abdelkarim et les autres commencent à prendre conscience de leur départ prochain. Ils arrivent au bout de leurs 16 semaines de prise en charge à Thal-Marmoutier. Dans un français encore hésitant, Abdelkarim explique être reconnaissant envers la structure, et n’a pas peur de "l’après". "Quand je serai installé, je crois que je me mettrai à l’espagnol", confie-t-il, sans s’inquiéter de sa ville d’adoption.

D’autres sont moins sereins. En cours de formation civique, cet après-midi là, de nombreux réfugiés montrent des signes d’angoisse à l’idée de quitter le couvent. "Pourquoi je peux pas choisir ma ville ?", demande l’un. "Je ne connaîtrai personne là-bas ?", demande un autre. "À chaque départ, c’est pareil", précise Saïd, le professeur. "Certains ne maîtrisent pas encore le français, alors ils appréhendent de se retrouver dans un appartement, isolés, loin de leurs amis, loin des associations".

Pour ne pas les lâcher en pleine nature, France Horizon continue donc le suivi des réfugiés pendant encore hii mois, via une équipe de travailleurs sociaux. Un suivi indispensable pour ce public fragile. Le "mécanisme accéléré d'intégration" n’est pas adapté à tous. "Quand certains arrivent de coins reculés en Afrique, qu’ils ne parlent pas un mot d’anglais, on s’inquiète. On se dit que les débuts en France vont être très durs", précise Jean-Robert qui se rappelle avoir été confronté à des personnes "qui n’avaient jamais vu un tram, qui ne savaient pas comment se déplacer en ville, qui n’avaient jamais utilisé un ordinateur..."

À ses côtés, Nicolas, ancien réfugié de RD Congo, aujourd’hui salarié de France Horizon, acquiesce. "Il faut qu’ils apprennent à atterrir. C’est comme s’ils venaient d’une autre planète..."

Et si certains ratent le premier atterrissage, ils peuvent en réussir un second, rappelle Thomas Zimmermann, le directeur de l’association, en insistant sur l’histoire de trois frères centrafricains revenus s’installer dans le village alsacien. Les trois jeunes hommes ont été relogés à Nantes, en Loire-Atlantique, à 800 km de là. Mais l'expérience de la grande ville a été un échec.

"L’aîné ne trouvait pas de travail là-bas, alors il est revenu ici avec ses jeunes frères", se souvient aussi Pierre, alias Papi Carambar. "Un jour, ils ont sonné à ma porte. On était heureux de les revoir. Je l’aime bien, ce petit. On s’est démenés pour l’aider à trouver un emploi", ajoute le retraité qui semble avoir pris la fratrie sous son aile. "On a aidé ses jeunes frères à entrer au lycée ici", ajoute sa femme, Denise.

Aujourd'hui, l’aîné est mécano, continue Pierre. Le deuxième est au lycée et le troisième "est premier de sa classe", ajoute-t-il fièrement. "Ce sont des Thalois, maintenant. Ils vivent et travaillent ici. Certains n’apprécient pas qu’ils soient là. Je le sais. Ce sont les premiers Noirs du coin", plaisante-t-il. "Mais ce sont des Thalois.

 

Charlotte Boitiaux

 

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 17:12
Des tentes le long du périphérique parisien, en mai 2019 - © Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Des tentes le long du périphérique parisien, en mai 2019 - © Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Des associations qui luttent contre la pauvreté et la précarité se sont réunies, lundi 16 septembre, à Paris pour dénoncer la crise sanitaire et humanitaire.

Le lieu n’a pas été choisi par hasard. L’idée était de marquer les esprits. L’Armée du Salut avait donné rendez-vous au Théâtre du Rond-Point, à Paris, avec d’autres associations qui interviennent autour de la Porte de la Chapelle, comme la Fédération des acteurs de la solidarité, le Secours populaire, Emmaüs Solidarité, Emmaüs France, Aurore, France Terre d’Asile, les collectifs citoyens, la Fédération de l’Entraide protestante, le diocèse de Paris, le réseau Ezra… Le but était d’interpeler l’opinion publique sur la crise sanitaire et humanitaire  actuelle.

Certains migrants craquent

“La situation est catastrophique, nous n’avons jamais atteint un tel pic depuis 2013, explique Samuel Coppens, porte-parole de la Fondation Armée du Salut. Plus de 2500 personnes campent aux portes de Paris dans une précarité insupportable. Certains migrants craquent et nous ont montré des signes de détresse. Nous n’en pouvons plus alors nous avons choisi de le dire.”

L’événement organisé rapidement n’a pas eu l’écho escompté, notamment médiatique. “C’est le début de quelque chose. Peut être  serons-nous amenés à installer des tentes place de la Concorde pour que le président nous entende”, dit discrètement Samuel Coppens.

Dénoncer la crise sanitaire et humanitaire

Dans un communiqué lu par le comédien Raphaël Mezrahi, le collectif a appelé tous les acteurs : État, collectivités locales, bailleurs sociaux, associations, entreprises et citoyens, à “apporter des réponses quantitatives et qualitatives à la hauteur de la crise sanitaire et humanitaire que nous vivons partout en France. Collectivement, donnons-nous les moyens pour respecter le principe d’accueil inconditionnel qui fonde la tradition de solidarité vis-à-vis des personnes en situation de précarité en France.”

Samuel Coppens explique : “Nous voulons dénoncer la surdité de l’État à nos appels à l’aide. Ces personnes deviennent de plus en plus invisibles aux yeux de la société. Ce n’est plus tolérable. Qui s’émeut de voir les gens dans la rue, couchés sur des bancs ? Bien sûr, la situation est amplifiée par la crise des migrants. C’est inacceptable.”

Ne plus laisser de “demandeurs d’asile dans la rue et les bois”, c’était pourtant une promesse de campagne du candidat Macron. Une fois élu président, il a dit lors d’un déplacement à la Préfecture du Loiret, le 27 juillet 2017 : “La première bataille, c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des femmes et des hommes dans les rues. Dans les bois ou perdus. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi.”

L’Armée du Salut, pourtant discrète d’habitude, a décidé avec ses partenaires de lui rappeler ses engagements. “Pour les personnes dans la précarité, pour nos salariés, ce n’est plus possible, prévient Samuel Coppens. Cette situation révèle quelque chose de notre humanité.”

Détresse au quotidien

Que faire ? Le président Macron peut-il continuer à ignorer les alertes de ceux qui côtoient cette détresse au quotidien qui dure depuis plusieurs mois ?

Pour l’instant, la tendance penche plutôt du côté d’une remise en cause de l’Aide médicale d’État. Le débat parlementaire du 30 septembre sur les migrations n’augure rien qui vaille. “Nous essayons de rester en retrait du champ politique mais il faut être bon camarade, on ne peut pas être un acteur sans s’occuper vraiment de ce qui se passe.”

Laure Salamon

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 07:47

Journée Mondiale des Migrants

Samedi 28 septembre 2019

Eglise St Jean-Baptiste Vernon

19 Boulevard Georges Azémia 27200 - VERNON

Journée Mondiale des Migrants 2019

15h - 17h, animations sur le parvis:

Rencontre avec les associations de solidarité et d’aide aux migrants.

17h - 17h45  Témoignages 18h - 18h25  Répétition de chants

18h30  Messe diocésaine présidée par Mgr Nourrichard

19h45  Repas partagé (merci à ceux qui le peuvent d'apporter un plat de leur pays)

 

Contact :

Patrick PIFFAUT 06 72 79 72 73

p.piffaut@wanadoo.fr

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22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 07:16
Le Diocèse de Bordeaux s’engage pour l’accueil des Migrants à la rue

Communiqué de Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, le 29 juillet 2019, suite à l'expulsion de plusieurs squats sur la Métropole de Bordeaux.

 

Depuis quelques semaines, plusieurs squats et logements précaires ont été évacués sur le territoire de la métropole bordelaise. Des familles, femmes enceintes et enfants en bas âge ont été expulsés. La question du relogement se pose. On ne peut laisser à la rue toutes ces personnes, surtout dans la chaleur de l’été.

 

Des accueils provisoires ont été proposés. Mais c’est bien la question d’un logement plus pérenne qui se pose aujourd’hui. Pouvoirs publics et associations doivent tout faire pour répondre à cette question.

 

Avoir un toit est un droit fondamental. « Une Terre, un Toit, un Travail sont des droits sacrés » nous dit le pape François. Avec lui nous tirons « la sonnette d’alarme qui nous avertit du déclin moral qui nous guette si l’on continue à concéder du terrain à la culture du rejet » (Message pour la journée mondiale des migrants 2019).

 

À travers l’actualité qui est la nôtre, ce sont de multiples situations de détresse qui se présentent à nous. Nous ne pouvons pas y rester indifférents.

 

Le 29 juillet 2019

+ Jean-Pierre Ricard

Archevêque de Bordeaux

 

Communiqué de la Pastorale des Migrants de Bordeaux

« Nous lançons donc un appel à la solidarité à tous les catholiques du diocèse de Bordeaux pour qu’ils apportent leur soutien et aide, chacun selon ses moyens, aux hommes et femmes de bonnes volontés déjà mobilisés pour aider ces personnes mises à la rue. »

Suite aux récentes évacuations de nombreux squats sur l’agglomération bordelaise, des hommes, des femmes, des enfants se sont retrouvés à la rue. La Pastorale des migrants du diocèse de Bordeaux s’est mise en lien avec les associations et partenaires déjà mobilisés pour leur venir en aide et lance aujourd'hui un appel à la solidarité auprès de tous les catholiques de Gironde.

 
Près de trois semaines après l'évacuation, ce 9 juillet 2019, d'un squat dans le quartier Saint-Michel à Bordeaux les difficultés sont de plusieurs ordres :
- trouver des solutions d’hébergements temporaires dignes pour les personnes mises à la rue ou hébergées en urgence à la Bourse du travail
- Fournir des denrées alimentaires et aider à leur distribution
- Aider à l’accueil de jour et au soutien administratif et juridique
- Mettre en place des solutions d’hébergement plus pérennes

Au cœur de l’été, de nombreuses associations d'entraide se trouvent à court de bénévoles. Nous lançons donc un appel à la solidarité à tous les catholiques du diocèse de Bordeaux pour qu’ils apportent leur soutien et aide, chacun selon ses moyens, aux hommes et femmes de bonnes volontés déjà mobilisés pour aider ces personnes mises à la rue.

Si vous pouvez :
- héberger temporairement (2 à 4 semaines) une ou plusieurs personnes, merci de signaler vos disponibilités à l’association AREVE (areve33@orange.fr) et à la Pastorale des migrants (migrants@bordeaux.catholique.fr)

- vous rendre disponible pour quelques heures, vous pouvez prendre contact avec le Collectif des Migrants de Bordeaux qui assure un accueil de jour au mois d’août au sein de l’Athénée libertaire, 7 rue du Muguet (accueil et orientation, tri des vêtements, permanence juridique quotidienne de 10h à 12h, distribution d’un repas en fin d’après-midi…) (05 56 81 01 91)

- déposer des denrées alimentaires ou autres matériels utiles. Une liste des besoins, mises à jour quotidiennement, est disponible sur la page Facebook du Collectif des Migrants de Bordeaux

Comptant sur votre mobilisation,
Fraternellement,

Michel et Geneviève Barrabès, délégués épiscopaux pour la Pastorale des Migrants de Bordeaux

 

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22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 06:57
Les migrants ont été autorisés à débarquer dans la nuit de mardi à mercredi sur l'île de Lampedusa. Crédit : Reuters

Les migrants ont été autorisés à débarquer dans la nuit de mardi à mercredi sur l'île de Lampedusa. Crédit : Reuters

Dans la soirée de mardi 20 août, le procureur d’Agrigente, en Sicile, a ordonné le débarquement des migrants se trouvant à bord du navire humanitaire Open Arms et la mise sous séquestre du navire. À bord, les migrants ont laissé exploser leur joie.

Après 19 jours d'attente, les 83 personnes secourues en mer Méditerranée encore à bord du navire humanitaire Open Arms ont finalement accosté peu avant minuit mardi 20 août sur l'île italienne de Lampedusa. Quelques heures plus tôt, après une inspection de la police judiciaire et de deux médecins, le procureur d’Agrigente, Luigi Patronaggio, avait décidé que la situation à bord obligeait le débarquement rapide des rescapés. 

Le procureur a également ordonné la mis sous séquestre préventive du navire de l'ONG espagnole Proactiva dans le cadre d'une enquête contre X pour séquestration de personnes, omission et refus d'actes officiels, dont le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, a affirmé, sur Facebook, qu'elle le vise directement.

Sur son compte Twitter, le fondateur de Proactiva, avait annoncé aux alentours de 20h30 le débarquement imminent de l'Open Arms. "Le navire sera saisi temporairement mais c'est un coût qu'Open Arms assume pour assurer la prise en charge des personnes à bord. Nous considérons qu'il est essentiel de donner la priorité à leur santé et leur sécurité dans cette urgence humanitaire", a-t-il écrit. 

À bord, la décision de débarquement a été accueillie par des cris de joie et des chants, comme le montre une vidéo publiée par l'ONG dans la soirée. 

Les migrants de l'Open Arms s'étaient vus refuser l'accès de l'île par les autorités italiennes, bien que six pays européens (France, Allemagne, Luxembourg, Portugal, Roumanie et Espagne) se soient engagés à les accueillir.

Dans la journée de mardi, l'équipage de l'Open Arms avait dénoncé une situation "hors de contrôle". En trois jours, une dizaine de migrants s'étaient jetés à l'eau, espérant rejoindre l'île à la nage.

Face à l'impasse dans laquelle se trouvait le navire, le gouvernement espagnol avait décidé d'envoyer, dans la journée, un navire militaire pour récupérer les passagers de l'Open Arms et les conduire jusqu'au port de Palma de Majorque, dans les Baléares. Lundi, le gouvernement espagnol avait qualifié de "honte pour l'humanité" la fermeté de l'Italien Matteo Slavini à l'égard de l'Open Arms. Samedi 17 août, 27 mineurs non-accompagnés de l'Open Arms avaient été autorisés à débarquer à Lampedusa. 

 

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29 juillet 2019 1 29 /07 /juillet /2019 09:34
L’an dernier, près de 7000 personnes sont entrés illégalement à Ceuta et Melilla | Photo: Reuters

L’an dernier, près de 7000 personnes sont entrés illégalement à Ceuta et Melilla | Photo: Reuters

Qu’arrive-t-il aux migrants qui entrent illégalement dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc ? Explications.

Ceuta et Mellila sont deux villes espagnoles autonomes qui se trouvent au nord du Maroc au niveau du détroit de Gibraltar et de la Mer Méditerranée. Ces enclaves partagent une frontière terrestre commune avec le Maroc et sont le seul moyen d'arriver sur le territoire européen depuis l'Afrique sans passer par la Méditerranée.

Chacune de ces deux villes est entourée et protégée par une clôture d'environ 16 mètres de haut. Melilla est plus petite que Ceuta. La frontière là-bas est érigée sur trois niveaux. Sa clôture extérieure est faite d'un grillage au maillage très serré.

En 2018, près de 7000 personnes ont illégalement traversé les frontières pour entrer dans ces deux enclaves, ce qui a représenté environ 12% du nombre total d'arrivées irrégulières en Espagne.

Malgré la dangerosité, escalader et forcer le passage des clôtures est la méthode la plus utilisée par les migrants.

D’autres, moins nombreux, essaient d'arriver dans ces enclaves à la nage en contournant les clôtures qui se jettent dans la mer. Enfin, certains prennent le bateau, quitte à payer un passeur pour le trajet.

En mai, trois migrants, dont une adolescente de 15 ans, ont presque perdu la vie lors de leur tentative de passer le poste frontière en voiture. Ils étaient cachés dans des compartiments sous le tableau de bord et derrière les sièges.

La demandes d’asile

Ceux qui passent la frontière du Maroc vers Ceuta ou Melilla se trouvent techniquement sur le territoire espagnol et donc sur le territoire de l’Union européenne. Les migrants sont ainsi susceptibles de demander la protection internationale dans le cadre du droit d’asile en Espagne.

Néanmoins, il est souvent arrivé que les autorités espagnoles renvoient des migrants vers le Maroc au lieu de les emmener en Espagne. Cette procédure d’expulsion connue sous le nom de "renvois à chaud" est autorisée par une loi spéciale adoptée en 2015, malgré les critiques des organisation humanitaires.

Une fois à Ceuta ou Melilla, les migrants sont emmenés dans des centres de séjour temporaire (CETIs) où ils peuvent déposer leur demande d’asile.  Comme ces deux enclaves font partie de l’Espagne, Ceuta et Melilla font également partie de l’espace Schengen qui garantit la liberté de mouvement. Mais encore une fois, les règles sont différentes pour les demandeurs d’asile et les migrants clandestins puisqu’ils ne sont pas autorisés à rejoindre la métropole espagnole sans la permission de la police nationale.

Pendant la procédure de demande d’asile, les migrants restent généralement ans les CETIs, parfois jusqu’à un an, avant d’être transféré vers la métropole. Les conditions de vie y sont plus dures que dans le reste de l’Espagne. Ces centres sont largement surpeuplés, au point de voir des enfants dormir sur des matelas posés au sol. 

L'enclave espagnole de Ceuta

 

Les Africains subsahariens exposés à plus de risques

Il est également possible d’entrer dans les deux enclaves en passant légalement un poste frontière. Du côté espagnol se trouve alors un bureau pour les candidats à l’asile. Cependant, quasiment tous ceux qui ont choisi la voie légale pour passer sont des Syriens, des Palestiniens, et des Maghrébins. Les migrants d’Afrique subsaharienne sont régulièrement interceptés par les autorités marocaines s’ils s’approchent des postes frontières. Ainsi, ils sont peu nombreux à accéder à la possibilité de demander l’asile.

Ces personnes se rabattent alors sur les moyens illégaux, comme se cacher dans une voiture, utiliser des bateaux ou tenter d’escalader la clôture. Ils courent ainsi le risque d’être victimes de trafic et de violence.Cette personne a tenté d’escalader la clôture à Ceuta et montre ses blessures aux mains, décembre 2018 | Photo: M. Elshamy

 

L’indécision de l’Espagne

En 2005, les autorités ont commencé à installer du fil barbelé sur certains tronçons des frontières de Ceuta et Melilla, avant de le retirer deux ans plus tard face aux nombreuses blessures constatées chez ceux qui avaient réussi à passer la clôture.

En 2013, le barbelé a été réinstallé sous le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, avant qu’en 2015 et 2016 l’actuel président du gouvernement Pedro Sanchez ne fasse du retrait de ce barbelé une promesse de campagne. Depuis, les installations n’ont pas changé et la promesse est restée vaine.

Marion MacGregor 

Traduction : Marco Wolter

 

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 10:24
REUTERS/Kemal Aslan | Des passants marchent devant une boutique syrienne, dans le quartier Kucukcekmece à Istanbul, 5 juillet 2019

REUTERS/Kemal Aslan | Des passants marchent devant une boutique syrienne, dans le quartier Kucukcekmece à Istanbul, 5 juillet 2019

Depuis le 12 juillet, la police turque a arrêté plus de 6 000 migrants, dont une majorité de Syriens, vivant à Istanbul de manière "irrégulière".

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

C’est la première fois que la Turquie prend de telles mesures, alors qu’elle accueille depuis des années plus de trois millions et demi de Syriens, dont près de 550 000 à Istanbul.

Beaucoup d’observateurs font le lien avec la défaite du parti du président Recep Tayyip Erdogan, lors des élections municipales à Istanbul en juin. L’accueil des Syriens s’était imposé comme un sujet majeur de préoccupation chez les électeurs.

Les mesures de fermeté du gouvernement

Ces derniers jours, les Syriens d’Istanbul qui ne se sont pas enregistrés évitent de sortir de chez eux. Ils craignent d'être renvoyés en Syrie. Les récents coups de filet, inédits depuis l’arrivée des premiers réfugiés il y a huit ans, interviennent sur fond de montée du sentiment anti-Syriens. Ils surviennent également un mois après le revers du parti au pouvoir à l’élection municipale d’Istanbul.

Selon le chercheur Omar Kadkoy, spécialisé dans ces questions, il y a un lien direct : "Le gouvernement, avec ces mesures de fermeté et son application stricte des règles à l’encontre des Syriens qui ne sont pas enregistrés, envoie un message pour dire : 'Même si nous avons perdu les récentes élections municipales, nous gardons le contrôle'".

Un statut fragile pour les Syriens de Turquie

Pour le chercheur, les arrestations illustrent également la fragilité du statut des Syriens de Turquie. Légalement, ils ne sont pas réfugiés, mais sous "protection temporaire". Ils ne sont pas complètement libres de leur déplacement : un Syrien "enregistré" à Gaziantep, par exemple, doit rester à Gaziantep. Il n'est pas autorisé à se déplacer sur le territoire turc. 

Cette semaine, la préfecture d’Istanbul a lancé un ultimatum aux Syriens qui vivent dans la mégapole alors qu’ils sont enregistrés dans une autre province : ils ont jusqu’au 20 août pour quitter Istanbul.

"Le statut de protection temporaire ne mène personne nulle part… Nous souffrons d’un manque de politiques d’intégration", explique encore Omar Kadkoy.

De leur côté, les autorités démentent avoir renvoyé des Syriens dans leur pays, alors que plusieurs ONG affirment avoir recensé des dizaines de cas. "Ces personnes, nous ne pouvons pas les expulser [...] Lorsque nous attrapons des Syriens qui ne sont pas enregistrés, nous les envoyons dans des camps de réfugiés", a déclaré le ministre de l'Intérieur Süleyman Soylu dans une interview avec la chaîne turque NTV.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 09:15
L'Ocean Viking de SOS Méditerranée et MSF a pris la mer le 18 juillet 2019. Crédit : Anthony Jean / SOS Méditerranée

L'Ocean Viking de SOS Méditerranée et MSF a pris la mer le 18 juillet 2019. Crédit : Anthony Jean / SOS Méditerranée

Après l’Aquarius, un nouveau navire humanitaire affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontières sillonne désormais la Méditerranée centrale à la recherche de migrants en détresse.

Il aura fallu sept mois à SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontières (MSF) pour reprendre la mer depuis l’arrêt de l’Aquarius fin 2018. Les deux ONG ont annoncé dimanche 21 juillet la reprise de leurs activités de recherche et de sauvetage des migrants en Méditerranée.

Baptisé Ocean Viking, le nouveau navire humanitaire sous pavillon norvégien fait cap depuis le 18 juillet vers la Méditerranée centrale -devenue la route migratoire maritime la plus meurtrière au monde. “Ce bateau est celui de tous ceux qui refusent de rester sans rien faire. Selon l’OIM, au moins 20 000 personnes sont mortes noyées en Méditerranée ces cinq dernières années”, rappelle SOS Méditerranée dans un communiqué de presse.

 

Ce nouveau bateau #OceanViking, c'est le vôtre, celui de tous les citoyens qui veulent agir face à l'inacceptable. Aidez-nous à sauver des vies en mer, faites un don

Les deux ONG estiment qu’il est “impératif de retourner en mer” à l’heure où les autres navires humanitaires sont quasiment tous immobilisés et où les pays de l’Union européenne (UE) ne parviennent pas à s’accorder sur un mécanisme de répartition et d’accueil des migrants rescapés. “Les unités navales de l'opération européenne Sophia ont quitté la zone et les États européens mènent toujours une intense campagne de criminalisation à l'encontre des navires opérés par la société civile. Surtout, il n'y a toujours pas de mécanisme de débarquement coordonné, durable et partagé, comme le requiert le droit maritime”, explique Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée.

En outre, depuis le début de l'année, l'OIM a dénombré au moins 426 décès en Méditerranée centrale, les migrants tentant d'échapper à l'escalade des violences en Libye et aux conditions de vie déplorables dans les centres de détention du pays.

Une clinique à bord et une trentaine de membres d’équipage

Long de près de 70 mètres, l’Ocean Viking a été construit en 1986. Il servait auparavant de navire d’approvisionnement et de sauvetage pour l’industrie gazière et pétrolière en mer du Nord. “Son grand pont arrière découvert a permis à SOS Méditerranée et MSF d’y installer un ensemble de conteneurs spécialement aménagés pour abriter et soigner les rescapés”, indiquent les ONG. Le navire dispose également de quatre canots et d’une clinique médicalisée avec plusieurs salles de consultation, de triage et de repos.

L’équipe de SOS Méditerranée en charge des opérations de recherche et de sauvetage se compose de 13 personnes : un coordinateur des opérations, un coordinateur adjoint, 9 marins-sauveteurs, un chargé de communication et un chargé de recherche et de documentation.

Du côté de MSF, neuf personnes chargées de subvenir aux besoins médicaux et humanitaires des rescapés rejoignent l’équipage : quatre praticiens (un docteur, deux infirmières, une sage-femme), un logisticien, un médiateur culturel, un chargé d’affaires humanitaires et un responsable de la communication. L’équipe est dirigée par un coordinateur de projet.

Neuf autres personnes composent l’équipage maritime du bateau, employées par l’armateur.

Chaque journée de mer coûte 14 000 euros, selon SOS Méditerranée qui appelle aux dons. Au terme de près de trois ans en mer, l'Aquarius, qui a secouru 30 000 migrants, avait été contraint de cesser ses activités en décembre 2018, successivement privé de son pavillon de Gibraltar puis du Panama.

L’Europe toujours divisée sur l’accueil des migrants rescapés

Depuis début juillet, le navire humanitaire allemand Alan Kurdi est parvenu à secourir plus d'une centaine de personnes acheminées jusqu'à Malte. Le Sea Watch 3, quant à lui, est toujours immobilisé après avoir forcé l’entrée dans les eaux territoriales italiennes à l’initiative de la capitaine Carola Reckete.

Réunis jeudi à Helsinki, les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne ne sont pas parvenus à s'entendre sur un "mécanisme de solidarité" visant à mettre fin à l'errance des bateaux interdits de faire débarquer des migrants secourus en Méditerranée centrale.

"Les choix faits seulement à Paris et à Berlin, ça suffit. L'Italie n'est plus disposée à accepter tous les immigrants qui arrivent en Europe", a déclaré dimanche Matteo Salvini dans un message sur Facebook accompagnant une lettre adressée à son homologue français Christophe Castaner. "La France et l'Allemagne ne peuvent pas décider de politiques migratoires en ignorant les demandes des pays les plus exposés comme nous et Malte", ajoute le ministre, et patron de l'extrême droite alors que l'Europe est toujours divisée sur la politique d'accueil des migrants.

Lors de la réunion, l'Italie et Malte ont présenté un texte qui préconise le débarquement et la création de centres d'accueil temporaire et d'identification des migrants (hotspots) dans les pays limitrophes aux pays de départ. Un document qui doit servir de point de départ de "toute nouvelle discussion", affirme MatteoSalvini alors que les ministres doivent se réunir à nouveau lundi à Paris.

 

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 06:33
L'une des capitaines du Sea Watch 3, Carola Rackete, accoste à Lampedusa, en Italie, le 29 juin 2019. Crédit : Reuters

L'une des capitaines du Sea Watch 3, Carola Rackete, accoste à Lampedusa, en Italie, le 29 juin 2019. Crédit : Reuters

S’attirant les foudres de l’extrême droite italienne, la ville de Paris a annoncé un don de 100 000 euros pour l’ONG SOS Méditerranée, qui prévoit de reprendre “le plus vite possible” ses opérations de sauvetage en mer. Les deux capitaines du Sea Watch 3, poursuivies en justice en Italie, ont par ailleurs été décorées.

La mairie de Paris a fait montre de son engagement en faveur des migrants, vendredi 12 juillet. La Ville a versé une aide d'urgence de 100 000 euros à SOS Méditerranée "pour une nouvelle campagne de sauvetage en mer des migrants". L’association, dont le navire de sauvetage l’Aquarius n’a plus pris la mer depuis décembre 2018 pour des raisons judiciaires et administratives, est en “recherche active” d’un nouveau bateau pour reprendre ses opérations de sauvetage “le plus vite possible”. Alors que l’ONG souhaite se doter d’un nouvel équipage et d’une unité de soins d'urgence, ce don est le bienvenu.

L’Aquarius, dont nous étions locataires, nous coûtait 11 000 euros par jour, et c’était un excellent rapport qualité prix. On sait déjà que le prochain navire nous coûtera quelques milliers d’euros de plus par mois”, réagit Julie Bégin, en charge de la communication à SOS Méditerranée, qui précise ne pas connaître la date de reprise des opérations. Aucune information n'est par ailleurs disponible concernant le pavillon sous lequel le futur bateau de secours voguera.

La mairie de Paris avait déjà subventionné l’ONG à hauteur de 25 000 euros en 2016 et de 30 000 en 2018. “On est très heureux de voir que la ville de Paris nous renouvelle son soutien”, ajoute Julie Bégin. Autre preuve de la bonne entente entre la capitale française et l’ONG : mi-juin, les pelouses du Champs de Mars, aux pieds de la Tour Eiffel, ont été mises à disposition de l’artiste Saype, qui a créé une vaste fresque en hommage à la mission de SOS Méditerranée.

"Carola Rackete et Pia Klemp, porteuses des valeurs européennes"

Par ailleurs, la mairie a remis la médaille Grand Vermeil - "la plus haute distinction de la ville de Paris", précise la municipalité, dans un communiqué - aux capitaines du bateau Sea Watch 3, Carola Rackete et Pia Klemp, toutes deux poursuivies par la justice italienne pour avoir sauvé des migrants en mer Méditerranée. La Ville entend ainsi réaffirmer son "soutien aux femmes et hommes qui œuvrent au sauvetage des migrants au quotidien". 

"Des associations comme SOS Méditerranée et Sea-Watch nous honorent et nous obligent face à l'inertie des gouvernements européens", a estimé l'adjoint à la maire de Paris chargé des relations internationales, Patrick Klugman. "Carola Rackete et Pia Klemp sont les emblèmes de ce combat, porteuses des valeurs européennes auxquelles la ville de Paris appelle une nouvelle fois notre continent à rester fidèle."

Carola Rackete, 31 ans, a été arrêtée fin juin pour avoir accosté de force dans le port de Lampedusa, en Italie, afin de débarquer 40 migrants qui se trouvaient à bord du navire depuis plus de deux semaines. Accusée d'aide à l'immigration clandestine, elle sera jugée le 18 juillet devant le tribunal d'Agrigente, en Sicile. L’autre capitaine, Pia Klemp, qui a également sauvé de nombreuses vies en Méditerranée, reste poursuivie par la justice italienne.

"Nouvelles provocations intolérables de Paris"

Du côté des autorités italiennes, ces décisions de la ville de Paris ont suscité une levée de boucliers. Matteo Salvini, le ministre italien de l'Intérieur et dirigeant du parti d'extrême droite La Ligue, a asséné samedi de vives critiques envers la France. "Hypocrisie française", a lancé l'homme fort du pays sur son compte Twitter, ironisant sur le fait que la France n'avait répondu à aucun des appels à l'aide lancés par la militante allemande désormais présentée comme une "héroïne". Lui-même s'était opposé au débarquement des 40 migrants en juin.

"Les Français s'engagent avec une ONG qui fait de la politique en Italie et avec une personne qui a heurté une vedette de la police financière, mettant en danger la vie des militaires italiens", a-t-il encore accusé.

De son côté, Giorgia Meloni, dirigeante du petit parti italien d'extrême droite Fratelli d'Italia, a exprimé sa forte désapprobation envers la politique parisienne en boycottant la réception du 14 juillet qui se tenait à l'ambassade de France à Rome.

"Outre le fait d'honorer la commandante de Sea-Watch, Paris donne 100 000 euros à l'ONG SOS Méditerranée pour de nouvelles missions de sauvetage. Bien, je présume que ces missions se concluront toutes dans les ports français, c'est juste ?", s'est-elle interrogée sur son compte Facebook, dénonçant de "nouvelles provocations intolérables de Paris". 

Une vingtaine de membres de Fratelli d'Italia ont pour leur part manifesté en fin d'après-midi devant l'ambassade à Rome, au moment où arrivaient des personnalités politiques italiennes. 

 

Charlotte Oberti

 

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