Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 17:14
Crédit photo Laurin Schmid / SOS MEDITERRANEE

Crédit photo Laurin Schmid / SOS MEDITERRANEE

SOS MEDITERRANEE
LANCE UN APPEL URGENT A MOBILISATION CITOYENNE

Pétition, manifestations, campagne numérique…

Ces derniers mois, l’Aquarius, affrété par SOS MEDITERRANEE et opéré en partenariat avec Médecins sans Frontières (MSF), a été la cible de manœuvres politiques visant à criminaliser ses équipes et à mettre un terme à sa mission vitale de sauvetage. Après la fermeture des ports italiens et les difficultés récurrentes à trouver un lieu sûr pour débarquer les rescapés, l’Aquarius a été attaqué à deux reprises par l’Etat du pavillon – Gibraltar en août puis Panama qui a annoncé son intention de radier le navire de ses registres. Sans pavillon, l’Aquarius serait contraint de rester à quai, alors qu’aux portes de l'Europe, en l'absence de tout navire de sauvetage civil en Méditerranée centrale, les morts se multiplient. Autant de vies qui disparaissent en silence, tandis que les Etats européens ferment les yeux.

Rappeler aux Etats d'Europe leurs responsabilités en Méditerranée centrale

L’Aquarius doit retourner en mer au plus vite pour sauver des vies. SOS MEDITERRANEE et MSF appellent à une mobilisation citoyenne urgente à l’échelle européenne afin de demander à tous les Etats d'Europe :

 

  • De prendre toutes les mesures pour permettre à l’Aquarius de reprendre sa mission de sauvetage le plus rapidement possible;
  • De faire respecter le devoir d'assistance aux personnes en détresse en mer;
  • D’assumer leurs responsabilités étatiques en établissant un véritable modèle de sauvetage en Méditerranée.

SOS MEDITERRANEE lance une pétition « Sauvons l’Aquarius et le sauvetage en mer » et appelle à des rassemblements citoyens le 6 octobre dans plusieurs villes d’Europe afin de porter ces messages.

Pétition internationale : 1 million de signatures attendues

SOS MEDITERRANEE a choisi la plate-forme WeMove pour porter cette pétition qui peut être signée dès maintenant en cliquant sur le lien :


Signer la pétition


La pétition sera accompagnée d’une campagne digitale où chaque citoyen sera invité à se filmer ou à se photographier avec les hashtags #SaveAquarius et #SaveRescueAtSea.

Vague orange le 6 octobre dans les rues d’Europe

Le 6 octobre, une vague citoyenne orange, aux couleurs des gilets de sauvetage et de l’Aquarius, est appelée à descendre dans la rue afin de soutenir les valeurs d’humanité portées par SOS MEDITERRANEE et MSF. Les citoyens, marins, humanitaires, secouristes, artistes, intellectuels, associations, entreprises, mouvements religieux, syndicats et collectivités publiques sont invités à rejoindre les rassemblements pacifiques et apolitiques avec comme seul signe distinctif un t-shirt orange. SOS MEDITERRANEE organisera des rassemblements citoyens dans plusieurs villes d’Europe en Allemagne (Berlin), Italie (Palerme) et en France notamment à Paris, Marseille, Lyon, Nantes, Montpellier, Toulouse, Brest, Bordeaux, Grenoble, Saint-Etienne…

Sauvons l’Aquarius et le sauvetage en mer !

 

 

Partager cet article

Repost0
19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 06:42
Une famille syrienne dans le camp de Moria le 30 novembre 2017 © REUTERS/Alkis Konstantinidis

Une famille syrienne dans le camp de Moria le 30 novembre 2017 © REUTERS/Alkis Konstantinidis

La surpopulation, les mauvaises conditions sanitaires et le manque de sécurité dans les camps de migrants grecs pèsent lourdement sur la santé mentale des réfugiés. InfoMigrants a parlé à un psychologue clinicien de Lesbos qui, tous les jours, est témoin des conséquences humaines désastreuses d'une politique migratoire erronée.

C’est un vendredi en fin d’après-midi, et Greg Kavarnos, psychologue clinicien sur l’île grecque de Lesbos, vient tout juste de voir son dernier patient de la semaine. Il s'enfonce dans sa chaise, ouvre son journal et feuillette les pages remplies de notes.

"Je vois cinq patients par jour," me dit-il. "Vous pourriez dire que ce n’est pas beaucoup, mais vous entendez des histoires de viol, de guerre, de torture, de violences sexuelles, de violences sexuelles et de torture. Ce sont cinq rendez-vous quotidiens où l’on vous parle de problèmes psychiatriques et psychologiques vraiment graves. "

Greg travaille à la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) à Mytilène, la principale ville de l'île, à quelques kilomètres au sud des camps de réfugiés de Kara Tepe et Moria, où vivent la majorité de ses patients. En 18 mois, il a vu environ 250 patients. "Au début, en 2015 et 2016, la demande de soutien psychologique était si forte que nous avons dû nous concentrer sur les cas les plus graves ", explique Greg. "Notre travail ici à la clinique se concentre désormais sur les victimes de traumatismes."

'Situation d’urgence en matière de santé mentale'

MSF a fait valoir que la situation sur les îles grecques de Samos et Lesbos constitue une situation d’"urgence en matière de santé mentale". Human Rights Watch l'a qualifiée de "crise silencieuse de santé mentale ". Les recherches des deux organisations mettent en évidence l'ampleur et la gravité des besoins des patients sur les îles.

Chaque jour, Greg a un aperçu de la profonde souffrance qui règne ici, aux confins de l’Europe. Entre les quatre murs de son bureau, il tente de démêler des expériences complexes qui s’étendent parfois sur des années, sur des frontières, sur la terre et la mer. Par exemple, "quelqu'un se présente à la clinique et explique qu’ils ont été torturés dans leur pays d'origine. Et que le bateau à bord duquel ils étaient a coulé alors qu’ils essayaient de faire la traversée depuis la Turquie. Et puis qu’hier, il y a eu une émeute dans le camp de Lesbos, que la police est arrivée avec des gaz lacrymogènes et a frappé les gens à la tête. Mon travail est de remettre toutes ces parties dans l’ordre pour qu'une personne puisse aller de l'avant."

L’impact des politiques frontalières

Lesbos, parmi les autres îles grecques, est depuis 2015 en première ligne de la réponse européenne aux réfugiés. Depuis, les médias se sont faits plus discrets, mais l’impact cumulé des politiques frontalières de l'UE a été dévoilé.

L’accord UE-Turquie de 2016 a joué un rôle décisif pour les îles : la Turquie s’est engagée à accepter le retour de la plupart des demandeurs d'asile qui ont traversé son territoire avant d'arriver en Grèce, en échange de milliards d'euros d'aide, entre autres avantages promis. Mais dans la pratique, des milliers de demandeurs d’asile se sont retrouvés coincés dans les camps sur les îles.

Les conséquences humanines de la politique de l’UE se retrouvent à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du bureau de Greg. Elles se font entendre à travers l’île : des chants des résidents du camp de Moria qui protestent sur la place de la ville de Mytilène contre la manière dont ils sont traités, aux appels radio lancés aux équipes de sauvetage dans le nord, qui continuent, en 2018, à recueillir des embarcations de fortune dans l’Océan.

 

La sémantique employée quand on parle de santé mentale est évidemment importante. Greg souligne que, quand on évoque "une crise de santé mentale des réfugiés", on évite en quelque sorte d'aborder le rôle de l’Europe qui exacerbe le problème.

"Lors d'une réunion, on m'a demandé : "Combien de psychologues faut-il pour faire face à la crise de santé mentale à Moria ? ", raconte Greg. "J'ai répondu : vous pourriez avoir un psychologue pour chaque personne à Moria, mais si vous ne changez pas les conditions dans le camp, nous ne pourrons jamais faire face à la crise de santé mentale. Pourquoi ? Parce que nous, la société européenne, nous traumatisons les gens. Ils sont déjà traumatisés par leurs expériences dans leur pays d'origine, ils sont traumatisés par leurs expériences lors du voyage, et nous, nous les traumatisons aussi ici".

Conditions désastreuses dans les camps

La surpopulation, une mauvaise hygiène et le manque de sécurité dans le camp de Moria, où l'on estime que plus de 5000 personnes vivent actuellement dans des installations temporaires construites pour 2000 personnes, tout cela a un impact sur la santé mentale des gens, affirme Greg. "L'un des éléments du problème de santé mentale est que les gens ont quitté des zones de guerre, que beaucoup ont perdu la moitié de leur famille et qu’ils s'attendaient à trouver une société organisée et la démocratie sur le sol européen ", explique Greg. "Au lieu de cela, ils se retrouvent dans un camp de prisonniers, où rien ne fonctionne et où règne la loi de la jungle…Le message de ces camps, c’est : " Tu n'es même pas un citoyen de seconde classe. Tu es un citoyen de quatrième classe."

MSF et Human Rights Watch sont deux des nombreuses organisations qui ont critiqué la "politique de confinement" mise en place sur les îles. La semaine du 23 avril, 21 organisations ont signé une déclaration commune condamnant la décision de la Grèce d'annuler une décision judiciaire levant les restrictions à la circulation des demandeurs d'asile nouvellement arrivés sur les îles.

Manque de transparence

Mais d’après Greg, ce ne sont pas uniquement les conditions matérielles qui ont un impact sur ses patients. "Si j'étais un réfugié ici à Lesbos, en plus de tout, je devrais faire face à la bureaucratie ", explique Greg. "Seulement je ne trouve personne à qui parler, et il n'y a que quelques organisations juridiques sur toute l'île. Mais il y a aussi un manque de transparence sur les procédures d'asile. Dans certains cas, les demandeurs d'asile nouvellement arrivés sont déplacés après un mois, alors que d'autres attendent dans des camps depuis deux ans sans raison claire. Avec tous ces problèmes, même si vous n'avez pas connu d’expériences traumatiques dans le passé, le simple fait d'avoir à vivre dans cette situation suffit à rendre fou n’importe qui. "

Greg,qui habite lui-même à Lesbos, se souvient de milliers de personnes dormant dans les ports, les parcs et sur les trottoirs à la fin de l'été 2015 lorsque la ville de Mytilène (qui compte 30 000 habitants) voyait arriver quelques milliers de personnes chaque jour. Il a vu comment les habitants, dont beaucoup sont eux-mêmes les enfants et les petits-enfants de réfugiés turcs, ont admirablement fait face aux pressions.

Pourtant, les tensions entre certaines couches de la société remontent à la surface. Le dimanche soir et tôt le lundi matin après ma rencontre avec Greg, la manifestation sur la place de Mytilène des habitants du camp de Moria s'est terminée dans la violence : des manifestants d'extrême droite ont attaqué les manifestants, certains auraient même crié "brûlez-les vifs".

Alors que la route qui mène à Lesbos est incertaine, les bateaux continuent d'arriver et les bénévoles et les locaux continuent de travailler. Et Greg continue de voir des patients cinq fois par jour.

Les souvenirs traumatiques sont stockés et traités différemment des souvenirs normaux, explique Greg. "Quand on essaie de se les rappeler, on les revit d'une certaine façon."  Au vu des traumatismes extrêmes qu’ont connus ses patients, par où commence-t-il pour avoir un impact positif ? "Ce que je peux faire, c'est d'essayer d'amener les gens à briser le cycle de rappel de ces traumatismes ", explique-t-il.

"Oui, vous vous souvenez de la torture et vous ne l'oublierez jamais. Et peut-être que ce n'est même pas utile de l'oublier. Mais vous rappelez-vous quand vous avez été relâché ? Comment vous êtes-vous senti à ce moment-là ? Et vous rappelez-vous quand vous avez survécu au bateau qui a coulé, quand on vous a sauvé ? Vous vous souvenez de ce sentiment ? Et vous rappelez-vous la première fois que vous avez embrassé votre femme ou vu le premier sourire de votre enfant ? Concentrez-vous là-dessus. "

 

Holly Young

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 06:31
« Aidez-nous à quitter cet enfer, vite ! » : une rare manifestation de migrants en Libye

Une manifestation inédite de migrants a eu lieu récemment près de Tripoli. Un groupe de migrants, principalement des Éthiopiens et des Érythréens, a forcé les portes d’un centre de rétention où il était enfermé, puis a marché vers la capitale Tripoli, à une vingtaine de kilomètres au nord, pour demander l’aide de l’ONU et des ONG de défense des droits de l’Homme. Ballottés de camps de torture en centre de rétention depuis leur arrivée en Libye en 2015, ces migrants veulent aujourd’hui quitter la Libye le plus tôt possible.

Le groupe de migrants a posté les images de la manifestation sur Facebook, dimanche 12 août, dans l’espoir qu’elles soient partagées le plus largement possible. Aman (pseudonyme), un Érythréen de 22 ans, était parmi les manifestants. Il raconte :

"Nous étions enfermés depuis trois mois dans le centre de rétention du village de Qasr Ben Ghachir (à 25 kilomètres au sud de Tripoli). Des employés de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sont venus nous voir à notre arrivée, en mai dernier. Ils ont enregistré nos noms, et nous ont dit qu’ils allaient nous évacuer de Libye très prochainement. Mais nous n’avons aucune nouvelle d’eux depuis.

Capture d'écran de la vidéo de la manifestation postée par le groupe de migrants sur Facebook, dimanche 12 août.

Nous avons donc forcé les portes du centre de rétention, et nous avons marché vers Tripoli. Les forces de l’ordre nous ont dispersés avec des tirs de sommation. Puis, nous avons entamé des négociations avec eux, et ils nous ont promis qu’ils allaient nous aider à quitter le pays.

Nous sommes un groupe d’environ 120 personnes, et il y a de nombreux femmes et enfants avec nous. Nous sommes arrivés en Libye en 2015, dans l’espoir de pouvoir rallier l’Europe par la mer. Mais nous avons été kidnappés par des groupes criminels et séquestrés dans un hangar dans la ville de Beni Oualid. Les kidnappeurs nous vendaient à des soi-disant passeurs, qui nous torturaient à l’électricité et envoyaient des vidéos à nos familles et nos amis pour leur extorquer de l’argent. Le montant de la rançon pouvait aller de 1 000 à 6 000 dollars. Le pire, c’est que même après avoir touché la rançon, les ravisseurs refusaient de nous libérer.

Nous avons été libérés par les forces de sécurité libyennes, en mai dernier. Nous avons ensuite été transférés vers le centre de rétention de Qasr Ben Ghachir. Mais même s’il s’agit d’un centre de rétention officiel, nous ne faisons plus confiance aux Libyens. N’importe qui ici peut vous kidnapper, vous torturer, vous tuer. Nous voulons juste quitter cet enfer dans les plus brefs délais, la destination importe peu. C’est pour cela que nous exhortons le HCR d’accélérer les procédures pour notre évacuation "

Le groupe de migrants a été transféré jeudi 16 août vers un autre centre de rétention, situé près du siège du ministère de l’Intérieur à Tripoli.

De nombreux Érythréens fuient chaque année leur pays pour échapper à un régime totalitaire. Ils bénéficient en général du statut de réfugié auprès du HCR, statut censé les protéger contre le retour vers leur pays d’origine.

Une porte-parole du HCR, Paula Barrachina Esteban, affirme que l’agence onusienne suit de près le dossier de ces migrants. Elle explique :

"Nous sommes en train de chercher des solutions pour ces personnes, et pour tous les réfugiés actuellement coincés en Libye. Ces personnes sont réinstallées dans un pays tiers lorsque cela est possible, mais les solutions pour le moment sont très limitées et dépendent de chaque cas.

Nous avons lancé un appel à tous les pays afin qu'ils nous offrent des places pour accueillir les réfugiés dans un pays sûr.

À ce jour, 12 États ont proposé au total 3 886 places pour accueillir les réfugiés qui sont actuellement en Libye, et au Niger. Mais nous avons besoin de plus de places. En 2018, près de 55 000 demandeurs d’asile ont été enregistrés par le HCR en Libye.

L’autre solution consiste à évacuer ces personnes vers le Niger. Dans le cadre du mécanisme de transit d’urgence, les demandeurs d’asile sont accueillis dans un camp géré par le HCR à Niamey, où leurs demandes d’asile sont traitées au cas par cas.

Ils sont accueillis de façon temporaire dans ce camp, en attendant qu’un pays tiers accepte de les accueillir. Le problème, c’est que le camp est actuellement presque complet. Nous attendons que des places se libèrent. Depuis le début de l'opération d'évacuation de la Libye à la fin de 2017, 1 536 personnes au total ont été évacuées vers le Niger. Actuellement, la capacité totale d’accueil restante à Niamey est de 335 personnes."

Selon un rapport du HCR publié en juin 2018, le nombre de réfugiés en attente d'une solution d’installation dans des pays tiers atteindrait 1,4 million en 2019 alors que 75 000 personnes seulement ont bénéficié d’une réinstallation en 2017.
 

Par Les Observateurs de France 24

 

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
17 août 2018 5 17 /08 /août /2018 22:11
AQUARIUS :  Une solution qui doit être l’amorce d’un accord européen sur les migrations

DÉCLARATION DE Frédéric SEVE et Yvan RICORDEAU, SECRÉTAIRES NATIONAUX DE LA CFDT

 

Le 15 août après-midi l’Aquarius, avec à son bord les 141 migrants secourus en mer, a pu accoster à Malte. Après plusieurs jours en quête d’un port d’accueil, ce sont finalement 5 pays (la France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne) qui ont accepté d’accueillir les 141 nouveaux arrivants (pour la moitié mineurs et pour plus d’un tiers des femmes) en plus des 114 déjà arrivés à Malte ce lundi. La CFDT se réjouit qu’une solution ait pu être trouvée, permettant aux rescapés d’être débarqués dans un lieu sûr où leurs besoins fondamentaux seront respectés et où ils seront à l’abri d’abus, tel que le prévoit le droit maritime international.

 

Pour autant, comme le souligne le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, il est urgent de sortir des approches « bateau par bateau » où, pendant que les gouvernements négocient du bout des lèvres l’accueil de quelques dizaines de migrants, ceux-ci restent en mer alors qu’ils devraient pouvoir bénéficier d’une prise en charge complète qui dépasse les moyens d’un navire humanitaire.

 

Les situations comme celle-ci sont le résultat de plus de 20 ans de l’approche européenne en matière de migration : le système Dublin. A force de ne pas en faire un dossier prioritaire, pensant que tout était sous contrôle, les gouvernements européens n’ont pas anticipé la situation de 2015 et restent aujourd’hui tétanisés par la peur, ne nous offrant rien d’autre qu’une Europe sans boussole et sans réelle volonté. La CFDT demande que cette solution pour l’Aquarius soit une première étape vers un accord révisant le système de Dublin et créant une agence européenne de l’asile indépendante. Sans cela, nous nous condamnons à revivre ces crises politiques à chaque fois qu’un sauvetage aura lieu.

 

Les Etats qui font l’Union Européenne doivent une bonne fois pour toute s’y atteler et clarifier ce qu’appartenir à l’UE veut dire en termes de valeurs. Les enjeux sont immenses pour l’Europe, mais aussi pour notre relation avec le continent africain.

 

Enfin, s’il fallait encore ôter un doute sur le prétendu « appel d’air », 720 personnes sont mortes dans les eaux de la Méditerranée pendant les deux mois où aucun navire humanitaire n’y a navigué. Les migrants tentent la traversée qu’il y ait des bateaux de sauvetage ou non. Nous devons permettre aux acteurs humanitaires de faire leur travail, et nous devons définir une politique migratoire européenne digne et durable.

A Paris, le 16 août 2018

 

Lien à la source

 

Partager cet article

Repost0
8 août 2018 3 08 /08 /août /2018 06:50
France : la loi Asile et Immigration adoptée, qu’est ce qui va changer ?

Le texte controversé "pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie", a été approuvé définitivement par les députés français avec 100 voix contre 25 mercredi 1er août à l’Assemblée nationale. La rédaction d’InfoMigrants détaille les principaux points de cette nouvelle loi.

Contesté depuis son dépôt fin février, le projet de loi porté par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb "pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif", communément appelé "loi asile et immigration", a été adopté à l’Assemblée nationale mercredi 1er août. Au sein même de la majorité, de nombreux députés de La République en marche (LRM) avaient exprimé leurs réserves. Finalement, alors que certains élus étaient déjà partis en vacances, le projet de loi a été voté à 100 voix contre 25, avec 11 abstentions.

Cette loi, qui a été présentée pour la première fois par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb en Conseil des ministres le 21 février 2018, poursuit selon le gouvernement "trois objectifs" : la réduction des délais d'instruction de la demande, le renforcement de la lutte contre l'immigration irrégulière et l'amélioration de l'accueil des étrangers admis au séjour pour leurs compétences et leurs talents. 

Que dit concrètement la loi ?

Concernant la demande d'asile

-       On pouvait déjà refuser ou retirer le statut de réfugié à une personne condamnée en France "pour un crime, un délit constituant un acte de terrorisme" ou qui a été punie "de dix ans d'emprisonnement". Avec la nouvelle loi, cette mesure est élargie non plus seulement aux personnes condamnées - pour ces mêmes motifs - en France mais dans tout "État membre de l'Union européenne" ou dans un "État tiers" jugé "démocratique". 

-       Les étrangers arrivant en France disposeront de 90 jours pour déposer une demande d'asile, contre 120 précédemment.

-       En revanche, le projet de réduire à 15 jours le délai d’appel des décisions d’ l’Ofpra sur l’octroi du statut de réfugié a été abandonné : les demandeurs disposent toujours d’un mois pour déposer un recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).

-       Les apatrides et les bénéficiaires de la protection subsidiaire bénéficieront d'un titre de séjour d’une durée maximale de quatre ans dès leur première admission au séjour, au lieu d’un an actuellement.

-       Renforcement de la protection des jeunes filles exposées à un risque de mutilation sexuelle, étendue aux jeunes hommes "invoquant un risque de mutilation sexuelle de nature à altérer leur fonction reproductrice".

-       Un critère a été ajouté à la définition de "pays sûrs" (pour lesquelles les chances d’obtenir l’asile sont plus faibles). Pour qu’un pays soit considéré comme sûr il faudra que l’absence de recours "à la persécution, ni à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants" soit démontrée "quelle que soit (l’)orientation sexuelle". En somme, un pays persécutant les homosexuels ne pourra plus être considéré comme "sûr".

Accès à l'emploi et réunification familiale

-       Accès à l’emploi : les demandeurs d’asile peuvent désormais travailler dès six mois après leur entrée sur le territoire contre neuf auparavant.

-       La réunification familiale est étendue aux frères et sœurs dans certaines conditions. Si le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire est un mineur non marié, il pouvait déjà demander à bénéficier de son droit à être rejoint par ses parents. Dorénavant, il peut demander à être rejoint par ses parents et ses frères et sœurs.

Lutte contre l'immigration illégale, rétention, visio-conférence

-       La durée maximale de la rétention administrative est portée à 90 jours, contre 45 actuellement, dans les cas où la personne a fait obstruction à l’exécution de la mesure d’éloignement.

-       Lorsque qu’une "obligation de quitter le territoire français a été prise à son encontre", l’autorité administrative peut assigner un étranger à résidence "pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable une fois". 

-       Augmentation de 16 à 24 heures de la durée de la retenue administrative pour vérifier le droit au séjour, et renforcement des pouvoirs d’investigation.

-       La Cour nationale du droit d'asile peut utiliser la visio-conférence pour entendre un demandeur, sans que soit requis le consentement de ce dernier.

-       Un étranger en situation irrégulière ayant reçu une mesure éloignement ne disposera plus d'un délai de départ volontaire de 30 jours s'il "a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d’empreintes digitales ou de prise de photographie prévues".

Répartition des demandeurs d'asile dans les régions

-       Un "schéma national d’accueil des demandeurs d’asile et d’intégration des réfugiés" repartira les demandeurs d'asile accueillis dans les régions françaises. 

-       Avec cette répartition, la loi prévoit de conditionner le versement de l’allocation pour demandeur d’asile (ADA) et le logement dans un centre d’hébergement à la résidence dans la région d'orientation. Concrètement, un demandeur d'asile qui refusera son orientation dans une région ne recevra pas l'ADA. Si la personne accueillie "souhaite quitter temporairement sa région de résidence", elle devrait "solliciter une autorisation auprès de l'office [OFII ]", explique le texte. Le "fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation" entraîne "le retrait du bénéficie des conditions matérielles d'accueil". 

Passeport "talent" et étudiants-chercheurs

-       Le projet de loi simplifie la procédure dès le pays d’origine pour certains publics. Il étend le passeport talent aux salariés d’entreprises innovantes ainsi qu’à toute personne susceptible de participer "au rayonnement de la France". Par ailleurs, le projet de loi favorise la mobilité des étudiants et chercheurs entre leur pays d’origine et la France, mais aussi dans le cadre de programmes de mobilité intra-européens. 

Limitation du droit du sol à Mayotte

-        C'est un ajout majeur des sénateurs sur lequel les députés ne sont pas revenus : la limitation du droit du sol sur l'île de Mayotte. Désormais, seuls les enfants dont au moins un des deux parents séjournait de manière régulière sur l'île depuis plus de trois mois avant la naissance pourront demander la nationalité française. 

Délit de solidarité

-        La notion de "délit de solidarité" a été assouplie pour s'adapter au verdict rendu le mois dernier par le Conseil constitutionnel qui a consacré le principe de "fraternité". Une personne sera désormais exemptée de poursuites liées à l'aide au séjour irrégulière si son action est désintéressée, c'est-à-dire qu'elle n'a "donné lieu à aucun contrepartie directe ou indirecte et a consisté à fournir des conseils ou accompagnements juridiques, linguistiques ou sociaux, ou toute autre aide apportée dans un but exclusivement humanitaire".

 

Maëva Poulet

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 08:02
Environ 60 000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis le début de l'année ARIS MESSINIS AFP ARCHIVES

Environ 60 000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis le début de l'année ARIS MESSINIS AFP ARCHIVES

Près de 60 000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis début 2018. Le taux de mortalité est très élevé.

Plus de 1500 réfugiés et migrants ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée vers l’Europe au cours des sept premiers mois de l’année, dont plus de 850 en juin et juillet, a annoncé vendredi le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).

Dans un communiqué, l’agence de l’ONU souligne que ce taux de mortalité est très élevé, alors que le nombre de migrants et réfugiés arrivant sur les côtes européennes a baissé de façon significative par rapport aux années précédentes.

Environ 60 000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis le début de l’année, soit 50% du nombre enregistré sur la même période l’an dernier.

"Démanteler les réseaux de passeurs"

"Le HCR demande urgemment aux Etats et aux autorités sur ces routes de transit de prendre toutes les mesures nécessaires pour démanteler les réseaux de passeurs", a déclaré Vincent Cochetel, envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée.

"Avec tant de vies en jeu, il est vital que nous donnions l’assurance aux capitaines de navires qu’ils pourront débarquer les passagers secourus", a-t-il ajouté, en rappelant que des bateaux transportant des réfugiés et des migrants n’avaient pas pu récemment accoster en Italie et à Malte.

AFP

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 10:38
Les migrants à bord du navire sont épuisés. Crédit : InfoMigrants

Les migrants à bord du navire sont épuisés. Crédit : InfoMigrants

Depuis une semaine, un navire tunisien, le "Sarost 5" est bloqué au large de la Tunisie avec 40 migrants à bord. Aucun port n'accepte de l'accueillir. Le capitaine du navire, exaspéré, refuse toute aide humanitaire, selon le Croissant rouge tunisien.

Depuis maintenant 7 jours, le "Sarost 5", un navire de ravitaillement tunisien qui a recueilli 40 migrants à son bord, est toujours bloqué au large des côtes tunisiennes. Tunis refuse d’ouvrir ses ports, à l’instar de l'Italie et de Malte.

La situation semble de plus en plus tendue. "C’est la première fois qu’un tel incident se produit en Tunisie. Alors le capitaine du Sarost 5 est à bout de nerfs", explique Mongi Slim, un des responsables tunisien du Croissant-Rouge et médecin. "Aujourd’hui [lundi 23 juillet], le capitaine a refusé notre aide. Il n’a pas voulu que nous montions à bord pour leur donner des matelas pour les migrants. Il a aussi refusé que notre équipe médicale puisse venir une troisième fois", précise Mongi Slim. Parmi les rescapés se trouvent deux femmes enceintes, selon des témoignages recueillis à bord.

"Épuises moralement et physiquement"

Régulièrement, le Croissant-Rouge tunisien livre de la nourriture et des médicaments au Sarost 5. "Nous comprenons que la situation devienne intenable. Nous comprenons l'exaspération du capitaine. Le Sarost n’est pas un navire humanitaire. L’équipage n’en peut plus", ajoute Mongi Slim. "Nous nous montrons patients. Nous attendons que la situation s’apaise pour retenter de monter à bord".

"L'équipage du bateau est épuisé moralement et physiquement", a déclaré de son côté à l'AFP le capitaine du navire. "Nous appelons les autorités tunisiennes à intervenir d'urgence et à accueillir ces migrants". L'équipage, bloqué, ne peut en effet ni travailler, ni rentrer.

"Nous sommes comme séquestrés"

Pour Samuel*, un des migrants à bord, la tension devient intenable. "Ils refusent que l’on charge nos téléphones portables. Rien ne va ici", explique-t-il. "Plus le temps passe, plus nous ressentons de la fatigue, nous faisons des malaises. On est comme séquestrés sur le Sarost. Sérieusement, je ne comprends pas pourquoi nous sommes toujours bloqués".  

Partis de Libye à bord d'une embarcation pneumatique, ces migrants - originaires d'Afrique subsaharienne et d'Egypte - ont été perdus en mer avant d'être repérés, à une date non précisée, par le navire Caroline III envoyé par un centre de secours maltais, puis transférés sur le « Sarost 5 », battant pavillon tunisien.

Charlotte Boitiaux Leslie Carretero

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 09:11
Mondial 2018 : les Bleus et la "richesse" des joueurs d’origine africaine

Entrés au Panthéon du football depuis leur victoire face à la Croatie, les Bleus forment une équipe aux multiples cultures. Une proportion élevée de ses joueurs sont Noirs et issus de l’immigration. Didier Deschamps, le sélectionneur de l'équipe de France, a salué la "richesse" de ces origines.

"L’équipe de France a des joueurs d’origine africaine et d’outre-mer. Ça a toujours été une richesse pour le football, pour tous les sports français. Ils sont tous français et tous fiers d’être français." Voici les mots de Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe de France, à la veille de la finale de la Coupe du monde. Des mots pour répondre aux propos – racistes – d’un ancien joueur croate, Igor Stimac, qui estimait que son pays affronterait "la France et le continent africain".

Vingt ans après le "black-blanc-beur" de 1998, l’équipe de France de football continue de porter les questionnements identitaires qui traversent la société française. Pourtant, rarement les joueurs n’auront autant revendiqué leur amour de la France. "Je veux incarner la France, représenter la France", clamait Kylian Mbappé vendredi dans une interview au quotidien français Le Monde. "C'est le sacre suprême. On aime les Français. On est fiers d'être français, d'être Bleus. Vive la République !", a encore déclaré Didier Deschamps à l’issue de la finale.

La veille, Paul Pogba avait vanté les nombreuses "origines" et "couleurs" de la population française : "C’est ça qui fait la France, une belle France [...] C’est comme ça qu’on l’aime et qu’on l’aimera toujours".  Antoine Griezmann a lui aussi clamé sa fierté de jouer avec une équipe bercée de multiples cultures. "La diversité qu'on a dans cette sélection est à l'image de ce beau pays qu'est la France. C'est la diversité et pour nous c'est super. On est fier de porter ce maillot et le peuple est fier d'avoir une équipe nationale comme ça. On représente fièrement l'équipe de France et la France".

Parmi les 23 Bleus présents au Mondial en Russie, 14 ont des origines sur le continent africain. Kylian Mbappé est né d’une mère d’origine algérienne et un père d’origine camerounaise. Il est "un des grands symboles […] Il est beur, il est black, il est blanc à lui tout seul", relève à l'AFP l'historien spécialiste de l'immigration, Pascal Blanchard.

Blaise Matuidi est né à Toulouse de parents angolais, Samuel Umtiti est né à Yaoundé, au Cameroun, les parents de Paul Pogba sont Guinéens, N’golo Kanté a grandi dans les Hauts-de-Seine avec ses parents maliens, Benjamin Mendy est d’origine sénégalaise, Ousmane Dembélé d’origine mauritanienne, malienne et sénégalaise. Nabil Fekir et Adil Rami viennent du Maghreb.

Fraternité

Mardi soir, sur les Champs-Élysées, quelques jours avant le sacre, la jeunesse française avait fêté la qualification pour la finale tantôt en chantant la Marseillaise, tantôt en dansant le "shaku shaku", danse nigériane popularisée par leurs idoles Pogba et Kimpembe.

"Nous sommes à une troisième ou quatrième génération qui revendique explicitement ses particularismes culturels ou religieux, comme sa francitude. C’est cette génération qui descend dans la rue et dit ‘Regardez, ça marche : on peut être noir, musulman et Français et faire gagner la France’", souligne Pascal Blanchard.

Plus que l’"intégration", notion mise en avant en 1998 mais "aujourd’hui dépassée", c’est "la fraternité, une valeur plus simple, plus forte peut-être" qui ressortira de "l’épisode 2018", anticipe Yvan Gastaut, historien spécialiste des relations entre immigration et football. "Ce qui fait la force de cette équipe, ce n’est pas tellement que les joueurs viennent de partout, mais qu’ils sont soudés avec un jeu fait d’entraide, de solidarité".

Charlotte Boitiaux

 

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 07:31
La France va accueillir 50 des 450 migrants débarqués en Italie

Transbordés sur deux navires militaires depuis samedi, les migrants restaient proches des côtes siciliennes dans l’attente d’une solution définitive.

La France va accueillir, « dans un esprit de solidarité européenne », 50 des 450 migrants ayant débarqué lundi 16 juillet en Italie, dans la ville sicilienne de Pozzallo, après avoir été secourus par des navires italiens, a fait savoir l’Elysée. Quatre autres pays – l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne et Malte – se sont également engagés à accueillir aussi 50 personnes, très affaiblies par la détention en Libye et le voyage qui a coûté la vie à quatre Somaliens.

« Comme ses partenaires, la France a conditionné cet accueil au débarquement des personnes concernées en Italie, en application des règles internationales » et « dans le cadre d’une solution coopérative européenne », a déclaré l’Elysée. Une mission de l’OFPRA se rendra en Sicile, où ont débarqué les migrants, pour « examiner au cas par cas les situations individuelles », comme cela a été fait en Espagne avec les rescapés de l’Aquarius. « La France est ainsi fidèle à son approche de solidarité européenne et de responsabilité », fait valoir l’Elysée.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations, les migrants débarqués à Pozzallo, originaires principalement d’Erythrée et de Somalie, se trouvent dans un grand état de faiblesse : malnutrition, déshydratation, gale et séquelles des abus subis dans des centres de détention informels en Libye.

« Les migrants ont débarqué en Europe »

Les 450 migrants qui se trouvaient à bord de deux navires militaires dans les eaux italiennes depuis samedi ont tous débarqué dimanche, a fait savoir lundi matin le maire de Pozzallo. La décision du gouvernement italien fait suite à l’engagement de la France, l’Espagne, le Portugal, Malte et l’Allemagne d’accueillir chacun 50 migrants. « Aujourd’hui, pour la première fois, nous pouvons dire que les migrants ont débarqué en Europe », avait commenté avec satisfaction la présidence du conseil des ministres.

L’Italie se plaint depuis des années du manque de solidarité des autres pays de l’UE dans la gestion du problème migratoire, estimant avoir été abandonnée face à l’arrivée de centaines de milliers de migrants sur ses côtes. « Les migrants recevront toute l’assistance nécessaire dans l’attente d’être répartis dans les autres pays européens » qui ont accepté de les accueillir, ajoute la présidence du conseil des ministres.

L’embarcation de bois avec 450 migrants à bord partis de Libye avait été repérée vendredi à l’aube dans les eaux internationales, dans la zone d’intervention maltaise.

Dans un échange de messages, courriels et appels téléphoniques entre les autorités des deux pays, Rome avait tenté vendredi de faire prendre la responsabilité de ces migrants à Malte. Malte a répliqué en affirmant que l’embarcation était bien plus proche de l’île italienne de Lampedusa que de son propre territoire, soulignant que les migrants ne voulaient pas d’aide maltaise mais souhaitaient poursuivre leur route vers l’Italie.

Depuis samedi matin, les deux navires militaires restaient proches des côtes siciliennes dans l’attente d’une solution définitive. Les malades, les femmes et les enfants avaient été autorisés à débarquer en plusieurs tranches samedi et dimanche avant le feu vert au débarquement des hommes aussi, tard dimanche soir.

AFP

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 07:26
Sylla Ibrahima Sory a photographié et documenté sa traversée du désert entre l'Algérie et le Niger. Crédit : Sylla Ibrahima Sory

Sylla Ibrahima Sory a photographié et documenté sa traversée du désert entre l'Algérie et le Niger. Crédit : Sylla Ibrahima Sory

La rédaction d'InfoMigrants a recueilli le témoignage d'un jeune Guinéen de 20 ans, expulsé d'Algérie en octobre 2017 parce que sans-papiers. Il raconte comment les autorités algériennes l'ont abandonné au milieu du désert du Sahara à plusieurs kilomètres de la première ville frontalière nigérienne.

Je m’appelle Sylla Ibrahima Sory. J’ai 20 ans. Je suis Guinéen, je viens de Guinée-Conakry. L’été dernier, j’ai voulu aller en Europe. Avec l’aide d’un passeur, je suis passé au Mali, à Bamako, puis Gao, dans le but de rejoindre l’Algérie, le Maroc, avant de passer la Méditerranée et ainsi rejoindre l’Europe.

Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Sur la route entre Gao et Tamanrasset, en Algérie, nous avons croisé des Touaregs armés. Nous étions dans le désert. Ils nous ont tout pris, nos portables, notre argent, mêmes nos habits et nos chaussures.  

Quand nous sommes repartis, le passeur ne nous a pas emmenés jusqu’à Tamanrasset, comme prévu. Mais dans la ville de Timiaouine à la frontière algéro-malienne. Là, ils nous ont vendu. Il y a aussi des trafics d’êtres humains, en Algérie. Pas seulement en Libye. On nous a vendus, et on a été battus, rançonnés.

Sylla Ibrahima Sory a photographié et documenté sa traversée du désert entre l'Algérie et le Niger. Crédit : Sylla Ibrahima Sory

J’ai demandé de l’argent à ma famille. Après avoir payé mes ravisseurs, j’ai rejoint la ville de Silet, puis d’Ain Salah, Aoulef, Adrar, dans le sud de l’Algérie. Tout ce trajet, je l’ai fait en taxi clandestin grâce à l’argent que m’avait envoyé ma famille. Je suis allé à Oran puis à Alger.

Quand je suis arrivé à Alger, on était en octobre 2017. J’ai travaillé pendant quelques jours, seulement. Et un soir, des gendarmes algériens sont venus dans la maison où je dormais avec des amis. Nous étions quatre. Ils nous ont demandé nos papiers, mais nous leur avons dit que nous n’en avions pas, que nous étions Guinéens, que nous venions d’arriver. Ils n’ont rien dit, ils nous ont juste demandé de monter dans des cars garés à côté. On a tout laissé sur place.

Nous avons rejoint un endroit où on a pris nos empreintes, on a pris des photos de nous, puis nous sommes montés dans des bus. Il y avait beaucoup de monde, beaucoup d’Africains comme moi. La même nuit, nous avons quitté Alger à bord de ces bus pour rejoindre Tamanrasset. On nous a donné de l’eau et de quoi manger. Nous avons roulé toute la journée pour arriver vers 20h.

Le lendemain matin, très tôt, nous sommes montés dans des camions qui nous ont déposés quelque part dans le désert non loin de la frontière avec le Niger. Nous sommes tous descendus et les camions sont repartis presque immédiatement. Il n’y avait pas de femmes et d’enfants parmi nous, mais il y avait des personnes malades.

Le jeune Guinéen a documenté son retour forcé. Ici, une capture d'écran d'une vidéo montrant les bus algériens ayant déposé les migrants dans le désert.

Ils nous ont laissés seuls dans le désert et nous ont dit de rejoindre la frontière nigérienne. Nous n’avions pas d’eau, pas de nourriture. Certains avaient encore des petites bouteilles d’eau de la veille, c’est tout. J’avais peur. Nous avons marché plusieurs heures, cinq heures je crois, avant d’atteindre la frontière. Dans le désert, il y a des pick-up qui passent de temps en temps, des voitures. Si vous avez de l’argent, ces véhicules proposent de vous transporter. Sinon, ils ne vous aident pas, il faut marcher à pied sous le soleil.

Il était environ 13h quand nous avons croisé une patrouille militaire nigérienne. Nous avons su que nous étions sauvés. Ils nous ont ramenés à Agadez. Nous avons ensuite été mis en contact avec des personnes de l’OIM (organisation internationale des migrations) qui nous ont proposé un rapatriement dans nos pays respectifs. Au mois de novembre 2017, j’ai été rapatrié à Conakry.

Au Niger, l'OIM s'est occupé du rapatriement des migrants africains dans leur pays respectif

Charlotte Boitiaux

www.infomigrants.net

Partager cet article

Repost0