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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 06:26
Changer notre regard sur les migrants : Mieux comprendre pour mieux accompagner

Une étude qui montre des positions mesurées chez les catholiques ; une campagne mondiale pour favoriser la culture de la rencontre.

En réponse aux appels répétés du Pape François à promouvoir « une authentique culture de la rencontre », soucieux d’aider les chrétiens à dépasser leurs réticences vis-à-vis des migrants et ainsi à mieux contribuer à la qualité de l’accueil, le service national de la Pastorale des Migrants (Conférence des évêques de France), le CCFD – Terre Solidaire, JRS – France et le Secours Catholique – Caritas France expriment leur engagement commun à travailler dans la durée à la sensibilisation. 

Une étude d’opinion élaborée par notre partenaire More in Common* France montre que, loin de certaines idées reçues, les chrétiens, dans leur ensemble, expriment à l’égard de l’accueil des positions plutôt mesurées. Globalement, les craintes qu’ils expriment n’empêchent pas la bienveillance et peuvent même cohabiter avec un engagement concret, une expérience de la rencontre, une expression de solidarité. Là où une vision rapide pourrait laisser craindre un blocage complet, une compréhension plus fine des motifs de crainte laisse entrevoir chez tous des possibilités d’évolution. Ces enseignements renforcent notre volonté d’être à l’écoute de toutes les peurs, de toutes les pauvretés, afin d’aider chacun à recevoir l’autre comme une richesse et non une menace.

Nous saluons l’engagement de nombreux chrétiens pour l’accueil et l’intégration des migrants. Ensemble, nous les encourageons à s’engager en faveur du changement de regard en préférant toujours, au jugement qui enferme, l’écoute et le dialogue qui ouvrent un chemin, notamment avec ceux qui, fragilisés par la pauvreté, la précarité ou l’insécurité culturelle, ne sont pas aujourd’hui en mesure d’accueillir mais peuvent se laisser toucher. Nous leur demandons aussi d’aider ceux qui montrent des dispositions à l’accueil mais n’ont pas encore franchi le pas de la rencontre à le faire.

Dans les mois à venir, nous allons construire et proposer, dans la dynamique de la campagne mondiale « partager le chemin », un ensemble d’outils, d’actions et de messages destinés à favoriser concrètement cette culture de la rencontre, condition de construction d’une société juste et fraternelle.

Notre démarche

Chacun constate, via son expérience personnelle ou les médias, que les phénomènes d’accueil comme de rejet des migrants sont au cœur de l’actualité. La capacité des français à tendre la main, comme la montée des peurs à l’égard ces personnes cherchant un meilleur avenir, sont des faits largement constatés. L’Église, et globalement les chrétiens ne sont pas épargnés par ces phénomènes et semblent partagés entre accueil et rejet.

Comment résister à cette montée des crispations et des oppositions au sein même de la communauté chrétienne ? C’est à ce défi que nos mouvements, sous l’égide de la Conférence des Evêques de France, ont décidé de s’engager ensemble, dans la durée.

Dans le cadre de la campagne Mondiale « Partager le chemin » initiée par Caritas Internationalis, le CCFD – Terre Solidaire, le Service National de la Pastorale des Migrants, JRS- France et le Secours Catholique-Caritas France ont depuis un an initié un travail de fond.

La première étape a consisté d’abord à comprendre les raisons et les ressorts qui provoquent chez certains un repli et des réactions de fermeture. Les comprendre, sans a priori, sans porter de jugement moral, pour trouver les moyens d’aider les chrétiens à dépasser ces peurs et être en mesure appréhender la question des migrants de façon sereine et dépassionnée. Un partenariat a été sollicité avec More In Common pour être accompagné et conseillé dans cette analyse.

Deux études ont été réalisées en parallèle fin 2017 et début 2018 :
La première, interne à nos réseaux respectifs, a eu pour but de relire et d’analyser ensemble les actions déjà menées par nos équipes et nos délégations, actions dont l’objet pouvait avoir un effet sur le « changement de regard » ;

La seconde étude, réalisée par More In Common avec le concours de l’IFOP, apporte un point de vue statistique et qualitatif d’une grande finesse pour analyser sereinement la façon dont les catholiques, dans leur diversité, perçoivent, ressentent et réagissent face à la question des migrations.

Un séminaire national de travail, les 24 et 25 mai dernier, a rassemblée 140 acteurs de nos mouvements pour croiser ces deux études, en tirer les premiers enseignements, et construire les bases d’une action durable, cohérente, complémentaire pour les années à venir.

L’étude qui est rendue publique aujourd’hui constitue donc un outil précieux de compréhension.
Cette enquête, dont les premiers résultats ont été présentés lors de l’Assemblée plénière
des Évêques à Lourdes en mars 2018, donne des informations très stimulantes. L’opinion des catholiques à l’égard des migrants apparaît variable selon les milieux et les profils. Mais il ressort surtout une approche mesurée loin des oppositions binaires trop souvent véhiculées. L’enquête démontre qu’une partie conséquente des chrétiens peut être accompagnée pour que soit renforcée leur disposition à l’hospitalité et la solidarité, si l’on sait écouter et prendre en compte leurs situations et craintes propres.

C’est à cet objectif que nos mouvements décident de s’engager ensemble pour les années à venir. Un programme d’actions et de messages communs et/ou complémentaires sera construit et proposé pour 2019 et 2020, pendant le temps de la Campagne « partager le chemin » lancée par le Pape François en septembre dernier.

Principaux enseignements de l’étude menée en coopération avec More In Common*

  1.       Une majorité se dessine en faveur de l’accueil. 61% des catholiques interrogés refusent la fermeture totale des frontières et 71% d’entre eux soutiennent l’intégration par le travail.
  2.       L’opinion catholique rejette les solutions à l’emporte-pièce. Ils refusent notamment de trier les migrants : 60% des catholiques rejettent l’idée d’accueillir prioritairement des migrants ayant des niveaux d’éducation et de qualifications supérieurs aux autres. Et ils sont 41% (contre 39% et 19% sans opinion) à penser que les migrants font des efforts pour s’intégrer.
    L’attitude des catholiques à l’égard des migrants ne se résume pas à une lutte des ouverts contre les fermés : elle est plutôt dominée par l’ambivalence. En vérité, chacun d’entre nous est traversé par des questionnements sur ce sujet complexe.
  3.       55% des catholiques sont en désaccord avec l’affirmation selon laquelle « c’est un problème que la majorité des migrants venant en France sont musulmans » et seuls 22% jugent l’islam incompatible avec la société française. De plus, 47 % des catholiques déclarent que les musulmans ont des valeurs similaires aux leurs.
  4.       Néanmoins, un tiers des pratiquants se sentent en insécurité culturelle : ils ont le sentiment que l’Islam occupe une place et une influence de plus en plus importante. Mais cette inquiétude ne se traduit pas par une stigmatisation : ils distinguent l’islam, qu’ils connaissent mal, des musulmans, avec lesquels une majorité d’entre eux se sent en communauté de valeurs.
  5.       Le débat public sur les questions « culturelles » tend à occulter les questions sociales, notamment parmi les publics les plus fragiles, parfois très éloignés de l’Église, qui se sentent abandonnés par l’État.
  6.       Quelles que soient leurs perceptions des migrants, les catholiques donnent du temps, de l’argent ou en nature : leur engagement n’est pas déterminé par leurs attitudes. Un catholique sur deux a fait un don ou une action en faveur des migrants depuis un an. Une proportion qui reste élevée, même parmi les groupes les plus hostiles à l’accueil de l’étranger.
  7.       Les catholiques restent attachés à la parole du Pape ; ils sont 61% à être en accord avec ses déclarations sur les migrants. Car, plus on est sûr de ses valeurs, plus on est accueillant. Un travail positif et inclusif sur l’identité catholique dans une société en pleine mutation peut porter ses fruits. L’appel du Pape à aller vers toutes les périphéries a aussi toute sa place dans une démarche de sensibilisation et de changement de regard.

* La volonté de comprendre et d’agir face à la réticence de nos démocraties à offrir leur hospitalité aux réfugiés est à l’origine de More in Common. Le projet More in Common a vu le jour en 2015 dans le cadre de travaux de recherche destinés à mieux comprendre les raisons expliquant cette réticence. Ces enquêtes réalisées dans plusieurs pays se sont intéressées en particulier aux dynamiques de l’opinion publique ainsi qu’aux réponses de la société civile. Aujourd’hui, More in Common est une initiative internationale, présente en France, dont l’ambition est d’immuniser nos sociétés contre la tentation du repli social, identitaire et culturel. More in Common est présente en France, au Royaume Uni, en Allemagne et aux Etats Unis. En France, More in Common est une association de loi 1901 et emploie quatre personnes.   Enquête menée par l’IFOP par téléphone du 11 au 18 décembre 2017 auprès d’un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population catholique française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Les données sur la structure de la population catholique sont issues d’une compilation d’études menées par l’Ifop auprès d’échantillons nationaux représentatifs en 2017 (total de 9 724 interviews).

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 19:57
Mgr de Sinety à Vernon jeudi 21 juin : « Tendre la main aux migrants »

Conférence de Mgr Benoist de Sinety et présentation de son livre

Jeudi 21 juin à 20h30

Eglise Saint Jean-Baptiste, 19 boulevard Georges Azémia, 27200 - Vernon

Résumé :
« Je ne suis pas prêtre pour donner des leçons, ni pour faire la morale, je suis devenu prêtre pour que tout homme puisse entendre cette bonne nouvelle : chaque existence est infiniment aimée de Dieu. Ce qui me navre aujourd'hui, ce qui me met en colère lorsque j'observe les conditions de vie de ceux qui arrivent sur notre territoire et les réponses que nous leur apportons, ce sont ces discours qui atrophient nos cœurs. Chacun doit chercher des solutions pour faire une place à celui qui est sur notre sol. Il s'agit de dignité. De la leur. De la nôtre aussi. C'est à la société civile  où les religions, et bien sûr l'Eglise catholique, ont une place singulière,  de prendre le relais pour défendre le droit des migrants. Il faut que des voix s'élèvent »

Biographie:
Benoist de Sinety a été curé de l'église de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Il est depuis septembre 2016 vicaire général de l'archidiocèse de Paris.

 

 

Mgr de Sinety à Vernon jeudi 21 juin : « Tendre la main aux migrants »

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 17:00
© AFP PHOTO / KARPOV / SOS MEDITERRANEE Photo distribuée par l’ONG SOS-Méditerranée, prise à bord de l’« Aquarius », qui a recueilli 629 migrants samedi 9 juin et s’est vu opposer un refus de l’Italie d’accoster dans l’un de ses ports.

© AFP PHOTO / KARPOV / SOS MEDITERRANEE Photo distribuée par l’ONG SOS-Méditerranée, prise à bord de l’« Aquarius », qui a recueilli 629 migrants samedi 9 juin et s’est vu opposer un refus de l’Italie d’accoster dans l’un de ses ports.

Le commissaire aux affaires intérieures européen, Dimitris Avramopoulos, a tenté mardi de calmer le jeu avec Rome, soulignant les efforts de la politique de l’Union et présentant ses ambitions budgétaires

Davantage de protection pour les frontières, davantage d’argent pour la politique migratoire, faute de pouvoir intervenir concrètement dans l’affaire de l’Aquarius, le bateau de l’organisation SOS-Méditerranée transportant quelque six cents migrants et auquel le ministre de l’intérieur italien a refusé le droit d’accoster, la Commission élabore des projets. Avec l’espoir que le prochain budget européen lui permette de les réaliser.

Mais, mardi 12 juin, le commissaire aux affaires intérieures européen, le Grec Dimitris Avramopoulos, a surtout été été interrogé par les eurodéputés à Strasbourg sur la polémique née de la décision de Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien. MM. Avramopoulos et Salvini devraient se rencontrer lors d’une réunion informelle des ministres de l’intérieur, en Autriche, les 12 et 13 juillet.

En attendant, Bruxelles espère calmer le jeu avec Rome. Le commissaire salue « les efforts herculéens » de dirigeants et d’une population qui ont accueilli quelque 640 000 personnes depuis le début de la crise. Il tente de rassurer sur la politique de l’Union en soulignant que, désormais, 80 % des migrants qui arrivent en Europe sont identifiés et que 13 000 d’entre eux sont entrés en Italie depuis le début de l’année, contre 90 000 à la même période en 2017.

Un énième appel aux pays qui refusent les migrants

Au passage, le commissaire aux affaires intérieures insiste sur le montant de l’effort financier consenti jusqu’ici pour aider les autorités italiennes : 630 millions d’euros via le fonds pour la migration et l’asile, et 193 millions d’euros au titre de l’aide d’urgence. Il ne fera toutefois aucune déclaration sur le refus opposé à l’Aquarius, car il ne veut « montrer personne du doigt ». Il reste d’ailleurs persuadé que l’Italie continuera à « jouer son rôle ». Pour preuve, un navire des gardes-côtes a recueilli 937 migrants et devait arriver mercredi en Sicile.

La suite ? Bruxelles ne peut que plaider pour faire cesser la « partie de ping-pong » actuelle et prôner « une hospitalité partagée ». M. Avramopoulos lance, dès lors, son énième appel aux pays qui refusent l’accueil de migrants. Problème, les quatre membres du groupe de Visegrad ne sont plus seuls et reçoivent désormais l’appui de l’Italie, de l’Autriche, du Danemark et de la Belgique — ou du moins de son secrétaire d’Etat s’agissant de la dernière, le nationaliste flamand Theo Francken. La Commission confie toutefois son « espoir » que l’esprit européen puisse encore l’emporter. « Sinon, nous connaîtrons de grandes difficultés, car la politique migratoire remet en cause tout le projet européen », met en garde M. Avramopoulos.

Le commissaire préfère ne pas insister sur l’impasse des négociations concernant le règlement de Dublin, sujet que les chefs d’Etat et de gouvernement devaient régler à la fin juin et qui est renvoyé, au mieux, à l’automne. Une refonte des règles concernant l’enregistrement des étrangers apparaît pourtant comme le seul moyen véritable de soulager les pays de première arrivée, comme l’Italie, la Grèce et, dans une moindre mesure, l’Espagne.

Budget pour la surveillance des frontières

A défaut, la Commission confirme que la migration reste bien l’un des enjeux clés des prochaines années et propose que le budget 2021-2027 lui réserve 34,9 milliards d’euros — contre 13 milliards lors du dernier exercice. Dans ce cadre, c’est la surveillance des frontières extérieures qui sera privilégiée avec un corps de gardes-frontières et de gardes-côtes porté à 10 000 membres et un budget de 21,3 milliards d’euros et un nouveau fonds pour la gestion intégrée doté de 9,3 milliards.

Environ 4,8 milliards d’euros seraient affectés aux Etats membres pour qu’ils renforcent leurs infrastructures et instaurent un contrôle plus strict des visas qu’ils octroient ; 3,2 milliards d’euros iraient à l’aide d’urgence.

Un deuxième volet de mesures prévoit l’affectation de quelque 10 milliards d’euros aux fonds pour l’asile et la migration, pour soutenir à la fois les projets d’intégration et pour stimuler une politique de retours plus rapides.

Le tout supposant un accord des Vingt-Huit sur le cadre général du budget européen, ce qui, à ce stade, est loin d’être acquis.

Jean-Pierre Stroobants

 

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9 juin 2018 6 09 /06 /juin /2018 15:22
Le Film « Bienvenus » mardi 26 juin à 20h15 à Vernon

Le groupe Amnesty International de Vernon

organise la projection du film "Bienvenus !"

mardi 26 juin 2018 à 20h15 au cinéma-théâtre de Vernon (Eure).

Il s'agit d'une comédie de  Rune Denstad Langlo :

 

 - thématiques : réfugiés et migrants

 

 - pays concerné : Norvège

 

- durée : 1h30

 

 - année de sortie en France : 2016

 

Tandis que la crise de l'accueil des réfugiés ne cesse de s'aggraver et qu'elle ne laisse que peu de place à l'espoir, « Bienvenus ! » s'inscrit à contre-courant en proposant d'aborder la question de l'accueil sous l'angle de l'humour. Le rythme effréné et drôle de cette comédie n'empêche néanmoins pas de nous sensibiliser sur la dure réalité de l'accueil des réfugiés en Europe.

 

SYNOPSIS DU FILM

Quand on est propriétaire d’un hôtel quasiment en faillite dans les montagnes norvégiennes, est-ce que la solution ne serait pas de le transformer en centre d’accueil des réfugiés pour profiter de subventions bien opportunes ? C’est le bon plan de Primus, hôtelier peu aimable et pas vraiment ouvert aux autres cultures… Mais voilà, la bonne idée de Primus ne s’avère pas si simple. Accueillir 50 personnes d’origine diverses, quand il faut compter en plus avec une femme déprimée, une ado rebelle, et des préjugés racistes, ça promet bien des déconvenues mais aussi, des heureuses surprises !

 

BIENVENUS ! UN FILM SOUTENU PAR AMNESTY INTERNATIONAL

« Bienvenus ! » c'est donc l'histoire de personnes que tout sépare mais qui parviennent avec le temps à voir au-delà de leurs différences. Cette comédie légère et touchante sensibilise sur les difficultés de l'accueil en Europe, sur la dureté des parcours des personnes réfugiées mais nous donne aussi la preuve que nous pouvons surmonter cela ensemble. Sans caricature ni angélisme, le réalisateur Rune Danstad Langlo nous rappelle combien la diversité et le vivre-ensemble sont de véritables richesses pour nos sociétés. Ce film profondément humain décrit les obstacles que rencontrent les réfugiés à leur arrivée en Europe sans pour autant se vouloir moralisateur. Tout au long de péripéties cocasses et improbables, nous assistons au rapprochement insoupçonné entre un directeur de centre d'accueil empreint de préjugés et cinquante personnes réfugiées qui ne savent pas vraiment où elles se trouvent... « Bienvenus ! », une comédie qui fait du bien !

 

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7 juin 2018 4 07 /06 /juin /2018 05:15
Le camp de migrants situé près du canal Saint-Martin, à Paris, a été évacué le 4 juin 2018. Crédit : InfoMigrants

Le camp de migrants situé près du canal Saint-Martin, à Paris, a été évacué le 4 juin 2018. Crédit : InfoMigrants

Les démantèlements récents des campements parisiens du Millénaire, du canal Saint-Martin et de la porte de la Chapelle ont mis en évidence la présence de réfugiés statutaires à la rue. Sadik, est l'un d'eux. Il obtenu le statut de réfugié en 2015 mais n'a toujours pas de toit au dessus de sa tête.

Sadik, 27 ans, se déplace doucement au milieu des grandes tentes blanches du centre d’hébergement temporaire du bois de Boulogne. Le jeune homme vêtu d’un blouson noir, d’un jean délavé et de baskets blanches doit s’appuyer sur une béquille pour marcher.

Il y a quelques jours, ce jeune Tchadien vivait encore dans le camp du canal Saint-Martin, près du métro Jaurès, dans le nord de Paris. Gravement blessé à la jambe au Tchad où il faisait partie de la rébellion opposée aux forces gouvernementales, il insiste sur le froid dont il a souffert lors des mois passés au bord du canal parisien.

Après le démantèlement du camp il y a quelques jours, il a été transféré dans le centre d'accueil du bois de Boulogne. Ici, l’hébergement est sommaire mais provisoire. "Les migrants y restent en moyenne une semaine avant de partir vers les CAES ", explique à InfoMigrants Nicolas Hue de l’association Aurore qui gère le centre. Où ira Sadik après la fermeture du centre du bois de Boulogne ? Impossible à dire. 

"Il faut un dispositif d’accueil à la hauteur"

Depuis des mois, le Tchadien attend d’avoir un logement dans lequel il pourra vraiment débuter sa nouvelle vie. Contrairement à de nombreux autres occupants des camps de fortune, le jeune homme a des papiers en règle : il a obtenu le statut de réfugié et une carte de résident de dix ans en septembre 2015. En revanche, il dort toujours à la rue. Sadik a fait une demande de logement auprès de son assistante sociale. "Elle m’a répondu qu’il n’y avait pas de place et que je devais attendre", raconte-t-il.

Selon Pierre Henry, directeur général de France Terre d’asile (FTDA), environ 10 % des personnes évacuées des campements parisiens du Millénaire, du canal Saint-Martin et de la porte de la Chapelle avaient obtenu le statut de réfugié.

Pour lui, cette situation s’explique en premier lieu par un manque de logements adaptés. "En 2016, 40 000 personnes ont obtenu le statut de réfugié en France, à peu près le même nombre en 2017 et cela sera sans doute la même chose en 2018, donc en trois ans 120 000 personnes sont devenues des ayants droits. Il faut un dispositif d’accueil à la hauteur."

L’accélération des procédures d’obtention du statut de réfugié explique également la situation actuelle. "Aujourd’hui, certaines personnes peuvent obtenir en première instance un statut en trois mois. C’est une bonne chose et, en même temps, cela suppose que l’on pense différemment la prise en charge de ces personnes", explique le directeur de FTDA.

Si les réfugiés statutaires entrent officiellement dans le droit commun, leur hébergement doit être pensé de manière à favoriser leur intégration. "Si on met les gens dans des logements sociaux (HLM) dans des zones où il n’y a pas suffisamment d’offres d’emplois, cela va poser problème. On ne peut pas réussir son intégration dans la société par le seul biais du logement. Cela doit être combiné à un apprentissage de la langue et à un travail", détaille Pierre Henry.

Des places insuffisantes

Or, les solutions d’hébergements se résument à très peu de choix. Une fois qu’ils ont obtenu leur statut, les réfugiés peuvent demander à être logées dans un centre provisoire d’hébergement (CPH). Le nombre de places est insuffisant mais devait

 

Autre solution : les réfugiés peuvent bénéficier d'un hébergement citoyen (comme Singa ou via le Samu social) ou encore s’adresser à la Dihal (plateforme nationale pour le logement des réfugiés). Mais seules les personnes déjà hébergées dans une structure sociale d’hébergement (CadaCHU , Atsa , hôtel social ou foyer) sont éligibles.

Les réfugiés peuvent également - comme tous les Français ayant des revenus modestes - faire une demande de logement social (HLM) mais les places sont limitées et l’attente est souvent très longue.

Julia Dumont

www.infomigrants.net

 

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 07:14
Des garde-côte tunisiens viennent en aide à des migrants en provenance de Lybie au large de Sfax, le 4 juin 2011 ((c) Afp)

Des garde-côte tunisiens viennent en aide à des migrants en provenance de Lybie au large de Sfax, le 4 juin 2011 ((c) Afp)

Près d'une soixantaine de migrants sont morts depuis samedi soir au large de la Tunisie et de la Turquie en tentant de rejoindre l'Europe, au moment où le nouveau ministre de l'Intérieur italien a martelé en Sicile son discours anti-immigration.

Quarante-huit corps ont été repêchés au large des côtes du gouvernorat de Sfax, dans le sud de la Tunisie et 68 migrants ont pu être secourus, a indiqué dimanche le ministère de la Défense dans un bilan encore provisoire.

Ce bilan a été publié vers 19H00 locales (18H00 GMT), après l'arrêt des opérations de recherche qui doivent se poursuivre lundi matin, a affirmé à l'AFP le colonel Mohammed Salah Sagaama, commandant de la base navale de Sfax.

L'embarcation avait été repérée dans la nuit alors qu'elle était "sur le point de couler" au large de l'archipel de Kerkennah, selon le ministère de l'Intérieur tunisien.

L'identité des personnes décédées n'est pas connue. Parmi les rescapés figurent 60 Tunisiens, un Libyen et sept ressortissants d'autres pays du Maghreb et d'Afrique sud-saharienne, a-t-il ajouté.

"Le bateau avait une capacité maximale de 75 à 90 personnes mais on était plus de 180", a raconté à l'AFP Wael Ferjani, un survivant tunisien originaire de la région de Gabès (sud), encore en état de choc.

Alors que l'eau s'infiltrait dans l'embarcation, des migrants ont sauté à l'eau et certains se sont noyés, a-t-il ajouté.

- Femme et enfants -

Ce naufrage de migrants est le plus meurtrier en Méditerranée depuis le 2 février quand 90 personnes, en majorité des Pakistanais, sont mortes noyées au large de Zouara, dans l'ouest de la Libye, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Des Tunisiens en quête d'emploi et d'une vie meilleure tentent régulièrement de traverser la Méditerranée, en direction de l'Italie.

En mars, 120 personnes, en majorité des Tunisiens, tentant de rejoindre clandestinement les côtes italiennes avaient été secourues par la marine tunisienne.

Et en octobre 2017, 46 migrants étaient morts au large de Kerkennah après le naufrage de leur embarcation entrée en collision avec un navire militaire tunisien.

Plus à l'est de la Méditerranée, neuf migrants syriens, dont sept enfants, qui cherchaient à rejoindre l'Europe ont perdu la vie dimanche lorsque leur embarcation a fait naufrage au large des côtes turques, a indiqué l'agence de presse turque Anadolu. Six personnes, toutes adultes, ont pu être sauvées.

Plus d'un million de personnes, dont beaucoup fuyant la guerre en Syrie, avaient rejoint la Grèce à partir de la Turquie en 2015. Le nombre de personnes tentant la traversée souvent périlleuse avait ensuite fortement diminué à la suite d'un accord passé entre l'Union européenne (UE) et la Turquie en 2016.

Mais les observateurs notent que le nombre de personnes tentant la traversée a de nouveau commencé à augmenter ces derniers mois.

- L'Italie pas un "camp de réfugiés" -

Au large des côtes espagnoles, 240 migrants ont été secourus depuis le début du week-end, ont indiqué les secours.

Les rescapés de l'une des embarcations ont indiqué aux secours qu'un passager était tombé à l'eau et qu'ils "avaient vu le cadavre flotter". Le corps n'a pas pu être repêché.

Avec plus de 7.600 arrivées par la mer dont 237 morts pendant la traversée du début de l'année au 30 mai, l'Espagne est la troisième porte d'entrée de l'immigration illégale en Europe, derrière l'Italie et la Grèce, mais la deuxième la plus meurtrière, selon les chiffres de l'OIM.

En Italie, Matteo Salvini, le patron des souverainistes italiens devenu cette semaine ministre de l'Intérieur, s'est rendu dimanche en Sicile pour marteler le discours anti-immigration qui l'a porté au pouvoir.

Les différents ports de l'île italienne sont d'importants points d'arrivée des migrants.

"L'Italie et la Sicile ne peuvent être le camp de réfugiés de l'Europe", a martelé le chef de la Ligue. "Le bon temps pour les clandestins est fini: préparez-vous à faire les valises", avait-il lancé samedi.

Et au-delà des efforts en Italie, M. Salvini est attendu mardi à Luxembourg pour une réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE. Au menu: la révision de l'accord de Dublin, qui oblige les migrants à déposer leur demande d'asile dans le premier pays européen où ils arrivent. Cet accord pénalise fortement l'Italie, qui a vu arriver plus de 700.000 migrants depuis 2013.

Les arrangements controversés de l'ancien gouvernement italien avec les autorités et des milices libyennes ont toutefois fait chuter les arrivées de migrants de plus de 75% depuis l'été 2017.

Depuis le début de l'année, 13.500 arrivées de migrants ont été enregistrées dans ce pays.

Sfax (Tunisie) (AFP)

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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 06:23
Dans le centre d'hébergement du bois de Boulogne, les migrants profitent d'un miment de répit. Crédit : Leslie Carretero

Dans le centre d'hébergement du bois de Boulogne, les migrants profitent d'un miment de répit. Crédit : Leslie Carretero

Après le démantèlement du camp du "Millénaire" à Paris mercredi 30 mai, plus de 1 000 migrants ont été orientés vers des centres d’hébergement temporaire en région parisienne. Soixante-quinze d’entre eux ont été envoyés dans celui du bois de Boulogne, géré par l’association Aurore. Reportage.

Le calme règne dans le centre d’hébergement temporaire installé à quelques pas de l’hippodrome de Longchamp, dans le bois de Boulogne, à Paris. Il est 10h ce jeudi de mai et seuls quelques migrants sont sortis de leur tente pour prendre leur petit-déjeuner, les yeux rivés sur leur téléphone. Les autres dorment encore.

Semih*, un éthiopien de 21 ans, mange une tartine de confiture en buvant son café dans une tente qui fait office de réfectoire. En France depuis peu, il a passé un mois dans le camp du "Millénaire", près de la Porte de la Villette. "C’est bien ici, on est à l’abri sous des vraies tentes. On se sent en sécurité et l’ambiance est plus calme que dans la rue", avoue-t-il timidement.

Un moment de répit

Comme lui, ils sont 75 migrants, répartis dans dix tentes, à être hébergés sur le site depuis le démantèlement du camp de la Villette mercredi 30 mai - les autres évacués ont été envoyés dans 23 autres centres de Paris et sa région ouverts pour l’occasion. "Ils sont arrivés hier vers 8h30/9h", précise Nicolas Hue, responsable du centre. "Ils étaient déboussolés et épuisés. Ils ont passé une bonne partie de la journée de mercredi à se reposer", dit-il encore.

À leur arrivée, des kits d’hygiène - comprenant des brosses à dent, du dentifrice et du savon - et des "packs de bienvenue" avec notamment des tongs, leur ont été distribués.

Le site possède plusieurs douches et toilettes et des repas sont distribués trois fois par jour. Dès la semaine prochaine, des activités sportives et culturelles vont être mises en place. "On a un peu ouvert dans l’urgence, les tentes ont été installées la veille du démantèlement et tout n’était pas complètement opérationnel hier mais ça fonctionne quand même plutôt bien", explique Nicolas Hue.

Peu après leur arrivée, les migrants ont passé un mini-entretien avec des officiers de l’Ofii afin de déclarer leur identité et fournir des attestations officielles, s’ils en avaient (rendez-vous en préfecture, rendez-vous à l’Ofpra…). Selon Nicolas Hue, environ 10% des résidents sont des réfugiés statutaires et une grosse moitié sont des primo-arrivants.

"Je ne vais pas rester ici longtemps car je ne veux pas retourner en Italie"

L’association Aurore a été mandatée pour la gestion du lieu pour une durée de 15 jours, renouvelable une fois. Les migrants n’ont pas vocation à y rester longtemps.

Dès la semaine prochaine, des agents de la préfecture les accompagneront au guichet unique de Paris. Ensuite, ils intégreront le processus classique des demandeurs d’asile : à savoir l’orientation vers un CAES puis vers des structures d’hébergement selon leur situation administrative (CAO, CADA…).

Reste que la plupart redoute la suite des évènements. Beiniam a déposé ses empreintes en Italie. Ce jeune érythréen de 21 ans croisé sur le site redoute d’être dubliné. "J’ai passé des mois en Italie, je ne veux pas y retourner, c’est l’enfer là-bas. Je veux demander l’asile en France", affirme-t-il. "De toute façon, s’ils me renvoient, je reviendrai à Paris".

Un de ses compagnons d’infortune, Issa, originaire du Tchad, se dit "content" d’être là mais craint lui aussi son renvoi en Italie. "Je ne vais pas rester ici longtemps car je ne veux pas retourner en Italie". En fin de matinée, le jeune homme quitte le centre d’hébergement d’urgence – les migrants peuvent aller et venir comme bon leur semble de 8h30 à 22h30. "Je ne sais pas si je reviens, on verra bien", dit-il l’air résigné.

Leslie Carretero

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30 mai 2018 3 30 /05 /mai /2018 16:20
Paris : l'évacuation du plus gros camp de migrants a débuté

Les forces de l'ordre ont lancé mercredi matin l'opération d'évacuation du plus gros campement de migrants parisien, où quelque 1 700 personnes ont été recensées porte de la Villette au nord-est de la capitale. L'opération a débuté peu après 06h00 sur le campement  du «Millénaire» (XIXe arrondissement), au coeur d'un bras de fer entre le gouvernement et la mairie de Paris qui se renvoient la responsabilité de la gestion de ces campements de migrants. 

Cette évacuation, la 35e organisée dans la capitale depuis trois ans, «conduira à l'hébergement temporaire des personnes concernées dans une vingtaine de sites de Paris et de la région parisienne puis à l'examen de la situation administrative de ces personnes», a déclaré le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb dans un communiqué.

Les deux autres gros campements de migrants à Paris seront évacués "dès que possible"

Originaires essentiellement du Soudan, de Somalie et d'Erythrée, ces migrants étaient installés dans des conditions de très grande précarité sous des tentes serrées le long du canal de Saint-Denis, sous le périphérique. Dans l'attente de leur évacuation, tous les migrants sont sortis de leurs tentes et attendent dans le calme, leur sac à la main. Des CRS sont descendus sur le quai, d'autres arrivent en bateau. 

Près de 24 structures d'accueil, essentiellement des gymnases, ont été mobilisés en Ile de France pour accueillir les migrants, a indiqué la préfecture de police. «Si un dispositif calibré de pré-accueil n'existe pas sur l'ensemble du territoire ce type de phénomène va recommencer», assure Pierre Henry directeur général de l'ONG France terre d'asile, présent sur place. Deux autres campements sont installés depuis des mois à Paris : canal Saint-Martin ou vivent quelque 800 migrants (surtout des Afghans) et porte de la Chapelle avec 3 à 400 personnes. Ces deux autres camps seront évacués «dès que possible», a annoncé mercredi le préfet de la région Ile-de-France.

AFP

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27 mai 2018 7 27 /05 /mai /2018 06:24
Une naissance a eu nouvelle fois lieu à bord de l'Aquarius. | AFP / LOUISA GOULIAMAKI

Une naissance a eu nouvelle fois lieu à bord de l'Aquarius. | AFP / LOUISA GOULIAMAKI

Un nourrisson a vu le jour, ce samedi 26 mai, à bord du bateau affrété par SOS Méditerranée, l’ONG qui vient en aide aux migrants. Le bébé et la mère se portent bien.

Une nouvelle naissance a eu lieu à bord de l’Aquarius, un navire affrété pour venir en aide aux migrants en Méditerranée, a annoncé samedi son armateur, l’ONG SOS Méditerranée.

« Bonne nouvelle sur l’Aquarius cet après-midi avec la naissance d’un petit garçon », prénommé Miracle, a précisé l’ONG sur son compte

L’enfant, qui pèse 2,8 kg, et la mère dont l’origine n’a pas été précisée, se portent bien et doivent débarquer dimanche en Sicile, selon SOS Méditerranée.

36ème  bébé

Il s’agit du 36e bébé né à bord d’un des navires secourant les migrants qui tentent de traverser la Méditerranée à partir de la Libye, en quête d’un avenir meilleur en Europe.

AFP

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19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 20:36
© Fournis par Lagardère Active Digital "Osons la fraternité": l'appel de 30 écrivains et intellectuels pour les migrants

© Fournis par Lagardère Active Digital "Osons la fraternité": l'appel de 30 écrivains et intellectuels pour les migrants

Le prix Nobel de littérature Jean-Marie Le Clézio, l'ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira ou encore l'historien Pascal Blanchard font partie des 30 personnalités a lancé un appel à la fraternité en faveur des migrants. 

A travers récits ou témoignages, faits historiques ou dessins, poèmes ou manifestes, trente écrivains et intellectuels lancent un appel à la fraternité et se placent "aux côtés des migrants" dans un livre publié aux éditions Philippe Rey, avec le festival "Etonnants Voyageurs" qui s'ouvre samedi à Saint-Malo.

"Le monde est en train de perdre la quatrième guerre mondiale contre lui-même". Le prix Nobel de littérature, Jean-Marie Le Clézio, relate ses réflexions sur ces années de petite enfance passées caché avec sa famille dans un village des Alpes-Maritimes pour échapper à la déportation par les Allemands. L'Italien de Trieste, Claudio Magris, considère que "le monde est en train de perdre la quatrième guerre mondiale (...) contre lui-même", et que l'Europe fait fausse route en n'affrontant pas "unitairement la situation au lieu d'en laisser la gestion à chacun des pays qui la composent". Il rappelle que l'Histoire est faite de migrations et que la civilisation romaine a été "fondée par une réfugié étranger, Enée", venu d'Asie Mineure.

L'historien Pascal Blanchard expose sa surprise en découvrant par hasard, lors d'un voyage aux Etats-Unis, l'opération "Wetback", sous la présidence du Républicain "Ike" Eisenhower (1953-1961) qui s'est soldée par l'expulsion ou le départ sous la pression de millions de Mexicains. Une opération qui résonne étrangement avec la volonté exprimée par Donald Trump d'expulser des Mexicains illégaux et de construire un mur à la frontière. Quant à Mireille Delmas-Marty, professeure au Collège de France, elle propose un "Manifeste pour une mondialité apaisée".

Les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Elle formule le souhait, pour les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme, de voir les signataires "saisir cette occasion pour donner force juridique au principe d'hospitalité universel et organiser une gouvernance mondiale des mobilités humaines". Un traité "ne sera évidemment pas suffisant (...) mais il peut contribuer à inverser la mouvement de repli sur des sociétés de la peur qui, croyant se protéger, ne font que favoriser la fragmentation du monde", écrit-elle.

Christiane Taubira. Parmi les autres contributeurs, la Mauricienne Ananda Devi, l'historien Patrick Boucheron, l'ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira, ou encore les écrivains Laurent Gaudé, Lola Lafon et Lydie Salvayre. L'ensemble des droits d'auteur de cet ouvrage, rédigé sous la direction de Michel Le Bris, fondateur d'Etonnants Voyageurs, et du Prix Goncourt Patrick Chamoiseau, seront reversés à une association d'aide aux migrants, le Gisti.

 

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