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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 15:15
Philippe et Isabelle, divorcés remariés, accèdent à nouveau au sacrement d’Eucharistie lors de la messe célébrée par le père Gilles Vadon à Saint-Priest.

Philippe et Isabelle, divorcés remariés, accèdent à nouveau au sacrement d’Eucharistie lors de la messe célébrée par le père Gilles Vadon à Saint-Priest.

 « La Croix » a suivi pendant un an trois couples divorcés remariés de la région lyonnaise, engagés dans le « Cheminement Bartimée » : Florence et Georges, Sylviane et Christian, Isabelle et Philippe.

Ce parcours de discernement, mis en place depuis 2016 par une équipe de laïcs et l’ancien curé de Bron, permet à ceux qui le souhaitent d’accéder à nouveau à l’Eucharistie.

Tous deux médecins, Florence et Georges se sont mariés civilement en 2005. Georges ayant été marié précédemment, les deux conjoints ne communiaient plus et n’allaient que rarement à la messe. « Il nous paraissait absurde et injuste de ne pas pouvoir se nourrir du corps du Christ alors que d’autres péchés, à nos yeux plus graves, n’excluaient pas de la table eucharistique », racontent Florence et Georges. Ils évoquent le sentiment qu’ils éprouvaient alors d’être « esseulés » sur leur banc au moment de la communion.

Pourtant, après s’être installés à Bron, commune proche de Lyon, dans une maison volontiers accueillante, Florence et Georges recommencent à aller à la messe et inscrivent leurs fils au catéchisme. En 2011, ils rencontrent le père Franck Gacogne, à l’époque curé à Bron, et lui demandent de les aider à trouver leur place dans l’Église.

 

Deux ans après, « Amoris laetitia » avance à petits pas

« Êtes-vous en paix, avec l’ex-conjoint, avec vous-même, au sein de votre couple ? », leur demande-t-il d’emblée. À partir de là, le couple et le prêtre se rencontrent régulièrement et le couple s’investit pour des permanences d’accueil et des séances de catéchisme. « La messe en famille prenait de plus en plus de sens pour nous. »

Une bénédiction dans l’intimité

Alors que leur fils aîné prépare sa première communion en avril 2012, le couple se voit inviter par le père Gacogne à bâtir une célébration de bénédiction de leur union. Celle-ci a lieu cinq mois plus tard, dans l’intimité. « Et le lendemain, lors de la messe dominicale, nous avons re-communié pour la première fois après douze ans. Cela fut très lourd de sens et d’émotion ».

Depuis sept ans, Florence et Georges poursuivent des permanences d’accueil paroissial et sont membres de l’équipe d’animation pastorale de Bron. Ayant également accompagné une équipe Tandem (parcours des Équipes Notre-Dame pour couples jeunes, mariés ou non), ils sont appelés, après la parution d’Amoris Laetitia, à accompagner le « Cheminement Bartimée » pour personnes divorcées remariées.

Ce parcours s’appuie sur le récit de la guérison de l’aveugle Bartimée (Mc 10,46-52) dans lequel Jésus demande à la foule d’appeler cet homme qui crie sa détresse mais que tout le monde fait taire ; Jésus ordonne ainsi à la foule de changer d’attitude.

Chaleureuse et avenante, Sylviane a parcouru ce « Cheminement Bartimée ». Après avoir épousé un Gabonais et avoir eu deux enfants avec lui, Sylviane a rencontré Christian, l’un de ses professeurs alors qu’elle terminait un DESS en communication à Lyon III. Christian – non croyant –, qui vivait en couple sans être marié, et son étudiante se rapprochent, s’aiment. Après quatre années d’hésitation, Christian et Sylviane s’installent ensemble dans un appartement lyonnais, puis se marient en 2007 et ont deux autres enfants.

Pas suffisant pour apaiser ses scrupules

Après avoir parlé à son curé de sa souffrance de ne pouvoir communier, cette quadragénaire énergique entreprend une démarche de reconnaissance de nullité de son premier mariage et obtient une réponse positive de l’officialité en mars 2009. Mais ses scrupules ne s’apaisent pas. Un prêtre africain les ravive, lors d’une confession : « Quand on a été marié devant Dieu, on le reste toute la vie », lui assène-t-il.

La famille ayant déménagé à Bron, Sylviane se présente au père Gacogne fin 2016. « Il m’a parlé de l’équipe Bartimée, mais ce n’est qu’à la rentrée 2017 que je m’en suis rapprochée », se souvient-elle. Cet été-là, à Fatima, elle avait fait tout le parcours de procession sur les genoux : « pour demander pardon pour mon premier mariage car je n’avais pas voulu voir les signes de Dieu qui me montraient qu’il ne fallait pas que j’épouse cet homme… »

Lors d’une deuxième rencontre Bartimée, Sylviane approfondit, avec les deux autres couples présents, sa compréhension de l’Évangile de Bartimée. « Nous étions tous d’accord, sourit-elle, pour dire qu’on avait envie, comme Bartimée, de rejeter loin notre vieux manteau », fait de tourments intérieurs, de jugements entendus, de sentiments d’indignité et d’exclusion… « J’ai exprimé ce soir-là ma souffrance de ne pas pouvoir communier, même si certains prêtres m’y autorisaient », poursuit Sylviane.

Se sentant « poussée à croire à la Miséricorde de Dieu », elle demande à être admise à nouveau à la table eucharistique. Avec Régine et Daniel Gendrin, un couple ami de la paroisse, Sylviane prépare cette célébration « Bartimée » qui a lieu le samedi 13 janvier 2018, à Bron. « Cela fait plus de dix ans que j’ai arrêté de communier, à la suite de mon divorce », raconte ce soir-là Sylviane avec sobriété. « Je me trouvais indigne. Mais aujourd’hui, j’ai décidé de rejeter cette double peine que je me suis infligée, de ne plus être la petite dame au fond de l’Église… »

Fière de communier

Un an plus tard, Sylviane confirme que cette célébration Bartimée a marqué pour elle « une renaissance ». « Avant, j’avais peur du regard de l’Église, je craignais que quelqu’un dans l’assemblée fasse une réflexion sur le fait que j’avais déjà été mariée. Mais désormais, je n’ai plus aucune crainte en ce sens, je suis fière de communier, fière d’avoir été appelée par Dieu à reprendre pleinement ma place de baptisée. »

Comme tous les couples divorcés remariés rencontrés par La Croix pendant plus d’un an, Isabelle et Philippe expriment cette même souffrance de ne pas se sentir pleinement intégrés dans l’Église. Et pour eux aussi, la célébration Bartimée, vécue le 7 avril 2018 à Saint-Priest, a été une source profonde d’apaisement et de joie. Philippe avait vécu un premier mariage chrétien en Haute-Loire pendant quinze ans jusqu’au départ soudain de son épouse avec une femme. Isabelle s’est mariée une première fois en 1993 avec un homme qui s’est révélé violent.

Grâce à un site de rencontre chrétien, après avoir longuement échangé par mails, les deux quadragénaires font connaissance en avril 2013, dans l’oratoire d’un centre hospitalier qu’ils fréquentaient alors. L’évidence de leur amour s’impose. Durant l’été, avec quatre de leurs six enfants, ils marchent sur le chemin de Compostelle.

Un an plus tard, le couple s’installe à Saint-Priest. Et en 2016, Isabelle et Philippe se marient civilement. Désireux de recevoir une bénédiction, le couple trouve un prêtre du Prado, qui les accompagne pendant deux ans, avant de leur proposer un temps de prière « tout simple » dans un monastère de Haute-Loire. « Vous avez toute votre place dans l’Église », leur dit le prêtre, en allumant un cierge, signe de leur baptême.

Partage de parcours

Peu après, Isabelle et Philippe s’engagent dans le mouvement chrétien « Vivre et aimer » et Isabelle se lance dans la catéchèse pour enfants handicapés. C’est ainsi qu’elle entend parler du Cheminement Bartimée : « On s’est aussitôt dit que c’était exactement ce que l’on cherchait. » Le couple rencontre le père Gacogne qui les met en contact avec Georges et Florence.

Leurs premières rencontres, dans une salle paroissiale, leur permettent de partager leurs parcours, de comparer leurs expériences d’accueil en Église et de méditer l’Évangile de Bartimée. « Nous ne revendiquons pas la communion ni la réconciliation comme un droit ou comme un mérite pour nos œuvres accomplies ou pour les épreuves subies », expose Philippe au cours de cette messe du 7 avril 2018, présidée par le père Gilles Vadon, curé de Saint-Priest et ami du père Gacogne. « Nous souhaitons pouvoir communier au corps et au sang du Christ pour affermir notre foi et notre espérance. »

« Nous comprenons la logique de la sanction qui frappe les divorcés remariés : le mariage est indissoluble », exprime le « couple parrain » d’Isabelle et Philippe lors de cette célébration. « Mais dans Amoris Laetitia, la miséricorde s’affranchit de la loi ; le pardon, qui n’efface rien, redonne la vie. »

Claire Lesegretain (à Bron et Saint-Priest, Rhône),

 

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 20:06
L'église Saint Antonin d'Epaignes

L'église Saint Antonin d'Epaignes

Ce samedi 19 août 2017 à 10h30 en l’église Saint Antonin d’Epaignes (dans l’Eure), une messe qui réunissait 7 prêtres, un diacre, un séminariste, une trentaine de fidèles et présidée par le Père Jean-François BERJONNEAU, « l’un des trois missionnaires de la miséricorde » du Diocèse d’Evreux représentant notre évêque, fêtait le « retour à l’Eucharistie » de Philippe et Annie dont j’avais béni deux ans auparavant (le même jour et dans la même église) les 25 ans de mariage civil.

Philippe et Annie font partie de ceux que l’on appelle les « divorcés remariés » pour lesquels le pape François a eu une attention particulière dans l’exhortation apostolique « Amoris Laetitia » à la suite du synode sur la famille : « La route de l’Eglise, depuis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration. La route de l’Eglise est celle de ne condamner personne éternellement, de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère. Car la charité véritable est toujours imméritée, inconditionnelle et gratuite… ».

Après un long cheminement, un temps de discernement de leurs motivations, avec l’aide d’un accompagnateur spirituel et une journée de retraite dans une abbaye où ils ont reçu le sacrement du pardon, le jour était venu de fêter leur « retour à l’Eucharistie » !

C’était avec beaucoup de joie d’émotion que nous avons vécu ce bel évènement.

MERCI à notre évêque, le Père Christian NOURRICHARD, à Jean-François BERJONNEAU et à l’Eglise diocésaine de suivre cette route de la miséricorde ouverte par Jésus lui-même.

MERCI à Philippe et Annie d’avoir gardé – tout au long de ces années où ils ont été tenus à l’écart des sacrements de l’Eglise - une foi intense et très engagée dans la vie (solidarité avec les pauvres, service de la catéchèse et de l’aumônerie des jeunes…).

Voici le mot de remerciement de Philippe et Annie reçu par Internet dès notre retour : « Merci encore, du fond du cœur, à vous tous, pour votre présence bienveillante en ce jour du 19 août 2017.

Cette présence a été une forte joie pour nous et participe au bonheur que nous procure cette Eucharistie.

Souvenez-vous : « c’est par l’Eucharistie que nous est donnée la Vie de Dieu, le Pain de la route. Recevoir le Pain de Dieu nous invite à partager notre pain avec nos frères en humanité. L’Eucharistie structure la vie chrétienne, elle la ponctue, elle est la respiration dans la vie spirituelle ».

Denis Chautard

Prêtre de la Mission de France à Vernon (Eure)

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 12:56
Tableau de David Teniers le Jeune : « Les œuvres de la Miséricorde » (XVIIème siècle)

Tableau de David Teniers le Jeune : « Les œuvres de la Miséricorde » (XVIIème siècle) : dépôt des hospices de Gray au musée Baron Martin de Gray (Haute Saône)

Rappelant l’urgence d’aller aux « périphéries existentielles », le Pape invite très concrètement l’Eglise à se tourner vers les plus pauvres, qui sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine.

En nous appuyant sur la prédication du Christ, « redécouvrons les œuvres de miséricorde corporelles : donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Et n’oublions pas les œuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.» (MV15)

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 10:04
« Au-delà des murs » : une présence spirituelle en prison

Un superbe témoignage publié par Présence Protestante et Le Jour du Seigneur ce dimanche 21 février 2016 sur France 2 : « se reconstruire en prison », un témoignage d’actualité en cette « année de la miséricorde » !

Cliquer sur la vidéo ci-dessous puis sur l'icône "plein écran"

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 20:09
Vivre un Carême de Miséricorde par Béatrice Durand

« J'ai retrouvé ma brebis » Luc 15,6

« Face à la gravité du péché, Dieu répond par la plénitude du pardon. La miséricorde sera toujours plus grande que le péché, et nul ne peut imposer une limite à l'amour de Dieu qui pardonne. » Pape François, bulle de l'Année sainte §3

Nous connaissons ces paraboles, trois en particulier : celle de la brebis égarée, celle de la pièce de monnaie perdue, et celle du père et des deux fils (cf. Lc 15, 1-32). Dans ces paraboles, Dieu est toujours présenté comme rempli de joie, surtout quand il pardonne. Nous y trouvons le noyau de l'Évangile et de notre foi, car la miséricorde y est présentée comme la force victorieuse de tout, qui remplit le cœur d'amour, et qui console en pardonnant. Id. §9

Joie ! Fierté. Soulagement. Fatigue aussi. Le stress encore marqué dans la crispation des sourcils. Force et tendresse des deux mains protectrices qui la portent à plein corps !

Et elle : Confiance qui s'abandonne après l'errance. Les pattes repliées sur le bras qui la tient.

Sécurité.

Elle est sauvée !

«Toi qui comptes mes pas vagabonds, Recueille en tes outres mes larmes.

Sur toi je prends appui, Plus rien ne me fait peur. Je le sais, Dieu est pour moi, Car tu m'as délivré de la mort Pour que je marche à la face de Dieu Dans la lumière des vivants ! » (Psaume 55)

« Oui, tu es venu à mon secours : Je crie de joie à l'ombre de tes ailes. Mon âme s'attache à toi, Ta main droite me soutient. » (Psaume 62)

Jésus a pu connaître de telles scènes sur les collines de Galilée. Il s'en est ému, comme nous. Il partageait les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de son temps (Vatican ii). La vie des hommes lui parlait du Père, tout naturellement. Et elle lui rappelait tellement l'Écriture !

Dans l'Évangile, pour dire Dieu, il se sert de nos vies et c'est pour cela qu'il nous touche au cœur. Les paraboles qu'il raconte sont le reflet de la réalité quotidienne : Il manque une brebis au troupeau, une grosse pièce du porte-monnaie est perdue, le petit dernier a quitté la maison,... et puis, le champ de blé est plein de mauvaises herbes, un passant a été attaqué sur la route, et c'est un étranger qui l'a secouru,... le repas est prêt pour le mariage mais les invités ne viennent pas,... Ces histoires si humaines : Jésus en fait le miroir du visage du Père !

« Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier », nous dit le pape François.

Vivre le Carême de l'année de la Miséricorde : c'est le Seigneur lui-même qui veut nous introduire au cœur du mystère de la foi !

« Décharge ton fardeau sur le Seigneur : Il prendra soin de toi. » (Ps 54)

« Tu seras la joie de ton Dieu. » (isaïe 62, 5)

Béatrice DURAND

Responsable Diocésaine de la Catéchèse

Diocèse d’Evreux

La lettre « Eure Caté » Février 2016 n° 37

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 22:59
8 décembre : ouverture de la « Porte de l’année de la Miséricorde »

La Communauté Mission de France ouvre la porte par une lettre ouverte

« Ouvrons-la quand on a voté avec la trouille et fermé le droit de devenir frère

Ouvrons-la quand on a manipulé l’image et détourné l’information

Ouvrons-la quand on a bloqué l’ascenseur social et fermé la porte à l’espérance

Ouvrons-la quand on a préféré le travail de l’argent au travail des salariés

Ouvrons-la quand un fond de pension a fermé l’usine, l’école et la maternité

Ouvrons-la quand on a quantifié les gestes des soignants et ignoré le prix d’une parole

Ouvrons-la quand on a fermé sa gueule et claqué la porte au sans logis

Ouvrons-la quand on a fouillé dans nos poubelles de quoi manger un peu

Ouvrons-la quand a libéralisé le crédit et joué sur la dette des petits

Ouvrons-la quand on s’est indigné du voile et voilé la face sur les cités en dérive

Ouvrons-la pour choisir le courage politique du bien commun

Ouvrons-la pour préférer se faire violence plutôt que faire violence

Ouvrons-la pour chanter que le soleil et la pluie sont pour tous

Ouvrons-la pour travailler une terre pour les générations futures

Ouvrons-la pour comprendre comment renoncer au pillage des ressources

Ouvrons-la pour apprendre à servir plutôt que se servir.

Ouvrons-la pour voyager solidaire plutôt que solitaire

Ouvrons-la pour une place en crèche à l’enfant et sa famille venus de loin

Ouvrons-la parce que Dieu n’appartient à personne et que nous pouvons être à Lui

Ouvrons-la pour se laisser transformer par la joie d’accueillir qui vient d’ailleurs

Ouvrons-la pour partager la parole que Dieu nous donne »

Arnaud Favart

Vicaire général de la Mission de France

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 15:16
Mgr Vesco, évêque d’Oran : "L’Église ne peut séparer des personnes qui s’aiment"

« Quand il y a rupture d’un mariage, d’un amour, la question du pardon est centrale. Pourquoi l’Église n’accompagnerait-elle pas cette étape ? », Mgr Jean-Paul Vesco. © Eric GArault / Pasco

Pèlerin. Vous avez été ordonné évêque d’Oran le 25 janvier 2013 : présentez-nous votre diocèse.
Jean-Paul Vesco. Je suis pasteur d’une toute petite Église en Algérie, un diocèse d’une douzaine de prêtres, cinquante religieux et religieuses, quelques milliers de fidèles, notamment des étudiants et des migrants. L’évêque est à la fois le curé d’une petite paroisse et l’interlocuteur, l’ambassadeur, de l’Église universelle dans un contexte non chrétien.

Est-ce l’occasion d’un dialogue avec l’islam ?
J.-P. V. Il s’agit d’abord de vivre ensemble. J’aime cette quotidienneté : c’est un dialogue de vie avant d’être un dialogue interreligieux. C’est passionnant de vivre sa foi dans un contexte de forte minorité. C’est de plus en plus vrai pour l’Église de France. Le risque de la minorité est de se refermer : c’est le communautarisme. Mais nous pouvons aussi être plus intelligents pour être présents au monde.

Quel souvenir reste-t-il de Pierre Claverie, évêque d’Oran, assassiné le 1er août 1996 ?
J.-P. V. Sa mort a été un traumatisme. On me parle encore du bruit de la bombe entendu dans tout Oran. Pierre Claverie était un pasteur. C’est le frère qui nous manque. Bizarrement, quand j’ai appris sa mort, j’ai senti que cela avait quelque chose à voir avec moi. Maintenant, j’ai repris sa crosse et je suis toujours ému chaque fois que je m’en saisis.

Vous avez écrit : « Tout amour véritable est indissoluble. » Pourquoi l’évêque d’Oran se mêle-t-il du débat au sujet des divorcés remariés ?
J.-P. V. Même si mon diocèse n’est pas trop concerné, l’évêque d’Oran est aussi évêque de l’Église universelle. Et puis, c’est pour moi une question beaucoup plus ancienne : tant de personnes sont blessées ! L’Église est en flagrant délit de contre-témoignage quand elle rejette des personnes qui souffrent.

Y a-t-il des fondements théologiques pour légiférer autrement ?
J.-P. V. Le projet de Dieu est de faire de l’homme et de la femme une seule chair : c’est un projet d’alliance très fort. Il est bon de reconnaître toute la valeur de cet idéal de l’amour indissoluble, et personne ne le conteste, surtout pas ceux qui souffrent. Mais il peut arriver que ce mariage échoue. Or, l’indissolubilité est pensée comme… un cadenas ! C’est fini !

La conséquence de l’échec du mariage, c’est une vie dans le célibat. Certains peuvent faire ce choix spirituel. Mais il faut pour cela une grâce particulière, sinon, c’est le résultat d’une humanité blessée.

Mais une fois passée la douleur de la rupture, peut venir l’envie de vivre une nouvelle fois sa vocation d’époux, d’épouse, de parent.

C’est cette seconde alliance qui pose problème. Pourquoi ?
J.-P. V. Si on entre dans une deuxième alliance, on est adultère parce que la première alliance n’a pas été déliée. C’est un argument juridique : cela n’a rien à voir avec ce qui est vécu. Je ne connais pas de parents dont des enfants ont divorcé qui se disent : « Pourvu que mon fils ou ma fille ne se remarie pas, pourvu qu’il reste bien fidèle à son mariage. »

Mais la condamnation de l’adultère est annoncée par Jésus dans l’Évangile.
J.-P. V. La parole de Jésus est importante, mais un peu instrumentalisée : les pharisiens veulent le piéger. C’est un débat juridique pour interpréter Deutéronome 2, 24 : peut-on répudier pour n’importe quel motif ou seulement pour une raison sérieuse ? Et Jésus dit : pour aucun motif. Quand vous répudiez votre femme vous êtes adultère. Vous en épousez une autre, vous êtes adultère. Deux mille ans après, cette parole est appliquée à tout homme et à toute femme. Comment l’Église peut-elle dire à des personnes qui s’aiment : « Vous êtes adultères, séparez-vous. » ? Ce n’est pas possible !

Les paroles de Jésus sont pourtant sans appel…
J.-P. V. Mais prononcées dans un contexte précis, où l’on voulait le piéger ! Je remarque quand même que nous avons su relativiser d’autres paroles : « N’appelez jamais personne “père”, parce qu’il n’y a qu’un Père qui est aux cieux. » Et nous sommes appelés « père », les évêques en premier !

Dans votre livre, vous distinguez l’amour indissoluble et le sacrement du mariage.
J.-P. V. Pour beaucoup aujourd’hui, l’échange des « oui » à l’église fait l’indissolubilité. Or, celle-ci n’est pas la conséquence du sacrement mais la cause. Notre théologie reconnaît la valeur de l’amour humain : quand un homme et une femme se donnent l’un à l’autre, il se crée du définitif. C’est ainsi que l’Église reconnaît l’indissolubilité du mariage civil entre deux non-baptisés. L’indissolubilité de l’amour préexiste donc au mariage sacramentel, même si celui-ci « vient donner une force particulière », selon l’article 1 056 du droit canon.

J.-P. V. Tout à fait : et l’Église ne peut pas demander à des personnes qui s’aiment de se séparer. En fait, la discipline actuelle pèche par un déficit de prise au sérieux de l’indissolubilité de l’amour humain !

Si c’est l’amour qui scelle l’indissolubilité, le remariage est aussi une histoire d’amour…

Certains prônent une procédure de nullité du mariage, plus facile : n’est-ce pas une solution ?
J.-P. V. Pour ma part, quand il y a des enfants, cela devrait simplement être impossible ! La nullité signifie que le mariage n’a pas existé, ce qui ne correspond pas à la réalité. Quant à ouvrir la nullité au manque de foi, comment en juger ?

Dès lors, pourrait-on bénir le nouveau lien sans que ce soit du registre du sacrement ?
J.-P. V. Cela ne pourra jamais être de l’ordre du sacrement. Pourquoi ? Parce que le droit canon rappelle les deux caractéristiques du mariage : l’indissolubilité et aussi l’unité qui est la trace indélébile du sacrement. Mais je crois que le Seigneur « dit du bien » quand deux personnes se donnent l’une à l’autre dans la fidélité, et construisent la vie : c’est une « bénédiction ». Il faudrait trouver la manière de le dire en Église plutôt que de laisser, comme souvent, chaque prêtre bricoler. Le synode aurait pu inviter les conférences épiscopales à réfléchir à un rituel de bénédiction d’une union non sacramentelle.

N’est-ce pas, de votre part, un excès d’optimisme ? La question paraît moins avancée…
J.-P. V. Le pire serait de classer l’affaire sans y toucher. Que se passerait-il ? Les divorcés remariés se détourneraient des sacrements ou communieraient en cachette. Comment les tenir enfermés dans cette condamnation ? L’Église s’appuie sur cette notion de persistance de l’état de péché. Or, on ne peut pas qualifier ce nouveau lien de « délit continu »… C’est une catégorie juridique classique de tous les systèmes de droit : la différence entre infraction continue et infraction instantanée. Je m’explique : si je tue quelqu’un, c’est instantané, je ne peux plus revenir en arrière. Je peux être condamné, mais aussi regretter et demander pardon. En revanche, si je vole un livre, tant que je ne l’ai pas rendu, il est inutile de demander pardon… C’est une infraction continue. L’Église considère le remariage comme un délit continu, ce qui empêche tout pardon. Que reste-t-il de la miséricorde ?

Ne faudrait-il pas imaginer une démarche pénitentielle, une étape pour renouer avec les sacrements ?
J.-P. V. Bien sûr. Quand il y a rupture d’un mariage, d’un amour, la question du pardon est centrale. Pourquoi l’Église n’accompagnerait-elle pas cette étape ? Au moment du remariage, il peut y avoir un jeûne eucharistique pendant un temps, un accompagnement vers le sacrement de réconciliation des divorcés remariés… Quel signe pastoral ce serait dans nos communautés !

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En aparté

Depuis son ordination épiscopale, l’évêque quitte avec peine son diocèse d’Oran. De passage à Paris, Mgr Jean-Paul Vesco développe sa pensée à propos des divorcés remariés. L’ancien avocat entré dans l’ordre des Frères prêcheurs a trop souffert de voir des proches ou des amis s’éloigner de l’Église à la suite d’un remariage. Le regard vif, l’ancien provincial des Dominicains de France a le sens de l’amitié, de l’échange. Il cultive la passion de la rencontre, du dialogue, de l’écoute. Voilà un dominicain qui, comme le pape jésuite, est converti à une simplicité toute… franciscaine.

A lire :

Tout amour véritable est indissoluble, Jean-Paul Vesco, Éd. du Cerf, 110 p. ; 9 €

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 07:40
Lettre aux évêques des catholiques de BRON confrontés à la situation des divorcés remariés

Le pape François a invité tous les baptisés à s'exprimer en vue de préparer la seconde session du synode sur la famille qui se tiendra en octobre 2015 à Rome. Parmi les diverses questions soulevées, celle de la situation des personnes divorcées-remariées dans l'Eglise nous semble prioritaire.

Nous vous proposons de lire ce texte et de le signer si vous adhérez à son contenu. Il ne s'agit pas d'une pétition (bien que ce mot apparaisse malgré nous sur ce site), mais d'un texte collectif proposé à l'approbation du plus grand nombre. En raison des délais nécessaires à la préparation du synode, et pour la bonne prise en compte de cette contribution, nous vous demandons de le signer avant le 10 mars 2015.

Il émane d'un groupe de catholiques de la paroisse Saint Benoît à Bron dans le diocèse de Lyon : http://paroissedebron.fr/

« Baptisés pour témoigner de la bonne nouvelle de l'Evangile, nous sommes tous, en tant que membres de notre Eglise, des pécheurs pardonnés. Mais nous souffrons parce que l'Eglise exclut de la miséricorde qu'elle est chargée de transmettre une catégorie de croyants.

Quelques constats :

  • Aujourd'hui, la position du Magistère sur la situation des divorcés remariés est incompréhensible donc inaudible pour un très grand nombre de fidèles. Il en est de même pour ceux qui sont aux marges de l'Eglise et qui cherchent comment vivre de l'Evangile.
  • Le non-accès aux sacrements pour les divorcés remariés fait de cette situation le seul péché impardonnable. Cela contredit profondément la façon évangélique qu'a Jésus d'accueillir tous les pécheurs là où ils en sont, de les relever pour une nouvelle vie et de les appeler à aller plus loin en se convertissant.
  • L'Eglise apparaît alors comme celle qui condamne alors que, comme mère, elle devr ait être celle qui accompagne et relève. Le divorce est la plupart du temps une épreuve très douloureuse : au cœur de cette réalité, l'Eglise est-elle vraiment « experte en humanité » ?
  • Il s'ensuit une situation perçue par beaucoup comme un contre-témoignage faisant obstacle à tout travail d'évangélisation.
  • On peut aussi remarquer la contradiction entre les limites de l'accompagnement initial vers le mariage et les exigences radicales sous-tendues par la contraction de ce mariage. Il y a souvent un écart entre l'attente des couples et ce que l'Eglise leur propose : les mariés sont rarement conscients de ce qu'ils engagent et ensuite l'Eglise leur oppose la profondeur de ce qui est engagé.
  • Il ne s'agit pas de remettre en cause l'indissolubilité du mariage sacramentel mais de reconnaître qu'elle n'empêche pas la réalité des échecs de la relation humaine. Echecs qui font partie de la vie. La position théologique qui identifie le lien entre les époux à celui du Christ et de son Eglise pose question et crée même une impasse. Si la fidélité de Dieu est de toujours à toujours, celle de l'homme est limitée par sa condition pécheresse.

Quelques pistes :

  • S'il y a échec (séparation durable, divorce), il pourrait être proposé aux personnes concernées un chemin de discernement sur une durée significative, adaptée à chaque situation, avec un groupe d'accompagnement (prêtre et laïcs formés).
  • Cette démarche serait donc ecclésiale, en écho à la démarche du mariage elle-même ecclésiale. Elle permettrait la reconnaissance par chacun de sa responsabilité dans l'échec, de son péché. Cela ouvrirait précisément à une démarche de pardon, au sacrement de réconciliation.
  • Cela ouvrirait à la réception de l'Eucharistie, « qui n'est pas un prix destiné aux parfaits mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » comme le dit notre Pape François au n°47 de son exhortation Evangelii Gaudium. Et nous sommes tous faibles !
  • Dès lors, une éventuelle nouvelle union serait reçue par les personnes et par l'Eglise comme une heureuse bonne nouvelle de vie. Y aurait-il remariage ? Sans doute, mais pas sacramentel.
  • Enfin, plus globalement, il faudrait remettre en question la pastorale du mariage, en vue d'un meilleur soutien aux époux : celui de leur préparation, celui de leur accompagnement dans la durée, dans les joies et les difficultés.

En conclusion :

Nous attendons de notre Eglise non un surcroit d'explication mais une conversion théologique et pastorale qui ouvre radicalement à la miséricorde. »

Signer la lettre au Cardinal BARBARIN et à Monseigneur PONTIER

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 18:34
« L’Évangile, un chemin de bonheur », une série de vidéos proposées par le diocèse d’Evreux.

Chaque mois, dans une vidéo de 4 minutes, Mgr Christian Nourrichard évêque d’Evreux commentera une parole de l’Évangile qui exprime l’accueil et l’amour inconditionnel de Dieu pour tous, quelle que soit leur situation sociale ou religieuse.

Ce travail est l’émanation d’un petit groupe dénommé « Signes de miséricorde ».

Tout a commencé par une lettre adressée à l’évêque et à ses conseils, par quelques laïcs exprimant leur souffrance que l’Église apparaisse trop souvent comme excluant ceux qui sont dans des situations non conformes à la loi de l’Église, et leur souhait qu’elle reflète davantage la miséricorde du Christ envers tous.

Le 19 avril 2013, l’évêque d’Evreux répondait à cette interpellation en réunissant un petit groupe de quatre laïcs, un diacre et un prêtre pour porter avec lui ce souci.

La vidéo que nous vous présentons, ainsi que les suivantes au cours des prochains mois, est une des réalisations de ce groupe.

Signes de miséricorde, 11bis rue Jean Bart CS40165 27001 Evreux cedex

chemindebonheur@evreux.catholique.fr

http://evreux.catholique.fr/

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