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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 07:15
Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé. M.MIGLIORATO/CPP/CIRIC

Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé. M.MIGLIORATO/CPP/CIRIC

L’année 2020 sera marquée par deux anniversaires : 15 ans de l’anniversaire de la mort du frère Roger et 80 ans de Taizé. Comment souhaitez-vous marquer ce double anniversaire ?

Très simplement, comme je crois que frère Roger l’aurait souhaité, au cours de notre prière commune. Le soir du 16 août, j’exprimerai une prière d’action de grâces puis nous placerons dans le chœur de notre église de la Réconciliation une icône que frère Roger aimait beaucoup et qu’il appelait l’« icône de l’amitié ». Il s’agit d’une très ancienne image copte égyptienne, elle montre Jésus marchant à côté d’un proche dans lequel frère Roger invitait à reconnaître chaque personne humaine que Jésus accompagne avec amitié.

Dieu d’amour, en ce soir du 16 août, nous te rendons grâces pour la vie de notre frère Roger. Il a cherché ardemment à vivre de ta confiance et à dire ta bonté infinie pour chaque être humain, croyant ou non croyant. Dans cette confiance, tu lui as donné de trouver la source de la joie et de la paix : la paix du cœur qui a fait de lui un créateur de paix entre les humains. Comme lui, nous voudrions vivre de l’amitié du Christ, en mettant en pratique, sans attendre, ne serait-ce qu’une seule parole de l’Évangile.

Pour nous les frères, ce double anniversaire est l’occasion d’exprimer, d’abord à Dieu dans nos cœurs, notre reconnaissance qui reste très vive pour frère Roger et pour tout ce que Dieu lui a donné de vivre. Reconnaissance aussi pour la continuité avec laquelle nous essayons de poursuivre ensemble en communauté et aussi avec les jeunes qui viennent en pèlerinage sur notre colline.

Quand je pense à la venue de frère Roger à Taizé, en août 1940, je reste encore dans l’étonnement : il n’avait que 25 ans, il a voulu quitter sa Suisse natale pour se rapprocher des graves épreuves du moment et il s’est lancé dans cette aventure avec beaucoup d’énergie. Cette décision marque le début de la fondation de la communauté, qui se poursuivra ensuite avec l’arrivée des premiers frères, leur engagement pour la vie à Pâques 1949 et d’autres étapes encore.

Dans ces moments-clés de l’histoire de Taizé, et tout au long de sa vie, frère Roger a su faire preuve de l’ouverture nécessaire pour découvrir les signes du temps et adapter la vie fraternelle en conséquence. Nous restons aujourd’hui soucieux de cette attention aux signes du temps : chaque époque apporte de nouveaux défis auxquels nous cherchons comment répondre par notre vie.

Dans un message du 16 août 2015, le Pape François disait que Frère Roger était un « témoin infatigable de l’Évangile de paix et de réconciliation, animé par le feu d’un œcuménisme de la sainteté ». Comment la communauté continue-t-elle de faire vivre la figure de Frère Roger ?

Lorsque je rencontre les jeunes qui sont à Taizé pour la semaine, je leur parle de temps en temps de la figure de frère Roger – et des intuitions qui l’ont guidé. Mais il me semble que, au-delà des paroles, son esprit reste vivant dans notre communauté sans que nous ayons à nous en préoccuper outre mesure. Il disait lui-même que nous étions appelés à montrer le Christ, comme Jean Baptiste, et non pas à nous montrer nous-mêmes.

J’essaye surtout de transmettre à mon tour la confiance que frère Roger avait dans les jeunes générations. Le dernier livre qu’il a publié de son vivant, « Pressens-tu un bonheur ? », s’achève d’ailleurs par ces paroles : « Pour ma part, j’irais jusqu’au bout du monde, si je le pouvais, pour dire et redire ma confiance dans les jeunes générations. »

Aujourd’hui, il me semble que la jeune génération a des intuitions très justes concernant l’unité des chrétiens, le dialogue et la réconciliation, l’engagement pour les plus démunis et la solidarité. C’est vrai qu’existe sans doute chez certains une tentation de repli identitaire, mais je vois aussi que beaucoup de jeunes comprennent intuitivement que l’Évangile nous stimule à dépasser les frontières de peuples, de cultures, d’origines sociales.

Et encore davantage les frontières confessionnelles ! Tout au long de sa vie, frère Roger a fait résonner en lui cette prière du Christ qui, avant sa Passion, demandait à Dieu que ses disciples soient un pour que le monde croie (Jean 17). Frère Roger soulignait que cette communion trouve sa source dans le baptême qui unit tous les chrétiens et  il cherchait constamment comment anticiper cette unité à venir par des signes visibles.

La communauté de Taizé est un lieu de rassemblement pour les jeunes du monde entier. Vous accueillez chaque année des dizaines de milliers de jeunes pour des semaines, de prières, de partage et de réflexion. Pourquoi l’attention se porte-t-elle tout particulièrement sur les jeunes ?

Parce que ce sont eux qui peu à peu ont constitué la majorité des pèlerins arrivant près de nous. Nous restons étonnés que tant de jeunes adultes viennent à Taizé – et depuis plus d’un demi-siècle ! Pour nous les frères, cette présence des jeunes est un appel à nous mettre à leur écoute. Chaque soir, après la prière commune, avec d’autres frères, je reste dans notre église pour écouter celles et ceux qui le souhaitent et je suis frappé par les questions très profondes que beaucoup de jeunes portent avec eux.

Actuellement, en raison de la pandémie du coronavirus, nous n’accueillons chaque semaine de cet été que 500 participants environ, mais je continue à constater en eux cette recherche et cette soif spirituelle. Ils ne cherchent pas seulement un temps fort avec des jeunes de leur âge, mais aussi une écoute personnelle qui leur permet de partager leurs joies et leurs peines, leurs épreuves et leurs questions. En les accueillant à Taizé, nous voulons avant tout être des hommes d’écoute.

J’aimerais encore souligner un deuxième niveau d’écoute de la jeune génération : il concerne les grands défis du moment pour l’Église et la société. Ces dernières années, beaucoup de jeunes partagent avec nous leurs engagements et leur recherche pour la sauvegarde de la planète, ils sont vivement conscients que c’est une urgence face au changement  climatique qui s’aggrave. Avec eux, nous abordons ces questions à partir de la foi, pour que la peur ne soit pas notre seul guide. Et c’est pour moi une véritable espérance de voir combien tant de jeunes sont prêts à prendre un engagement bien motivé dans ce domaine.

Prévoyez-vous de nouveaux temps forts en 2020-2021 ?

En raison de la pandémie, nous avons dû reporter à l’été 2021 deux événements initialement prévus pour cet été : un week-end d’amitié entre jeunes chrétiens et musulmans et une semaine de réflexion pour les jeunes de 18 à 35 ans. Pour autant, nous sommes heureux de pouvoir continuer les rencontres internationales cette année, dans le respect des mesures sanitaires.

Il nous faut aussi reporter d’un an la rencontre européenne de jeunes à Turin, dans le nord de l’Italie. Du coup, l’idée est venue de proposer à la place une rencontre européenne à Taizé. Cette rencontre inédite aura lieu du 27 décembre 2020 au 1er janvier 2021, et elle comprendra une participation de jeunes du monde entier grâce à des initiatives en ligne.

Au sujet des « rencontres européennes de Taizé », en quoi est-il important de bâtir une Europe de la rencontre et du dialogue ?

Est-ce que les chrétiens de ce continent mesurent assez leur responsabilité et les possibilités qui leur sont offertes pour aider tous les Européens à cheminer davantage ensemble ? Nous aimerions que nos rencontres européennes en soit un signe, modeste mais concret. Chaque année, la rencontre que nous animons dans une ville d’Europe donne à tous ceux qui y participent de faire une expérience extraordinaire d’hospitalité. Des milliers de jeunes sont accueillis dans les familles de la ville, dans les foyers : c’est un véritable saut de confiance qui permet cette hospitalité partagée.

A Wrocław, lors de notre dernière rencontre européenne, des milliers de jeunes venant de l’Europe de l’Ouest ont pu mieux connaître la situation de la Pologne, la profondeur de la foi de ses habitants, la richesse de leurs traditions. Peut-être ont-ils ainsi pu dépasser certaines idées toutes faites, certains préjugés.

C’est sûr que des tensions réelles existent actuellement en Europe, mais il est d’autant plus important de découvrir tout ce que nous avons en commun. Certaines tensions sont d’ailleurs des héritages du passé : il y a des situations historiques qui continuent à peser parfois jusqu’à aujourd’hui sur les relations entre les peuples, voire qui constituent des blessures encore ouvertes. Sans créer des liens personnels, nous n’arriverons pas à trouver de solutions pour préserver et faire grandir l’unité du continent européen.

En tant que haut-lieu de l’œcuménisme européen, vous avez accueilli en avril 2017 – pour la première fois – le Patriarche de Constantinople Bartholomée 1er. Trois ans après, quel regard portez-vous sur cette visite exceptionnelle ? Cette rencontre a-t-elle permis de renforcer des liens et de renforcer l’unité des chrétiens ?

Cette visite exceptionnelle du Patriarche Bartholomée s’est inscrite dans des liens d’amitié anciens. Quelques mois après le décès de frère Roger, à Noël 2005, avec deux de mes frères j’étais allé voir le Patriarche à Istanbul. Il nous avait reçus très chaleureusement et manifestait une profonde estime pour frère Roger.

Dans notre désir d’approfondir des liens en particulier avec les Églises d’orient, quelques années plus tard, nous avons fait un pèlerinage à Istanbul avec des jeunes de toute l’Europe. Nous avons fait aussi de tels pèlerinages notamment à Moscou auprès du Patriarche Kirill, en Sibérie, en Ukraine, en Biélorussie, en Roumanie, et aussi en Égypte auprès de l’Église copte. C’est une contribution que nous voudrions apporter à l’unité de l’Église : par de tels pèlerinages, des jeunes chrétiens découvrent et apprennent à aimer une tradition liturgique et ecclésiale différente de la leur.

Oui, cette visite du Patriarche à Taizé était un moment exceptionnel. Je mesure combien cette visite était un geste de confiance à notre égard. Ces liens d’amitié sont essentiels car ils nous permettent de vivre une profonde solidarité avec les croyants orthodoxes, aussi dans les temps d’épreuve.

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21 janvier 2020 2 21 /01 /janvier /2020 08:34
Semaine de Prière pour l'Unité des Chrétiens 18-25 janvier 2020

18 janvier

Réconciliation : Jeter le fret par dessus bord

  Actes 27,18-19 « Le lendemain, comme nous étions toujours violemment secoués par la tempête, on jetait du fret, et le troisième jour, de leurs propres mains les matelots ont affalé le gréement »

 Réflexion Chrétiens issus de différentes Églises et traditions, nous avons accumulé au fil des siècles une lourde cargaison de  défiance mutuelle. Que la cargaison de notre passé ne nous empêche pas de nous rapprocher les uns des autres. 

 Prière Dieu de pardon, Délivre-nous des mémoires douloureuses du passé, qui blessent notre vie chrétienne partagée. Conduis-nous vers la réconciliation.

 19 janvier

Illumination : Rechercher et répandre la lumière du Christ

  Actes 27,20 « Ni le soleil, ni les étoiles ne se montraient depuis plusieurs jours […] Tout espoir d’être sauvés nous échappait désormais ».

 Réflexion Le Christ est notre lumière. Rapprochons-nous les uns des autres afin de la refléter plus distinctement, en devenant ainsi de vrais témoins du Christ, Lumière du monde.

 Prière Seigneur, Ta Parole est une lumière qui éclaire nos pas, sans Toi, nous sommes perdus et désorientés. Éclairenous par Ta Parole. Que nos divisions n’empêchent pas les autres de voir Ta lumière.

 20 janvier

Espérance : garder courage

  Actes 27,22 « Je vous invite à garder courage ; car aucun d’entre vous n’y laissera la vie ; seul le bateau sera perdu... ».

 Réflexion Nous, chrétiens nous nous sentons souvent découragés par l’absence de progrès vers l’unité visible.

 Prions pour implorer le don de l’unité avec une foi ferme, une patience constante et une espérance inlassable.

 Prière Dieu de miséricorde, perdus et découragés, nous nous tournons vers Toi. Infuse en nous le don de l’espérance. Que nos Églises gardent l’espérance et œuvrent pour l’unité pour laquelle Ton Fils a prié la veille de sa passion.

 21 janvier

La force : Rompre le pain pour le voyage

  Actes 27, 35-36 « Il (Paul) a pris du pain, a rendu grâce à Dieu en présence de tous, l’a rompu et s’est mis à manger. Tous alors, reprenant courage, se sont alimentés à leur tour ».

 Réflexion Après ce repas de pain les passagers du bateau, cessent  de désespérer et reprennent courage. De même, l’Eucharistie ou le Repas du Seigneur nous nourrit et nous fortifie en vue du chemin qui nous attend, en nous recentrant sur la vie en Dieu. Nous aspirons au jour où tous les chrétiens partageront le repas du Seigneur à la même table.

 Prière Dieu d’Amour, Ton Fils Jésus-Christ a rompu le pain et bu à la même coupe avec ses amis la veille de sa passion. Fais que nous grandissions ensemble dans une communion plus étroite.

 22 janvier

Confiance : faire confiance à Dieu

  Actes 27,25 « Courage, donc, mes amis ! Je fais confiance à Dieu : il en sera comme il m’a dit ».

 Réflexion Alors que la tempête fait rage, les encouragements et l’espérance de Paul sont en contraste avec la peur et le désespoir de ses compagnons. Dans un monde déchiré par l’anxiété, nous sommes appelés à être des témoins de l’espérance.

 Prière Dieu Tout Puissant, dans nos souffrances personnelles, nous crions notre douleur et nous tremblons de peur devant la maladie, l’angoisse, ou la mort d’un être cher. Apprends-nous à mettre notre confiance en Toi. Fais de nos Églises des signes de Ta sollicitude.

23 janvier

Hospitalité : Témoigner une humanité peu ordinaire

  Actes 28, 2-7 « Les autochtones nous ont témoigné une humanité peu  ordinaire. Allumant en effet un grand feu, ils nous en  ont tous fait approcher car la pluie s’était mise à tomber […]. Publius nous a accueillis et hébergés amicalement pendant trois jours ».

 Réflexion Les soins attentionnés des habitants de l’île mettent  en lumière notre humanité commune. Accueillir les étrangers, c’est à la fois aimer le Christ et aimer comme Dieu aime.

 Prière Dieu des orphelins, des veuves et des étrangers, infuse dans nos cœurs un sens profond de l’hospitalité. Fais que nos Églises participent à l’élimination des barrières qui nous empêchent de nous rendre accueillants à tous.

 24 janvier

Conversion : Changer nos cœurs et nos esprits

  Actes 28, 4-6 (Une vipère s’accrocha à la main de Paul). À la vue de cet animal […] les autochtones se disaient les uns aux autres : « Cet homme  est  certainement un assassin ; […] Paul, en réalité, secoua la bête dans le feu sans ressentir le moindre mal. [...] Changeant alors d’avis, ils répétaient : « C’est un dieu ! ».

 Réflexion L’épisode extraordinaire de la vipère change le regard des habitants de l’île, en les préparant à recevoir l’annonce du Christ par Paul. Dans notre recherche d’unité et de réconciliation, nous sommes quelquefois appelés à revoir la manière dont nous percevons  les autres traditions et cultures.

 Prière Dieu Tout-Puissant, dans notre recherche sincère de ta vérité, purifie-nous de nos opinions injustes envers les autres et fais grandir nos Églises dans la communion.

 25 janvier

Générosité : Recevoir et donner

  Actes 28,9-10 « Tous les autres habitants de l’île qui étaient malades venaient le trouver et ils étaient guéris à leur tour. Ils nous ont donné de multiples marques d’honneur et, quand nous avons pris la mer, ils avaient pourvu à nos besoins ».

 Réflexion Ce récit est une suite de cadeaux reçus et donnés. Nous, chrétiens, sommes appelés à témoigner une humanité peu ordinaire. Mais pour pouvoir donner, nous devons apprendre d’abord à recevoir – à recevoir du Christ et à recevoir des autres.

Prière Dieu qui donnes la vie, nous te rendons grâce pour le don de ton amour qui nous apaise et nous fortifie. Nous te prions pour que nos Églises soient toujours prêtes à recevoir tes dons les unes des autres.

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 09:04
Semaine de prière pour l'unité des chrétiens dans l'Eure

Temps de prière œcuménique

 

Jeudi 18 janvier 20 h

Eglise Ste Radegonde

Giverny (EURE)

  

 

Catholiques - Protestants - Orthodoxes - Anglicans

 

Célébration œcuménique

  

 

Samedi 20 janvier 18h30

 

Eglise St Michel Evreux (EURE)

 

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 18:23
"Protestants en fête" à Strasbourg les 27, 28 et 29 octobre 2017

Le protestantisme français commémore ses 500 ans d’existence à Strasbourg les 27, 28 et 29 octobre prochain à l’occasion du rassemblement « Protestants en fête». Le Père Emmanuel Gougaud, Directeur du Service national pour l'unité des chrétiens explique l’importance de cet évènement.

En 1517, Martin Luther publiait ses 95 thèses sur la pratique des indulgences. Il initiait alors un mouvement de réforme au sein de l’Église. S’il faut saluer le renouveau spirituel et théologique, nous ne pouvons pas occulter les divisions et les souffrances occasionnées dans les siècles passés. Aussi, cette commémoration du cinquième centenaire revêt un caractère particulier. C’est en effet la première fois qu’elle se déroule en contexte œcuménique. La naissance du mouvement œcuménique et l’engagement de l’Église catholique sur le chemin du dialogue avec les autres confessions chrétiennes avant et surtout après le concile Vatican II ont ainsi beaucoup contribué à faire évoluer le regard catholique sur le protestantisme.

Le protestantisme français commémore ses 500 ans d’existence à Strasbourg les 27, 28 et 29 octobre prochain à l’occasion du rassemblement « Protestants en fête ». Les membres de la Fédération protestante de France et de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine veulent vivre trois jours de fêtes, de réflexions, de témoignages et d’engagements. Ces journées seront aussi rythmées par des temps de prières et de célébrations. « Protestants en fête à Strasbourg » est le temps fort de cette année « Protestants 2017, 500 ans de Réformes, vivre la fraternité ». Cet événement national rassemble plus de 10 000 participants.

Le programme révèle la richesse et la diversité du protestantisme français. Des manifestations festives, artistiques, historiques, culturelles, musicales, sociales, éthiques, cultuelles et spirituelles, œcuméniques et interreligieuse sont proposées. Un opéra, « Luther, le mendiant de la grâce » a été créé pour cette occasion. Le groupe évangélique de louange Impact animera le grand culte du dimanche matin au Zénith de Strasbourg. Impact a voulu inviter le groupe de pop louange Glorious pour une chanson commune en faveur de la promotion de l'unité des chrétiens..

L’Église catholique a été invitée à cet évènement. Mgr Christian Kratz, évêque auxiliaire du  diocèse de Strasbourg et co-président du Groupe de conversations catholiques - évangéliques, prononcera un message à l’ouverture de « Protestants en fête ». Mgr Didier Berthet, évêque de Saint-Dié et président du Conseil pour l’unité des chrétiens et des relations avec le judaïsme de la CEF, participera à une conférence débat avec le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France. Cette participation a été rendue possible par les efforts de dialogue théologique, de prière, d’actions communes en faveur de l’unité des chrétiens. Sans nier les différences encore séparatrices entre catholiques et protestants, nous continuons l’engagement de l’Église catholique en faveur de l’unité des chrétiens. E effet, nous voulons toujours davantage devenir disciples du Christ. Jésus prie pour que ses disciples soient uns comme lui est un avec le Père (Jn 17, 21). L’unité des chrétiens n’est donc pas une option de la foi mais une composante de la foi. Il s’agit d’entrer dans le désir de Jésus. Ses disciples doivent être signes d’unité au milieu d’un monde qui se divise encore.

Ainsi, l’Église catholique est en communion spirituelle avec les protestants de France. Elle se réjouit du rassemblement « Protestants en fête » afin que ces héritiers ne cessent de se réapproprier les intuitions de Luther. Martin Luther était travaillé par une question essentielle : « Comment aurais-je un Dieu de grâce ? ». Que cette commémoration nous fasse découvrir un peu plus ce chemin vers le Dieu de toute grâce !

 

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 11:37
Une femme nommée à la tête de l’Eglise protestante unie de France

Agée de 46 ans, Emmanuelle Seyboldt, pasteure à Besançon, a été élue vendredi. Elle plaide pour une Eglise capable de « s’adapter » aux changements de la société.

Ce n’est pas tout à fait une nouveauté dans le protestantisme, mais c’est néanmoins un choix symbolique. Pour la première fois, l’Eglise qui fédère les courants historiques du protestantisme en France est présidée par une femme. Lors de son synode annuel, vendredi 26 mai, à Lille, le conseil national de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF) a élu à sa tête Emmanuelle Seyboldt.

Agée de 46 ans, cette pasteure de Montbéliard (Doubs) succède à Laurent Schlumberger, le premier à avoir présidé l’EPUdF après sa naissance, en 2013, de l’union des églises réformée et luthérienne de la « France de l’intérieur » – l’Alsace-Lorraine ayant sa propre Eglise, concordataire. C’est justement à Strasbourg que l’on trouve l’unique précédent : de 1982 à 1988, Thérèse Klipffel avait présidé l’Eglise réformée d’Alsace et de Lorraine.

Une femme à la tête d’une Eglise chrétienne, la première au sein du protestantisme français, qu’est-ce que cela change ? « Je ne sais pas, répond prudemment Emmanuelle Seyboldt. Difficile de dire à l’avance ce qui va se passer. »

« L’Eglise aujourd’hui doit changer »

Cette pasteure exerçant à Besançon depuis quatre ans rappelle que dans son Eglise, les femmes comptent pour 35 % du corps pastoral. « Chez nous, elles peuvent être pasteure officiellement depuis 1965, mais pendant la guerre certaines l’étaient déjà. Je suis née après cette décision officielle. Pour moi, la place des femmes est quelque chose d’acquis », explique-t-elle.

Ça l’est peut-être moins pour d’autres confessions chrétiennes. Emmanuelle Seyboldt raconte avoir été frappée de cela il y a quelques mois : « J’étais invitée comme observatrice à une réunion œcuménique. Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que j’étais la seule femme au milieu de trente hommes. Pour la première fois, j’ai pris conscience que cela pourrait faire bouger les choses. »

Et faire bouger les choses, justement, entre dans sa manière d’envisager son ministère. Le recul de la pratique religieuse – l’EPUdF compte quelque 250 000 fidèles engagés –, la difficulté de maintenir une vie d’église locale dans certains endroits, faute de pratiquants, la vitalité dont font preuve a contrario les courants évangéliques, le recul du christianisme dans la société actuelle, plus généralement les mutations du rapport au religieux, sont autant d’incitations à s’adapter pour un courant religieux qui a toujours eu le souci d’adapter l’expression de sa foi au contexte historique et social.

« L’Eglise aujourd’hui doit changer car le monde change, car la société change, et parce que Dieu nous appelle toujours à parler à nos contemporains, fait valoir la nouvelle présidente de l’EPUdF. La manière dont on doit adresser le message de l’Evangile doit s’adapter. »

Un modèle paroissial à vivifier

Le travail œcuménique avec les autres Eglises chrétiennes doit lui aussi s’adapter à la société telle qu’elle est. « Le christianisme en France est maintenant minoritaire, les croyants sont minoritaires, on ne peut pas faire comme s’ils étaient restés majoritaires, affirme-t-elle. La manière de travailler avec les autres chrétiens doit donc changer pour que nous puissions être des témoins audibles. Tous ensemble. Dans ce contexte, nos petites guerres de clocher deviennent ridicules. On doit regarder l’autre chrétien comme quelqu’un avec qui travailler. Sinon, nous ne sommes plus crédibles. »

Dans son parcours, Emmanuelle Seyboldt a animé des communautés très différentes. L’une, en Ardèche, était « une petite paroisse très dynamique concentrée dans un village », une autre, à Châtellerault, était au contraire très dispersée dans la Vienne, et enfin une grosse paroisse de ville à Besançon, depuis 2013. Cela lui a permis de mesurer à quel point, par endroits, le modèle paroissial traditionnel avait besoin d’être revivifié.

« Il nous faut trouver une articulation entre des lieux très vivants, qui portent l’Evangile de façon pertinente, et des communautés qui deviennent toutes petites, en campagne par exemple, pour que les premiers soutiennent les seconds », souhaite-t-elle.

L’Eglise doit aussi prendre en compte l’évolution des modes de vie. « Aujourd’hui, les gens sont mobiles, ils déménagent, ils changent de travail. L’Eglise ne peut l’ignorer. Or, quand les gens quittent une paroisse, ils ont parfois du mal à trouver leur place là où ils arrivent. Il faut savoir les accueillir ! » L’accompagnement des jeunes, l’attention portée à la façon de lire la Bible sont d’autres sujets sur lesquels Emmanuelle Seyboldt entend se pencher, au sein de la première église chrétienne à avoir donné à ses pasteurs la faculté de bénir des couples de même sexe.

Cécile Chambraud

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 08:43
Ensemble dans l’espérance Commémoration commune luthéro-catholique des 500 ans de la Réforme

En l’an 1517, dans la ville allemande de Wittemberg, le moine Martin Luther exprima publiquement son opposition à la pratique courante du commerce des indulgences. Il le fit motivé par ses convictions théologiques et spirituelles.

Ses prises de position publiques enclenchèrent un processus de transformation en profondeur dans un contexte déjà complexe de bouleversements sociaux, politiques et économiques. Si Luther n’avait jamais eu l’intention de fonder une nouvelle Église, la tournure que prirent les événements finit par diviser le christianisme d’Occident et faire éclater des conflits et des violences dont les effets s’en ressentent encore aujourd’hui.

À chaque centenaire de la Réforme, les commémorations sont sources de polémiques et de confrontation entre les deux confessions. Cette fois-ci, ce sera différent. Le 31 octobre 2016, le pape François, pour l’Église catholique, et l’évêque Munib Younan et le pasteur Martin Junge, représentant la communion mondiale des 145 Églises de la Fédération luthérienne mondiale, donneront ensemble le coup d’envoi de la commémoration commune de la Réforme à l’occasion de son 500e anniversaire.

Pour la toute première fois, des catholiques et des luthériens vont commémorer ensemble, à l’échelle mondiale, l’anniversaire de la Réforme. Cet événement, qui est appelé à faire date, reflète les progrès réalisés en cinquante ans de dialogue international catholique-luthérien. Établi après les importantes décisions prises par le Concile Vatican II, le dialogue a permis aux deux traditions de mieux se comprendre l’une l’autre. Il a permis de venir à bout de bon nombre d’antagonismes et, surtout, il a instauré la confiance.

Il a affirmé la conviction commune que ce qui unit les catholiques et les luthériens compte davantage que ce qui les divise. Il a donné expression à la profonde conviction de foi selon laquelle catholiques et luthériens sont, par le baptême, appelés à faire partie d’un seul et même corps. Mais cette commémoration est aussi l’expression des relations consolidées et de la meilleure compréhension mutuelle que le service et le témoignage ont permis d’atteindre. Les luthériens et les catholiques se sont rapprochés, souvent dans des contextes extrêmement difficiles marqués par la persécution, l’oppression et la souffrance.

Parmi les nombreux accords conclus au cours de ces décennies de dialogue, la Déclaration commune sur la doctrine de la justification, signée par l’Église catholique et la FLM en 1999, est décisive. Par cette déclaration, les catholiques et les luthériens sont parvenus à surmonter les clivages nés de la principale controverse du 16e siècle. Ce jalon dans l’histoire des relations œcuméniques catholiques- luthériennes constitue le fondement théologique de la commémoration commune, rendant possible l’engagement public à tourner le dos à un passé de conflit pour s’ouvrir à l’unité à laquelle l’Église est appelée. Le cri de ralliement de la commémoration commune sera «Du conflit à la Communion – ensemble dans l’espérance». Au programme de la commémoration figure une prière commune à la cathédrale de Lund ainsi qu’un rassemblement public à la Malmö Arena, en Suède. «Du conflit à la communion» est aussi le titre d’un rapport réalisé par la Commission internationale luthéro-catholique romaine sur l’unité.

Le rapport raconte l’histoire de la Réforme telle qu’elle est unanimement comprise par les deux traditions, analyse les points théologiques sujets à controverse et dresse la liste des différends qu’on peut aujourd’hui considérer comme résolus grâce au dialogue et à une compréhension mutuelle. Par ailleurs, il répertorie les sujets qui nécessitent une discussion théologique approfondie avant de pouvoir trouver un accord, notamment la conception de l’Église, du ministère et de l’eucharistie. La commémoration commune sera structurée autour de l’action de grâce, de la repentance et d’un engagement en faveur du témoignage commun. - Action de grâce: pour le don de la Parole de Dieu, qui s’est adressée de nouveau à l’Église et au monde et qui continue de s’exprimer. Mais aussi pour les dons spécifiques de la Réforme, ainsi que les dons que luthériens et catholiques se reconnaissent mutuellement. - Repentance: parce que les antagonismes ont conduit à la désunion de l’Église. Mais aussi pour les immenses souffrances qu’ont dû subir des gens ordinaires à cause d’un contentieux théologique qui, en étant récupéré par des intérêts politiques hégémoniques, s’est aligné sur ceux-ci. Cela s’est traduit par de longues «guerres de religion» ont ravagé l’Europe aux 16e et 17e siècles. - Engagement en faveur d’un témoignage commun:

Parce que si les luthériens et les catholiques poursuivent leur quête d’unité, rien n’empêche leur témoignage commun de la joie, de la beauté et du pouvoir transformateur de la foi, notamment en étant au service des personnes pauvres, marginalisées et opprimées. La commémoration commune invite les catholiques et les luthériens à donner, car ils reçoivent la grâce en Christ et par le Christ. Si ces trois éléments auront toute leur place dans la prière commune à la cathédrale de Lund et dans la déclaration commune qui sera signée par le pape François et le président de la FLM l’évêque Munib Younan, le troisième – l’engagement en faveur du témoignage commun – sera particulièrement mis en valeur à la Malmö Arena, qui peut accueillir jusqu’à 10 000 participants.

Lors de ce rassemblement public, un accord de coopération sera signé entre le Département d’entraide mondiale de la Fédération luthérienne mondiale, qui est actuellement au service de plus de 2,3 millions de réfugiés dans le monde, et Caritas Internationalis, qui, avec une présence dans 164 pays dans le monde, peut se prévaloir d’un record impressionnant en matière de service diaconal aux personnes dans le besoin. En offrant des témoignages, en chantant des chansons et en échangeant des réflexions, catholiques et luthériens vont ainsi faire comprendre que leur engagement à tourner le dos au conflit ne se cantonnera pas à ces deux communions mais qu’il portera des fruits dans un service empreint de compassion et d’amour à l’égard du prochain dans un monde blessé et fragmenté par le conflit, la violence et la destruction écologique.

Bien que les luthériens et les catholiques soient appelés à laisser le conflit derrière eux et à se tourner vers leur avenir commun, il ne fait aucun doute que cette initiative importante et historique ne saurait avoir lieu isolément, sans tenir compte des nombreuses autres relations œcuméniques. Des représentants œcuméniques participeront à la commémoration commune, accompagnant les catholiques et les luthériens dans ce moment clé et encourageant par leur présence la suite du processus. Ce contexte œcuménique mettra aussi en valeur la conviction que la Réforme du 16e siècle n’est pas un événement isolé, mais qu’elle a été précédée et suivie par d’autres mouvements réformateurs.

Les différentes traditions confessionnelles ont reçu et se sont approprié chacune à leur manière le mouvement de réforme mis en branle par Luther. Dans un monde aux prises avec des déficits de communication, la récurrence croissante de discours incendiaires et de nature à semer la division et la montée de la violence et du conflit, les luthériens et les catholiques puiseront au plus profond de leur foi commune en le Dieu Trine pour déclarer publiquement :

- Ensemble, catholiques et luthériens vont aller de l’avant, toujours plus près de leur Seigneur et Sauveur commun Jésus Christ ; - Il est important de maintenir le dialogue; - Il est possible de tourner le dos au conflit; - La haine et la violence, y compris celles qui sont motivées par la religion, ne doivent pas se banaliser – et, surtout, elles ne sauraient être justifiées –, mais elles doivent être rejetées avec véhémence; - Les mauvais souvenirs peuvent se dissiper;

 - Une histoire douloureuse n’exclut pas un avenir radieux ; - Il est possible de passer du conflit à la communion et d’entreprendre ce cheminement ensemble et dans l’espérance; - Il y a un pouvoir dans la réconciliation, car celle-ci nous libère pour nous permettre de nous tourner les uns vers les autres mais aussi vers l’extérieur dans l’amour et le service. La commémoration commune représentera un immense encouragement pour les catholiques et les luthériens dans leur témoignage commun dans un monde blessé et brisé. En outre, elle fournira la motivation nécessaire pour s’engager en faveur d’un dialogue encore plus passionné permettant de venir à bout des différences et de recevoir et célébrer l’unité à laquelle nous aspirons.

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 08:37
Déclaration commune du Pape François et du Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

« La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous » (2 Co 13, 13).

1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l’Esprit Saint Consolateur, nous, Pape François et Kirill, Patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd’hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l’histoire.

Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se « parler de vive voix » (2 Jn 12), de cœur à cœur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

2. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. De cette île, symbole des espoirs du « Nouveau Monde » et des événements dramatiques de l’histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d’Amérique latine et des autres continents.

Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l’Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l’expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d’un grand avenir pour cette région.

3. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l’« Ancien Monde », nous sentons avec une force particulière la nécessité d’un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15).

4. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d’innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus « semence de chrétiens ».

5. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l’Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d’un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l’explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes – Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l’unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s’est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur : « Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous » (Jn 17, 21).

6. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples ! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté !

7. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l’Evangile du Christ et du patrimoine commun de l’Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d’époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.

8. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord, nos frères et sœurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d’autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l’exode massif des chrétiens de la terre d’où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d’autres communautés religieuses.

9. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d’autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.

10. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins.

Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

11. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est « le fruit de la justice » (Is 32, 17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s’y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l’âme des innocents tués. Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu’elles fassent preuve de bonne volonté et s’asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l’aide d’actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu’ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu’il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l’Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

12. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Evangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’apôtre :

« Très chers !… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 P 4, 12-13).

13. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d’actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, « car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Co 14, 33).

14. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd’hui les fers de l’athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d’établissements d’enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques œuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.

15. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.

16. Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Evangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne.

17. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d’extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l’humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l’on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L’inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d’injustice à l’égard du système des relations internationales qui s’est institué.

18. Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1, 27-29).

19. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.

20. La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. L’amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l’un l’autre comme don. Le mariage est une école d’amour et de fidélité. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.

21. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d’enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu (cf. Gn 4, 10).

Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général. Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme, créé à l’image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l’immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l’homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

22. Nous voulons adresser aujourd’hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d’utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d’aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

23. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez la lumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5, 14, 16). Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13, 46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N’oubliez pas que vous « avez été rachetés à un cher prix » (1 Co 6, 20), au prix de la mort sur la croix de l’Homme-Dieu Jésus Christ.

24. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l’Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l’Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme.

Nous ne sommes pas concurrents, mais frères : de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l’amour et à avoir « les uns pour les autres la même aspiration » (Rm 15, 5). Il ne peut donc être question d’utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d’une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l’apôtre Paul : « Je me suis fait un honneur d’annoncer l’Évangile là où Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui » (Rm 15, 20).

25. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d’exister et d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.

26. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d’innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.

27. Nous exprimons l’espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d’Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d’Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.

28. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, « pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l’existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité.

29. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l’Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12, 32) !

Le Christ est la source de la joie et de l’espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l’homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s’appliquer les paroles de l’apôtre Pierre : « Vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n’obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 P 2, 10).

30. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l’invoquant par les paroles de l’antique prière : « Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ». Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu’ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité !

François
Évêque de Rome
Pape de l’Eglise catholique

&

Kirill
Patriarche de Moscou et de toutes la Russie

Le 12 février 2016, La Havane (Cuba)

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 06:59
Le pape se rendra en Suède pour les 500 ans de la Réforme

L’évêque de l’Eglise luthérienne de Lund (Suède), Antje Jackelen, première femme élue archevêque dans l’Eglise suédoise. 15 octobre 2013. / STIG-AKE JONSSON/AFP

En clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, le Vatican et la Fédération luthérienne mondiale ont annoncé une visite du pape François le 31 octobre 2016 à Lund, dans le sud de la Suède.

La nouvelle a été donnée conjointement par le Saint-Siège et la Fédération luthérienne mondiale lundi 25 janvier, soit au dernier jour de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens : le pape François se rendra en Suède, à Lund (à la pointe sud du pays), le 31 octobre 2016, pour marquer les 500 ans de la Réforme protestante.

Les 95 thèses

Un anniversaire avec un an d’avance. C’est le 31 octobre 1517 que Martin Luther afficha ses 95 thèses contre les indulgences sur la porte de l’église du château de Wittemberg, en Allemagne, à l’origine de la Réforme. Pourquoi le pape va-t-il donc en Suède en amont ? « Cela lui permet de garder ainsi plus de distance »,estime une source diplomatique.

De fait, une venue outre-Rhin l’année de la commémoration aurait détourné l’attention sur le chef de l’Église catholique, au moins médiatiquement, au détriment des événements propres à la communauté luthérienne. Par ailleurs, Benoît XVI s’est déjà rendu en 2011 à Erfurt, là où Martin Luther commença son parcours spirituel comme moine catholique.

Un désir d’unité

Ce voyage avait marqué le début d’une réhabilitation du fondateur de la Réforme, qui depuis septembre 2015 a aussi donné son nom à une place de Rome, près du Colisée. En novembre, le pape François est allé, comme ses deux prédécesseurs, au temple de la petite communauté luthérienne de la capitale italienne, d’où il a invité à « (se) pardonner » après « tant de temps mauvais entre nous ».

Il devait reformuler une demande plus large de pardon, lundi soir en la basilique romaine de Saint-Paul-hors-les-Murs, lors des vêpres concluant la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Le projet de voyage à Lund s’inscrit dans ce désir d’unité.

François sera le deuxième pape à visiter la Suède, après Jean-Paul II en juin 1989. Le pape polonais y avait conclu pendant trois jours – mais sans étape à Lund – une tournée scandinave. Cette fois, le pape François trouvera un pays toujours réputé parmi les plus riches au monde mais ébranlé politiquement par la crise des réfugiés accueillis en nombre, et par la montée de l’extrême droite.

Un voyage pendant le Jubilé de la miséricorde

La visite annoncée lundi 25 janvier est toutefois à visée d’abord œcuménique, qui dépasse le cadre suédois. Le pape argentin conduira les cérémonies commémoratives notamment avec un autre Latino-Américain, le révérend chilien Martin Junge, secrétaire général de la Fédération luthérienne. Le président de cette organisation, présente dans 98 pays, est un évêque palestinien, Munib Younan.

Non sans ironie toutefois, ce déplacement du pape – limité à ce stade à la seule journée du 31 octobre – surviendra pour les catholiques au cours du Jubilé de la miséricorde, traditionnellement un temps privilégié d’indulgences. Mais, comme l’a souligné le vaticaniste italien Sandro Magister au début de cette Année sainte, « jusqu’à présent, le pape François a soigneusement évité de prononcer ce mot », hormis dans sa bulle d’indiction du jubilé.

Avant la Suède, le pape pourrait accomplir un autre voyage à tonalité œcuménique cette année, en Arménie, où il a promis de se rendre.

Sébastien Maillard Envoyé Spécial Permanent à Rome

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 17:15
A la rencontre d'un prêtre orthodoxe à Vernon (Eure) à l’Espace Culturel Leclerc

Le prêtre orthodoxe Jean-Paul Lefebvre-Filleau sera en dédicace samedi à l'espace culturel Leclerc à l’occasion de la sortie de son livre, Saint-Paul Le missionnaire.

C'est un parcours peu banal qu'a eu le père Jean-Paul Lefebvre-Filleau, prêtre orthodoxe à la Chapelle-Réanville. Ordonné prêtre en 2013, il a d'abord été diacre de 2005 à 2013. Né et baptisé dans l'église catholique romaine, il découvre l'église orthodoxe à 20 ans. Il est très vite conquis.

Les prêtres orthodoxes ayant tous une vie professionnelle à côté de leur ministère - en France, ils ne sont pas rémunérés -, il fait carrière dans la gendarmerie et termine son parcours professionnel comme colonel de la gendarmerie.

Jean-Paul Lefebvre-Filleau est marié et père de cinq enfants. Il est aumônier militaire, aumônier des hôpitaux de Vernon et de Caen et prêtre de la paroisse orthodoxe Sainte-Catherine d'Alexandrie à La Chapelle-Réanville.

Après Bernadette Soubirous, Saint-Paul

L'histoire étant une de ses grandes passions, il fait des recherches et publie de nombreux ouvrages dont L'affaire Bernadette Soubirous, l'enquête judiciaire de 1858 aux éditions du Cerf pour lequel il a reçu le grand prix des écrivains en 1997.

Cette fois c'est sur Saint-Paul le missionnaire que le prêtre a fait ses recherches. Un ouvrage qui trace un portrait vivant de l'apôtre Paul dans son élan missionnaire. Ce livre se lit comme une aventure humaine et non comme une biographie au sens stricto sensus. On suit l'apôtre dans ses voyages, ses réflexions, ses rencontres placées sous le Signe de la bonté et de la compréhension profonde des gens humbles. « La christianisation d'une civilisation a été le fruit du travail de quelques grands témoins dont le rayonnement porte encore des fruits aujourd'hui » explique l'auteur qui sera en dédicace samedi à l'espace culturel Leclerc à Vernon.

Saint-Paul Le missionnaire, 304 pages, 20 €

Dédicace de Jean-Paul Lefebvre-Filleau, samedi 23 mai de 10h à 12h30 et de 14h à 18h à l'espace culturel du magasin Leclerc.

Le Démocrate Vernonnais Mercredi 20 mai 2015 page 18

www.ledemocratevernonnais.fr

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 08:24
Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

Thème pour 2015:
Jésus lui dit : «Donne-moi à boir

(Jn 4, 7)

Au moins une fois par an, les chrétiens sont invités à se remémorer la prière de Jésus à ses disciples pour que tous soient un afin que le monde croie (cf. Jean 17,21). Les cœurs sont touchés et les chrétiens se rassemblent pour prier pour leur unité. Dans le monde entier, des communautés et paroisses échangent leurs prédicateurs ou organisent des célébrations œcuméniques et services de prières spéciaux. L'événement qui permet cette expérience exceptionnelle est la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens.

Traditionnellement, la Semaine de prière est célébrée du 18 au 25 janvier, entre la commémoration de la confession de foi de saint Pierre et celle de la conversion de saint Paul. Dans l'hémisphère Sud, où janvier est une période de congés, les Églises trouvent souvent un autre moment pour la célébrer, par exemple aux alentours de la Pentecôte, qui est aussi une date symbolique pour l'unité.

Afin de préparer la célébration annuelle, des partenaires œcuméniques d'une région spécifique sont invités à mettre au point un texte liturgique de base sur un thème biblique. Ensuite, une équipe rédactionnelle internationale constituée de représentants du COE et de l'Église catholique romaine retravaille ce texte pour veiller à ce qu'il puisse servir de prière dans le monde entier et à ce qu'il soit lié à la quête de l'unité visible de l'Église.

Ce texte est publié conjointement par le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens et le COE, par les soins de sa Commission de Foi et constitution qui participe à tout le processus de son élaboration. La version définitive est alors envoyée aux Eglises membres et aux conférences épiscopales catholiques romaines, qui sont invitées à le traduire et à l'adapter à leurs contextes spécifiques pour en faire usage.

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