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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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12 octobre 2018 5 12 /10 /octobre /2018 06:44
Le patriarche Filaret de l'Eglise orthodoxe ukrainienne, qui vient d'être reconnue indépendante par le Patriarcat de Constantinople. Le 11 octobre 2018 à Kiev. / AFP

Le patriarche Filaret de l'Eglise orthodoxe ukrainienne, qui vient d'être reconnue indépendante par le Patriarcat de Constantinople. Le 11 octobre 2018 à Kiev. / AFP

Le Patriarcat de Constantinople a reconnu jeudi une Eglise orthodoxe indépendante en Ukraine, une décision dénoncée comme un "schisme" en Russie, mais saluée par le président ukrainien comme la fin de l'"illusion impériale" de Moscou.

Cette décision historique met fin à 332 années de tutelle religieuse russe en Ukraine, mais pose la question de l'avenir de millions de croyants dans ce pays, où l'Eglise orthodoxe russe jouit d'une influence encore conséquente.

Dans un communiqué diffusé à l'issue d'un saint-synode de deux jours à Istanbul, le Patriarcat de Constantinople a annoncé "renouveler la décision déjà prise et selon laquelle le Patriarcat oecuménique procède à l'octroi de l'autocéphalie à l'Eglise d'Ukraine".

Le président ukrainien Petro Porochenko s'est immédiatement félicité de cette décision, saluant la fin de l'"illusion impériale et des fantaisies chauvinistes" de Moscou, et "un nouvel acte d'indépendance" de l'Ukraine.

A Moscou, l'Eglise russe a pour sa part qualifié cette décision de "catastrophe" et de "schisme", estimant que le Patriarcat de Constantinople, avec lequel les relations étaient déjà difficiles, avait désormais "franchi la ligne rouge".

"Il s'agit d'une tentative de saper les fondements du système canonique de toute l'orthodoxie", a déclaré un autre haut responsable de l'Eglise russe, Vladimir Legoïda, avertissant que cette décision aurait "des conséquences extrêmement graves".

Le saint-synode à Istanbul a également décidé de "rétablir dans sa fonction hiérarchique" le Patriarche Filaret Denisenko, après avoir examiné un appel qu'il avait présenté contre son excommunication par Moscou.

Après l'indépendance de l'Ukraine en 1991 et la chute de l'URSS, Filaret, un ancien hiérarque du patriarcat de Moscou, a créé une Eglise orthodoxe ukrainienne dont il s'est autoproclamé patriarche, ce qui lui a valu d'être excommunié.

Il a aussi été décidé au cours du synode de révoquer "les dispositions légales de la lettre synodale de 1686" rattachant la métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou.

- "Volontariat" -

Le Patriarche Filaret a affirmé jeudi que les paroisses orthodoxes qui ne reconnaîtront pas la nouvelle Eglise autocéphale et resteront liées au patriarcat de Moscou auront le droit d'exister, mais n'auront pas le droit de s'appeler "Eglise ukrainienne" et devront se présenter en tant qu'"Eglise russe".

"L'unification n'aura lieu que sur la base du volontariat, sans aucune violence", a-t-il assuré.

Le président Porochenko, se défendant de vouloir "déclencher une guerre religieuse" en Ukraine, a de son côté dit qu'il n'y aurait "pas d'Eglise d'Etat" dans son pays et que le gouvernement respecterait "le choix de ceux qui décideront de rester dans la structure religieuse qui restera unie à l'Eglise orthodoxe russe".

Il avait pourtant multiplié les critiques ces derniers mois contre la branche de l'Eglise orthodoxe loyale à Moscou, allant jusqu'à la qualifier de "menace pour la sécurité nationale".

En Ukraine, l'Eglise dépendante du Patriarcat de Moscou est la plus importante communauté religieuse par le nombre de paroisses, mais les Ukrainiens sont de plus en plus nombreux à rejoindre l'Eglise du Patriarcat de Kiev.

 

Selon un sondage réalisé par l'organisation américaine International Republican Institute (IRI) en mai-juin 2018, 36 % des Ukrainiens s'identifient comme fidèles du Patriarcat de Kiev, contre 19 % pour l'Eglise rattachée au Patriarcat de Moscou.

Souvent tendues, les relations entre ces deux Eglises ont été exacerbées avec la crise russo-ukrainienne marquée par l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014, suivie du conflit dans l'Est séparatiste prorusse de l'Ukraine, qui a fait plus de 10.000 morts.

- Menaces de troubles -

La décision d'accorder l'indépendance à l'Eglise ukrainienne a été prise sous la direction du Patriarche Bartholomée, de Constantinople, "premier parmi ses égaux" par rapport aux autres patriarches des Eglises orthodoxes.

Au cours du synode, deux émissaires de Constantinople dépêchés en Ukraine en septembre ont exposé les résultats de leur mission et les contacts qu'ils ont eus sur place.

Leur mission avait provoqué l'ire de Moscou, qui n'en avait pas été averti et avait en riposte rompu une partie de ses liens avec le Patriarcat de Constantinople en dénonçant un "coup dans le dos".

Moscou avait en outre averti que des troubles se produiraient probablement en Ukraine après la décision du Patriarcat de Constantinople, certains ecclésiastiques de paroisses fidèles à Moscou ayant appelé leurs fidèles à se tenir prêt à défendre leurs églises et leurs monastères.

Si le Patriarcat de Constantinople est le plus ancien, c'est celui de Moscou qui compte le plus grand nombre de fidèles et de paroisses. La perte de son influence en Ukraine porte un coup sérieux à son statut dans le monde orthodoxe.

afp

 

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 20:53
La cathédrale du nouveau Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, inauguré en octobre quai Branly à Paris, le 12 octobre 2016 / AFP/Archives

La cathédrale du nouveau Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, inauguré en octobre quai Branly à Paris, le 12 octobre 2016 / AFP/Archives

Une douzaine d'évêques, des fidèles, et Mireille Mathieu dans l’assemblée : après une inauguration en demi-teinte en octobre, sans Vladimir Poutine, le patriarche de Moscou Kirill a consacré dimanche avec faste sa nouvelle cathédrale à Paris, signe d'une soif de rayonnement dans le monde.

Coiffée des cinq bulbes dorés caractéristiques de l'architecture religieuse russe - le plus grand pour le Christ, les quatre autres pour les évangélistes -, cette église Sainte-Trinité fait partie du vaste Centre spirituel et culturel orthodoxe russe. Son inauguration, le 19 octobre, s'était déroulée avec une pompe atténuée par l'absence du président russe, initialement attendu, en pleine brouille entre Paris et Moscou sur la Syrie.

Ce complexe de quatre bâtiments, dessiné par l'architecte français Jean-Michel Wilmotte comme un feuilleté de pierre et de verre, a été construit sur un site exceptionnel de plus de 4.000 mètres carrés, au pied du pont de l'Alma, non loin de la Tour Eiffel. Un petit "Kremlin-sur-Seine", une cathédrale "Saint-Vladimir", ont persiflé certains observateurs critiques, relevant que la Fédération de Russie, propriétaire des lieux, avait investi 170 millions d'euros dans cette opération qui peut être vue comme une initiative de "soft power" (puissance douce) politico-diplomatique.

Kirill, 70 ans, effectue jusqu'à lundi sa première visite pastorale en France depuis son élection début 2009 au siège de "patriarche de Moscou et de toute la Russie", qui fédère plus de la moitié des 250 millions de chrétiens orthodoxes dans le monde et est en pleine renaissance depuis la fin du bloc soviétique.

C'est seulement la seconde visite en France d'un chef de l'Eglise orthodoxe russe, après celle d'Alexis II en 2007.

Signe de l'importance de l'événement dans la communauté orthodoxe, Kirill était entouré pour cette cérémonie de dédicace (consécration) d'une douzaine d'évêques. Y compris Mgr Jean de Charioupolis, dont l'archevêché des Eglises russes en Europe occidentale, basé sur l'autre rive de la Seine, entretient des relations notoirement fraîches avec celui de Moscou, dont il craint les visées expansionnistes.

Le pape François, que Kirill a rencontré lors d'une entrevue historique en février à Cuba, était représenté par son nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura.

"Nous avons eu la joie de contempler une image de l'unité orthodoxe", s'est réjoui le patriarche de Moscou dans son adresse à la foule, en fin de célébration, en remerciant la France et Paris d'avoir permis la construction de ce "lieu magnifique".

- Iconostase temporaire -

Kirill a béni les lieux, dans un nuage d'encens et au son de poignantes polyphonies orthodoxes. Après le rite de consécration, il a présidé la "divine liturgie", l'eucharistie orthodoxe, en slavon, la langue de l'Eglise russe, avec quelques chants en français dont un vibrant "Notre Père".

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a assisté à l'office au côté de l'épouse du Premier ministre russe, Svetlana Medvedeva. Plusieurs célébrités amies de la Russie étaient présentes, debout comme le veut l'usage. Parmi elles, le metteur en scène Robert Hossein et la chanteuse Mireille Mathieu, foulard noué autour du cou comme la majorité des femmes dans l'assemblée.

La cathédrale Sainte-Trinité est modeste en superficie (450 mètres carrés), mais impressionne par sa hauteur sous son dôme culminant à 36 mètres du sol. Son iconostase temporaire - la cloison recouverte d'icônes colorées qui sépare le sanctuaire du reste de l'église - sera prochainement remplacée par une structure permanente, en marbre. Le lieu de culte, aux murs encore très blancs, attend aussi ses fresques et mosaïques.

Le diocèse de Chersonèse, nom de la juridiction du patriarcat de Moscou pour la France, la Suisse, l'Espagne et le Portugal, était à l'étroit dans son église des Trois-Saints-Docteurs - un ex-garage puis un étage d'immeuble du XVe arrondissement -, utilisée depuis 1931. Quatre-vingt-cinq ans plus tard, l'Eglise russe a trouvé un lieu à la hauteur de ses ambitions.

afp

 

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