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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 18:48

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 10:15
Denis Meyer | Hans Lucas | AFP

Denis Meyer | Hans Lucas | AFP

Une célébration va être organisée à Notre-Dame pour le Vendredi saint, le 10 avril, a indiqué Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, à BFM TV.

À quelques jours du premier anniversaire de l’incendie de Notre-Dame et alors que la France est confinée, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, a décidé d’envoyer un signal fort, symbolique et plein d’espérance. Pour le Vendredi saint, le 10 avril, il a annoncé qu’un temps de méditation et de prière autour de la couronne d’épines allait avoir lieu à huis clos dans la cathédrale, de 11h30 à 12h30. Ce temps sera diffusé en direct sur BFM TV et KTO.

7 participants et une diffusion en direct sur BFM TV et KTO

« Nous avions prévu au départ de faire une procession mais [avec le confinement] ce n’était plus possible », a expliqué l’archevêque lors d’une conférence de presse ce mardi 7 avril. C’est donc à l’intérieur de la cathédrale, dans l’abside derrière la Pieta, entre la chapelle Notre-Dame des Sept Douleurs et le couloir menant au trésor, que Mgr Aupetit a décidé d’organiser « une méditation autour de grands textes de Charles Péguy, Paul Claudel, Mère Teresa… ». Au total, sept personnes seront présentes : Mgr Michel Aupetit, Mgr Patrick Chauvet, recteur de Notre-Dame, Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire, les acteurs Philippe Torreton et Judith Chemla qui liront les textes et le musicien Renaud Capuçon qui accompagnera ce moment. Une courte vénération de la couronne d’épines ainsi qu’une méditation de l’archevêque viendront conclure ce moment.

Pour mémoire, durant le Carême, la couronne d’épines, sauvée des flammes lors de l’incendie de Notre-Dame par le père Jean-Marc Fournier, aumônier des sapeurs-pompiers de Paris, devait être proposée à la vénération des fidèles tous les vendredis en l’église de Saint-Germain l’Auxerrois (Paris). Si le confinement a eu raison de cette décision, cette méditation est une belle manière pour chacun de se remémorer la Passion du Christ et de préparer son cœur à Pâques.

 

Agnès Pinard Legry

 

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 14:51
« Le Christ est descendu aux enfers » détail du vitrail du bas du chœur : « Passion et Vie Glorieuse du Christ » (1855 environ), du maitre verrier Laurent Charles MARECHAL (1801-1887), église Saint Germain l’Auxerrois (Paris, 1er)

« Le Christ est descendu aux enfers » détail du vitrail du bas du chœur : « Passion et Vie Glorieuse du Christ » (1855 environ), du maitre verrier Laurent Charles MARECHAL (1801-1887), église Saint Germain l’Auxerrois (Paris, 1er)

En ces jours de confinement, de grande inquiétude, où nous sommes privés des cérémonies pascales dans nos églises nous redécouvrons avec toute sa force notre foi au Christ venu nous sortir des « enfers » !

 Lumière de Pâques

 « Tu es descendu aux enfers, dans nos lieux infernaux, Dans nos obscurités, nos ténèbres, là où nous maudissons la nuit.

Les enfers de nos peurs, de nos doutes, de nos impuissances ; De nos ruptures d’amour, de nos échecs De nos insécurités et de nos fragilités, nos peurs…

Peur de plus exister, peur de disparaître, peur d’être rejeté, de ne plus être aimé, de ne plus être estimé…Peur du néant, de la souffrance…

Tu es descendu dans nos lieux ténébreux pour nous prendre par le poignet Et nous arracher à nos complaisances avec la mort…

Tu nous entraînes vers ta lumière, vers Toi, Lumière, En nous criant : « Viens, n’aie pas peur, laisse-toi aimer. »

Tu nous inondes de lumière pascale et de paisible confiance : « J’ai tout assumé de votre péché, tout est accompli de votre espérance. »

« Lazare, sors dehors ! » C’est à chacun de nous que tu lances cet appel… Le coup de talon au fond du bassin, le jaillissement de lumière et de souffle,

Renaissance d’eau, d’air et puis de feu, Avec le cierge pascal, cierge du baptême…

Tout est consommé, tout est à nouveau possible.

Et tu nous redis avec insistance et tendresse : « S’il te plaît, laisse-toi aimer… vraiment !

Et puis, à ton tour, va aimer, vraiment, comme j’ai aimé En puisant dans le cœur de mon Père, En accueillant le souffle de l’Esprit qui fait renaître…

Que je respire le Souffle que tu as insufflé à tes apôtres, ce jour de Pâques.

Que je croie ! Sois ma lumière… »

 Source :

Le LIEN de la Communion Jéricho. N° 78 -Avril 2014 page 24

Mouvement Catholique Eucharistique et Marial 
pour l'accompagnement des blessés de la vie
par la prière et le soutien fraternel

 Denis CHAUTARD

Prêtre de la Mission de France à VERNON (Eure)

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 17:44
Joyeuses Fêtes de Pâques

Le mot : « Pâque », en hébreu, veut dire « passage ».

C’est la mémoire de cette nuit où le Peuple de Dieu décidé à sortir de l’esclavage d’Egypte, s’est trouvé coincé par la Mer Rouge. Le peuple s’est trouvé pris au piège entre la cavalerie des armées d’Egypte qui le poursuivait et la Mer Rouge qui lui barrait la route. C’est cette nuit-là que sur l’ordre de Dieu, la Mer Rouge, s’est écartée en deux devant le Peuple de Dieu lui ouvrant ainsi le passage. Ce qui était un obstacle est devenu un chemin. Ce qui bouchait la route est devenu la route elle-même. Passage pour franchir la Mer Rouge d’une rive à l’autre. Passage pour traverser la nuit jusqu’au jour. Passage pour franchir l’accès à la Liberté.

Si la Pâque est un passage, cela veut déjà dire qu’il existe toujours au moins un passage.

Nous avons si souvent l’impression que nous vivons dans des impasses. Que nous sommes coincés, emprisonnés, enfermés dans des problèmes sans issues. La Pâque est là, toujours en avant de nous pour nous ouvrir des passages, ouvrir des chemins là où nos yeux ne voient que des murs qui se dressent et qui barrent la route.

Par ailleurs s’il existe toujours un passage c’est que nous serons toujours des gens de passage. La Pâque a toujours été une affaire de nomades, une affaire de migrants et de pèlerins. Si la Pâque ouvre des passages c’est que nous sommes tous appelés à être des passants, à le devenir et à le rester toujours.

Dans la Pâque personne n’est jamais « arrivé », tout le monde est tous les jours en route. Nous serons toujours « les passagers » de la Pâque. On ne peut jamais s’installer dans la Pâque. On est toujours en route et en chemin. C’est pourquoi le Croyant vit en marchant, en campant, en route, en chemin. La Foi conduit à Pâque parce qu’elle se vit toujours dans le provisoire. Être Croyant c’est un appel, c’est une vocation à ouvrir des passages, à découvrir des nouveaux chemins, à tracer, à dégager, à baliser des nouveaux sentiers.

« La Pâque », le passage, cela veut donc dire aussi un chemin, un sentier ou une autoroute, mais toujours une issue. Si la Pâque est un chemin ouvert, un chemin grand ouvert, c’est Jésus lui-même dans l’évangile qui nous dit que c’est lui le chemin, le passage de la Pâque, ce n’est pas une chose, ce n’est pas une réponse toute faite, ce n’est pas une vérité dans les livres, c’est toujours Quelqu’un, c’est toujours une Personne, le passage c’est toujours Dieu lui-même. Dieu n’est jamais un monument, une basilique, une statue ou une cathédrale, Dieu c’est toujours un chemin, un passage, une ouverture. Dieu n’enferme jamais, il n’emprisonne jamais. Dieu n’est jamais un savoir mais toujours Quelqu’un. Dieu ne cherche pas à nous « avoir », à nous « posséder », à nous compter dans ses clients ou sans sa clientèle, Dieu ne cesse de nous appeler : « lève-toi et marche… » Dieu n’est pas un chemin obligatoire, Dieu n’est pas un sens obligatoire comme une loi, Dieu ouvre un passage et ce passage est celui de la liberté parce que cette Pâque est celle d’Amour.

…. La Pâque c’est la Parole de Dieu même qui appelle chaque personne à s’humaniser parce que c’est l’humain qui est la seule image et la ressemblance de Dieu.

La Pâque de Dieu c’est l’Homme.

Le Croyant c’est le jardinier de Dieu.

 

D’après Jean Debruynne

 

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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 10:16
Vitraux de Marc Chagall dans la chapelle d’axe de la cathédrale de Reims- 1974 : Fenêtre centrale : à droite la crucifixion, à gauche la résurrection, Jésus descendu de la croix et sacrifice d'Abraham

Vitraux de Marc Chagall dans la chapelle d’axe de la cathédrale de Reims- 1974 : Fenêtre centrale : à droite la crucifixion, à gauche la résurrection, Jésus descendu de la croix et sacrifice d'Abraham

Et voici qu’enfin la nuit s’illumine !

Voici que l’obscurité cède le pas à la lumière !

Voici que l’incroyable espérance se réalise : la souffrance ne gagnera pas, la mort n’aura pas le dernier mot…

Voici qu’un homme surgit du gouffre du tombeau pour nous tendre la main.

Voici que le propre Fils de Dieu vient nous relever de nos peurs et de nos nuits.

Voici qu’en se relevant de la mort, le Christ nous relève par le même mouvement.

Voici que, désormais, dans la nuit, il nous est possible de croire à la lumière.

 

Cette nuit est la nuit de la divine espérance : nous arrivons avec le poids de nos vies. Nous savons que bon nombre d’entre nous ne sont pas épargnés par le tragique de l’existence. Chômage, maladie, mort brutale surgissant toujours trop tôt, amours qui ne se disent plus ou si peu, pardons impossibles, claquemurés dans le ressentiment, incompréhensions mutuelles en famille, au travail, entre parents et enfants, solitude…

 

Nous savons combien la trame de nos vies –inévitablement – est tissée d’obscurité…

La grande, la bonne nouvelle de cette nuit pascale, la voici : Dieu n’est pas le spectateur inerte et pervers de nos propres souffrances.

 

Par la folie de la croix, voici que son propre Fils vient nous prêter main forte : son épaule est solide qui vient porter, supporter nos propres croix.

Par le mystérieux passage du tombeau, le Dieu hautain et tout-puissant des mauvaises pages de nos vieux catéchismes est devenu un Dieu proche et aimant.

Un Dieu qui, désormais, partage tout de notre condition humaine, même l’angoisse de la mort… Le Très Haut se fait Très Bas pour mieux nous relever de sa main vigoureuse.

 

Il est temps de refermer la page du Vendredi saint.

Il est temps de laisser notre cœur s’embraser au feu de l’Esprit.

Il est temps de nous laver l’âme dans les eaux du baptême nouveau.

Il est temps de désensabler la source de notre cœur où Dieu nous attends pour étancher notre soif de vivre et de bonheur !

 

Cette source, au plus profond de nous-même, nous avons fini par l’oublier.

Nous l’avons laisser s’assécher.

Nous n’avions pas le temps, pressés que nous sommes par nos vies stressées, par nos vies qui courent sans bien toujours savoir après quoi, après qui !

Cette nuit de Pâques peut-être pour nous comme une nuit étoilée d’été, une nuit où nous prenons le temps de nous poser, de nous arrêter de courir. Une nuit d’escale pour prendre le temps de chercher le cap de notre vie, le sens que nous voulons donner à notre existence.

Une nuit pour prendre, tout simplement, la décision d’aimer mieux, d’aimer plus et de nous laisser aimer par Celui qui, de toute éternité, est la source de tout amour…

Belle nuit de veille avant de reprendre la mer en laissant le vent de l’Esprit gonfler nos voiles…

 

« Pâques, c’est ce moment précis où le désir de l’homme et le désir de Dieu se rencontrent et ne font plus qu’un » dit le Franciscain Eloi Leclerc.

 

Belle et forte vérité : oui, cette nuit pascale vient ouvrir dans nos vies le temps du désir, une brèche dans nos enfermements, nos résignations, nos peurs.

 

Voici venu le temps de tous les commencements, cet instant où – quel que soit notre âge, notre histoire, nos blessures, nos limites, que nous soyons ou non en règle avec ce que nous croyons être les lois de l’Eglise – Dieu vient nous créer, nous re-créer, comme il créa le ciel et la terre.

Voici venu le temps de l’exode, le temps de la traversée à pieds sec de toutes les mers déchaînées de notre existence.

 

Voici, pour nous toutes et nous tous, le temps de l’éveil.

« Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! »

 

Cette nuit pascale et une source où il nous faut joyeusement puiser les eaux de notre propre résurrection !

 

Ecoutons l’invitation de Saint Jean Chrysostome :

 « Vous qui avez jeûné et vous qui n’avaient pas jeûné, réjouissez-vous !

Que personne ne reste sur sa faim !

Venez tous puiser aux richesses de la miséricorde !

Que nul ne déplore ses péchés : le pardon s’est levé du tombeau ! »

 

Bertrand REVILLION

Diacre permanent

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 19:14
« Le tombeau ouvert », dessin de Jean-François KIEFFER

« Le tombeau ouvert », dessin de Jean-François KIEFFER

Le tombeau est ouvert

 

C'est déjà le Dimanche matin. La nuit vient à peine de virer au jour.

Personne ne sait encore que c'est Pâques.

Dans l'Évangile de Matthieu, la nuit pascale, deux femmes se glissent dehors, files sont comme les ombres de leur propre peur.

Deux femmes puisqu'il s'agit d'une naissance, mais elles ne le savent pas encore.

Pour l'instant elles retournent au passé.

Un pèlerinage au cimetière est toujours un retour en arrière, elles vont accomplir un rite, comme on porte des chrysanthèmes, elles viennent en souvenir et elles trouvent autre chose, tout à fait autre chose, elles venaient se recroqueviller, se replier : elles trouvent une ouverture.

Le tombeau est ouvert, c'est la déchirure d'une naissance, elles cherchaient un tombeau fermé, clos, elles trouvent une maison ouverte.

La maison du mort est devenue la maison des vivants.

Mais lui, il n'est pas ici ; il est ailleurs.

Pour le voir, il faut aller le chercher. « Il vous précède en Galilée : là vous le verrez. Voilà ce que j'avais à vous dire »

La Galilée, cela veut dire : chez les hommes, la terre des hommes.

Ne restez pas là, enfermés dans vos questions. Arrêtez de tourner en rond, prisonniers de vos tombeaux. « Est-ce que j'ai la foi ? Est-ce que je n'ai plus la foi ? Est-ce qu'il est ressuscité comme ceci ou comme cela ? est-ce que j'ai des preuves ? »

Toutes ces questions n'aboutissent qu'à un tombeau fermé.

Mais, voyez, le tombeau est ouvert, ouvert sur un monde nouveau.

Alors, levez-vous, allez ailleurs, plus loin, devant. Sortez de vos propres tombeaux, vous n'êtes déjà plus dans la vraie question.

Jésus-Christ n'est vivant qu'ailleurs. C'est seulement en marchant qu'on voit le Ressuscité. La preuve, regardez : les deux femmes quittent le tombeau vide, elles se mettent en marche !

 

« Et voici que Jésus vient à leur rencontre »

 

Jean DEBRUYNNE

Prêtre de la Mission de France 1925-2006

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 08:12
Dimanche 16 avril 2017, Pâques Oecuméniques Grande Arche de la Défense

« Le premier jour de la semaine, à l'aube, alors qu'il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rend au tombeau et voit que la pierre a été enlevée du tombeau. »

Évangile selon Jean (20, 1)

Dieu vous invite à Pâques et chaque jour !

Rassemblement
des Chrétiens

Catholiques, orthodoxes, protestants


En présence
en des évêques et
des responsables des églises


Dimanche 16 avril 2017 à 7h30

Grande Arche, Place de la Défense
 

En présence des évêques et des responsables des églises

Pour la 4ème édition, les chrétiens d'Île-de-France
célèbrent ensemble le Christ ressuscité.

Chacun pourra retourner dès 8h30 dans son lieu de culte
pour sa célébration habituelle

 

Les volontaires sont invités à contacter Alain Conchon :
alain-conchon@wanadoo.fr

06 84 07 50 31Les volontaires sont invités à contacter Alain Conchon :
alain-conchon@wanadoo.fr

Les volontaires sont invités à contacter Alain Conchon :
alain-conchon@wanadoo.fr

06 84 07 50 31

06 84 07 50 31

http://www.paques2017.fr/

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 20:06
Joyeuses Fêtes de Pâques 2016 : une méditation de Michel HUBAUT

Marc Chagall, La création de l’homme 1956-1958

Chaque fête de Pâques est l'occasion de se rappeler que la résurrection n'est pas ce qui doit arriver après notre mort, mais une réalité nouvelle qui commence aujourd'hui. Chacun de nous façonne, jour après jour, son visage d'éternité. Comme pour le papillon qui sort de sa chrysalide, il faut du temps pour que l'homme ressuscite, émerge de sa gangue de terre et devienne un fils de Dieu, un enfant de lumière.

Maurice Zundel se demandait souvent combien d'hommes et de femmes émergent consciemment de leur « moi » biologique préfabriqué pour devenir réellement des hommes vivants, des personnes libres et responsables de leur destin. Sans doute, toutes leurs potentialités spirituelles arriveront-elles, un jour, à maturité, mais probablement pas sur terre ! Il est inutile de chercher à imaginer ce que nous devenons après notre mort, si, en accueillant le Christ pascal, nous ne commençons pas dès maintenant à devenir des vivants.

Rappelons-nous que dans la tradition chrétienne il y a deux naissances. La première, biologique, que nous n'avons pas choisie, qui nous est donnée. Et une « seconde naissance », celle dont parle le Christ, quand il nous dit qu'il nous faut « renaître d'en-haut » par l'accueil et la croissance de son Esprit.

La résurrection est une victoire quotidienne sur les forces de mort. L'au-delà est une réalité déjà présente, intérieure à nous-mêmes. Cette vie nouvelle du Christ ressuscité doit devenir « l'au-dedans » de notre vie quotidienne. Se convertir, c'est sans cesse passer du dehors, de l'écorce superficielle des choses au « dedans », rencontrer l'intimité de Dieu au plus intime de nous-mêmes, lui qui est la vie de notre vie.

Rencontrer le Christ de Pâques, c'est déjà re-naître, c'est s'affranchir de toutes nos servitudes. L'homme qui accueille, jour après jour son amour vivant et créateur, devient lui aussi un vivant et un créateur. Notre avenir se joue dans notre réponse à cet amour victorieux qui s'offre gratuitement à nous. C'est ce don de nous-mêmes qui nous construit, nous structure comme homme, nous ressuscite comme fils de Dieu.

La résurrection, l'au-delà, c'est Dieu intime à nous-mêmes qui nous intériorise et nous libère du moi préfabriqué. Devenir un homme, une personne, sortir de son moi infantile, biologique, égocentrique et mortel, c'est rencontrer le Dieu vivant. Naître, c'est centrer toutes ses énergies pour aimer comme lui, faire de toute son existence un don de soi-même.

La Résurrection de l'homme s'enracine dans ce dynamisme de l'amour qui « humanise » notre moi biologique, nous fait « passer » du moi possessif, fermé sur lui-même, au moi oblatif. Celui qui naît à l'amour, par l'amour, devient immortel puisque l'amour est l'être même de Dieu. Cet amour est notre devenir. C'est lui qui personnalise et divinise l'homme qui, comme saint François, n'est plus terrorisé par la mort biologique, car elle n'est plus qu'un « passage » de notre liberté d'aimer à un autre niveau, d'une ampleur nouvelle.

Dieu nous a créés pour devenir des créateurs. Nous devons nous libérer de la pesanteur des déterminismes pour devenir le sanctuaire de la lumière et de l'amour. Telle est le mystère de la transfiguration chrétienne, qui est un mystère d'intériorisation, de personnalisation, de divinisation. Il s'agit de devenir véritablement un « homme » dont l'espace intérieur est devenu assez grand pour accueillir la vie même de Dieu. Et accueillir Dieu, c'est devenir un vivant qui possède en lui tout l'univers. L'immortalité n'est pas ce qui arrive après la mort, elle advient, aujourd'hui et maintenant, chaque fois que l'homme se dépasse pour aimer. C'est chaque jour que nous « immortalisons » notre vie. C'est chaque jour que nous ressuscitons un peu plus.

Voilà la nouvelle naissance à laquelle le Christ nous invite quand on atteint sa maturité spirituelle. Maturité qui entraînera aussi notre corps, car les énergies de l'amour vont aussi transfigurer notre corps, comme celui du Christ, libéré des contraintes de notre univers, sans être pour autant désincarné. Notre mort n'est pas un anéantissement, mais un mûrissement, un accomplissement, un passage -une Pâque- vers notre véritable identité.

Michel HUBAUT, Frère Franciscain

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 11:04
NUIT du 26 au 27 MARS.2016 : 20 ans de l’enlèvement des Frères de Tibhirine

En 2016 : VIGILE PASCALE

En 1996 : ENLEVEMENT des FRERES

Le calendrier en ce 20ème anniversaire illumine le sens pleinement Pascal du don des Frères.

Testament spirituel de Christian de Chergé

Quand un A-DIEU s'envisage...

S'il m'arrivait un jour - et ça pourrait être aujourd'hui - d'être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j'aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays. Qu'ils acceptent que le Maître Unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal. Qu'ils prient pour moi : comment serais-je trouvé digne d'une telle offrande ? Qu'ils sachent associer cette mort à tant d'autres aussi violentes, laissées dans l'indifférence de l'anonymat.

Ma vie n'a pas plus de prix qu'une autre. Elle n'en a pas moins non plus. En tout cas, elle n'a pas l'innocence de l'enfance. J'ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde et même de celui-là qui me frapperait aveuglément. J'aimerais, le moment venu avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité, en même temps que de pardonner de tout cœur à qui m'aurait atteint. Je ne saurais souhaiter une telle mort. Il me paraît important de le professer. Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j'aime soit indistinctement accusé de mon meurtre. C'est trop cher payer ce qu'on appellera, peut-être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu'il soit, surtout s'il dit agir en fidélité à ce qu'il croit être l'Islam.

Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement. Je sais aussi les caricatures de l'Islam qu'encourage un certain islamisme. Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes. L'Algérie et l'Islam, pour moi, c'est autre chose, c'est un corps et une âme. Je l'ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j'en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l'Évangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première Église. Précisément en Algérie, et, déjà, dans le respect des croyants musulmans. Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m'ont rapidement traité de naïf, ou d'idéaliste : « Qu'il dise maintenant ce qu'il en pense ! » Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai, s'il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec Lui ses enfants de l'Islam tels qu'Il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de Sa Passion investis par le Don de l'Esprit dont la joie secrète sera toujours d'établir la communion et de rétablir la ressemblance en jouant avec les différences.

Cette vie perdue totalement mienne et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l'avoir voulue tout entière pour cette JOIE-là, envers et malgré tout. Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie, je vous inclus bien sûr, amis d'hier et d'aujourd'hui, et vous, ô mes amis d'ici, aux côtés de ma mère et de mon père, de mes sœurs et de mes frères et des leurs, centuple accordé comme il était promis ! Et toi aussi, l'ami de la dernière minute, qui n'aura pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux ce MERCI, et cet "À-DIEU" envisagé de toi. Et qu'il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s'il plaît à Dieu, notre Père à tous deux.

AMEN ! Inch'Allah ! "

Alger, 1er décembre 1993

Tibhirine, 1er janvier 1994

Christian

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 09:38
Message du pape François le jour de Pâques 2015

« Chers frères et sœurs,

Jésus Christ est ressuscité !

L’amour a vaincu la haine, la vie a vaincu la mort, la lumière a chassé les ténèbres !

Jésus Christ, par amour pour nous, s’est dépouillé de sa gloire divine ; il s’est vidé de lui-même, il a assumé la forme de serviteur et s’est humilié jusqu’à la mort, et la mort de la croix. Pour cela Dieu l’a exalté et l’a fait Seigneur de l’univers. Jésus est Seigneur !

Par sa mort et sa résurrection Jésus, indique à tous le chemin de la vie et du bonheur : ce chemin est l’humilité, qui comporte l’humiliation. C’est la route qui conduit à la gloire. Seul celui qui s’humilie peut aller vers les “choses d’en-haut”, vers Dieu (cf. Col 3, 1-4). L’orgueilleux regarde “de haut en bas”, l’humble regarde “de bas en haut”.

Au matin de Pâques, avertis par les femmes, Pierre et Jean coururent au tombeau et le trouvèrent ouvert et vide. Alors, ils s’approchèrent et s’“inclinèrent” pour entrer dans le tombeau. Pour entrer dans le mystère, il faut “s’incliner”, s’abaisser. Seul celui qui s’abaisse comprend la glorification de Jésus et peut le suivre sur sa route.

Le monde propose de s’imposer à n’importe quel coût, d’entrer en compétition, de se faire valoir… Mais les chrétiens, par la grâce du Christ mort et ressuscité, sont les germes d’une autre humanité, dans laquelle nous cherchons à vivre au service les uns des autres, à ne pas être arrogants mais disponibles et respectueux.

Cela n’est pas faiblesse, mais force véritable ! Celui qui porte en soi la force de Dieu, son amour et sa justice, n’a pas besoin d’user de violence, mais il parle et agit avec la force de la vérité, de la beauté et de l’amour.

Implorons du Seigneur ressuscité, la grâce de ne pas céder à l’orgueil qui alimente la violence et les guerres, mais d’avoir l’humble courage du pardon et de la paix. À Jésus victorieux demandons d’alléger les souffrances de tant de nos frères persécutés à cause de son nom, comme aussi de tous ceux qui pâtissent injustement des conséquences des conflits et des violences actuelles.

Demandons la paix, surtout pour la Syrie et l’Irak, pour que cesse le fracas des armes et que se rétablisse la bonne cohabitation entre les différents groupes qui composent ces pays bien-aimés. Que la communauté internationale ne reste pas inerte face à l’immense tragédie humanitaire dans ces pays, et au drame des nombreux réfugiés.

Implorons la paix pour tous les habitants de la Terre Sainte. Que puisse croître entre Israéliens et Palestiniens la culture de la rencontre, et reprendre le processus de paix pour mettre ainsi fin à des années de souffrances et de divisions.

Demandons la paix pour la Libye, afin que s’arrête l’absurde effusion de sang en cours, et toute violence barbare, et que tous ceux qui ont à cœur le destin du pays, mettent tout en œuvre pour favoriser la réconciliation et pour édifier une société fraternelle qui respecte la dignité de la personne. Au Yemen également, nous espérons que prévale une volonté commune de pacification, pour le bien de toute la population.

En même temps, avec espérance, confions au Seigneur miséricordieux l’entente obtenue à Lausanne ces jours derniers, afin qu’elle soit un pas définitif vers un monde plus sûr et fraternel.

Implorons du Seigneur ressuscité le don de la paix pour le Nigeria, pour le Sud-Soudan et pour différentes régions du Soudan et de la République Démocratique du Congo. Qu’une prière incessante monte de tous les hommes de bonne volonté pour ceux qui ont perdu la vie – je pense en particulier aux jeunes qui ont été tués jeudi dernier à l’Université de Garissa, au Kenya –, pour tous ceux qui ont été enlevés, pour qui a dû abandonner sa maison et ses affections proches.

Que la Résurrection du Seigneur apporte de la lumière à l’Ukraine bien-aimée, surtout à tous ceux qui ont subi les violences du conflit des derniers mois. Que le pays puisse retrouver paix et espérance grâce à l’engagement de toutes les parties intéressées.

Demandons la paix pour tant d’hommes et de femmes qui sont soumis à de nouvelles et anciennes formes d’esclavage de la part de personnes et d’organisations criminelles. Paix et liberté pour les victimes des trafiquants de drogue, souvent liés aux pouvoirs qui devraient défendre la paix et l’harmonie dans la famille humaine. Et demandons la paix pour ce monde soumis aux trafiquants d’armes.

Aux personnes marginalisées, aux prisonniers, aux pauvres et aux migrants qui sont si souvent rejetés, maltraités et mis au rebut ; aux malade et aux personnes qui souffrent ; aux enfants, spécialement à ceux qui subissent violence ; à tous ceux qui aujourd’hui sont dans le deuil ; qu’arrive à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté la voix consolante du Seigneur Jésus : « Paix à vous ! » (Lc 24, 36) « Ne craignez pas, je suis ressuscité et je serai toujours avec vous ! » (cf. Missel romain, antienne d’entrée du jour de Pâques). »

A Rome, le 5 avril 2015

François

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