Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 18:11
Rapport 2018 du Secours Catholique Caritas France sur la Pauvreté

En 4 minutes, découvrez les chiffres-clés du Rapport Pauvreté 2018 du Secours Catholique - Caritas France.

Cliquez sur la vidéo ci-dessous et sur l’icône « plein écran »

Partager cet article

Repost0
11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 19:50
Des étudiants se fournissent auprès du camion itinérant mis en place par la banque alimentaire de Gironde et l'épicerie solidaire Le comptoir Aliénor, sur le campus de Pessac, près de Bordeaux, le 1er octobre 2018 / AFP/Archives

Des étudiants se fournissent auprès du camion itinérant mis en place par la banque alimentaire de Gironde et l'épicerie solidaire Le comptoir Aliénor, sur le campus de Pessac, près de Bordeaux, le 1er octobre 2018 / AFP/Archives

"De la viande ! Je ne me souviens même plus quand j'en ai mangé pour la dernière fois !". Clément, 23 ans, étudiant en master, fait partie des quelque 3.000 étudiants bordelais vivant en grande précarité.

C'est plein d'enthousiasme que ce jeune homme, à l'allure décontractée, repart du camion de l'épicerie itinérante avec deux sacs contenant un total de 5 kg de denrées alimentaires.... de quoi enfin remplir son frigo pour la semaine.

Depuis début octobre, à l'initiative de l'épicerie solidaire Comptoir Aliénor et l'aide de la Banque alimentaire, un camion épicerie se rend deux fois par semaine sur le campus de l'université de Bordeaux.

"Nous accueillons les étudiants qui ont un reste à vivre - une fois le loyer, les abonnements et les factures payées - inférieur à 210 euros par mois, soit 7 euros par jour. Moyennant 3 euros, ils peuvent bénéficier de 5 kg de nourriture", explique à l'AFP Coline Briatte, étudiante et responsable du Comptoir Aliénor.

L'objectif est d'accueillir chaque semaine un total 500 étudiants démunis, 100 dans l'épicerie solidaire de Talence et 400 dans l'épicerie itinérante, 200 le lundi à Pessac et 200 le mardi à Bordeaux.

"C'est important d'aller au plus près des étudiants précaires car la plupart travaillent et n'ont pas le temps de se déplacer. Donc, en allant vers eux, on va leur faciliter la tâche", explique Christian Barcos, bénévole à la banque alimentaire et vice-président de l'épicerie itinérante.

Selon Coline Briatte, plus de 3.000 étudiants vivent avec moins de 210 euros par mois.

"Ce chiffre date de 2015. Depuis, il y a eu une baisse des APL (aides au logement) et une hausse des loyers dans l'agglomération bordelaise" qui compte environ 80.000 étudiants, affirme cette bénévole.

Pour la première distribution organisée, 40 étudiants se sont pressés autour du camion installé à Pessac, informés de sa présence par des assistantes sociales de l'université, le bouche à oreille ou les réseaux sociaux.

Ils devront ensuite déposer un dossier afin de voir s'ils sont éligibles ou non à ce nouveau dispositif.

 

- Le resto'U, un luxe -

 

"Cela fait du bien de savoir que de temps en temps, on peut avoir des produits frais", lance tout sourire Gabrielle, un sac à dos "archi plein" de légumes, de fruits, de yaourts, de steaks hachés, de pâtes et de boîtes de conserve. Etonnée par de telles quantités, elle se demande comment tout faire rentrer dans son petit frigo dans lequel il ne reste, en ce début de mois, qu'"un filet de dinde, deux tomates et un litre de lait de soja".

"Je n'ai aucune aide de ma famille, je touche 555 euros de bourses par mois, et 204 euros d'APL et je paie 420 euros de loyer par an, une fois les factures payées, j'ai moins de 210 euros pour vivre", calcule en un éclair cette étudiante en Master de mathématiques.

Comme beaucoup, elle n'a pas renouvelé sa garde-robe depuis des années. "J'ai le choix entre manger ou m'habiller, le seul plaisir que je m'octroie c'est un cinéma par mois, pour évacuer un peu", raconte-t-elle.

C'est avec le sourire qu'elle livre ses astuces pour arriver à se nourrir.

"J'achète des steaks vegan meilleurs pour la santé que des steaks hachés premiers prix", explique cette future professeure tout en rêvant de la salade de champignons frais qu'elle pourra manger dans quelques heures.

Marie, 19 ans, étudiante en anglais, se nourrit de blancs de dinde et de bananes car "c'est ce qu'il y a de moins cher si on veut des fruits et de la viande".

En attrapant le sac plein de légumes que lui tend un bénévole de la Banque alimentaire, cette brune très réservée laisse échapper, surprise, "tout ça pour moi!".

Clément, qui se nourrit avec moins de 210 euros par mois, compense l'absence de viande en mangeant des œufs et a, depuis longtemps, banni les desserts de ses menus. Cet étudiant, plutôt charpenté, reconnaît un peu gêné qu'il saute régulièrement le déjeuner par souci d'économie.

Pour lui comme pour Marie, 19 ans, étudiante en anglais, manger au resto'U pour 3,25 euros le repas est un luxe qu'ils ne peuvent pas s'offrir tous les jours.

afp

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 21:57
La Pauvreté dans l'Eure

BERNARD PRÉVELLE, PRÉSIDENT DU SECOURS CATHOLIQUE :

« Nous sommes un filet de sécurité »

À la tête du Secours Catholique de lEure depuis trois ans. Bernard Prévelle dresse un constat sans concession sur l'augmentation de la pauvreté à Évreux.,.

Quels « enseignements» tirer du rapport publié par le Secours Catholique sur l'état de la pauvreté ?

Il faut bien avouer que les questions récurrentes ont trait à l'emploi et aux situations de rupture familiale. Elles touchent, en premier lieu, les personnes isolées, phénomène particulièrement marqué en milieu rural. Je note que les plus pauvres d'entre nous ne sont pas tou­jours en capacité de répondre à des formalités administratives de plus en plus complexes. Au final, ils se retrouvent en déshérence de droits.

Par exemple ?

Faute de savoir constituer un dossier, ceux qui peuvent prétendre aux allocations-chômage, au RSA ou à une pension d'invalidité passent au travers. D'ailleurs, la CAF va mettre en place un dispositif pour localiser les personnes qui ont des droits.

150 € par mois !

Ave2-vous une photographie de la situation à Évreux ?

En préambule, je voudrais préciser qu'en France, le seuil de pauvreté représente 50 % du revenu médian, Soit, pour une personne isolée, 548 € bruts par mois. Mais je peux vous dire qu'à Evreux, nous sommes nettement en dessous de ce seuil, À La Madeleine, une fois qu'elles ont réglé leur loyer et leurs factures (eau, gaz, électricité), certaines personnes vivent avec 5 € par jour Ce qui signifie que, chaque mois, elles disposent de 150 € pour se nourrir et s'habiller I Par­fois même, elles n'ont plus de ressources, car elles sont arrivées au terme de leurs droits.

À ce stade de misère, com­ment font-elles pour s'en sortir ?

Elles viennent frapper aux portes des organismes de solidarité : Croix-Rouge, Secours Catholique, Secours Populaire, Les Restos du cœur. Ces per­sonnes nous sollicitent pour faire face à des factures ou des loyers impayés, demander une aide alimentaire ou honorer un déplacement.

Combien de dossiers, en moyenne, traitez-vous 7

L'an dernier, nous avons été confrontés à 2 500 situations différentes à Évreux et sur le territoire de l'Aggio. Le nombre est en constante augmentation avec, en premier lieu, les familles monoparentales (30 %), suivies des adultes Isoles (25 %), les travailleurs pauvres et les personnes qui arrivent à la retraite après une période difficile : maladie, handicap. Au total, les deman­deurs d'asile représentent plus de la moitié de nos interventions

« Retrouver confiance et dignité »

Quelle est la nature de votre engagement ?

On vient en relais des services sociaux des mairies ou du Conseil départemental. Sur le plan financier, par exemple, le Secours Catholique a, l'an der­nier, débloqué 33 000 € pour remédier aux cas les plus urgents. C'est un filet de sécurité pour les situations catastrophiques. Mais dans le même temps, il importe d'aider les plus démunis à retrouver confiance et dignité. On vérifie, aussi leur capacité à se faire soigner et à répondre à leurs obligations.

5ous-entendu ?

Quand des gens sont expul­sés de leur logement, c'est, qu'à un moment donné, ils n'ont pas honoré leurs engagements ou épluché leur courrier, faute de « motivation » ou de confiance en eux, D'où la nécessité d'établir un processus d'évaluation pour éviter que pareille mésaventure ne se reproduise.

Vous « gagnez » à tous les coups ?

La priorité, c'est de réinscrire la personne dans son droit. En parallèle, nous proposons diverses activités pour redon­ner, aux plus démunis, une vie sociale : voyages de l'espérance, prise de repas en commun, ap­prentissage de la langue française, initiation à l'informatique, aide à la gestion et a l'adminis­tration, comment répondre à un courrier de la CAF, etc. C'est la somme d'efforts à déployer pour faire reculer la pauvreté...

 

Propos recueillis par A. Guillard

Eure Infos Mardi 14 novembre 2017 page 5

Partager cet article

Repost0
17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 10:33
17 octobre, Journée Mondiale du Refus de la Misère

Chers amis, 

 

Vous le savez sans doute, ce 17 Octobre 2017 marque la trentième Journée Mondiale du Refus de la Misère. Cette année, pour la première fois, en plus d'une liste impressionnante d'événements autour du monde, nous organisons 24 heures de Web TV afin de permettre à toutes les personnes disposant d'une connexion internet de se joindre à nous. Vous pourrez visionner en direct les événements de Manille, Dakar, Paris, Dublin, et du Guatemala, ainsi qu'une commémoration officielle de la journée au siège des Nations Unies à New York. Rendez-vous sur le site #StopPauvreté pour participer à cette journée et en apprendre davantage.

 

Sur ce flyer, vous pourrez également avoir plus d'informations - Merci de le partager au sein de votre propre réseau afin d'inviter d'autres à se joindre à nous. Rejoignez le Mouvement pour dire #StopPauvreté !

Merci, 

 

ATD Quart Monde International 

 

17 octobre, Journée Mondiale du Refus de la Misère

Partager cet article

Repost0
17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 08:45
Journée mondiale du refus de la misère : 17 octobre 2016

Une nouvelle humanité sans misère verra le jour

« Le plus pauvre nous le dit souvent : ce n’est pas d’avoir faim ou de ne pas savoir lire, ce n’est même pas d’être sans travail qui est le pire malheur de l’homme. Le pire des malheurs, c’est de se savoir compté pour nul au point ou même vos souffrances sont ignorées. Le pire est le mépris de vos concitoyens, car c’est le mépris qui tient à l’écart de tout droit, qui fait que le monde dédaigne ce que vous vivez. Il vous empêche d’être reconnu digne et capable de responsabilité. Le plus grand malheur de la pauvreté extrême est d’être comme un mort vivant, tout au long de son existence » disait Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde.

Au cœur de cette Journée mondiale du refus de la misère, sont présentes toutes les personnes qui font face à la violence de la misère infligée par les privations et par le mépris, toutes celles qui sont chassées d’un lieu à l’autre par les conflits, mais aussi par la sécheresse, les inondations, la faim : quel accueil trouvent-elles tous les jours parmi nous ?

Des frontières se ferment encore plus entre les pays, d’autres invisibles se dressent entre des quartiers et des communautés. Des murs s’érigent entre les hommes, l’escalade vers toujours plus de sécurité pour les uns jette les autres dans une vulnérabilité absolue. Tant de personnes, en cherchant la vie, la risquent et disparaissent sans laisser de traces.

L’indifférence et l’ignorance alimentent les préjugés et les peurs jusqu’à inspirer parfois des politiques publiques qui considèrent les personnes démunies comme des suspects ou des assistés et non comme des détenteurs de droits et de responsabilités.

C’est un gâchis pour les sociétés. Elles se privent ainsi de l’expérience des personnes dont le quotidien est fait de résistance, de courage et de patience pour trouver les chemins qui nous libéreront des divisions et amèneront la paix.

« Dans la misère, on n’est que l’ombre de soi-même, dit ce père de famille d’Allemagne.Pour s’en sortir il faut pouvoir sauter par-dessus son ombre. Mais pour passer au-dessus de ton ombre, tu dois avoir à côté de toi quelqu’un qui croit en toi, plus que tu n’y crois toi-même.»

Et Mme Louise de République Démocratique du Congo explique : « Dans notre Mouvement, on ne trouve pas l’argent mais l’intelligence qui peut aider à sortir ensemble de la misère. Notre objectif, c’est de voir la personne qui est le plus enfoncée dans la misère. On l’appelle, on lui dit : « Lève-toi, tu en as la force ». Je l’emmène avec moi, je lui apprends à porter les charges comme moi, et on continue ensemble dans le travail. On fait en sorte qu’aucune personne ne soit laissée en arrière. Si on suit cette philosophie qu’on applique ici, il n’y aura plus de misère dans le monde de demain. »

Ce combat, que portent Mme Louise et ce père de famille en Allemagne, pour la reconnaissance de la dignité de tous se mène dans bien des lieux.

En France, dans une cité délabrée, des habitants se sont mis ensemble pour repeindre leur cage d’escalier maculée d’inscriptions infamantes.

Au Guatemala, des parents très pauvres ont trouvé la force de parler avec des enseignants, de dialoguer avec le Ministère, jusqu’à obtenir la gratuité de l’école publique.

Dans le monde, à l’initiative du Mouvement ATD Quart Monde, des milliers de personnes ayant l’expérience de la grande pauvreté, rejointes par des fonctionnaires, des acteurs de terrain, des universitaires, ont réfléchi ensemble en croisant leurs savoirs. Leurs travaux ont influencé les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, par lesquels les chefs d’État se sont engagés à œuvrer pour un développement qui « ne laisse personne de côté ».

Le chemin est long pour libérer le monde de la misère. Nous progressons tant que nous gardons confiance dans l’être humain et que nous nous mettons ensemble à l’école de ceux qui résistent depuis toujours à la grande pauvreté, refusant que quiconque soit humilié et déconsidéré. Joseph Wresinski nous a mis en route avec détermination. Comme lui nous continuons à croire qu’« une nouvelle humanité sans misère verra le jour, puisque nous le voulons. »

 à l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre 2016

Isabelle Pypaert Perrin, Déléguée générale du Mouvement international ATD Quart Monde

 

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 10:54
Le mal-logement, une affaire de santé publique

La France est malade du mal-logement. C'est ce qu'affirme la Fondation Abbé Pierre dans son 21e rapport annuel, publié le 28 janvier. Cette étude donne un violent coup de projecteur sur les impacts de la crise du logement sur la santé.

Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade... Le dicton n'a jamais été aussi vrai qu'à la lecture du 21e rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement en France. Qu'elles dorment à la rue ou en habitat de fortune, qu'elles vivent en bidonvilles, dans des conditions sanitaires inacceptables, qu'elles tournent entre les différentes formes d'hébergement proposées par les dispositifs publics (accueils d'urgence, hôtels, hébergement d'insertion…), les personnes sans domicile souffrent de nombreuses pathologies liées à leur problème de logement.

En 2007 déjà, la Fondation tentait d'attirer l'attention avec ce slogan : « Quand on est malade, on reste à la maison, mais quand c'est le logement qui rend malade ? » Neuf ans plus tard, le constat est aussi noir que les taches d'humidité aux murs que déplorent 5,8 millions de ménages, aussi glaçant que les foyers trop froids dont se plaignent plus de 11 millions de Français. La Fondation réclame que l'on s'empare de cet enjeu de santé publique : si on ne fait rien, le mal-logement risque de constituer, « insidieusement, à bas bruit, pour des centaines de milliers de personnes, un scandale équivalent à celui de l'amiante ».

3,8 millions de personnes (contre 3,5 millions l'an dernier) sont aujourd'hui mal logées en France et, plus globalement, 12,1 millions sont fragilisées sur la question du logement. L'absence totale de toit, et avec elle les problèmes d'accès à l'hygiène, est dramatique. Le mauvais état d'habitation est également pointé du doigt, car si le saturnisme a tendance à reculer, les pathologies respiratoires et dermato­logiques, dues à l'humidité, se développent. La Fondation Abbé-Pierre plaide pour une meilleure collaboration entre les acteurs du secteur médico-social et les professionnels du logement.

Comment prendre un traitement ou se rétablir après une opération quand on est dans la rue ? Les associations qui œuvrent auprès des sans-abris le savent : ne pas avoir de toit, c'est ne plus pouvoir se soigner. L'espérance de vie, sous un carton ou sur un trottoir, en proie à la gale, aux bronchites, pas ou mal soignées, ne dépasse pas les 49 ans. Mais la santé trinque aussi sous un toit trop petit, précaire ou insalubre, que l'on paie en rognant sur l'alimentation, les soins et le chauffage. L'humidité, qui favorise les moisissures, le mauvais chauffage - qui, accessoirement, expose à des intoxications au monoxyde de carbone (1000 épisodes chaque année) - entraînent également une ribambelle de pathologies : rhinites, maux de gorge, otites, eczéma, asthme et troubles du sommeil. Le rapport explique que les personnes mal logées ont plus de risques (+40%) de se déclarer en mauvaise santé. Ces risques sont encore accrus (+50%) pour celles en situation de précarité énergétique.

Chiffre marquant, le nombre de sans-abri a bondi de 50% entre 2001 et 2012, pour atteindre 141.500 personnes. En outre, près de 2,9 millions de personnes vivent dans des conditions très difficiles, dont 2,1 millions ne possèdent pas d'eau courante, de WC intérieurs, de douche, de moyen de chauffage ou de coin cuisine, ou vivent dans un immeuble à la façade très dégradée. Pour Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, « l'aggravation du mal-logement touche avant tout les classes populaires ». Et l'extrême pauvreté, c'est-à-dire les personnes touchant moins de 40% du revenu médian (660 euros par mois et par unité de consommation), qui avait diminué entre 1996 et 2002, est repartie à la hausse. « Le logement est le reflet des inégalités, mais il en est aussi un accélérateur », souligne Christophe Robert qui appelle les pouvoirs publics à agir, en particulier en construisant des logements, et surtout des logements sociaux accessibles aux ménages les plus modestes.

« Engageons des politiques volontaristes ! », exhorte la Fondation qui reproche au gouvernement d'avoir failli à sa mission. Au lieu des 150 000 logements sociaux attendus, seuls 109 000 ont été financés en 2015. « Il reste un an et demi à ce gouvernement pour finir ce quinquennat. Il faut mettre à l'abri tous ceux qui sont en difficulté et il faut engager une véritable politique structurelle pour enrayer ce processus d'exclusion par le logement ». Alors que près de 500 décès de sans-abri sont dénombrés chaque année, la Fondation Abbé Pierre s'indigne : « La sixième puissance du monde ne peut pas laisser crever autant de personnes à la rue comme cela se passe encore aujourd'hui. Il faut agir ! »

Laurent Grzybowski

Pour lire le rapport : www.fondation-abbe-pierre.fr

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0