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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 10:42
Les explosions le 4 mai 2020 dans le port de Beyrouth ont dévasté une grande partie de la ville | DR

Les explosions le 4 mai 2020 dans le port de Beyrouth ont dévasté une grande partie de la ville | DR

«La terre a tremblé, c’est un véritable séisme: la Croix-Rouge libanaise parle de plus de 100 morts et de 4’000 blessés, des hôpitaux ne sont plus en état de fonctionner, alors qu’ils étaient déjà saturés par les malades du Covid-19», lance le Père Samih Raad, en contact minute par minute avec sa famille qui vit à Beyrouth à moins d’un kilomètre du lieu des explosions du 4 août 2020 qui ont dévasté des quartiers entiers.
Le Premier ministre libanais Hassane Diab a affirmé que cette catastrophe était due à l’explosion de quelque 2’750 tonnes de nitrate d’ammonium entreposés illégalement dans le port de Beyrouth, désormais hors service. Les vitres de nombreux immeubles, églises et magasins ont volé en éclats à des kilomètres à la ronde. En fin de journée, mardi 4 août, d’épais nuages de fumée orange s’élevaient au-dessus de la capitale libanaise. Aux abords du quartier du port, les destructions sont massives.
Le Conseil supérieur de la défense a déclaré Beyrouth «ville sinistrée». A la première page d’An Nahar,  le premier quotidien de langue arabe au Liban, on peut lire: «Le gouvernement défaillant se suicide… Catastrophe». D’autres journaux titrent: «Beyrouthoshima».
Les couvents et communautés religieuses ouvrent leurs portes
«Et tout cela survient alors que près de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté depuis la ‘révolution’ qui a commencé le 17 octobre 2019», confie à cath.ch le Père Samih Raad, professeur au séminaire interdiocésain de Metz, où il enseigne le dogme et le dialogue interreligieux (*). Toute sa famille a quitté les lieux dévastés et le mari de sa cousine, blessé, se trouve dans un hôpital à Jbeil (l’ancienne Byblos).
Les quartiers d’Achrafieh, quartier chrétien de l’est de Beyrouth, Bourj Hammoud, fief de la communauté arménienne du Liban, Dora, autre quartier à majorité chrétienne, de même Antélias, au nord de Beyrouth, sont durement frappés, ainsi que la Corniche.
«L’hôpital Saint-Georges, également connu sous le nom d’hôpital Al Roum, qui n’avait jamais fermé ses portes durant la guerre civile, n’est plus opérationnel. C’est l’un des trois principaux centres médicaux libanais, situé à Rmeil, Beyrouth. Un appel a été lancé et tous les couvents et communautés catholiques ont ouvert leurs portes pour accueillir les familles dont les foyers ont été dévastés et celles qui fuient les lieux, craignant les émanations toxiques. Les communautés religieuses leur fournissent des vivres et de l’eau. Dans ces circonstances, les Libanais font preuve d’entraide et montrent leur solidarité», poursuit le Père Samih Raad.
Le Père Samih Raad interviewé par Jacques Berset | © Jacques Berset
La population est en colère
Face à ce désastre, qui s’ajoute à la grave crise sociale et sanitaire, la population est en colère et réclame des comptes à la classe politique. «Le député Marwan Hamadé a présenté sa lettre de démission au secrétariat général du Parlement, appelant à la création d’une commission d’enquête internationale et à l’activation du Conseil supérieur pour le jugement des présidents et des ministres. Un journaliste chrétien, Marcel Ghanem, qui travaille à la MTV, a demandé la démission du président Michel Aoun et de tout le gouvernement: c’est une première dans notre histoire! Mais la population est à bout: la livre libanaise a perdu huit fois sa valeur depuis le début de la crise en octobre dernier. Les gens ont faim et comparent leur situation à celle de 1916, au départ des Turcs, quand la Grande famine régnait dans le pays… Le peuple en a marre de l’incapacité de toute la classe politique !»
Le pape François prie pour les victimes et leurs familles
A l’issue de sa catéchèse de l’audience générale, le pape François a tenu à faire part de sa prière pour le Liban après les explosions qui ont ravagé le centre de Beyrouth mardi 4 août. «Hier, à Beyrouth, dans la zone portuaire, d’énormes explosions ont fait des dizaines de morts et des milliers de blessés, ainsi que de nombreuses destructions graves. Nous prions pour les victimes et leurs familles; et nous prions pour le Liban, afin qu’avec l’engagement de toutes ses composantes sociales, politiques et religieuses, il puisse faire face à ce moment tragique et douloureux et, avec l’aide de la communauté internationale, surmonter la grave crise qu’il traverse», a déclaré le pape François. (cath.ch/be)
(*)  Le Père Samih Raad
Prêtre du diocèse de Metz en France d’origine grec-catholique melkite, est aussi curé de Hombourg-Haut, une paroisse de l’agglomération de Forbach, dans le département de la Moselle. Samih Raad est né le 5 mars 1968 dans une famille de six enfants – deux frères et quatre sœurs – à Kfarnabrakh, qui signifie, en assyrien, «terre bénie pour sa richesse agricole et ses sources d’eau». C’est un village mixte chrétien-druze du district du Chouf. Une bourgade située à 1000 m d’altitude, dans le sud du Mont-Liban, qui fut durement touchée lors de la « guerre de la Montagne » (Harb al-jabal) de 1982-1983.  

Jacques Berset

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 06:38
Un manifestant devant le mémorial de Lincoln, le 6 juin 2020 / AFP

Un manifestant devant le mémorial de Lincoln, le 6 juin 2020 / AFP

«Retirez votre genou de notre cou!» Des milliers de manifestants convergaient samedi vers le centre de Washington pour protester contre le racisme et les brutalités policières lors d'une journée marquée par une nouvelle cérémonie à la mémoire de George Floyd.

Sous un soleil de plomb, la foule commençait à se masser dans la capitale fédérale américaine, dans les rues menant à la Maison Blanche mais aussi aux abords du mémorial de Lincoln.

C'est devant cet imposant monument que le pasteur d'Atlanta Martin Luther King avait, le 28 août 1963, face à près de 250.000 personnes, lancé «I have a dream» dans un discours devenu une référence de la lutte des droits civiques.

«Nous sommes de retour ici, avec un nouveau message d'espoir», confie à l'AFP Deniece Laurent-Mantey, Afro-Américaine de 31 ans.

Plus d'une dizaine de collectifs, nombre d'entre formés spontanément sur les réseaux sociaux après la mort de George Floyd, dont la mort a ravivé les plaies raciales du pays, ont appelé à envahir les rues de la capitale.

«J'ai l'impression que nous nous sommes battus, battus, battus et que tout d'un coup, tout a éclaté au grand jour» se félicite Patricia Thompson, 55 ans, en référence à toutes les entreprises et organisations américaines qui ont selon elle pris publiquement position «contre le racisme institutionnel» pour la première fois après cette interpellation mortelle.

Une large partie du centre-ville était bouclée, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur l’imposant grillage dressé devant la résidence de Donald Trump ont été accrochées les têtes de George Floyd, Michael Brown, Trayvon Martin, Breonna Taylor, des Afro-Américains tous morts aux mains de la police américaine ces dernières années.

Depuis la Maison Blanche, où il passe le weekend, Donald Trump a poursuivi son intense activité sur Twitter sans évoquer les manifestations.

- Cérémonie en Caroline du Nord -

En face, dans une ambiance très familiale, les manifestants scandent «No Justice, No Peace, No racist Police» (Pas de justice, Pas de paix, Pas de police raciste) et profitent des bouteilles d'eaux glacées distribuées par de nombreuses associations, sous une chaleur accablante.

Des dizaines de milliers de personnes sont attendues au cours de la journée, qui devrait être la plus grosse mobilisation depuis le début du mouvement dans la capitale, il y a 9 jours.

Les manifestants se rassemblaient aussi dans de nombreuses villes américaines, notamment à New York, Philadelphie, ou Minneapolis, où George Floyd est mort et où ont débuté les émeutes.

Entraîné par une mobilisation massive sur les réseaux sociaux, le mouvement a fait tâche d'huile jusqu'à Londres, Pretoria, Paris et même Sydney, où au moins 20.000 personnes ont manifesté samedi.

Après une première cérémonie émouvante à Minneapolis jeudi, un deuxième hommage sera rendu samedi à cet Afro-Américain de 46 ans asphyxié par un policier blanc lors d'une interpellation le 25 mai dans cette ville du nord du pays. La nouvelle cérémonie aura lieu à Raeford, dans son Etat natal de Caroline du Nord.

Les nouveaux exemples de violences policières, notamment lors de la répression de ces protestations parfois violentes, nourrissent la colère à l'origine des manifestations qui secouent les Etats-Unis depuis la mort de George Floyd.

Plusieurs vidéos montrant des interventions policières musclées face à des manifestants pacifiques ont émergé ces derniers jours.

En prévision des nouvelles manifestations, le chef de la police de Seattle a annoncé l'interdiction du recours au gaz lacrymogène pour trente jours.

La police de Minneapolis a aussi annoncé vendredi qu'elle interdisait dorénavant les «prises d'étranglement», technique dangereuse notamment utilisée en 2014 à New York sur Eric Garner, autre homme noir décédé aux mains de la police dont les cris «Je ne peux pas respirer» ont également été prononcés par George Floyd lors de sa mort.

Mais les marches vont désormais au-delà de ce seul cas, pour dénoncer un racisme systémique et réclamer un véritable changement.

Elles sont ces derniers jours restées pacifiques et plusieurs villes, dont Washington, Seattle et Los Angeles, ont désormais levé leur couvre-feu. Mais pas New York, où il est maintenu jusqu'à dimanche soir.

AFP

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 07:09
Des bénéficiaires d'une vaste distribution d'aide alimentaire au Sénégal chargent leurs rations sur une carriole dans un faubourg de Dakar au lancement de l'opération le 28 avril 2020 / AFP

Des bénéficiaires d'une vaste distribution d'aide alimentaire au Sénégal chargent leurs rations sur une carriole dans un faubourg de Dakar au lancement de l'opération le 28 avril 2020 / AFP

Dans un faubourg de Dakar, un homme pose un lourd sac de riz sur une charrette tirée par un âne. C'est l'un des premiers bénéficiaires d'une vaste distribution d'aide alimentaire lancée mardi pour aider les familles sénégalaises à affronter les conséquences de l'épidémie de Covid-19.

Pour tenter d'endiguer la transmission du nouveau coronavirus, les autorités ont instauré un couvre-feu nocturne, fermé les frontières, interdit la circulation entre les régions ou encore fermé les hôtels et restaurants.

Depuis plus d'un mois, des secteurs clé comme la pêche ou le tourisme tournent au ralenti ou sont à l'arrêt, privant subitement de revenus d'innombrables travailleurs du secteur informel, qui vivent souvent au jour le jour.

Pour atténuer le choc subi par les populations les plus précaires, le gouvernement a promis d'effacer certains factures d'eau et d'électricité et lancé un plan de distribution d'aide alimentaire.

Ces derniers jours, des camions ont commencé à acheminer les vivres, notamment à Guinaw-Rails, à une vingtaine de kilomètres du centre de Dakar.

Entreposés dans l'arrière-cour d'un centre culturel, ces produits de première nécessité ont été répartis en lots individuels, composés de 100 kg de riz, 10 kg de savon, de sucre, d'huile et de pâtes alimentaires, d'une valeur de 66.000 francs CFA (100 euros).

Mardi, en présence des autorités, les premiers bénéficiaires sont venus retirer leurs colis. Seule une soixantaine d'entre eux avait reçu une invitation, sur quelque 3.200 familles concernées dans ce quartier populaire de la ville de Pikine, coincé entre une bretelle d'autoroute et une voie de chemin de fer désaffectée.

«Nous allons procéder par lot de 30 ménages, pour éviter les rassemblements. Chaque ménage est convoqué à une heure précise», a expliqué sur place à l'AFP une responsable du ministère du Développement communautaire.

Dotée d'un budget de 69 milliards de francs CFA (105 millions d'euros), l'opération doit mobiliser quelque 888 camions, dont 35 de l'armée, pour convoyer ces vivres jusqu'aux régions éloignées.

Elle s'ajoute à des distributions à plus petite échelle organisées par des entreprises privées, des associations religieuses et des autorités locales.

Un million de ménages, soit de 8 à 10 millions de personnes sur 16 millions d'habitants, devraient recevoir cette aide gouvernementale en nature dans les prochains jours.

- Transmissions «communautaires» -

A Guinaw-Rails, Ami Sakho, une commerçante de 37 ans, était parmi les premières à attendre son colis. Vendeuse de poisson, elle a cessé de travailler depuis l'arrivée de la maladie.

«J'ai huit enfants avec mon mari, qui est polygame mais ne travaille pas. Je ne peux plus sortir à cause de cette maladie», dit-elle.

Elle se réjouit que «cette aide aille aux populations concernées, pour aider les pauvres», alors que de nombreux Sénégalais disaient craindre des détournements.

Diarra Ndiaye, la quarantaine, travaille dans une école, fermée comme toutes celles du pays.

«Cette aide va nous soulager. Mon mari est menuisier mais maintenant, il arrête le travail plus tôt», pour respecter le couvre-feu, qui débute à 20H00. «Nous n'avons pas de salaire. J'ai six enfants avec mon mari, qui a deux épouses», dit-elle.

Le ministre du Développement communautaire, Mansour Faye, a assuré lors d'une courte cérémonie que toute l'opération, qui doit durer une dizaine de jours, se déroulerait «dans les règles de l'art». «Nous avons fait un choix judicieux des ménages», a-t-il dit.

«C'est une opération d'une très grande envergure, d'une complexité importante. Je souhaite qu'on continue à veiller sur le respect des gestes barrière, en respectant la distanciation sociale», a affirmé le ministre.

Le Sénégal compte officiellement 823 cas de Covid-19, dont neuf décès. Des chiffres qui restent largement inférieurs à ceux enregistrés en Europe ou aux Etats-Unis, mais les autorités s'inquiètent de la progression des cas dits «communautaires», c'est-à-dire sans lien établi avec des cas déjà connus.

Un cas «communautaire» testé positif lundi a ainsi à lui seul contaminé 25 personnes, a indiqué mardi le ministère de la Santé.

Les commerçants, dont certains bravent l'interdiction de circuler pour acheminer leurs produits, notamment vers Dakar, sont particulièrement exposés. Ils sont aussi des vecteurs de transmission privilégiés.

En ce début de ramadan, les Sénégalais se sont également rassemblés sur les marchés ou ont fait la queue devant les boulangeries pour préparer la rupture du jeûne, sans toujours porter de masque, pourtant obligatoire.

 AFP

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 09:47
Israël impatient d'annexer la Cisjordanie

L'accord de gouvernement Netanyahu-Gantz envisage de lancer le processus d'annexion d'un tiers de la Cisjordanie le 1er juillet prochain. Washington a quasiment accordé son feu vert à ce projet. La France et l'Union européenne haussent le ton contre Israël mais sans savoir, encore, comment réagir.

Tout semble s'accélérer au Proche-Orient. Lundi soir le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu et son ex-grand rival électoral, l'ancien chef d'état-major de l'armée israélienne Benny Gantz se sont entendu pour siéger ensemble dans un "gouvernement d'urgence" de lutte contre le coronavirus. Mais outre l'épidémie et ses conséquences, leur accord fixe une seconde priorité avec l'annexion d'une partie de la Cisjordanie. Israël pourra ainsi lancer ce processus que Netanyahu qualifie "d'exercice de souveraineté" dès le 1er juillet prochain en coordination avec les Etats-Unis.

Une décision qui revient à Israël.

Tout est parti du "plan de paix" pour la région révélé par Donald Trump le 28 janvier dernier. Il prévoit qu'Israël annexe la vallée du Jourdain et les colonies juives situées en Cisjordanie, soit 30 % de ce territoire occupé depuis 1967. Mercredi soir, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a déclaré que "les Israéliens prendront ces décisions en dernier ressort, c'est une décision qui revient à Israël". Ce feu quasi vert de Washington a réveillé les diplomaties palestinienne et européennes. 

Ainsi, Mahmoud Abbas a-t-il réagi mardi à ce calendrier. Le président palestinien affirme avoir "prévenu les différentes parties, y compris les gouvernements américain et israélien. Nous ne resterons pas les bras ballants si Israël annonce l'annexion d'une quelconque partie de notre terre. Nous considérerons alors que les accords conclus entre nous et ces deux pays sont nuls et non avenus." Ce n'est pas la première fois que Mahmoud Abbas envisage de rompre les accords sécuritaires et économiques conclus avec Israël dans le cadre du processus de paix initié à Oslo. À de multiples reprises, il a brandi cette menace sans jamais passer à l'acte. 

L'Europe engagée mais pas unie

En revanche, les réactions française et européenne ont été plus tranchantes que lors de la présentation du "plan Trump". Mardi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'est entretenu au téléphone avec son homologue palestinien. Quarante-huit heures après le représentant français aux Nations unies a fait part devant le Conseil de sécurité de "la grave préoccupation de la France concernant la menace d’annexion (...) de certaines parties de la Cisjordanie, y compris la vallée du Jourdain et les colonies. Cela constituerait une violation flagrante du droit international (...) De telles mesures, si elles étaient mises en œuvre, ne resteraient pas sans réaction et seraient prises en compte dans nos relations avec Israël. " Un diplomate familier du Proche-Orient nous confie que la France a haussé le ton à cause de cette "accélération du calendrier et de cette échéance brève, désormais, au 1er juillet. On se doit de tenir un langage ferme. L'Autorité palestinienne est dans une grande inquiétude et sa priorité est de mobiliser la communauté diplomatique. C'est la priorité pour la Paix. Les Palestiniens sont inquiets à raison !" 

L'annexion de la vallée du Jourdain à partir du 1er juillet, c'est branle-bas dans le corona !

Mais quelles réactions ? Truculent, un ponte du Quai d'Orsay estime que "l'annexion de la vallée du Jourdain à partir du 1er juillet, c'est branle-bas dans le corona ! Donc, on rappelle la position traditionnelle de la France et l'on retrousse les babines en parlant des réactions. Sauf que rien n'est prévu à ce stade. Je rappelle que le Conseil de sécurité n'est pas créateur de droit, contrairement à l'Assemblée Générale, mais créateur de conséquences. Quand vous parlez au Conseil de sécurité, vous devez être opérationnel et donc vous devez dire scrogneugneu. Il sera temps de voir quelles réactions." Au ministère des Affaires étrangères, on confirme qu'il est trop tôt pour parler de ces "réactions" mais qu'il est déjà inenvisageable de remettre en cause la coopération sécuritaire et les échanges culturels avec Israël...  

En revanche, on convient que Paris doit enclencher "une dynamique européenne" sur la question, la France étant – depuis le Brexit – le seul pays de l'Union européenne membre permanent du conseil de sécurité. Mais cette "dynamique" est loin d'être acquise. L'Allemagne est sur la même ligne que la France et le haut représentant pour la politique extérieure de l'UE, Josep Borell, rappelle que "l'Union ne reconnaît pas la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie occupée". Mais le ministre israélien des Affaires étrangères Yisrael Katz doute de l'unité européenne sur cette déclaration : "Elle n'a pas reçu le soutien de tous les pays membres de l'UE. Nous nous demandons bien quelle politique ce monsieur distingué est censé représenter. Je remercie nos amis qui se sont opposés aux propos de M. Borell". Sans les citer, il fait allusion aux dirigeants polonais, hongrois, tchèques, slovaques ou encore autrichiens très proches politiquement de Benjamin Netanyahu, qui dispose avec eux de solides alliés en Europe.

Des critiques en Israël

Finalement, c'est peut-être dans les milieux sécuritaires israéliens que Netanyahu et Gantz rencontreront le plus d'oppositions. Plusieurs experts (généraux à la retraite, ancien directeur du Mossad) considèrent dans une tribune que l'annexion constitue une menace pour la sécurité nationale d'Israël. Elle remettrait en cause les traités de paix avec l'Égypte (intermédiaire incontournable dans le dialogue avec le Hamas à Gaza et partenaire dans la lutte contre Daech dans le nord Sinaï) et surtout la Jordanie. Avec une communauté palestinienne très nombreuse, le royaume pourrait connaître des troubles en cas d'annexion israélienne de l'autre côté du fleuve Jourdain. Des troubles pourraient être fâcheux pour Israël car la Jordanie lui offre une profondeur stratégique en direction de la Syrie, l'Irak et surtout l'Iran. Toujours selon les signataires de ce texte, face à une colère populaire attisée par la baisse des prix du pétrole, les pays arabes du golfe favorables à Israël, notamment l'Arabie saoudite, pourraient eux aussi hausser le ton. Enfin, un effondrement de l'Autorité Palestinienne, qui collabore avec Israël dans la lutte contre le terrorisme, ne serait pas à exclure.

Au contraire, l'ancien conseiller à la sécurité nationale et général à la retraite Jacob Nagel ne s'attend pas à de fortes oppositions sur le terrain : "Je pense qu'il ne se passera pas grand chose. Souvenez-vous des gens qui nous menaçaient de réactions terribles quand le déménagement de l'ambassade américaine à Jérusalem a été annoncé : le Moyen-Orient va flamber ! Donc il y aura des cris d'orfraie et puis ça passera. Je ne pense pas que cette décision soit un si gros problème. C'est totalement politique et rien d'autre."

La communauté internationale ne doit plus se taire.

Yair Lapid, le chef de file centriste de l'opposition (ancien allié de Benny Gantz au sein du mouvement Bleu Blanc) entrevoit le scénario catastrophe : "Il y aura une annexion unilatérale. Cela anéantira le traité de paix avec la Jordanie et provoquera des dommages irréparables avec le Parti démocrate et une majorité des Juifs américains." Pour Amit Gilutz, porte-parole de l'ONG israélienne B'TSelem, qui milite pour une solution à deux États équilibrée, "l'annexion de facto et l'apartheid n'ont pas attendu le 1er juillet. Ils sont déjà là de longue date. Mais au moins, Jérusalem et Washington ont cessé de mentir à propos de leurs intentions et de leurs actions. La communauté internationale ne doit plus se taire". Si tant est qu'elle existe, la "communauté internationale" entrouvre les lèvres. Hormis les États-Unis, personne ne pourra empêcher Israël d'annexer la Cisjordanie le 1er juillet a fortiori si Donald Trump, fragilisé par l'épidémie de coronavirus et ses terribles conséquences économiques, n'était pas réélu en novembre prochain. Voilà pourquoi le compte à rebours pour l'annexion est enclenché.

Frédéric Métézeau

 

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 22:03
Une rue d'Uvira, dans la province du Sud Kivu, sous les eaux, le 21 avril 2020.

Une rue d'Uvira, dans la province du Sud Kivu, sous les eaux, le 21 avril 2020.

Au moins 46 personnes sont mortes dans les récentes inondations à Uvira, dans l'est de la République démocratique du Congo, où de nombreux autres habitants sont portés disparus ou ont été blessés. L’évêque du diocèse d’Uvira, Sébastien Muyengo, nous fait part de ses inquiétudes.

Dans le Sud Kivu, la ville d'Uvira, enclavée entre le lac Tanganyika et une chaîne de montagnes, est désormais coupée du monde, après des pluies torrentielles tombées entre le 16 et le 18 avril. Dans la région, près de 80 000 personnes sont touchées. «Beaucoup de gens ont perdu leur maison, les ponts ont été emportés», détaille l'évêque d'Uvira, Mgr Sébastien Muyengo, qui s’inquiète des conséquences de manque d’eau potable, et redoute l’arrivée du choléra et de la fièvre typhoïde.

Les familles, dévastées, risquent également de souffrir de la faim, explique l’homme d'Église, car les cultures sont ruinées ou devenues inaccessibles. Proche de la frontière avec le Burundi, de nombreux habitants d’Uvira se rendaient à Bujumbura, la capitale burundaise, pour se soigner ou acheter des médicaments. Un déplacement devenu aujourd’hui doublement impossible: les routes sont coupées à la suite des inondations, et la frontière est fermée à cause de la pandémie de Covid-19. 

Nombreux sont ceux qui ont trouvé abris dans les églises et le diocèse se mobilise pour aider la population, explique l’évêque d’Uvira, inquiet, qui ajoute que «nous sommes coupés de partout». 

Des Casques bleus pakistanais en poste à Uvira ont participé à des opérations de sauvetage, a indiqué sur Twitter la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), avec des photos et des vidéos montrant d'impressionnants flots d'eau boueuse. Le gouvernement central de Kinshasa a envoyé sur place une forte délégation, ce qui a provoqué des réticences de la part des représentants de la société civile qui s'inquiètent de la propagation du Covid-19.

Le prix Nobel de la paix 2018, le gynécologue Denis Mukwege, a adressé un message de condoléances aux habitants d'Uvira, depuis Bukavu où se trouve sa clinique de Panzi.

Entretien réalisé par Giada Aquilino - Cité du Vatican 

 

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 18:34
Des sacs de nourriture distribués aux habitants d'Agbelekale à Lagos le 1er avril 2020 / AFP

Des sacs de nourriture distribués aux habitants d'Agbelekale à Lagos le 1er avril 2020 / AFP

Les portes du camion s'ouvrent, la foule se masse, se bouscule, et les cris de joie fusent en apercevant les centaines de sacs d'aide alimentaire à l'intérieur. Les habitants d'Alimosho, quartier pauvre et surpeuplé de Lagos, mégapole tentaculaire du Nigeria, n'en croient pas leurs yeux: «pour une fois qu'on pense à nous!»

Mais l'euphorie sera de courte durée. Leur espoir douché sur la piste en terre cabossée aux égouts débordant d'un liquide noir qui dégage une odeur putride. On comprend que de nourriture, il n'y aura pas pour tout le monde. Et les louanges se transforment vite en insultes.

«Menteurs! Voleurs!», hurlent des femmes avec des enfants accrochés dans le dos ou à leurs jambes, sous une chaleur accablante.

Autour de la foule, s'alignent des échoppes rafistolées avec des tôles de fer aux allures de bidonville, toutes fermées depuis que le coronavirus est apparu et que la vie s'est arrêtée dans la plus grande ville d'Afrique subsaharienne.

Lagos, moteur économique de toute l'Afrique de l'Ouest, est placée en confinement total pour 14 jours depuis mardi. L'annonce, par le président Muhammadu Buhari, est tombée comme un coup de massue dans cette ville en perpétuelle effervescence, temple de la débrouillardise.

Seuls continuent les approvisionnements des magasins en nourriture, en pétrole et en électricité, mais encore faut-il avoir quelques économies pour pouvoir s'offrir l'essentiel.

Le gouvernement fédéral a promis de verser immédiatement deux mois d'avance aux bénéficiaires habituels de l'aide sociale (5.000 nairas par mois, environ 25 dollars), mais pour les autres, il s'en remet à la solidarité des États et des communautés locales.

L’État de Lagos a prévu des colis alimentaires d'urgence ciblant les 200.000 foyers les plus vulnérables, soit environ 1,2 million de personnes. Priorité aux vieux, aux handicapés, aux femmes seules.

Un geste rare d'aide sociale, mais qui représente une goutte d'eau dans un océan de misère. Vingt millions de personnes vivent dans la mégapole nigériane, dont une grande majorité en dessous du seuil de l'extrême pauvreté, avec moins de deux dollars par jour.

Comme le rappelle ce matin-là à l'AFP Gbolahan Lawal, le ministre de l'Agriculture de Lagos, «plus de 60% des gens sont dans le secteur informel et gagnent un salaire journalier».

Alors à Alimosho, quartier qui compte à lui seul un à trois millions d'habitants, la faim et l'argent sont déjà un problème alors que le confinement vient à peine de commencer.

- «Ils nous provoquent» -

Sous les yeux médusés des habitants, seuls 50 sacs sont finalement déchargés - contenant chacun 5 kg de riz, 5 kg de farine de manioc, 3 kg de haricots et 2 miches de pain, censés permettre de tenir deux semaines.

Pour éviter une émeute, les autorités les ont livrés d'abord chez le chef traditionnel local, le baale, qui aura la tâche ingrate de sélectionner les quelques bénéficiaires.

Devant sa cour, la colère monte sur les visages fermés et ils sont désormais des centaines, peut-être plus, à secouer les grilles, menaçant de rompre les chaînes qui tiennent les battants.

«Ils veulent qu'on s'entretuent ou quoi? C'est très risqué de venir donner 50 sacs de nourriture comme ça. Evidemment on n'aura rien, comme d'habitude ils vont nous laisser crever de faim», s'emporte Abiola Okudukun, une jeune coiffeuse qui a cinq enfants à nourrir.

«Ils nous provoquent, si c'est comme ça, on va retourner au travail dès demain, vous croyez quoi», la coupe en vociférant Akandi Kausara, une quinquagénaire potelée qui vend de petites portions de gari bouilli (semoule de manioc) avec des sachets de «pure water» (eau filtrée).

Les agents de l'Etat sont dépassés, la peur se lit sur leurs visages, mais que peuvent-ils faire de plus? Ils referment à la hâte les portes du camion, se frayent un chemin jusqu'à leurs voitures et repartent en trombe continuer leur tournée.

La veille, un autre incident a déjà failli tourner au bain de sang dans le quartier voisin d'Agege, réputé violent, où une «task force» de la police de Lagos tentait de faire respecter le confinement, entre les terrains de foot improvisés au milieu de la route et les bars remplis à craquer.

 

Après avoir chassé une soixantaine de prostituées et leurs clients d'une maison close, alors que la nuit tombait, la patrouille s'en est pris à la mosquée centrale où priaient des centaines de fidèles, en totale contravention avec l'interdiction des rassemblements de plus de 20 personnes.

En quelques minutes, des milliers de jeunes dont certaines armés de couteaux sont sortis des ruelles en terre adjacentes, la rumeur a grondé, et la tension culminé avec des jets de tessons de bouteilles sur les voitures de police, qui ont là encore réussi à s'extirper in extremis de la foule compacte.

«La frustration et la colère sont là», murmure à l'AFP un policier, qui avoue avoir «eu chaud». «A la moindre étincelle, cela peut exploser. Alors imaginez dans quelques jours, quand ils auront vraiment faim».

AFP

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 09:35

Exhortation apostolique post-synodale Querida Amazonia du Saint-Père au peuple de Dieu et à toutes les personnes de bonne volonté le mercredi 12 février 2020.

L’Amazonie bien-aimée se présente au monde dans toute sa splendeur, son drame et son mystère. Dieu nous a fait la grâce de l’avoir tenue spécialement présente au cours du Synode qui s’est déroulé à Rome du 6 au 27 octobre, et qui s’est achevé par un texte ayant pour titre Amazonie : nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale.

Le sens de cette Exhortation

2. J’ai écouté les interventions pendant le Synode et j’ai lu avec intérêt les contributions des cercles mineurs. Dans cette Exhortation, je souhaite exprimer les résonances qu’a provoquées en moi ce parcours de dialogue et de discernement. Je ne développerai pas toutes les questions abondamment exposées dans le Document de conclusion. Je ne prétends pas le remplacer ni le répéter. Je désire seulement fournir un bref cadre de réflexions qui incarne, dans la réalité amazonienne, une synthèse de certaines grandes préoccupations que j’ai exprimées dans mes documents antérieurs, et qui aide et oriente vers une réception harmonieuse, créative et fructueuse de tout le chemin synodal.

3. En même temps, je veux présenter officiellement ce Document qui nous expose les conclusions du Synode auquel ont collaboré de nombreuses personnes qui connaissent, mieux que moi et que la Curie romaine, la problématique de l’Amazonie, parce qu’elles y vivent, elles y souffrent et elles l’aiment avec passion. J’ai préféré ne pas citer ce Document dans cette Exhortation parce que j’invite à le lire intégralement.

4. Dieu veuille que toute l’Église se laisse enrichir et interpeller par ce travail ; que les pasteurs, les personnes consacrées et les fidèles laïcs de l’Amazonie s’engagent pour son application et qu’il puisse inspirer, d’une manière ou d’une autre, toutes les personnes de bonne volonté.

Rêves pour l’Amazonie

5. L’Amazonie est une totalité plurinationale interconnectée, un grand biome partagé par neuf pays : le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l’Équateur, la Guyane, le Pérou, le Surinam, le Venezuela et la Guyane Française. Cependant, j’adresse cette Exhortation à tous. Je le fais, d’une part en vue d’aider à réveiller l’affection et la préoccupation pour cette terre qui est aussi la « nôtre » et vous inviter à l’admirer et à la reconnaître comme un mystère sacré. D’autre part, parce que l’attention de l’Église aux problématiques de ce lieu nous oblige à reprendre brièvement certains thèmes que nous ne devrions pas oublier et qui peuvent inspirer d’autres régions du monde face à leurs propres défis.

6. Tout ce que l’Église offre doit s’incarner de manière originale dans chaque lieu du monde, de sorte que l’Épouse du Christ acquière des visages multiformes qui manifestent mieux l’inépuisable richesse de la grâce. La prédication doit s’incarner, la spiritualité doit s’incarner, les structures de l’Église doivent s’incarner. Voilà pourquoi je me permets humblement, dans cette brève Exhortation, d’exprimer quatre grands rêves que l’Amazonie m’inspire.

7. Je rêve d’une Amazonie qui lutte pour les droits des plus pauvres, des peuples autochtones, des derniers, où leur voix soit écoutée et leur dignité soit promue. Je rêve d’une Amazonie qui préserve cette richesse culturelle qui la distingue, où la beauté humaine brille de diverses manières.

Je rêve d’une Amazonie qui préserve jalousement l’irrésistible beauté naturelle qui la décore, la vie débordante qui remplit ses fleuves et ses forêts. Je rêve de communautés chrétiennes capables de se donner et de s’incarner en Amazonie, au point de donner à l’Église de nouveaux visages aux traits amazoniens.

 

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 20:55
Le chef de l’État a choisi de commencer sa journée par une visite de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF).

Le chef de l’État a choisi de commencer sa journée par une visite de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF).

Le président de la République a choisi d’entamer le deuxième jour de sa visite en Israël et dans les Territoires palestiniens par une visite de l’École biblique et archéologique de Jérusalem, qui fête cette année son centième anniversaire. Il a salué le travail de ses chercheurs, soulignant que « l’on n’est jamais vraiment libre sans l’expérience de l’altérité ».

Décidément, Emmanuel Macron a pris quelques libertés avec le programme officiel de sa visite en Israël et dans les territoires palestiniens. Le « déjeuner avec des représentants des communautés chrétiennes » prévu mercredi 22 janvier à Sainte-Anne, la maison des Pères blancs à Jérusalem, a été écourté et remplacé par une visite de la Vieille ville et de ses principaux lieux saints : la basilique du Saint-Sépulcre, l’esplanade des mosquées et le Kotel, le mur occidental de l’ancien temple de Jérusalem.

Mais le lendemain, le chef de l’État a choisi de commencer sa journée par une visite de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF), magnifique domaine situé à deux pas de la Vieille ville – de l’autre côté de la porte de Damas – tenu par les Frères prêcheurs (dominicains) et qui fête cette année le 100e anniversaire de sa reconnaissance comme « École archéologique française ».

« L’impression qu’il avait tout son temps »

Accompagné de son conseiller diplomatique, Emmanuel Bonne, de Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, et de Charles Personnaz, auteur d’un rapport sur le patrimoine chrétien et les écoles francophones au Moyen-Orient, qui faisaient également partie de sa délégation, le président de la République est resté « une heure et demie », rapporte le fr. Jean-Jacques Pérennès, le directeur de l’EBAF. « Il était très à l’écoute : nous avions le sentiment qu’il avait tout son temps ».

Certains des responsables religieux, qui n’avaient pas pu le rencontrer la veille, étaient également présents : ceux de la Maison d’Abraham, maison d’accueil tenue par le Secours catholique, les frères bénédictins du monastère d’Abou Gosh, les frères de La Salle, qui tiennent le Collège des Frères à Jérusalem-Est, les sœurs de la Sainte-Croix de Jérusalem, etc.

Les dominicains ont retracé l’histoire de leur école, fondée en 1890 par le père Marie-Joseph Lagrange au sein du couvent de Saint-Étienne. D’abord dédiée à l’étude de la Bible « dans le contexte physique et culturel où elle a été écrite », elle a changé de nom après que, le 20 octobre 1920, l’Académie des inscriptions et belles-lettres l’a reconnue comme « l’École archéologique française de Jérusalem » en raison de la qualité de ses réalisations dans ce domaine.

Transmettre un peu de l’humanisme français

Elle est alors devenue École biblique et archéologique française, à la fois fondation dominicaine et institution scientifique sur le modèle de l’École française d’Athènes, de Rome ou d’Extrême-Orient.

« Chacun des participants a pu montrer comment nos écoles et établissements culturels transmettent un peu de l’humanisme français et contribuent concrètement au vivre-ensemble, à la réconciliation et à la reconnaissance de l’autre en Israël et dans les Territoires », raconte le frère Jean-Jacques Pérennès. La veille, le président de la République avait annoncé le lancement d’un « nouveau fonds » destiné au financement des écoles chrétiennes au Moyen-Orient.

Avant de partir, le chef de l’État a tenu à visiter la bibliothèque, utilisée par les étudiants en sciences bibliques ou désireux de se spécialiser en archéologie, en histoire et géographie du Proche-Orient. Les dominicains lui ont également montré leur grand projet du moment : la « Bible en ses traditions », un site Internet collaboratif qui permet, en cliquant sur un passage du texte biblique, de découvrir nombre d’éclairages sur les milieux qui l’ont vu naître, les auteurs, les premiers destinataires comme sur les effets de sa réception dans la théologie, la littérature, les arts…

France et Israël : « Les relations se fondent sur des malentendus »

« Le président de la République nous a tous fortement encouragés, reconnaissant que le contexte était difficile », note Jean-Jacques Pérennès. « En conclusion, il a eu cette phrase : ’on n’est jamais vraiment libre sans l’expérience de l’altérité’ ».

Depuis un accord passé entre François Ier et Soliman le Magnifique, la France conserve un rôle de protectrice des communautés et établissements catholiques d’origine française en Terre Sainte. Aujourd’hui encore, une quarantaine de congrégations – et environ 130 établissements éducatifs, de santé ou d’accueil – sont définies comme étant « sous protection française ».

Anne-Bénédicte Hoffner

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 08:18
Des véhicules fuient les combats le 4 février 2020 dans le nord de la province d'Idleb (nord-ouest de la Syrie), cible d'une offensive du régime / AFP

Des véhicules fuient les combats le 4 février 2020 dans le nord de la province d'Idleb (nord-ouest de la Syrie), cible d'une offensive du régime / AFP

Un demi-million de personnes ont été déplacées en deux mois de violences dans le nord-ouest de la Syrie, où le régime mène avec le soutien de Moscou une offensive dans la région d'Idleb pour reconquérir l'ultime grand bastion dominé par jihadistes et rebelles.

L'offensive du régime a aussi provoqué une montée des tensions entre Damas et Ankara, qui soutient des rebelles et dispose de troupes dans cette région frontalière de la Turquie, au lendemain de combats meurtriers inédits entre soldats des deux pays.

Depuis décembre, la province d'Idleb et ses environs sont quasi quotidiennement la cible de frappes du régime de Bachar al-Assad qui avance dans la région grâce notamment au soutien de l'aviation russe

Quelque 520.000 personnes ont été poussées à la fuite depuis début décembre, une des plus grandes vagues d'exode dans le pays en guerre, a indiqué l'ONU mardi.

Le conflit en Syrie, qui a fait plus de 380.000 morts depuis 2011, a aussi jeté sur la route de l'exil plus de la moitié de la population d'avant-guerre --plus de 20 millions d'habitants.

Les civils fuyant les violences à Idleb trouvent refuge dans des zones relativement épargnées plus au nord, souvent près de la frontière avec la Turquie, qui accueille déjà plus de trois millions de réfugiés syriens.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays craint un nouvel afflux de réfugiés syriens, a prévenu qu'il ne permettrait pas au régime syrien de «gagner du terrain» dans la région.

Il a en outre prévenu qu'Ankara riposterait «de la plus ferme des manières» si ses troupes sont prises pour cible, lors d'un entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des tirs d'artillerie du régime syrien ont fait huit morts côté turc. Ankara a répondu en bombardant des positions syriennes, tuant au moins 13 personnes.

A Damas, le commandement des forces armées a qualifié d'«agression flagrante» la présence de forces turques en Syrie, et prévenu que l'armée se tenait prête «pour une riposte immédiate à toute agression» turque contre les troupes syriennes dans la région, selon l'agence officielle syrienne Sana.

- «Autodéfense justifiée» -

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a affirmé mardi que Washington soutenait «pleinement» la riposte de la Turquie aux tirs du régime syrien, estimant qu'il s'agissait d'«autodéfense justifiée».

Même si elles soutiennent des camps opposés en Syrie, la Turquie et la Russie ont renforcé depuis 2016 leur coopération sur ce dossier. Mais Ankara accuse Moscou de ne pas faire suffisamment pression sur Damas pour qu'il stoppe son offensive à Idleb.

Mardi, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a dit craindre «une escalade» susceptible de mener à «une situation totalement hors de contrôle» et réclamé un «arrêt des hostilités» entre Ankara et Damas.

 

Les violences ont provoqué un exode massif dans la région, où un correspondant de l'AFP à Hazano, dans le nord d'Idleb, a vu défiler mardi des camions, des tracteurs tirant des remorques, des minibus, avançant pare-choc contre pare-choc, transportant des déplacés.

Les déplacés emportent avec eux matelas en mousse, couvertures, chaises en plastique, bonbonnes de gaz, moutons, des portes démontées et des armoires.

- «Crimes de guerre»? -

En une semaine, Mohamed Bahjat et sa famille ont été déplacés trois fois, fuyant les combats près de la ville de Saraqeb.

«On ne sait pas où on va», confie ce père de trois enfants. «On est parti sous les bombardements», lâche l'homme de 34 ans, qui voyage avec ses parents et son frère.

Un autre correspondant de l'AFP a vu des déplacés démonter leurs tentes près de Binnich, emportant dans des camionnettes leurs maigres effets et parfois leurs poules.

La majorité des déplacés fuient le sud d'Idleb pour se rendre dans «des zones urbaines et des camps de déplacés» du nord-ouest de la province ou dans des territoires du nord de la région voisine d'Alep, selon l'ONU.

L'offensive du régime a coûté la vie à 294 civils dont 83 enfants depuis mi-décembre, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Et la Commission d'enquête indépendante et internationale (COI) sur la Syrie a fait état «d'attaques contre les infrastructures civiles --dont des écoles, des marchés et des installations médicales».

«Le ciblage délibéré et systématique des hôpitaux suit un schéma déjà documenté par la Commission et pourrait constituer des crimes de guerre», martèle la COI, créée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

Plus de la moitié de la province d'Idleb et certaines zones des régions voisines d'Alep, Hama et Lattaquié, sont dominées par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda). Des groupes rebelles y sont également présents.

Le front d'Idleb représente la dernière grande bataille stratégique pour le régime, qui contrôle désormais plus de 70% du territoire national après avoir multiplié les victoires, avec l'aide cruciale de la Russie, face aux jihadistes et rebelles.

AFP

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25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 20:39
Une lanterne rat à Shanghai à l'occasion du Nouvel An chinois en janvier 2020 - STR-AFP

Une lanterne rat à Shanghai à l'occasion du Nouvel An chinois en janvier 2020 - STR-AFP

Ce samedi, c'est le Nouvel An chinois. Alors que 2019 était l'année du cochon de terre, 2020 sera celle du rat de métal. Ce qui ne serait pas sans conséquence pour les chevaux, lapins et chèvres. 

Après le cochon, le rat. À partir de ce samedi, date du Nouvel An chinois, et jusqu'au 11 février 2021, le rat de métal sera à la fête pour les douze prochains mois.

  • Le Nouvel An lunaire

Le Nouvel An - appelé en Chine "fête du printemps" - ne se produit jamais à la même date d'une année à l'autre. Il a précisément lieu lors de la deuxième nouvelle lune depuis le solstice d'hiver qui est toujours comprise entre le 21 janvier et le 20 février. En 2019, il a été fêté le 5 février. Les festivités durent quinze jours. Cette année, avec les inquiétudes concernant le coronavirus et afin d'éviter une plus forte contagion, Pékin a tout annulé.

  • Un système vieux de 4000 ans

La légende veut que l'Empereur de Jade, ou Bouddha, organisa une course entre les animaux: les douze premiers qui parviendraient à traverser la rivière pour atteindre la rive opposée pourraient donner leur nom à une année. Le rat (qui trahit le chat, ce qui explique qu'il ne figure pas parmi les douze signes) arriva premier après être grimpé sur la tête du buffle et le cochon dernier après avoir bien mangé et fait une sieste. 

L'astrologie chinoise remonterait à l'empereur Huang Di, également appelé Empereur jaune, souverain de la haute Antiquité du troisième millénaire avant notre ère. Personnage historique ou mythologique, il serait à l'origine du calendrier chinois et d'un système de décompte du temps. Les empereurs chinois ont longtemps interdit la pratique de l'astrologie au commun des mortels, par crainte qu'elle ne soit employée à leur encontre, pour en réserver strictement l'usage à la cour impériale.

  • Douze animaux

L'astrologie chinoise compte elle aussi douze signes, exclusivement des animaux: rat, buffle, tigre, lapin, dragon, serpent, cheval, chèvre, singe, coq, chien et cochon. À chacun d'entre eux sont attribués des qualités: le cochon serait généreux, le buffle persévérant et le tigre audacieux. Chaque année étant associée à un animal, l'astrologie chinoise s'étale ainsi sur un cycle de douze ans.

Le rat est le premier animal dans l'astrologie chinoise, symbole d'intelligence, de débrouillardise et d'ambition. Mais aussi de fête, indique à BFMTV.com Badema, astrologue et maîtresse feng shui. "Au troisième jour du Nouvel an, selon la légende et dans la culture chinoise, le rat organise une fête pour marier sa fille. C'est aussi un animal qui représente la richesse, encore plus avec un rat de métal, symbole d'argent."

  • Cinq éléments

En plus des douze animaux, l'astrologie chinoise définit cinq éléments: le bois, le feu, la terre, le métal et l'eau. "Un dragon de bois n'a rien à avoir avec un dragon de métal, c'est un peu comme l'ascendant d'un signe du zodiaque", explique à BFMTV.com l'astrologue Suzanne White, auteure de L'Astrologie chinoise. Chaque élément s'impose pour deux ans, ce qui signifie qu'un même signe avec un même élément ne revient qu'une fois tous les soixante ans. 

  • Que signifie l'année du rat de métal?

Après le cochon de terre en 2019, cette année sera sous le signe du rat de métal. Un signe "protecteur, positif et économe", ajoute Suzanne WhiteLa dernière fois, c'était donc en 1960. "Pour un rat, c'est un nouveau cycle, l'occasion de se projeter pour les douze années à venir, de se décider, d'évoluer, de construire son avenir", poursuit l'astrologue. Mais une année sous le signe du rat de métal a des répercussions sur tous les signes. 

"L'astrologie chinoise ne vous dit pas que, parce que Jupiter passe devant Mercure, il va vous arriver ceci ou cela. C'est bien plus personnel et terre-à-terre. C'est un peu comme du coaching de vie. Elle interroge, vous aide à faire des choix et vous met en garde aussi selon les caractéristiques de votre signe."

  • Une année d'amour pour les lapins, cochons et chèvres?

Si, pour les rats, cette année se profilerait pleine de promesses, elle pourrait au contraire s'avérer périlleuse pour d'autres. "Sur la carte des signes du zodiaque, le cheval est placé en face du rat, remarque Badema. Ce qui signifie pour ce signe qu'il faudra faire attention, prendre moins de risques." Contrairement aux lapins, cochons et chèvres, pour qui cette année s'annoncerait sous ses meilleurs auspices sur le plan de l'amour, pointe la maîtresse feng shui.

Une analyse que ne partage pas Luc Torralba, astrologue et maître feng shui. "Vous dire que l'on entre dans une année de rat de métal, c'est comme si je vous disais qu'on entrait en 2020, c'est très vague", nuance-t-il pour BFMTV.com. Car dans l'astrologie chinoise, ce qui compte, c'est la date de naissance et en aucune manière les planètes, contrairement à l'astrologie occidentale.

"L'année, le mois, le jour et l'heure sont les quatre piliers qui permettent de faire un thème, avec un pilier supplémentaire, celui de la chance que l'on peut comparer au signe de l'année. Mais il m'est impossible de faire des généralités. Un horoscope est forcément individuel."

  • Les signes au quotidien

À une certaine époque, les mariages se faisaient selon la compatibilité des signes. Impossible par exemple d'unir deux personnes nées sous le signe du chien, contrairement à l'union très prometteuse d'un chien et d'un cochon. Mais attention, un chien d'eau et un cochon de feu (l'eau éteint le feu) n'auraient certainement pas fait bon ménage.

De nos jours, l'astrologie est loin d'être anecdotique en Chine. Et il n'est pas rare que, pour faire connaissance, la date de naissance précise soit demandée. Autre fait notable: les années dragon - signe le plus puissant de l'astrologie - connaissent des pics de naissance. Contrairement aux années chèvres, qui voient souvent les femmes se précipiter à la maternité avant cette nouvelle année, craignant qu'elle ne soit synonyme de malchance pour leur enfant.

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