Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 21:35
Le PDG de Pfizer, Albert Bourla, a allumé les bougies de Hanoukka lors d’une cérémonie virtuelle organisée par l’ambassade d’Israël  à Washington, quelques jours seulement après que son entreprise pharmaceutique ait reçu le feu vert final pour à travers les États-Unis son vaccin contre le coronavirus .

Le PDG de Pfizer, Albert Bourla, a allumé les bougies de Hanoukka lors d’une cérémonie virtuelle organisée par l’ambassade d’Israël à Washington, quelques jours seulement après que son entreprise pharmaceutique ait reçu le feu vert final pour à travers les États-Unis son vaccin contre le coronavirus .

Il y plus de 80 ans , en Grèce soixante mille Juifs vivaient paisiblement à Thessalonique. C’était une communauté appréciée et dynamique.
La plupart de ces juifs travaillaient dans le port.
Au point que port de Thessalonique était même fermé le samedi jour du shabbat où la religion interdit de travailler.
De grands rabbins émérites y vivaient également et étudiaient. Tout le monde se côtoyait et s’appréciait.
Mais le 2 Septembre 1939  à la veille du déclenchement de la seconde guerre mondiale C’est sur cette glorieuse communauté que la terreur nazie va brutalement s’élever.
Le 6 Avril 1941  Hitler envahit la Grèce afin de sécuriser son front sud avant de lancer la célèbre opération Barbarossa et sa grande offensive contre la Russie.
Sur les 60 000 Juifs de Thessalonique, environ 50 000 vont être exterminés au camp de concentration de Birkenau en un triste temps record !
Le massacre des Juifs de Grèce fut bref mais intense. Très peu vont avoir la chance de s’en sortir. Mais parmi les survivants, il y avait une famille connue sous le nom de Bourla.
Et à près la guerre, en 1961, un fils est né dans cette famille miraculée des camps. Ses parents l’ont appelé Israël – Abraham. Il a grandi et a étudié la médecine vétérinaire en Grèce. Étudiant brillant, Abraham va décrocher son doctorat en biotechnologie de la reproduction à l’école vétérinaire de l’université Aristote de Salonique.
À l’âge de 34 ans, il décide de partir s’installer aux États-Unis.
Il change son prénom Abraham en Albert et fait la connaissance d’une femme juive nommée Myriam puis l’épouse.
Ensemble ils auront deux enfants.
Aux États-Unis, Albert a été intégré dans l’industrie médicale.
Il progresse très rapidement et rejoint une société pharmaceutique où il devient “Head manager“.

De là, la route est courte pour que le petit Abraham (Albert) gravisse les échelons et obtienne sa nomination au poste de PDG de cette société en 2019.
Tout au long de l’année Albert décide de diriger tous les efforts de l’entreprise pour tenter de trouver un vaccin contre un nouveau virus qui vient de frapper le monde. Il déploie de grands efforts financiers et technologiques pour atteindre son but.
Un an plus tard son travail paye: l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) valide l’autorisation à son entreprise de produire le vaccin tant attendu…
Son vaccin sera distribué dans plusieurs pays dont l’Allemagne, qui dénombre des milliers de morts à cause de la pandémie.

Ironie du sort: ce vaccin qui va sauver la vie de millions de personnes dans le monde -dont de nombreux Allemands- a été dirigé et poussé par un petit Juif de Thessalonique fils de survivants de la Shoah dont la plus grande partie de son peuple a été exterminé par l’Allemagne nazie.

Et c’est pourquoi Israël est devenu le premier pays à recevoir le vaccin. En mémoire  de ses grands-parents et de ses parents qui ont fait naître Israël-Abraham Bourla connu aujourd’hui sous le nom d’Albert Bourla : PDG de Pfizer !

Tribune Juive

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 09:17
Juin 2020, à Dakar, les étudiants passent leurs examens. Ils pourront ensuite demander une bourse pour partir étudier à l’étranger

Juin 2020, à Dakar, les étudiants passent leurs examens. Ils pourront ensuite demander une bourse pour partir étudier à l’étranger

La disparition en janvier de Diary Sow, brillante élève sénégalaise au lycée Louis-le-Grand, à Paris, a mis en lumière la situation fragile des boursiers d’excellence sénégalais inscrits dans des établissements en France.
Une promesse de réussite qui laisse un goût amer pour certains.
Dakar
De notre correspondante
Ousmane se souvient du choc ressenti dès ses débuts en classe préparatoire à Auxerre. « Je n’imaginais pas que la prépa était aussi difficile. Je pensais ne pas avoir le niveau, moi qui n’avais jamais eu de mauvaises notes avant. La quantité de travail était énorme. Tu n’avais plus de vie », raconte l’ancien élève du lycée d’excellence catholique Jean-Paul-II de Kaolack (190 km au sud de Dakar), détenteur de la bourse d’excellence en 2015. Ousmane a mal vécu ces deux ans, durant lesquels le stress était permanent. « J’étais déprimé, j’ai eu des problèmes d’insomnie. Je me demandais à quoi cela servait de travailler, car il n’y avait pas de résultat », rapporte-t-il. « Soulagé » quand il a terminé sa prépa, il a été marqué psychologiquement, tombant dans la dépression quelques mois plus tard. Âgé de 24 ans, en master 1 dans une école d’ingénieur à Paris, il fait le lien entre son histoire et celle de Diary Sow : « J’ai vécu la même pression. Moi aussi j’ai eu envie de partir, de m’échapper parfois. »
Diary Sow, brillante élève sénégalaise poursuivant ses études au Lycée Louis-le-Grand à Paris après l’obtention d’une bourse d’excellence, a disparu volontairement, début janvier (lire les repères). En 2020, seuls une centaine de bacheliers avec mention très bien ou bien ont bénéficié de cette bourse de 430 000 francs CFA (650 €) mensuels, pour une période de cinq ans. Une fois leurs études terminées, ils reviennent « servir le Sénégal ».
Or, le parcours est rude pour des jeunes brillants, seuls dans un nouveau pays, soumis au surmenage, et peu informés sur leur avenir. « Je bosse très dur pour tenir le fil. Cela demande beaucoup d’investissement et de sacrifices », atteste Babacar*, 19 ans, arrivé de Dakar en octobre en Normandie.
Moyen d’ascension sociale, la réussite scolaire devient un « fardeau » pour ces adolescents devenus des modèles à suivre. « L’élève est très suivi, on lui répète qu’il doit exceller. Il subit aussi une grande pression sociale et endosse les attentes des autres dans le cadre familial, communautaire, voire national », analyse le docteur Pape Ngore Sarr Sadio, socio-anthropologue de l’Université du Siné Saloum à ­Kaolack.
Cette pression pèse surtout quand l’accompagnement manque. « Je ne me sentais soutenu ni par les professeurs, ni parle Service des gestion des étudiants sénégalais à l’étranger (SGEE) qui n’avait pas de temps pour nous écouter », confesse Ousmane. « C’est une réalité, il n’y a pas d’accompagnement social ou psychologique dans les lycées ou collèges », déplore le docteur Sadio.
« Je n’en parlais pas à ma famille car je ne voulais pas les décevoir », témoigne encore l’étudiant. Aucun redoublement la première année n’est admis sous peine de voir sa bourse d’excellence se transformer en bourse pédagogique de 200 000 FCFA (300 €), rendant précaire la poursuite des études. « Beaucoup de nos élèves ne souhaitent pas obtenir la bourse d’excellence. Elles craignent de ne pas être à la hauteur et de la perdre », confirme Ramatoulaye Sarr Diagne, directrice de l’école d’excellence Mariama Bâ, collège-lycée sur l’île de Gorée (­Dakar) qui forme les élites féminines sénégalaises.
Nombreux sont donc les étudiants à arrêter pour poursuivre à l’université. Marie-Louise Ndiaye, par « besoin de respirer, de faire ce qui me plaisait réellement », s’est inscrite en licence d’histoire après sa 2e année de classe préparatoire, perdant sa bourse d’excellence pour une bourse pédagogique. « Je n’avais plus la force de tenter les concours des Instituts d’études politiques (IEP), je voulais juste terminer la prépa », avoue-t-elle. Des exemples soulignant, pour le docteur Sadio que « beaucoup d’autres Diary Sow existent, mais restent inconnus. »
*Prénom modifié

Clémence Cluzel
 

 

Lien à la Source

 

 

Partager cet article

Repost0
21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 07:46
Kamala Harris prête serment pour devenir vice-présidente, sur une bible tenue par son époux Doug Emhoff, le 20 janvier 2021 / POOL/AFP

Kamala Harris prête serment pour devenir vice-présidente, sur une bible tenue par son époux Doug Emhoff, le 20 janvier 2021 / POOL/AFP

Déjà maintes fois pionnière, Kamala Harris a brisé mercredi un nouveau plafond de verre en devenant la première femme, et la première personne de couleur, à accéder à la vice-présidence des Etats-Unis, consécration d'une carrière hors normes.
A 56 ans, la dynamique et pugnace sénatrice de Californie a permis à Joe Biden, 78 ans, d'engranger les voix d'un électorat plus divers qui avait soif de se voir mieux représenté au sommet du pouvoir.
A tel point que certains électeurs disaient voter non pas pour le vétéran de la politique mais pour elle, fille d'un père jamaïcain et d'une mère indienne.
C'est vêtue de blanc, en souvenir des suffragettes, qu'elle avait fait son discours de victoire en novembre, rendant un vibrant hommage à sa mère et à celles «qui ont tant sacrifié pour l'égalité, la liberté et la justice pour tous».
«Je pense à elle, aux générations de femmes, noires, asiatiques, blanches, latinas, amérindiennes, qui ont ouvert la voie.»
En saluant «l'audace» de Joe Biden de l'avoir choisie, elle a promis: «Si je suis la première femme à occuper ces fonctions, je ne serai pas la dernière. Car chaque petite fille qui regarde ce soir voit que nous sommes dans le pays de tous les possibles.»
- «Votre pouvoir» -
Pendant la campagne, cette ex-procureure avait appelé sans relâche à une mobilisation historique, en dénonçant les tentatives d'entraver le scrutin dans des Etats républicains.
«Pourquoi croyez-vous que tant de gens puissants (...) essayent de vous empêcher de voter?», avait-elle lancé à de jeunes électeurs afro-américains en Géorgie. Car «ils connaissent votre pouvoir.»
Après la vague historique de colère contre le racisme et les violences policières, elle promet avec l'ancien vice-président de Barack Obama d'«éradiquer» les injustices.
Tous en respectant strictement les mesures contre le Covid-19, comme Joe Biden, elle a mené une campagne plus active que le septuagénaire, dansant au rythme des fanfares ou s'entretenant avec les clients de cafés... en extérieur, pandémie oblige.
- Pionnière -
Forte d'un parcours brillant, digne du meilleur rêve américain, malgré des chapitres controversés, elle rêvait de devenir la première femme présidente des Etats-Unis.
C'est finalement en vice-présidente qu'elle est entrée à la Maison Blanche mais avec un oeil, sans doute, sur la présidentielle de 2024. Et l'espoir de briser alors l'ultime plafond de verre.
Kamala Harris accumule déjà les titres de pionnières.
Elle a grandi à Oakland, où ses parents - un père professeur d'économie et une mère, aujourd'hui décédée, chercheuse spécialiste du cancer du sein - militaient pour les droits civiques.
Diplômée de l'université Howard, fondée à Washington pour accueillir les étudiants afro-américains en pleine ségrégation, elle rappelle régulièrement son appartenance à l'association d'étudiantes noires «Alpha Kappa Alpha».
Après deux mandats de procureure à San Francisco (2004-2011), elle avait été élue, deux fois, procureure générale de Californie (2011-2017), devenant alors la première femme, mais aussi la première personne noire, à diriger les services judiciaires de l'Etat le plus peuplé du pays.
Puis en janvier 2017, elle avait prêté serment au Sénat à Washington, s'inscrivant comme la première femme originaire d'Asie du Sud et seulement la deuxième sénatrice noire dans l'histoire.
Vice-présidente, elle ne quittera pas tout à fait la chambre haute: c'est elle qui, d'après la Constitution, pourra faire pencher la balance en cas d'égalité prévisible, avec dès mercredi soir 50 sénateurs démocrates contre 50 républicains.
- «Prête à être présidente» -
Au Sénat, ses interrogatoires serrés des candidats de Donald Trump l'ont rendue célèbre.
Mais c'est contre Joe Biden qu'elle avait fait les plus fortes étincelles, en l'attaquant, alors candidate à la primaire démocrate, sur ses positions passées concernant les politiques de déségrégation raciale dans les années 1970.
En racontant comment, petite fille, elle était dans l'un des bus amenant les écoliers noirs dans les quartiers blancs, elle avait ému, et bondi brièvement dans les sondages.
Peinant à définir clairement sa candidature, elle avait toutefois jeté l'éponge avant même le premier scrutin.
Ses expériences dans les branches législative, judiciaire et exécutive du pouvoir, et sa proximité avec Beau Biden, fils du futur président décédé d'un cancer en 2015, ont malgré tout convaincu son ex-rival de la choisir comme colistière.
Joe Biden compte aussi sur son image moderne de femme se présentant en «Momala», fière de sa famille mixte et recomposée, avec son époux, l'avocat Douglas Emhoff, père de deux enfants, à ses côtés. Comme lorsqu'elle est entrée mercredi à la Maison Blanche.
Mais son passé de procureure pèse aussi contre elle. Des progressistes déplorent sa réputation de dureté, notamment en punissant strictement de petits délits qui ont, selon ses détracteurs, affecté surtout les minorités.
Face à Mike Pence, dans le seul débat des vice-présidents, elle avait éreinté la gestion par l'exécutif de la crise du coronavirus.
Le lendemain, Donald Trump l'avait traitée de «monstre».
«Je ne fais pas de commentaires sur ses remarques puériles», avait réagi Kamala Harris.
A ses côtés, Joe Biden s'était indigné des propos «honteux» du président. Avant de faire les éloges de sa colistière: «C'est l'une des meilleures personnes que j'ai côtoyées. C'est quelqu'un qui est prêt, au premier jour, à être présidente des Etats-Unis.»
AFP

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 07:49
Présidentielle en Ouganda: deux générations s'affrontent / AFP

Présidentielle en Ouganda: deux générations s'affrontent / AFP

Des masques à l'effigie des deux principaux candidats à l'élection présidentielle en Ouganda, le sortant Yoweri Museveni (droite), et son principal adversaire, Bobi Wine (gauche), le 4 janvier 2021 à Kampala / AFP/Archives

Les Ougandais ont commencé à voter jeudi matin lors d'une élection présidentielle tendue, où le jeune député et chanteur de ragga Bobi Wine défie le président sortant Yoweri Museveni, deux fois plus âgé, qui brigue un sixième mandat après 35 ans de pouvoir.

Depuis mercredi soir, l'accès à l'internet est largement perturbé dans ce pays enclavé d'Afrique de l'Est. Les autorités ont officiellement suspendu réseaux sociaux et services de messagerie mardi, au terme d'une campagne particulièrement violente, émaillée d'arrestations et d'émeutes et endeuillée par plusieurs dizaines de morts.
Dans la capitale Kampala, les opérations ont débuté peu après 07H00 (04H00 GMT), avec masques et gel hydroalcoolique contre le coronavirus, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Les quelque 18 millions d'Ougandais ont jusqu'à 16H00 (13H00 GMT) pour se rendre dans un des 34.600 bureaux de vote du pays afin de choisir leur président et leurs députés.
Dans le quartier de Njovu à Kampala, Ceria Makumbi a fait le choix de la continuité. «Museveni est mon candidat», confie à l'AFP cette femme d'affaires de 52 ans. «Il a apporté la stabilité au pays, il a lancé l'école primaire et l'enseignement universitaire gratuit (...). Il a construit des hôpitaux, des routes.»

Dans le bidonville de Kamwokya, place forte de M. Wine, Joseph Nsuduga espère l'alternance. «Je suis ici pour changer les dirigeants de ce pays car pendant des années, ils ont dit qu'ils allaient garantir mon avenir. Mais ils ne l'ont pas fait. J'ai besoin de voir du changement pour mes enfants», explique ce chauffeur de 30 ans.

Le duel fait figure de choc des générations, dans un Ouganda où trois quarts de la population a moins de 30 ans.
D'un côté M. Museveni, 76 ans, au pouvoir depuis 1986, semble largement favori. L'ex-guérillero s'est mué en dirigeant autoritaire et compte ouvertement les jours qui le séparent de la «victoire». Sur le continent, seuls Teodoro Obiang Nguema en Guinée Equatoriale et Paul Biya au Cameroun ont passé plus de temps au pouvoir sans interruption que lui.

En face, M. Wine, 38 ans, a capitalisé sur sa popularité auprès des jeunes urbains et s'est imposé comme son principal rival, au sein d'une opposition divisée qui présente 10 candidats contre le Mouvement de résistance nationale (NRM), l'hégémonique parti au pouvoir.
Mardi, dernier jour de la campagne, le chanteur et deux autres candidats, Patrick Amuriat et Mugisha Muntu, ont appelé les Ougandais à voter massivement et à «protéger leur vote» en surveillant le scrutin et en filmant avec leurs téléphones.

- Museveni contre Facebook -

Des craintes ont émergé quant à l'équité et la transparence du scrutin au cours de cette campagne plus violente que les précédentes, où des journalistes, des critiques du régime et des observateurs ont été empêchés de travailler.

Mettant en avant les mesures de prévention contre le Covid-19, le régime a interdit de nombreux meetings de l'opposition tandis que M. Museveni bénéficiait d'une large visibilité médiatique grâce à son statut de président.

L'ambassadrice américaine en Ouganda, Natalie Brown, a annoncé mercredi que les Etats-Unis annulaient une mission d'observation prévue pour ce vote, la majorité de leurs observateurs s'étant vu refuser une accréditation par le gouvernement.

La veille, M. Museveni, un des poids lourds politiques d'Afrique de l'Est, a confirmé dans une intervention télévisée la suspension des réseaux sociaux et des services de messagerie, tels Facebook, Twitter, WhatsApp, Signal et Viber, expliquant que cette mesure venait sanctionner la fermeture par Facebook de plusieurs comptes liés au pouvoir accusés d'influer de manière artificielle sur le débat public.
«Qu'elle constitue un acte de censure délibéré ou une mesure de représailles puérile, cette décision va continuer à détériorer un peu plus les conditions d'un débat public ouvert, pluraliste et transparent», a réagi mercredi l'ONG Reporters sans frontières (RSF).
Les violences ont émaillé la campagne: arrestations d'opposants, tirs de gaz lacrymogènes et parfois de balles réelles sur leurs partisans. En novembre, au moins 54 personnes ont été tuées par la police au cours d'émeutes déclenchées par une énième arrestation de Bobi Wine.

A Kampala, la présence militaire était très forte jeudi dans les rues. De nombreux habitants se sont pressés ces derniers jours dans les gares routières pour rejoindre leur bureau de vote à la campagne ou pour quitter la ville par peur de violences.

«Lors des précédentes élections, il y a toujours eu du chaos à Kampala. Je pense que cette fois, avec toute la tension qu'il y a, il devrait y avoir beaucoup de violences», déclarait ainsi mardi à l'AFP Charles Abigaba, un comptable de 31 ans, qui se rend à Masindi (ouest) pour voter mais compte y rester après l'élection par crainte pour sa sécurité.

AFP


Lien à la Source

 

 

Partager cet article

Repost0
10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 20:13
Bloqué pendant près de quatre mois à la frontière polonaise par les autorités biélorusses, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz venait tout juste de rentrer dans son pays, le 24 décembre 2020.STRINGER/REUTERS

Bloqué pendant près de quatre mois à la frontière polonaise par les autorités biélorusses, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz venait tout juste de rentrer dans son pays, le 24 décembre 2020.STRINGER/REUTERS

Officiellement, c’est un départ pour raison d’âge. Le Vatican a annoncé avoir accepté, dimanche 3 janvier, la démission de l’archevêque de Minsk, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz. En apparence, rien d’anormal pour ce prélat qui a atteint ce jour-là l’âge de 75 ans, à partir duquel les évêques remettent traditionnellement leur charge au pape. En réalité, cette renonciation intervient dans un contexte particulier.
Bloqué pendant près de quatre mois à la frontière polonaise par les autorités biélorusses qui l’accusaient d’avoir pris une part trop active au mouvement de contestation auquel le président Alexandre Loukachenko fait face depuis sa réélection, Mgr Kondrusiewicz venait tout juste de rentrer dans son pays. Or, selon les informations obtenues par La Croix, si le Vatican est arrivé à débloquer la situation, c’est au prix d’un accord avec le gouvernement biélorusse.

« C’était clairement un deal »

Au cours d’un déplacement à Minsk, organisé mi-décembre, Mgr Claudio Gugerotti, actuellement nonce au Royaume-Uni mais ancien représentant du pape en Biélorussie, a ainsi rencontré le président biélorusse. « Il a négocié le retour de l’archevêque à Minsk pour Noël contre une démission le jour de ses 75 ans, le 3 janvier. C’était clairement un deal. D’un côté, l’honneur était sauf, de l’autre, on écartait une personnalité jugée trop encombrante », explique un diplomate en poste à Rome, qui a suivi les négociations de très près.
Pourquoi un tel accord ? « En août, Mgr Kondrusiewicz a donné un entretien à la télévision polonaise, dans lequel il a affirmé que l’élection de Loukachenko était irrégulière », poursuit la même source. Or ces propos ont provoqué une forte crainte, au Vatican, que la communauté catholique de Biélorussie soit particulièrement ciblée par le pouvoir. D’où une visite, aussi rare qu’inattendue, en septembre, de Mgr Paul R. Gallagher, le ministre des affaires étrangères du pape, en Biélorussie. « L’idée était d’assurer la sécurité des catholiques. Le Vatican a voulu apaiser les choses », assure-t-il.

Un pays pivot

Par ailleurs, certaines sources évoquent aussi la personnalité de l’archevêque de Minsk. « Il n’est pas à l’aise dans les situations de tension et de conflit, et avait déjà été déplacé de Moscou à Minsk, en 2007. À l’époque, l’orthodoxie russe ne supportait pas d’avoir un interlocuteur polonais », relève un observateur qui a croisé plusieurs fois Mgr Kondrusiewicz.

Mais si la Biélorussie est particulièrement regardée, c’est aussi qu’elle constitue un pays pivot entre États qui ne cessent d’exposer leur rivalité : la Pologne et la Russie. « Le pouvoir a eu le sentiment que l’action de l’archevêque était pilotée par Varsovie. La Pologne est très proche des catholiques », relève un chercheur spécialiste de la zone, sous le couvert de l’anonymat.
Mais cette pression sur les croyants ne se limite pas aux catholiques : en août, le chef de l’Église orthodoxe de Minsk, le métropolite Pavel, a lui aussi été mis à l’écart, après avoir visité des victimes de violences policières dans les hôpitaux.

Un moyen de neutraliser les oppositions

« Il est évident que Loukachenko a exigé le départ de Pavel auprès de l’Église orthodoxe russe. Donc ça n’a rien de surprenant que les autorités biélorusses adoptent la même attitude vis-à-vis de l’Église catholique, souligne pour sa part Artyom Shraibman, analyste politique biélorusse basé à Minsk. Il est assez logique que le gouvernement ait demandé le départ de Mgr Kondrusiewicz, en raison de ses déclarations très visibles au sujet de la brutalité des autorités et de la police à l’égard des manifestants. Beaucoup de ses prêtres ont soutenu les manifestations, ou affiché leur opposition aux violences. »

« Loukachenko sait qu’il ne peut pas enfermer les leaders religieux, et leurs voix sont puissantes, donc il doit trouver un moyen de les neutraliser, poursuit Artyom Shraibman. Il se souvient bien de ce qu’il s’est passé dans les années 1980 en Pologne, où l’Église catholique a été une force motrice de la lutte contre le communisme, il ne veut pas qu’un scénario analogue se reproduise en Biélorussie. »
Interrogées, plusieurs sources officielles du Vatican, où l’on fait comprendre que le sujet est des plus sensibles, ont fait savoir qu’elles ne souhaitaient pas répondre aux questions de La Croix. De même, interrogé, le ministère des affaires étrangères biélorusse n’a pas répondu à nos sollicitations sur la démission de l’archevêque.
-------------

Un diocèse dynamique

Mgr Tadeusz Kondrusiewicz était archevêque de Minsk depuis 2007, après avoir été archevêque catholique de Moscou entre 2002 et 2007.
Il est perçu comme un acteur majeur de la renaissance du catholicisme sur place. Entre 2004 et 2016, le nombre de catholiques dans son diocèse est passé de 210 000 à 625 000, et celui des paroisses de 89 à 222, selon les statistiques du Saint-Siège.
Le diocèse de Minsk est l’un des quatre que compte la Biélorussie. Selon les chiffres de 2017, le pays compte 10 % de catholiques, sur une population de 10,3 millions d’habitants. Un peu moins de 400 prêtres y officient, dont environ 150 religieux.

Loup Besmond de Senneville (à Rome) et Pierre Sautreuil, 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 08:23
Un tatoueur recouvre d'une croix noire le tatouage qui marque l'appartenance d'un détenu à un gang, le 23 novembre 2020 à la prison de New Bilibid, à Manille, aux Philippines - AFP

Un tatoueur recouvre d'une croix noire le tatouage qui marque l'appartenance d'un détenu à un gang, le 23 novembre 2020 à la prison de New Bilibid, à Manille, aux Philippines - AFP

Dans un sifflement digne d'une fraise de dentiste, le tatoueur recouvre d'une grossière croix noire le tatouage qui marque l'appartenance de ce détenu à un gang philippin. Une mesure plébiscitée par les autorités pour réduire la violence carcérale.
Dans les prisons surpeuplées de l'archipel, les batailles entre bandes rivales sont monnaie courante. Et l'appartenance à un gang -matérialisée par le tatouage de son symbole sur la peau- est de longue date un impératif pour les détenus, afin d'obtenir nourriture, médicaments, ou tout simplement une protection.
Les conditions de vie dans les centres de détention se sont un peu plus dégradées ces dernières années du fait de la "guerre contre la drogue" du président Rodrigo Duterte, qui s'est traduite par une nette augmentation de la population carcérale.
Les autorités veulent croire que recouvrir les tatouages appliqués par les gangs sur les détenus peut leur permettre d'échapper à l'impératif de loyauté à l'égard de ces bandes et leur éviter d'être entraînés dans les guerres de gang. L'idée est avant tout de compliquer la donne pour les caïds cherchant à mobiliser leurs troupes.
"Les détenus rejoignent les gangs pour la sécurité", observe Gabriel Chaclag, porte-parole de l'administration pénitentiaire, en assurant que la campagne qui a débuté en octobre pour pousser les détenus à se débarrasser de la marque des bandes se fait sur la base du volontariat.
Des détenus attendent leur tour pour se faire enlever leurs tatouages marquant leur appartenance à un gang, le 23 novembre 2020 à la prison de New Bilibid, à Manille, aux Philippines
"Mais rallier un gang n'apporte pas que des bonnes choses car vous vous devenez une cible pour les bandes rivales."

- 28.000 détenus pour 6.000 places -
Dans la prison de New Bilibid de Manille, la plus grande du pays avec plus de 28.000 détenus pour 6.000 places, l'immense majorité des prisonniers appartient à un gang.
Assis sur des chaises en plastique, torse nu avec un masque chirurgical sur le visage, des prisonniers attendent qu'un de leurs codétenus passé maître dans l'art du tatouage trace une épaisse croix noire sur la marque symbolisant leur gang.
"Appartenir à un gang signifie que vous êtes tenus d'aider les autres membres s'ils sont pris dans une bagarre. Ce ne sera plus le cas", dit Mark, un détenu condamné pour meurtre, en refusant que sa véritable identité soit citée.
Il a rejoint à son arrivée en prison ily a un an le gang Batang Mindanao (les Enfants de Mindanao).
"Désormais, ce sera la fraternité, nous sommes tous des frères", dit-il après que le tatouage sur son dos soit masqué, ce qui fait de lui un "querna", ou détenu non affilié à un gang.
Un autre prisonnier confie à l'AFP qu'il est convaincu que sa vie sera "certainement meilleure" hors du gang.
Les autorités reconnaissent que ce programme ne permettra pas de tourner du jour au lendemain la page des violences. Par le passé, des efforts pour limiter les bagarres, comme un "accord de paix" entre les gangs, n'ont eu qu'un résultat limité.
Preuve en est, au moins 13 personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées récemment lors d'un affrontement de grande ampleur entre bandes rivales à Bilibid.

- Renoncement de l'Etat -
"On ne peut pas éradiquer la violence du jour au lendemain, ni la culture des gangs, alors on y va lentement, progressivement", explique M. Chaclag.
Lex Ledesma, un psychologue qui a écrit un livre sur les gangs de Bilibid, sait qu'éradiquer la violence ne se fera pas en recouvrant seulement les tatouages. Car les gangs se sont imposés dans le vide du pouvoir laissé par les autorités, dont la présence dans les prisons est notoirement insuffisante.
Ces bandes jouent aussi un rôle social pour des prisonniers qui sont pour certains coupés du monde extérieur.
"Pour des détenus oubliés par leurs proches dans la prison, les gangs sont comme une famille car ils sont les seuls à s'occuper d'eux", explique M. Ledesma, qui intervient à Bilibid depuis 10 ans, et déplore les renoncements de l'Etat dans les prisons.
"Le plus grand problème, ici, est l'absence de volonté des autorités de permettre la réinsertion des détenus, une carence qui existait déjà avant Duterte", dit-il.
"Quand vous devenez un prisonnier, c'est comme si vous n'étiez plus que la moitié d'un homme, comme si vous n'étiez plus un être humain à part entière."

AFP

Lien à la Source


 

Partager cet article

Repost0
18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 07:47
Des Ethiopiennes ayant fui les combats dans leur pays, le 16 novembre 2020, dans le camp de réfugiés d'Oum Raquba, dans l'est du Soudan / AFP

Des Ethiopiennes ayant fui les combats dans leur pays, le 16 novembre 2020, dans le camp de réfugiés d'Oum Raquba, dans l'est du Soudan / AFP

Dans un camp soudanais, chaque réfugié éthiopien traîne une histoire tragique
Désemparés d'avoir abandonné leur maison, culpabilisés d'avoir perdu des membres de leur famille dans leur fuite, horrifiés par les images de mort qui passent en boucle dans leur tête, des réfugiés éthiopiens errent dans le camp d'Oum Raquba érigé au Soudan voisin.
Vêtue d'une robe bleue et coiffée d'un foulard blanc, assise par terre, Ganet Gazerdier se retrouve seule car les bombardements dans la région éthiopienne du Tigré, dans le nord de l'Ethiopie, ont non seulement détruit sa maison à Humera mais également pulvérisé sa famille.
«J'habitais avec mes trois filles. Quand les obus ont commencé à pleuvoir sur notre demeure, paniquées, elles ont fui dans l'obscurité et je ne les ai plus retrouvées», explique cette femme de 75 ans.
Elle s'est alors jointe à l'afflux de réfugiés. «J'ai rencontré des amis qui fuyaient et je les ai suivis.»
Sur la route, «j'ai vu des corps démembrés par les explosions, et d'autres putréfiés, par terre, tués à coups de couteau», poursuit-elle. Elle arrête des réfugiés pour leur dire son histoire, mais personne n'y prête attention car chacun vit avec son propre malheur.
- «C'est la terreur» -
«J'ai une autre fille qui vit à Khartoum mais je ne connais pas son adresse, comment pourrais-je la retrouver dans cette grande ville ?», marmonne Ganet Gazerdier.
Le 4 novembre, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé une offensive militaire contre la région dissidente du Tigré dirigée par le Front de Libération des Peuples du Tigré (TPLF), qui a déjà fait des centaines de morts et poussé des milliers de personnes à fuir vers le Soudan.
Une «crise humanitaire à grande échelle» se développe à la frontière soudano-éthiopienne, s'est alarmée l'ONU, selon laquelle quelque 4.000 personnes traversent la frontière avec le Soudan tous les jours depuis le 10 novembre.
Malheur aux jeunes tigréens qui tombent aux mains des soldats éthiopiens, affirme Gerdo Burhan, 24 ans, un autre réfugié arrivé au camp d'Oum Raquba, situé dans l'est du Soudan à 80 km de la frontière avec l'Ethiopie.
«Ils vous demandent, l'arme pointée sur vous, si vous appartenez à l'armée tigréenne. A la moindre hésitation, vous êtes morts. Ils vous abattent sur-le-champ et laissent le corps dans la rue.»
Dire que vous êtes un civil ne vous tire pas pour autant d'affaires. «Ils vous battent, parfois à mort, ou ils vous emmènent vers une destination inconnue et je doute qu'on en revienne vivant», ajoute-t-il.
«C'est la terreur», lâche le jeune homme qui a réussi à fuir mais a perdu dans la foule son père, sa mère et ses deux sœurs. «Je ne sais même pas s'ils sont encore en vie.»
- «Il m'a sauvé la vie»! -
Face à l'afflux des réfugiés, les autorités soudanaises ont décidé de rouvrir le camp d'Oum Raquba. Fermé il y a 20 ans, il avait servi de refuge à de nombreux Ethiopiens fuyant alors la famine.
Dans un camp soudanais, chaque réfugié éthiopien traîne une histoire tragique
Des Ethiopiens ayant fui les combats dans leur pays, le 16 novembre 2020, dans le camp de réfugiés d'Oum Raquba, dans l'est du Soudan / AFP
Aujourd'hui, les ouvriers s'y activent car il devrait abriter à terme 25.000 réfugiés, environ 10 fois plus que ce qu'il accueille actuellement.
Et le flot a peu de chance de tarir rapidement en raison de la poursuite des combats en Ethiopie.
Selon Amnesty International, un «massacre» a «probablement» fait des centaines de victimes civiles à Mai-Kadra, dans le sud-ouest du Tigré. L'ONG cite des témoins accusant les forces loyales au TPLF d'être à l'origine de ce «meurtre de masse».
Néanmoins plusieurs réfugiés interrogés par l'AFP dans le camp d'Oum Raquba, affirment au contraire que les exactions ont été commises par les militaires de l'armée fédérale.
Dans le flot de réfugiés fuyant Mai-Kadra, Messah Geidi a perdu en chemin sa femme et son fils de quatre ans, et il ne se le pardonne pas. «Je ne sais pas où ils sont et s'ils sont encore en vie. L'armée égorgeait les jeunes gens comme des moutons.»
Takli Burhano, 32 ans, raconte lui avoir échappé de peu à la mort. Arrêté à Mai-Kadra, il affirme avoir été frappé pendant de longues heures par les militaires de l'armée fédérale qui ont voulu ensuite l'exécuter. «Un soldat s'est alors approché de son chef et lui a dit +vous ne pouvez pas faire ça: c'était mon professeur+. Il m'a sauvé la vie!»

AFP

Lien à la Source


 

Partager cet article

Repost0
14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 06:10
Des soldats arméniens visitent pour la dernière fois le 12 novembre 2020 le monastère de Dadivank dans le district de Kaljabar, passé sous contrôle azerbaïdjanais, après l'accord mettant fin au conflit au Nagorny Karabakh / AFP

Des soldats arméniens visitent pour la dernière fois le 12 novembre 2020 le monastère de Dadivank dans le district de Kaljabar, passé sous contrôle azerbaïdjanais, après l'accord mettant fin au conflit au Nagorny Karabakh / AFP

Ils viennent par dizaines, recueillis et souvent en larmes. A trois jours de sa rétrocession à l'Azerbaïdjan prévue par le cessez-le-feu au Nagorny Karabakh, le monastère arménien de Dadivank reçoit ses derniers pélerins.
Les armes se sont tues en début de semaine autour de l'enclave arménienne sécessionniste, après plus d'un mois d'affrontements et une humiliante défaite face aux troupes azerbaïdjanaises, qui, au terme d'un accord parrainé par la Russie, reprendront possession du gros des territoires perdus lors d'une guerre dans les années 1990.
Avec ses hautes montagnes, ses gorges à pic et ses pentes boisées et abruptes, le district de Kalbajar doit repasser sous le contrôle de Bakou dimanche. Y compris ce lieu cher aux Arméniens: le monastère de Dadivank.
Supposément fondé aux premières heures de la chrétienté par saint Dadi, Dadivank a été édifié aux XII-XIIIe siècle.
Après des siècles d'une histoire agitée, il reste aujourd'hui un magnifique ensemble monastique de pierres grises -dont une église-cathédrale-, fierté de l'Eglise apostolique arménienne, accrochée à la montagne.
«C'est très dur, très douloureux. Nous sommes venir dire au revoir...», lâche dans un sanglot une brune quadragénaire, dissimulant ses larmes derrière ses lunettes de soleil.
Des grappes de visiteurs, beaucoup venus de Erevan, marchent avec recueillement sur le parvis. Désemparés ou résignés, ils déambulent d'une basilique à la chapelle, sous le narthex de l'évêque Grégoire. Sur la tombe de Dadi, quelques roses finissent de faner.
- Baptêmes improvisés -
On s'échange des poignées de cierges achetés dans la petite boutique de souvenirs religieux, déjà en train de plier bagage tout en faisant ses dernières affaires.
Sur la route secondaire montant vers le monastère, c'est presque l'embouteillage. Si ce n'était l'évidente tristesse générale et les trop nombreux militaires parmi les visiteurs, la scène ressemblerait à un flot de touristes en vacances.
«Je ne peux pas croire que c'est la dernière fois que je viens ici», confie Miasnik Simonian, 28 ans, venu de Vardenis (nord de l'Arménie) avec trois amis.
«Cette terre est celle de nos grands-parents. Ces pierres sont vieilles de 800 ans», dit-il, pointant deux majestueux khachkars, traditionnelles croix arméniennes scupltées dans la pierre comme de la dentelle.
Inna Tumanian, tout juste diplômée de l'université d'Erevan, voulait se faire baptiser ici depuis des mois. «C'était très important pour moi. Mais il y a eu le corona, puis la guerre... Quand j'ai appris que nous allions devoir abandonner Dadivank, j'ai appelé le prêtre, qui m'a dit de venir».
Elles sont douze ce jour-là, des jeunes femmes, à prendre place dans l'église Sourp Astvatsatsin (Sainte Mère de Dieu) pour un baptême improvisé dans cette petite cathédrale, d'une dizaine de travées, dont le dépouillement invite au silence et au recueillement.
- «Je ne peux pas partir» -
Sous le regard de deux fresques murales du XIIIe siècle laissant deviner une scène de lapidation d'un martyr et le courronnement d'un saint, le Père Hovhannes laisse percer son amertume contre l'Azerbaïdjan, pays turchophone laïc à majorité chiite, «qui n'a pas les mêmes valeurs que nous».
Quand la région était contrôlée par le régime soviétique athée en place en Azerbaïdjan comme en Arménie, les lieux avaient été abandonnés au bétail.
Mercredi, le gouvernement arménien s'est dit «extrêmement préoccupé» sur le sort de ce patrimoine unique, malgré les assurances de Bakou qui promet de préserver tous les lieux historiques et spirituels.
«Les gens ont perdu des proches, leurs maisons. Ils ne veulent pas perdre Davidank. (...). Nous devons prier pour la sauvegarde de notre monastère», poursuit le religieux à la barbe grise, crucifix d'argent sur la poitrine de sa soutane noire.
«Surtout n'emportez rien avec vous, ne volez rien dans la maison de Dieu», prévient-il, à l'attention de ceux ou celles qui seraient tentés d'emporter une ultime relique.
Le père Hovhannes explique n'avoir reçu aucune instruction de Erevan quant à la préservation des lieux et des artefacts.
«Ce monastère nous appartient, je ne peux pas partir d'ici», plaide-t-il. Quant à ramener en Arménie certains des plus précieux khachkars qui ornent l'endroit. «Qui suis-je pour enlever des pierres qui sont ici depuis plus de 800 ans ? Je ne peux pas...»
AFP

Lien à la Source


 

Partager cet article

Repost0
6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 10:42
Les explosions le 4 mai 2020 dans le port de Beyrouth ont dévasté une grande partie de la ville | DR

Les explosions le 4 mai 2020 dans le port de Beyrouth ont dévasté une grande partie de la ville | DR

«La terre a tremblé, c’est un véritable séisme: la Croix-Rouge libanaise parle de plus de 100 morts et de 4’000 blessés, des hôpitaux ne sont plus en état de fonctionner, alors qu’ils étaient déjà saturés par les malades du Covid-19», lance le Père Samih Raad, en contact minute par minute avec sa famille qui vit à Beyrouth à moins d’un kilomètre du lieu des explosions du 4 août 2020 qui ont dévasté des quartiers entiers.
Le Premier ministre libanais Hassane Diab a affirmé que cette catastrophe était due à l’explosion de quelque 2’750 tonnes de nitrate d’ammonium entreposés illégalement dans le port de Beyrouth, désormais hors service. Les vitres de nombreux immeubles, églises et magasins ont volé en éclats à des kilomètres à la ronde. En fin de journée, mardi 4 août, d’épais nuages de fumée orange s’élevaient au-dessus de la capitale libanaise. Aux abords du quartier du port, les destructions sont massives.
Le Conseil supérieur de la défense a déclaré Beyrouth «ville sinistrée». A la première page d’An Nahar,  le premier quotidien de langue arabe au Liban, on peut lire: «Le gouvernement défaillant se suicide… Catastrophe». D’autres journaux titrent: «Beyrouthoshima».
Les couvents et communautés religieuses ouvrent leurs portes
«Et tout cela survient alors que près de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté depuis la ‘révolution’ qui a commencé le 17 octobre 2019», confie à cath.ch le Père Samih Raad, professeur au séminaire interdiocésain de Metz, où il enseigne le dogme et le dialogue interreligieux (*). Toute sa famille a quitté les lieux dévastés et le mari de sa cousine, blessé, se trouve dans un hôpital à Jbeil (l’ancienne Byblos).
Les quartiers d’Achrafieh, quartier chrétien de l’est de Beyrouth, Bourj Hammoud, fief de la communauté arménienne du Liban, Dora, autre quartier à majorité chrétienne, de même Antélias, au nord de Beyrouth, sont durement frappés, ainsi que la Corniche.
«L’hôpital Saint-Georges, également connu sous le nom d’hôpital Al Roum, qui n’avait jamais fermé ses portes durant la guerre civile, n’est plus opérationnel. C’est l’un des trois principaux centres médicaux libanais, situé à Rmeil, Beyrouth. Un appel a été lancé et tous les couvents et communautés catholiques ont ouvert leurs portes pour accueillir les familles dont les foyers ont été dévastés et celles qui fuient les lieux, craignant les émanations toxiques. Les communautés religieuses leur fournissent des vivres et de l’eau. Dans ces circonstances, les Libanais font preuve d’entraide et montrent leur solidarité», poursuit le Père Samih Raad.
Le Père Samih Raad interviewé par Jacques Berset | © Jacques Berset
La population est en colère
Face à ce désastre, qui s’ajoute à la grave crise sociale et sanitaire, la population est en colère et réclame des comptes à la classe politique. «Le député Marwan Hamadé a présenté sa lettre de démission au secrétariat général du Parlement, appelant à la création d’une commission d’enquête internationale et à l’activation du Conseil supérieur pour le jugement des présidents et des ministres. Un journaliste chrétien, Marcel Ghanem, qui travaille à la MTV, a demandé la démission du président Michel Aoun et de tout le gouvernement: c’est une première dans notre histoire! Mais la population est à bout: la livre libanaise a perdu huit fois sa valeur depuis le début de la crise en octobre dernier. Les gens ont faim et comparent leur situation à celle de 1916, au départ des Turcs, quand la Grande famine régnait dans le pays… Le peuple en a marre de l’incapacité de toute la classe politique !»
Le pape François prie pour les victimes et leurs familles
A l’issue de sa catéchèse de l’audience générale, le pape François a tenu à faire part de sa prière pour le Liban après les explosions qui ont ravagé le centre de Beyrouth mardi 4 août. «Hier, à Beyrouth, dans la zone portuaire, d’énormes explosions ont fait des dizaines de morts et des milliers de blessés, ainsi que de nombreuses destructions graves. Nous prions pour les victimes et leurs familles; et nous prions pour le Liban, afin qu’avec l’engagement de toutes ses composantes sociales, politiques et religieuses, il puisse faire face à ce moment tragique et douloureux et, avec l’aide de la communauté internationale, surmonter la grave crise qu’il traverse», a déclaré le pape François. (cath.ch/be)
(*)  Le Père Samih Raad
Prêtre du diocèse de Metz en France d’origine grec-catholique melkite, est aussi curé de Hombourg-Haut, une paroisse de l’agglomération de Forbach, dans le département de la Moselle. Samih Raad est né le 5 mars 1968 dans une famille de six enfants – deux frères et quatre sœurs – à Kfarnabrakh, qui signifie, en assyrien, «terre bénie pour sa richesse agricole et ses sources d’eau». C’est un village mixte chrétien-druze du district du Chouf. Une bourgade située à 1000 m d’altitude, dans le sud du Mont-Liban, qui fut durement touchée lors de la « guerre de la Montagne » (Harb al-jabal) de 1982-1983.  

Jacques Berset

Lien à la Source
 

Partager cet article

Repost0
7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 06:38
Un manifestant devant le mémorial de Lincoln, le 6 juin 2020 / AFP

Un manifestant devant le mémorial de Lincoln, le 6 juin 2020 / AFP

«Retirez votre genou de notre cou!» Des milliers de manifestants convergaient samedi vers le centre de Washington pour protester contre le racisme et les brutalités policières lors d'une journée marquée par une nouvelle cérémonie à la mémoire de George Floyd.

Sous un soleil de plomb, la foule commençait à se masser dans la capitale fédérale américaine, dans les rues menant à la Maison Blanche mais aussi aux abords du mémorial de Lincoln.

C'est devant cet imposant monument que le pasteur d'Atlanta Martin Luther King avait, le 28 août 1963, face à près de 250.000 personnes, lancé «I have a dream» dans un discours devenu une référence de la lutte des droits civiques.

«Nous sommes de retour ici, avec un nouveau message d'espoir», confie à l'AFP Deniece Laurent-Mantey, Afro-Américaine de 31 ans.

Plus d'une dizaine de collectifs, nombre d'entre formés spontanément sur les réseaux sociaux après la mort de George Floyd, dont la mort a ravivé les plaies raciales du pays, ont appelé à envahir les rues de la capitale.

«J'ai l'impression que nous nous sommes battus, battus, battus et que tout d'un coup, tout a éclaté au grand jour» se félicite Patricia Thompson, 55 ans, en référence à toutes les entreprises et organisations américaines qui ont selon elle pris publiquement position «contre le racisme institutionnel» pour la première fois après cette interpellation mortelle.

Une large partie du centre-ville était bouclée, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur l’imposant grillage dressé devant la résidence de Donald Trump ont été accrochées les têtes de George Floyd, Michael Brown, Trayvon Martin, Breonna Taylor, des Afro-Américains tous morts aux mains de la police américaine ces dernières années.

Depuis la Maison Blanche, où il passe le weekend, Donald Trump a poursuivi son intense activité sur Twitter sans évoquer les manifestations.

- Cérémonie en Caroline du Nord -

En face, dans une ambiance très familiale, les manifestants scandent «No Justice, No Peace, No racist Police» (Pas de justice, Pas de paix, Pas de police raciste) et profitent des bouteilles d'eaux glacées distribuées par de nombreuses associations, sous une chaleur accablante.

Des dizaines de milliers de personnes sont attendues au cours de la journée, qui devrait être la plus grosse mobilisation depuis le début du mouvement dans la capitale, il y a 9 jours.

Les manifestants se rassemblaient aussi dans de nombreuses villes américaines, notamment à New York, Philadelphie, ou Minneapolis, où George Floyd est mort et où ont débuté les émeutes.

Entraîné par une mobilisation massive sur les réseaux sociaux, le mouvement a fait tâche d'huile jusqu'à Londres, Pretoria, Paris et même Sydney, où au moins 20.000 personnes ont manifesté samedi.

Après une première cérémonie émouvante à Minneapolis jeudi, un deuxième hommage sera rendu samedi à cet Afro-Américain de 46 ans asphyxié par un policier blanc lors d'une interpellation le 25 mai dans cette ville du nord du pays. La nouvelle cérémonie aura lieu à Raeford, dans son Etat natal de Caroline du Nord.

Les nouveaux exemples de violences policières, notamment lors de la répression de ces protestations parfois violentes, nourrissent la colère à l'origine des manifestations qui secouent les Etats-Unis depuis la mort de George Floyd.

Plusieurs vidéos montrant des interventions policières musclées face à des manifestants pacifiques ont émergé ces derniers jours.

En prévision des nouvelles manifestations, le chef de la police de Seattle a annoncé l'interdiction du recours au gaz lacrymogène pour trente jours.

La police de Minneapolis a aussi annoncé vendredi qu'elle interdisait dorénavant les «prises d'étranglement», technique dangereuse notamment utilisée en 2014 à New York sur Eric Garner, autre homme noir décédé aux mains de la police dont les cris «Je ne peux pas respirer» ont également été prononcés par George Floyd lors de sa mort.

Mais les marches vont désormais au-delà de ce seul cas, pour dénoncer un racisme systémique et réclamer un véritable changement.

Elles sont ces derniers jours restées pacifiques et plusieurs villes, dont Washington, Seattle et Los Angeles, ont désormais levé leur couvre-feu. Mais pas New York, où il est maintenu jusqu'à dimanche soir.

AFP

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0