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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 09:47
Israël impatient d'annexer la Cisjordanie

L'accord de gouvernement Netanyahu-Gantz envisage de lancer le processus d'annexion d'un tiers de la Cisjordanie le 1er juillet prochain. Washington a quasiment accordé son feu vert à ce projet. La France et l'Union européenne haussent le ton contre Israël mais sans savoir, encore, comment réagir.

Tout semble s'accélérer au Proche-Orient. Lundi soir le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu et son ex-grand rival électoral, l'ancien chef d'état-major de l'armée israélienne Benny Gantz se sont entendu pour siéger ensemble dans un "gouvernement d'urgence" de lutte contre le coronavirus. Mais outre l'épidémie et ses conséquences, leur accord fixe une seconde priorité avec l'annexion d'une partie de la Cisjordanie. Israël pourra ainsi lancer ce processus que Netanyahu qualifie "d'exercice de souveraineté" dès le 1er juillet prochain en coordination avec les Etats-Unis.

Une décision qui revient à Israël.

Tout est parti du "plan de paix" pour la région révélé par Donald Trump le 28 janvier dernier. Il prévoit qu'Israël annexe la vallée du Jourdain et les colonies juives situées en Cisjordanie, soit 30 % de ce territoire occupé depuis 1967. Mercredi soir, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a déclaré que "les Israéliens prendront ces décisions en dernier ressort, c'est une décision qui revient à Israël". Ce feu quasi vert de Washington a réveillé les diplomaties palestinienne et européennes. 

Ainsi, Mahmoud Abbas a-t-il réagi mardi à ce calendrier. Le président palestinien affirme avoir "prévenu les différentes parties, y compris les gouvernements américain et israélien. Nous ne resterons pas les bras ballants si Israël annonce l'annexion d'une quelconque partie de notre terre. Nous considérerons alors que les accords conclus entre nous et ces deux pays sont nuls et non avenus." Ce n'est pas la première fois que Mahmoud Abbas envisage de rompre les accords sécuritaires et économiques conclus avec Israël dans le cadre du processus de paix initié à Oslo. À de multiples reprises, il a brandi cette menace sans jamais passer à l'acte. 

L'Europe engagée mais pas unie

En revanche, les réactions française et européenne ont été plus tranchantes que lors de la présentation du "plan Trump". Mardi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'est entretenu au téléphone avec son homologue palestinien. Quarante-huit heures après le représentant français aux Nations unies a fait part devant le Conseil de sécurité de "la grave préoccupation de la France concernant la menace d’annexion (...) de certaines parties de la Cisjordanie, y compris la vallée du Jourdain et les colonies. Cela constituerait une violation flagrante du droit international (...) De telles mesures, si elles étaient mises en œuvre, ne resteraient pas sans réaction et seraient prises en compte dans nos relations avec Israël. " Un diplomate familier du Proche-Orient nous confie que la France a haussé le ton à cause de cette "accélération du calendrier et de cette échéance brève, désormais, au 1er juillet. On se doit de tenir un langage ferme. L'Autorité palestinienne est dans une grande inquiétude et sa priorité est de mobiliser la communauté diplomatique. C'est la priorité pour la Paix. Les Palestiniens sont inquiets à raison !" 

L'annexion de la vallée du Jourdain à partir du 1er juillet, c'est branle-bas dans le corona !

Mais quelles réactions ? Truculent, un ponte du Quai d'Orsay estime que "l'annexion de la vallée du Jourdain à partir du 1er juillet, c'est branle-bas dans le corona ! Donc, on rappelle la position traditionnelle de la France et l'on retrousse les babines en parlant des réactions. Sauf que rien n'est prévu à ce stade. Je rappelle que le Conseil de sécurité n'est pas créateur de droit, contrairement à l'Assemblée Générale, mais créateur de conséquences. Quand vous parlez au Conseil de sécurité, vous devez être opérationnel et donc vous devez dire scrogneugneu. Il sera temps de voir quelles réactions." Au ministère des Affaires étrangères, on confirme qu'il est trop tôt pour parler de ces "réactions" mais qu'il est déjà inenvisageable de remettre en cause la coopération sécuritaire et les échanges culturels avec Israël...  

En revanche, on convient que Paris doit enclencher "une dynamique européenne" sur la question, la France étant – depuis le Brexit – le seul pays de l'Union européenne membre permanent du conseil de sécurité. Mais cette "dynamique" est loin d'être acquise. L'Allemagne est sur la même ligne que la France et le haut représentant pour la politique extérieure de l'UE, Josep Borell, rappelle que "l'Union ne reconnaît pas la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie occupée". Mais le ministre israélien des Affaires étrangères Yisrael Katz doute de l'unité européenne sur cette déclaration : "Elle n'a pas reçu le soutien de tous les pays membres de l'UE. Nous nous demandons bien quelle politique ce monsieur distingué est censé représenter. Je remercie nos amis qui se sont opposés aux propos de M. Borell". Sans les citer, il fait allusion aux dirigeants polonais, hongrois, tchèques, slovaques ou encore autrichiens très proches politiquement de Benjamin Netanyahu, qui dispose avec eux de solides alliés en Europe.

Des critiques en Israël

Finalement, c'est peut-être dans les milieux sécuritaires israéliens que Netanyahu et Gantz rencontreront le plus d'oppositions. Plusieurs experts (généraux à la retraite, ancien directeur du Mossad) considèrent dans une tribune que l'annexion constitue une menace pour la sécurité nationale d'Israël. Elle remettrait en cause les traités de paix avec l'Égypte (intermédiaire incontournable dans le dialogue avec le Hamas à Gaza et partenaire dans la lutte contre Daech dans le nord Sinaï) et surtout la Jordanie. Avec une communauté palestinienne très nombreuse, le royaume pourrait connaître des troubles en cas d'annexion israélienne de l'autre côté du fleuve Jourdain. Des troubles pourraient être fâcheux pour Israël car la Jordanie lui offre une profondeur stratégique en direction de la Syrie, l'Irak et surtout l'Iran. Toujours selon les signataires de ce texte, face à une colère populaire attisée par la baisse des prix du pétrole, les pays arabes du golfe favorables à Israël, notamment l'Arabie saoudite, pourraient eux aussi hausser le ton. Enfin, un effondrement de l'Autorité Palestinienne, qui collabore avec Israël dans la lutte contre le terrorisme, ne serait pas à exclure.

Au contraire, l'ancien conseiller à la sécurité nationale et général à la retraite Jacob Nagel ne s'attend pas à de fortes oppositions sur le terrain : "Je pense qu'il ne se passera pas grand chose. Souvenez-vous des gens qui nous menaçaient de réactions terribles quand le déménagement de l'ambassade américaine à Jérusalem a été annoncé : le Moyen-Orient va flamber ! Donc il y aura des cris d'orfraie et puis ça passera. Je ne pense pas que cette décision soit un si gros problème. C'est totalement politique et rien d'autre."

La communauté internationale ne doit plus se taire.

Yair Lapid, le chef de file centriste de l'opposition (ancien allié de Benny Gantz au sein du mouvement Bleu Blanc) entrevoit le scénario catastrophe : "Il y aura une annexion unilatérale. Cela anéantira le traité de paix avec la Jordanie et provoquera des dommages irréparables avec le Parti démocrate et une majorité des Juifs américains." Pour Amit Gilutz, porte-parole de l'ONG israélienne B'TSelem, qui milite pour une solution à deux États équilibrée, "l'annexion de facto et l'apartheid n'ont pas attendu le 1er juillet. Ils sont déjà là de longue date. Mais au moins, Jérusalem et Washington ont cessé de mentir à propos de leurs intentions et de leurs actions. La communauté internationale ne doit plus se taire". Si tant est qu'elle existe, la "communauté internationale" entrouvre les lèvres. Hormis les États-Unis, personne ne pourra empêcher Israël d'annexer la Cisjordanie le 1er juillet a fortiori si Donald Trump, fragilisé par l'épidémie de coronavirus et ses terribles conséquences économiques, n'était pas réélu en novembre prochain. Voilà pourquoi le compte à rebours pour l'annexion est enclenché.

Frédéric Métézeau

 

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 22:03
Une rue d'Uvira, dans la province du Sud Kivu, sous les eaux, le 21 avril 2020.

Une rue d'Uvira, dans la province du Sud Kivu, sous les eaux, le 21 avril 2020.

Au moins 46 personnes sont mortes dans les récentes inondations à Uvira, dans l'est de la République démocratique du Congo, où de nombreux autres habitants sont portés disparus ou ont été blessés. L’évêque du diocèse d’Uvira, Sébastien Muyengo, nous fait part de ses inquiétudes.

Dans le Sud Kivu, la ville d'Uvira, enclavée entre le lac Tanganyika et une chaîne de montagnes, est désormais coupée du monde, après des pluies torrentielles tombées entre le 16 et le 18 avril. Dans la région, près de 80 000 personnes sont touchées. «Beaucoup de gens ont perdu leur maison, les ponts ont été emportés», détaille l'évêque d'Uvira, Mgr Sébastien Muyengo, qui s’inquiète des conséquences de manque d’eau potable, et redoute l’arrivée du choléra et de la fièvre typhoïde.

Les familles, dévastées, risquent également de souffrir de la faim, explique l’homme d'Église, car les cultures sont ruinées ou devenues inaccessibles. Proche de la frontière avec le Burundi, de nombreux habitants d’Uvira se rendaient à Bujumbura, la capitale burundaise, pour se soigner ou acheter des médicaments. Un déplacement devenu aujourd’hui doublement impossible: les routes sont coupées à la suite des inondations, et la frontière est fermée à cause de la pandémie de Covid-19. 

Nombreux sont ceux qui ont trouvé abris dans les églises et le diocèse se mobilise pour aider la population, explique l’évêque d’Uvira, inquiet, qui ajoute que «nous sommes coupés de partout». 

Des Casques bleus pakistanais en poste à Uvira ont participé à des opérations de sauvetage, a indiqué sur Twitter la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), avec des photos et des vidéos montrant d'impressionnants flots d'eau boueuse. Le gouvernement central de Kinshasa a envoyé sur place une forte délégation, ce qui a provoqué des réticences de la part des représentants de la société civile qui s'inquiètent de la propagation du Covid-19.

Le prix Nobel de la paix 2018, le gynécologue Denis Mukwege, a adressé un message de condoléances aux habitants d'Uvira, depuis Bukavu où se trouve sa clinique de Panzi.

Entretien réalisé par Giada Aquilino - Cité du Vatican 

 

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 18:34
Des sacs de nourriture distribués aux habitants d'Agbelekale à Lagos le 1er avril 2020 / AFP

Des sacs de nourriture distribués aux habitants d'Agbelekale à Lagos le 1er avril 2020 / AFP

Les portes du camion s'ouvrent, la foule se masse, se bouscule, et les cris de joie fusent en apercevant les centaines de sacs d'aide alimentaire à l'intérieur. Les habitants d'Alimosho, quartier pauvre et surpeuplé de Lagos, mégapole tentaculaire du Nigeria, n'en croient pas leurs yeux: «pour une fois qu'on pense à nous!»

Mais l'euphorie sera de courte durée. Leur espoir douché sur la piste en terre cabossée aux égouts débordant d'un liquide noir qui dégage une odeur putride. On comprend que de nourriture, il n'y aura pas pour tout le monde. Et les louanges se transforment vite en insultes.

«Menteurs! Voleurs!», hurlent des femmes avec des enfants accrochés dans le dos ou à leurs jambes, sous une chaleur accablante.

Autour de la foule, s'alignent des échoppes rafistolées avec des tôles de fer aux allures de bidonville, toutes fermées depuis que le coronavirus est apparu et que la vie s'est arrêtée dans la plus grande ville d'Afrique subsaharienne.

Lagos, moteur économique de toute l'Afrique de l'Ouest, est placée en confinement total pour 14 jours depuis mardi. L'annonce, par le président Muhammadu Buhari, est tombée comme un coup de massue dans cette ville en perpétuelle effervescence, temple de la débrouillardise.

Seuls continuent les approvisionnements des magasins en nourriture, en pétrole et en électricité, mais encore faut-il avoir quelques économies pour pouvoir s'offrir l'essentiel.

Le gouvernement fédéral a promis de verser immédiatement deux mois d'avance aux bénéficiaires habituels de l'aide sociale (5.000 nairas par mois, environ 25 dollars), mais pour les autres, il s'en remet à la solidarité des États et des communautés locales.

L’État de Lagos a prévu des colis alimentaires d'urgence ciblant les 200.000 foyers les plus vulnérables, soit environ 1,2 million de personnes. Priorité aux vieux, aux handicapés, aux femmes seules.

Un geste rare d'aide sociale, mais qui représente une goutte d'eau dans un océan de misère. Vingt millions de personnes vivent dans la mégapole nigériane, dont une grande majorité en dessous du seuil de l'extrême pauvreté, avec moins de deux dollars par jour.

Comme le rappelle ce matin-là à l'AFP Gbolahan Lawal, le ministre de l'Agriculture de Lagos, «plus de 60% des gens sont dans le secteur informel et gagnent un salaire journalier».

Alors à Alimosho, quartier qui compte à lui seul un à trois millions d'habitants, la faim et l'argent sont déjà un problème alors que le confinement vient à peine de commencer.

- «Ils nous provoquent» -

Sous les yeux médusés des habitants, seuls 50 sacs sont finalement déchargés - contenant chacun 5 kg de riz, 5 kg de farine de manioc, 3 kg de haricots et 2 miches de pain, censés permettre de tenir deux semaines.

Pour éviter une émeute, les autorités les ont livrés d'abord chez le chef traditionnel local, le baale, qui aura la tâche ingrate de sélectionner les quelques bénéficiaires.

Devant sa cour, la colère monte sur les visages fermés et ils sont désormais des centaines, peut-être plus, à secouer les grilles, menaçant de rompre les chaînes qui tiennent les battants.

«Ils veulent qu'on s'entretuent ou quoi? C'est très risqué de venir donner 50 sacs de nourriture comme ça. Evidemment on n'aura rien, comme d'habitude ils vont nous laisser crever de faim», s'emporte Abiola Okudukun, une jeune coiffeuse qui a cinq enfants à nourrir.

«Ils nous provoquent, si c'est comme ça, on va retourner au travail dès demain, vous croyez quoi», la coupe en vociférant Akandi Kausara, une quinquagénaire potelée qui vend de petites portions de gari bouilli (semoule de manioc) avec des sachets de «pure water» (eau filtrée).

Les agents de l'Etat sont dépassés, la peur se lit sur leurs visages, mais que peuvent-ils faire de plus? Ils referment à la hâte les portes du camion, se frayent un chemin jusqu'à leurs voitures et repartent en trombe continuer leur tournée.

La veille, un autre incident a déjà failli tourner au bain de sang dans le quartier voisin d'Agege, réputé violent, où une «task force» de la police de Lagos tentait de faire respecter le confinement, entre les terrains de foot improvisés au milieu de la route et les bars remplis à craquer.

 

Après avoir chassé une soixantaine de prostituées et leurs clients d'une maison close, alors que la nuit tombait, la patrouille s'en est pris à la mosquée centrale où priaient des centaines de fidèles, en totale contravention avec l'interdiction des rassemblements de plus de 20 personnes.

En quelques minutes, des milliers de jeunes dont certaines armés de couteaux sont sortis des ruelles en terre adjacentes, la rumeur a grondé, et la tension culminé avec des jets de tessons de bouteilles sur les voitures de police, qui ont là encore réussi à s'extirper in extremis de la foule compacte.

«La frustration et la colère sont là», murmure à l'AFP un policier, qui avoue avoir «eu chaud». «A la moindre étincelle, cela peut exploser. Alors imaginez dans quelques jours, quand ils auront vraiment faim».

AFP

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 09:35

Exhortation apostolique post-synodale Querida Amazonia du Saint-Père au peuple de Dieu et à toutes les personnes de bonne volonté le mercredi 12 février 2020.

L’Amazonie bien-aimée se présente au monde dans toute sa splendeur, son drame et son mystère. Dieu nous a fait la grâce de l’avoir tenue spécialement présente au cours du Synode qui s’est déroulé à Rome du 6 au 27 octobre, et qui s’est achevé par un texte ayant pour titre Amazonie : nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale.

Le sens de cette Exhortation

2. J’ai écouté les interventions pendant le Synode et j’ai lu avec intérêt les contributions des cercles mineurs. Dans cette Exhortation, je souhaite exprimer les résonances qu’a provoquées en moi ce parcours de dialogue et de discernement. Je ne développerai pas toutes les questions abondamment exposées dans le Document de conclusion. Je ne prétends pas le remplacer ni le répéter. Je désire seulement fournir un bref cadre de réflexions qui incarne, dans la réalité amazonienne, une synthèse de certaines grandes préoccupations que j’ai exprimées dans mes documents antérieurs, et qui aide et oriente vers une réception harmonieuse, créative et fructueuse de tout le chemin synodal.

3. En même temps, je veux présenter officiellement ce Document qui nous expose les conclusions du Synode auquel ont collaboré de nombreuses personnes qui connaissent, mieux que moi et que la Curie romaine, la problématique de l’Amazonie, parce qu’elles y vivent, elles y souffrent et elles l’aiment avec passion. J’ai préféré ne pas citer ce Document dans cette Exhortation parce que j’invite à le lire intégralement.

4. Dieu veuille que toute l’Église se laisse enrichir et interpeller par ce travail ; que les pasteurs, les personnes consacrées et les fidèles laïcs de l’Amazonie s’engagent pour son application et qu’il puisse inspirer, d’une manière ou d’une autre, toutes les personnes de bonne volonté.

Rêves pour l’Amazonie

5. L’Amazonie est une totalité plurinationale interconnectée, un grand biome partagé par neuf pays : le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l’Équateur, la Guyane, le Pérou, le Surinam, le Venezuela et la Guyane Française. Cependant, j’adresse cette Exhortation à tous. Je le fais, d’une part en vue d’aider à réveiller l’affection et la préoccupation pour cette terre qui est aussi la « nôtre » et vous inviter à l’admirer et à la reconnaître comme un mystère sacré. D’autre part, parce que l’attention de l’Église aux problématiques de ce lieu nous oblige à reprendre brièvement certains thèmes que nous ne devrions pas oublier et qui peuvent inspirer d’autres régions du monde face à leurs propres défis.

6. Tout ce que l’Église offre doit s’incarner de manière originale dans chaque lieu du monde, de sorte que l’Épouse du Christ acquière des visages multiformes qui manifestent mieux l’inépuisable richesse de la grâce. La prédication doit s’incarner, la spiritualité doit s’incarner, les structures de l’Église doivent s’incarner. Voilà pourquoi je me permets humblement, dans cette brève Exhortation, d’exprimer quatre grands rêves que l’Amazonie m’inspire.

7. Je rêve d’une Amazonie qui lutte pour les droits des plus pauvres, des peuples autochtones, des derniers, où leur voix soit écoutée et leur dignité soit promue. Je rêve d’une Amazonie qui préserve cette richesse culturelle qui la distingue, où la beauté humaine brille de diverses manières.

Je rêve d’une Amazonie qui préserve jalousement l’irrésistible beauté naturelle qui la décore, la vie débordante qui remplit ses fleuves et ses forêts. Je rêve de communautés chrétiennes capables de se donner et de s’incarner en Amazonie, au point de donner à l’Église de nouveaux visages aux traits amazoniens.

 

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 20:55
Le chef de l’État a choisi de commencer sa journée par une visite de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF).

Le chef de l’État a choisi de commencer sa journée par une visite de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF).

Le président de la République a choisi d’entamer le deuxième jour de sa visite en Israël et dans les Territoires palestiniens par une visite de l’École biblique et archéologique de Jérusalem, qui fête cette année son centième anniversaire. Il a salué le travail de ses chercheurs, soulignant que « l’on n’est jamais vraiment libre sans l’expérience de l’altérité ».

Décidément, Emmanuel Macron a pris quelques libertés avec le programme officiel de sa visite en Israël et dans les territoires palestiniens. Le « déjeuner avec des représentants des communautés chrétiennes » prévu mercredi 22 janvier à Sainte-Anne, la maison des Pères blancs à Jérusalem, a été écourté et remplacé par une visite de la Vieille ville et de ses principaux lieux saints : la basilique du Saint-Sépulcre, l’esplanade des mosquées et le Kotel, le mur occidental de l’ancien temple de Jérusalem.

Mais le lendemain, le chef de l’État a choisi de commencer sa journée par une visite de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF), magnifique domaine situé à deux pas de la Vieille ville – de l’autre côté de la porte de Damas – tenu par les Frères prêcheurs (dominicains) et qui fête cette année le 100e anniversaire de sa reconnaissance comme « École archéologique française ».

« L’impression qu’il avait tout son temps »

Accompagné de son conseiller diplomatique, Emmanuel Bonne, de Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, et de Charles Personnaz, auteur d’un rapport sur le patrimoine chrétien et les écoles francophones au Moyen-Orient, qui faisaient également partie de sa délégation, le président de la République est resté « une heure et demie », rapporte le fr. Jean-Jacques Pérennès, le directeur de l’EBAF. « Il était très à l’écoute : nous avions le sentiment qu’il avait tout son temps ».

Certains des responsables religieux, qui n’avaient pas pu le rencontrer la veille, étaient également présents : ceux de la Maison d’Abraham, maison d’accueil tenue par le Secours catholique, les frères bénédictins du monastère d’Abou Gosh, les frères de La Salle, qui tiennent le Collège des Frères à Jérusalem-Est, les sœurs de la Sainte-Croix de Jérusalem, etc.

Les dominicains ont retracé l’histoire de leur école, fondée en 1890 par le père Marie-Joseph Lagrange au sein du couvent de Saint-Étienne. D’abord dédiée à l’étude de la Bible « dans le contexte physique et culturel où elle a été écrite », elle a changé de nom après que, le 20 octobre 1920, l’Académie des inscriptions et belles-lettres l’a reconnue comme « l’École archéologique française de Jérusalem » en raison de la qualité de ses réalisations dans ce domaine.

Transmettre un peu de l’humanisme français

Elle est alors devenue École biblique et archéologique française, à la fois fondation dominicaine et institution scientifique sur le modèle de l’École française d’Athènes, de Rome ou d’Extrême-Orient.

« Chacun des participants a pu montrer comment nos écoles et établissements culturels transmettent un peu de l’humanisme français et contribuent concrètement au vivre-ensemble, à la réconciliation et à la reconnaissance de l’autre en Israël et dans les Territoires », raconte le frère Jean-Jacques Pérennès. La veille, le président de la République avait annoncé le lancement d’un « nouveau fonds » destiné au financement des écoles chrétiennes au Moyen-Orient.

Avant de partir, le chef de l’État a tenu à visiter la bibliothèque, utilisée par les étudiants en sciences bibliques ou désireux de se spécialiser en archéologie, en histoire et géographie du Proche-Orient. Les dominicains lui ont également montré leur grand projet du moment : la « Bible en ses traditions », un site Internet collaboratif qui permet, en cliquant sur un passage du texte biblique, de découvrir nombre d’éclairages sur les milieux qui l’ont vu naître, les auteurs, les premiers destinataires comme sur les effets de sa réception dans la théologie, la littérature, les arts…

France et Israël : « Les relations se fondent sur des malentendus »

« Le président de la République nous a tous fortement encouragés, reconnaissant que le contexte était difficile », note Jean-Jacques Pérennès. « En conclusion, il a eu cette phrase : ’on n’est jamais vraiment libre sans l’expérience de l’altérité’ ».

Depuis un accord passé entre François Ier et Soliman le Magnifique, la France conserve un rôle de protectrice des communautés et établissements catholiques d’origine française en Terre Sainte. Aujourd’hui encore, une quarantaine de congrégations – et environ 130 établissements éducatifs, de santé ou d’accueil – sont définies comme étant « sous protection française ».

Anne-Bénédicte Hoffner

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 08:18
Des véhicules fuient les combats le 4 février 2020 dans le nord de la province d'Idleb (nord-ouest de la Syrie), cible d'une offensive du régime / AFP

Des véhicules fuient les combats le 4 février 2020 dans le nord de la province d'Idleb (nord-ouest de la Syrie), cible d'une offensive du régime / AFP

Un demi-million de personnes ont été déplacées en deux mois de violences dans le nord-ouest de la Syrie, où le régime mène avec le soutien de Moscou une offensive dans la région d'Idleb pour reconquérir l'ultime grand bastion dominé par jihadistes et rebelles.

L'offensive du régime a aussi provoqué une montée des tensions entre Damas et Ankara, qui soutient des rebelles et dispose de troupes dans cette région frontalière de la Turquie, au lendemain de combats meurtriers inédits entre soldats des deux pays.

Depuis décembre, la province d'Idleb et ses environs sont quasi quotidiennement la cible de frappes du régime de Bachar al-Assad qui avance dans la région grâce notamment au soutien de l'aviation russe

Quelque 520.000 personnes ont été poussées à la fuite depuis début décembre, une des plus grandes vagues d'exode dans le pays en guerre, a indiqué l'ONU mardi.

Le conflit en Syrie, qui a fait plus de 380.000 morts depuis 2011, a aussi jeté sur la route de l'exil plus de la moitié de la population d'avant-guerre --plus de 20 millions d'habitants.

Les civils fuyant les violences à Idleb trouvent refuge dans des zones relativement épargnées plus au nord, souvent près de la frontière avec la Turquie, qui accueille déjà plus de trois millions de réfugiés syriens.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays craint un nouvel afflux de réfugiés syriens, a prévenu qu'il ne permettrait pas au régime syrien de «gagner du terrain» dans la région.

Il a en outre prévenu qu'Ankara riposterait «de la plus ferme des manières» si ses troupes sont prises pour cible, lors d'un entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des tirs d'artillerie du régime syrien ont fait huit morts côté turc. Ankara a répondu en bombardant des positions syriennes, tuant au moins 13 personnes.

A Damas, le commandement des forces armées a qualifié d'«agression flagrante» la présence de forces turques en Syrie, et prévenu que l'armée se tenait prête «pour une riposte immédiate à toute agression» turque contre les troupes syriennes dans la région, selon l'agence officielle syrienne Sana.

- «Autodéfense justifiée» -

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a affirmé mardi que Washington soutenait «pleinement» la riposte de la Turquie aux tirs du régime syrien, estimant qu'il s'agissait d'«autodéfense justifiée».

Même si elles soutiennent des camps opposés en Syrie, la Turquie et la Russie ont renforcé depuis 2016 leur coopération sur ce dossier. Mais Ankara accuse Moscou de ne pas faire suffisamment pression sur Damas pour qu'il stoppe son offensive à Idleb.

Mardi, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a dit craindre «une escalade» susceptible de mener à «une situation totalement hors de contrôle» et réclamé un «arrêt des hostilités» entre Ankara et Damas.

 

Les violences ont provoqué un exode massif dans la région, où un correspondant de l'AFP à Hazano, dans le nord d'Idleb, a vu défiler mardi des camions, des tracteurs tirant des remorques, des minibus, avançant pare-choc contre pare-choc, transportant des déplacés.

Les déplacés emportent avec eux matelas en mousse, couvertures, chaises en plastique, bonbonnes de gaz, moutons, des portes démontées et des armoires.

- «Crimes de guerre»? -

En une semaine, Mohamed Bahjat et sa famille ont été déplacés trois fois, fuyant les combats près de la ville de Saraqeb.

«On ne sait pas où on va», confie ce père de trois enfants. «On est parti sous les bombardements», lâche l'homme de 34 ans, qui voyage avec ses parents et son frère.

Un autre correspondant de l'AFP a vu des déplacés démonter leurs tentes près de Binnich, emportant dans des camionnettes leurs maigres effets et parfois leurs poules.

La majorité des déplacés fuient le sud d'Idleb pour se rendre dans «des zones urbaines et des camps de déplacés» du nord-ouest de la province ou dans des territoires du nord de la région voisine d'Alep, selon l'ONU.

L'offensive du régime a coûté la vie à 294 civils dont 83 enfants depuis mi-décembre, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Et la Commission d'enquête indépendante et internationale (COI) sur la Syrie a fait état «d'attaques contre les infrastructures civiles --dont des écoles, des marchés et des installations médicales».

«Le ciblage délibéré et systématique des hôpitaux suit un schéma déjà documenté par la Commission et pourrait constituer des crimes de guerre», martèle la COI, créée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

Plus de la moitié de la province d'Idleb et certaines zones des régions voisines d'Alep, Hama et Lattaquié, sont dominées par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda). Des groupes rebelles y sont également présents.

Le front d'Idleb représente la dernière grande bataille stratégique pour le régime, qui contrôle désormais plus de 70% du territoire national après avoir multiplié les victoires, avec l'aide cruciale de la Russie, face aux jihadistes et rebelles.

AFP

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25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 20:39
Une lanterne rat à Shanghai à l'occasion du Nouvel An chinois en janvier 2020 - STR-AFP

Une lanterne rat à Shanghai à l'occasion du Nouvel An chinois en janvier 2020 - STR-AFP

Ce samedi, c'est le Nouvel An chinois. Alors que 2019 était l'année du cochon de terre, 2020 sera celle du rat de métal. Ce qui ne serait pas sans conséquence pour les chevaux, lapins et chèvres. 

Après le cochon, le rat. À partir de ce samedi, date du Nouvel An chinois, et jusqu'au 11 février 2021, le rat de métal sera à la fête pour les douze prochains mois.

  • Le Nouvel An lunaire

Le Nouvel An - appelé en Chine "fête du printemps" - ne se produit jamais à la même date d'une année à l'autre. Il a précisément lieu lors de la deuxième nouvelle lune depuis le solstice d'hiver qui est toujours comprise entre le 21 janvier et le 20 février. En 2019, il a été fêté le 5 février. Les festivités durent quinze jours. Cette année, avec les inquiétudes concernant le coronavirus et afin d'éviter une plus forte contagion, Pékin a tout annulé.

  • Un système vieux de 4000 ans

La légende veut que l'Empereur de Jade, ou Bouddha, organisa une course entre les animaux: les douze premiers qui parviendraient à traverser la rivière pour atteindre la rive opposée pourraient donner leur nom à une année. Le rat (qui trahit le chat, ce qui explique qu'il ne figure pas parmi les douze signes) arriva premier après être grimpé sur la tête du buffle et le cochon dernier après avoir bien mangé et fait une sieste. 

L'astrologie chinoise remonterait à l'empereur Huang Di, également appelé Empereur jaune, souverain de la haute Antiquité du troisième millénaire avant notre ère. Personnage historique ou mythologique, il serait à l'origine du calendrier chinois et d'un système de décompte du temps. Les empereurs chinois ont longtemps interdit la pratique de l'astrologie au commun des mortels, par crainte qu'elle ne soit employée à leur encontre, pour en réserver strictement l'usage à la cour impériale.

  • Douze animaux

L'astrologie chinoise compte elle aussi douze signes, exclusivement des animaux: rat, buffle, tigre, lapin, dragon, serpent, cheval, chèvre, singe, coq, chien et cochon. À chacun d'entre eux sont attribués des qualités: le cochon serait généreux, le buffle persévérant et le tigre audacieux. Chaque année étant associée à un animal, l'astrologie chinoise s'étale ainsi sur un cycle de douze ans.

Le rat est le premier animal dans l'astrologie chinoise, symbole d'intelligence, de débrouillardise et d'ambition. Mais aussi de fête, indique à BFMTV.com Badema, astrologue et maîtresse feng shui. "Au troisième jour du Nouvel an, selon la légende et dans la culture chinoise, le rat organise une fête pour marier sa fille. C'est aussi un animal qui représente la richesse, encore plus avec un rat de métal, symbole d'argent."

  • Cinq éléments

En plus des douze animaux, l'astrologie chinoise définit cinq éléments: le bois, le feu, la terre, le métal et l'eau. "Un dragon de bois n'a rien à avoir avec un dragon de métal, c'est un peu comme l'ascendant d'un signe du zodiaque", explique à BFMTV.com l'astrologue Suzanne White, auteure de L'Astrologie chinoise. Chaque élément s'impose pour deux ans, ce qui signifie qu'un même signe avec un même élément ne revient qu'une fois tous les soixante ans. 

  • Que signifie l'année du rat de métal?

Après le cochon de terre en 2019, cette année sera sous le signe du rat de métal. Un signe "protecteur, positif et économe", ajoute Suzanne WhiteLa dernière fois, c'était donc en 1960. "Pour un rat, c'est un nouveau cycle, l'occasion de se projeter pour les douze années à venir, de se décider, d'évoluer, de construire son avenir", poursuit l'astrologue. Mais une année sous le signe du rat de métal a des répercussions sur tous les signes. 

"L'astrologie chinoise ne vous dit pas que, parce que Jupiter passe devant Mercure, il va vous arriver ceci ou cela. C'est bien plus personnel et terre-à-terre. C'est un peu comme du coaching de vie. Elle interroge, vous aide à faire des choix et vous met en garde aussi selon les caractéristiques de votre signe."

  • Une année d'amour pour les lapins, cochons et chèvres?

Si, pour les rats, cette année se profilerait pleine de promesses, elle pourrait au contraire s'avérer périlleuse pour d'autres. "Sur la carte des signes du zodiaque, le cheval est placé en face du rat, remarque Badema. Ce qui signifie pour ce signe qu'il faudra faire attention, prendre moins de risques." Contrairement aux lapins, cochons et chèvres, pour qui cette année s'annoncerait sous ses meilleurs auspices sur le plan de l'amour, pointe la maîtresse feng shui.

Une analyse que ne partage pas Luc Torralba, astrologue et maître feng shui. "Vous dire que l'on entre dans une année de rat de métal, c'est comme si je vous disais qu'on entrait en 2020, c'est très vague", nuance-t-il pour BFMTV.com. Car dans l'astrologie chinoise, ce qui compte, c'est la date de naissance et en aucune manière les planètes, contrairement à l'astrologie occidentale.

"L'année, le mois, le jour et l'heure sont les quatre piliers qui permettent de faire un thème, avec un pilier supplémentaire, celui de la chance que l'on peut comparer au signe de l'année. Mais il m'est impossible de faire des généralités. Un horoscope est forcément individuel."

  • Les signes au quotidien

À une certaine époque, les mariages se faisaient selon la compatibilité des signes. Impossible par exemple d'unir deux personnes nées sous le signe du chien, contrairement à l'union très prometteuse d'un chien et d'un cochon. Mais attention, un chien d'eau et un cochon de feu (l'eau éteint le feu) n'auraient certainement pas fait bon ménage.

De nos jours, l'astrologie est loin d'être anecdotique en Chine. Et il n'est pas rare que, pour faire connaissance, la date de naissance précise soit demandée. Autre fait notable: les années dragon - signe le plus puissant de l'astrologie - connaissent des pics de naissance. Contrairement aux années chèvres, qui voient souvent les femmes se précipiter à la maternité avant cette nouvelle année, craignant qu'elle ne soit synonyme de malchance pour leur enfant.

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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 06:26
Un pompier tente d'éteindre une incendie pour protéger les maisons des feux de brousse près de la ville de Nowra dans l'Etat de la Nouvelle-Galles du Sud en Australie, le 31 décembre 2019.  (SAEED KHAN / AFP)

Un pompier tente d'éteindre une incendie pour protéger les maisons des feux de brousse près de la ville de Nowra dans l'Etat de la Nouvelle-Galles du Sud en Australie, le 31 décembre 2019. (SAEED KHAN / AFP)

Ce seul brasier a réduit en cendres une superficie de plus de 6 000 km2, soit plus de 55 fois la taille de Paris.

Deux gigantesques incendies ont, sous l'effet des vents, fusionné vendredi 10 janvier dans le sud-est de l'Australie en un brasier qui a déjà détruit une superficie 55 fois plus grande que Paris, alors que des milliers de personnes manifestaient pour exiger des actes contre le réchauffement climatique.

"Les conditions sont difficiles aujourd'hui", a expliqué aux journalistes le chef des pompiers dans les zones rurales de Nouvelle-Galles du Sud, Shane Fitzsimmons. "Ce sont les vents chauds et secs qui constituent de nouveau le véritable défi", a-t-il précisé. 

Voilà plusieurs jours que les autorités redoutaient l'arrivée aujourd'hui d'une nouvelle vague de chaleur catastrophique dans un pays en proie depuis septembre à une crise catastrophique des feux de forêts. Comme attendu, le mercure a dépassé vendredi les 40 degrés dans les Etats de Victoria et de Nouvelle-Galles du Sud, et l'inquiétude se portait désormais sur un "mégafeu" né vendredi après-midi de la jonction de deux incendies. Ce seul brasier a réduit en cendres une superficie de plus de 6 000 km2, soit plus de 55 fois la taille de Paris.

L'année 2019 a été la plus chaude et la plus sèche en Australie

La catastrophe en cours est aussi écologique. Au terme d'une étude, le professeur Chris Dickman, de l'Université de Sydney, a estimé dans un communiqué publié lundi qu'un milliard d'animaux avaient péri, un chiffre qui inclut les mammifères, les oiseaux et les reptiles, mais pas les insectes ni les invertébrés.

Liés à une sécheresse particulièrement grave en Australie, ces incendies sont de plus aggravés par le réchauffement climatique, alors que les scientifiques prédisent de longue date que la récurrence de ces événements météorologiques extrêmes ne fera que s'aggraver. L'année 2019 a été en Australie la plus chaude et la plus sèche depuis le début des relevés. 

A Sydney et Melbourne, des milliers de personnes ont encore manifesté pour demander au gouvernement conservateur australien d'en faire plus pour lutter contre le réchauffement climatique et d'en finir avec son soutien inconditionnel à l'industrie du charbon, qui a très largement contribué à l'essor économique du pays, mais qui a cependant un piètre bilan environnemental.

 

AFP

 

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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 08:21
Plus de 235.000 déplacés en deux semaines de combats en Syrie, selon l'ONU © AFP / Aaref WATAD

Plus de 235.000 déplacés en deux semaines de combats en Syrie, selon l'ONU © AFP / Aaref WATAD

Des pick-ups pleins de matelas, vêtements et matériel électro-ménager: plus de 235.000 Syriens ont été déplacés en deux semaines en raison de l'intensification de l'offensive du régime et de son allié russe dans le nord-ouest du pays, selon l'ONU.

De nombreux véhicules ont de nouveau convoyé vendredi des civils hors de deux villes de la province d'Idleb touchées par les combats, la plupart se dirigeant vers des zones plus au nord et qu'ils jugent plus sûres, selon un journaliste de l'AFP.

 Ces déplacements massifs tombent au pire moment, alors que la région est frappée par de fortes averses qui inondent les camps de déplacés.

"On ne peut pas vivre dans les camps", lance Oum Abdou, une mère de cinq enfants récemment arrivée dans un camp près de la ville de Dana, au nord de la ville d'Idleb.

"Il y a de fortes pluies, et nous avons besoin de chauffage (...) d'habits et de nourriture", lance-t-elle.

Ville "quasiment vidée"

Le Bureau de l'ONU pour les affaires humanitaires (Ocha) rappelle que les déplacements "en hiver exacerbent le caractère vulnérable de certains, notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées". Il déplore aussi la suspension de l'aide de certaines ONG en raison des combats.

Le régime, qui après plus de huit ans de guerre contrôle désormais plus de 70 % du territoire, s'est dit déterminé à reconquérir la région d'Idleb, dominée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS).

Depuis le 16 décembre, ses forces, soutenues par l'aviation russe, ont intensifié leurs bombardements et de violents combats au sol les opposent aux jihadistes et rebelles, malgré un cessez-le-feu annoncé en août.

Le régime a récemment pris le contrôle de dizaines de villages, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Et depuis le 19 décembre, les combats, qui ont tué des centaines d'hommes dans les deux camps, se concentrent autour de la ville de Maaret al-Noomane.

Dans un communiqué, l'ONU parle de 235.000 personnes déplacées entre le 12 et le 25 décembre qui ont surtout concerné cette ville, "quasiment vidée" de ses habitants, et ses environs.

Depuis mi-décembre, les combats et raids aériens ont tué en outre près de 80 civils, selon l'OSDH.

La plupart des déplacés ont fui vers le nord pour rejoindre les villes d'Ariha, Saraqeb et Idleb, ou des camps de déplacés déjà surpeuplés le long de la frontière avec la Turquie, et certains se rendent dans des zones contrôlées par des rebelles pro-Ankara au nord d'Alep, a précisé l'ONU.

Certaines personnes qui avaient quitté Maaret al-Noomane pour Saraqeb "fuient de nouveau plus au nord, anticipant une intensification des combats" dans cette zone, selon la même source.

Un porte-parole de l'Ocha, David Swanson, a indiqué vendredi que plus de 80 % de ceux qui avaient fui le sud de la province d'Idleb en décembre étaient des femmes et des enfants.

Près de trois millions de personnes --dont la moitié ont été déplacées depuis d'autres régions reconquises par Damas-- vivent dans la région d'Idleb, composée d'une grande partie de la province du même nom et de segments des provinces voisines d'Alep et de Lattaquié, et dominée par HTS.

"Carnage"

Damas et Moscou y ont mené une offensive d'envergure entre avril et août, entraînant la mort d'un millier de civils, selon l'OSDH, provoquant la fuite de 400.000 personnes d'après l'ONU.

Mardi, Ankara, qui soutient des rebelles en Syrie, a annoncé être en pourparlers avec Moscou pour obtenir un nouveau cessez-le-feu à Idleb, appelant à la fin immédiate des frappes.

L'intensification de l'offensive à Idleb a suscité la condamnation d'autres pays.

Le président américain Donald Trump a appelé jeudi le régime syrien et ses alliés russe et iranien à cesser le "carnage" de civils dans la province d'Idleb.

La France avait réclamé plus tôt une "désescalade immédiate", accusant Damas et ses alliés russe et iranien d'"aggraver la crise humanitaire".

Le 20 décembre, Moscou et Pékin avaient mis leur veto au Conseil de sécurité à un projet de résolution étendant d'un an l'aide humanitaire transfrontalière de l'ONU à quatre millions de Syriens, dont les habitants d'Idleb.

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie par Damas, a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

Beyrouth (AFP) -  © 2019 AFP

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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 09:42
Une centaine d’incendie simultanés font rage en Australie

Une centaine d’incendie simultanés font rage en Australie

La Nouvelle-Galles du Sud, un État du sud-est de l'Australie, a été placé en état d'urgence jeudi, pour la seconde fois depuis septembre, en raison de gigantesques incendies. Attisés par des températures record, une centaine de feux sont toujours actifs sur l’île où trois millions d'hectares sont partis en fumée.

L’opéra de Sydney est à peine visible du ciel. La plus grande ville australienne, capitale de la Nouvelle-Galles du Sud, et ses 5 millions d’habitants suffoquent sous un épais nuage de fumées toxiques. En cause, une centaine de feux qui font rage dans l’État depuis des semaines, attisés par une vague de chaleur sans précédent. Un nouveau record de chaleur, le second en deux jours, a été annoncé jeudi 19 décembre.

"Il y a une centaine de feux répartis dans l'État de Nouvelles Galles du Sud et la moitié n'est pas encore maîtrisée. 2 000 pompiers sont sur place à l'heure où je vous parle", a déclaré à la presse Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers des zones rurales de Nouvelle-Galles du Sud.

Une équipe d'intervention rapide d'une centaine d'hommes est en alerte, prête à se déployer sur les feux les plus dangereux "étant donné l'énormité et la complexité de certains incendies", a souligné Shane Fitzsimmons, qui redoute une nouvelle augmentation des températures dans les jours à venir. "Bien que cette journée s'annonce très mauvaise, dangereuse même, les prévisions pour samedi seront encore pire. Nous parlons ici de conditions climatiques vraiment très dangereuses pour les prochains jours".

État d’urgence

Face à ces "conditions météorologiques catastrophiques", comme le concèdent les autorités australiennes, l'état d'urgence a été décrété pour une durée de sept jours dans l'État de Nouvelle-Galles du Sud (sud-est). Cette annonce intervient alors que la journée de mercredi a été designée la journée la plus chaude en Australie depuis le début des relevés, avec une moyenne nationale des températures maximales mesurée à 41,9°C. C'est un degré de plus que le précédent record (40,9°C) établi mardi.

Cette situation n’est pas sans conséquence sur la santé des Australiens. Les organisations professionnelles de médecins redoutaient lundi à Sydney à "une urgence de santé publique". Les hôpitaux ont constaté une importante augmentation de la fréquentation des urgences pour des problèmes respiratoires liés aux fumées toxiques.

Trois millions d’hectares partis en fumée

Le bilan des incendies qui font rage en Australie depuis des semaines est catastrophique. Au moins trois millions d'hectares sont partis en fumée. Six personnes sont mortes et plus de 800 maisons ont été détruites.

Selon les scientifiques, les incendies sont plus précoces et plus violents cette année en raison d'une sécheresse record, due au réchauffement climatique. Et pourtant, l'Australie a été l’un des pays les plus réticents pour l'adoption d'un accord sur la réduction des gaz à effet de serre à la récente conférence climat de l'ONU à Madrid (COP25).

 

Avec AFP 

 

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