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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 06:28
Des CRS lors d'une manifestation contre le projet de loi "Sécurité globale", 28 novembre 2020.

Des CRS lors d'une manifestation contre le projet de loi "Sécurité globale", 28 novembre 2020.

Alors qu’un nouveau débat sur les violences policières traverse la société, alimenté par le passage à tabac d’un chanteur ainsi que la loi « sécurité globale », le père Denis Chautard, aumônier de la préfecture de police de Paris, revient pour Aleteia sur ce malaise et la délicate – mais essentielle – mission du policier.
L’évacuation musclée de migrants place de la République et les images choquantes du passage à tabac d’un producteur de musique, Michel Zecler, par quatre policiers, alimentent depuis plusieurs jours le débat sur les violences policières au sein de la société. Un débat que nourrit également le projet de loi « Sécurité globale » visant à mieux articuler l’action des acteurs de la sécurité et dont l’article 24 – qui lutte contre la diffusion d’images de la police à des fins de menace ou de harcèlement – divise largement. « Les tensions entre la police et la société ne sont pas nouvelles », reconnaît auprès d’Aleteia le père Denis Chautard, prêtre de la Mission de France et aumônier de la préfecture. « Mais elles ne doivent pas faire perdre de vue que la très grande majorité d’entre eux remplissent leur mission avec cet amour des gens qui est au cœur de leur vocation ». Entretien.

Aleteia : Quel regard portez-vous sur les récents événements ?
Père Denis Chautard : Ces événements récents ont montré que des policiers ont abusé de leur uniforme et de la situation d’autorité dans laquelle ils se trouvaient par rapport à autrui pour faire quelque chose d’inacceptable. Chose pour laquelle ils vont être jugés et condamnés (les quatre policiers ont été suspendus à titre conservatoire, ndlr). Mais cet événement révèle aussi quelque chose de l’ordre du déficit dans la hiérarchie, dans la chaîne de commandement. Les policiers avec lesquels j’ai l’occasion d’échanger me disent souvent que les choses n’arrivent jamais vraiment par hasard, il y a contexte, un environnement… cela peut être le manque de formation, l’isolement, la peur qu’ils ressentent dans une situation de tension extrême etc.

Ces différends entre la police et la société ne sont pas nouveaux, ils sont même récurrents.

Plus globalement je dirais que ces différends entre la police et la société ne sont pas nouveau, ils sont même récurrents. Gilets jaunes, retraites… Il y a une accumulation. A ces difficultés déjà connues est venu s’ajouter un fait grave pour la mission des policiers : le terrorisme. Cet élément s’est imposé d’une façon très violente et très lourde dans l’actualité. La mission des policiers est de protéger la population par rapport aux risques qu’elle encourt. Et elle le fait dans une situation particulièrement tendue.

Quelles sont les difficultés auxquelles les policiers sont confrontés ?
La plupart des jeunes policiers ont souvent leur premier poste en Île-de-France. Et ils ne sont généralement pas préparés à ce qui les attend dans la mesure où leur formation est réduite en temps afin de répondre à la nécessité d’engager rapidement des forces dans des secteurs difficiles. Ces jeunes, animés d’un certain idéal, sont donc confrontés à des réalités difficiles, ils sont en première ligne sans avoir une expérience de terrain ni une formation au point. À cela il faut ajouter que ces jeunes sont eux-mêmes déracinés : ils viennent en grande majorité de province et leur situation familiale est compliquée car ils n’ont qu’un dimanche sur six pour rejoindre leur famille. Isolés, ils connaissent aussi une souffrance personnelle. La deuxième réalité est que la police faisait aussi office autrefois de famille. Il y avait une solidarité entre les policiers qui se retrouvaient pour des temps de convivialité, des repas, des fêtes. Aujourd’hui les locaux de convivialité ont été remplacés par des distributeurs À la fin de son service le policier est renvoyé à sa vie personnelle, seul avec lui-même. Avec l’épuisement, la fatigue voire même parfois la détresse personnelle, certains policiers vont jusqu’à perdre le sens de leur métier. Nous essayons en tant qu’aumôniers, avec la direction des ressources humaines, de proposer des groupes de paroles, des lieux où les policiers puissent échanger afin de retrouver du sens.

Y a-t-il un divorce entre la société et les policiers ?
Les choses sont plus compliquées que cela. Du fait d’une certaine inflation dans les médias, on a l’impression que le divorce est proche. Or, si la situation est effectivement tendue, ce n’est pas le cas. Bien évidemment quand des policiers se conduisent comme des voyous, des délinquants, ils doivent passer devant la justice et être condamnés pour leurs actions. Mais la plupart des policiers, la grande majorité, ont conscience de la responsabilité qu’ils ont d’apporter une réponse appropriée à la violence à laquelle ils font face. Mais c’est un équilibre très compliqué et toujours précaire. D’ailleurs dans de nombreuses vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux on voit bien souvent uniquement la réponse du policier mais absolument pas la violence qui est à l’origine de cette réponse.
Comment réconcilier les deux ?
Les policiers ont besoin plus que jamais du soutien de la population car leur mission est de protéger les citoyens, les plus faibles et les plus précaires. Au même titre que l’on dénonce les violences policières il est nécessaire de témoigner de leurs qualités, leurs actions. La grande majorité des policiers exercent leur métier avec l’amour des autres et ont conscience qu’ils sont là pour les protéger. Pour être policier, et c’est cœur de la vocation, il faut aimer les gens. En témoignent tous ceux qui sont en police secours, dans les brigades d’intervention… Ils sont confrontés quotidiennement aux situations les plus difficiles, violentes, inattendues et sont contraints d’intervenir dans des violences familiales, sur des accidents… Cela demande une maitrise de soi extrêmement grande. Beaucoup de policiers chrétiens me confient d’ailleurs qu’ils prient avant de prendre leur service. La prière est une force qui les aide à garder leur calme, leur sérénité. Rester maître de soi en toutes circonstances est la principale qualité d’un policier. Les policiers sont des gardiens de la paix, c’est leur première vocation. Et c’est un ministère magnifique. Tous les policiers qui considèrent cette mission ont un sens éminent du service qu’ils rendent

Qu’est-ce que la période de l’avent peut nous dire de cette réconciliation ?
Les chrétiens se préparent à la naissance du prince de la paix. Dieu vient établir sa demeure parmi les hommes et ainsi il vient manifester qu’en chacun de nous, en chaque être humain, il y a la flamme d’une présence. Cette présence est un lieu d’espérance. Chacun porte en lui la flamme d’amour de Dieu pour les hommes et est capable de la diffuser à d’autres. Avoir conscience de cette flamme, c’est reconnaître que la paix est possible dans la mesure où l’on accepte le dialogue, la rencontre, le respect. Le gardien de la paix est celui qui porte ce message, qui témoigne que chacun est habité de cette flamme et qu’il mérite à ce titre d’être défendu et respecté.

Agnès Pinard Legry 

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 09:52
Dans un livre paru mercredi 7 octobre chez Stock, la policière Linda Kebbab raconte son parcours. JOEL SAGET/AFP

Dans un livre paru mercredi 7 octobre chez Stock, la policière Linda Kebbab raconte son parcours. JOEL SAGET/AFP

Critique La déléguée nationale du syndicat SGP Police Force ouvrière, l’une des principales figures médiatiques parmi les forces de l’ordre, raconte son parcours dans un livre paru mercredi 7 octobre chez Stock.
Linda Kebbab, 39 ans, est syndicaliste, gardienne de la Paix « et de la révolte », ajoute le titre du livre très personnel qu’elle publie mercredi 7 octobre chez Stock (1). L’ensemble alterne entre des chapitres qui épinglent les errements de sa hiérarchie, notamment depuis le début du mouvement des gilets jaunes (« le devoir de réserve n’interdit pas le devoir de vérité ») et d’autres plus intimes, retraçant son enfance et son entrée dans la police nationale. « Le soir où il est intervenu dans mon immeuble pour des violences conjugales, ce jeune lieutenant a changé ma vie. Au moment où (il est reparti), je savais déjà que je ferai ce métier-là. »
Au fil des pages, on se surprend à s’intéresser un peu moins à ses analyses vitriolées des politiques policières - « ratés » de la stratégie de maintien de l’ordre, « hypocrisie de notre hiérarchie », « manipulations de nos politiques », incompétence des journalistes qui ne demandent jamais « qui était dans la salle de commandement devant son écran, pour décider du positionnement des effectifs » - et un peu plus à sa vie personnelle. À cette petite fille de la banlieue lyonnaise marquée par les émeutes d’octobre 1990 à Vaulx-en-Velin.
Petite fille de la banlieue lyonnaise
À cette élève studieuse qu’une conseillère d’orientation avait tenté d’aiguiller vers le secrétariat, parce qu’elle lui avait dit qu’elle aimait « les mots » (ceux de Zola en particulier « Les Rougons-Macquart… »). À cette fille d’immigrés (un père éboueur et une mère au foyer, tous les deux analphabètes, décédés avant qu’elle ait vingt ans), cette « enfant de Mitterrand, comme on nous appelait à l’époque (elle est née en 1981) : une gosse de la Sécurité sociale, de l’école gratuite et de la politique familiale ».
À cette jeune femme « d’une sensibilité sociale », qui s’est longtemps rêvée en reporter de guerre (sa mère la voyait plutôt avocate), et s’était lancée dans des études de langues (Anglais, Russe, Arabe), sans imaginer qu’elle entrerait un jour dans la police.
« Dans le quartier où j’ai grandi, certains avaient la haine du lardu (policier en argot), haine que j’étais censé reprendre à mon compte, du fait de mes origines algériennes, de ma classe sociale, de mon statut de femme, et que sais-je encore… Après ma rencontre avec ce jeune lieutenant qui intervenait dans mon immeuble pour des violences conjugales, j’ai compris que je devais prendre de la distance avec ces préjugés. J’ai donc, naturellement et de moi-même, entamé une déconstruction des paradigmes. Ceux qui correspondaient, dans l’esprit de certains, à ma naissance, ma culture, mon milieu ».
Son récit se poursuit à l’école de police de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) où elle passera huit mois en internat, obligée de laisser sa fille, née quand elle avait 22 ans, toute la semaine en nourrice (« un cauchemar »).

Une telle fracture
On la suit encore dans sa première affectation à Créteil (Val-de-Marne), où elle découvre la violence ordinaire (ce tambour en cuivre de machine-à-laver balancé d’un immeuble dans lequel elle intervenait après le décès d’un homme dans une baignoire). Ses trois premiers mois à Créteil, elle dort dans sa voiture garée en face du commissariat, faute de se voir proposer un logement décent (aux gardiens de la Paix, parce qu’ils sont en bas de l’échelle, on propose une liste contenant seulement les appartements les plus vétustes, explique Linda Kebbab. Ils sont parfois situés dans les cités où ces agents sont amenés à intervenir).
Très vite après ce rude démarrage, elle adhère au syndicat SGP Police Force ouvrière, dont elle est aujourd’hui déléguée nationale depuis 2018. Ce livre raconte aussi son action à ce poste, sur tous les sujets brûlants : LBD, violences policières, suicides, racisme, quotas, lien police-population…

Sur les réseaux sociaux ou les plateaux télé où elle est très présente, les échanges sont souvent rugueux (Linda Kebbab a été plusieurs fois menacée de mort). L’un des derniers chapitres de son livre se conclu sur cette question : « Comment expliquer une telle fracture ? »

(1) Linda Kebbab, Gardienne de la Paix et de la Révolte, Stock, octobre 2020, 303 pages, 19,50 €.

Mikael Corre

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 15:59
Le directeur général de la Police nationale, Frédéric Veaux, le 9 juin 2020. © Ludovic Marin, AFP

Le directeur général de la Police nationale, Frédéric Veaux, le 9 juin 2020. © Ludovic Marin, AFP

Dans un entretien au Journal du Dimanche, Frédéric Veaux a dénoncé des "comportements de délinquants" après le passage à tabac de Michel Zecler, un producteur de musique, roué de coups à l'entrée de son studio d'enregistrement le 21 novembre à Paris par trois fonctionnaires de police.
"Des comportements de délinquants". Ce sont les mots du directeur général de la Police nationale, Frédéric Veaux, dimanche 29 novembre, pour qualifier le tabassage par des policiers de Michel Zecler, un producteur de musique noir. L'affaire avait déjà choqué jusqu'au plus haut sommet de l'État et contribué à crisper encore un peu plus le débat autour de la loi sécurité globale. 
"Les policiers doivent avoir un comportement irréprochable. Et c'est le cas de la quasi-totalité d'entre eux. Ce sont ceux-là, qui travaillent de manière professionnelle, honnête, responsable, qui vont avoir à subir les conséquences de tels comportements", a déploré Frédéric Veaux dans un entretien paru dans Le Journal du Dimanche.
Michel Zecler, un producteur de musique noir, a été roué de coups le 21 novembre par trois fonctionnaires de police dans l'entrée d'un studio de musique du XVIIe arrondissement de la capitale. Les images de ce passage à tabac, prises par des caméras de vidéosurveillance, ont été diffusées jeudi par le site Loopsider provoquant aussitôt une vague d'indignation, qui a jeté dans la tourmente l'exécutif et la majorité.
"Des images qui nous font honte"
Le président Emmanuel Macron a dénoncé une "agression inacceptable" et des "images qui nous font honte". Il a demandé au gouvernement de "lui faire rapidement des propositions" pour "lutter plus efficacement contre toutes les discriminations".
"Vous pouvez faire confiance à la Police nationale pour que ces événements soient traités avec la plus extrême sévérité, une fois les responsabilités établies", a assuré Frédéric Veaux.
"En 2020, 39 policiers ont été exclus de la Police nationale, 34 en 2019. Ces chiffres tordent le cou à la rumeur d'une police laxiste envers les siens", a-t-il rappelé.
Au total quatre policiers, suspendus depuis jeudi de leurs fonctions, ont été placés en garde à vue vendredi après-midi dans les locaux de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices.
Leur garde à vue a été prolongée samedi de 24 heures.
Trois policiers, au cœur de la scène qui a fait scandale, sont notamment entendus pour "violences volontaires, en réunion, avec arme et à caractère raciste". Un quatrième policier en garde à vue est soupçonné d'avoir lancé une grenade lacrymogène dans le studio de musique.
Avec AFP

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 05:04
Bénédiction du Pape François aux Policiers de France

Aux personnels de la Préfecture de Police de Paris
Aux familles et aux collègues des policiers décédés au cours de l’année 2019/2020
Aux personnels de la Compagnie motocycliste de la Préfecture de Police de Paris

Du fait des mesures sanitaires en cette période de confinement, 
La messe de la Saint Martin qui était prévue 
Jeudi 19 novembre à 10h en l’église Saint Germain des Prés à Paris 

Et qui devait être présidée par Monseigneur Olivier LEBORGNE, 
Vice-président de la Conférence des Evêques de France,

N’aura pas lieu.

Nous sommes particulièrement affectés pour les familles et les collègues des policiers défunts qui ne trouveront pas ce temps de recueillement et de soutien si nécessaire.
Nous sommes particulièrement affectés également pour les membres de la compagnie motocycliste qui se réjouissaient de fêter avec nous leur centenaire (la compagnie motocycliste a été créée le 21 décembre 1920).

Avec la bénédiction apostolique qu’il adresse à tous les policiers à l’occasion de la messe de la Saint Martin  le Pape François exprime sa proximité et sa gratitude pour les policiers « qui ont en charge le service de l’ordre et de la paix rendu à tous les citoyens : pour protéger l’ordre public, pour le respect de la légalité, pour la défense de la démocratie, et la lutte contre la criminalité organisée ou le terrorisme… »

Je vous assure de ma disponibilité et de mon soutien aux policiers et à leurs familles éprouvés par le deuil, le burn-out, la perte du sens de leur métier en cette période si difficile.
Je vous assure du soutien de notre prière et du témoignage de notre foi au Dieu de la Vie, de l’Amour et de la Paix.

Père Denis CHAUTARD
Aumônier Catholique
Préfecture de Police de Paris
 

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 07:08

Réflexion de votre serviteur parue dans la revue de "Police et Humanisme" : "Le Veilleur" n°180 de septembre 2020

"Zoomer" sur l'image afin de pouvoir lire l'article

Le métier de policier à la lumière de l'Evangile

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5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 18:17

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 09:04
Les policiers dans la rue pour exprimer leur colère

Depuis 15 jours, les manifestations contre le racisme et les violences policières se succèdent en France. La pression est forte et les réactions parfois maladroites envers les policiers.

« Lors de la matinale » sur RCF ce mardi 16 juin à 7h12, Pauline de TORSIAC a donné la parole à des policiers et à l’un de leurs aumôniers.

Podcast à écouter en cliquant sur le lien ci-dessous.

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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 07:45
Les accusations de racisme contre la police sont très mal vécues par les policiers et questionnent le sens de leur mission CLEMENT MAHOUDEAU AFP

Les accusations de racisme contre la police sont très mal vécues par les policiers et questionnent le sens de leur mission CLEMENT MAHOUDEAU AFP

Alors que des manifestations dénoncent des violences policières et pointent la question du racisme au sein de l’institution, des policiers chrétiens et leurs aumôniers expriment un certain désarroi et s’interrogent sur le sens de leurs missions.

Policier et… prêtre. Le père Claude Sirvent a longtemps porté les deux casquettes. Désormais retraité de la police nationale après 36 ans de service, ce prêtre de la Mission de France en activité dans le diocèse de Fréjus-Toulon, est l’aumônier national de l’association « Communauté chrétienne des policiers de France-Police et Humanisme ».

Amertume face aux accusations

Après avoir achevé sa carrière au grade de commandant et exercé un temps au sein de la direction générale de la police nationale, il ne cache pas une certaine amertume face aux accusations auxquelles font face l’institution et ses anciens collègues. Car, pour lui, il ne fait aucun doute que la police n’est « ni raciste, ni violente mais républicaine », même s’il ne nie pas la possibilité de comportements individuels violents ou racistes qui doivent être sanctionnés et combattus.

Reçus par l’intérieur, les syndicats policiers en colère

Le major de police Simon-Marcel Martinon, qui a la particularité d’être diacre depuis son ordination pour le diocèse de Paris en octobre dernier, évoque, lui, des policiers heurtés par les critiques virulentes à l’encontre de l’institution. Ce Français originaire de la Martinique, qui compte plus de 30 ans d’expérience, assure n’avoir jamais subi directement de racisme au sein de la police. En revanche, il raconte avoir déjà repris un collègue une fois sur le terrain après un « comportement limite ».

« Au service du prochain et de la société »

En lien avec de nombreux policiers, le père Claude Sirvent s’alarme aussi d’un sentiment d’abattement. « Ces accusations touchent profondément le cœur des policiers, chrétiens ou non, souligne-t-il. Car notre mission première est d’être au service du prochain et de la société, d’être des gardiens de la paix. Quand les policiers interviennent dans les quartiers difficiles – et je l’ai fait moi-même – c’est d’abord pour porter secours. » Selon lui, les forces de l’ordre ne se résument pas à la répression et sont aussi en première ligne pour « consoler ».

Le père Denis Chautard, aumônier catholique de la préfecture de police de Paris, partage ce ressenti. Lors de la dernière messe mensuelle pour les policiers parisiens, mardi 9 juin, il a entendu l’émotion « du commissaire jusqu’au gardien de la paix ». Ces accusations reposent la question du sens de la mission de policiers qui se sentent profondément mal aimés, même s’ils ont été applaudis pour leur engagement après les attentats de 2015.

« L’essentiel de nos missions consiste à défendre les plus faibles et les victimes qui appellent au secours, insiste Hervé Deydier, ancien président de Police et Humanisme, à la retraite depuis trois mois après 35 ans de service en Ile-de-France. Pendant le confinement, la plupart des interventions ont concerné des violences conjugales par exemple. » Avec passion, celui qui a dirigé un commissariat pendant sept ans, rappelle que ces missions de secours sont à la source de la vocation des policiers.

Le témoignage par l’exemple

Les accusations de racisme passent plus mal encore chez les policiers chrétiens, souligne le président de l’association Police et humanisme Georges Gasperini, retraité depuis trois ans, sans évidemment revendiquer l’exclusivité du refus du racisme dans la police. « Le cœur de notre message chrétien porte justement sur le fait que quelque que soient notre couleur de peau et nos origines, nous sommes tous frères », insiste cet ancien commissaire central de Marseille, qui rappelle que la police reflète aussi la diversité de la population française.

Il raconte également qu’en 40 ans de carrière, il n’a jamais été confronté à des comportements ouvertement racistes mais il concède qu’il peut y avoir parfois « dans l’action des propos inappropriés » qu’il faut bannir.

Violences, bavures : des policiers racontent

En référence notamment au mouvement des gilets jaunes, Hervé Deydier estime que la société est de plus en plus violente envers les policiers. « Cela n’excuse en rien des éventuelles violences de la part de policiers mais cela montre dans quel état d’esprit ils se rendent au travail le matin, souvent la boule au ventre. » Il confie que sa foi l’a aidé « en reconnaissant dans l’autre, même le plus violent, le visage du Christ. »

Mais quel rôle peuvent jouer les policiers chrétiens, qu’ils assument ouvertement ou non leur foi ? Le diacre policier Simon-Marcel Martinon tente, lui, au quotidien de mettre sa foi en pratique dans l’exercice de son métier. « Nous sommes dans un État laïc, je ne fais pas de prosélytisme et je suis avant tout un professionnel, prévient-il. Mais, le témoignage passe aussi par la façon d’être, le souci de l’autre et du bien commun. Je crois que cette attitude interpelle et peut, peut-être, à un moment donné remettre un collègue dans la bonne attitude. »

 

Arnaud Bevilacqua

 

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 12:05

Article paru ce jour dans la revue du Diocèse de Paris : « Paris Notre Dame »

Les Policiers à Paris durant le confinement

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 13:35
Noël à la Maison Marie-Thérèse à Paris le 5 décembre 2019

Noël à la Maison Marie-Thérèse à Paris le 5 décembre 2019

Le Père Noël CHOUX, Prêtre de la Mission de France, a été aumônier national de la Communauté Chrétienne des Policiers de France (« Police et Humanisme ») de 2007 à 2018, aumônier de la Délégation Ile de France de Police et Humanisme de 2007 à 2017 et aumônier catholique à la Préfecture de Police de Paris de 2016 au 31/12/2017.

Noël nous avait prévenus : je ne serai plus là à Pâques ! Il est mort ce vendredi Saint à 2H du matin dans son sommeil ! Quel symbole (le jour de la mort du Christ) ! Après avoir été en communion (silencieuse) avec tous ses frères prêtres pour la Pâques de Jésus Jeudi Saint 9 avril à 19h !

Il a été emporté par la maladie contre laquelle il luttait depuis le printemps 2019. Le dernier mot qu’il a pu épeler à Fred OZANNE, Prêtre de la Mission de France, venu lui rendre visite à la maison Jeanne Garnier samedi 4 avril, avec un laser fixé à ses lunettes projeté sur un tableau de lettres : M…E…R…C…I…  Ensuite il s’est endormi. Quel message extraordinaire ! MERCI Noël !

Il m’avait confié lors de l’une de mes dernières visites ces trois mots qui étaient devenus son horizon « Lâcher Prise » et « Abandon » !

Il était tellement heureux que son roman-témoignage puisse être publié avant son départ : « Jusqu’à la tendresse – en mission derrière le rideau de fer » aux éditions Enteleki. La tendresse de Dieu était devenue la lumière de sa route et de ses nuits !

Voici le message qu’il nous avait donné à la Pentecôte à Pontigny le 15 mai 2016 alors que nous fêtions avec lui ses 70 ans et ses 43 ans d’ordination :

« Plusieurs attendaient que je rappelle, une fois de plus, les trois composantes d’une vie réussie. Alors, sur leur demande, les voici :

La première, c’est le grain de folie. Le grain de folie qui fait espérer contre toute espérance, qui fait entreprendre sans avoir des certitudes et qui donne la confiance au-delà de tous les doutes. Le grain de folie qui fait rêver et oser.

La deuxième, c’est la rigueur. La folie sans la rigueur, ce serait n’importe quoi, la voie ouverte à toutes les initiatives les plus farfelues et irréalistes. Et surtout, aucune action ne serait menée jusqu’au bout. Elle calerait au premier obstacle et à la première difficulté.

Et la troisième, c’est celle qui permet aux deux premières de tenir ensemble, de ne pas s’opposer l’une à l’autre, c’est la tendresse. Pas une tendresse au rabais, ni une mièvrerie de quatre sous, mais une vraie tendresse qui fait naître un regard positif sur chacun.

Ces trois ingrédients, je les partage avec vous tous, quelle que soient vos croyances. C’est cela qui nous unit et qui nous a rassemblés. « Ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas » comme disait Paul Eluard.

Pour ceux et celles d’entre vous qui partagent avec moi la foi chrétienne, ces trois ingrédients ne sont pas étrangers à notre foi.

Cette folie, elle à l’image de celle de notre Dieu, qui donne son amour à l’humanité, qui aime chaque homme et chaque femme quelle que soit sa vie, et qui va jusqu’à envoyer son Fils partager notre vie, de la naissance à la mort. Il n’y a pas de vie chrétienne sans cette folie, qui se décalque sur celle de notre Dieu.

Cette rigueur, elle s’enracine sur celle de Jésus, qui va aller jusqu’au bout se sa mission, qui va témoigner de l’amour de son Père face à tous ceux qui veulent le faire taire, et qui va partager jusqu’à notre mort pour que nous ayons la vie.

Cette tendresse, elle prend sa source dans la tendresse même de Dieu, dans cette tendresse que notre Dieu offre à chaque femme et à chaque homme qu’elle que soit sa vie. Notre Dieu est un Dieu de tendresse.

Grain de folie, rigueur, tendresse, voilà un beau programme pour chacun et chacune d’entre nous, pour inventer un avenir à l’image de ce que nous avons vécu ensemble ce week-end. Un avenir où chacun ait sa place et soit heureux, les petits comme les grands, avec nos différences. L’avenir peut sembler parfois sombre, mais si nous l’inventons ensemble, il deviendra lumineux. »

Noël sera inhumé dans l’intimité familiale au cimetière de Pontigny (Yonne) dans la semaine de l’octave de Pâques. Une messe sera célébrée à Pontigny après le déconfinement.

Qu’il repose en Paix !

Que la tendresse de Celui auquel il a donné sa vie nous donne de vivre – à notre tour – ce formidable message d’Amour et de Vie !

Belles Fêtes de Pâques en communion avec Noël qui nous précède dans la Vie en Dieu !

 

Denis CHAUTARD

Prêtre de la Mission de France

Aumônier de la Délégation Ile de France de Police et Humanisme

 

Marcel MARTINON

Policier et Diacre Permanent du Diocèse de Paris

Président de la Délégation de Police et Humanisme Ile de France

 

Vendredi Saint 10 avril 2020

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