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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 18:04

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5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 21:08
Devant la préfecture de police de Paris, le jour de l’attaque qui a fait 4 morts, le vendredi 4 octobre. / Delphine Goldsztejn/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Devant la préfecture de police de Paris, le jour de l’attaque qui a fait 4 morts, le vendredi 4 octobre. / Delphine Goldsztejn/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Un agent administratif de la direction du renseignement a poignardé, le 3 octobre, quatre policiers dans l’enceinte de la préfecture de police de Paris, avant d’être neutralisé par un jeune policier. Pour l’aumônier de la police de Paris, le Père Denis Chautard, ces meurtres viennent allonger la liste des difficultés auxquelles la profession s’avère confrontée.

La Croix : Comment avez-vous vécu cet événement tragique ?
Père Denis Chautard : Depuis le début de l’année, il y a déjà eu 52 suicides de personnes en activité dans la police nationale, donc c’est vraiment un drame qui s’ajoute à la liste des malheurs bien trop nombreux pour les familles.
Or, cette attaque n’a rien à voir avec les violences auxquelles sont habituellement confrontés les policiers puisque cette tragédie vient de l’intérieur de la « grande maison ». C’est un acte complètement imprévisible, qui rajoute du drame au drame.
Attaque à la préfecture de police : ce que l’on sait de l’agression à Paris
Je pense aussi à ce garçon, ce jeune policier qui a dû faire usage de son arme pour neutraliser la personne qui avait déjà provoqué quatre blessés [trois hommes et une femme décédés par la suite, tandis qu’une cinquième personne demeure grièvement blessée, NDLR]. Il s’est effondré en larmes. C’est un moment absolument terrible pour ce policier qui commençait tout juste son activité professionnelle. Je pense enfin au personnel administratif et aux agents de police qui se trouvaient sur le site, et se révèlent particulièrement touchés par ce drame.
Dans quel état d’esprit les policiers ont appris cette nouvelle, au lendemain de la « marche de la colère » qui a témoigné d’une profession à bout de souffle ?
P. D. C
. : Ces personnels s’avèrent déjà très éprouvés. Avec la crise des gilets jaunes depuis le mois de novembre de l’année dernière, leurs repos ont sans cesse été supprimés, ils ont dû effectuer des interventions pendant leurs congés, etc. Il s’agit vraiment d’une mise à l’épreuve supplémentaire, tandis qu’ils souffrent aussi, ces derniers temps, de la dégradation de leur considération au sein de la population. Ce qu’ils ressentent fortement. Toutes les bavures qui se produisent effectivement, mais qui sont exploitées, jouent contre eux et contre l’ensemble de la profession jusqu’au point où on les traite de barbares [ce que dénonce l’aumônier dans un communiqué daté du 26 septembre, NDLR].
Avez-vous été, en tant que conseiller spirituel, en contact avec les proches des victimes ?
P. D. C. :
 Je n’ai pas été sollicité pour l’instant. En général, cela passe par les assistantes sociales en charge des personnels. J’ai été appelé à intervenir, cette année, dans trois situations dramatiques : pour une musicienne de l’orchestre des gardiens de la paix qui a mis fin à ses jours ; pour la jeune femme décédée à cause d’un accident totalement stupide à la police judiciaire où elle jouait avec son arme en compagnie de ses collègues quand un agent de sécurité l’a tuée d’une balle dans la tête ; et enfin lors du suicide de Sandra Ferreira à Drancy, dont nous avons célébré les funérailles, en présence de 200 policiers en larmes.
Malgré le malaise, des jeunes s’engagent dans la police
À chaque fois, ce sont aux assistantes sociales, en première ligne à l’écoute des familles, de décider si elles me transmettent une demande. Je n’ai, pour l’heure, pas non plus d’informations concernant les funérailles. Nous avions en revanche prévu, avant ce drame, une messe [qui aura lieu mardi 8 octobre à 12 h 15 à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois dans le 1er arrondissement de Paris, NDLR] pour les familles des policiers, dont nous avons modifié l’intention pour la faire coller aux événements afin d’apporter notre soutien aux autorités et au personnel de la préfecture de police.

Recueilli par Augustine Passilly

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 20:51
Communiqué de l'Aumônerie catholique de la Préfecture de Police de Paris

Communiqué de l’Aumônerie Catholique

Préfecture de Police de Paris

A la suite du drame du jeudi 3 octobre 2019 survenu à la Préfecture de Police

 

Le drame survenu à la Préfecture de Police aujourd’hui nous bouleverse tous. Notre solidarité et le soutien de notre prière vont aux victimes, à leurs collègues de travail ainsi qu’à leurs familles.

La police est déjà très durement frappée par les 52 suicides qui sont survenus depuis le début de l’année.

Les policiers, de par leurs missions de sécurité publique et de maintien de l’ordre, sont déjà quotidiennement confrontés à la violence et même à la mort. Ils sont malmenés, durement éprouvés.

Aujourd’hui le comble s’est produit : la mort est survenue à l’intérieur même de leur « grande maison » !

Nous pleurons avec ceux qui pleurent.

La grande famille des policiers a besoin de se rassembler dans l’épreuve, de trouver soutien et réconfort.

Une messe sera célébrée par Monseigneur Michel AUPETIT Archevêque  de Paris

Mardi 8 octobre 2019 à 13h en l’église de Saint Germain l’Auxerrois,

2 Place du Louvre Paris (1er) Métro : Louvre-Rivoli

à l’intention des victimes, de leurs collègues de travail et de leurs familles.

 

Père Denis CHAUTARD

Aumônier Catholique

Préfecture de Police de Paris

 

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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 09:33
Les Policiers, des « Barbares » ?

Mardi 24 septembre Jean-Luc Mélenchon lors d’un dialogue avec des manifestants à Paris a traité les policiers de « barbares ». Il ne s’est pas excusé depuis et a même maintenu ses propos.

Cette qualification est grave et elle invective les 150.000 membres des forces de police en France sans aucune distinction.

Revenons un instant sur le mot « barbare » : dans le sens courant il désigne des personnes « rustres, impitoyables et inhumaines » !

Jean-Luc Mélenchon considère ainsi que les policiers sont une catégorie de personnes non « civilisées », dont la brutalité et la violence « innée » ne permet pas de les considérer comme des « êtres humains » à part entière !

Je reconnais qu’il existe des « bavures », des dérapages, des réactions d’exaspération, des réactions disproportionnées ou manquants de professionnalisme lorsque ces policiers subissent des violences extrêmes de la part de manifestants, lorsque leur vie est mise en danger, lorsqu’ils sont confrontés à la haine, lorsque des manifestants leur en veulent « à mort » et les invitent à se suicider !

Je suis l’aumônier catholique de la communauté chrétienne des policiers « Police et Humanisme ».

Je viens témoigner ici que la plupart des policiers sont des époux, des épouses, des pères et mères de famille et qu’ils n’ont pas de leçons d’humanité à recevoir. Ils exercent, pour la plupart, leur métier avec sérieux et même avec passion – c’est-à dire avec humanité !.

Aujourd’hui ils doivent faire face au terrorisme, aux trafics de toutes sortes dans les quartiers, à la crise des gilets jaunes. Ils sont confrontés chaque jour à la mort et aux fractures de notre société !

Ils sont sollicités durant leurs heures de repos ou même durant leurs congés. La fatigue et même l’extrême fatigue est leur quotidien. Leur vie de famille est mise à rude épreuve.

Ils sont – la plupart du temps – le dernier rempart de l’état de droit sans lequel nous sombrons dans l’anarchie et la loi de la jungle.

Nous leur devons la solidarité, le respect et la confiance, ce qui n’interdit pas la vigilance !

 

Denis CHAUTARD

Prêtre de la Mission de France

Aumônier catholique à la Préfecture de Police de Paris

 

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 09:34
Rencontre entre magistrats, avocats et policiers chrétiens à la Police Judiciaire à Paris

Mardi 11 juin 2019 à 09h30  Salle Bertillon au 36 rue du Bastion (siège de la police judiciaire de Paris), était organisée une rencontre entre avocats, magistrats et policiers chrétiens. Plus de 73 participants. Cette rencontre est consécutive au drame du 10 mars 2019, où un jeune gardien de la paix, Gwladys Momier, a été tué accidentellement par un jeune Adjoint de Sécurité.

Contacté par le directeur de la Police Judiciaire de la Région Parisienne, M. Christian Sainte, notre aumônier Denis Chautard lui a proposé d’honorer la mémoire de Gwladys lors de la messe du 12 mars, prévue à St Germain l’Auxerrois. Près de 200 personnes y ont participé.

Touché par la disponibilité de notre communauté, M. Sainte nous a ouvert les portes de sa direction, d’où a germé cette rencontre du 11 juin.

C’est son directeur de cabinet, Laurent Riquart, qui nous a présenté les lieux puis décrit l’organisation de la PJ 75.

Ensuite Laurent Verdier, commandant de Police à la BEFTI (Brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information) à la Police Judiciaire, a témoigné de son activité professionnelle et surtout de sa vie de foi. M. Cyril Roth, vice-président du Tribunal de Paris, nous a présenté le fonctionnement du nouveau palais de justice, puis Laurence De Palma, avocate au barreau d’Evreux (spécialiste en médiation des conflits familiaux) a donné son témoignage sur l’apport important de sa foi chrétienne dans l’exercice de son métier. A la fin de la matinée, le directeur de la PJ est venu saluer l’ensemble des participants.

A 12h30, la majorité des participants s’est retrouvée à la chapelle Ozanam toute proche pour une célébration eucharistique présidée par le curé de la paroisse Ste Marie des Batignolles, le Père Alain-Christian Leraitre, entouré du Père Emmanuel Tois (aumônier des magistrats), du Père Jérôme Rousse-Lacordaire (aumônier des avocats) et du Père Denis Chautard (aumônier Paris Ile de France de Police et Humanisme). A la suite de la célébration, nous avons déjeuné dans une salle de la chapelle, un excellent menu italien.

Marcel Martinon, président de la Délégation Ile de France de Police et Humanisme

Rencontre entre magistrats, avocats et policiers chrétiens à la Police Judiciaire à Paris

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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 18:32
« Aux fragilités répétitives des passages à l’acte, vient se poser l’ignominieux souhait qu’il en soit ainsi »

« Aux fragilités répétitives des passages à l’acte, vient se poser l’ignominieux souhait qu’il en soit ainsi »

« Suicidez-vous ! » a donc été crié haineusement à des représentants des forces de l'ordre, samedi dernier. En pleine manifestation, toutes caméras braquées afin que l'entendent douloureusement, chez eux en regardant la télé, les enfants concernés par le drame affectif.

« Suicidez-vous ! ». Slogan tagué sur une gendarmerie finistérienne en plein samedi saint. Enquête est ouverte. L'intitulé officiel du chef d'accusation est « outrage à personne dépositaire de l'autorité publique commis en réunion

Nous n'avons pas à discuter des termes juridiques en eux-mêmes. Mais nous sommes très au-delà de l'outrage, si répréhensible soit-il ! Nous touchons l'innommable. Aux fragilités répétitives des passages à l'acte, vient se poser l'ignominieux souhait qu'il en soit ainsi.

Le jour du néant incarné par le samedi saint, il n'y a que le Fils de l'homme capable de dire que ceux qui profèrent ces monstruosités « ne savent ce qu'ils font ». Car nous, nous ne savons ni excuser, ni comprendre, ni pardonner, qu'on joue ainsi avec des nerfs humains si éprouvés.

Vient un moment où la haine outrepassant les bornes, l’inhumain ne saurait être banalisé

Quoique chacun pense librement des forces de l'ordre, dans son histoire psychique et sociale, nul ne peut proférer ces mots.

« Ne pas ajouter le morbide à ce qui est déjà si douloureux »

Celles et ceux qui assurent notre sécurité au quotidien sont en train de subir une triple peine : non seulement leur tâche est incroyablement rude, mais il leur faut endurer, qu'en leurs rangs, des collègues craquent. Ce à quoi se rajoute ce « souhait » maléfique inqualifiable que ceux qui l'entendent en fassent autant.

Trois fois non à cette triple peine ! Nous devons déployer une attention extrême envers ceux qui nous protègent. À force d'endurer le devoir de réserve, ils craquent en grand nombre.

Ces suicides à répétition ne peuvent nous laisser indifférents. La République doit à ses gardiens la préservation de sa continuité en des jours sombres où tout vacille.

Nous sommes bien d'accord que c'est leur « métier », leur vocation. Nous sommes bien d'accord qu'ils l'ont choisi. Nous sommes bien d'accord qu'ils y sont formés et préparés. On ne fait pas une école de police par hasard. Assumer la rudesse du temps n'est pas en soi le problème. Il y a dans l'histoire d'une nation des pages difficiles à traverser.

Mais l'inacceptable est quand on joue avec la fragilité en l'attisant. Depuis le début des événements successifs d'attentats et de manifestations, quand la police, l'armée et la gendarmerie se sont-elles vraiment reposées ? Ce trop-plein ne peut que susciter l'implosion des êtres les plus solides si un respect élémentaire n'accompagne pas ce climat.

On ne peut laisser passer que soit souhaité et exprimé comme tel ce que le suicide a de plus douloureux, intime et mystérieux. Sortir de telles propos c’est s’en prendre à l’humain au plus profond de son être.

II y a dans l'expression humaine une boîte de Pandore que l'on ne maîtrise plus dans sa démesure, si un coup d'arrêt catégorique n'est porté. De même que les policiers, les pompiers, les soignants, sont « à bout » doit à proportion de leur ras-le-bol monter une immense estime envers eux.

Les causes profondes des suicides sont déjà complexes en soi pour qu'on n'y ajoute pas d'ignobles provocations. La communauté nationale doit réagir. C'est mettre en péril autrui dans un danger, et s'y mettre soi-même, que de tolérer la plus infime des pensées morbides  envers quelqu'un qui est susceptible de « broyer du noir ».

Il ne suffit pas de s'écrier : « un policier se donne la mort tous les quatre jours depuis début 2019 ». II faut surtout se rappeler que ceux qui protègent les humains sont aussi des humains !

 

Père Bernard Podvin

La Croix du Nord

Vendredi 26 avril 2019 page 17

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 10:25
Huit policiers se sont suicidés depuis le 1er janvier 2019

Depuis le début de l’année, huit policiers se sont donné la mort, soit un tous les deux jours. En juillet dernier, un rapport du Sénat avait fait état d’une profonde usure psychologique des gardiens de la paix


Le chiffre est alarmant. Des sites spécialisés faisaient mention d’une recrudescence inquiétante. Le sombre bilan a été confirmé à La Croix par la police nationale. Ces suicides sont intervenus dans plusieurs régions, comme à La Rochelle le 1er janvier, Cherbourg le lendemain, Brunoy, dans l’Essonne, mardi 15 janvier, ou Saint-Omer mercredi 16.
Police aux frontières, brigade anticriminalité, CRS, Centres de commandement, brigade des réseaux ferrés : le phénomène ne semble pas cantonné à un seul secteur. Les chiffres sont d’autant plus inquiétants qu’en 2018, le syndicat Alliance a décompté 35 suicides au sein des forces de l’ordre, en baisse toutefois par rapport à 2017, année durant laquelle 51 policiers avaient mis fin à leurs jours.
La police confrontée au suicide de ses agents
Comment expliquer une telle explosion ? En juillet dernier, un rapport du Sénat sur l’état de la police avait fait état d’une profonde usure psychologique des gardiens de la paix. Les sénateurs avaient notamment constaté un taux de suicide dans la police supérieur de 36 % à la moyenne nationale. Evoquant les raisons de ce drame, ils soulignaient l’épuisement psychologique de beaucoup de fonctionnaires dû à une surcharge de travail et à une insuffisance de leurs équipements.

Armes de service

« Ce n’est pas qu’une question de fatigue et de burn-out, analyse un bon connaisseur des milieux policiers. Au-delà de ça, ce métier déstabilise ceux qui l’exercent : par exemple, le travail de nuit à répétition et l’exposition à des scènes de violence peuvent déstructurer une personne et une vie. »
Mais cette source insiste aussi sur un élément qui aujourd’hui, facilite le passage à l’acte : « Avant les attentats du Bataclan en 2015, il y avait dans les commissariats des encouragements à laisser son arme de service au bureau avant de partir chez soi. Mais aujourd’hui, le contexte a changé : tous les policiers peuvent être acteurs contre le terrorisme. Ils peuvent être amenés à tout moment à se servir de leur arme. » Et dans les faits, ils gardent plus souvent leur arme avec eux.
Le Sénat veut enquêter sur les moyens de la police
« Il est vrai que l’arme est utilisée fréquemment, commente pour sa part Frédéric Galéa, en charge des conditions de travail au syndicat Alliance. Mais ce n’est pas parce que vous avez une arme que vous allez la retourner contre vous si tout va très bien. » Il souligne que la grande majorité des policiers qui se sont donné la mort ces derniers jours traversaient des difficultés familiales. « Les conditions de travail sont telles qu’elles ont forcément un impact sur la vie des familles, poursuit-il. Contextes professionnels et personnels sont liés. »
Il explique aussi que les suicides de policier n’interviennent pas forcément lorsque la surcharge est la plus importante. « Tant que nos collègues ont la tête dans le guidon, ils mettent momentanément leurs problèmes de côté. Mais lorsque la tension baisse, ils rentrent et c’est à ce moment-là qu’ils constatent les dégâts créés par leur absence sur la sphère familiale. »

Loup Besmond de Senneville

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16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 08:10
Messe de la Saint Martin ce jeudi 15 novembre 2018 à Paris

Monseigneur Michel AUPETIT, Archevêque de Paris, a présidé la messe de la Saint MARTIN, patron des Policiers, à l’église Saint Paul Saint Louis du Marais ce jeudi 15 novembre 2018 à 10h, messe célébrée pour les policiers décédés durant l’année.

C’était l’occasion de remercier Noël CHOUX, aumônier national de Police et Humanisme durant 12 ans et d’accueillir Claude SIRVENT, notre nouvel aumônier national.

Cliquez sur la vidéo ci-dessous et sur l’icône « plein écran »

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20 août 2018 1 20 /08 /août /2018 17:21
Il y avait 271 policiers sur le terrain dans l’Eure en septembre 2017. (©La Dépêche d’Évreux / Archives)

Il y avait 271 policiers sur le terrain dans l’Eure en septembre 2017. (©La Dépêche d’Évreux / Archives)

Les effectifs de police dans l'Eure se réduisent. Faute de personnel, les syndicats tirent la sonnette dans les trois commissariats du département (Évreux, Val-de-Reuil et Vernon).

Chez les policiers de l’Eure, l’avenir s’assombrit. C’est ce que regrettent les deux principaux syndicats de la profession dans le Département, Unité SCP Police FO et Alliance Police Nationale.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le territoire comptait 372 fonctionnaires de police sur le terrain en septembre 2009 alors qu’ils n’étaient plus que 271 en septembre dernier. « Ça va être pire cette année », prophétise Johann Maugé, secrétaire départemental chez Unité SCP Police. Et son collègue, David Le Provost, secrétaire départemental chez Alliance Police Nationale, d’abonder dans le même sens : « Cela concerne tous les policiers sur le terrain, aussi bien les gardiens de la paix que les gradés, y compris dans le rang des enquêteurs. »

 « On s’attend à perdre une vingtaine de personnes à la rentrée prochaine », poursuit Johann Maugé. Selon lui, les échauffourées qui ont eu lieu à Val-de-Reuil dans la nuit du 14 au 15 juillet dernier sont caractéristiques de la situation. « Nous avions trois collègues en face d’une cinquantaine d’individus. Comment voulez-vous que l’on parvienne à maintenir le calme ? Heureusement il n’y a pas eu de blessés. »

Les policiers volontaires mais à bout de souffle.

Pourtant la délinquance est en baisse dans la ville dirigée par le socialiste Marc-Antoine Jamet. « Certes, mais à quel prix ? Les collègues sont très volontaires, mais à bout de souffle. Ils risquent de craquer ! », lance-t-il.

Les conséquences sont nombreuses selon les deux syndicalistes qui s’accordent à dire que des services sont menacés. « Il y a bien un poste de police à Louviers, mais il ferme déjà pendant des demi-journées par manque d’effectif. J’estime même que la BAC (Brigade anti-criminalité) d’Évreux est menacée », précise Johann Maugé avant d’avancer un autre argument : « Pour le territoire de Louviers, Incarville, Le Vaudreuil, Val-de-Reuil et Pinterville, police secours c’est une seule patrouille de trois agents. Il n’y a pas intérêt à ce que de nombreuses personnes appellent à l’aide en même temps ! »

Situation tendue dans les trois commissariats de l’Eure
Tous sont logés à la même enseigne dans le département, ou presque. À noter que ces chiffres ne prennent pas en compte les ADS (Adjoint de sécurité), qui viennent en appui de la Police nationale. Quant à la partie rurale de l’Eure, elle est encadrée par les effectifs de gendarmerie.
ÉVREUX. Même si Évreux est le dernier commissariat de l’Eure à disposer d’une Brigade anti-criminalité (BAC), il est lui aussi touché par les réductions d’effectifs. En moins de dix ans, la circonscription est passée de 136 policiers à 126 en septembre dernier.
VAL-DE-REUIL. Le commissariat de Val-de-Reuil, qui rayonne aussi sur Louviers, est passé de 79 agents à 55 entre septembre 2009 et septembre 2017.
VERNON. Sur la même période, Vernon est le seul commissariat se payer le luxe de rester à des effectifs stables, à savoir 55 agents.
Cette situation est aux antipodes des ambitions affichées par Jacques Mézard, le ministre de la cohésion des territoires. Il a déroulé sa feuille de route le 18 juillet. Au menu : déploiement de 1 300 policiers et gendarmes supplémentaires dans 60 quartiers à travers le pays, 30 cette année, les autres dans deux ans. Ceci afin de lutter contre les trafics en tous genres, accentuer la présence sur la voie publique et renforcer le contact avec les habitants.

 

Même son de cloche auprès de David Le Provost : « Je suis en service actif au sein du GSP (Groupe de sécurité et de proximité), qui a remplacé la BAC mise en sommeil il y a quelques années à Val-de-Reuil. Et on s’attend à être déployés dans d’autres services. »

Le manque d’effectif touche toute la Normandie, mais l’Eure semble être spécifiquement la petite fille pauvre de la Région. Dans le Calvados, la situation n’est pas à la fête non plus. Idem dans l’Orne et la Seine-Maritime. Mais l’Eure souffre d’une situation géographique particulière.

Les nouvelles recrues boudent l’Eure

La Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) ne rechigne pas forcément à accueillir des policiers fraîchement sortis de l’école. Seul problème, ces nouveaux diplômés ne s’intéressent pas à l’Eure… « Les affectations viennent de tomber. On a seulement une sortie d’école à Val-de-Reuil et une autre à Évreux », regrette Johann Maugé.

Pourquoi un tel désamour ? « On est cerné par trois départements : les Yvelines (Ile-de-France), l’Eure-et-Loir (Centre-Val de Loire) et la Seine-Maritime (Normandie). Dans ces territoires, les policiers touchent une prime annuelle de fidélisation. À Rouen, elle est d’environ 800 € par an. Alors que nous, dans l’Eure, il n’y a rien ! Comment inciter les jeunes diplômés à choisir une affectation chez nous avec ce handicap ? »

Moins il y a de policiers dans l’Eure, plus le département perd en attractivité pour les jeunes recrues qui ne sont pas légion à souhaiter intégrer des commissariats en tensions, avec tout ce que cela implique dans le travail. Et les nouvelles vont vite dans la profession. C’est un peu le serpent qui se mord la queue.

Une police sans quantité est une police sans qualité.

Au-delà des conséquences pour les policiers, les deux syndicalistes insistent sur ce que ce problème induit auprès de la population. « Quand vous venez déposer plainte, c’est plus long. Les enquêtes prennent plus de temps car les dossiers s’accumulent. Il y a moins de personnel sur la voie publique pour vous sécuriser », fait savoir Johann Maugé. Il poursuit : « On n’a plus de marge de manœuvre, on est au plus bas partout. Pour être fonctionnel, il nous faudrait 30 agents en plus dans le département, et pour être bien je dirais 70. »

Quant à David Le Provost, le constat est sans appel : « Une police sans quantité est une police sans qualité. »

4 questions à Julien Daubigny

Julien Daubigny est commissaire à Val-de-Reuil et adjoint au directeur départemental de la sécurité publique. (©DR)

Julien Daubigny est commissaire à Val-de-Reuil et adjoint au directeur départemental de la sécurité publique.
En tant qu’adjoint au directeur départemental de la sécurité publique, quel regard posez-vous sur l’exercice de votre métier ?
En matière de fléchage et de répartition des personnels, les décisions politiques appartiennent au ministère de l’Intérieur. Mais on ne peut pas nier une situation compliquée, comme partout en France d’ailleurs. Notre métier reste difficile, car exercé au cœur de la sécurité avec de la petite et moyenne délinquance : atteintes aux biens et aux personnes, malversations financières. Mais à Évreux, par exemple, on ne note pas de problématiques de fond.

Les syndicats évoquent une diminution des effectifs préjudiciable à la qualité du service. Qu’en pensez-vous ?
La tendance est à la baisse, c’est indéniable et j’en prends acte. Mais c’est pareil sur tout le territoire, hormis quelques renforts ponctuels sur des secteurs très ciblés. Alors, on s’adapte, on procède différemment et on apporte d’autres réponses policières pour assurer la sécurité de tous les jours.

Pas de « pénurie », donc ?
Je peux vous assurer qu’en composant le 17, le citoyen trouvera toujours un fonctionnaire en capacité de répondre aux missions. D’ailleurs, au même titre que les pompiers et les personnels soignants, nous œuvrons 24 heures sur 24. La nuit, à l’hôtel de police d’Évreux, la permanence est assurée. Tout comme est assuré, au quotidien, le traitement des plaintes.

Certains prétendent que la Brigade anti-criminalité d’Évreux est en souffrance. Vous confirmez ?
À Évreux, elle fonctionne H24, l’après-midi comme la nuit. Certes, ses effectifs sont réduits. Mais c’est ponctuel, entre les périodes de repos et les vacances. Je le répète : la BAC est en mesure d’accomplir son travail auprès des citoyens. Il suffit de s’adapter aux problématiques et à l’événementiel. Mais je peux vous garantir que du gardien au commissaire, tout le monde agit main dans la main…
Propos recueilli par Alain Guillard

Pierre CHOISNET, La Dépêche Louviers

 

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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 10:40
Les aumôniers sont présents pour apporter un soutien spirituel aux policiers. VOISIN/Phanie

Les aumôniers sont présents pour apporter un soutien spirituel aux policiers. VOISIN/Phanie

Des représentants de cinq cultes sont affectés à la préfecture de police de Paris depuis le traumatisme des attentats du Bataclan.

 

RELIGION La mesure est sans doute passée inaperçue, y compris au sein même des services de la police, mais elle est bien réelle. Depuis avril 2016, les 46 000 membres du personnel de la préfecture de police de Paris peuvent consulter un aumônier des cinq cultes principaux pratiqués en France (catholique, musulman, juif, protestant et orthodoxe). Une affiche doit même être apposée dans les commissariats de Paris et des départements de la petite couronne. Intitulée « Des aumôniers à votre disposition », elle contient la photo des cinq représentants des cultes, leurs coordonnées téléphoniques et leur adresse mail. « Des aumôniers [...] peuvent vous apporter un soutien spirituel, notamment si vous êtes confronté à un événement grave ou à une épreuve difficile dans votre vie personnelle ou professionnelle. » Un service mis en place par le préfet de police de l'époque, Michel Cadot, et son directeur de cabinet, Patrice Latron, à la demande de policiers traumatisés par les scènes d'horreur qu'ils avaient vécues, au Bataclan, notamment, en novembre 2015. « Cela existait déjà pour la gendarmerie, l'armée et les pompiers, il paraissait normal de mettre en place ce service également pour la police », note Olivier Risnes, aumônier protestant.

« Excepté le prêtre catholique, nous sommes déjà tous aumôniers à la gendarmerie », précise Moïse Lewin, représentant du culte juif depuis deux décennies au sein de la gendarmerie. « Nous comblons un vide. Au-delà des attentats, des personnels ressentaient le besoin d'aborder sous l'angle de la spiritualité des questions relatives à leur travail ou à leur vie personnelle », poursuit le rabbin. « Le métier de policier est devenu très dur eu égard au nombre de suicides dans la profession, la plus affectée après celle d'agriculteur, ajoute le père Denis Chautard, aumônier catholique. Je note un besoin des personnes de pouvoir parler et exprimer leurs souffrances. »

Parfois, les demandes sont plus inattendues. « J'ai reçu un coup de fil d'une diplomate qui s'était fait voler ses papiers et qui avait besoin d'être rassurée, elle avait vu l'affiche dans un commissariat, explique l'aumônier orthodoxe Jean-Paul Lefebvre-Filleau, recteur de la paroisse Sainte Catherine d'Alexandrie à Vernon. Un policier catholique qui fréquentait une orthodoxe voulait avoir des renseignements pour organiser son mariage. J'ai reçu aussi des nouveaux venus de Roumanie intégrés dans la Bac après être passés dans la Légion étrangère. »

Pour accomplir leur mission, des moyens matériels sont mis à la disposition de ces représentants du culte, comme un local pour recevoir les personnes qui en font la demande. Il est situé en plein cœur de Paris, sur l'île Saint-Louis. Par ailleurs, les aumôniers bénéficient d'un laissez-passer pour entrer dans les commissariats parisiens. Mais pour en arriver là, ils ont dû être agréés conjointement par le ministère de l'Intérieur et l'autorité cultuelle dont ils dépendent, après enquête de moralité.

Toutefois, la perception des aumôniers n'est pas toujours bien comprise au sein des services de la police. « Nous ne sommes pas en concurrence avec les organisations syndicales ni avec le personnel soignant, comme les psychologues ou les assistances sociales, précise Olivier Risnes. Nous proposons quelque chose de différent. Cela se fait par des temps d'échange individuel ou lors de groupes de parole ou encore de temps de prières. »

« Nous organisons une messe par an à la mi-novembre pour fêter le saint patron des policiers, saint Martin, ou pendant l'année dans la paroisse du Saint-Esprit dans le Xlle arrondissement », ajoute le père Denis Chautard. Par ailleurs, les aumôniers aimeraient être plus visibles. « Nous aimerions pouvoir communiquer davantage en interne pour que les personnels qui le souhaitent puissent nous rencontrer », constate Olivier Risnes. En attendant, ce service d'aumônerie pourrait s'étendre aux commissariats de Marseille !

 

ERIC DE LA CHESNAIS

 

LE FIGARO

 

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