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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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2 décembre 2017 6 02 /12 /décembre /2017 08:28
Le P. Denis Chautard, de la Mission de France, est aumônier de la Préfecture de Police de Paris et de la communauté Police et Humanisme d’Île-de-France. Il est prêtre du diocèse d’Évreux (Eure). © Laurence Faure

Le P. Denis Chautard, de la Mission de France, est aumônier de la Préfecture de Police de Paris et de la communauté Police et Humanisme d’Île-de-France. Il est prêtre du diocèse d’Évreux (Eure). © Laurence Faure

« Un policier a besoin de soutien »

Le P. Denis Chautard prendra ses fonctions d’aumônier catholique de la Préfecture de Police de Paris au 1er janvier 2018. Il nous explique sa mission, alors que les suicides au sein des forces de l’ordre ont augmenté en 2017.

Paris Notre-Dame – Comment devient-on aumônier de la police de Paris ?

 

P. Denis Chautard – Je viens d’être nommé à la Préfecture de Police de Paris (PPP) après avoir pris la charge, il y a un peu plus d’un an, de la section Île-de- France de Police et humanisme, la communauté chrétienne des policiers en France. Je mènerai donc ces deux missions simultanément. Prêtre de la Mission de France depuis quarante ans, j’ai été fonctionnaire de l’Éducation nationale de 1992 jusqu’à ma retraite, en 2014. Je suis donc un familier de « l’immersion » en milieu laïc. Mon futur ministère à la PPP recouvrira la capitale, mais aussi les départements du Val-de-Marne, des Hauts-de-Seine et de la Seine- Saint-Denis, ce qui représente plus de 21 000 policiers. Une affichette est actuellement placardée dans tous les commissariats pour signaler mon arrivée. Mon numéro de portable y est indiqué pour que je puisse être joignable à tout moment. Lors des attentats du Bataclan, mon prédécesseur, le P. Noël Choux, avait été sollicité par le commissariat du 11e arrondissement et y avait reçu des policiers très perturbés par les événements.

P. N.-D. – Quelles sont les préoccupations des policiers qui vous sollicitent ?

D. C. – Leurs familles en premier lieu. Les policiers sont fréquemment absents les week-ends, ce qui pèse sur leurs proches. De même pour les dangers qu’ils encourent et pour le stress qu’ils doivent encaisser face aux risques d’attentats. Leur uniforme est synonyme de « cible ». Une autre question récurrente est celle de la maîtrise de soi. C’est une composante du métier et une exigence morale. Confrontés à des situations de détresse ou de violence, ils doivent faire preuve de discernement et de rapidité de décision, d’autorité, de force et de douceur à la fois. À un niveau plus spirituel, j’ai remarqué qu’ils invoquaient particulièrement Marie pour protéger leurs vies et leurs familles.

P. N.-D. – En 2017, 44 policiers et 16 gendarmes se sont donné la mort. Dans ce contexte, votre rôle revêt un caractère particulier…

D. C. – De fait, ces derniers mois, j’ai été témoin de la souffrance de certains policiers, même si cela serait réducteur de ne voir que cette aspect de leur métier. Ils subissent une baisse d’effectifs générale depuis dix ans, une pression physique et psychologique, avec de moins en moins de repos compensatoires et tout ce que cela implique. Dans ce contexte, ils ont un réel besoin de soutien fraternel. Je suis d’abord là pour être à leur écoute. Les policiers impliqués dans la sécurité publique sont les premiers témoins des situations humaines les plus dures, de ruptures sociales, de conflits, de désespoir. Leur aumônier partage leur vie et fait un chemin de foi avec eux. Quand on célèbre la messe ensemble une fois par mois – à l’église du St-Esprit (12e) pour Police et Humanisme, et à la chapelle du dépôt (1er) pour la préfecture –, ce sont des moments très forts de fraternité. Nous partageons aussi autour de la parole de Dieu, en la lisant à travers la réalité du terrain. Les policiers ont besoin de la protection et du soutien des aumôniers de toutes confessions qui les accompagnent, mais aussi de leur hiérarchie et de la population.

Propos recueillis par Laurence Faure

Extrait de « Paris Notre Dame », hebdomadaire du Diocèse de Paris du 30 novembre 2017

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 21:02
POLICE: UNE VAGUE DE SUICIDES LIEE A LA MENACE TERRORISTE – INTERVIEW DE NOËL CHOUX

Depuis 12 ans, le père Noël Choux est l’aumônier national de la communauté chrétienne des policiers de France et de Police et Humanisme. Pour lui, "il est clair" que la vague de suicide touchant les membres de la police révèle "un malaise".

Cliquer sur le podcast ci-dessous pour écouter l’interview (14 minutes)

Moins de temps en famille

44 policiers et 16 gendarmes se sont donnés la mort depuis janvier 2017: le bilan est lourd pour les forces de l’ordre. Manque d’effectif et surmenage, les raisons sont multiples. Ce malaise renverraient surtout aux problèmes familiaux et personnels des policiers, qui pourraient bien, selon le père Choux, trouver une partie de leur origine dans les conditions de travail post-attentats.

"Travailler un week-end sur six brise les liens de famille"

"Travailler un week-end sur six, ça brise les liens de famille", explique l’aumônier. Les "jeunes policiers à Paris arrivant de province sont particulièrement touchés puisqu’ils se retrouvent plus facilement isolés dans un contexte qu’ils ne connaissent pas."
 

Devenir une cible: un choc pour les gardiens de la paix

Autre problème recensé par le Père Noël Choux: les policiers sont devenus une cible pour les terroristes avec les attentats de Charlie Hebdo. Un choc pour ces fonctionnaires, qui, contrairement aux gendarmes et militaires, n’en avaient pas forcément l’habitude, ni la vocation.

"J’ai senti un traumatisme chez eux. Beaucoup se posent la question du sens de leur mission." Une réflexion d’autant plus difficile à mener que le Père Choux rapporte le manque de reconnaissance et la méconnaissance de la société envers la police. "Pour la société, les policiers sont ceux qui mettent des PV. C'est réducteur, souligne-t-il. Le climat de méfiance est lourd pour eux."

Malaise parmi les chrétiens

Même parmi la communauté chrétienne des policiers, le malaise sévit. "La vision chrétienne est de se sentir gardien de la paix comme "être artisan de paix" de la Béatitude de l'Evangile. Mais si ce n’est pas reconnu par la société, ça devient difficile."

Comment accompagner les policiers en souffrance? Le Père Noël Choux se résoud à une méthode douce: "J’écoute beaucoup, j’essaie de leur dire que Dieu les aime et que ce qu’ils font est utile à la société."

Invité interrogé par téléphone.

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 20:53
Le major Alain Darzacq, en poste à la police nationale de Bordeaux depuis douze ans, fait rimer police avec humain.  Photo Thierry DAVID

Le major Alain Darzacq, en poste à la police nationale de Bordeaux depuis douze ans, fait rimer police avec humain. Photo Thierry DAVID

Le major de la police nationale, Alain Darzacq, a monté l’association Police et Humanisme à Bordeaux. Lui et son bâton de pèlerin. Rencontre.

On dit que le soldat saint Martin avait partagé son manteau en deux d’un coup de glaive, pour couvrir un miséreux échoué sur une route. Saint Martin est le patron de l’association Police et Humanisme qui rassemble en France 200 adhérents, policiers catholiques. Dont un seul à Bordeaux. Il s’appelle Alain Darzacq, gradé le plus haut parmi les gardiens de la paix, il est major au sein de la police nationale. Et du genre à tailler son manteau en deux.

L’association des deux mots « police » et « humanisme », antinomique par excellence, prête à sourire. Est-ce une blague ? Alain Darzacq ne rit pas. Taux de suicide dans la police française aujourd’hui : 32,4 pour 2 000. « La preuve d’une souffrance en interne, admet le major. La preuve aussi sans doute de la prise de conscience d’un dysfonctionnement. II existe dans la police un code de déontologie. Si le texte est écrit dans le marbre, il a eu du mal à être appliqué au pied de la lettre. »

Les dérives de la police

Catholique convaincu, Alain Darzacq a intégré la police après l’armée. Formé pour être dessinateur industriel, une affiche de propagande pour entrer dans la police l’a singulièrement attiré. Il était écrit : « La police, un métier d’homme ». « Et moi, j’ai vu là un métier aux qualités humaines. Je croyais naïvement aux valeurs fraternelles et de solidarité. Oui, j’étais idéaliste. Et j’ai été déçu. Sur le terrain, l’individualisme, l’égoïsme prédominaient. Les fonctionnaires étaient d’abord des exécutants, par crainte, par manque de courage, ou pour se protéger. Ma foi a résisté à toutes les intempéries, je n’ai jamais cédé. »

« Envers et contre tout j’ai toujours cru en l’homme, et pourtant j’ai vu les pires choses. Dans le cadre de mon travail, puisque j’ai été longtemps enquêteur, mais aussi en interne. Abus de pouvoir, copinages, réseaux… J’ai vu venir toutes les dérives de la police, qu’aujourd’hui enfin nous ne tolérons plus. J’ai vu des brigades entières de ripoux, des patrons mouillés jusqu’au cou dans des trafics. Inadmissible. »

S’il évoque ce passé récent, c’est qu’aujourd’hui on sait. Et puis, ajoute-t-il, « l’administration a mis en place des systèmes de contrôles internes, la police des polices ». Mais, lui, avec son bâton de pèlerin, n’a jamais lâché ses convictions. Il a vu venir à lui des collègues de tous bords. Épuisés, au bout du rouleau, ou simplement désireux de vivre mieux avec leur boulot. « J’ai été formé aux risques psychosociaux, mais personne ne le sait dans la police. C’est spontanément que tous ces gens sont venus vers moi. Qu’ils s’épanchent. Je reconnais que je suis une espèce de prophète, et je suis persuadé qu’un policier chrétien peut être un excellent conseiller, garant d’intégrité, d’honnêteté. Un éclaireur en même temps qu’un veilleur. La police est fragilisée aujourd’hui et a besoin d’un complément d’âme. »

« Une prise de conscience »

L’association Police et Humanisme, dont il est à Bordeaux le seul représentant, fête son 50e anniversaire. À cette occasion, Alain Darzacq a organisé une messe à l’église Notre- Dame, célébrée par le cardinal Ricard. Deux mois pour mettre en place cet événement, attirer des partenaires institutionnels et imposer sa crédibilité. Ils étaient 400 rassemblés à l’église, vendredi dernier. La délégation bordelaise de Police et Humanisme vient de naître. Fort de ses trente-deux ans de police, le major prophétise encore. « La police a pris conscience de ses dérives, oui, mais les tensions sociales vont se poursuivre, d’où la nécessité que nos décideurs soient bien entourés. »

Lui, prône une communication plus transparente, du partenariat actif et de la prévention à tous les étages. De la maternelle aux facultés. « Plus que quiconque, nous avons conscience du caractère éphémère de l’être humain. La mort, nous sommes confrontés à elle au quotidien, alors il ne faut pas traîner. »

isabelle castéra

SUD OUEST

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 08:37
« Veiller sur la cité » : la place de la police dans une démocratie

Rien ne paraît plus contradictoire, à première vue, que démocratie et police. La démocratie implique la liberté des citoyens, donc leur non-soumission à quelque autorité extérieure que ce soit, alors que la police relève, qu'on le veuille ou non, de la contrainte, de la surveillance. « L’obéissance à la loi qu'on s'est prescrite, est liberté », affirme Jean-Jacques Rousseau...

Le policier exerce un métier difficile, mais s'il est un veilleur il l’exercera en se préoccupant du respect des principes essentiels qui nous lient les uns aux autres dans des sociétés démocratiques.

 

Et pourtant aucune société démocratique ne peut se passer de surveillance policière ; il ne s'agit nullement d'un résidu de pouvoir autoritaire, voire arbitraire. Car chacun voit bien que, si libre qu'il prétende être ; il lui est toujours possible de mécon­naître les lois, par ignorance, par mauvaise volonté, par désobéissance voulue, par simple caprice et volonté propre. Qui au volant de sa voiture n'a jamais fait d'excès de vitesse, pourtant sanctionnés en principe par le gendarme ? La démocratie ne suppose pas, sauf idéalisme irréfléchi, que toutes les libertés s'accordent entre elles, ou que jamais les citoyens ne soient en retrait par rapport à ce qu'ils devraient être. S'imposent donc des autorités qui obligent au bon ordre, à la sécurité, qui luttent contre l'insou­ciance, le quant-à-soi, l'Indifférence au bien des autres (imprudences sur les routes, négligence à payer ses impôts, combines en tous genres,…).

Besoin de veilleurs

On doit donc en conclure que toute démocratie a besoin de veilleurs, d'hommes et de femmes qui ont le souci et qui se doivent de faire res­pecter le bon ordre public, sans lequel nos sociétés connaîtraient le chaos et la violence. Ils ne sont pas au-dessus des lois, comme dans des régimes autocratiques, car le citoyen en démocratie doit pouvoir vivre, non dans la peur du gendarme, non dans la méfiance envers une autorité arbi­traire, mais dans la confiance. Le poli­cier est donc celui qui veille à la tranquillité publique, à cette atmosphère de calme où chacun peut vaquer à ses affaires en toute quiétude. Il n'est pas là pour tracasser les citoyens, à la limite même, comme tout bon veilleur, il doit s'effacer, ne pas s'imposer de manière trop voyante. Mais il doit d'au­tant plus être attentif, éveillé, vigilant pour détecter, y compris dans les atti­tudes les plus banales, des risques de dérapage, d'inconduite ou de trouble à l'ordre public. Ce qui suppose de sa part une sensibilité en éveil, une Intel­ligence des choses, un sens avisé de son rôle : pas seulement surveillant, mais veilleur. Bref le policier permet à la vie publique de se développer sans heurts, donc de s'épanouir dans la liberté de chacun et dans le respect de tous.

 

Veille et service

Faut-il dire à quel point le devoir de vigilance s'impose à tout chrétien, donc particulièrement au chrétien qui a pour métier d'être policier, à celui qui cherche son inspiration et trouve sa vocation humaine dans la référence à l’Évangile ? La lecture des Évangiles montre que l'appel à une vigilance per­manente constitue en quelque sorte le dernier message de Jésus à ses disciples. Veillez, ne dormez pas, ne vous laissez pas aller à l'assoupissement comme ceux qui ne mesurent pas l'importance du présent, qui mécon­naissent la nécessité de répondre ici et maintenant au souci des autres et aux appels de Dieu. Saint Paul reprend d'ailleurs avec force cette consigne, qui est plus qu'une consigne, à savoir que nous ne devons pas sombrer dans les ténèbres de la nuit, mais rester en éveil dans l'attente du Jour. Or l'exercice de veille suppose une extraordinaire mobilisation de soi, une attention forte à ce qui surgit et qui peut passer d'abord inaperçu, à ce que la plupart des gens insouciants ou somnolents ne verront pas ou minimiseront parce qu’ils ne sont pas état de voir clair. Le policier a donc une fonction éminente de veille sur la cité, non pour brimer, pour effrayer, pour exercer sa puissance sur autrui, mais tout au contraire pour permettre aux autres... de dormir. Je veux dire par là d'exercer leurs fonctions, leurs métiers, leurs responsabilités sans peur et sans le souci permanent des menaces venant d’autrui. Mous mesurons mal à quel point nos sociétés démocratiques sont des sociétés qui assurent cette sérénité à tous, justement parce que quelques-uns veillent à ce que soient assurés l’ordre public, la sécurité, la tranquillité entre tous...

Car nous pouvons vivre nous citoyens ordinaires, « les yeux fermés », parce que nous savons que d'autres veillent pour que régies et lois soient obser­vées, et pour que les contrevenants soient empêchés de nuire ou de léser autrui, dans ses biens ou dans sa personne. Veiller c'est donc servir les autres, en se faisant oublier d'eux pour qu'eux-mêmes puissent vivre sans peur et dans la confiance mutuelle.

Veilleurs démocratiques

Évidemment le policier qui cherche son inspiration dans l'Évangile, qui est donc vigilant, vit dans une société démocratique. Là encore ii trouve son inspiration dans un certain nombre de valeurs qui, quoique séculières, ont tout à fait à voir avec le message chrétien. La démocratie suppose des citoyens libres et fraternels ; elle sait aussi que ces citoyens ne sont pas des anges, qu'ils cherchent plus souvent leurs intérêts propres plutôt que celui de la cité, que certains même tentent de contourner les lois et utilisent mille formes de violence pour s'imposer aux autres, La démocratie n'est pas bêtement idéaliste ; elle doit faire respecter ses lois, et donc aussi faire respecter les valeurs de liberté et de fraternité. En ce sens la police a bien un côté répressif à l'endroit des contrevenants, mais elle se doit d'exercer cette répres­sion dans les limites de la loi et dans le respect des personnes (courtoisie, politesse, refus de la brutalité, sauf cas de résistance et de menaces...). Et ce souci d'honorer les valeurs démocratiques fondamentales trouve une puissante inspiration dans la vigilance évangélique. Le policier exerce un métier difficile, mais s'il est un veil­leur, il l'exercera en se préoccupant du respect des principes essentiels qui nous lient les uns aux autres dans des sociétés démocratiques. D'où un travail de critique de soi, de discussion avec d'autres sur les manières d'agir et sur les écueils à éviter. Si le policier veille pour les autres, il veille aussi sur lui-même pour éviter les excès, les abus... ou le sommeil. Ce discernement est d'autant plus néces­saire que le policier représente aussi ce qu'on appelle «la force publique », qu'il a un pouvoir de contrainte, et donc qu'au lieu de nourrir la confiance, son inconduite peut susciter la méfiance et la peur. Ce qui ne contribue certes pas à un exercice heureux de sa fonction... Mais s'il veille, il nourrit la vie démocra­tique, donc la confiance entre citoyens.

 

Paul VALADIER, Jésuite

« Le Veilleur » n°166 Février 2017

Pages 8 et 9

Le Veilleur est la revue de la Communauté Chrétienne « Police et Humanisme »

 

http://policeethumanisme.fr/

 

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 23:18
Michel CRACCO de « Police et Humanisme » a été décoré de l’ordre du mérite agricole ce 24 février à Bondy

Nous étions une quarantaine de personnes réunies ce vendredi 24 février 2017 à 18h dans le salon bleu de l’hôtel de ville de Bondy (Seine Saint Denis) pour entourer Michel CRACCO, 53 ans, père de deux enfants et policier, élevé au grade de Chevalier dans l’ordre du mérite agricole. A ses côtés Madame Pierrette RICHAUDEAU, présidente de l’AMOMA (Association des membres de l’Ordre du Mérite Agricole de Seine Saint Denis) ainsi que le porte-drapeau de l’AMOMA. Nous étions également 5 représentants de la Communauté Chrétienne des Policiers d’Ile de France (« Police et Humanisme ») à laquelle appartient Michel.

C’est Madame Sylvine THOMASSIN, Maire de Bondy, qui lui a remis la médaille après avoir prononcé cet éloge « humaniste » et très bien informé :

« Mesdames et Messieurs,

Je dois vous dire que je n’ai pas l’habitude de remettre les insignes de l’Ordre du Mérite Agricole, c’est une grande première pour moi.

Je suis, quoiqu’il en soit, honoré d’officialiser avec vous aujourd’hui le travail de Michel CRACCO.

C’est un policier, et non un agriculteur que j’ai en face de moi.

Un homme discret, humble, réservé m’a-t-on dit, rigoureux et républicain.

Un homme qui a pendant vingt ans assuré la sécurité au Salon de l’Agriculture à Paris et au Ministère de l’Agriculture.

A 53 ans, celui qui a protégé le Président Jacques CHIRAC contre des manifestants en échasses ou assuré la sécurité du domicile personnel de François MITTERRAND peut se dire une chose : que de chemin parcouru !

Que de chemin parcouru en effet pour l’enfant de fermier, et quelle coïncidence que de se voir remettre cette distinction.

Celui qui assurait la sécurité du Salon de l’Agriculture et à qui il est arrivé par la force des choses d’être en confrontation directe avec des manifestants agriculteurs a toujours été rattrapé par ses racines.

Et cette image qu’il garde en tête, celle de ce manifestant agriculteur, après des affrontements rudes, qui lui serre la main, restera à jamais gravée dans sa mémoire.

Car Michel CRACCO sait prendre du recul, et je crois que dans vos fonctions il est plus que nécessaire de savoir prendre de la hauteur, et sait aussi et surtout que chacune et chacun défend ses positions à un instant précis, mais se retrouve sur les valeurs.

De ses débuts comme Gardien de la Paix en 1986 dans les Commissariats du 16ème et 18ème arrondissements de Paris, au grade de Brigadier de Police à Major en 2009, affecté à l’Unité Mobile d’Intervention et de Protection et plus tard de Chef de section à la Compagnie d’Intervention de nuit à Paris, Michel CRACCO en a vu des personnalités, des moments de vie intenses, insolites, cruels ou joyeux, comme le jardin géant installé sur les Champs-Elysées en mai 2010.

Et depuis deux ans, comme adjoint aux Officiers à la Compagnie de Nuit de Paris.

Celui qui n’a loupé physiquement que deux 14 juillet depuis 1995 a été promu à la fonction de Major à l’échelon de Responsable d’Unité Locale de Police, a intégré le Pool Commandement, et est responsable de la compagnie d’Intervention de nuit de Paris.

Et, ce qui me rend très fière, moi Maire de Bondy, et bien c’est de savoir qu’ici, dans notre ville, y est domicilié ce Monsieur. Ce grand Monsieur de l’ombre.

Ce maillon essentiel d’une chaîne sans laquelle notre République ne serait pas ce qu’elle est.

Louis LEPINE, ancien Préfet de Police écrivait en 1929 à propose des policiers : « Ils aiment tant leur métier qu’un succès les paie de toutes leurs peines »… C’est un peu cela que je ressens chez Michel CRACCO.

Cet homme discret dont je parlais, discret aussi dans sa vie privée et qui comme beaucoup d’entre nous est passé par des hauts et des bas, et qui sait être reconnaissant pour l’appui, l’accompagnement essentiel que l’association Police et Humanisme a pu lui dispenser dans les moments difficiles.

Je crois d’ailleurs savoir que certains membres de l’association sont parmi nous.

Bien sûr, nous sommes ici présents pour vous récompenser Michel de tous vos services rendus à l’agriculture, mais je n’ai pu m’empêcher de saluer également tous les services rendus pour la République.

Aussi, c’est avec grand plaisir, Michel CRACCO, que je vous fais, nous vous faisons, Chevalier dans l’ordre du Mérite Agricole ! »

Michel CRACCO de « Police et Humanisme » a été décoré de l’ordre du mérite agricole ce 24 février à Bondy
Michel CRACCO de « Police et Humanisme » a été décoré de l’ordre du mérite agricole ce 24 février à Bondy

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 07:21
L’invitation au « regard du cœur » par Jean-Pierre Rouvière aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers de Tours

Vivre l’année de la miséricorde !

C'est à cela que le pape François nous invite. Ce mot de miséricorde est peu employé dans notre langage commun, et beaucoup de nos compatriotes ne s'en servent jamais. C'est une expression qu'on rencontre dans la Bible pour exprimer une attitude de Dieu vis-à-vis de son peuple choisi, aimé et pourtant rebelle. Une réponse de Dieu à l'égard de quelqu'un qui rate sa vraie vocation. Dieu ne rejette pas, il a de la miséricorde. Ce mot est formé de deux mots bien connus par contre : la misère et le cœur. Généralement, la misère on connaît Le peuple des policiers de France est bien placé pour connaître cette réalité qui habite si souvent l'existence humaine. Des misères, il y en a de toutes sortes, physiques, addictives, morales, psychiques, affectives... Et face à cette misère, souvent le comportement, c'est de fuir, de prendre le large, de juger, parfois de prétendre avoir les bonnes solutions. Et généralement, on est peu tendre à l'égard des miséreux On les chasse, on les exclut, on les enferme parce que consciemment ou non, on a peur de la misère. Alors les gens, les croyants de la Bible, et Jésus dans les Évangiles, nous disent le regard de Dieu, la façon que Dieu a face à tous ces gens. Lui, il aime, il écoute, Il voit (« J’ai vu la misère de mon peuple »). Il n'est pas indifférent, Il ne s'éloigne pas, il laisse parler son cœur, et chacun, face à Dieu, trouve sa vraie dignité, un fils, une fille bien-aimée de Dieu. Jésus laisse apparaître cela à chacune de ses rencontres dans l'Évangile, de telle sorte qu'on peut percevoir quel est le regard de Dieu sur chacun. C'est vrai que si on se pense parfait, on n'a pas besoin de ce regard de Dieu. Mais si on mesure un peu ce qui manque dans notre vie, nos limites, nos insuffisances, alors on comprend que ce regard de Jésus sur les pauvres, les bannis, les exclus, les pécheurs, peut aussi nous rejoindre, nous relever, nous rendre confiance et aptes à changer, à grandir. Essayer, nous aussi, d'avoir ce regard de Jésus sur les autres, sur ceux pour lesquels on a mission d'être « gardiens de la paix », ça nous permet d'avancer, de ne pas perdre courage, de savoir qu'il faut sans cesse recommencer à accueillir, à écouter, à comprendre, et que ce travail vient comme compléter le travail de Jésus Ce n'est pas pour rien qu'il nous envoie pour poursuivre son œuvre. Notre tâche est immense, et nous mesurons parfois qu'elle a réussi, que nous aussi nous avons contribué à relever quelqu'un.

Alors une année de la Miséricorde, comme nous y invite le pape François, c'est nous rappeler que c'est notre vocation de chrétien là où on est, où on travaille, où on vit : dans la famille, dans la profession, dans les engagements de toutes sortes. Nous aussi, servons-nous de notre cœur pour regarder les autres, -'est une démarche courageuse.

Jean-Pierre Rouvière, prêtre du Diocèse de Tours et aumônier de la délégation Police et Humanisme de Tours

Revue « Le veilleur » juin 2016 page 13

http://policeethumanisme.fr/

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