Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 18:27
Les Yvelines, inattendu port d'attache des demandeurs d'asile tibétains © AFP / Christophe ARCHAMBAULT

Les Yvelines, inattendu port d'attache des demandeurs d'asile tibétains © AFP / Christophe ARCHAMBAULT

Des chaînes de l'Himalaya aux rives de la Seine: depuis plusieurs années, des Tibétains en exil affluent dans les Yvelines, attendant l'asile dans des campements provisoires dont l'ampleur commence à inquiéter les autorités.

Parmi ces exilés, Tenzin, 26 ans. Dans une autre vie, elle était nomade et gardait des yacks au Tibet avec sa mère. Aujourd'hui, la jeune femme est installée sur un campement à Achères, en bordure de forêt de Saint-Germain-en-Laye, où 700 à 800 personnes se pressent sous les tentes, dans le froid et la boue.

Un campement monté début août après que d'autres eurent été démantelés aux environs, l'un après l'autre, par la préfecture.

Sous les bâches en plastique, pavoisées ça et là de drapeaux tibétains ou du club du PSG dont le camp d'entraînement est tout proche, les demandeurs d'asile patientent, aidés par les associations et les bonnes volontés locales.

Il faut "six mois" en moyenne pour obtenir le statut de réfugié, explique Michelle Béharel, présidente de la section locale de la Ligue des droits de l'Homme. L'asile, précise-t-elle, est octroyé quasi systématiquement aux ressortissants du Tibet, territoire occupé par la Chine depuis les années 1950.

La jeune Tenzin explique avoir dû partir parce que son père était un fervent défenseur de la culture tibétaine, passé par les geôles chinoises. A sa mort, ses poèmes ont tous été "brûlés par les soldats" de Pékin, raconte-t-elle. Alors sa mère lui a intimé l'ordre de partir.

"Elle ne voulait pas que je finisse comme mon père", souffle la jeune femme qui dit ignorer combien ses proches ont payé pour financer ce voyage sans retour. Des chiffres de 12.000 à 20.000 euros circulent autour du campement d'Achères.

Tenzin veut désormais entamer une nouvelle existence et, pourquoi pas, "travailler un jour dans un aéroport" ou comme "guide".

A ses côtés, Nangsel (prénom d'emprunt), 30 ans. Cette artiste a rejoint elle aussi la communauté tibétaine en exil après la mort en prison de son père, opposant au gouvernement chinois.

Depuis juillet, elle attend sa régularisation et malgré les "difficultés administratives", elle se dit "heureuse de pouvoir chanter librement" à la gloire du Dalaï Lama et du Tibet.

Le mot "liberté" est sur toutes les bouches ici.

"Arche de Noé"

Comme beaucoup d'autres, Tenzin et Nangsel ont transité par le Népal après avoir traversé l'Himalaya sans papiers. La Chine n'octroie généralement pas de passeport aux Tibétains.

D'autres choisissent de transiter par l'Inde, pays où le gouvernement en exil du Dalaï Lama s'est installé voilà 60 ans.

Mais l'Inde comme le Népal n'adhèrent pas à la convention de Genève et n'offrent donc jamais la possibilité à ces exilés ni à leur descendance d'obtenir le statut de réfugié, explique Françoise Robin, spécialiste de la culture tibétaine enseignante à l'Institut national des langues et civilisations orientales. Difficile dans ces conditions de se former, de travailler, de se déplacer, même à l'intérieur du pays.

Dans ce contexte, la France est vue comme un havre de paix. Surtout depuis que des pays comme la Suisse ont récemment restreint leur politique d'accueil de cette population.

Et la région de Conflans-Sainte-Honorine est étrangement devenue le point de ralliement pour les Tibétains, une "arche de Noé" depuis le début des années 2010, sourit Hugues Fresneau, directeur de La Pierre Blanche, association qui s'occupe des plus démunis depuis plus de 30 ans.

Installée sur une péniche amarrée sur le port de Conflans, l'association leur permet d'avoir une domiciliation, les aide pour leurs démarches administratives et fournit vêtements, repas chauds, douche et quelques places d'hébergement.

"Ils nous disent qu'on est connu au Tibet et en Inde ou au Népal" mais "c'est une notoriété dont on se serait bien passé", confesse M. Fresneau.

"Stopper la filière"

En sous-préfecture de Saint-Germain-en-Laye, on souligne surtout que "la difficulté" réside dans le fait "qu'ils viennent tous au même endroit", étant très "attachés à leur communauté".

Or les structures d'hébergement sont "engorgées en Ile-de-France", notamment à cause de l'évacuation des camps de migrants porte de La Chapelle à Paris, note le sous-préfet Stéphane Grauvogel.

Mardi, le campement d'Achères doit être démantelé à son tour et ses occupants mis à l'abri pour l'hiver dans des gymnases du département.

Pour éviter qu'un campement ne se reforme au printemps, des "hébergements en province" seront proposés, explique M. Grauvogel.

Car le problème des campements sauvages est désormais récurrent et suscite des inquiétudes au niveau local.

"Depuis septembre, on a écrit à la terre entière: à M. Macron, au président du Sénat, au ministre de l'Intérieur. On nous a répondu que le ministère cherchait des solutions", peste-t-on en mairie d'Achères.

Laurent Brosse, maire DVD de Conflans-Sainte-Honorine, s'alarme lui aussi: ce flux "ne pose pas de problème de sécurité publique", mais "les solutions d'hébergement se raréfient" localement "vu l'afflux massif".

Pour l'édile, la seule "solution pérenne" serait de "stopper la filière".

L'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui octroie l'asile, ne donne pas le nombre des Tibétains qui entrent en France chaque année, les classant parmi les demandeurs chinois.

Mais selon Mme Robin, ils seraient actuellement 8.000 au total à résider dans l'Hexagone. Beaucoup, une fois leurs papiers obtenus, travaillent dans des restaurants chinois, pour partie déclarés, pour partie au noir. Le but étant de payer rapidement les dettes contractées pour financer leur passage en France.

03/12/2019 12:59:46 -          Conflans-Sainte-Honorine (AFP) -          © 2019 AFP

 

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 19:59
Plusieurs jeunes enfants vivent dans le camp de demandeurs d'asile tibétains de Achères. Photo : InfoMigrants

Plusieurs jeunes enfants vivent dans le camp de demandeurs d'asile tibétains de Achères. Photo : InfoMigrants

A Achères, en région parisienne, une communauté toujours plus grosse de demandeurs d’asile tibétains vit sous des tentes dans un camp précaire. A l’approche de l’hiver, les associations demandent à ce que ces personnes soient mises à l’abri.

À Achères, en région parisienne, quelque 400 demandeurs d’asile tibétains ont planté leurs tentes sur un terrain vague depuis début août. Face à un chantier de construction d’immeubles et en lisière de la forêt de Saint-Germain-en-Laye, des hommes et des femmes seuls, mais aussi quelques familles et six enfants, selon les associations, vivent tant bien que mal sous de grandes bâches tendues entre des bâtons de bois. Le but : se protéger de la pluie, fréquente ces derniers temps.

“C’est dur d’être dans ce camp, il commence à faire froid”, affirme Jigmey Choedhen, un ancien étudiant en littérature de 26 ans, vêtu d’un t-shirt floqué d’un drapeau tibétain. Dehors, face à l’arrivée de gros nuages noirs, des membres de la communauté s’affairent pour construire en toute hâte de nouveaux abris et rehausser les tentes qui sont à même le sol à l’aide de matelas trouvés, comme presque tout ici, dans des déchetteries. Jigmey Choedhen, lui, tousse constamment. “J’ai un rhume”, suppose le jeune homme qui n’a pas consulté de docteur.

Depuis le 23 juillet, il dort dehors, dans une installation sommaire aux allures de yourte. Au centre, des matelas et couvertures récupérés çà et là entourent des cagettes faisant office de table basse sur laquelle on sert du thé au lait sucré. Dans le fond, près d’une ouverture donnant sur la forêt, une sorte d’espace cuisine a été emménagé : poêles et ingrédients de base dans un coin, réserve de rondins de bois coupés dans un autre, et un feu de camp au milieu. Lorsque les occupants font à manger, la fumée envahit tout l’espace et des cendres volent. "On a peur pour nos affaires et surtout pour nos documents de demandeurs d’asile. On craint qu’ils prennent l’eau ou, pire, qu’un incendie se déclare", s'inquiète Lobsang, 27 ans.

Avant août, ces demandeurs d’asile étaient installés dans la commune voisine de Conflans-Sainte-Honorine, là aussi dans des camps. "La mairie ne faisait rien. Tout ce qu’elle a fait, c’est fermer les bains douches et empêcher l’accès aux toilettes publiques", s’offusquent des représentants des associations.

Devant l’inaction des pouvoirs municipaux et de la préfecture, des associations, dont la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), le Réseau d'accueil des migrants des Yvelines et le Collectif de la Confluence, ont décidé de saisir la justice. En début de semaine, le tribunal de Versailles a ainsi décrété que des sanitaires, des douches et des points d’eau devaient être rendus accessibles à ces migrants.

Sur le camp d’Achères, seul un tuyau d’eau, installé mi-septembre, permet de boire et de faire la vaisselle. “C’est très difficile d’avoir accès à des toilettes, confie encore Jigmey Choedhen. Le sanitaire le plus proche se trouve dans la station de RER d’Achères Ville", à une dizaine de minutes à pied. “Sinon, il y a la forêt.”

“Ni droits, ni sécurité” au Tibet

Jigmey Choedhen et ses compagnons d’infortune, tous demandeurs d’asile et âgés entre 26 et 39 ans, gardent toutefois le sourire. Loin de leur Tibet natal, ils savourent le fait de vivre désormais dans un pays “libre”, après avoir, pour la plupart, traversé l’Himalaya à pied pour rejoindre le Népal et s’être ensuite envolés pour la France à l’aide de faux passeports.

Un périple périlleux entrepris pour fuir le Tibet, où les citoyens n’ont “ni droits, ni sécurité, ni liberté”, se plaignent les intéressés. Cette région autonome de la Chine, contre laquelle Pékin a envoyé son armée en 1959 pour mater une révolte, subit depuis des décennies la politique répressive des autorités chinoises qui n’hésitent pas à cibler les dissidents politiques présumés. Depuis 2009, le Tibet est secoué de vagues de tentatives de suicide et d’immolations par le feu perpétrées, notamment, par des moines bouddhistes, pour protester contre la domination chinoise sur le plateau de l'Himalaya.

Jigmey Choedhen a, lui, fui le Tibet en 2012, lorsque ces immolations étaient à leur pic. “A l’époque, j’étais allé rencontrer un moine qui avait tenté de s’immoler par le feu et qui avait survécu à ses blessures », raconte l’exilé originaire de la région de l’Amdo. "Je l’ai filmé et j’ai posté la vidéo sur les réseaux sociaux. Une semaine plus tard, j’ai été arrêté par la police et mis en prison. Ils m’ont dit que je risquais entre 3 ans et 7 ans d’emprisonnement parce que j’avais posté cette vidéo. Mes parents ont pu trouver de l’argent pour me libérer au bout d’une semaine, mais pendant les années qui ont suivi, j’ai eu la police sur le dos lors de chacun de mes déplacements.”

A ses côtés, Temba, âgé de 26 ans, est allé quant à lui rencontré le Dalaï Lama, le chef spirituel tibétain en exil en Inde. Une décision lourde de conséquences. Depuis, il est persona non grata dans son pays, dans lequel il n’a de toute façon pas l’intention de retourner. “Arrivé à Dharamsala, on m’a dit de venir en France, car on y traite bien les réfugiés tibétains”, dit-il.

De fait, en France, la quasi-totalité des Chinois d’origine tibétaine obtiennent leur statut de réfugié en quelques mois. "Au regard de la Convention de Genève et des violations des droits de l’Homme en cours dans cette région du monde, les Chinois d’origine tibétaine sont considérés comme une population très clairement persécutée", explique Gérard Sadik de La Cimade.

"On est connu à Dharamsala, on ne sait pas vraiment pourquoi"

Sur le sol français, il est un endroit qui attire tout particulièrement cette communauté : la péniche "Je Sers", gérée par l’association La Pierre Blanche, un bateau-chapelle qui recueille les plus démunis depuis un siècle. "C’est une tradition ici : on accueille ceux qui se présentent. Mais force est de constater que, depuis 2011, on accueille surtout des Tibétains", explique Hugues Fresneau, directeur des lieux, qui parle de nouvelles arrivées quotidiennes et incessantes. Sur le bateau, situé à une station de RER du camp d’Achères, une cinquantaine de personnes sont hébergées, des douches sont accessibles pour les occupant et des repas chauds sont servis.

"Ils viennent chez nous car notre bateau est connu à Dharamsala, dans le nord de l'Inde [siège de gouvernement tibétain en exil, NDLR]. On ne sait pas vraiment pourquoi. Notre notoriété est telle que notre président est allé rencontrer le Dalaï-Lama il y a quelques années !", poursuit-il. "On nous accuse parfois de faire de l’appel d’air mais le problème, c’est qu’il n’y a pas de prise en charge de ces personnes par l’Ofii. Elles sont complètement perdues, elles se trouvent dans un dénuement total. Et nous, nous sommes arrivés à saturation."

Devant l’afflux des demandes, un centre d’accueil d’une capacité de 100 places a ouvert ses portes à proximité du bateau, à Conflans-Sainte-Honorine. Censé accueillir les personnes du coin, le centre sert également à héberger des migrants venus de Paris.

Ceux qui n’ont trouvé de place ni dans ce centre ni sur le bateau se retrouvent dans la nature dans le campement d'Achères. Une situation que les associations présentent comme absurde. "Nous le savons, que ces personnes vont obtenir leur statut de réfugié, alors pourquoi ne pas profiter de leur temps d’attente pour les préparer ?, s’insurge Odile Roy, membre de la Ligue des droits de l'Homme (LDH). Elles pourraient apprendre le français, ou essayer de déterminer quel métier elles pourraient exercer en fonction de leurs expériences passées. Mais non, au lieu de ça, on les laisse ici, comme ça."

Tsering, 35 ans et doyenne de son "groupe de tentes", passe le temps, enroulée dans une couverture. "Nous vivons dans des conditions terribles, lance-t-elle. Nous avons de la peine à trouver de la nourriture. Nous vivons dans l’humidité et développons de l’arthrose et des problèmes aux os. Pour nous laver, nous ne sommes pas tous en mesure de nous déplacer jusqu’au bateau à Conflans Sainte-Honorine. Je remercie le gouvernement français pour ce qu’il fait déjà pour nous mais il faut nous aider mieux que ça."

 

Charlotte Oberti

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 06:23
En France, certaines entreprises emploient des réfugiés pour des postes de soudeur ou de mécanicien. Crédit : Reuters

En France, certaines entreprises emploient des réfugiés pour des postes de soudeur ou de mécanicien. Crédit : Reuters

Même si la France possède l’un des plus forts taux de chômage de l’Union européenne (8,7% en avril 2019), des entreprises recrutent, en particulier dans certains secteurs professionnels (BTP, mécaniciens, tractoristes...). Comme les Français et autres résidents, les réfugiés sont éligibles à ces emplois, mais cela implique parfois qu’ils apprennent un nouveau métier.

Trouver un emploi. C'est le plus grand défi que doivent relever les réfugiés une fois leur statut obtenu. Quand leur situation est régularisée, une période de trois mois - renouvelable une seule fois - s'ouvre pendant laquelle un réfugié est logé. Pendant ce laps de temps, il doit trouver à la fois un emploi et un logement. Rare sont ceux dont le niveau en langue française ainsi que la formation initiale leur permettent de décrocher un travail dans leur domaine de compétence.

Ainsi, comme l’écrit l'ethnologue Anne-Céline Leh dans une étude pour le Lab’Ho, un think-tank spécialisé dans les questions d'emploi, les réfugiés sont fréquemment confrontés au déclassement professionnel : "Il semble qu’il leur soit plus systématiquement proposé de repartir de zéro et d’apprendre un autre métier plutôt que de suivre des modules légers d’adaptation." Ce phénomène s’explique également par la barrière de la langue. "Quand ils obtiennent l’asile, les réfugiés n’ont pas encore un niveau de français et de qualification suffisants pour être employables. Ils doivent passer par des formations de langue, ce qui retarde davantage leur intégration", affirme à InfoMigrants Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l'immigration et de l’intégration (Ofii).

 

Miser sur les secteurs professionnels qui recrutent

Autant d'obstacle pour les réfugiés qui viennent s'ajouter à la situation difficile de l’emploi en France qui a l’un des plus forts taux de chômage de l’Union européenne (8,7% en avril 2019), encourageant d’autant plus les réfugiés à accepter ce qu’ils trouvent : le plus souvent un métier dans un secteur dit "en tension".

Aide à la personne, restauration, bâtiment, agriculture… Certains domaines offrent donc des emplois, et des qualifications spécifiques sont même activement recherchées par les recruteurs, comme les ouvriers tractoristes, les coffreurs bancheurs ou les mécaniciens. "Aujourd’hui, plusieurs secteurs d’activités ont du mal à recruter et à identifier les candidats qui pourraient répondre à leurs besoins", explique à InfoMigrants Hildegard Mbianda, chargée de mission spécialisée en ressources humaines pour le Fonds d’assurance formation du travail temporaire (FAF.TT), l’un des partenaires du programme d’insertion des réfugiés Hope.

Mis en oeuvre par l’État en 2017, le programme Hope fait partie des dispositifs phare en matière d’intégration professionnelle des réfugiés. Les participants apprennent le français et un métier en alternance; et ils bénéficient également d’un accompagnement global (administratif, social, médical). Parmi les 1 000 réfugiés de la première promotion, 44% d’entre eux se sont orientés vers le BTP, 38% vers les services et 18% vers l’industrie.

L’industrie, les transports et la logistique sont aussi des secteurs porteurs. Hildegard Mbianda souligne toutefois le fait que "les métiers pour lesquels nous avons de gros besoins sont principalement destinés à un public masculin. Mais, concernant notre programme [Hope], nous comptons diversifier les offres et les adapter à des profils plus féminins". 

Des formations dans le cadre d'un accompagnement sont également mis en place par les départements, à l’instar du Val d’Oise, en région parisienne. Dans le cadre de son projet "Emploi et Toit", des formations en français, des intégrations en entreprises avant embauche et des accès au logement en Île-de-France sont notamment proposés à une centaine de réfugiés. "Ce projet innovant vise à les former à des métiers précis, notamment de l’industrie agroalimentaire", se réjouit Kelim Belheine, chef de projet chargé de l’intégration des réfugiés à l’Ofii. Dix participants seront formés pour ensuite exercer un métier du secteur.

 

Valoriser les compétences artisanales

Certains réfugiés souhaitent toutefois pouvoir mettre à profit des compétences particulières, notamment dans le domaine de l'artisanat. En France, certaines initiatives existent précisément pour cela. Le projet Refugee food festival, né il y a quelques années, met ainsi en relation des restaurateurs français et des cuisiniers réfugiés, avec à la clé formation et soutien pour le lancement de leur propre activité. Autre exemple, l’association La fabrique nomade, qui aide les réfugiés à valoriser leurs compétences dans l’artisanat, a notamment permis, en 2018, à sept de ses adhérents, de trouver un travail. "Les réfugiés n’ont que peu de moyens pour faire reconnaître leurs compétences. C’est un sujet qui commence à être regardé de plus près, y compris par les institutions", précise Inès Mesmar directrice de l’association La fabrique nomade.

En outre, le lancement, par l’État, d’un appel à projets pour l’intégration professionnelle des réfugiés, en octobre 2018, a permis de soutenir tous ces dispositifs, à la fois nationaux et locaux. Dix-huit lauréats l’ont finalement remporté. C’est le cas de Kokido, une association qui met en relation des réfugiés et des salariés ou encore d’Action emploi réfugiés, connue pour sa plateforme en ligne d’annonces d’emplois.

 

Tiffany Fillon

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
28 septembre 2019 6 28 /09 /septembre /2019 08:24
Muhamed et Nawal, deux collégiens d'origine syrienne de 11 et 15 ans, dorment dans la rue à Toulouse depuis 10 jours / © V.Albinet/FTV

Muhamed et Nawal, deux collégiens d'origine syrienne de 11 et 15 ans, dorment dans la rue à Toulouse depuis 10 jours / © V.Albinet/FTV

Un frère et une soeur, élèves des collèges Berthelot et Emile Zola à Toulouse, dorment depuis 10 jours dans la rue avec leurs parents et leur grande soeur réfugiés syriens, récemment expulsés de leur squat. Les enseignants se mobilisent pour exiger leur hébergement dans les plus brefs délais.

Il s'appelle Muhamed, est âgé de 11 ans et suit une scolarité en sixième au collège Emile Zola. Sa soeur Nawal, 15 ans, est inscrite en quatrième au collège Berthelot, à Toulouse.
Mais depuis 10 jours, ces deux collégiens dorment à même le sol dans le quartier Empalot, dans le parc de l'immeuble d'où leur famille s'est faite expulser d'un appartement inoccupé qu'elle squattait depuis octobre 2018. Car, leur répond-t-on, il n'y a plus de place en hébergement d'urgence.

Une famille, avec titre de séjour régulier fuyant, la ville martyre d'Homs

Avec leur père, artisan peintre, leur mère et leur grande soeur Fatima, Nawal et Muhamed sont arrivés de Syrie, fuyant leur ville martyre d'Homs dévastée par la guerre civile. Avant d'arriver à Toulouse, où ils ont obtenu un titre de séjour régulier, leur parcours migratoire a duré 6 longues années, la plupart du temps à pied de la Syrie à la France, en passant par le Liban, l'Egypte, l'Algérie, le Maroc et l'Espagne.

A Toulouse, la famille a eu beau s'adresser au service de la Cohésion Sociale de la préfecture et être enregistrée au 115, personne n'a pour l'heure levé le petit doigt pour leur proposer un logement d'urgence. La famille a donc squatté un appartement 4 mois après être arrivée à Toulouse où elle a avait dû vivre une première fois à la rue. Depuis son expulsion, elle se retrouve de nouveau à la rue.

Les enseignants des collèges Zola et Berthelot se mobilisent 

Mais cette fois les enseignants des établissements des enfants se mobilisent. Ce jeudi après-midi, un rassemblement était organisé devant le collège Berthelot.

"La souffrance psychologique et physique qu'implique le fait de dormir dehors met en danger la scolarité et la scolarisation des enfants Almuhamad", écrivent-ils dans une lettre envoyée au président du conseil départemental.

Malgré leurs nuits dehors, le frère et la soeur sont décrits par leurs professeurs comme de "très bons élèves, respectueux de leurs enseignants". Ils sont "enthousiastes en classe(...) heureux de venir au collège et se montrent très assidus au travail", témoignent-ils encore.
 

"Pas d'élève à la rue !"

L'équipe éducative insiste sur l'urgence de la situation. "Il en va de la dignité des personnes, de leur sécurité, de la réussite scolaire des enfants et la mise en place de conditions sereines à leur intégration".

Rassemblés en collectif, les personnels des collèges Berthelot et Emile Zola dénoncent l'inertie des institutions dans ce dossier. Ils font signer la pétition "pas d'élève à la rue !"exigeant "des conditions d'hébergement dignes dans les plus brefs délais pour la famille Almuhamad". 

Vincent Albinet

 

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 09:32
Le cadeau de Leticia

Nous étions un peu plus de 30 personnes réunies ce dimanche 7 juillet à la Salle Famille et Santé de Saint Marcel pour fêter la « régularisation » de nos amis Akila, Hassene, Leticia et Lyna après plus de 3 années de « galères » très éprouvantes !

Nos amis nous ont offert un délicieux couscous Kabyle et d’excellentes pâtisseries orientales.

Quel bon moment d’amitié et de joie partagées !

Dieu MERCI !

Leticia m’a offert le portrait qu’elle a réalisé avec ses crayons à dessin

 

MERCI Leticia

Partager cet article

Repost0
27 juin 2019 4 27 /06 /juin /2019 17:35
Lettre ouverte de 22 associations d’aide aux réfugiés au ministre de l’intérieur

Des personnes étrangères s’automutilent ou tentent de se suicider dans les centres de rétention administrative (CRA). Au cours de ces quinze derniers mois, deux hommes se sont donné la mort dans ces lieux où l’administration enferme des dizaines de milliers personnes pour les expulser du territoire français. D’autres se révoltent ou expriment leur désespoir à travers des lettres publiques, des grèves de la faim, des émeutes ou des tentatives d’incendie. Ces actes qui se multiplient à une fréquence inédite sont le résultat d’une politique inacceptable qui a conduit à une situation extrêmement alarmante.

A l’initiative de La Cimade, 22 associations engagées en faveur des personnes migrantes et réfugiées, ont décidé d’interpeller publiquement le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner car la politique d’enfermement en rétention a franchi la ligne rouge.

Cette violence est le résultat direct de la politique du gouvernement qui a choisi de multiplier les enfermements en rétention, notamment des personnes malades ou vulnérables. Les pratiques illégales de l’administration se multiplient et sont de plus en plus assumées. La loi Asile et Immigration de septembre 2018, a aussi doublé la durée maximale de rétention, permettant d’enfermer toutes les personnes visées durant trois mois, ce qu’aucun gouvernement français n’avait jamais jusqu’alors proposé. Cette politique ne permet pas d’expulser plus, mais elle brise des vies, notamment celles d’enfants, dans un environnement carcéral oppressant.

La situation est explosive et alarmante dans les centres de rétention. Les personnes enfermées se trouvent dans une situation de détresse et face à une violence institutionnelle démesurée qui nie leur humanité.

http://courrier.lacimade.org/tplimg/hw6g/b/zqmi/2uvov.png

Avec La Cimade, Médecins du Monde, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), Amnesty International France, le GISTI, le CCFD-Terre Solidaire, Emmaüs France, le Syndicat des avocats de France (SAF), la Ligue des droits de l’Homme (LDH), le Comède, le Secours islamique, ADDE, le MRAP, l’ACAT, le Syndicat de la magistrature, le Secours Catholique – Caritas France, l’Uniopss, la Fasti, Le Collectif des morts de la rue, Emmaüs Solidarité, l’Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau et l’Anafé, signez la pétition et envoyez la lettre ouverte à Christophe Castaner pour mettre fin aux violences dans les centres de rétention administrative.

Merci.

Les demandes de la lettre ouverte sont :

  • Faire cesser cette politique du tout enfermement qui conduit à la maltraitance de personnes étrangères ;
  • Proscrire tout enfermement d’enfants en rétention ;
  • Assurer la protection des personnes les plus vulnérables, parmi lesquelles les personnes malades ;

 

Partager cet article

Repost0
20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 07:10
20 Juin : Journée Mondiale des réfugiés

Des déplacements de populations sans précédent

Selon le rapport annuel de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, les guerres, les violences et la persécution ont propulsé les déplacements forcés dans le monde vers un nouveau record, avec 68,5 millions de personnes déracinées en 2017, soit une toutes les deux secondes - soit environ la population de la Thaïlande.

70,8 millions de personnes dans le monde ont été forcées de fuir leur foyer, soit un chiffre sans précédent. On compte parmi elles presque 25,9 millions de réfugiés dont plus de la moitié a moins de 18 ans.

Un appel à la solidarité

Dans un monde où chaque jour la violence force des milliers de familles à fuir leur foyer pour survivre, il est crucial pour la communauté internationale de se montrer solidaire avec les réfugiés.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés avait appelé en 2016 la communauté internationale à soutenir son travail et à se montrer plus solidaire avec les réfugiés. Dans le même esprit, elle appelle cette année les communautés et les entreprises partout dans le monde à « avancer avec les réfugiés », en parcourant une distance d’1 km à l’exemple des familles qui sont contraintes de prendre la route de l’exil. Participez dès aujourd’hui au défi mondial ou découvrez les autres initiatives que vous pouvez mettre en œuvre en solidarité #Aveclesréfugiés !

En cette Journée mondiale des réfugiés, nous rendons hommage à la force, au courage et à la persévérance de millions de réfugiés. C'est aussi l'occasion pour le grand public de montrer son soutien aux familles déracinées.

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost0
28 août 2018 2 28 /08 /août /2018 07:24
Des réfugiés reçoivent de la nourriture et des médicaments dans le parc de Cesme à Izmir en Turquie.©Majority World/Getty Images

Des réfugiés reçoivent de la nourriture et des médicaments dans le parc de Cesme à Izmir en Turquie.©Majority World/Getty Images

Cliquez sur le « podcast » ci-dessous pour écouter le reportage

 

En Turquie il y a au moins trois, peut-être quatre millions de réfugiés. Jusqu’en 2016, des milliers d’entre eux ont traversé la mer Égée pour rejoindre la Grèce. Certains y ont d’ailleurs perdu la vie. La ville d’Izmir était alors au cœur de ce ballet incessant de réfugiés. Mais désormais avec l’accord signé entre Bruxelles et Ankara les passages en mer ont diminué. Des milliers de réfugiés se sont installés dans cette région, parfois en pleine campagne, dans des conditions très difficiles, et souvent livrés à eux-mêmes.

Alexandre BILLETTE

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 14:05
Neuchâtel : un pasteur Evangélique Suisse condamné pour avoir hébergé et nourri un réfugié en fin de droits

Un pasteur qui prête assistance à un réfugié en fin de droits est susceptible d’être condamné par la justice. Curieuse manière de faire de la justice neuchâteloise qui condamne le pasteur Norbert Valley, et, ce faisant, ne laisse pas à un ecclésiastique un minimum de liberté de conscience sur ce terrain. Au nom d’un brin d’humanité !

Le 15 août, le pasteur Norbert Valley a été condamné par la justice neuchâteloise pour « avoir offert le gite et des repas à plusieurs reprises » à un Togolais en situation illégale en Suisse. La peine est de 1000 francs avec sursis pendant 2 ans et de 250.- de frais de justice.

Norbet Valley a décidé de faire recours contre cette condamnation, « non pour éviter la sanction pénale, mais pour imaginer et rêver un peu que mon pays ne va pas si mal qu’il y paraît », relève-t-il dans sa lettre au Ministère public du canton de Neuchâtel.

Neuchâtel a aussi favorisé le séjour en Suisse du réfugié

Ancien président du Réseau évangélique suisse, Norbert Valley exerce à temps partiel son ministère dans l’Eglise évangélique de l’Arc jurassien au Locle. Dans ce cadre, il a été amené à rencontrer un Togolais en fin de droits auquel il a offert des opportunités d’hébergement et payé des repas. Ce réfugié qui a laissé un excellent témoignage partout où il a passé, avait été arrêté en décembre 2017, puis relâché, sans que son mandat d’expulsion ne soit mis en œuvre par les autorités neuchâteloises. Le pasteur Valley dit ne pas se sentir coupable de quoi que ce soit dans cette affaire. « Je n’ai fait que mon devoir d’assistance à une personne en danger, souligne-t-il, ce qui est un des principes fondateurs de l’humanité, de l’Evangile et de l’Etat de droit. »

Interpellé pendant le culte

En février dernier, la police du Locle s’était rendue dans le lieu de culte de l’Eglise évangélique de l’Arc jurassien un dimanche matin afin d’emmener au poste le pasteur Valley pour interrogatoire. Arrivant dans l’église aux trois-quarts du culte, les deux policiers ont demandé au pasteur de les suivre avant la fin de la célébration. Le pasteur a dû s’en remettre à un autre responsable pour terminer le culte.

Norbert Valley exerce un autre temps partiel au Centre de rencontre FREE de Morat. Longtemps impliqué dans la représentation des évangéliques au plan national via le Réseau évangélique suisse, il est connu dans le milieu évangélique et au-delà pour associer étroitement annonce de l’Evangile et engagement social.

 

Serge Carrel

 

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 20:48
Marie-Françoise DRUET et Youssef SAUKRET (au fond), accompagnent les demandeurs d'asile pour leur apprendre au mieux le français

Marie-Françoise DRUET et Youssef SAUKRET (au fond), accompagnent les demandeurs d'asile pour leur apprendre au mieux le français

Depuis 2014, les demandes d’asile ont explosé. Vernon et sa région n’échappent pas à cette vague migratoire. Les structures d’accueil, comme Adoma, et les associations, redoublent d’efforts. Témoignages.

Ils sont plus de 600 à avoir demandé l’asile dans le département de l’Eure depuis 2009. Les principales communes d’accueil sont Évreux, Gaillon, Verneuil-d’Avre-et-d’Iton, Louviers et bien sûr Vernon, deuxième ville de l’Eure. Des centres d’accueil et des associations sont là pour les accueillir et les prendre en charge. Une bonne partie d’entre eux sera finalement déboutée. Les recalés du droit d’asile ont un mois pour quitter le territoire.

La première association à leur venir en aide est Adoma. En 2017 ils étaient 199, cette année ils plus de 210 à être accueillis par cet organisme privé qui travaille en étroite collaboration avec le ministère de l’Intérieur et s’occupe d’accueillir les demandeurs d’asile en attente d’une réponse.

Une histoire d’humanité

Magali Lehoueller dirige depuis trois ans le site de Vernon. Elle pilote parallèlement les unités Adoma de Gaillon, Caudebec-lès-Elbeuf (76) et Rouen. Cette sociologue de formation le reconnaît, c’est un travail compliqué. Mais les résultats positifs restent tout de même encourageants : « Avant de travailler avec des demandeurs d’asile, nous travaillons d’abord avec des adultes. Notre objectif est qu’ils deviennent responsables. Quand ils réussissent, ils sont très fiers d’eux-mêmes, c’est une vraie satisfaction. »

C‘est le cas de Mohamed Abeamine, 26 ans. En mars 2012, il a fui le Soudan. Il a passé cinq ans en Libye, dans l’incertitude, avant de traverser la Méditerranée avec 120 personnes sur un bateau de fortune. Sa demande d’asile a récemment été acceptée et il partira vivre à Gaillon, dans un vrai appartement. Il aurait préféré Vernon car il y suit ses cours de français, mais cette décision ne le démotive pas.

Du côté des intervenants sociaux, la fierté d’une réussite remplace souvent la déception d’un refus. Annabelle Merabet est à Adoma depuis deux ans. À 26 ans, cette ancienne gestionnaire de surendettement ne regrette pas son choix malgré les difficultés. « Quand on passe tous les jours, près de dix heures, à travailler avec les mêmes gens, on finit par bien les connaître. Quand leur situation ne s’arrange pas et qu’on est obligé de leur demander de partir, ça fait toujours un pincement au cœur. Nous n’avons plus de psychologues pour l’équipe d’accompagnateurs. On doit garder certaines choses pour nous, alors forcément parfois, on craque. »

« Réduction d’une partie du budget »

Youssef Saukret, l’animateur-référent du centre, connaît parfaitement ce genre d’histoires. Cela fait vingt-cinq ans qu’il travaille au foyer Adoma de Vernon. Ici, c’est sa deuxième famille. « Je m’y sens chez moi. Il n’y a jamais eu de grosses histoires, pas d’agressions. Il n’y a pas d’insécurité. Les conditions de vie sont parfois difficiles, mais tout le monde se respecte. [...] Oui, on nous a coupé une partie de notre budget depuis l’élection d’Emmanuel Macron. On a dû réduire notre partie animation, mais heureusement que d’autres prennent le relais, comme le Secours catholique ou l’Adem (Association d’entraide aux migrants). On travaille beaucoup avec eux. »

Parmi les bénévoles d’Adoma, il y a Marie-Françoise Druet, 72 ans. Professeure de Lettres, en collège puis au lycée à Vernon, pendant trente-huit ans, elle n’a pas voulu s’arrêter une fois sa retraite arrivée : « J’adore enseigner et j’aime partager. Je fais ça depuis 2012 et c’est toujours un plaisir de les voir s’intéresser autant. Quasiment tous mes élèves sont très assidus, et quelle que soit l’origine, on sent qu’ils ont envie d’apprendre et de s’en sortir. »

 

Pour Victor l’ADEM est le dernier espoir

Victor Nzuzi vient de République démocratique du Congo. Il est arrivé à Vernon, fin mars, après avoir fui un régime totalitaire qui le traquait pour ses actions politiques.

Cet électro-mécanicien œuvrait dans la pastorale Saint-Édouard, dans le quartier de Binza, Kinshasa, pour former les jeunes au civisme et à la démocratie. Il était de la fameuse marche à Kinshasa, le 31 décembre, qui s'est terminée dans un bain de sang. Arrêté et torturé, Victor Nzuzi sera finalement libéré. Il en profitera pour fuir le pays, puis rejoindre l'Europe. Ce sera d'abord l'Italie. « Je ne connais pas la langue, je me suis retrouvé sans repères. Mais je me suis enregistré sur place comme demandeur d'asile, Pensant bien faire. » En France, il retrouve une langue familière. Mais apprend rapidement qu'il est un « dubliné ». Depuis 2014, en vertu des accords de Dublin III, le pays dans lequel a été formulée la première demande d'asile est celui qui est chargé 'de son instruction et de la décision finale. En clair : Victor doit retourner en Italie pour espérer obtenir le droit d'asile.

« l’Etat est encore très dur sur l’immigration »

Son dernier recours s'appelle Denis Chautard, prêtre catholique vernonnais de la Mission de France et président de l'Association d'Entraide aux Migrants (Adem). Ensemble, ils espèrent faire réexaminer le cas de Victor Nzuzi, qui ne se voit aucun avenir en Italie. Son cas est pourtant loin d'être isolé. Le père Chautard le confirme : « Je dois m 'occuper, chaque année, de plus de 200 situations différentes. D'année en année, les effectifs augmentent. Et l'État français est encore très dur sur la question de l'immigration. »

L'Adem est une association d'aide juridique et sociale. On y trouve 40 % de familles et 60 % de personnes seules. L'Adem annonce résoudre 50 % des cas dont elle s'occupe. Adoma se veut plus réservé et évoque un taux de réussite de 25%. Il arrive parfois à Denis Chautard de saisir le procureur de la République. Une démarche rare. Sur les cinq lettres annuelles qu'il envoie, « seulement une ou deux reviennent avec une réponse négative de réexamen du dossier ».

Aujourd'hui, le délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile en cas de refus est de 30 jours.

JUAN BELLEVILLE

Paris Normandie, Jeudi 12 juillet 2018 page 15

 

Infos Pratiques

Contacter les associations engagées

Adem : 28, rue du Coq ; adem.27200@orange.fr ou 06 60 61 55 38.

Secours catholique : 33, rue d’Albuféra ; 02 32 51 96 73.

Restos du cœur : 7, rue des Carreaux ; 02 32 21 66 66.

Secours populaire : 3, rue Georges-André ;

cecile.provost1@orange.fr ou 02 32 54 99 20

 

https://www.paris-normandie.fr/

 

 

Partager cet article

Repost0