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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 06:04
Les expulsions forcées de Roms / AFP

Les expulsions forcées de Roms / AFP

 

Des milliers de familles Roms continuent d'être expulsées chaque année de campements ou bidonvilles en France sans solution de relogement pérenne, et restent ainsi condamnées à l'errance et à la précarité, dénoncent jeudi plusieurs ONG.

Au premier semestre 2017, 4.382 Roms ont été expulsés de 50 lieux de vie (squats, bidonvilles, campements) en France, selon un recensement établi par la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et le Centre européen pour les droits des Roms (CEDR), avec le soutien du Collectif national droits de l'Homme Romeurope.

La plupart (2.689) ont été expulsés de force par les autorités publiques, 897 ont été évacués à la suite d'un incendie et 796 ont quitté leurs lieux de vie sous la menace d'une expulsion imminente, détaillent la LDH et le CEDR dans un communiqué.

Ces expulsions se sont concentrées surtout en Ile-de-France (59%), loin devant les régions Rhône-Alpes (11%) et Occitanie (11%), précisent-elles.

Selon les deux ONG, près de 11.000 roms avaient été ainsi expulsés en 2016 et près de 12.000 en 2015, des chiffres qui n'incluent pas les expulsions du territoire français.

"La situation reste inquiétante", explique à l'AFP Radost Zaharieva, chargée de mission aux droits de l'Homme pour le CEDR.

"Les familles Roms installées sur des terrains, souvent dans des cabanes, sont expulsées à la suite d'une décision de justice ou d'un arrêté du maire. Dans plus de 50% des cas on leur propose une solution de relogement, mais elle n'est que temporaire, hôtel ou autre, pour quelques nuits ou au mieux quelques semaines".

"Elles se retrouvent ensuite rapidement à la rue, et doivent souvent faute d'autre solution se reloger dans des conditions misérables" ajoute-t-elle.

 

Selon les ONG, 15.000 à 20.000 femmes et enfants originaires d'Europe de l'Est, Roms pour la plupart, vivent en France dans des bidonvilles, squats ou campements, qui n'ont la plupart du temps ni raccordement à l'eau ou à l'électricité, ni système de collecte des ordures et sont souvent dangereux car proches de routes à grande vitesse, chemins de fer ou décharges, et difficilement accessibles.

"Si les Roms se retrouvent dans une telle précarité, c'est parce qu'ils sont exclus de la société. La solution n'est pas de multiplier les expulsions, mais de mettre en place une véritable politique de résorption des bidonvilles, et de leur donner un meilleur accès à l'emploi, à la santé et à l'éducation", conclut Mme Zaharieva.

afp

 

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Published by Denis CHAUTARD - dans Roms
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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 14:16
Nos voisins, les "ROMS" !

Voilà quelques temps que je me disais : « tu ne fais pas grand-chose pour les pauvres. Ceux qui sont vraiment dans le besoin. » Une sorte de mauvaise conscience latente. En même temps je souhaitais un pauvre, pas trop loin de chez moi, qui ait vraiment envie de s’en sortir, à qui je puisse être vraiment utile, un pauvre sur mesure quoi.

Quelques semaines plus tard, je rencontrais Philippe, un prêtre de la Mission de France, très engagé avec les ROMS. « Dites Père, j’ai une caravane qui ne me sert pas pour l’instant, si vous en avez besoin pour une famille ROM ? » « Alors là, tu m’intéresses ! Je passe te voir demain.» Je pensais faire d’une pierre deux coups : faire une bonne action et me débarrasser d’une caravane qui ne me servirait probablement plus. Le lendemain, je montrais donc « la chose » au Père. « Elle est superbe ! » « Vous trouvez ? » « Oui, oui ! J’ai une famille qui pourrait emménager dedans. Il faudrait la déplacer. Tu as de la place de l’autre côté de ta maison ? En élargissant le passage ça pourrait aller. » « ??? » Pour être tout à fait honnête, notre brave Père n’avait pas eu besoin d’insister. Nous nous étions, mon épouse et moi, préparés au pire.

Nous nous sommes retrouvés avec une famille ROM de quatre personnes, dont les parents ont l’âge de nos propres enfants et leurs enfants, ceux de nos petits-enfants. Pourtant, il me restait une sourde angoisse sur la propreté de (MON terrain). On veut bien être généreux, mais-pas vivre sur des immondices quand même. Il n’y a qu’à voir les camps sur les bords des autoroutes pour comprendre mes craintes… Nous avions mis aussi à leur disposition une cabane de jardin, que j’avais, depuis longtemps, abandonné aux araignées. En un tour de balais Tatiana, la Maman, avait repris possession du lieu et y installait ses bagages. « J’aime bien que ma maison soit propre, » me fit-elle comprendre. Aujourd’hui, je suis obligé d’admettre que notre propriété n’a jamais été aussi propre. Nous avons convenu que je leur laissais le balai de cantonnier à disposition. Ils le passent au moins une fois par semaine. J’ai eu des remerciements de la part du facteur. Il ne dérape plus sur les feuilles.

Ils cherchent vraiment à s’en sortir. Étant à la retraite, je les ai accompagné pour les inscriptions des enfants à l’école, inscription des parents au centre social où ils apprennent le Français, au Secours Populaire et au Resto du Cœur, pour l’aide alimentaire, à la Maison du Rhône pour l’assistante sociale, à Pole Emploi, chez le médecin et le dentiste du quartier. Nous avons la chance d’avoir une voisine dont le Roumain est la langue maternelle et qui fait partie du conseil municipale. Une amie, ancienne institutrice, vient deux fois par semaine donner des cours de lecture à Florin, le garçon de 10 ans. Ils font aussi des démarches de leur côté, que je découvre par hasard. Si je n’avais pas eu ce temps pour les accompagner, d’autres l’aurait eu à ma place. La Ligue des Droits de l’Homme, l’Association CLASSES et le Père Philippe, nous accompagnent.

Financièrement j’en suis d’une bouteille de gaz par mois, de l’électricité et de l’eau. Avec l’hiver et le gel, il a fallut passer à un WC sec, ce qui diminue encore la consommation. Ils viennent prendre l’eau dans le garage. Pour l’électricité, ils n’allument que la nuit tombée. Ils font tout pour faire des économies, comme si c’était eux qui devaient payer. Un investissement de 250 euros pour l’isolation de la caravane nous a permis de gagner sur le chauffage électrique. Pour des raisons de sécurité, je n’ai pas voulu qu’ils utilisent le vieux chauffage à gaz.

Nous n’avons changé aucune de nos habitudes de vie. Je laisse mes outils de jardinage dehors. Seule différence, comme Francesca, 4 ans, est là en permanence, la piscine reste fermée, ce que nous ne faisions pas en l’absence de nos petits-enfants. Je ne ramasse que ce qui pourrait être dangereux pour cette adorable petit « bougeons ». Un peu d’ordre ne fait pas de mal.

Il a fallu trouver un équilibre entre ce qu’ils reçoivent de nous et ce qu’ils voudraient nous rendre. Nous ne pouvions accepter qu’ils nous redonnent une partie de l’aide alimentaire. Nous ne voulions pas profiter de la situation et en même temps, il fallait qu’ils puissent garder leur fierté.

Si l’on ne doit pas élever ses enfants pour soi, de même il faut tout faire pour que ces gens puissent voler de leurs propres ailes le plus vite possible, même si nos relations affectives se sont renforcés : Tatiana m’appelle : Papa, et la petite : Papy.

Nous n’avons pas l’impression d’avoir fait grand-chose pour Ion (le Papa) et sa famille. Une adresse fixe, un nom de plus sur notre boite aux lettres, une vielle caravane de 4m un peu fatiguée et un saut vers l’inconnu. Mais quelle belle aventure humaine nous vivons là.

Jean-Luc Séjourné

Paroisse de Saint Fons et Feyzin, Diocèse de Lyon

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Published by Denis CHAUTARD - dans ROMS
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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 20:46
Les Églises d'Europe se mobilisent pour les Roms

Des Roms évacués d'un centre d'accueil incendié dans la périphérie de Rome - ANSA

Les Églises européennes s’intéressent de près à la condition des Roms. Elles le manifestent une nouvelle fois dans un message publié à l’occasion de la Journée mondiale des Roms célébrée le 8 avril. La KEK, conférence des Eglises européennes, qui rassemble les Églises anglicane, orthodoxes et protestantes, et le CCEE ( Conseil des conférences des évêques catholiques d’Europe ) ont uni leurs voix pour élaborer un texte conjoint.

Les deux organisations demandent à leurs communautés de faire preuve d’une plus grande ouverture à l’égard des peuples roms, qui sont souvent exclus et marginalisés. La situation actuelle de nombreux peuples roms à travers l’Europe est déplorable. Parmi les problèmes majeurs figurent les discours et les actes d’anti-tsiganisme, un taux de chômage élevé, le manque de formation professionnelle et l’extrême pauvreté qui en découle.

Mais il y a aussi quelques lumières au tableau : davantage de jeunes Roms fréquentent les hautes écoles et les universités. On note aussi au sein des sociétés européennes une meilleure prise de conscience et une plus grande sensibilisation par rapport à la population rom. Mais pour les signataires du message, « l’accès à l’éducation et à l’emploi ne suffit pas. Le cœur humain constitue un troisième pilier essentiel de l’évolution des relations avec les Roms ».

Malgré les tragédies qui ont marqué leur histoire, les minorités roms ont su préserver une culture riche incluant des valeurs comme la famille, l’amour des enfants, la foi en Dieu, le respect pour les morts, la jouissance de la musique et de la danse. La KEK et le CCEE estiment que « cette culture mérite respect et soutien ». Ils exhortent les chrétiens européens à « œuvrer à la réconciliation avec le passé, et à bâtir de nouvelles relations plus justes avec les peuples Roms, une tâche complexe mais louable de guérison ».

Depuis des siècles, des Églises chrétiennes, des prêtres, des pasteurs et des laïcs s’efforcent d’aider les communautés Roms à améliorer leur intégration sociale tout en préservant leur culture : école des devoirs, services de santé, nourriture, conseil juridique et autres. Le message invite les chrétiens à soutenir ces initiatives.

Mobilisation lyonnaise

À la veille de nouvelles évacuations, annoncées par la police, de bidonvilles et de squats dans Lyon et ses périphéries, le père Bruno- « nous tenons à exprimer notre très vive inquiétude sur les conséquences de ces actions, en l’absence de toute perspective politique et sociale, nationale ou européenne, en matière de protection des droits fondamentaux des migrants », a indiqué indique le père Bruno-Marie Duffé, vicaire épiscopal « Famille, Santé, Société » du diocèse de Lyon, dans un communiqué de presse daté du 3 avril 2015, et cité par le journal La Croix.

Au nom de la Coordination Urgence migrants dont il est l'un des des membres fondateurs, le père Duffé estime que « l’avenir de notre pays et de la communauté européenne passe par la considération de la dignité et des droits fondamentaux des plus fragiles et de ceux qui, dans la grande diversité de leurs origines et de leurs histoires vivent aujourd’hui, dans notre pays, la précarité et l’inquiétude face à l’avenir. C’est l’honneur et la grandeur d’un pays de les considérer avec le respect dû à tout homme, parce que c’est un homme. », précise l'ancien directeur de l'Institut des Droits de l'Homme.

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Published by Denis CHAUTARD - dans Roms
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