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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 07:10
Les jours sans lendemain de France Culture : Hommage à Leili Anvar

Il y eut les Ateliers de la Création Radiophonique (ACR) produits et agencés par Philippe Langlois et Frank Smith, il y eut Les nuits magnétiques et Du jour au lendemain produits et portés par Alain Veinstein, il y eut Les affinités électives de Francesca Isidori, Carnet nomade de Colette Fellous, c’est maintenant Les discussions du soir de Leili Anvar – cette émission était le prolongement des Racines du ciel de Frédéric Lenoir et Leili Anvar – qui sont appelées à disparaître des ondes de France Culture. La nouvelle vient de tomber comme un couperet aussi froid que numérique, on appelle ça un mail de remerciement.

Il y a derrière chaque personne citée ici des talents et des destins différents, des histoires publiques et privées que j’ignore et qui n’appartiennent qu’aux couloirs de la Maison de la Radio, il n’empêche que je les réunis ici, par nostalgie, reconnaissance mais aussi pour rendre hommage et dire merci, bravo. Merci pour les années, les heures, vos dons. Il restera les podcasts !

La direction de la chaîne aura jugé qu’il y a de nos jours d’autres priorités que la spiritualité. A croire que 45 minutes par semaine pour parler, sans obédience ni catéchisme, des sagesses du monde entier, des questions de transcendance, de l’Être, de la conscience, de la foi, de l’âme et du corps, du bien, du mal, des mythes, du beau, du vrai, de la mystique, d’Éros et Thanatos et des grandes traditions spirituelles sont 45 minutes de trop, plus de place pour ces 45 minutes-là, dans nos vies et nos semaines surchargées d’informations.

Et puis c’est vrai quoi, suffit de regarder le monde tel qu’il va et ne va pas, ces questions sont évidemment superflues ??! De qui se moque-t-on ? Comment peut-on arguer cela ? Comment osent-ils ?

Je suis triste, je suis déçu, je ne suis pas sans colère.

Cette heure avec Leili Anvar je l’attendais chaque semaine, il en allait pour moi d’un attachement affectif au charme d’une voix, il en allait également d’une curiosité intellectuelle nourrie et ravivée d’émission en émission.

Je ne crois pas, j’ai besoin d’entendre ceux qui croient. Je crois, j’ai besoin d’entendre ceux qui ne croient pas.

Des Dialogues avec l’Ange à Etty Hillesum en passant par le Tao, le zen, les sagesses indiennes, le père François Cassingena-Trévédy, Bénédictin et immense écrivain, Annick de Souzenelle, Jean Vanier, Françoise Héritier, Arnaud et Denise Desjardins, Michel Cazenave qui fut lui aussi en son temps un très grand homme de radio (on trouve sur le net quelques précieux enregistrements de son émission Des vivants et des dieux), etc., etc., ils et elles sont des dizaines et des dizaines et autant d’univers, il serait fastidieux de nommer tout le monde ici, j’ai tant appris et découvert grâce à cette émission. En dire plus serait impudique, je m’arrête là.

Alors bien sûr, place aux jeunes, à l’innovation, au progrès, aux grilles futures et puis allez puisqu’on y est : « En marche » ! Bien sûr qu’un média doit évoluer, que personne dans le service public n’a vocation à avoir une rente à vie, bien sûr, bien sûr, je ne suis ni un conservateur ni un vieux jeune grincheux.

Ces producteurs de radio que j’ai cités ne sont pas que des voix, ou plutôt elles et ils sont des voix humaines, des présences, c’est-à-dire des artistes, des points de repère, des styles, des langues. Il y a un art de la radio comme il y a un art du cinéma.

Alors voilà, avec Leili Anvar c’est une des voix les plus délicieuses de France Culture qui est sommée de se taire, mais c’est aussi une conscience et une langue qui s’en vont, et c’est toujours une mauvaise nouvelle quand une langue disparaît.

Mais dans la vie c’est ainsi, les ministres les présidents les directeurs et les directrices ont souvent le dernier mot mais ils passent, tandis que les artistes restent.

J’ai été moi-même producteur d’émissions pour France Culture, j’aime la radio, j’aime cette radio qui est un peu notre trésor à tous, j’aime l’écouter souvent des nuits entières, et j’aime en faire. Je ne devrais pas critiquer mes employeurs potentiels, je sais, je ne sais pas être prudent quand je suis touché, blessé.

Je souhaite une belle et longue vie à Leili Anvar, en espérant la retrouver, peut-être ailleurs, peut-être autrement. Avec le sourire.

Olivier Steiner 14juin 2017

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Le 1er octobre 2017, sur sa page Facebook, Leili Anvar a confirmé que son émission sur France Culture avait bel et bien été retirée de la grille des programmes contre son avis

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Published by Denis CHAUTARD - dans spiritualité
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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 10:05
Les chercheurs spirituels aujourd’hui

Le Documents Épiscopat n°4 – 2016 va à la rencontre de nos contemporains, hommes et femmes qui adoptent de nouvelles manières de croire et dresse un état des lieux de cette réalité qui suscite de nouvelles questions pastorales.

Rencontre avec Philippe Le Vallois responsable de l’Observatoire des nouvelles croyances.

Qu’est-ce qui caractérise ces chercheurs spirituels ?

En premier lieu, ce sont d’authentiques chercheurs spirituels : ils ne sont ni dans le zapping, ni dans le syncrétisme. Leur recherche est réelle et exigeante. Elle est aussi très ouverte. Ils n’empruntent pas les voies balisées, vont tous azimuts. Comme sociologue, je m’appuie toujours sur le trépied : mondialisation donc pluralisation, sécularisation et individualisation. Ce troisième point est fondamental. Nous n’avons pas à faire à un collectif qu’il soit familial, villageois, paroissial ou autre. Nous sommes face à des individus. Des hommes et des femmes qui réfléchissent, ressentent, comparent, se posent des questions. À partir de là, ils sont aptes à choisir ce qui leur semble vrai et juste ou non. Certains chercheurs spirituels ont fréquenté l’Église et n’ont pas trouvé la Bonne Nouvelle que nous annonçons. D’autres au contraire reviennent. Tous les chemins sont possibles : c’est extraordinaire !

En quoi interpellent-ils l’Église ?

Les chercheurs spirituels interrogent notre façon d’être au monde en Église et notre façon de donner à goûter de la Bonne Nouvelle. Ils nous remettent face à notre propre expérience spirituelle. Où en sommes-nous ? Comment personnellement et en communauté nous laissons-nous conduire par l’Esprit saint ? Le P. Dominique Salin, s.j., dans son ouvrage L’expérience spirituelle et son langage*, rappelle que quels que soient notre réflexion et nos dogmes, tout repose sur l’expérience que les disciples ont fait de Jésus Christ. Le chrétien n’en fait pas d’autre que celle-là. Les chercheurs spirituels nous ramènent à l’essentiel. Comment témoignons-nous de cette Bonne Nouvelle, que nous sommes aimés de Dieu ? Comment cette expérience qui change nos vies nous met-elle en mouvement ? Comment la partageons-nous ? Les chercheurs spirituels entendent notre discours, voient nos façons d’agir au quotidien et interrogent : cette Bonne Nouvelle est-elle vraie pour nous aussi ?

Quelles démarches pastorales peut-on mettre en œuvre ?

Je suis toujours surpris lorsque je relis les Actes des Apôtres. La communauté chrétienne prie, partage, et le Seigneur s’adjoint à elle. Si nous développons une qualité de vie spirituelle, de prière personnelle et communautaire, alors nous avons de grandes promesses devant nous ! La façon dont nous reflétons la communion spirituelle – j’insiste car c’est la communion qui est évangélisatrice – et la façon dont elle nous transforme est une réelle interpellation pastorale. Il se passe déjà de très belles choses avec les parcours alpha, les groupes de partage biblique, les communautés nouvelles, etc. Plus largement, tous ces dispositifs doivent aussi irriguer la vie spirituelle de nos communautés paroissiales et diocésaines. Ajustons nos objectifs : si l’on souhaite remplir les églises et faire du chiffre, nous risquons d’être déçus ! Nous sommes envoyés non pas pour convertir mais pour partager, totalement et gratuitement, cette Bonne Nouvelle : « tu es follement aimé » ! Une nouvelle pastorale, pensée en fonction des lieux, contextes et personnes, peut s’appuyer sur cet élan spirituel. Sans spiritualité, le christianisme est une belle organisation caritative. Ce qui booste le cœur de notre existence, notre intériorité, c’est notre identité spirituelle : le mystère trinitaire. Certains sont dans la tristesse et le sentiment de déclin, regardons plutôt ce qui surgit et la façon dont Dieu conduit les choses malgré nos lenteurs et nos surdités. Soyons des hommes et des femmes de foi, plein d’espérance !

* L’expérience spirituelle et son langage, Dominique Salin, s.j., Éd. Facultés Jésuites de Paris 2015, 156 p., 14 euros.

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Published by Denis CHAUTARD - dans spiritualité
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