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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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28 juin 2020 7 28 /06 /juin /2020 19:59
Belles Vacances d’été 2020 !

Quand vient l’été

Quand vient l’été vient le désir de se laisser aller,
d’en finir avec les contraintes et les plaintes
pour retrouver la légèreté, la simplicité d’être.
Quand vient l’été vient le désir de ralentir le pas,
de se promener doucement dans sa vie
pour en cueillir le goût, en savourer le relief.
Quand vient l’été vient le désir de s’élever
au-dessus des brumes du chemin
pour renouer avec ce qui en soi est vivant.
On voudrait tant se poser dans la tranquillité,
laisser fleurir le silence,
soigner la qualité de sa présence.
Mais à vouloir ainsi, on risque le désespoir,
car la vie est toujours de « l’autre »
qui fracture les envies et découd les projets.
Elle sème le désordre chez les plus organisés,
emmène les plus prévoyants en terre d’imprévu,
fait taire toute prétention à la maîtrise.
Le malheur n’est pas qu’il en soit ainsi,
il est de se raidir dans ses attentes,
de préférer ses rêves à l’appel du présent.
Il est surtout de bouder l’inédit,
qui a pourtant force de révélation
quand on renonce à la frustration.
La vraie joie prend par surprise,
elle surgit moins de ce que l’on prévoit
que de la réponse que l’on offre à ce qui arrive.
Aux matins pluvieux comme aux matins heureux,
aux heures tragiques comme aux heures magiques,
il n’y a d’autre bonheur que celui de répondre présent.
Alors, vient le souffle de rester debout
et cette douceur du lointain quand on ouvre les mains
pour accueillir ce qui aujourd’hui sera pain.

Francine Carrillo (pasteure, écrivain et théologienne Suisse)

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27 juin 2019 4 27 /06 /juin /2019 15:18
Bonnes vacances à tous

 

VACANCE : Le temps de faire le vide, de se désencombrer le cœur,

de devenir vacant, l’espace de quelques semaines.

 

VACANCE : Le temps de regarder sans prendre,

sans mettre la main dessus,

de contempler, comme ça, en passant,

cette nature, avec ses fleurs, ses oiseaux, ses océans,

qui se moque bien de nos peurs du vide.

 

VACANCE : Le temps d’écouter le silence,

d’écouter le soleil qui se couche,

les battements du cœur, et le bruit du sang,

un homme qui craint son propre silence

est-ce encore un vivant ?

 

VACANCE : Le temps de réapprendre l’autre,

de trouver en lui et moi le creux d’une distance,

d’une autre distance, ma femme, mes enfants, mes amis.

Tous ceux-là dont je me sers pour meubler mes vides,

pour remplir mes greniers, si je pouvais, l’espace de quelques jours,

cligner un peu l’œil,

et me surprendre à les regarder autrement.

 

VACANCE : Le temps de retrouver la parole,

une parole qui prenne chair au secret du silence,

quand s’effacent les tourbillons et les salades des discours,

ce bruit familier dont je m’entoure comme d’un masque,

une parole qui naisse dans mes yeux,

le temps d’un sourire et d’une caresse,

avant que de prendre forme sur mes lèvres…

 

Notre cœur est aussi vaste que l’horizon,

aussi profond que le ciel,

aussi émouvant que la mer et le vent,

il va plus loin que toutes les routes de la terre.

Notre cœur est un trésor sans prix,

sa soif et sa faim sont au-delà des mirages qui voudraient l’assouvir.

 

Michel  Scouarnec

 

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 08:48
Bonnes vacances et Bel été !

« Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau. Même si vous n’avez pas d’argent, venez » (Isaïe 55, 1)

« Je vais prendre le temps de poser mon regard sur les choses de tous les jours et les voir autrement. Ces choses que chaque matin je croise sans voir. Toutes ces choses familières que je côtoie à longueur de jour, de mois, d’année…

Je vais prendre le temps de voir l’étrangeté des arbres, ceux de mon jardin, ceux du parc voisin qui, le crépuscule venu, bruissent de mystère…

Je vais prendre le temps de poser mon regard sur les êtres que j’aime, de regarder autrement les miens, celles et ceux qui me sont le plus proches et que, parfois, je ne vois même plus, je n’entends plus. Tant de souci de mes affaires, de mon travail parasite mon cœur et mon corps…

Oui je vais prendre le temps de les découvrir, de me laisser surprendre encore et toujours par ceux que j’aime…

Oui je vais prendre le temps de Te rencontrer aussi, Toi mon Dieu, au-delà des mots, des formules et des habitudes…

Oui je vais aller à Ta rencontre comme au désert et Tu me surprendras mon Dieu…

Oui je vais prendre le temps de Te rencontrer autrement.

On peut retrouver ses soucis au bout du monde et les perdre au pas de sa porte. Les vacances, c’est laisser sa terre en jachère, en repos, pour se préparer aux grands labours d’automne. Ainsi soit-il. »

 

Robert Riber (1935-2013)

Prêtre du Diocèse de Strasbourg, poète et psychanalyste

 

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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 04:46
Location d'une maison Portes du Sud Ardèche Été 2018

Location d'une maison Portes du Sud Ardèche Été 2018

Contact Madame Françoise LEGER : 06 89 44 64 14

 

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 21:41
Bonnes Vacances 2017

Bonnes vacances !

 

Nos rythmes de vie s'accélèrent. Nous devons constamment être plus efficaces pour répondre à de multiples sollicitations et intégrer des informations toujours plus nombreuses. Ce phénomène de "surchauffe" peut nous épuiser, consumant nos ressources et nos énergies, tant physiques que morales et spirituelles.

Il est évidemment nécessaire de faire des choix. Toutefois notre équilibre de vie ne tient pas uniquement au nombre d'activités que nous assumons. Nous savons bien que le travail que nous n'avons pas fait nous fatigue davantage que celui qui est fait ! Et que ce qu'il faut faire par obligation est bien plus usant que ce que l'on fait par passion. Finalement la question est peut-être moins une question de quantité et de proportions qu'une question d'unification de la vie. Comment unifier ma vie en profondeur ? Le travail et le repos, la vie de relation et la nécessaire intériorité, les loisirs et les engagements, les exigences professionnelles et la vie familiale,
Le capital "temps libéré" s'est accru, mais qu'est-ce que cela change dans notre façon de vivre ? Nous pouvons devenir des consommateurs de temps libre ! Nous avons libéré du temps, mais y a-t-il davantage de temps libre ! On peut disposer de davantage de "temps libéré" sans devenir plus libres pour autant.

Pour beaucoup -mais pas tous- voici le temps des vacances. Ce temps nous est donné pour nous re-poser. Il s'agit évidemment de refaire nos forces, mais en nous posant face à ce que l'on a fait, à ce que l'on fait. Ce quotidien qui s'impose à moi me façonne : qu'est-ce que je deviens ? Si ce temps de repos nous permettait de relire ce que nous avons vécu, non pour ressasser, mais pour découvrir ce que nous avons tissé. Le tisserand, sur son métier, ne voit que l'envers de son œuvre et les fils qui s'enchevêtrent. Il lui faut s'arrêter pour observer la tapisserie à l'endroit. Si le temps des vacances nous permettait de regarder notre vie à l'endroit, d'y contempler l'œuvre de Dieu.

Le temps n'est pas un objet à gagner et à posséder. Il est un don à recevoir. Par nature en effet, le temps est destiné à la rencontre. Il nous est donné pour entrer en relation et tisser des liens. Les vacances sont un moment privilégié qui nous est donné pour revivifier de l'intérieur nos relations en famille, entre amis. Mais faut-il encore que nous recevions ce temps comme un don qui nous est fait pour être partagé, et non comme un bien à consommer.

Pour les chrétiens le temps des vacances n'est pas sans évoquer le septième jour de la création où "Dieu ayant achevé l'œuvre qu'il avait faite, se re-posa", non pour abandonner son œuvre à elle-même mais pour la faire exister. Le septième jour fait partie intégrante de l'acte créateur. Si nous nous mettons à distance de notre quotidien, ce n'est pas pour le fuir mais pour mieux l'habiter. Celui qui donne du temps à la prière apprend à vivre le temps comme reçu, et… "maîtrise" mieux son temps ! Si le temps m'est donné, c'est pour aimer. Apprenons à remercier pour le cadeau -le "présent"!- qui nous est fait : nous retrouverons la saveur du présent. Il faut évidemment pour cela se donner un peu de temps, mais "si Dieu a créé le temps, il y en a forcément assez"… pour travailler et pour se reposer, pour remercier et pour aimer !

Nous connaissons le dialogue que le Petit prince engage avec le marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif ! Tout cela pour faire des économies de temps : "On épargne cinquante-trois minutes par semaine", dit le marchand. "Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes ?", demande le petit prince. "On fait ce que l'on veut…", rétorque le marchand. "Moi, se dit le petit prince, si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine…" (A. de Saint-Exupéry, XXIII). Ce petit dialogue n'a pas perdu de sa pertinence.

Sans même nous en rendre compte, nous pouvons nous satisfaire de ces mille et un expédients qui nous font oublier la véritable soif qui nous habite, sans jamais l'étancher. Au point même que, drogués par une vie trépidante, nous pouvons avoir peur de briser le rythme et redouter le silence.
Que vais-je faire de ces "cinquante-trois minutes" qui me sont accordées ? Vers quelle Source vais-je me laisser conduire ? Ce temps, il sera gagné si je le donne (sans pour autant me laisser manger !) à ma famille, aux amis, à ceux que je vais rencontrer… Il sera gagné si je le rends au Seigneur dans le silence, dans la prière… Prendre le temps d'une "halte spirituelle" sur mon lieu de vacances, d'un séjour dans une abbaye, d'un pèlerinage, … Les propositions ne manquent pas… Mais peut-être ai-je peur de m'arrêter ?

Si les vacances étaient vraiment ce septième jour, ou au lieu de "faire", nous nous laissions créer, nous laissions le Seigneur faire en nous son œuvre, et qu'avec Lui, -en regardant notre vie, tout ce que nous avons fait, - nous disions que "cela était très bon" ! (cf. Gen 1, 31)

Bonnes vacances ! si tu as la chance d'en bénéficier. Toutefois n'oublie pas celles et ceux qui ne peuvent pas en prendre, ni tous ceux et celles qui travaillent pour que tes vacances soient aussi agréables que possible.

"C'est Dieu qui vient nous aimer : laissons-le faire !" (Madeleine Delbrêl)

 

Yves Boivineau, évêque d'Annecy

Président de Pax Christi France

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 16:43
Bonnes Vacances : une invitation à découvrir les "bienfaits du silence" !

II faudrait mettre à profit les congés pour se désintoxiquer du bruit et écouter les leçons du silence.

Au détour d'une rue mouvementée, submergée par le tintamarre de la circulation, émerge encore parfois un insolite : « Silence. Hôpital ». Entre un discours et un coup de clairon devant le monument aux morts, on vous invite encore parfois à faire « une minute de silence » ! Le silence serait-il, aujourd'hui, réservé aux malades et aux morts ?

Il faut bien reconnaître que les espaces et les temps de silence se font de plus en plus rares. Flash d'informations dès le saut du lit. Course marathon pour se rendre à son lieu de travail. Grondement des machines ou bourdonnement des ordinateurs. Sonneries du téléphone. Rumeurs des cantines ou des restaurants. A nouveau bousculades sur les quais de banlieues ou du métro pour le retour chez soi. Télévision non-stop. Et ces « baladeurs » qui vous poursuivent jusque sur les plages des vacances ! ...

Sevré de silence, l'homme risque de vivre à la périphérie de lui-même ; ce qui n'est pas sans conséquences personnelles et sociales. De nombreux symptômes, plus ou moins graves, ont été analysés par les psychosociologues ou les éducateurs.

La fragilité et l'instabilité de l’individu déraciné de ses propres profondeurs rejaillissent nécessairement sur la vie des couples, des familles, des groupes sociaux.

Difficulté pour les enfants de se concentrer ; superficialité des relations ; consommation accrue de tranquillisants ou de somnifères ; inadaptation chronique ; agressivité à fleur de peau ; dépression. Dispersion ; recherche éperdue dans l'évasion, la drogue et les sectes...

Le désarroi ressenti par tant de nos contemporains manifeste que l'homme a probablement évacué une dimension essentielle de lui-même.
Comment être soi-même sans cultiver une certaine qualité de silence ? L'homme qui n'intègre plus le silence ne perd pas seulement un art de vivre, une qualité de vie mais une composante structurelle de son être profond. « Si j'étais médecin et si l'on me demandait ce que je conseille, je répondrais : faites silence, faites taire les hommes ! » disait Kierkegard.

Fort heureusement, de plus en plus de nos contemporains ressentent l'urgente nécessité pour leur propre équilibre de casser, de temps en temps, le rythme de ce tourbillon de la vie moderne. Il nous faut impérativement retrouver les bienfaits du silence. Ne pas attendre de «craquer » pour inventer, au moins périodiquement, une autre manière de vivre et faire de nos vacances un vrai temps de repos pour le corps et l'esprit. Première forme de désintoxication du bruit. Se libérer de la tyrannie de la télé. Retrouver la saveur de plaisirs simples.

Marcher le matin, quand la plage est encore déserte, sur le rivage de la mer.

Flâner dans les petits chemins creux de la campagne.

S'approcher à pas lents d'une source.

Admirer la délicatesse des nervures d'une feuille, l'habilité besogneuse d'une fourmi, la perfection d'une fleur.

Goûter le charme et l'humble pénombre d'une église romane dont il a fallu aller chercher la clé chez une voisine.

Se plonger dans le silence comme dans un bain qui régénère.

Non pas le silence absolu qui détruit l'homme. Pour être à mesure humaine, le silence doit être tissé de bruits discrets. La première étape de l'apprentissage du silence consiste souvent à réapprendre à apprivoiser ces mille et une petites notes qui composent la musique du silence. Ecouter la complainte du vent, le crépitement du feu, le chant de la cigale ou d'un oiseau, le murmure du ruisseau, les bruits familiers du village ou de la maison qui ne rompent pas le silence mais le tissent. Le silence est un apprentissage ou plutôt une rééducation de nos facultés d'attention.

Le silence est comme une note suspendue qui permet de mieux entendre celle qui précède et celle qui suit. Il prépare la qualité nos rencontres. Le silence est une école du respect. Respect de la création. Respect de l'homme...

Le silence est un pédagogue qui nous apprend à écouter. Ecouter la musique de la création, pour en saisir la secrète harmonie. Ecouter notre cœur, notre conscience pour mieux nous connaître et diriger notre vie. Ecouter les hommes pour nous enrichir de leur diversité et mieux les aimer. Ecouter Dieu, son Esprit qui parle en notre cœur. Celui qui ne sait plus écouter la musique de la création, ne saura pas écouter les autres et encore moins le silence de Dieu.

Ecouter, mais aussi sentir, toucher, retrouver le contact avec la matière brute. Pétrir de la terre. Caresser un caillou. Marcher pieds nus sur le sable. Piétiner les aiguilles de pin d'un sous-bois. Tout peut devenir école d'attention, de présence à la création, aux autres et à soi-même.

Le silence est une composante psychophysiologique de la personne humaine. Notre croissance, pour être harmonieuse, doit nécessairement se structurer dans deux directions complémentaires : l'extériorité et l'intériorité. L'homme ne devient lui-même que dans l'équilibre de ce double mouvement : extériorisation, relation aux autres, au monde, et intériorisation, recul, silence, réflexion. Un peu à l'image des mouvements alternés du cœur qui se contracte et se détend dans un battement régulier.

Michel HUBAUT, franciscain

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 11:17
« Vive l’été et Vive les Vacances ! Et si le temps des « vacances d’été » était un temps de « retrouvailles avec nous-mêmes » ?

Les multiples occupations, la course « contre » le temps, la fatigue et le stress nous invitent à nous « poser », à nous « recentrer » ! Je vous recommande, en cette veille du premier jour de l’été, cette magnifique méditation de Maurice Zundel, prêtre Suisse, né le 21 janvier 1897 à Neuchâtel et « retourné à Dieu » – en plein cœur de l’été, nous fêtons cette année le 40ème anniversaire de sa mort - le 10 août 1975 à Ouchy (Lausanne, Suisse).

Le Dieu intérieur

« Les grands artistes écrivains, les grands écrivains, sont ceux qui peuvent donner aux mots un poids de lumière éternelle, en les disposant dans un juste équilibre: "L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant". Cette phrase admirable et immortelle de Pascal, avec ce contraste du roseau fragile et pensant qui fait de lui l'arbitre du monde, réalise une de ces créations qui est éternelle.

St Augustin, qui est un très grand artiste aussi, à ses heures, et qui l'est précisément au moment où il y pense le moins, a forgé des mots, dans la spontanéité de son génie et dans l'ardeur de sa foi, en équilibre parfait qui nous introduisent dans ses abîmes de lumière.

Et précisément, dans les "Confessions" où le grand évêque nous raconte, sans nous rien cacher: sa vie, ses désordres, sa conversion, son baptême, et où il ne cesse de louer Dieu de l'avoir appelé à Sa Lumière. Il exprime l'état où il se trouvait avant sa conversion dans ces mots dont vous saisirez tout de suite, à travers leur admirable simplicité, le poids éternel de lumière. Il dit donc: "Trop tard, je t'ai aimée, trop tard je t'ai aimée, Beauté toujours ancienne et toujours nouvelle, trop tard je t'ai aimée, et pourtant tu étais dedans, mais c'est moi qui étais dehors". (X/27)

"Tu étais dedans, mais c'est moi qui étais dehors..."Comme c'est admirable! La situation de l'homme qui n'a pas encore rencontré le Vrai Dieu, c'est d'être extérieur, d'être en dehors de lui-même, comme nous disons d'un homme en colère qu'il est "hors de lui": il ne se possède plus, il ne se contrôle plus, il n'est plus maître de ses actes, il n'est plus l'origine de sa propre conduite, il est aliéné à soi-même... , il est dehors; alors que la condition normale de l'homme, ce serait d'être dedans, d'être un centre de toute son activité jolie, ordonnée, lumineuse et créatrice.

Augustin résume tout cela en opposant ces deux mots génialement: "Tu étais dedans, mais moi j'étais dehors". Et se commentant lui-même, il ajoute ce commentaire qui n'est pas moins admirable: "Tu étais avec moi, mais moi, je n'étais pas avec toi". Donc, c'est Dieu qui était toujours déjà là, comme un soleil caché en lui et qui l'attendait, et c'est lui qui n'était pas avec Dieu.

Nous voyons tout de suite que le Dieu qu'il a rencontré, c'est un Dieu intérieur à lui, intérieur à nous-mêmes, un Dieu qui est dedans, alors que nous, nous sommes dehors. Et la conclusion, c'est qu'évidemment, Augustin ne rencontrera Dieu que lorsque lui-même sera entré dedans.

Dieu va l'appeler au-dedans. Il va l'appeler à se recueillir, à se recentrer, à devenir justement une source, une origine de sa propre conduite, un créateur de sa vie et de son univers. Cela éclate comme les mots, puisque Dieu est dedans et nous dehors, puisque cette situation intolérable qui constitue la condition d'homme pécheur comme l'était Augustin, cette situation intolérable ne peut être surmontée que si l'homme aliéné à lui-même et à tout, à Dieu et à l'univers comme à soi, si l'homme revient à l'intérieur, s'il se constitue dans cette intimité où il s'échangera avec Dieu comme une Personne avec une Personne.

C'est un courant formidable car, justement, dans cet itinéraire d'Augustin, nous voyons que l'aimantation que Dieu exerce sur nous n'est absolument pas le commandement de quelqu'un qui veut nous imposer quoi que ce soit, mais l'attrait d'une beauté, d'un amour qui veut nous transformer en Lui-même, qui veut nous arracher à notre dispersion, à notre impuissance, à nos servitudes, à nos dépendances, pour mettre au cœur de notre liberté. Quand nous serons recueillis au centre, quand nous serons au-dedans une intimité, un commencement, une origine, une source, alors nous serons devant Dieu, non pas comme des esclaves, mais comme des amis qui s'échangent avec l'être aimé dans la lumière d'une générosité réciproque. Le Dieu d'Augustin, le Dieu chrétien, le Dieu qui se révèle en Jésus Christ, ce Dieu l'appelle, ce Dieu va fasciner son génie et faire de lui le grand Docteur de la grâce. Ce Dieu, justement, est un Dieu libérateur, c'est Lui qui nous révèle que nous sommes dehors, c'est Lui qui remédie à notre extériorité, c'est Lui qui nous introduit dans notre intimité, c'est Lui qui nous permet de nous joindre nous-mêmes, c'est Lui qui fait de nous, enfin, non pas des créatures misérables et soumises, mais des amis, des fils, des collaborateurs, des dieux.

Puisque, selon le mot du même Augustin: "Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne dieu". Et d'ailleurs, cela est tellement vrai, cela est tellement au coeur de l'expérience augustinienne, qu'Augustin nous dit quelques lignes plus bas, il nous dit - écoutez cette phrase extraordinaire et prodigieuse - : "En adhérant à Toi, de tout moi-même, ma vie vivra d'être pleine de Toi". Quel grand art, quelle magnifique poésie et quelle sagesse! Abyssale!... "En adhérant à Toi de tout moi-même, ma vie vivra d'être toute pleine de Toi".

C'est donc en Dieu que St Augustin appelle dans les "Confessions" "Vita vitarum" _ vous êtes "la Vie de notre vie" _ c'est en Dieu que notre vie devient vivante, qu'elle trouve sa plénitude dans cette adhésion de lumière et d'amour qui nous identifie avec Dieu, et qui enracine notre intimité dans la sienne afin que notre vie devienne Sa Vie et Sa Vie la nôtre.

Toutes les fantasmagories, par conséquent, de dépendance, de servitude, de domination, de despotisme, tout cela est creux dans la lumière de cette expérience essentiellement chrétienne. Le chrétien ne va pas à Dieu comme à un étranger: il va à Dieu comme on va vers son intimité.

Qu'est-ce que vous cherchez dans l'amour? Qu'est-ce que vous espérez trouver? Toujours cela, justement, de pouvoir vous échanger avec un autre ou une autre qui soit intérieur à vous-même et en qui vous réalisiez et accomplissiez votre intériorité.

Eh bien, Dieu est tout entier Intériorité. Il n'a pas de dehors. Il ne peut donc que nous ramener au-dedans, et nous établir au cœur de notre intimité en faisant de notre liberté quelque chose d'absolument inviolable, qui ne peut rien sur cette liberté que de la constituer, que de l'appeler à naître, que de l'aider à s'accroître parce que, justement, Dieu ne peut agir qu'en vue de cette intériorité, pour la protéger, pour la confirmer, pour la faire grandir. Dieu ne peut jamais nous prendre par le dehors, Il ne peut nous saisir que par le dedans, en pénétrant en nous sans violer notre frontière, mais en faisant éclater cette frontière dans un immense espace d'amour où nous devenons ce qu'Il est: Générosité, Lumière, Amour.

C'est pourquoi on peut dire que le monde, l'univers, toute la création, sont tenus par la fragilité de Dieu, comme le roseau pensant. En tant que roseau, est-ce qu'il y a plus fragile? Le roseau pensant est l'arbitre du monde. Dieu nous apparaît comme Celui qui, en nous invitant à devenir une liberté inviolable, va Se mettre dans notre main, et nous avons ce pouvoir terrible de dire: "Non", comme celui de dire: "Oui".

Si nous rejoignons le Prologue de St Jean:

"La lumière luit dans les ténèbres, les ténèbres ne la saisissent pas. Dieu est dans le monde et le monde ne le connaît pas. Il vient chez les siens, et les siens ne Le reçoivent pas."(Jn 1.5,10,11)

Dieu est toujours déjà là: "Tu étais avec moi, mais c'est moi qui n'étais pas avec Toi."Il est toujours déjà là, mais si nous ne sommes pas là, c'est comme s'Il était inexistant. Le plus grand amour ne peut rien sur celui qui n'aime pas. Le plus grand génie ne peut rien sur l'esprit qui se ferme, qui se refuse. La plus grande beauté, la plus grande musique, ne peuvent rien sur celui dont les oreilles sont obstinément fermées.

Ainsi Dieu ne peut rien sur un univers qui est suspendu à son Amour et qui est appelé à devenir lui-même une offrande d'amour. Dieu peut être vaincu, Il peut échouer. C'est pourquoi notre Dieu est un Dieu crucifié, crucifié par tous les refus d'amour qui réduisent sa Présence perpétuelle à l'impuissance, comme St Augustin le constate lorsqu'il dit: "Tu étais avec moi. Mais moi, je n'étais pas avec Toi".

Ainsi le monde est tout entier suspendu à cette divine fragilité, l'Amour que n'importe qui peut écraser, peut refuser, peut crucifier. Alors le monde n'est pas ce que nous pensons qu'il est. Le monde, nous avons à le porter à notre tour, à le transformer, à lui donner sa véritable signification. Nous avons à le faire entrer dans ce circuit de lumière et d'amour qui fermera l'anneau d'or des fiançailles éternelles.

Nous allons donc ce matin, nous rappeler ces trois mots d'Augustin: "Tu étais dedans, mais moi j'étais dehors". "Tu étais avec moi, mais moi je n'étais pas avec Toi".

"En adhérant à Toi de tout moi-même, ma vie vivra d'être toute pleine de Toi".

En retenant cet admirable itinéraire et ces mots qui sont dignes de cette ascension vers la Lumière, nous essaierons d'écouter à notre tour cette voix amie qui nous appelle au plus profond de nous-mêmes, et qui veut nous amener au-dedans, qui veut nous rendre libres, qui veut nous identifier avec Lui, qui veut nous conduire à notre plus profonde intimité pour faire de nous vraiment un centre, un commencement, une source et une origine.

Comme c'est magnifique d'être appelé par un tel Amour! Oh! demandons de ne pas hésiter aujourd'hui, et de sceller dans le "Oui" de notre enthousiasme et de notre liberté ce "Oui «éternel qui se prononce au plus intime de nous-mêmes à ce Dieu qui est toujours déjà là, et qui ne cesse jamais de nous attendre et de nous aimer. »

Maurice Zundel

Lausanne, 1962

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 17:44

vacances 2013

II faudrait mettre à profit les congés pour se désintoxiquer du bruit et écouter les leçons du silence.

Au détour d'une rue mouvementée, submergée par le tintamarre de la circulation, émerge encore parfois un insolite : « Silence. Hôpital ». Entre un discours et un coup de clairon devant le monument aux morts, on vous invite encore parfois à faire « une minute de silence » ! Le silence serait-il, aujourd'hui, réservé aux malades et aux morts ?

Il faut bien reconnaître que les espaces et les temps de silence se font de plus en plus rares. Flash d'informations dès le saut du lit. Course marathon pour se rendre à son lieu de travail. Grondement des machines ou bourdonnement des ordinateurs. Sonneries du téléphone. Rumeurs des cantines ou des restaurants. A nouveau bousculades sur les quais de banlieues ou du métro pour le retour chez soi. Télévision non-stop. Et ces « baladeurs » qui vous poursuivent jusque sur les plages des vacances ! ...

Sevré de silence, l'homme risque de vivre à la périphérie de lui-même ; ce qui n'est pas sans conséquences personnelles et sociales. De nombreux symptômes, plus ou moins graves, ont été analysés par les psychosociologues ou les éducateurs.

La fragilité et l'instabilité de l’individu déraciné de ses propres profondeurs rejaillissent nécessairement sur la vie des couples, des familles, des groupes sociaux.

Difficulté pour les enfants de se concentrer ; superficialité des relations ; consommation accrue de tranquillisants ou de somnifères ; inadaptation chronique ; agressivité à fleur de peau ; dépression. Dispersion ; recherche éperdue dans l'évasion, la drogue et les sectes...

Le désarroi ressenti par tant de nos contemporains manifeste que l'homme a probablement évacué une dimension essentielle de lui-même.
Comment être soi-même sans cultiver une certaine qualité de silence ? L'homme qui n'intègre plus le silence ne perd pas seulement un art de vivre, une qualité de vie mais une composante structurelle de son être profond. « Si j'étais médecin et si l'on me demandait ce que je conseille, je répondrais : faites silence, faites taire les hommes ! » disait Kierkegard.

Fort heureusement, de plus en plus de nos contemporains ressentent l'urgente nécessité pour leur propre équilibre de casser, de temps en temps, le rythme de ce tourbillon de la vie moderne. Il nous faut impérativement retrouver les bienfaits du silence. Ne pas attendre de «craquer » pour inventer, au moins périodiquement, une autre manière de vivre et faire de nos vacances un vrai temps de repos pour le corps et l'esprit. Première forme de désintoxication du bruit. Se libérer de la tyrannie de la télé. Retrouver la saveur de plaisirs simples.

Marcher le matin, quand la plage est encore déserte, sur le rivage de la mer.

Flâner dans les petits chemins creux de la campagne.

S'approcher à pas lents d'une source.

Admirer la délicatesse des nervures d'une feuille, l'habilité besogneuse d'une fourmi, la perfection d'une fleur.

Goûter le charme et l'humble pénombre d'une église romane dont il a fallu aller chercher la clé chez une voisine.

Se plonger dans le silence comme dans un bain qui régénère.

Non pas le silence absolu qui détruit l'homme. Pour être à mesure humaine, le silence doit être tissé de bruits discrets. La première étape de l'apprentissage du silence consiste souvent à réapprendre à apprivoiser ces mille et une petites notes qui composent la musique du silence. Ecouter la complainte du vent, le crépitement du feu, le chant de la cigale ou d'un oiseau, le murmure du ruisseau, les bruits familiers du village ou de la maison qui ne rompent pas le silence mais le tissent. Le silence est un apprentissage ou plutôt une rééducation de nos facultés d'attention.

Le silence est comme une note suspendue qui permet de mieux entendre celle qui précède et celle qui suit. Il prépare la qualité nos rencontres. Le silence est une école du respect. Respect de la création. Respect de l'homme...

Le silence est un pédagogue qui nous apprend à écouter. Ecouter la musique de la création, pour en saisir la secrète harmonie. Ecouter notre cœur, notre conscience pour mieux nous connaître et diriger notre vie. Ecouter les hommes pour nous enrichir de leur diversité et mieux les aimer. Ecouter Dieu, son Esprit qui parle en notre cœur. Celui qui ne sait plus écouter la musique de la création, ne saura pas écouter les autres et encore moins le silence de Dieu.

Ecouter, mais aussi sentir, toucher, retrouver le contact avec la matière brute. Pétrir de la terre. Caresser un caillou. Marcher pieds nus sur le sable. Piétiner les aiguilles de pin d'un sous-bois. Tout peut devenir école d'attention, de présence à la création, aux autres et à soi-même.

Le silence est une composante psychophysiologique de la personne humaine. Notre croissance, pour être harmonieuse, doit nécessairement se structurer dans deux directions complémentaires : l'extériorité et l'intériorité. L'homme ne devient lui-même que dans l'équilibre de ce double mouvement : extériorisation, relation aux autres, au monde, et intériorisation, recul, silence, réflexion. Un peu à l'image des mouvements alternés du cœur qui se contracte et se détend dans un battement régulier.

Michel HUBAUT, franciscain

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 17:43

 

En ces derniers jours du printemps la nature « explose » de mille fleurs, de mille couleurs et d’une extraordinaire beauté ! Ouvrons les yeux… et les yeux du cœur !

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 10:32

Je ne résiste pas au plaisir de vous partager cet instant “magique” d’un coucher de soleil remarquable ce dimanche 19 août 2012 à Etretat (Haute Normandie)

Mettez le son sur votre ordinateur et  la vidéo en « plein écran » !


Etretat Août 2012 par DChautard

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