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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 11:22
La détresse d'un proche d'une victime décédée dans l'attentat ayant frappé l'église Saint-Antoine de Colombo, capitale du Sri Lanka, dimanche de Pâques, 21 avril 2019.

La détresse d'un proche d'une victime décédée dans l'attentat ayant frappé l'église Saint-Antoine de Colombo, capitale du Sri Lanka, dimanche de Pâques, 21 avril 2019.

Dimanche de Pâques endeuillé pour les catholiques sri-lankais. Une série d’explosions meurtrières a frappé trois églises de cette île de l’océan Indien, faisant un bilan provisoire dimanche matin d’au moins 158 morts, dont 35 étrangers.

L’origine de cette vague d'attaques d'une violence rare demeure encore inconnue dimanche matin 21 avril, et aucune revendication n’a été faite.

Trois églises visées

Trois églises, l’église Saint-Antoine de Colombo, la capitale, une autre à Negombo au nord de la capitale, et une troisième, à Batticaloa, à l’est de l’île, ont été touchées par des explosions, alors que dans chacune de ces paroisses les messes de Pâques étaient en cours.  

Les condoléances du cardinal Ranjith

Le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, a exprimé ses condoléances pour toutes les victimes – 156 morts, selon un bilan provisoire dimanche à la mi-journée –, et a invité à prier pour son pays tragiquement meurtri en ce jour de Pâques. Le cardinal Ranjith enjoint tous les Sri-lankais à donner leur sang et demande aux médecins de l’île, la plupart en repos pascal, de reprendre du service pour aider les hôpitaux dans cette tragédie, et faire en sorte que chacun, à sa mesure, puisse ne serait-ce que «sauver une seule vie».  

De son côté, le président du pays, Mathripala Sirisena, a condamné ces attentats, qui ont, outre les trois églises, aussi frappé quatre hôtels de luxe de Colombo. Il a appelé la population à collaborer avec les forces de police dans l’enquête en cours.

Les catholiques représentent environ 7 % de la population du Sri Lanka, soit 1,4 million de personnes. Le christianisme est la quatrième religion de l'île, après le bouddhisme, religion majoritaire, l'hindouisme et l'islam.

Les catholiques du monde entier réagissent

Ces terribles attentats survenus, alors que l’Église catholique universelle célèbre la Résurrection du Christ, ont suscité l’émoi des catholiques du monde entier.

En Terre sainte, les Églises chrétiennes de Jérusalem ont condamné ces attaques. «Nous prions pour l'âme des victimes et pour un rétablissement rapide des blessés. Nous demandons à Dieu d'inspirer les terroristes pour qu'ils se repentissent des meurtres et des actes de terreur», ont-elles indiqué dans un communiqué, ajoutant exprimer «leur solidarité avec tous les Sri-lankais, de toute les religions et de toutes les ethnies».

En France, l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, a pour sa part tweeté sa tristesse: «Pourquoi tant de haine au jour où nous fêtons l'Amour ? En ce jour de Pâques, nous sommes en communion avec tous nos frères meurtris du Sri Lanka», a-t-il écrit.

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 08:31
Des moines sur les lieux de l’attaque contre un bus transportant des chrétiens coptes à Minya (Egypte) le 26 mai. CREDITS : MOHAMED ABD EL GHANY / REUTERS

Des moines sur les lieux de l’attaque contre un bus transportant des chrétiens coptes à Minya (Egypte) le 26 mai. CREDITS : MOHAMED ABD EL GHANY / REUTERS

Des hommes armés ont pris d’assaut un bus transportant des chrétiens au sud du Caire. Les forces égyptiennes ont frappé des cibles djihadistes en réponse à l’attaque.

Les chrétiens ont encore été visés, vendredi 26 mai en Egypte. Au moins 28 personnes, dont de nombreux enfants, ont été tuées par des hommes armés et masqués alors qu’elles se rendaient en bus dans un monastère copte, a annoncé le porte-parole du ministère de la santé, Khaled Megahed, à la télévision d’Etat, ajoutant qu’il y avait 25 blessés.

Cette nouvelle attaque n’a pas été revendiquée dans l’immédiat mais elle a lieu alors que la branche égyptienne de l’organisation Etat islamique (EI) mène depuis plusieurs mois une campagne contre la minorité copte. L’EI s’est engagé à multiplier les attaques contre cette communauté chrétienne, la plus importante et l’une des plus anciennes du Moyen-Orient, qui représente environ 10 % des quelque 90 millions d’Egyptiens.

Les forces égyptiennes ont frappé, vendredi, des cibles djihadistes en réponse à l’attaque, a annoncé le président, Abdel Fattah Al-Sissi. « L’Egypte n’hésitera pas à frapper les camps d’entraînement terroristes partout, sur son sol comme à l’étranger », a déclaré M. Sissi dans un discours retransmis par la télévision d’Etat.

« Un acte de haine insensé »

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a déclaré, vendredi, que « le sang des chrétiens doit cesser de couler ». De son côté, le pape François « a été profondément attristé » par cette attaque « barbare », a annoncé le Saint-Siège. Evoquant « un acte de haine insensé », il a exprimé « sa profonde solidarité avec tous ceux qui ont été touchés par cette atrocité ».

Al-Azhar, prestigieuse institution de l’islam sunnite sise au Caire, a condamné l’attaque qui a eu lieu à la veille du début du ramadan, le mois de jeûne musulman. Le grand imam Ahmed Al-Tayeb l’a qualifiée d’« inacceptable » et il a affirmé qu’elle visait à déstabiliser l’Egypte. L’Eglise copte a, elle, appelé « à prendre des mesures pour prévenir ces incidents qui ternissent l’image de l’Egypte ».

L’attaque a eu lieu dans la province de Minya, au sud du Caire. Selon le ministère de l’intérieur, les assaillants étaient à bord de trois pick-up quand ils ont attaqué le bus qui amenait les passagers au monastère de Saint-Samuel, à plus de 200 kilomètres au sud de la capitale. Ils ont ensuite pris la fuite.

Les hommes masqués ont ouvert le feu « à l’arme automatique », a rapporté à la télévision d’Etat le gouverneur de la province de Minya, Essam El-Bedawi. Des images ont montré un bus criblé d’éclats de balles et aux fenêtres et pare-brise complètement détruits. La police a mis en place des points de contrôle sur la route où l’attaque a été perpétrée, d’après M. El-Bedawi.

Déjà 45 morts en avril

Cette attaque survient un mois et demi après des attentats revendiqués par l’EI contre deux églises coptes, qui ont fait 45 morts. Les coptes, qui représentent environ 10 % de la population, forment la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient, et l’une des plus anciennes, dans un pays où les musulmans sunnites sont largement majoritaires.

Une branche de l’EI sévit dans le nord de la péninsule du Sinaï, où elle attaque régulièrement les forces de sécurité. Elle y a également procédé à des attaques ciblées contre des chrétiens, poussant des dizaines de familles à fuir la région.

La première attaque avait eu lieu dans la matinée du 9 avril, à Tanta, grande ville située à une centaine de kilomètres du Caire, durant la célébration des Rameaux dans l’église Mar Girgis. A Alexandrie, la seconde offensive avait été perpétrée en début d’après-midi.

Après avoir été stoppé par des policiers, l’assaillant s’était fait exploser à l’entrée de l’église Saint-Marc, où se trouvait le pape copte orthodoxe Théodore II. Le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, avait alors déclaré l’état d’urgence pour une durée de trois mois.


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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 09:41
L'intérieur de l'église, après l'attaque. Crédits photo : AMR ABDALLAH DALSH/REUTERS

L'intérieur de l'église, après l'attaque. Crédits photo : AMR ABDALLAH DALSH/REUTERS

Au moins 25 personnes ont été tuées et 49 ont été blessées dans l'explosion d'une bombe survenue dimanche matin dans l'église copte Saint-Pierre et Saint-Paul du Caire, en Égypte, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Cette église jouxte la cathédrale Saint-Marc, principal lieu de culte des Coptes de la capitale, actuellement en rénovation. Trois jours de deuil national ont été décrétés par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi qui a condamné ce «lâche» attentat.

L'explosion a eu lieu pendant la messe, vers 10 heures. Elle se serait produite dans la partie féminine de l'église. Une charge de 12 kilos de TNT aurait été utilisée, selon une source policière. La bombe a explosé près d'un pilier, noirci et parsemé d'éclats. Des impacts étaient aussi visibles sur le sol de marbre. Les vitraux étaient presque tous brisés et les bancs de bois renversés pour la plupart, en particulier sur le côté droit de l'église.

Dans la matinée, de très nombreux militaires, aidés de blindés, sécurisaient les lieux. L'ambiance était tendue, de nombreuses personnes laissant éclater leur colère. Les autorités ont saisi les caméras de sécurité de l'église pour commencer à examiner leur contenu.

Le dernier bilan connu vers midi faisait état de 25 morts et une cinquantaine de blessés. Les corps des victimes ont été transportés à la morgue et les blessés acheminés vers les hôpitaux les plus proches.

Aucune revendication

Aucune revendication de l'explosion n'a été formulée pour le moment. Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier contre cette communauté chrétienne dans un passé récent. Le 1er janvier 2011, un attentat non revendiqué avait fait 23 morts et 79 blessés à la sortie d'une église copte après la messe du Nouvel An à Alexandrie, deuxième ville du pays.

Les Coptes d'Egypte constituent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient et l'une des plus anciennes. Cette importante minorité, qui a fait l'objet de diverses attaques en Egypte, est faiblement représentée au gouvernement et s'estime tenue à l'écart de nombreux postes de la justice, des universités ou encore de la police.

 

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 19:17
Olivier Lemesle prêtre du Prado et curé des Andelys sauvagement agressé samedi matin

Mgr Nourrichard, évèque d’Evreux

Agression. Un des deux prêtres des Andelys a été tabassé samedi matin. Les raisons de ce déferlement de violence restent mystérieuses.

Le père Olivier Lemesle a été sauvagement agressé dans la nuit de vendredi à samedi aux Andelys. Il souffre d’un traumatisme crânien, d’un pneumothorax et de plusieurs côtes cassées.

« Les faits se sont produits vers 5 h, raconte Mgr Nourrichard, évêque d’Évreux. Deux individus ont cassé la vitre de l’oratoire, qui se trouve au rez-de-chaussée, et sont montés au premier étage, là où loge le père
Lemesle.
»

Pas de vol

C’est dans le presbytère, situé rue du Général Fontanges-de-Couzans, qu’habitent les deux prêtres. « Le père Lemesle m’a dit, lorsque je suis allé lui rendre visite dimanche après-midi à l’hôpital d’Évreux, qu’on avait frappé à sa porte tout doucement. Il a cru que c’était le père Roland Dollé qui avait besoin de secours et a ouvert sans se méfier. »
Après un violent coup de poing, les deux agresseurs se sont jetés sur leur victime et l’ont roué de coups. « Olivier Lemesle n’a rien pu faire, reprend l’évêque. Il leur a dit de prendre l’argent si c’était ce qu’il voulait. Mais ils n’ont rien pris et l’un des deux individus a donné le signal du départ. »

Le vendredi après-midi, Mgr Nourrichard avait vu le père Lemesle lors d’une réunion avec le conseiller épiscopal. « Il ne m’avait signalé aucun problème particulier et est apprécié de tous. »

L’évêque évoque néanmoins un autre fait qui pourrait peut-être, selon lui, être mis en relation avec l’agression de samedi.

« Il y a quelques semaines, des individus ont tenté de fracturer le coffre de la paroisse. Mais ils n’ont pas pu l’ouvrir. Ils ont finalement cassé quelques objets avant de prendre la fuite. »

Samedi, c’est le père Roland Dollé qui, alerté par le bruit, a appelé les secours. « Le vicaire général m’a prévenu à 8 h 20, précise l’évêque. Je ne m’explique pas ce déferlement de violence qui semble gratuit. Les scellés ont été posés sur le logement et il appartiendra à la gendarmerie de faire toute la lumière sur cette bien triste affaire. »

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 19:07
L’extraordinaire témoignage du père Jacques Mourad, ex-otage du groupe État islamique

Le père Jacques Mourad dans le salon de l’église Notre-Dame de l’Annonciation des syriaques-catholiques.

« Pour mes ravisseurs, je n'éprouve que de la compassion », confie le prêtre qui a été fouetté et soumis à un simulacre d'exécution.

« Cette grâce m'a été accordée pour le réconfort d'un grand nombre. » C'est le père Jacques Mourad, prêtre de l'Église syriaque-catholique, qui parle. De passage à Beyrouth, nous le rencontrons dans le salon de l'église Notre-Dame de l'Annonciation, à Beyrouth. En charge du monastère de Mar Élian et des fidèles du village de Qaryatayn, non loin de Palmyre, le P. Mourad a été enlevé par les hommes du groupe État islamique (Daech) le 21 mai 2015. Il est resté en captivité durant 4 mois et 20 jours, avant de pouvoir rejoindre, le 10 octobre, ce qu'on peut appeler « le monde libre ». Harcelé, menacé, pressé de se convertir à l'islam, il a été menacé de décapitation à plusieurs reprises, fouetté une fois et soumis, le lendemain, à un simulacre d'exécution. Confiné à une salle de bains éclairée seulement par une lucarne haut placée, avec un séminariste qui l'assistait, réduit à un régime fait de riz et d'eau, deux fois par jour, sans électricité ni montre, complètement coupé du monde extérieur, il a quand même réussi à rester vigilant et n'a jamais vu sa foi fléchir. Au contraire.

La grâce, ou encore le miracle dont parle le P. Mourad, c'est d'être resté en vie, de n'avoir pas renié sa foi, d'avoir retrouvé la liberté. « La première semaine a été la plus difficile, raconte-t-il. Après avoir été détenu quelques jours dans une voiture, le dimanche de Pentecôte, on m'emmène à Raqqa. J'ai vécu ces premiers jours de captivité partagé entre la peur, la colère et la honte. »
Le grand tournant de sa captivité est associé, par le P. Jacques, avec l'entrée dans sa cellule, au huitième jour, d'un homme en noir, le visage masqué, comme ceux qui apparaissent dans les vidéos d'exécution de Daech. Mon heure est venue, se dit-il, effrayé. Mais, au contraire, après lui avoir demandé quel était son nom et celui de son compagnon de captivité, l'homme lui adresse un « assalam aleïkoun » de paix et pénètre dans sa cellule. S'engage ensuite un assez long entretien, comme si l'inconnu cherchait réellement à mieux connaître les deux hommes en face de lui. « Prends-le comme une retraite spirituelle », lui répond-il, quand le P. Jacques l'interroge sur les raisons de sa captivité. « Dès lors, ma prière, mes journées prirent du sens, résume le prêtre syrien. Comment vous expliquer ? J'ai senti qu'à travers lui, c'était le Seigneur qui m'adressait cette parole. Ce moment fut d'un grand réconfort. »

« Grâce à la prière, j'ai pu regagner ma paix, enchaîne le prêtre syrien. On était en mai, le mois de Marie. Nous nous sommes mis à réciter le chapelet, que je ne priais pas beaucoup auparavant. Toute ma relation avec la Vierge en a été renouvelée. La prière de sainte Thérèse d'Avila "Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraie..." m'a également soutenu, pour laquelle, une nuit, j'ai fait une mélodie que je me suis mis à fredonner. La prière de Charles de Foucauld m'a aidé à m'abandonner entre les mains du Seigneur, avec la conscience que je n'avais pas le choix. Car tout laissait croire que c'était ou la conversion à l'islam, ou la décapitation. Presque chaque jour, on pénétrait dans ma cellule et on m'interrogeait sur ma foi. J'ai vécu chaque jour comme s'il était le dernier. Mais je n'ai pas fléchi. Dieu m'a donné deux choses, le silence et l'amabilité. Je savais que certaines réponses pouvaient les provoquer, que n'importe quel mot peut vous condamner. Ainsi, on m'a interrogé sur la présence de vin au couvent. L'homme m'a coupé la parole quand j'ai commencé à répondre. Il a jugé mes paroles insupportables. J'étais un "infidèle". Grâce à la prière, aux psaumes, je suis entré dans une paix qui ne m'a plus quitté. Je me souvenais aussi des paroles du Christ dans l'évangile de saint Matthieu : "Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous persécutent." J'étais joyeux de pouvoir vivre concrètement cette parole. Ce n'est pas une petite chose que de pouvoir vivre l'Évangile, en particulier ces versets difficiles, qui étaient théoriques auparavant. Je me suis mis à ressentir de la compassion pour mes ravisseurs. »

« À l'occasion, des chansons poétiques de Feyrouz me revenaient aussi, avoue le père Jacques, et en particulier l'une d'elles qui parlait du crépuscule, que je chantais quand les longues nuits de juin tombaient sur Raqqa et que nous étions laissés dans le noir. Même ces paroles et leur musique devenaient prière. Elles parlaient de la souffrance "inscrite dans le crépuscule". »

Puis un jour, le père Jacques Mourad est flagellé...
« C'était le 23e jour de ma captivité, se rappelle-t-il. Ils sont entrés soudain. C'était une sorte de mise en scène. La flagellation a duré quelque trente minutes. Le fouet était fait d'un bout de tuyau d'arrosage et de cordes. J'ai eu mal, physiquement, mais en profondeur, j'étais en paix. J'étais dans une grande consolation de savoir que je partageais quelque chose de la souffrance du Christ. J'en étais aussi extrêmement confus, m'en sentant indigne. Je pardonnais à mon bourreau alors même qu'il me fouettait. De temps en temps, je réconfortais d'un sourire le diacre Boutros, mon compagnon de captivité, qui se contenait difficilement de me voir fouetter de la sorte. Par la suite, je me suis rappelé le verset où le Seigneur dit que c'est dans notre faiblesse que sa force se manifeste. J'en étais continuellement étonné, car je me savais faible, spirituellement et physiquement. Voyez-vous, je souffre d'un mal de dos depuis mon enfance et les conditions de détention étaient telles que ce mal devait en principe augmenter. Au monastère, j'avais un matelas spécial, une chaise ergonomique. En prison, je dormais par terre, et aucun moyen de faire de la marche dans ces toilettes. »

« La grande peur, enchaîne le P. Jacques, je l'ai connue peu après, quand un homme armé d'un poignard est entré dans notre cellule. J'ai alors senti sur mon cou le fil du couteau et j'ai eu le sentiment que le compte à rebours pour mon simulacre d'exécution avait commencé. Dans ma frayeur, je me suis recommandé à la miséricorde de Dieu. Mais ce ne fut qu'un éprouvant simulacre. »

Le 4 août, le groupe jihadiste prend le contrôle de Palmyre et, par là même, de Qaryatayn. Le lendemain, à l'aube, il prend en otage la population, quelque 250 personnes, qui sont conduites à Palmyre. Le 11 août, le P. Jacques et son compagnon en prennent eux-mêmes le chemin. Voici comment : « Un cheikh saoudien est entré dans notre cellule. "Tu es Baba Jacques ? fait-il, allez, viens ! Les chrétiens de Qaryatayn nous ont cassé la tête en nous parlant de toi !" J'ai pensé que j'étais emmené pour exécution. À bord d'un van, nous avons roulé quatre heures durant. Passé Palmyre, nous nous sommes engagés sur un chemin de montagne conduisant à un bâtiment fermé par une grande porte en fer. Elle s'ouvre, et qu'est-ce que je vois ? La population de Qaryatayn tout entière, stupéfaite de me voir. Ce fut un moment d'indicible souffrance pour moi. Pour eux, un extraordinaire moment de joie.


Vingt jours plus tard, le 1er septembre, nous sommes ramenés à Qaryatayn, libres, mais avec interdiction de quitter le village. Un contrat religieux collectif est signé : nous étions désormais sous leur protection ("ahl zemmé"), moyennant le paiement d'une taxe spéciale ("jezyé") de laquelle s'acquittent les non-musulmans. Nous pouvions même pratiquer nos rites, à condition que cela ne scandalise pas des musulmans. Quelques jours plus tard, au décès de l'une de mes paroissiennes, morte d'un cancer, nous nous rendons au cimetière, proche du couvent de Mar Élian. Ce n'est qu'alors que je constate qu'il a été rasé. Curieusement, je n'ai pas réagi. Intérieurement, il m'a semblé comprendre que mar Élian avait sacrifié son couvent et sa tombe pour nous sauver. »

« Aujourd'hui, conclut le P. Jacques – qui a bravé l'interdiction de quitter Qaryatayn et a trouvé un moyen de s'enfuir, sur lequel il reste discret –, je continue d'éprouver pour mes ravisseurs le même sentiment que j'ai eu pour eux quand j'étais leur prisonnier: la compassion. Ce sentiment vient de ma contemplation du regard que Dieu porte sur eux, malgré leur violence, comme Il le porte sur tout homme : un regard de pure miséricorde, sans le moindre désir de vengeance. »
« Aujourd'hui, poursuit le prêtre, qui fut moine au monastère de Mar Moussa, fondé par le père Paolo Dall'Oglio, je sais que la prière est la voie du salut. Il faut continuer à prier pour les évêques et prêtres qui sont encore disparus et dont on ne sait rien. Prier pour mon frère le père Paolo Dall'Oglio (disparu à Raqqa en juillet 2013). Il nous faut prier aussi pour une solution politique en Syrie. Nous commémorons en ce moment le centenaire des massacres et exodes de 1915. Sans solution politique, l'émigration achèvera le travail que les massacres de 1915 ont commencé. »

Fady NOUN, Beyrouth, Liban

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 17:05
"Avant que d’autres ne jouent sur la peur… " par René POUJOL

Peut-être l’attentat manqué contre les églises de Villejuif donne-t-il raison à Voltaire lorsqu’il écrit «il prit pour devise malheur est bon à quelque chose».

Il semble désormais établi que l’intention de Sid Ahmed Ghlam était bien de provoquer un vrai massacre au sein de la communauté catholique de Villejuif (Val-de-Marne), à l’occasion de la messe dominicale du 19 avril. Dieu merci l’homme a pu être interpellé avant tout passage à l’acte. Son projet n’en était pas moins clair : frapper des chrétiens sur une terre perçue par les islamistes comme chrétienne, pour nourrir la peur et mieux exacerber la méfiance et l’hostilité vis à vis des musulmans de France. Avec l’espoir qu’ils finissent par se retourner, un jour, contre la République avec la volonté fantasmatique d’imposer leur propre loi… coranique. Bref : la politique du pire. On peut imaginer que, pour Daech, l’objectif demeure et qu’il se trouvera ici ou là, dans l’hexagone, d’autres «fous de Dieu», persuadés d’avoir reçu d’Allah, sinon de ses prétendus serviteurs, la mission sacrée de tuer des infidèles.

On connaît la phrase de Voltaire, dans l’Ingénu : « Il prit pour devise malheur est bon à quelque chose. Combien d’honnêtes gens dans le monde ont pu dire malheur n’est bon à rien! » Le malheur a pu être évité. Mais précisément, le pire nous ayant été épargné, je vois au moins deux raisons de me réjouir. La première vient de l’attitude responsable du gouvernement français, souvent «en délicatesse» avec le monde catholique, reconnaissant la communauté chrétienne comme «cible» potentielle des terroristes. Attitude également responsable de la Conférence des évêques, réaffirmant sa totale confiance à l’Etat Français. Oui les catholiques de France sont fils loyaux de la République à égalité de droits et de devoirs.

Le second motif de satisfaction est que le sérieux de la menace, ici même en France, nous rapproche charnellement de nos frères chrétiens victimes de la barbarie sur les terres où Daech a jeté son emprise. Que l’on me comprenne bien : il n’y a là aucune perversion malsaine, aucune culpabilité ambiguë, aucune marque d’appétence pour un quelconque martyre. Simplement la conscience devenue plus aiguë de notre propre fragilité, et d’une fraternelle solidarité avec tous ceux et celles qui partagent notre foi au Christ en des terres où c’est quotidiennement au risque de leur vie. Et la conviction que c’est au nom même de cette foi partagée que nous devons renforcer le dialogue interreligieux comme rempart à la barbarie.

Peut-être la proximité de la menace terroriste, tout comme l’insupportable désastre humanitaire des réfugiés naufragés de Méditerranée étaient-ils nécessaires pour sortir enfin nos pays européens de leur torpeur et provoquer chez leurs dirigeants un «sursaut salutaire». Avant que d’autres forces politiques, aujourd’hui grandissantes, ne jouent sur la peur et l’impuissance politique pour convaincre les peuples que leur survie serait au prix du repliement, de l’exclusion et de l’abandon.

René POUJOL

Ancien Directeur de la Rédaction du Pèlerin

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 10:17
Lettre de Mgr Pontier aux évêques Nigérians

Lettre de Mgr Gorges Pontier, archevêquede Marseille et président de la Conférence des Évêques de France aux évêques nigérians pour les assurer de son soutien face aux souffrances causées par des groupes extrémistes en ce mois de mars 2015

« Mgr Kaigama, président de votre conférence épiscopale, nous a fait récemment l’honneur de sa visite en France, en porte-parole du peuple nigérian et de l’Église catholique du Nigeria.

Nous avons pu apprendre directement de sa bouche ce que nous savions par divers témoignages et médias occidentaux, à savoir la souffrance d’une grande partie de votre peuple, dont de nombreux chrétiens, souffrance causée par des groupes extrémistes adeptes d’une pratique dévoyée et criminelle de l’Islam. La force de l’engagement personnel de Mgr Kaigama pour défendre la vie et la dignité de chaque Nigérian, et pour promouvoir la paix et la justice dans votre pays, nous a édifiés.

Au nom de tous mes frères évêques de France, je tiens à vous témoigner ici de ma plus profonde compassion et solidarité dans cette épreuve traversée par vous-mêmes et tous vos frères et sœurs nigérians. Nous sommes fortement émus et scandalisés par les faits de guerre et les destructions, les tortures et violences faites aux femmes, aux enfants et à tant d’innocents, indépendamment de leur ethnie ou religion, par les déplacements forcés de population, les vols, rapts et tant d’autres crimes qu’aucun homme sensé et religieux ne peut cautionner.

Comme vous, nous croyons que cette terreur n’est pas une fatalité et qu’elle peut être résorbée. Nous sommes à vos côtés dans l’engagement que vous prenez pour interpeller, à tous niveaux, les responsables de votre nation, des pays africains voisins et de la communauté internationale. Nous unissons notre voix à la vôtre quand vous demandez d’agir rapidement et fermement, sans ajouter la violence à la violence, pour défendre les plus faibles et juguler ce mal terrible imposé à une partie de votre pays et qui infecte aussi des pays voisins (Cameroun, Niger, Tchad). Pour notre part, nous appelons aussi les responsables publics de notre pays et les divers organismes concernés, à agir à tous niveaux pour vous venir en aide.

Nous prions et demandons aussi à nos fidèles de prier pour vous. La croix, objet de souffrance, est aussi signe de notre espérance. Elle stimule notre fidélité et notre combat contre le mal dans la traversée de l’épreuve, pour le rétablissement de la justice et de la paix.

Je vous assure de tout cœur, avec les évêques de France, de notre communion dans la foi et la fraternité. »

Georges Pontier
Archevêque de Marseille
Président de la Conférence des évêques de France

Le 11 mars 2015

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 16:01
Églises dévastées au Niger : l’archevêque de Niamey « sous le choc »

Une église de Niamey (Niger) incendiée lors de manifestations hostiles à "Charlie Hebdo", le 17 janvier 2015. (BOUREIMA HAMA / AFP)

Mgr Michel Cartatéguy, archevêque de Niamey, dit toute son incompréhension et son inquiètude. « Nous sommes encore sous le choc »déclare t-il. « 12 églises sur 14 ont été complétement pillées, saccagées, profanées. Tout est brulé (…) il ne reste plus rien, tout est ruines et poussières ». « Seule la cathédrale est encore debout, mais pour combien de temps ? » s’interroge Mgr Cartatéguy. L’archevêque de Niamey dit avoir réuni ce lundi matin les prêtres et responsables des communautés « pour prier en silence et méditer sur l’amour des ennemis ». « Nous sommes peut-être, souligne t-il, en train de vivre l’agonie de Jésus dans nos propres corps ».

Heureusement, « nous avons des témoignages forts de solidarité de la communauté musulmane ». Mgr Cartatéguy indique que « plusieurs religieuses ayant tout perdu ont été protégées et sont encore dans des familles musulmanes ». « Nous n’avons rien contre la communauté musulmane et sur place nous n’avons aucun problème avec elle », insistet-il, soulignant que les responsables de ces actes « sont des gens qui sont manipulés ». Face à cet embrasement, l’archevêque de Niamey demande« une protection à outrance de la part des autorités » et exprime son inquiétude : « cela pourrait continuer (…) on est en train de repérer les chrétiens qui sont dans la ville ».

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 22:13
Mgr Vingt-Trois : "Une caricature, même de mauvais goût, ne peut être mise sur le même plan qu’un meurtre"

Ce message du Cardinal André Vingt-Trois sera lu au cours des messes paroissiales de ce dimanche à Paris.

« Notre pays, notre ville de Paris en particulier, ont été cette semaine le théâtre d’actes de violence et de barbarie inouïes. Depuis de nombreuses années pour nous, la guerre, la mort, c’était toujours ailleurs même si, pendant ce temps, des soldats français étaient engagés en différents pays pour essayer d’apporter un peu de paix. Certains l’ont payé de leur vie.

Mais la mort violente s’est invitée brusquement chez nous. En France, et bien au-delà de nos frontières, tous sont en état de choc. La majeure partie de nos concitoyens ont vécu cette situation comme un appel à redécouvrir un certain nombre de valeurs fondamentales de notre République comme la liberté de religion ou la liberté d’opinion. Les rassemblements spontanés de ces derniers jours ont été marqués par un grand recueillement, sans manifestation de haine ni de violence. La tristesse du deuil et la conviction que nous avons ensemble quelque chose à défendre unissent les Français.

Une caricature, même de mauvais goût, une critique même gravement injuste, ne peuvent être mises sur le même plan qu’un meurtre. La liberté de la presse est, quel qu’en soit le coût, le signe d’une société mûre. Que des hommes nés dans notre pays, nos concitoyens, puissent penser que la seule réponse juste à une moquerie ou une insulte soit la mort de leurs auteurs place notre société devant de graves interrogations. Que des Français juifs paient encore une fois un tribut aux troubles qui agitent notre communauté nationale redouble encore leur gravité. Nous rendons hommage aussi aux policiers morts en exerçant jusqu’au bout leur fonction.

J’invite les catholiques de Paris à prier le Seigneur pour les victimes des terroristes, pour leurs conjoints, pour leurs enfants et leurs familles. Prions aussi pour notre pays : que la modération, la tempérance et la maîtrise dont tous ont fait preuve jusqu’à présent se confirment dans les semaines et les mois qui viennent ; que personne ne se laisse aller à l’affolement ou à la haine ; que nul ne se laisse aller à la facilité d’identifier quelques fanatiques avec une religion tout entière. Et prions aussi pour les terroristes qui découvrent la vérité du jugement de Dieu. Demandons la grâce d’être des artisans de paix. Il ne faut jamais désespérer de la paix, si on construit la
justice. »

+ André cardinal VINGT-TROIS Archevêque de Paris

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 10:10
VU DE TUNISIE “Charlie Hebdo” : proche de la bestialité

Réagissant à l'attentat qui a frappé l'hebdomadaire Charlie Hebdo ce 7 janvier, le magazine tunisien Leaders alerte : peu importe la nationalité ou la foi que pourraient invoquer les responsables, elle ne serait qu'un prétexte.

Le monde, celui de la culture et des arts surtout, est aujourd'hui en deuil. Des victimes innocentes sont tombées à la suite d'une attaque terroriste visant le journal Charlie Hebdo. Parmi elles, les géniaux dessinateurs engagés Cabu, Charb et Wolinski et Tignous.

Bien sûr, le doigt accusateur est prompt à désigner les lâches criminels qui seraient des terroristes intégristes, à l’idéologie essentialiste, que l'impertinence du journal ne pouvait que déranger.

Sont-ils des islamistes ou des fascistes profitant des turpitudes d'un certain islam mis en évidence par Daech?

Peu importe leur foi ou leur nationalité ; car s'agissant de la religion, elle ne saurait qu'être fausse, juste un leurre, la foi musulmane authentique condamnant le plus sévèrement ce genre de forfait horrible.

Quant à leur nationalité, ils ne peuvent représenter aucune nationalité de l’humanité, relevant plutôt de celle de l'inhumanité, bien plus encore que de l’espèce inférieure qu’est la bestialité.

Sortir de la confusion

Ce crime ne manquera pas de susciter bien à raison la vague d'indignation et de protestation que mérite toute victime innocente ; or, l'aura et le talent des disparus de Charlie ne peut que l'augmenter et l’amplifier.

Pour nous musulmans, que de supposés coreligionnaires soient effectivement impliqués ou non dans ce crime, cette abomination est une énième et même ultime interpellation, mettant l'accent sur l'absolue urgence de clarifier nos valeurs, sortir de la confusion que l’on entretient à dessein et à tort.

Les racines démocratiques de l'islam doivent être mises en évidence et son attachement aux principes humanistes soulignées solennellement, et ce en mettant fin au plus vite au moindre embrouillement marquant nos valeurs et nos attitudes, comportements et réactions à l’égard de certaines questions sensibles relevant des droits humanistes.

On doit prouver concrètement que notre foi cultive un humanisme intégral, l’islam étant d’abord spirituel. Ce sera le meilleur des hommages à rendre aux illustres victimes d'aujourd'hui, l’hommage digne de ces si magnifiques artistes fauchés par la bêtise humaine.

On doit ainsi toiletter nos lois, nos actes et nos discours de la moindre manifestation de barbarie susceptible de nourrir les amalgames, les intolérances et les horreurs.

LEADERS

FARHAT OTHMAN

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