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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 07:03
Aung San Suu Kyi lors de son discours, le 19 septembre 2017. — Ye Aung THU / AFP

Aung San Suu Kyi lors de son discours, le 19 septembre 2017. — Ye Aung THU / AFP

BIRMANIE La dirigeante birmane s’est dite « profondément désolée » pour les civils « pris au piège » de la crise...

La Birmanie est « prête » à organiser le retour des plus de 410.000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh voisin, a assuré mardi Aung San Suu Kyi. Dans un discours télévisé très attendu après plus de trois semaines de troubles dans l'ouest du pays, la dirigeante birmane s’est dite « profondément désolée » pour les civils « pris au piège » de la crise.

 « Nous sommes prêts à débuter la vérification » des identités des réfugiés, en vue de leur retour, a-t-elle déclaré dans l’enceinte du parlement, à Naypyidaw, la capitale birmane, « Nous condamnons toutes les violations des droits de l’homme », a ajouté Aung San Suu Kyi, sans citer l’armée, accusée d’incendier des villages et de tirer sur des civils. L'ONU de son côté a parlé "d'épuration ethnique".

« Nous ne voulons pas que la Birmanie soit divisée par les croyances religieuses »

« Les forces de sécurité ont reçu des instructions » afin de « prendre toutes les mesures pour éviter les dommages collatéraux et que des civils soient blessés » lors de l’opération antiterroriste, a-t-elle encore dit. « Nous sommes profondément désolés pour les souffrances de tous ceux qui se sont retrouvés pris au piège de ce conflit », a-t-elle ajouté, évoquant les civils ayant fui en masse au Bangladesh, mais aussi les bouddhistes ayant fui leurs villages dans la région.

« Nous ne voulons pas que la Birmanie soit divisée par les croyances religieuses », a-t-elle insisté, alors que l’opinion publique birmane est chauffée à blanc par les critiques internationales sur le sort des Rohingyas.

Les violences et discriminations contre les Rohingyas se sont intensifiées ces dernières années : traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90 % bouddhiste, ils représentent la plus grande communauté apatride du monde. Depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, ils sont soumis à de nombreuses restrictions : ils ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation, et ils n’ont accès ni au marché du travail ni aux services publics (écoles et hôpitaux).

AFP

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 07:04
Les troubles meurtriers à Kinshasa en six questions

Lundi 19 septembre, des manifestants à Kinshasa s’en sont pris à une affiche du président JOseph Kabila. Crédits : KENNY KATOMBE/REUTERS

La capitale de la République démocratique du Congo est le théâtre de violences à caractère politique qui ont fait de nombreux morts depuis le 19 septembre. Voici les six points qui permettent de comprendre la crise congolaise.

Que se passe-t-il depuis le 19 septembre ?

Les affrontements entre jeunes et forces de l’ordre se poursuivaient, mercredi 21 septembre, pour la troisième journée de suite à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), où l’opposition réclame le départ du président Joseph Kabila et la tenue d’une élection présidentielle. Ces violences, les pires depuis janvier 2015, ont commencé lundi 19 septembre au matin, en marge d’une manifestation à l’appel du Rassemblement, une association de partis politiques d’opposition et de forces civiles. Constitué autour du vieil opposant Etienne Tshisekedi, récemment rentré au pays, le Rassemblement a voulu, à travers cette journée de manifestation, signifier symboliquement au président Joseph Kabila le début de son « préavis », à trois mois de la fin officielle de son second et, théoriquement, dernier mandat.

La marche a rapidement dégénéré en affrontements avec la police. L’opposition et le pouvoir se sont renvoyé la responsabilité des violences, qui ont fait « plus de 100 morts » selon le parti d’opposition Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et 32 selon le porte-parole de la police nationale. Lundi, plusieurs bâtiments de partis de la majorité ont été incendiés. Dans la nuit de lundi à mardi, dans ce que l’opposition perçoit comme des « représailles », trois sièges de partis de l’opposition ont été brûlés. Sont particulièrement concernés les quartiers du centre et du sud de Kinshasa, les plus pauvres de cette mégapole de 10 millions d’habitants. Les Kinois n’ont jamais aimé Joseph Kabila, qu’ils ont toujours considéré comme un « étranger » venu de l’est du pays.

Quand auront lieu les élections ?

Selon la Constitution, le scrutin présidentiel devait avoir lieu le 27 novembre, alors que le deuxième mandat de cinq ans du président Joseph Kabila prend officiellement fin le 19 décembre à minuit. Or le vote n’a plus aucune chance de se tenir dans les délais. Selon la commission électorale nationale indépendante, la présidentielle et les scrutins locaux pourraient accuser un retard de quatorze à seize mois. Le temps, se défend l’institution, de trouver des financements et de revoir le fichier électoral de 2011 pour y inclure les Congolais ayant, depuis, atteint l’âge de 18 ans. D’autres sources parlent d’un retard bien plus important, de trois à cinq ans. L’opposition dénonce cette stratégie du « glissement », consistant à étirer sans cesse le calendrier. Mais, pour Joseph Kabila, la suite est claire : la Cour constitutionnelle, saisie par les parlementaires de la majorité, a tranché le 11 mai en faveur de son maitien à la tête du pays en cas de report du scrutin, sachant que la constitution interdit au président sortant de briguer un troisième mandat.

Dialogue ou pas dialogue ?

Ces violences à Kinshasa surviennent en plein « dialogue national », un processus proposé depuis novembre 2015 par le pouvoir pour donner le change et censé baliser le chemin vers un processus électoral apaisé. L’opposition s’est longtemps refusée à ce « dialogue », considéré comme un « piège » du pouvoir, avant que certaines de ses composantes minoritaires l’acceptent du bout des lèvres. Le « dialogue national » a donc été ouvert jeudi 1er septembre à Kinshasa par l’ancien premier ministre togolais Edem Kodjo, désigné « facilitateur » par l’Union africaine (UA).

Le Rassemblement boude ce forum et conditionne sa participation à une série de préalables, dont la libération des prisonniers politiques et d’opinion et l’arrêt des poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi, ex-gouverneur du Katanga et candidat déclaré à la présidentielle.

Quant à la puissante église catholique de RDC, elle a suspendu, mardi, sa participation au « dialogue » en cours, « afin de faire le deuil » des Congolais décédés durant les deux jours de violences meurtrières. La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) exige une enquête indépendante sur les violences et précise, à propos de « l’accord politique » devant sanctionner les travaux du dialogue : « Il devra être clairement établi et stipulé que l’actuel président de la République ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle à organiser le plus tôt possible. »

Kabila for ever ?

Joseph Kabila, 45 ans, a été le président africain le plus jeune lorsqu’il a succédé en 2001 à son père Laurent-Désiré Kabila, assassiné au cours de la deuxième guerre du Congo (1998-2002), qui aurait fait jusqu’à 4 millions de victimes. Joseph Kabila a d’abord été président par intérim avant de remporter en 2006 l’élection présidentielle au second tour contre Jean-Pierre Bemba, opposant condamné en juin à dix-huit ans de prison pour « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre » commis en Centrafrique par la Cour pénale internationale (CPI). Joseph Kabila a ensuite été réélu en 2011, en battant l’opposant historique Etienne Tshisekedi lors d’un scrutin entaché de fraudes massives.

Décrit comme un homme rusé et doté d’un sens aigu de ses propres intérêts, M. Kabila se targue d’avoir su ramener une paix relative dans un pays déchiré par deux guerres fratricides et met en avant le doublement du PIB par habitant entre 2005 et 2012. Pourtant, selon le Fonds monétaire international (FMI), 82 % des Congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue (1,25 dollar par jour), et cela malgré les immenses richesses du sous-sol congolais.

Qui sont les figures de l’opposition ?

L’opposition peine de son côté à présenter un front uni. Il y a d’abord Etienne Tshisekedi, 83 ans, fondateur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) sous la dictature du maréchal Mobutu (1965-1997). Il n’a cessé de rejeter la réélection de M. Kabila en 2011. Il se considère comme le « président élu » du pays et nie toute légitimité au président Kabila et au Parlement. La santé d’Etienne Tshisekedi est fragile. Il a passé deux ans de « convalescence » en Belgique avant de rentrer à Kinshasa, le 27 juillet. Il est le plus souvent représenté par son fils, Félix Tshisekedi, 53 ans.

Autre figure de l’opposition : Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur de la riche province aujourd’hui redessinée du Katanga. Longtemps allié aux Kabila, il a basculé dans l’opposition et déclaré sa candidature à la présidentielle le 4 mai. Millionnaire et populaire, il est dans le viseur du pouvoir. En juillet, il a été condamné à trois ans de prison dans le cadre d’une affaire ancienne de spoliation présumée d’un bien immobilier, une condamnation qu’il qualifie de « mascarade » mais qui l’empêche de se présenter à l’élection. Il est également inculpé pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » après avoir, selon le pouvoir, recruté des mercenaires américains. L’ex-homme d’affaires, adoubé parWashington, est perçu par de nombreux observateurs comme la seule alternative crédible. Aujourd’hui en exil, Moïse Katumbi est de facto exclu du jeu politique et risque de se retrouver en prison s’il retourne en RDC. Il a longtemps plaidé pour une candidature unique de l’opposition face à Joseph Kabila, sans parvenir à en fédérer tous les mouvements. Comme l’opposant Vital Kamerhe, qui s’oppose pour le moment à une candidature commune anti-Kabila.

Outre l’opposition classique, la RDC a donné naissance à deux mouvements citoyens, à l’instar du Balais citoyen au Burkina Faso ou d’Y en a marre au Sénégal. Créé à Goma en 2012, le mouvement Lucha (Lutte pour le changement) voit ses membres harcelés par les forces de sécurité. Plusieurs d’entre eux ont été emprisonnés. Les jeunes membres du mouvement Filimbi (« sifflet » en swahili) subissent le même sort.

Enfin, il est un outsider qui soulève beaucoup d’espoirs : le docteur Denis Mukwege, surnommé « l’homme qui répare les femmes ». Ce gynécologue, qui a notamment reçu en 2014 le prix Sakharov de la liberté de l’esprit décerné par le Parlement européen, jouit d’une immense popularité pour avoir soigné des milliers de victimes de violences sexuelles dans l’est de la RDC, et de certains soutiens, notamment au sein de la Maison Blanche. Il est vu comme un possible président « de transition », le temps que s’organisent vraiment les élections.

Quelles réactions internationales ?

Le président français François Hollande a appelé, mardi, au « respect » de la Constitution en République démocratique du Congo et à la tenue des élections prévues.

« Il s’est produit des violences en République démocratique du Congo qui sont inadmissibles, insupportables », a souligné le chef de l’Etat français lors d’une conférence de presse réunie en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, disant ignorer « encore le nombre de morts ». Avant d’enchaîner : « Mais ce qui est incontestable, c’est qu’il y a des victimes et qu’elles ont été provoquées par des exactions venant de l’Etat congolais lui-même. »

Les Etats-Unis ont, eux, une position plus ferme, arrêtée depuis plus longtemps. Thomas Perriello, l’émissaire spécial du gouvernement américain pour l’Afrique des Grands-Lacs, déclarait ainsi en juin au Monde Afrique : « Nous appuyons et défendons la Constitution, qui dit clairement que des élections doivent se tenir avant la fin de l’année (…) Nous espérons [que M. Kabila] sera à la hauteur de ce moment historique, comme il l’a été par le passé à Sun City [en Afrique du Sud, où ont été signés les accords qui ont mis fin à la deuxième guerre du Congo] ou lors de l’adoption de la Constitution. Il est capable d’avoir cette stature d’homme d’Etat ». Et de se retirer.

Le Monde Afrique

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 21:08
Massacres au Nord-Kivu: le pape François dénonce le "silence honteux"

Le pape François a dénoncé, le 15 août 2016, lundi de l’Assomption, le “silence honteux” de la communauté internationale face aux massacres de populations civiles au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC).

A la fin de la prière de l’Angélus, le pape a confié à l’intercession de Marie, Reine de la Paix, “toutes les angoisses et les douleurs des populations, qui en de nombreux endroits du monde, sont victimes innocentes de conflits persistants”.

42 civils tués par des hommes armés à Béni

Le pape François a évoqué en particulier la région du Nord-Kivu, frappée par de nouveaux massacres. Dans la nuit de samedi à dimanche 14 août 2016, au moins 42 civils ont été tués par des hommes armés à Béni. Un deuil national dans toute la RDC a été proclamé après cette tuerie. Ce nouveau massacre a été attribué à des rebelles musulmans ougandais.

Ces massacres se perpétuent “dans un silence honteux, a déploré le pape, sans même attirer notre attention. Ces populations font partie de celles qui n’ont pas les moyens d’attirer l’attention de l’opinion publique mondiale”, a-t-il encore regretté, avant de prier pour que “Marie obtienne pour tous des sentiments de compassion, de compréhension et de concorde”.

Depuis l’automne 2014, plus de 600 civils ont perdu la vie

Ce nouveau drame a provoqué la colère de la population, intervenant après une succession de tueries qui ont déjà fait plusieurs centaines de morts en moins de deux ans. Le porte-parole de l’armée gouvernementale déclare que les massacres de Béni ont été perpétrés par des rebelles appartenant probablement aux Forces démocratiques alliées (ADF), des miliciens musulmans opposés au président ougandais Yoweri Museveni.

Ces groupes rebelles sont actifs dans l’est de la RDC depuis 1995. La région de Béni a subi une série de massacres qui ont coûté la vie à plus de 600 civils depuis l’automne 2014. Le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) accusent les ADF d’être responsables de ces atrocités, mais des actes semblables ont également été commis par d’autres éléments armés et par des soldats de l’armée régulière.

Jacques Berset

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 08:28
Attentat dans une église près de Rouen: Les catholiques ne veulent pas céder à la peur

Le Père Jacques HAMEL Assassiné hier à Saint Etienne du Rouvray

TERRORISME Alors qu’un prêtre a été assassiné dans une église à Saint-Etienne-du-Rouvray, les fidèles, choqués, s’en remettent à leur foi pour surmonter le drame…

« Nous sommes endeuillés, horrifiés, attristés par les choses affreuses qui se passent dans le monde. […] Un prêtre est mort comme un martyr, car il a été tué parce qu’il était chrétien. […] Prions pour les chrétiens de Rouen et de Saint-Etienne-du-Rouvray. Que ce soit l’amour qui l’emporte et non pas la haine. » Ainsi s’est exprimé le prêtre de l’église Saint-Louis d’Antin, dans le 9e arrondissement de Paris, lors d’une messe ce mardi après-midi.

Les fidèles, nombreux, n’étaient pas tous au courant de l’attaque qui s’est déroulée dans la matinée en Normandie. Choquées, les personnes interrogées invoquent le recours à la prière afin de surmonter le drame. Et la volonté de continuer à se rendre à l’église pour se recueillir reste intacte. « Cela va m’inciter à y aller davantage, affirme même Guy. Je vais prier pour les victimes et les meurtriers. Sur sa croix, le Christ a dit : "Pardonne-leur père, ils ne savent pas ce qu’ils font." » L’homme de 67 ans confie cependant avoir un peu peur.

« Il ne faut pas verser dans le racisme »

Anne-Marie, elle, est d’autant plus affectée que son petit-fils étudie actuellement à Rouen, où elle possède par ailleurs une maison secondaire. « C’est dramatique. Chaque jour, c’est une appréhension de savoir qui va être touché, témoigne cette dame de 75 ans. On se dit qu’on ne peut pas échapper à ce type de choses. On est dans un état de guerre insaisissable. On est dans une suspicion constante. Mais il ne faut pas verser dans le racisme. »

Certains y voient une guerre de religion, d’autres non. Clémence, 35 ans, estime elle que s’en prendre à un prêtre est un fait très significatif : « On est passé à un aspect très religieux des choses, même si c’était déjà religieux à la base. On touche au christianisme là. Cibler des sièges catholiques peut être angoissant. Mais il y a un dieu, donc il ne faut pas avoir peur. »

« La violence, on la trouve au quotidien »

« Lieu de culte ou autre, c’est effrayant et tragique, rétorque Aimée, 54 ans. Il ne faut pas céder à la panique. Quand on a la foi, on est censé ne pas donner prise au mal. » Et d’ajouter, amère, après un silence : « La violence, on la trouve au quotidien, comme la pauvreté extrême d’une personne sans domicile fixe, mais c’est un type de violence formaté, on s’y est malheureusement habitué. »

Quant à renforcer la sécurité à l’entrée des églises, par la présence de forces de l’ordre ou la fouille de sacs, tous ne sont pas d’accord. Pour Jean, cela ne servirait à rien. « Les terroristes ont déjà montré qu’ils peuvent frapper où ils veulent, quand ils veulent, explique ce jeune homme de 28 ans. Daesh essaie de monter les communautés les unes contre les autres. Même si je peux comprendre la réaction de certaines personnes, il ne faut pas céder à la peur, c’est leur objectif. »

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 11:39
Suite à la prise d’otage de Saint-Etienne-du-Rouvray

Communiqué de Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, suite à la tuerie survenue mardi 26 juillet 2016, en l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray.

De Cracovie, j’apprends la tuerie advenue ce matin à l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Elle fait trois victimes : le prêtre, le Père Jacques Hamel, 84 ans, et les auteurs de l’assassinat. Trois autres personnes sont blessées dont une très grièvement. Je crie vers Dieu, avec tous les hommes de bonne volonté. J’ose inviter les non-croyants à s’unir à ce cri ! Avec les jeunes des JMJ, nous prions comme nous avons prié autour de la tombe du Père Popiulusko à Varsovie, assassiné sous le régime communiste.

Le vicaire général, le Père Philippe Maheut, est sur place depuis les premiers moments. Je serai dès ce soir dans mon diocèse auprès des familles et de la communauté paroissiale très choquée. L’Eglise catholique ne peut prendre d’autres armes que la prière et la fraternité entre les hommes. Je laisse ici des centaines de jeunes qui sont l’avenir de l’humanité, la vraie. Je leur demande de ne pas baisser les bras devant les violences et de devenir des apôtres de la civilisation de l’amour.

Dominique Lebrun
Archevêque de Rouen
26 juillet 2016

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 05:12
Chrétiens d'Irak : il y a deux ans, Daech s'emparait de Mossoul

Nous sommes le 10 juin, un jour en apparence comme les autres. Et pourtant des millions d'Irakiens, eux, ne peuvent pas s'empêcher d'imaginer comment seraient leurs vies si Daech n'avait pas pris Mossoul il y a deux ans jour pour jour. Combien de pères pleurent leurs filles et leurs femmes qui sont toujours aux mains de Daech? Combien de nuits sans sommeil pour ceux qui ont dû fuir Mossoul, Sinjar et la plaine de Ninive? Comment ne pas penser aux milliers d'enfants qui sont nés depuis l'été 2014 et qui n'auront connu que la vie de réfugiés?

Pour tous les irakiens victimes de Daech, ce 10 juin 2014 marque le début d'une longue nuit de l'humanité. Comment ne pas douter de l'humanité quand Daech enlève des petits garçons pour les transformer en enfant soldats ou arrache une petite fille de quatre ans des bras de sa mère? Comment faire à nouveau confiance quand un voisin vous appelle pour vous dire qu'il est entrain de piller le contenu de votre maison? Comment expliquer aux jeunes enfants qu'ils ne retrouveront peut-être jamais les jouets qu'ils ont laissés dans leurs écoles.

Alors qu'une opération pour libérer Mossoul semble enfin se concrétiser, des centaines de milliers de réfugiés retiennent leur souffle avec un sentiment mélangé d'espoir et d'angoisse, l'espoir de retrouver leurs villes et l'angoisse qu'elles aient été détruites.

Le calvaire des 3,3 millions d'Irakiens déplacés à l'intérieur de leur pays à cause de Daech a déjà trop duré. Vivre deux semaines dans un camp de réfugiés est une expérience épuisante physiquement et mentalement. Y vivre deux ans est destructeur. Ces deux années les déplacés les ont passées ballotés au gré des rumeurs et des informations sur l'évolution de la ligne de front. Plusieurs fois ils ont cru par exemple que la ville de Baashiqa avait été reprise, tous les deux mois ils se sont surpris à espérer à nouveau à l'occasion de l'énième annonce d'une offensive pour reprendre Mossoul. Ils auront été à chaque fois déçus. Aujourd'hui les réfugiés, qu'ils soient chrétiens, yézidis, kakaïs, sunnites ou chiites ont le sentiment de vivre dans un tunnel trop long.

Pourtant il n'y a plus de raison de repousser la libération de la plaine de Ninive. Depuis leur avancée, le 29 mai dernier, les Peshmergas kurdes ne sont plus qu'à 4-5 kilomètres de Qaraqosh et Karamless notamment, les deux gros villages chrétiens de la plaine. Si tout le monde peut comprendre que reprendre Mossoul qui compte 1,5 millions d'habitants nécessite du temps, personne ne peut accepter que la plaine de Ninive, parsemée de villages prenne autant de temps à être libérée.

Deux ans après leur exode, les habitants de cette plaine ont besoin d'avoir une raison d'espérer à nouveau. Alors qu'une opération pour libérer Mossoul semble enfin se concrétiser, des centaines de milliers de réfugiés retiennent leur souffle avec un sentiment mélangé d'espoir et d'angoisse, l'espoir de retrouver leurs villes et l'angoisse qu'elles aient été détruites. Ils ont tous en tête les images de Sinjar la grande ville yézidie, libre mais à moitié rasée. L'avenir des chrétiens d'Irak et des minorités dans ce pays dépendra donc aussi largement de l'état dans lequel ils retrouveront leurs villages après leur libération. Pour les Kakaïs, il n'y avait pas deux Wardak et l'on sait hélas que le grand mausolée de Sayed Hayas a été détruit par Daech. Pour les chrétiens, il n'y a pas deux Qaraqosh ou deux Karamless de la même manière que pour les Yézidis il n'y a pas deux Baashiqa. La préservation de ces villes au moment de leur libération est d'une importance capitale pour que l'Irak demeure une mosaïque de communautés. Elles sont des lieux uniques de la mémoire de populations entières.

Deux ans après la prise de Mossoul, la nuit de Daech n'a pas éteint la flamme des chrétiens d'Irak.

Durant ces deux ans d'exil, la force d'âme de ces réfugiés, leur courage pour reprendre un travail, leur détermination à garder le trésor de leur foi, cette capacité à se relever malgré des épreuves inhumaines sont la preuve que les chrétiens et les minorités ont encore un avenir en Irak. En observant les réfugiés construire l'église Al Bichara entre août et novembre 2015 dans le camp d'Ashti, à Erbil, on pouvait voir une assurance dans leurs gestes, une foi dans une promesse céleste: oui, bientôt la messe serait à nouveau célébrée dans l'église Al Bichara de Mossoul. Deux ans après la prise de Mossoul, la nuit de Daech n'a pas éteint la flamme des chrétiens d'Irak, deux ans plus tard les bougies brûlent toujours aux pieds des statues de la Vierge, comme autant de lumières qui manifestent la confiance d'un peuple malgré les épreuves. Deux ans après la grande catastrophe, les Yézidis allument toujours, matins et soirs leur feu sacré dans leurs temples, flèches blanches dressés vers le ciel.

Aujourd'hui comme depuis 2011, les membres de Fraternité en Irak feront tout ce qu'ils peuvent pour soutenir les chrétiens et les minorités, pour partager fraternellement cette attente inquiète de la libération et pour les aider à reconstruire leurs vies dans leurs villages et à Mossoul. Une nouvelle fois les chrétiens et les minorités d'Irak ont besoin de sentir qu'ils ont des frères, une nouvelle fois ils ont besoin de vous.

Faraj Benoït Camurat

Faraj Benoît Camurat est président de Fraternité en Irak, une association dont le but est d'aider les minorités religieuses victimes de violences en Irak.

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 17:56
Au Pakistan, attentat-suicide avec les chrétiens pour « cible »

Dimanche 27 mars, en pleine fête de Pâques, un kamikaze taliban s’est fait exploser dans un parc proche du centre-ville de Lahore. Plus de 70 victimes, chrétiennes et musulmanes, dont des femmes et des enfants.

Un attentat-suicide a frappé un parc populaire de Lahore, en plein dimanche de Pâques, tuant au moins 72 personnes dont nombre d’enfants et portant un coup sérieux aux espoirs d’embellie sécuritaire.

L’attentat a été revendiqué par les talibans pakistanais, qui ont déclaré avoir visé spécifiquement la communauté chrétienne. Mais selon l’inspecteur de police adjoint Haider Ashraf, la majorité des victimes sont musulmanes. Le bilan s’établissait tôt lundi matin à 72 morts, a-t-il dit à l’AFP. Selon un responsable des services de secours, 29 enfants ont été tués, ainsi que 7 femmes et 36 hommes.

La déflagration s’est produite dans le parc Gulshan-e-Iqbal, proche du centre de Lahore, ville de 10 millions d’habitants, particulièrement bondé en ce jour de printemps où la minorité chrétienne célébrait le dimanche de Pâques.

Le kamikaze « s’est fait exploser près de l’aire de jeux pour enfants, où ils faisaient de la balançoire », a indiqué à l’AFP un haut responsable administratif de Lahore, Mohammad Usman. Des billes métalliques ont été retrouvées. Secouristes et volontaires ont dans un premier temps porté assistance aux blessés.

Javed Ali, dont la maison est située juste en face de l’entrée du parc, décrit « une énorme explosion (qui) a fait voler les fenêtres en éclats ». « Tout tremblait, il y avait des cris et de la poussière partout. » Le parc, où il se trouvait lui-même quelques heures avant, était « plein de monde à cause de Pâques, il y avait beaucoup de chrétiens là-bas. Il y avait tant de monde que j’ai dit à ma famille de ne pas y aller. »

Deuil de trois jours

La situation demeurait chaotique lundi matin alors que les familles et les journalistes affluaient dans l’établissement, a rapporté l’AFP. Un deuil de trois jours a été décrété dans la province du Pendjab, dont Lahore est la capitale. Écoles et administrations devraient néanmoins rester ouvertes ce lundi, selon un haut responsable.

Les attentats visant les enfants ont une résonance toute particulière au Pakistan, toujours traumatisé par l’attaque perpétrée par un commando taliban dans une école de Peshawar, qui avait fait au moins 154 morts en décembre 2014. La jeune lauréate pakistanaise du prix Nobel de la paix Malala Yousafzaï s’est dite « accablée par cette tuerie dénuée de sens ».

Les États-Unis ont également condamné un « effroyable acte terroriste », et la France a réaffirmé sa volonté de « continuer à combattre partout le terrorisme ». Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a évoqué un « acte de terrorisme épouvantable ».

La minorité chrétienne visée

«Nous avons perpétré l’attentat de Lahore car les chrétiens sont notre cible,» a déclaré à l'AFP par téléphone Ehsanullah Ehsan, le porte-parole du Jamaat-ul-Ahrar, une faction des talibans. «Nous commettrons d’autres attentats de ce type à l'avenir», a-t-il ajouté. «Les infrastructures de l'armée et du gouvernement pakistanais, les écoles et les universités figurent aussi parmi nos cibles.»

Au Pakistan, des groupes islamistes armés ciblent parfois la minorité chrétienne - environ 2% de la population de ce pays de 200 millions d'habitants, majoritairement musulman sunnite. Un double attentat-suicide aussi perpétré par les talibans contre des églises à Lahore avait fait 17 morts en mars 2015.

A Islamabad, heurts entre islamistes et policiers

La journée de dimanche 27 mars a par ailleurs été marquée par de violents heurts entre la police et des milliers de partisans d'un islamiste pendu le mois dernier, Mumtaz Qadri, qui se sont affrontés dans la capitale Islamabad et sa ville jumelle de Rawalpindi. Quelque 25 000 d'entre eux s'étaient réunis plus tôt dans la journée à Rawalpindi pour des prières avant d'avancer, armés de pierres, vers la capitale.

L'armée a été déployée pour assurer la sécurité de la zone autour du Parlement, où des manifestants avaient convergé dans la soirée.

L'exécution le 29 février de Mumtaz Qadri a mis en rage des factions islamistes qui avaient érigé Mumtaz Qadri au rang de héros pour avoir abattu en 2011 Salman Taseer, gouverneur du Pendjab et partisan déclaré d'une révision de la loi sur le blasphème.

La Croix avec AFP

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