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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 18:49
Samuel Paty, Professeur d'histoire de 47 ans et père de famille

Samuel Paty, Professeur d'histoire de 47 ans et père de famille

Le drame odieux, qui vient de coûter la vie à un enseignant nous renvoie à notre vision du principe de liberté d’expression et sa mise en œuvre.  
L’assassinat, par décapitation, d’un enseignant de 47 ans, Samuel Paty, pour fait de blasphème, plonge légitimement notre pays dans la sidération, l’écœurement, la colère, la révolte… Ce drame doit nous interroger. Sur nos complaisances coupables vis-à-vis de l’islamisme. Mais aussi sur les contours possibles de cette liberté d’expression qui, pour être un droit absolu ne doit pas moins être questionné sans répit, jour après jour, dans ses modalités de mise en œuvre.
On ne le redire jamais assez, la notion de blasphème n’est opérante – ou tout du moins ne devrait l’être – que pour des croyants dans ce qui tient à leurs croyances propres. Les musulmans s’interdisent de représenter le prophète. C’est bien évidemment leur droit. Nul ne saurait les contraindre à enfreindre personnellement cet interdit. C’est le principe même de laïcité qui nous y oblige. En revanche, dans un société comme la nôtre où chacun est libre de croire ou de ne pas croire, il n’existe pas, pénalement, de délit lié au blasphème. Chacun peut donc caricaturer le prophète s’il le souhaite. 
Pour autant, le « vivre ensemble » nécessaire à la paix civile, que garantit précisément la laïcité, nous fait également une obligation, au moins morale, de ne pas provoquer l’autre inutilement, quelle que soit sa croyance. De sorte que la liberté de blasphémer si elle est absolue au niveau du droit, devrait rester relative quant à l’usage que l’on en fait. Et nous devons répondre à cette question essentielle : quelle est la finalité de son usage ? J’ai retenu d’un long compagnonnage avec l’abbé Pierre la différence qu’il établissait entre deux approches possibles du concept de liberté : la « liberté de », laissée à notre totale discrétion et pour l’usage de laquelle nous n’avons de compte à rendre à personne et la « liberté pour », volontairement subordonnée à un but précis, considéré comme supérieur.
Je ne suis pas philosophe mais il me semble évident que la notion même de liberté suppose l’existence d’une alternative. La liberté d’expression qui, une fois encore n’est pas ici en cause, est la liberté de dire ou de ne pas dire, de montrer ou de ne pas montrer.  Si cette alternative est niée en son principe, alors nous sommes dans le domaine de l’interdit ou de l’obligation qui sont toutes deux négations de la liberté. Lorsque Charlie exerce le droit de publier des caricatures de Mahomet il n’honore pas plus le principe de liberté d’expression qu’une autre rédaction qui, jouissant de la même liberté, décide de s’abstenir. Et l’on sent bien que cette évidence, ne l’est pas pour tout le monde. Tant est prégnante dans notre société l’idée que l’obscurantisme étant le propre des religions, il y aurait une sorte de devoir civique à le combattre sans se lasser, quel que soit le respect que l’on prétend défendre par ailleurs, au nom de la laïcité, pour les croyances de chacun.
Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie avait mission de sensibiliser ses jeunes élèves au principe de la liberté d’expression. Nul ne saurait contester que ce soit là l’un des rôles de l’école de la République. Ce faisant, il était normal qu’il aborde la notion de blasphème. Ne serait-ce que pour expliquer par quel cheminement, dans notre histoire, ce qui jadis fut passible des tribunaux est aujourd’hui devenu légal et largement reçu comme procédant de nos libertés. Et partant, dans le contexte qui est le nôtre, alors que se déroule le procès relatif aux attentats contre Charlie Hebdo dont tous les médias se font l’écho, il était logique qu’il évoque les caricatures de Mahomet pour dire, tout à la fois, pourquoi leur publication était licite dans notre pays mais dans le même temps combien elles pouvaient heurter des musulmans. Fallait-il aller plus loin et les montrer à ses élèves ?
Ecrivant cela, alors même que le pays est plongé dans la sidération et la compassion, je suis bien conscient que je vais soulever, ici ou là, des critiques scandalisées,. « Alors il l’a bien cherché, c’est ça ? » Non ! Il n’a rien cherché du tout, pas plus que les journalistes de Charlie. Rien ne peut justifier qu’il ait payé de sa vie, dans des circonstances au demeurant aussi atroces, un simple choix pédagogique.
Mais à l’heure où le pays s’inquiète justement des conditions de l’exercice de la fonction enseignante au regard de ce drame, à l’heure où d’autres enseignants, confrontés aux mêmes exigence éducatives peuvent s’interroger sur leurs propres pratiques pédagogiques pour demain, on peut tout de même, on doit formuler cette question : sensibiliser de jeunes élèves à la notion de liberté d’expression nécessite-t-il obligatoirement qu’on leur montre des caricatures de Mahomet ?
A chacun de répondre… en conscience ! Car cette question ne concerne pas que les seuls enseignants auxquels nous délèguerions la responsabilité de mettre en œuvre un principe qui nous concerne tous. Et pour l’heure, j’entends bien m’associer à l’hommage qui sera rendu à cet homme.

René POUJOL
Blogueur et Journaliste catholique

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 06:53
Pétition pour une « Journée Mondiale du Vivre Ensemble »

La peur de l’autre alimente l’intolérance. La culture du « chacun pour soi » mène à des conflits politiques, sociaux et environnementaux nuisibles à l’ensemble de l’humanité. Il est essentiel pour le monde que de nouvelles visions émergent. À travers l’art, la culture, l’éducation, la science, la communication, la spiritualité, nous devons ouvrir un nouveau chemin pour une CULTURE DE PAIX. La Journée Mondiale du Vivre Ensemble est un projet d’avenir dont l’objectif est de se rassembler sans se ressembler, de rassembler pour assembler.

« Les évènements récents nous ont démontré que nous avons besoin de créer cette Culture de Paix, que nous devons apprendre à mieux vivre ensemble. Une Journée Mondiale du Vivre Ensemble ne règlera pas tout, mais c’est, croyons-nous, un jalon utile et important pour nous connaitre et nous reconnaitre dans le cercle de la fraternité humaine, en synergie l’un avec l’autre et non en opposition l’un contre l’autre.

Ni vous, ni moi, ne savons combien de temps il nous reste à vivre sur cette belle terre, planète oasis de vie, minuscule vaisseau dans l’espace infini. Je ne sais pas si je verrai un jour de mes yeux ce projet se réaliser. Je vous le confie à tous comme une graine d’espoir à transmettre et à faire germer dans l’esprit des êtres humains. »

Cheikh Khaled Bentounes

L’Association Internationale Soufie Alâwiyya, AISA ONG Internationale, lance une campagne de mobilisation mondiale pour que l’ONU décrète La Journée Mondiale du Vivre Ensemble. Une pétition à l’intention de l’ONU est lancée pour démontrer aux autorités politiques notre DÉSIR DE PAIX. Chacun d’entre vous qui souhaite voir notre monde changer est invité à signer cette pétition. Plus nous serons nombreux à choisir de mieux vivre ensemble plus notre engagement changera le monde.

Je signe la pétition

http://www.jmve.ch/

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 21:27
Vivre ensemble, quelle histoire ! par Arnaud Favart

Une brume matinale flotte sur la Dordogne. Un ragondin s'affaire sur la berge, une marmaille de canards s'ébat à contre-courant. Deux poules d'eau tentent une sortie de roseau tandis qu'une corneille déchire le silence du ciel. Perché sur un vieux tronc, un héron guette sa proie et observe dédaigneux ce beau monde qui s'agite.

Vivre ensemble, quelle histoire !

De part et d'autre des rives du Tigre et de l'Euphrate, du Nil, du Dniepr ou de l'Oubangui se déroulent d'autres batailles plus sanglantes. Comme on s'est battu autrefois de part et d'autre de la Marne, du Danube ou de la Méditerranée. Cent ans après la première guerre mondiale, les nations n'auraient-elles rien appris ?

Est-il possible de vivre ensemble sans en faire toute une histoire ?

C'est précisément le lot de la condition humaine de ne pas savoir échapper au flux et au reflux de l'histoire. Nous marquons nos territoires, nous jalousons les réussites, nous revendiquons un semblant de vérité ou de pouvoir immémorial. Même les plus cloîtrés des moines avouent y être exposés. Petite ou grande, l'histoire s'écrit avec les conflits de table et de voisinage. Dans la cage d'escalier, l'odeur du mouton m'écœure, la morue qui dessale me dégoûte, mais mon andouillette les chasse.

On a craint un moment que le conflit israélo-palestinien s'importe massivement dans les cités. Il y est certainement présent. Il est surtout emblématique d'une peur grandissante, celle de voir toute identité diluée dans le grand tout d'un monde métissé, mondialisé, voire unisexué.

Le recours aux religions ne manque pas de m'interroger sur leur capacité à alimenter des clivages plutôt que des alliances. Pour contrebalancer leur propension naturelle à l'hégémonie, pourquoi n'ont-elles pas davantage développé une éducation propre à résister à toute forme d'instrumentalisation et de violence ?

Pour les chrétiens, la croix du Christ et l'Evangile des Béatitudes nous renvoient à ce travail d'alliance sans cesse à reprendre dans les cœurs et les institutions : passer de la méfiance au dialogue, de l'arrogance à la justice, de l'hostilité à l'hospitalité.

Arnaud Favart Vicaire général de la Mission de France

Editorial du N°368 de Septembre 2014 de la Lettre d’Information de la Communauté Mission de France

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