
La fête de tous les Saints est toute proche. C'est la fête de ceux qui nous ont précédés sur le chemin de la vie.
Pour nous ouvrir la route Qu'ont-ils fait d'extraordinaire si ce n'est, pour la plupart d'entre eux, de mener une vie ordinaire éclairée par le message des
Béatitudes (Mt 5,1-12). Ils nous disent l'importance et l'actualité de ces paroles que Madeleine Delbrel qualifiait de
"joie venue de la montagne".
Ce message est le coeur de l'Evangile vécu au jour le jour. Beaucoup s'accordent à reconnaître qu'indépendamment même de la foi chrétienne, c'est un des
grands textes de l'humanité.
A la fois il nous fascine et nous fait peur. Il nous fascine parce que nous pressentons bien qu'il est porteur de quelque chose d'essentiel. Il nous fait peur
parce que nous nous demandons jusqu'où il peut nous entraîner.
Les Béatitudes ont-elles un sens dans ce monde dur, difficile, plein de bruit et de drames ? Et si justement elles étaient la plus radicale contestation de ce
monde ? Une aventure, une brèche vers un monde nouveau...
Les Béatitudes, coeur de l'Evangile, sont aussi un portrait du Christ. Le plus parfait portrait du Christ. Nous voilà appelés à contempler cette icône et à
nous interroger : où est le centre de notre vie, le centre de notre amour ?
La vie chrétienne, c'est bien la vie du Christ en nous. Le bonheur est une
communion avec lui. Les Saints l'ont bien compris.
Ils ont saisi de façon étonnante et profonde que la contemplation du Christ entraîne sur un chemin de bonheur.
Et Dieu désire que nous marchions à leur suite, aujourd'hui, demain et toujours. "La volonté de Dieu, c'est que vous viviez dans la sainteté" (1Th
4,3)
Michel Mouïsse
Evêque de Sarlat et Périgueux (Dordogne)