Un chemin de foi

"Agir comme si tout dépendait de moi et Prier comme si tout dépendait de Dieu"
 Ignace de Loyola

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Lundi 4 juin 2012 1 04 /06 /Juin /2012 13:17

blu-ray-de-rouille-et-d-os 

 

D’abords je suis allée voir le dernier film d’Audiard, « De rouille et d’os ». Ensuite, j’ai rêvé que l’on décelait à un ami un cancer foudroyant qui, très vite, lui défigurait la face. En quelques heures, il ne pouvait déjà plus parler. Il convoquait ses amis et sa famille pour « faire ses comptes ». Voilà qui pose le décor…

 

Moi qui, en ces jours, suis perchée sous les toits du charmant Paris-VIe arrondissement pour me concentrer sur un devoir de bible (Sh’ma Israël Adonaï Eloeïhnou, Adonaï Ehad… Dt 6, 4+), j’ai l’air de prendre la vie de haut, comme allant de soi. Mais je dois me rendre à l’évidence : souvent j’ai le sentiment que la vie m’échappe, malgré ma liberté de mouvement. Bien sûr, je peux descendre et monter les escaliers, traverser très vite la rue sans attendre que le « petit bonhomme » passe au vert. Je peux aussi parler et, par les mots, envisager le futur proche et moins proche, faire des plans sur la comète et imaginer que les années passeront à leur rythme, comme s’égrainent entre nos doigts les perles de bois d’un chapelet infini.

 

Seulement voilà, aucun moment de la vie n’est anodin, surtout pas ceux où on a l’impression « qu’il ne se passe rien ».  C’est justement dans ces instants-là que la vie travaille à recycler nos idées – souvent confuses, non abouties -, avec nos rêves les plus fous et nos fantasmes les moins avouables… Tout cela est en nous : le conscient et l’inconscient se côtoient, le possible et l’impossible sont côte à côte comme l’étaient Adam et Ève en leur Éden. Il faut simplement leur laisser le temps et l’espace pour qu’ils adviennent au jour, qu’ils s’unissent pour qu’en naisse un projet réalisable.

 

Je fais le lien avec ce tweet Facebook qui arrive de Malte : "Le langage doit moins servir à dire Dieu qu'à ouvrir un espace pour que Dieu se dise" (S Curro). Ce thème du langage qui ouvre un espace de liberté m’est cher : Dieu est libre et il se dit bien souvent en dehors de nos frontières, de nos œillères. C’est dans notre langage que Dieu est. C’est là qu’il habite ! Pas dans le ciel, pas dans un au-delà irréel, mais dans nos mots qui sont de chair et de sang. Dieu crée par sa parole. Dieu s’incarne dans une Parole. Il habite nos paroles d’hommes et de femmes : c’est par là que nous le rendons présent à nos vies et qu’il se manifeste. Pour que Dieu puisse pleinement habiter nos mots, il faut que les mots de tous soient entendus. Et ceux qui n’ont pas les mots doivent être aidés à accoucher d’un langage où ils se retrouvent (Platon n’est jamais très loin...). Se dire, c’est vivre ! Le pauvre en mots est dans la misère morale.

 

Je reviens à Audiard. La rouille (pour les jambes ?) et l’os (pour les mains ?) ou bien la rouille des sentiments si mal exprimés et l’os du langage avorté ? Ali ne sait plus où il habite. Il n’est pas chez lui, il vit chez sa sœur. Plusieurs filles, plusieurs boulots, peu de mots. Une vie « mécanique ». Il doit aussi élever son enfant. Stéphanie la flambeuse perd ses jambes en quelques secondes dans un grave accident. Finis les boîtes de nuit et le boulot, finie la drague. La vie bascule. Drame. Ils se rencontrent, forcément. Ils ne savent pas se raconter. Elle : plusieurs plans nous la montrent tournant le dos aux visites à l’hôpital. Les visiteurs parlent, elle n’écoute pas, elle est muette. Lui : un boxeur, il veut se battre, ses poings c’est son langage. La rencontre se déroule tout au long du film en soubresauts, en actes rudes. Peu de mots qui construisent. Mais quand même, la parole doit surgir car elle bouillonne en eux. Stéphanie demande un jour plus de délicatesse : il ne peut pas partir sous ses yeux avec une autre fille. Ali, à la fin, rend les armes : au téléphone « ne raccroche pas ! ne raccroche pas ! Il était mort pendant trois heures dans ce couloir... » Stéphanie écoute, le rassure et on apprend que le gamin est vivant. Ce couloir ne l’a pas conduit à la mort mais à une sorte de résurrection qui entraine celle du couple improbable de ces mutilés des jambes et des mains. Deux prises de parole ont suffit pour débloquer la situation. Des appels d’air pour que l’amour (il s’agit toujours d’amour, n’est-ce pas ?) se dise sans les poings, sans les jambes. Il la porte sur la plage, il la porte du lit aux toilettes. Elle le supporte lors des combats et il gagne. Il la sort de son isolement, elle le sort de son égo. La délicatesse exigée devient espace de liberté. La parole a ouvert cet espace-là où l’on peut enfin exprimer ce qui est plus profond et qui nous est souvent caché : notre besoin d’aimer et d’être aimé.

 

Et nous ? Et moi ? Quelle place dans mon langage pour cette ouverture sur moi, sur les autres, sur Dieu ? Par les mots que j’utilise - ou non - je me laisse une chance de liberté ou au contraire je m’enferme. Par ce que je choisis d’exprimer – ou non – je stagne ou bien j’avance, j’invite l’inconnu (d’Emmaüs ?) à me rejoindre ou je choisis de cheminer seule dans mes pensées, je me laisse dérouter par une question ou j’ignore la nouveauté.

 

Je fais si maladroitement cette expérience de parler à quelqu’un qui ne peut pas me répondre (victime d’un AVC) : ma tante alitée et muette depuis un an, elle qui parlait tant, me ramène à l’essentiel. Elle existe sans mots, mais elle a cependant un langage : ses yeux, ses quelques gestes lourds et ces sons inarticulés qui sortent de sa bouche immobile. Là où sont les mots sont la vie. Mais la vie couve sous les mots et le langage dépasse les mots, il est expression corporelle. Les mots peuvent rester vides comme des coquilles, le langage prend le relais. Dieu est.

 

Plus pragmatique, pour les curieux qui veulent absolument savoir, comme moi, comment on « coupé » les jambes de Marion Cotillard, voilà la réponse !

Xénia

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 22:06
ScalaMilan
Le message de la musique est solidarité, fraternité et paix
La « Neuvième » de Beethoven dirigée par Baremboim à la Scala

Le message de la musique est solidarité, fraternité et paix, a souligné Benoît XVI, le pape musicien, à l’issue du concert à la Scala de Milan, où l’orchestre dirigé par Daniel Barenboim a exécuté la Neuvième symphonie de Beethoven, vendredi 1er juin, à l’occasion de sa visite pastorale pour la VIIe Rencontre mondiale des familles. […]

Benoît XVI a cité la réaction du grand chef d’orchestre Arturo Toscanini, de retour à Milan, en 1946, le 11 mai, après la guerre : « Il leva la baguette pour diriger un concert mémorable dans la Scala reconstruite, après les horreurs de la guerre. On raconte que le grand maestro, à peine arrivé à Milan, se rendit immédiatement à ce théâtre, et il commença à battre des mains au centre de la salle pour voir si l’acoustique proverbiale avait été maintenue, et entendant qu’elle tait parfait, il dit : « C’est la Scala, c’est toujours ma Scala ! ». Ces paroles « C’est la Scala » renferment le sens de ce lieu, le Temple de l’Opéra, point de référence musical et culturel non seulement pour Milan et pour l’Italie, mais pour le monde entier ».

Pour le pape, ce concert a été un « moment d’élévation de l’âme » car la musique de Beethoven indique, une « vision idéale de l’humanité ».

Il a fait observer que la joie que chante Beethoven « n’est pas proprement chrétienne », mais « c’est la joie de la coexistence fraternelle des peuples, de la victoire sur l’égoïsme, et c’est le désir que le chemin de l’humanité soit marqué par l’amour, presque une invitation adressée à tous au-delà de toute barrière et conviction ».

Et pour ce qui est des paroles de l’Hymne à la joie de Chiller, le pape a ajouté : « Nous cherchons un Dieu qui ne trône pas à distance, mais entre dans notre vie et notre souffrance » : « Nous n’avons pas besoin d’un discours irréel d’un Dieu lointain et d’une fraternité qui n’est pas exigeante. Nous sommes à la recherche d’une fraternité qui, au milieu des souffrances, soutient l’autre et ainsi aide à aller de l’avant ».

Le pape avait en effet à l’esprit les sinistrés de l’Emilie Romagne : « Ce concert devait être une fête joyeuse à l’occasion de cette rencontre de personnes de quasi toutes les nations du monde, mais l’ombre du séisme qui a apporté de grandes souffrances sur tant d’habitants de notre pays plane dessus ».

Le directeur artistique du théâtre, Stéphane Lissner, avait dédié, au début de la soirée, le concert aux sinistrés : « Le destin a voulu, a-t-il dit, qu’en ces jours dédiés à la Famille de nombreuses familles proches de nous connaissent à l’improviste des malheurs douloureux. Nous pensons interpréter le sentiment du Saint-Père, des organisateurs  de cette rencontre, des travailleurs du théâtre de la Scala, et de tous els Italiens, en dédiant le concert de ce soir aux familles de l’Emilie, frappées par le tremblement de terre ».

C’était la première visite de Benoît XVI dans un théâtre depuis son élection : il a salué les travailleurs à l’issue du concert. En 1983, le 21 mai, Jean-Paul II avait assisté à un concert dirigé par Riccardo Muti, à l’occasion du Congrès eucharistique national italien. Au programme : Verdi !

Le pape a assisté au concert non de la loge royale, mais de l’orchestre, sur un fauteuil placé au centre de la salle, entouré de son secrétaire d’Etat, le cardinal Bertone, du cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan, de son prédécesseur, le cardinal Dionigi Tettamanzi et du président du Conseil pontifical pour la famille, le cardinal Ennio Antonelli.

Anita Bourdin

Milan le 1° juin 2012

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : paix - Communauté : Praedicatho
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Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 15:42

21 ARCABAS TRINITE

Maurice Zundel a écrit des pages émouvantes sur le coeur humain, cet espace où la conscience qui s'éveille accède au sens de sa dignité de son inviolabilité, et qui se révèle, derrière le moi préfabriqué et conditionné qui le recouvre, comme un espace de pur accueil de l'autre, un espace qui ne peut être violé par des principes autoritaires, même divins, mais qui vit de l'ouverture et de la communion à l'Autre, à l'image du Dieu de Pauvreté qui se dépossède perpétuellement de lui-même dans la relation d'offrande qu'entretiennent entre elles les trois Personnes de la Trinité. 

«(...) la Trinité est la délivrance d’un cauchemar où l’humanité se débat quand elle se situe en face d’une divinité dont elle dépend et à laquelle elle est assujettie: pourquoi Lui plutôt que moi? Pourquoi suis-je la créature, et Lui le Créateur? Pourquoi, s’il est mon créateur, m’a-t-il mis dans cette situation de savoir que je suis son esclave? Pourquoi m’a-t-il donné juste assez d’intelligence pour comprendre que je dépends de Lui? Il y a une révolte sourde et implacable qui monte du coeur de l’homme dans cette confrontation de son esprit avec cette espèce de Dieu qui lui apparaît comme le rouleau compresseur de l’esprit! 

Dans l’ouverture du Coeur de Dieu à travers le Coeur du Christ, il y a justement cette manifestation incroyable et merveilleuse que Dieu est Dieu parce qu’il se communique, qu’il est Dieu parce qu’il se donne tout, parce qu’il est la désappropriation infinie et éternelle, parce qu’il a la transparence d’un enfant, une transparence où toute espèce d’appropriation est impossible, où le regard est toujours dirigé vers un l’Autre, où la personnalité, où le moi, n’est qu’un pur et infini altruisme. C’est là la grande confidence qui resplendit dans l’Évangile du Christ! La perle du royaume, c’est que Dieu soit ce Dieu-là! 

Jésus, en nous révélant la Trinité, nous a délivrés de Dieu! Il nous a délivré de ce Dieu cauchemar, extérieur à nous, limite et menace pour nous: il nous a délivrés de ce Dieu-là! Il nous a délivrés de nous-mêmes qui étions nécessairement, et sourdement, même si nous n’osions l’avouer, en révolte contre ce Dieu-là. 

Avec la Trinité, nous entrons dans le monde de la relation. (...) 

Subsister en forme de don, subsister comme une relation à autrui, subsister dans une pure respiration d’amour, nous avons là le Dieu qui transparaît et se révèle personnellement en Jésus Christ.(...) 

Ce qui est justement si pathétique, et ce qui nous rend sensible la différence entre l’Ancien et le Nouveau Testament, et le passage transcendant qu’il faut opérer de l’un à l’autre, c’est que, tandis que dans l’Ancien Testament le péché suprême, le péché originel, c’est de vouloir être comme Dieu, dans le Nouveau, c’est cela même qui est l’unique nécessaire.(...) 

Il s’agit d’être comme Dieu! Et, au fond, cette intuition nietzschéenne, cette volonté d’être Dieu, de ne supporter aucun Dieu en dehors de soi, est l’ébauche d’une vocation authentique. Mais attention! Oui, être comme Dieu, mais après avoir reconnu en Dieu justement la désappropriation infinie, la pauvreté suprême, le dépouillement translucide! 
Si Dieu est ce Dieu-là, s’il est dans notre coeur une attente infinie, être comme Dieu, maintenant cela veut dire nous désapproprier fondamentalement de nous-mêmes pour que notre vie s’accomplisse comme la sienne dans un don sans réserve.»
Maurice Zundel, "Le Problème que nous sommes", Le Sarment, Fayard, 2000, pp 39-42

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : Praedicatho
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 14:33

roses

Bien au-delà de la fête commerciale, fêter les mamans c’est reconnaître cet amour unique et si grand qu’elles savent donner à leurs enfants :

"Aimer"

Aimer malgré la peur et la tristesse, 
Aimer malgré l'absence et le silence, 
Aimer malgré la crainte de l'indifférence, 
Du départ ou de l'abandon...

Aimer dans la confiance, 
Aimer sans dépendance, 
Aimer juste pour être là, autour et alentour, 
Aimer juste pour envelopper de chaleur et de tendresse, 
Comme la coquille d'un œuf, tout près, et pourtant si loin 
Pour ne pas serrer, pour éviter d'étouffer.

Aimer pour être aussi doux que la brise, 
La caresse d'un rayon de soleil, le parfum d'une rose, 
La pluie à la surface de l'étang.

Aimer comme deux mains ouvertes 
Qui laissent éclore la fleur de la vie, 
Sans crisper, sans retenir. 
Aimer au-delà du temps et de l'espace, 
Et le crier à l'univers 
Qui pour toujours en portera la trace.

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : famille - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 15:33

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Trois pièces, trois regards sur l'amour : loin des contes de fée, la complexité de ce sentiment prend toute son ampleur.

Trois pièces radicalement différentes, et un même cri, celui qui jaillit des lèvres de Juliette Binoche dans la pièce de Strindberg : « Dis-moi que tu m’aimes, sinon qu’est-ce que je suis ? » Sans l’amour de l’autre, sans son regard aimant, nous ne sommes rien. Dans Mademoiselle Julie, c’est une quête désespérée qui croise la détresse de Job.

La pièce de Strindberg peut se lire comme le récit de l’impossibilité de sortir de sa condition sociale, mais la mise en scène glaciale de Frédéric Fisbach ne trouve malheureusement pas le ton juste pour faire raisonner ce texte profond.

La même question traverse l’étonnante Voix humaine, de Jean Cocteau. Une fem­me, au téléphone, chez elle, avec l’homme qui l’a quittée. De ce dialogue, nous n’avons que sa voix. Admirablement interprétée par Martine Chevallier, cette femme n’est retenue à la vie que par le fil de cette conversation qu’elle cherche désespérément à prolonger. Il est parti, il s’en va, elle ne veut pas le perdre, sa tentative de le retenir, de le rattraper, est une agonie…le mensonge et la fantaisie L’amour ne serait-il qu’une tragédie, qu’un échec ? Plutôt une assomption, semble répondre Ibsen. Peer Gynt est un chef-d’œuvre qu’il ne faut pas manquer dans la truculente mise en scène qu’en donne Éric Ruf avec la Comédie Française.

Gynt, le héros, fabuleusement porté par Hervé Pierre, est un homme qui va passer sa vie à se chercher. Il s’invente des histoires, se joue la comédie et la sert aux autres, vit dans le mensonge et la fantaisie. Paysan, homme d’affaires, prophète, époux de la fille du roi des Trolls : il ne sait pas, ou feint de ne pas savoir qu’il est aimé, qu’il est attendu… par sa mère d’abord (merveilleuse Catherine Samie), par la douce et pure Solvejg (parfaite Suliane Brahim), ensuite.

Gynt nous emporte dans sa course folle à la re­cherche de lui-mê­me, ne cessant d’emprun­ter des fausses pis­tes, de se bercer de toutes les illusions de ce monde. Retrouvant Solvejg au terme de sa cavalcade, notre héros la supplie : « Peux-tu me dire qui était Peer Gynt, où était Peer Gynt, depuis qu’il est parti ? […] Oui Peer Gynt lui-même, tel que Dieu l’a mis au monde, en tant que vérité. Dis le moi, sinon je vais me diluer dans d’éternelles brumes. » Éblouissante réponse : « Tu étais dans ma foi, dans mon espoir, mon amour… »

Dès lors, la mort absurde est désarmée, la vie est rédimée… Puisque Gynt est aimé, il existe enfin et va pouvoir s’endormir dans les bras de l’aimante. Sa vie, si folle, valait d’être vécue, puisqu’il était aimé.

Peer Gynt, de Henrik Ibsen, mise en scène d’Éric Ruf au Salon d’honneur du Grand Palais (Paris) jusqu’au 14 juin.La Voix humaine, de Jean Cocteau, mise en scène de Marc Paquien au Studio Théâtre (Paris) jusqu’au 3 juin.Mademoiselle Julie, d’Auguste Strindberg, mise en scène de Frédéric Fisbach au Théâtre de l’Odéon (Paris) jusqu’au 24 juin.

 

Jean-François Bouthors

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : jeunes - Communauté : Refaire le Monde
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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 13:40

Jubile Arcabas

En cette veille de la grande fête de la « visitation », dernier jour du mois de mai, le « mois de Marie » quel plus bel éloge à la vie de Dieu en nous, à la tendresse de Dieu, au mystère de « l’incarnation » que la rencontre de ces deux femmes ?

Et si nos vies étaient des « visitations » ?

Je vous propose ce poème de Marie Noël, extrait du « Rosaire des Joies » :

La visitation

La vieille Elisabeth sur sa porte fleurie
File, écoutant des yeux les pas lointains du soir...
Voici par le sentier sa cousine Marie,
Celle de Nazareth, qui monte pour la voir.

 

Voici venir Marie avec sa grand'nouvelle
Ce qui l'autre semaine est en elle arrivé...
Elisabeth la voit et court au devant d'elle
Laissant rouler au vent son fil inachevé.

 

Dieu sait ce qu'elles ont toutes les deux ensemble
De pressant à se dire ! Et pourtant l'entretien
Leur manque tout à coup, la joie en elles tremble,
Leurs mots se sont perdus, elles ne disent rien.

 

Chacune va cherchant en elle une assurance
Avant de confier à l'autre sans délai, 
Tout haut, cette espérance au dessus d'espérance.
Est-ce bien vrai ? ... Mon Dieu ! Si ce n'était pas vrai !

 

Mais soudain le miracle a bougé dans leur âme,
Dans leurs corps ! Le silence autour a chancelé.
Elle la jeune fille, elle la vieille femme,
Tressaillent : leurs petits entre eux se sont parlé.

 

 

C’est impossible, ô Dieu ! C’est une rêverie...
Impossible ! Et pourtant plus vrai que tout, plus vrai
Que le soleil qu’on voit. Et le cœur de Marie
En a chanté comme un buisson au mois de mai.

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : L'Evangile à Hauteur d'Homme
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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 06:47

Vitrail-Jeanne-d-Arc--5-

Le 30 mai 1431, Jeanne d'Arc est brûlée vive à Rouen, sur la place du Vieux-Marché, après un procès inique. Elle est victime de ce que les Anglais voulaient à tout prix la convaincre d'hérésie (et accessoirement de sorcellerie) pour abaisser ainsi le roi Charles VII qu'elle avait diligemment servi.

Son procès, dont on a conservé et publié les minutes, témoignent d'une personnalité d'exception, avec un esprit acéré et une conscience pure.

La Pucelle jugée par l'Église

Capturée au siège de Compiègne, le 23 mai 1430, Jeanne d'Arc est vendue par les Bourguignons aux Anglais, lesquels n'ont qu'une hâte : la faire condamner par un tribunal ecclésiastique afin de déconsidérer le roi Charles VII et rendre le moral à leurs troupes. Celles-ci, il est vrai, ne se montrent plus guère offensives depuis le siège d'Orléans.

Après un passage à la forteresse du Crotoy, au bord de la Manche, Jeanne arrive à Rouen la veille de Noël 1430. Elle est enfermée au château du Bouvreuil, la forteresse de la ville, qui accueille ordinairement des prisonniers hommes. Pour l'occasion, une tour lui est réservée. Elle est placée sous la garde du gouverneur de la ville, Richard de Beauchamp, comte de Warwick. 

Pas moins de quatre ou cinq rustres veillent sur elle nuit et jour. Ont-ils pu tenter de la violer? La chose est peu probable car les gardes, superstitieux, devaient être rebutés à l'idée de toucher une prétendue sorcière.

Le tribunal d'Église qui doit la juger est présidé par Pierre Cauchon, l'évêque de Beauvais, dont dépend Compiègne, le lieu de sa capture.  Cauchon est un théologien respecté de l'Université de Paris, d'environ 60 ans. Il est entré au service du duc de Bourgogne, ce qui lui a valu l'évêché de Beauvais. Désireux de se faire bien voir des Anglais, il arrange le procès en hérésie et pour cela s'adjoint le concours du frère dominicain Jean Le Maître, vicaire de l'inquisiteur en France.


Le procès s'ouvre le 9 février 1431 avec les deux juges et quelques dizaines d'assesseurs. Il est fréquemment suspendu et à plusieurs reprises, le très puissant cardinal de Winchester vient remplacer Cauchon à la tête du tribunal.

Ces ecclésiastiques admettent difficilement que Dieu ait pu s'adresser par-dessus leurs têtes à une fille du peuple. Ils dépêchent des enquêteurs à Domrémy mais les témoignages des habitants sont si favorables à l'accusée qu'ils doivent détruire leur rapport. Ils reprochent à Jeanne d'avoir revêtu des habits d'homme (sic), en contradiction avec un précepte du Deutéronome, d'avoir essayé de se suicider à Beaurevoir (il s'agissait en fait d'une tentative d'évasion) et bien sûr d'avoir eu de fausses visions.

Interrogée par Jean Beaupère, l'un des juges, sur son état de grâce, elle répond : «Si je n'y suis, Dieu m'y mette, si j'y suis, Dieu m'y tienne !»

Les actes du procès témoignent de l'extraordinaire force de caractère de l'inculpée. Ainsi à propos de l'assassinat de Jean sans Peur : «Croyez-vous que votre roi a bien fait de tuer ou faire tuer monseigneur de Bourgogne ? — Ce fut grand dommage pour le royaume de France. Mais quelque chose qu’il y eût entre eux, Dieu m’a envoyée au secours du roi de France.»

Incapable de faire fléchir la jeune fille et pressé d'en finir par le cardinal de Winchester, qui se dispose à quitter Rouen, l'évêque Cauchon précipite la procédure. Il soumet à Jeanne un réquisitoire de douze articles qu'elle récuse en bloc. Il décide alors de lui faire peur.

Le 24 mai 1431 au soir, Jeanne est traînée au cimetière de l'abbatiale de Saint-Ouen où a été préparé un bûcher. Sur une estrade se tient le cardinal de Winchester. Le bourreau est prêt à l'ouvrage. On la menace de torture et on lui montre les instruments. Puis l'évêque Cauchon list l'acte d'accusation par lequel il la livre au bras séculier afin qu'elle soit brûlée (l'Église s'interdit de procéder elle-même à une exécution). Mais il lui fait savoir aussi que, si elle se rétracte et renonce à ses habits d'homme, elle sera confiée à l'Église et échappera à la mort.

Le prédicateur Guillaume Evrard a la maladresse de s'en prendre au roi : «Ton roi est hérétique et schismatique ! — J'ose bien vous dire et vous jurer sur ma vie que c'est le plus noble chrétien de tous les chrétiens, ceui qui aime le mieux la foi et l'Église. Il n'est pas tel que vous le dites», bondit la malheureuse.

Jeanne, épuisée, signe un document par lequel elle accepte de se soumettre à l'Église et de reprendre ses habits de femme. La sentence de mort est commuée en un emprisonnement à vie.

Le bûcher

Jeanne d'Arc revient dans sa cellule au grand mécontentement des Anglais qui auraient voulu une exécution rapide. Les soldats menacent même de s'en prendre aux juges et à l'évêque... Mais quelques jours plus tard, s'étant fait dérober ses vêtements et craignant à juste titre pour sa vertu, elle reprend des habits d'homme, ce qui lui vaut d'être cette fois condamnée au bûcher comme relapse (se dit de quelqu'un qui retombe dans l'hérésie).

Vêtue d'une robe soufrée destinée à la faire brûler plus vite et coiffée d'une mitre sur laquelle sont écrits des mots infâmants, la jeune fille est conduite sur le lieu de son supplice. Détail sordide : le bûcher étant trop élevé, le bourreau Geoffroy Thérage se trouve dans l'impossibilité d'étrangler sa victime avant que les flammes ne l'atteignent, ce qui vaut à Jeanne de périr vive dans de grandes souffrances.

Comme Winchester souhaite un ultime aveu, l'évêque Cauchon s'approche des flammes mais c'est pour s'entendre dire : «Évêque, je meurs par vous ! ». Et dans un dernier défi, elle murmure: «Que j'aie bien fait, que j'aie mal fait, mon Roi n'y est pour rien !...» Un des juges, pris de remords, confiera : «Je voudrais que mon âme fût où je crois qu'est l'âme de cette fille ! »

Après le supplice, le bourreau se voit chargé de jeter les cendres dans la Seine afin d'éviter qu'elles ne deviennent objet de ferveur.

En dépit de cette fin tragique, qui apparaît dans l'instant comme un échec, la détermination de Jeanne d'Arc, soutenue par sa foi, a changé le cours de l'Histoire. Sa foi et sa fougue ont sauvé la dynastie des Valois. Fallait-il voir en elle une sainte catholique ? C'est une autre affaire

André Larané

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : L'Evangile à Hauteur d'Homme
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 20:02

 

Un grand moment de détente et de "saine dérision" : Facebook expliqué par Maria Bodin, vieille paysanne coriace de 87 ans à son benêt de fils Christian !! Les Bodin's et Face de Bouc

 

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : famille - Communauté : Refaire le Monde
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 20:14

  fontaine

 

Jeudi 24 mai 2012 la Conférence des Evêques de France a a nommé Dominique Fontaine, Vicaire Général de la Mission de France, comme nouvel Aumônier Général du Secours Catholique. Il prendra ses fonctions à l’échéance du mandat de l’actuel Aumônier, le Père Jo Rival, le 1er septembre.

Le Père Dominique Fontaine est né le 2 août 1951 à Dombasle-sur-Meurthe, près de Nancy. Entré au séminaire de la Mission de France en 1975 il y est ordonné prêtre le 21 juin 1980.

Le Père Dominique Fontaine a été prêtre ouvrier (chauffeur-livreur, manutentionnaire et fraiseur), et en paroisse à Gennevilliers et Ivry-sur-Seine, aumônier JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne). Ensuite, dans la banlieue lyonnaise, curé de Saint-Fons et Feyzin et aumônier ACO (Action Catholique Ouvrier).

Ce parcours lui a permis de rencontrer de nombreuses personnes en précarité et a développé chez lui un souci particulier de leur présence active dans la liturgie. C’est un aspect important pour sa mission au Secours Catholique ! Le Père Dominique Fontaine a aussi été supérieur du Séminaire de la Mission de France de 1983 à 1988. De 1991 à 2005, il a travaillé à mi-temps au Jour du Seigneur. Enfin en 2006, il a été nommé Vicaire Général de la Mission de France.

Ces dernières années, le Père Dominique Fontaine était très impliqué dans la préparation de Diaconia 2013. De là date sa rencontre avec le Secours Catholique. Mais sa connaissance de l’association vient de plus loin ; de fait, beaucoup de personnes à la Mission de France, prêtres, diacres ou laïcs, sont en lien avec notre association, en étant engagés localement comme bénévole ou même salarié.

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : diocèse - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 19:05

Viens, Esprit Saint,

Viens m'apprendre à me taire,
à faire du silence une prière,

à laisser pousser de l'intérieur
les racines de mon coeur,

à devenir un arbre qui porte des fruits
pour les hommes qui ont faim
d'amour et soif de vie.

Pentecote 

 

Viens, Esprit Saint,

donne-moi le courage
de savoir encore m'arrêter,
pour écouter le murmure
de la Parole de Vie,

loin de la drogue, du bruit,
de la valse des mots ;

fais de moi un arbre solidement planté,
près d'un cours d'eau et qui porte fruit.

 

Viens, Esprit Saint,

enracine-moi dans l'amour du Dieu vivant,
afin qu'à chacune de mes saisons,

dans la fraîcheur du matin
ou la chaleur de midi,
et jusqu'au soir de ma vie,

je reste fécond et florissant.

 

Viens, Esprit Saint,

quand surgissent épreuves et tempêtes,
quand se lève le vent du désert
ou du malheur,

quand surgit la sécheresse du doute
qui inquiète
et que triomphe le ricanement des rieurs,

enracine mon amour aux sources de la foi
et rien ne me déracinera.

 

Viens, Esprit Saint,

apprends-moi à prier,
à prendre racine en profondeur,

à rejoindre les nappes souterraines
de mon coeur,

à écouter ta chanson secrète
qui me poursuit afin que je sache accueillir ton amour

qui gardera vert le feuillage de ma vie.

 

Viens, Esprit Saint,

donne moi la force de creuser
au-delà des couches d'argile,

de dépasser en moi bien des zones stériles,
de contourner patiemment
les cailloux et les pierres,

car la solidité d'un arbre s'enracine
dans l'épaisseur de la terre.

 

Viens, Esprit Saint,

Fais de moi un arbre solide
et de plein vent,
un arbre dont la sève jaillit des racines du coeur ;

les hommes ont tellement besoin
d'arbres vivants et
de leur paix et de leur fraîcheur !

 

Viens Esprit Saint,

fortifie en moi l'homme intérieur,

que, par la foi,
le Christ habite en mon coeur,

enracine-moi en Dieu,
jour après jour,

afin que les fruits de ma vie
aient le goût de Son Amour !

 

Michel Hubaut, Franscicain

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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