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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 15:35

BPM reçoit L’Association d’Entraide aux Migrants. Retrouvez sa présidente Elisabeth Riffault, accompagnée de Denis Chautard, le secrétaire de l’association. L’association a pour but d’aider, d’accompagner les migrants dans leurs démarches de demande de titre de séjour.
 

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 06:43
Il neige à Calais où vivent près de 1000 migrants cachés dans les environs. Crédit : Care4Calais/January 2021

Il neige à Calais où vivent près de 1000 migrants cachés dans les environs. Crédit : Care4Calais/January 2021

En prévision du grand froid attendu dans le nord de la France, l’État a annoncé dimanche l'ouverture de places d’hébergement d’urgence supplémentaires à Calais et à Grande-Synthe. Des solutions jugées insuffisantes et surtout peu accessibles aux migrants, s'inquiètent les associations sur place.
Il neige nuit et jour à Calais et à Grande-Synthe, dans le nord de la France. Dimanche 7 février, l’État a donc décidé d’ouvrir des places d’urgence supplémentaires pour mettre à l’abri les migrants qui vivent dans la rue.
À Grande-Synthe, ce sont 170 places qui ont été débloquées. "Sans attendre, compte-tenu notamment du nombre de personnes migrantes qui stationnent toujours sur le littoral dunkerquois, le préfet a pris la décision de poursuivre et d’amplifier les mises à l’abri. Ce week-end [le 6 et 7 février], 170 places d’hébergement supplémentaires [ont été] proposées et 78 personnes ont d’ores-et-déjà accepté cette mise à l’abri", peut-on lire dans un communiqué de la préfecture du Nord qui insiste en outre sur le fait que ces "décisions d’urgence" ne constituent pas une solution durable". Le préfet incite les migrants à déposer une demande d'asile.
"Les migrants ne veulent pas s'éloigner du littoral"
Sur le terrain, Utopia 56 et l’Auberge des migrants restent sur leurs gardes : "Où se trouvent ces 170 places ?", s’interroge Laure, coordinatrice de l’association Utopia 56 à Grande-Synthe, contactée lundi 8 février par InfoMigrants. "Nous n’arrivons pas à avoir plus d’informations".
Selon elle, l’ouverture de places d’urgence est une bonne chose, à condition qu’elles soient près du littoral. "C’est toujours le même problème : les exilés ne veulent pas s’éloigner de Grande-Synthe et de Dunkerque, puisqu’ils veulent aller en Angleterre" explique-t-elle. "Beaucoup refuse donc des places d’hébergements dans des centres éloignés". Le 115 n’est non plus une solution. "Ils n’ont que 20 places à Dunkerque, c’est donc presque impossible de faire dormir les gens là-bas". Utopia 56 estime que 500 personnes vivent toujours à la rue dans la ville. 
"La situation est désolante", déplore de son côté, Claire Millot, de l'association Salam, qui distribue des repas au bois du Puythouck, à Grande-Synthe.
"On espère qu’il n'y aura pas de drame"
À Calais aussi, des mesures contre la vague de froid ont vu le jour : deux hangars vont rester ouverts jusqu’au 15 février. L’un accueillera les mineurs, l’autre les majeurs. "C’est une bonne chose de les ouvrir, mais y accéder est compliqué : il faut y aller en bus, on ne peut pas se présenter devant", déplore Siloé, coordinatrice d’Utopia 56 à Calais. "Et les bus prennent en charge les migrants entre 16h30 et 18h30 uniquement, il n’y a donc pas de prise en charge le soir et la nuit".
Les autres solutions sont rares : "Notre réseau d’hébergement citoyens est encore assez faible à Calais. Nous appelons chaque soir le 115. Mais c’est toujours la même chose : tous les soirs, il est saturé."
Pour pallier au plus urgent, Utopia 56 organise donc des maraudes anti-hypothermie à Calais et Grande-Synthe. "L’urgence est là. Nous distribuons du bois [pour faire du feu], nous distribuons des chaufferettes, des couvertures de survie", continue Siloé qui estime qu’environ 800 personnes dorment à la rue à Calais. La situation sera particulièrement critique dans la nuit de jeudi à vendredi. "Les températures devraient descendre jusqu’à -6, -7 degrés. On espère qu’il n’y aura pas de drame".

Charlotte Boitiaux 

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 06:13
Le juge des référés du Conseil d'Etat suspend l’interruption décidée par le Gouvernement de la délivrance des visas de regroupement familial

CONSEIL D'ETAT
COMMUNIQUÉ DE PRESSE 

 
Délivrance des visas de regroupement familial :  
le juge des référés suspend l’interruption décidée par le Gouvernement 
 
Saisi par plusieurs associations, le juge des référés du Conseil d’Etat suspend la décision du Gouvernement d’interrompre, en raison de l’épidémie de covid-19, la délivrance de visas de regroupement familial aux conjoints et enfants d’étrangers non-européens résidant en France. Le juge estime que cette décision porte une atteinte disproportionnée au droit à la vie familiale normale et à l’intérêt supérieur de l’enfant. 
 
Dans le cadre de la lutte contre la covid-19, le Premier ministre a décidé, dès le 18 mars 2020, de limiter la circulation sur le territoire national des personnes en provenance de l’étranger. Si, depuis cette date, les conjoints et enfants de citoyens français ou européens peuvent toujours entrer en France pour les rejoindre, les membres de la famille des ressortissants d’autres nationalités résidant en France ne le peuvent plus, sauf à de rares exceptions.  
Saisi par plusieurs associations représentant les étrangers et par des requérants individuels, le juge du référé-suspension du Conseil d’État suspend la décision de ne plus délivrer de visas de regroupement familial pour ces personnes et d’imposer l’obtention d’un laissez-passer.  
Une incidence limitée sur la propagation du virus 
D’une part, le juge des référés relève que le nombre des personnes bénéficiant du regroupement familial équivaut en temps normal à 60 personnes par jour. L’administration n’apporte pas d’élément montrant qu’un tel flux pourrait contribuer de manière significative à une augmentation du risque de propagation de la covid-19, alors que les mesures récemment renforcées de dépistage et d’isolement, pour faire face à l’apparition des nouveaux variants, peuvent être appliquées aux intéressés comme aux personnes bénéficiant déjà d’une dérogation leur permettant d’entrer sur le territoire. 
Une atteinte disproportionnée au droit à la vie familiale normale et à l’intérêt supérieur de l’enfant 
D’autre part, le juge constate que la mesure attaquée porte une atteinte grave au droit à la vie familiale normale de l’ensemble des intéressés et à l’intérêt supérieur des enfants en cause, qui perdure de manière continue depuis plus de dix mois. Pourtant, les personnes en cause sont souvent contraintes, en l’état, de saisir le juge des référés du tribunal administratif de Nantes pour obtenir la régularisation de leur situation. Ainsi, et alors même que le droit de l’Union ne fait pas obstacle à ce que, face à une situation de pandémie, le Premier ministre restreigne provisoirement, par des mesures réglementaires justifiées par des considérations sanitaires, les entrées sur le territoire national, la décision contestée n’est pas proportionnée car elle ne prévoit pas de dérogations pour les bénéficiaires d’un regroupement familial. 
Pour ces raisons, le juge des référés du Conseil d’État en déduit qu’il existe un doute sérieux sur la légalité de la mesure en cause, qui justifie qu’elle soit suspendue. 
Paris le 21 janvier 2021


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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 08:11
Des dizaines de migrants se trouvant sur des embarcations comme celle-ci ont été secourus dans la Manche ces derniers jours. Crédit : Gendarmerie maritime

Des dizaines de migrants se trouvant sur des embarcations comme celle-ci ont été secourus dans la Manche ces derniers jours. Crédit : Gendarmerie maritime

Plus de 9 500 passages ou tentatives de passage de la Manche par des migrants ont été recensés en 2020, a annoncé vendredi la préfecture maritime, soit quatre fois plus qu'en 2019. Ce phénomène s'expliquerait par "de très bonnes conditions météorologiques, l'augmentation du taux de réussite", ou encore par "l'amélioration des méthodes des passeurs", selon un expert.
En 2020, les eaux de la Manche ont été le théâtre de nombreux passages de migrants désireux de rejoindre les côtes britanniques. Plus de 9 500 passages, ou tentatives de passage, de ce détroit ont été recensés au cours de cette année, a annoncé vendredi 8 janvier la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord. C'est quatre fois plus qu'en 2019.
"En 2020, 868 événements liés à des tentatives ou traversées de migrants par voie maritime ont été dénombrés en Manche, impliquant 9 551 migrants", a détaillé à l'AFP cette préfecture, précisant qu'un même migrant pouvait être comptabilisé plusieurs fois s'il tentait à plusieurs reprises le passage.
Six personnes sont mortes et trois sont disparues lors de ces traversées périlleuses, a-t-elle précisé. Quatre décès avaient été déplorés en 2019.
"Bonnes conditions météo, augmentation du taux de réussite, amélioration des méthodes des passeurs…"
Depuis fin 2018, ces traversées ne cessent de se multiplier malgré les mises en garde répétées des autorités soulignant le danger lié à la densité du trafic, aux forts courants et à la faible température de l'eau. En 2019, 203 tentatives ou traversées impliquant 2 294 migrants avaient été recensées. Ce chiffre avait déjà été multiplié par quatre par rapport à l'année 2018. 
Selon François Guennoc, vice-président de l'Auberge des Migrants, l'accentuation de ce phénomène migratoire s'explique par "plusieurs facteurs". Il énumère : "Les très bonnes conditions météorologiques entre début mars et août, l'augmentation du taux de réussite, l'amélioration des méthodes des passeurs notamment avec des départs multiples sur un espace littoral de près de 200 km, la rentabilité de ces pratiques, ainsi que les difficultés croissantes de passer par les camions en raison du perfectionnement du système de repérage aux frontières".
Pour les candidats au passage, "les conditions de survie sur le littoral sont de plus en plus difficiles, avec des évacuations massives et une forte pression policière", a également relevé François Guennoc.
Environ un millier de migrants se trouveraient actuellement entre Calais et Grande-Synthe, selon les associations. À la rue, ils sont exposés à des expulsions quasi-quotidiennes de leurs campements de fortune.

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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 20:13
Véronique Lecouffe, Yvonne Kouamé, Jean-Pierre Hauchard et Bernard Lecouffe. (Photo PN)

Véronique Lecouffe, Yvonne Kouamé, Jean-Pierre Hauchard et Bernard Lecouffe. (Photo PN)

Bihorel. En France, depuis six ans, cette Ivoirienne, mère de deux enfants, vient de recevoir une obligation de quitter le territoire. Ses soutiens multiplient les démarches.
Depuis 2015, des membres de la paroisse Sainte-Marie-des-Nations de Bihorel et des Hauts de Rouen accueillent chez eux des personnes étrangères en mal de logement. C’est ce qu’ont fait en 2016 les époux Lecouffe. Pendant plusieurs semaines, ils ont hébergé Yvonne Kouamé, une Ivoirienne, et ses deux filles. Celle-ci occupe désormais à Darnétal un appartement de l’Œuvre normande des mères (ONM), dont elle paye une partie du loyer. Mais, après avoir demandé la régularisation de sa situation à la préfecture, elle vient de se voir signifier l’obligation de quitter le territoire français.
« Parfaitement intégrée »
Bernard et Véronique Lecouffe, qui l’emploient maintenant comme femme de ménage, ne comprennent pas cette décision. « Yvonne travaille chez plusieurs personnes, notamment comme aide à domicile, expliquent-ils. Elle subvient à ses besoins et est parfaitement intégrée. Elle a fourni plusieurs documents le démontrant. »
Jean-Pierre Hauchard, coordinateur du dispositif « hébergement solidaire » de la paroisse, soutient Yvonne Kouamé dans ses démarches. « Elle a fait sa demande en février 2019, relate-t-il. Elle a reçu une réponse négative un an et demi plus tard, en novembre. »
Cette femme ivoirienne a quitté son pays en 2000, en espérant avoir une vie meilleure en Europe. Elle a vécu avec le père de ses filles à Palerme, en Italie, pendant quatorze ans. À la séparation du couple, elle a rejoint la France légalement après avoir bénéficié d’un permis de séjour en Italie.
Ses fidèles soutiens de la paroisse et l’assistante sociale de l’ONM ont donc contacté Cécile Madeline, avocate coutumière de la défense des personnes s’étant vues signifier une obligation de quitter le territoire. Me Madeline devrait contester cette décision de la préfecture auprès du tribunal administratif de Rouen. Une période d’incertitude s’est ouverte pour Yvonne Kouamé et ses deux filles, scolarisées dans une école et un collège de Darnétal.
La paroisse poursuit, quant à elle, son dispositif d’hébergement qui se veut temporaire et est très sollicité. Son curé, François-Xavier Henry, accueille même actuellement au presbytère un migrant.
INFOS PRATIQUES
Contact : Jean-Pierre Hauchard, coordinateur de l’hébergement solidaire de la paroisse, au 06 22 09 47 86.

Paris Normandie

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26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 17:35
Lors de l’évacuation du campement de migrants sur la place de la République, à Paris, dans la soirée de lundi 23 novembre. MARTIN BUREAU/AFP

Lors de l’évacuation du campement de migrants sur la place de la République, à Paris, dans la soirée de lundi 23 novembre. MARTIN BUREAU/AFP

Mgr Benoist de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris, revient sur la violente évacuation de centaines de migrants lundi 23 novembre, place de la République à Paris.
Entretien :
La Croix : L’évacuation violente de centaines de migrants, qui s’étaient installés place de la République à Paris et conduits jusqu’à la Porte d’Aubervilliers lundi 23 novembre, a choqué. Comment réagissez-vous à cet événement ?
Mgr Benoist de Sinety : Cette violence qui a explosé au cœur de Paris n’est jamais qu’une violence ordinaire qui existe ailleurs, y compris en France. Ce qui est sidérant et spectaculaire est de le voir au cœur de la capitale. Mais il ne faut pas s’imaginer que quand ce n’est pas à Paris ça n’existe pas. Cela a lieu de manière effroyable tous les jours à Calais et ailleurs.

Dire qu’il ne faut pas que ces miséreux restent dans la belle ville de Paris pour ne pas polluer le paysage, dans une véritable chasse aux migrants, c’est insupportable pour ceux à qui on fait subir cela, et aussi pour ceux à qui on demande de jouer ce rôle. Car dans les deux cas, on déshumanise les gens. On ne peut pas reprocher à des policiers leurs débordements quand on leur dit d’y aller « franco ».
Cet événement nous force à considérer que la question des migrants ne peut pas se régler par la violence, à coups de matraque. Car cela participe à une forme de déshumanisation des rapports sociaux. Les migrants ne peuvent pas être les boucs émissaires des incapacités de l’État à régler le problème.
N’y a-t-il pas une forme d’instrumentalisation de la part des associations qui ont poussé ces migrants à s’installer place de la République ?
Mgr B. de S. : Si les associations sont poussées à agir d’une manière que je ne trouve pas correcte, car on ne peut pas instrumentaliser les gens même pour de bonnes fins, c’est qu’elles ne trouvent pas d’autres solutions. C’est cette absence de solution qui pose problème.
L’État doit comprendre qu’il n’est pas omniscient et qu’il doit travailler avec toutes les composantes de la société. En dehors de cette urgence, si on veut réfléchir à la façon d’accompagner ces personnes, y compris de celles qui doivent rentrer chez elle, il faut comprendre que les policiers ne peuvent pas tout faire, du maintien de l’ordre au rôle d’assistants sociaux.

Pour que la loi soit respectée, il faut que les conditions nécessaires soient posées. Il y a d’un côté un travail à faire en amont avec les pays de provenance, sur la question du codéveloppement, de la dégradation des conditions sanitaires et écologiques qui poussent les gens à partir. Et un travail à faire ici, où les bonnes volontés ont du mal à travailler ensemble, car il n’y a pas au niveau de l’État de volonté qu’une synergie se mette en place. La question du logement ne peut pas simplement être réglée par décision préfectorale. Elle doit être coordonnée avec ce que les associations et Églises proposent.
Quelles sont les actions du diocèse de Paris en ce domaine ?
Mgr B. de S. : Nous sommes en train d’étudier comment ces personnes peuvent être accueillies dans des paroisses, des familles. Quelques centaines de migrants sont déjà accompagnés par l’Église à Paris. Mais il faut qu’on puisse être encouragés et soutenus par l’État, qu’un certain nombre de questions bureaucratiques soient simplifiées.
Le problème est que l’État n’a pas suffisamment de logements à proposer à ces personnes alors que la loi l’y oblige. Ainsi, ceux qui pourraient bénéficier de ces logements restent dans les centres de premier accueil, et empêchent ainsi les nouveaux arrivants d’accéder à ces centres. la France est le seul pays où ça se passe de manière si catastrophique.

Clémence Houdaille

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 20:22
Au total, 70 bus doivent acheminer les migrants vers 26 centres d’accueil et gymnases d’Ile-de-France. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Au total, 70 bus doivent acheminer les migrants vers 26 centres d’accueil et gymnases d’Ile-de-France. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Des hommes et femmes s’étaient progressivement installées depuis août dans ce camp situé sous une bretelle d’autoroute. Elles doivent être conduites dans 26 centres d’accueil et gymnases d’Ile-de-France.
Les forces de l’ordre ont entamé, mardi 17 novembre, l’évacuation d’un vaste campement de migrants situé sous une bretelle d’autoroute au pied du Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), où environ 2 800 personnes s’étaient progressivement installées depuis le mois d’août.
Encadrée par un important dispositif policier, l’opération a débuté vers 7 heures. Les personnes évacuées ont pris la direction de 26 centres d’accueil et gymnases d’Ile-de-France. Leur transport suivait toujours son cours en début d’après-midi.
Dès 4 h 30, des migrants attendaient d’être pris en charge dans le cadre de cette opération conjointement menée par la Préfecture de police de Paris, la région Ile-de-France et la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Vers 10 heures, les premiers des 70 bus prévus, remplis d’une cinquantaine de migrants – dont des familles –, sont partis vers des centres, le plus souvent dans le calme, mais parfois dans la confusion. Selon des associations présentes dans le camp, les forces de l’ordre ont aspergé de gaz lacrymogène plusieurs migrants, dont des enfants attendant de monter dans ces bus.
Selon le décompte de l’association France terre d’asile, opératrice de l’Etat, environ 2 400 migrants vivaient la veille encore dans ce camp qui n’a cessé grossir depuis août en dessous de l’autoroute 1 (A1). Une centaine de familles – soit environ 400 personnes – ne vivant pas sur place avaient également rejoint la foule, mardi matin, pour être « mises à l’abri pour quelques jours », a précisé Yann Manzi, cofondateur de l’association Utopia 56.
« Ces camps ne sont pas acceptables, a déclaré à la presse le préfet de police de Paris, Didier Lallement. Cette opération a lieu pour faire en sorte que les personnes en situation régulière soient mises à l’abri et celles en situation irrégulière n’ont pas vocation à rester sur le territoire. » Dans un tweet, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a salué cette opération.
Toutes les personnes prises en charge feront, dans un premier temps, l’objet d’un test de dépistage du Covid-19 au sein de l’un des centres mis en place par l’agence régionale de santé (ARS). Par la suite, elles seront soit isolées en cas de résultat positif, soit « mises à l’abri » dans le cas contraire.
A Saint-Denis, le campement était majoritairement constitué d’hommes seuls, originaires d’Afghanistan pour la plupart, mais aussi du Soudan, d’Ethiopie et de Somalie. Beaucoup sont des demandeurs d’asile, et étaient auparavant passés par d’autres campements en périphérie de Paris, démantelés les uns après les autres. Depuis la crise migratoire de 2015, il s’agit du soixante-cinquième démantèlement de grande ampleur, comptant pour l’une des trois cents opérations dites de « mise à l’abri ».
« Comment ce campement a-t-il pu se développer en plein état d’urgence sanitaire, alors que le respect des gestes barrières y est impossible et que les personnes vivent dans l’insalubrité totale ? », regrette Louis Barda, coordinateur général de Médecins du Monde à Paris.
Alix Geoffroy, chargée du programme Cedre (Centre d’entraide pour les demandeurs d’asile et les réfugiés) mis en place par le Secours catholique, se dit « soulagée » par cette mise à l’abri, mais aussi « inquiète ». Elle souhaite qu’« il y ait une pause de la rue pour ces personnes le temps du confinement », se demandant si « le prochain campement sera […] encore plus éloigné en banlieue – éloigné des douches, des distributions alimentaires et des démarches administratives ».
Début octobre, Médecins sans frontières a publié une enquête analysant le niveau d’exposition au Covid-19 parmi les grands précaires en Ile-de-France. L’étude révèle de fortes disparités selon les types de sites sur lesquels les personnes ont été testées : ainsi, dans les 10 centres d’hébergement où cette dernière intervient, le taux de positivité atteint 50,5 %, contre 27,8 % sur les sites de distribution alimentaire et 88,7 % dans les deux foyers de travailleurs migrants. L’étude révèle ainsi que les raisons principales à cette surcontamination sont la « promiscuité et les conditions d’hébergement, qui ont généré des clusters ». Il y a ainsi fort à craindre au sein des gymnases dans lesquels les occupants du camp démantelé vont être mis à l’abri.
Dans un communiqué publié ce mardi, une trentaine d’associations et collectifs tels que la Cimade ou Solidarité Migrants Wilson dénoncent le « cycle sans fin et destructeur » des évacuations.

Le Monde avec AFP

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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 06:21
Adriana et Frédéric aident Sekou et Bakari à trouver un logement pour poursuivre leur formation de cuisinier. #PRESSE30

Adriana et Frédéric aident Sekou et Bakari à trouver un logement pour poursuivre leur formation de cuisinier. #PRESSE30

À leur majorité, les migrants se retrouvent dans l’incapacité de se loger. Welcome Rouen Métropole lance une campagne de financement participatif pour payer le premier loyer ou encore la caution.
 Ils sont des centaines de jeunes migrants mineurs à arriver à Rouen depuis plusieurs années. Rapidement pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance (ASE), ils sont scolarisés, suivis par un éducateur et logés. « 80 % sont des Guinéens. On ne l'explique pas directement, mais nous savons que ce sont des warriors. Ils ont survécu à tout : plusieurs traversées de la Méditerranée ou encore l'esclavage. Ils ont des parcours incroyables, souvent pour des raisons culturelles ou économiques », explique Adriana Machado Masse de Welcome Rouen Métropole.
Cette association aux 300 adhérents se charge de donner un toit « à ceux qui cherchent refuge en France ». « Nous avons trois pôles, dit-elle : à domicile, dans des appartements que nous louons ou dans des maisons partagées mises en disposition par la ville de Rouen. Notre but est d'emmener les migrants vers l'autonomie ».

À l'âge de 18 ans, tout se complique
Seulement, dès leur majorité, ces jeunes hommes, qu'ils soient apprentis salariés, scolarisés en CFA ou sans emploi « se retrouvent dans l'incapacité de se loger et de poursuivre leurs études, car pour cela il faut une carte de séjour. La préfecture tarde de plus en plus à les délivrer. Cela peut prendre plusieurs mois voire une année pour certains d'entre eux. Sans ce titre, pas de droits à l'APL, pas de garants sociaux, ni d'accès aux foyers de jeunes travailleurs. Ils sont dans la rue. C'est une véritable injustice. La loi devrait leur permettre d'avoir les mêmes droits que tous », estime la bénévole.

Une cagnotte pour payer le loyer
Alors, pour répondre à cette demande de plus en plus croissante Welcome Rouen Métropole a monté une campagne de financement participatif grâce au projet « Les Petites Pierres ». Nous voulons récolter 10 000 € en 90 jours qui seront doublés par une fondation. Cela permettra d'aider dans un premier temps cinquante jeunes à payer leur premier loyer ou encore la caution. C'est une goutte d'eau, mais nous ne pouvons pas ignorer la situation. Ils veulent s'intégrer et les Normands doivent montrer leur solidarité, assure Adriana Machado Masse. L'épidémie complique la situation, il est difficile de faire un bilan mais la situation continue d'être dramatique pour ces jeunes. »

Frédéric Durand

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 07:07
Journée mondiale du migrant et du réfugié 2020

La 106ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié (JMMR) sera célébrée dimanche 27 septembre 2020. Le Saint-Père a choisi comme titre de son traditionnel message : « Contraints de fuir comme Jésus-Christ : Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les déplacés internes ». Ce Message se concentrera sur la pastorale des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et dont le nombre s’élève aujourd’hui à plus de 41 millions dans le monde.
Comme le titre le met en évidence, la réflexion partira de l’expérience de l’Enfant Jésus et de ses parents, à la fois déplacés et réfugiés. Cette expérience fournit une base christologique spécifique de l’accueil chrétien et de l’hospitalité.
Au cours des mois qui viennent, le thème principal sera développé en six thèmes secondaires, explicités par autant de verbes associés : connaître pour comprendre / s’approcher pour servir / écouter pour réconcilier / partager pour grandir / impliquer pour promouvoir / collaborer pour construire.
Cette année encore, la Section Migrants et Réfugiés du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral va soutenir et préparer cette Journée et lancera prochainement une campagne de communication. Chaque mois, des réflexions seront proposées, ainsi que du matériel d’information et des instruments multimédias, utiles pour approfondir le thème choisi par le Saint-Père.

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15 septembre 2020 2 15 /09 /septembre /2020 12:53
A Lesbos, après les flammes

L'incendie du camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos a laissé sans abri des milliers de réfugiés, qui tentent désormais de s'organiser le long d'une route menant à la zone industrielle de Mytilène.
Mathias Benguigui

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A Lesbos, après les flammesA Lesbos, après les flammesA Lesbos, après les flammes
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