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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 16:06
Des migrants sont installés dans un centre de "préaccueil" à Cergy-Pontoise, en région parisienne, le 12 octobre 2017 Photo Lionel BONAVENTURE. AFP

Des migrants sont installés dans un centre de "préaccueil" à Cergy-Pontoise, en région parisienne, le 12 octobre 2017 Photo Lionel BONAVENTURE. AFP

Le premier centre de «préaccueil» d’Ile-de-France, chargé d’orienter les migrants en fonction de leur droit au séjour, a ouvert jeudi à Cergy-Pontoise (Val d’Oise) avec une cinquantaine de personnes hébergées dans l’ancienne patinoire, alors que le centre humanitaire parisien est saturé.

«Cinquante personnes sont arrivées ce matin» dans cette structure d’une capacité de 200 places maximum, a déclaré le préfet du Val d’Oise, Jean-Yves Latournerie, lors d’un point-presse. A midi des hommes dormaient sur les lits picots installés sur la piste tandis que d’autres prenaient leur déjeuner dans le réfectoire aménagé dans l’ancienne cafétéria.

Le préfet d’Ile-de-France, Michel Cadot, avait annoncé le 25 septembre l’ouverture prochaine d’un «lieu de préorientation» en Ile-de-France, suivi, «sans doute au début de la période hivernale, d’un deuxième centre dans Paris».

Il s’agit de «mettre à l’abri les personnes qui sont dans la rue», et pour cela des «maraudes renforcées» ont été mises en place dans la capitale, a indiqué M. Latournerie.

Au cours de leur séjour d'«une dizaine de jours» dans ce centre géré par l’association Espérer 95, les personnes seront accueillies avec «un bilan social, sanitaire, de situation...» mené notamment par la Croix-Rouge, a ajouté le préfet.

Mais à ce dispositif «d’accueil inconditionnel» s’ajoute «un début d’instruction de la demande d’asile», qui aura lieu dans les bâtiments de la préfecture voisine, en collaboration avec l’Office français d’immigration et d’intégration (Ofii).

«La nouveauté est que l’on intègre les deux démarches: la mise à l’abri et le traitement de la situation administrative», a souligné M. Latournerie.

C’est une différence majeure avec le centre humanitaire parisien, ouvert porte de La Chapelle à l’intention des «primo-arrivants», et qui est engorgé. Et cette nouveauté est d’avance dénoncée par les associations qui redoutent un «centre de tri». «Vous pouvez l’appeler comme cela mais ce n’est pas le bon terme», a assuré M. Latournerie.

Après l’examen de leur situation administrative, les migrants seront «répartis en fonction de leur situation dans des centres d’accueil dédiés» selon qu’ils sont «primo-arrivants», déjà demandeurs d’asile, etc. Ces centres pourront être «sur tout le territoire national».

Les «dublinés», c’est-à-dire les migrants déjà enregistrés dans un autre pays européen, «resteront en Ile-de-France», a toutefois indiqué le responsable de l’Ofii du Val d’Oise, Pascal Mertz.

Aux termes des procédure européennes, les migrants ont «obligation de repartir rapidement vers le pays où ils ont déposé leur demande d’asile», avait souligné le préfet de région, Michel Cadot, fin septembre.

AFP

 

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 19:46
Vibrant plaidoyer de Jean-Marie Gustave Le Clézio sur le plateau de Radio France pour l’accueil des migrants

Jean-Marie Gustave Le Clézio était l’invité spécial dans la matinale d'Inter jeudi 8 octobre 2017 : successivement invité de Nicolas Demorand à 8h20 et d'Augustin Trapenard dans son magazine culturel, Boomerang, à 9h10.

Augustin Trapenard lui a donné carte blanche quelques minutes pour lire un texte… L'écrivain a lu à l'antenne un texte inédit.

Un texte inédit de Jean-Marie Le Clézio

« La vérité, c'est que chaque drame de la migration en provenance des pays pauvres pose la question qui s'est posée jadis aux habitants de Roquebillière, lorsqu'ils ont offert l'asile à ma mère et à ses enfants : la question de la responsabilité.

Dans le monde contemporain, l'histoire ne répartit plus les populations entre factions guerrières. Elle met d'un côté ceux qui, par le hasard de leur situation géographique, par leur puissance économique acquise au long des siècles, par leur expériences, connaissent les bienfaits de la paix et de la prospérité. Et de l'autre, les peuples qui sont en manque de tout, mais surtout de démocratie.

La responsabilité, ce n'est pas une vague notion philosophique, c'est une réalité.

Car les situations que fuient ces déshérités, ce sont les nations riches qui les ont créées. Par la conquête violente des colonies, puis après l'indépendance, en soutenant les tyrannies, et enfin aux temps contemporains, en fomentant des guerres à outrances dans lesquelles la vie des uns ne vaut rien, quand la vie des autres est un précieux trésor.

Bombardements, frappes ciblées depuis le ciel, blocus économiques, tous les moyens ont été mis en oeuvre par les nations puissantes pour vaincre les ennemis qu'elles ont identifiées. Et qu'importe s'il y a des victimes collatérales, des erreurs de tirs, qu'importe si les frontières ont été tracées à coups de sabre par la colonisation sans tenir compte des réalités humaines.

La migration n'est pas, pour ceux qui l'entreprennent, une croisière en quête d'exotisme, ni même le leurre d'une vie de luxe dans nos banlieues de Paris ou de Californie. C'est une fuite de gens apeurés, harassés, en danger de mort dans leur propre pays.

Pouvons-nous les ignorer, détourner notre regard ?

Accepter qu'ils soient refoulés comme indésirables, comme si le malheur était un crime et la pauvreté une maladie ?

On entend souvent dire que ces situations sont inextricables, inévitables. que nous, les nantis, ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. Qu'il faut bien des frontières pour nous protéger, que nous sommes sous la menace d'une invasion, comme s'il s'agissait de hordes barbares montant à l’assaut de nos quartiers, de nos coffre-forts, de nos vierges.

Quand bien même nous ne garderions que l'argument sécuritaire, n'est-il pas évident que nos murs, nos barbelés, nos miradors sont des protections illusoires ?

Si nous ne pouvons accueillir celles et ceux qui en ont besoin, si nous ne pouvons accéder à leur demande par charité ou par humanisme, ne pouvons-nous au moins le faire par raison, comme le dit la grande Aïcha Ech Chenna qui vient en aide aux enfants abandonnés du Maroc : "Donnez, car si vous ne le faites pas, un jour ces enfants viendront vous demander des comptes".

L'histoire récente du monde nous met devant deux principes contradictoires mais non pas irréconciliables.

D'une part, l'espoir que nous avons de créer un jour un lieu commun à toute l’humanité. Un lieu où régnerait une constitution universelle et souvenons-nous que la première constitution affirmant l'égalité de tous les humains, fut écrite non pas en Grèce, ni dans la France des Lumières, mais en Afrique dans le Royaume du Mali d'avant la conquête.

Et d'autre part, la consolidation des barrières préventives contre guerres, épidémies et révolutions.

Entre ces deux extrêmes, la condition de migrants nous rappelle à une modestie plus réaliste. Elle nous remet en mémoire l'histoire déjà ancienne des conflits inégaux entre pays riche et pays sous équipé c'est le maréchal Mobutu qui, s'adressant aux Etats-Unis proposa une vraie échelle de valeur établie non pas sur le critère de la puissance économique ou militaire d'un pays mais sur sa capacité au partage des richesses et des services afin que soit banni le mot de "sous-développement" et qu'il soit remplacé par celui de "sous-équipement".

Nous nous sommes habitués progressivement, depuis les guerres d'indépendances, à ce que des centaines de milliers d'être humains, en Afrique, au Proche Orient, en Amérique latine, naissent, vivent et meurent dans des villes de toiles et de tôles, en marge des pays prospères. Aujourd’hui avec l’aggravation de ces conflits, et la sous-alimentation dans les pays déshérités, on découvre que ces gens ne peuvent plus être confinés. Qu'il traversent forêts, déserts et mers pour tenter d'échapper à leur fatalité.

Ils frappent à notre porte, ils demandent à être reçus.

Comment pouvons-nous les renvoyer à la mort ?

Dans son beau livre, le docteur Pietro Bartolo cite cette phrase de Martin Luther King, qui n'a jamais sonné aussi vraie : « Nous avons appris à voler comme des oiseaux et à nager comme des poissons, mais nous n'avons pas appris l'art tout simple de vivre ensemble comme des frères ».

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 20:12
Un migrant sur le trottoir dans le quartier de la Porte de la Chapelle, à Paris, le 29 juin 2017 / AFP/Archives

Un migrant sur le trottoir dans le quartier de la Porte de la Chapelle, à Paris, le 29 juin 2017 / AFP/Archives

Des centres de pré-orientation pour rationaliser l'accueil des migrants: ce dispositif, censé répondre à l'engorgement des structures à Paris, fait grincer des dents parmi les associations, qui redoutent un "centre de tri", et chez certains élus.

QUEL EST LE DISPOSITIF PREVU?

Le préfet d'Ile-de-France Michel Cadot a annoncé lundi l'ouverture de plusieurs "lieux de pré-orientation" à destination des migrants qui errent dans les rues de Paris.

Un premier "sas", d'une capacité de 200 à 250 places, ouvrira "pour le 1er octobre", selon M. Cadot, qui n'a pas précisé le lieu exact. Mais selon des sources proches du dossier il s'agirait de Cergy (Val-d'Oise).

Un deuxième centre devrait ouvrir à Paris intramuros dans les prochaines semaines, puis un troisième dans un département francilien. A terme, il y aura "un centre par département" en Ile-de-France, soit six au total, précise-t-on à la préfecture.

Grâce à des maraudes, les migrants seront amenés vers ces "sas" où leur situation administrative sera examinée, avec une répartition rapide ensuite vers des centres d'hébergement distincts selon qu'ils sont demandeurs d'asile, primo-arrivants, réfugiés...

Quant aux "dublinés" (ces migrants enregistrés ailleurs en Europe et qui ont "obligation de repartir rapidement" vers ce pays" selon le préfet), ils seront orientés vers des structures ad hoc (un millier de places ont été créées pour eux cet été en Ile-de-France).

L'initiative ne fait pas que des heureux: même si la décision vient de l'Etat, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a assuré que "ce n'est pas aux départements de la banlieue de subir les nuisances que Paris ne veut pas subir".

POURQUOI AGIR MAINTENANT?

Après trente-cinq évacuations en deux ans, il faut trouver une solution à l'errance chronique des migrants à Paris, où le centre humanitaire, unique en son genre, sature. "Il y a un millier de migrants dehors", assure François Sivignon de Médecins du Monde.

Mais la préfecture veut surtout répondre au double engagement d'Emmanuel Macron: n'avoir "plus personne à la rue" d'ici la fin de l'année, et procéder au traitement des dossiers de migrants "dès la première minute".

Cela suppose, pour les pouvoirs publics, de régler plusieurs points: ne plus surcharger un dispositif d'hébergement déjà enkysté, rationaliser la procédure d'examen des situations administratives qui ne va pas toujours à son terme à Paris, et enfin accélérer le transfert des "dublinés" -- le taux plafonnait à 10% l'an dernier.

Avec le nouveau dispositif, "les personnes sont davantage regroupées selon la nature de leur dossier", d'où une capacité à "mieux piloter la durée d'hébergement", a fait valoir M. Cadot.

Mais les associations dénoncent des "centres de tri", avec des conséquences claires pour les migrants: "Il y a une volonté d'accélérer la procédure d'asile pour mieux accélérer les renvois", estime Françoise Sivignon.

S'AGIT-IL DE DUPLIQUER LE CENTRE HUMANITAIRE PARISIEN?

Ouvrir des centres ailleurs en province est une demande récurrente des associations et de la maire de Paris Anne Hidalgo.

Comme le centre humanitaire, les "sas" de pré-orientation proposeront un accueil inconditionnel, de courte durée, avant une réorientation rapide.

En revanche "on ne sait pas qui gérera, s'il y aura comme à Paris un dispositif de santé, quelle sera la place des associations..." ajoute Mme Sivignon.

Mais la grande différence vient de l'examen de la situation administrative -- en ce sens, on est plutôt sur le modèle de deux nouvelles structures ouvertes dans le nord de la France cet été (centres d'accueil et d'examen des situations, CAES).

Or dans ces centres le "taux d'évaporation" atteint 50%, assure Jean-Claude-Mas de la Cimade, qui prévient: "si les gens se rendent compte qu'on contrôle, ils n'iront pas, ou il s'échapperont". Avec un retour à la rue.

Autre condition de succès, "ces centres ne peuvent être limités à la région parisienne", estime Pierre Henry de France terre d'asile, qui plaide pour une ouverture sur la route des migrants, notamment dans le couloir rhodanien.

afp

 

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 10:40
"Les gens y sont tout simplement traités comme des marchandises prêtes à être exploitées." - © MAHMUD TURKIA - AFP

"Les gens y sont tout simplement traités comme des marchandises prêtes à être exploitées." - © MAHMUD TURKIA - AFP

L'ONG Médecins sans Frontières (MSF) fustige, dans une lettre ouverte aux gouvernements européens, publiée jeudi, les mauvais traitements infligés en Libye aux migrants tentant de traverser la Méditerranée, et s'élève contre la politique migratoire de l'Union européenne, accusée d'"alimenter un système criminel". Sandro Calderon a rencontré la présidente de MSF international. 

Johanne Liu revient de Libye, pays plongé dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi il y a six ans. Elle dénonce les conditions de détention des migrants et des réfugiés interceptés lors de leur exil vers l'Europe: "Des gens par dizaines sont parqués dans des salles avec peu de lumière, peu de ventilation et ils attendent. Ils ne sont pas assez nourris. Ils n’ont pas un accès suffisant à l’eau. Ils sont également exposés à de la violence gratuite. Il y a régulièrement des punitions publiques, des histoires comme une personne battue publiquement ou une femme enceinte emmenée dans un endroit où l'on sait qu’elle va être victime de violences sexuelles."

Ces violences décrites par Joanne Liu se déroulent dans les centres de détention officiels. Ils sont gérés par les autorités de Tripoli et les équipes de Médecins sans Frontières y ont accès. D'autres centres de détentions sont eux sous le contrôle de milices. On peut craindre que des exactions plus graves encore y soient commises.

Les Européens complices des violences?

Joanne Liu accuse dans une lettre ouverte envoyée aujourd’hui aux dirigeants européens "les gouvernements d'alimenter les business de la souffrance en Libye". Elle y dénonce en particulier le financement par l’Europe des garde-côtes libyens pour qu'ils empêchent les bateaux des passeurs de quitter les eaux libyennes. Hier, Dimitris Avramopoulos, le commissaire en charge des migrations, se félicitait d'ailleurs de la baisse du nombre de migrants arrivés en Italie ces dernières semaines. La présidente de Médecins sans Frontières a régi dans sa lettre: "un tel 'succès' prouve, au mieux, une hypocrisie, au pire, une complicité cynique dans la tentative de réduire l'être humain à l'état de marchandise aux mains des trafiquants."

Joanne Liu demande aux Européens de "garantir des voies sûres et légales" pour entrer en Europe. Et dans l'immédiat, elle réclame, au moins, d'arrêter les retours pour la Libye: "J’espère que les gens vont comprendre que le coût de ne pas voir des migrants arrivés sur leurs plages, ça a un coût humain". Le problème? L'Union européenne voit dans ces retours de migrants un moyen de sauver des vies. On est donc face à deux visions opposées de la crise migratoire qui se déroule actuellement dans la Méditerranée.

AFP

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 20:17
Migrants : message de Monseigneur Colomb pour les deux ans de l’appel du Pape à accueillir des migrants

Monseigneur Georges Colomb, évêque de La Rochelle et de Saintes, responsable de la pastorale des migrants pour la Conférence des évêques de France témoigne deux ans après l’appel du Pape François à accueillir des réfugiés dans « chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère et sanctuaire. »

Rappelons-nous ! Le 6 septembre 2015, le Pape François appelait « chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère et sanctuaire de toute l’Europe à accueillir une famille de réfugiés, à commencer par le diocèse de Rome». L’Écriture nous engage « persévérez dans l’amour fraternel, n’oubliez pas l’hospitalité, car c’est grâce à elle que quelques-uns, à leur insu, hébergèrent des anges ». Hébreux 13,3.

L’Église exprime depuis longtemps sa sollicitude envers les migrants et les réfugiés, mais cet appel du Pape a donné une nouvelle ampleur à son engagement, et de nouveaux groupes se sont mobilisés pour faire vivre une « culture de la rencontre » qui s’oppose à l’indifférence et refuse l’impuissance.

Le deuxième anniversaire de cet appel est une bonne occasion de présenter quelques-unes des initiatives ecclésiales concernant les migrants dans différents lieux de notre pays. Elles sont le reflet de centaines, voire de milliers d’autres actions, dans les grandes villes comme à la campagne dans de petits villages. Des communautés chrétiennes se sont engagées en mettant en commun leurs intuitions, leurs moyens, des chrétiens isolés et des hommes de bonne volonté en ont fait autant.

Accueillir, promouvoir, protéger, intégrer..

La diversité de ces témoignages montre bien que l’accueil est seulement le premier pas dans un processus plus large. Il s’agit « d’accueillir », mais aussi de « protéger, promouvoir et intégrer les migrants et les réfugiés », comme le rappelle le message du Pape pour la prochaine Journée mondiale du migrant et du réfugié, publié le 21 août dernier. En beaucoup d’endroits, les initiatives mises en place ont permis aux migrants d’avoir un toit et de se sentir enfin en sécurité. Les propos d’un père de famille syrien l’attestent « C’est la première fois depuis sept ans que nous pouvons dormir sans peur ». La mobilisation pour un hébergement et des conditions de vie dignes s’est accompagnée de l’organisation de cours de français, de la scolarisation des enfants, de liens établis avec les clubs de sport, de soirées conviviales ou encore de sorties culturelles pour connaître la région d’accueil et se familiariser avec sa culture. Ces initiatives et de nombreuses autres intuitions ont créé un lien social parmi  les autochtones, notamment dans le monde rural, en réunissant autour d’un même projet des personnes qui ne se côtoyaient pas forcément dans la vie quotidienne. Cette solidarité envers les Migrants a bien sûr suscité un esprit de vie fraternelle entre autochtones et étrangers accueillis. De nombreuses actions ont montré l’intérêt et les bienfaits des petits projets, initiés par quelques personnes pour un petit nombre de réfugiés accueillis. Ces microprojets ont  favorisé  une rencontre significative  entre les personnes au plan humain et parfois au plan spirituel.

Un nouvel ordre international fondé, non sur la conquête, mais sur la charité !

L’Église s’est mobilisée pour tous les migrants, quelle que soit leur religion. Parmi ces frères et sœurs accueillis,  les chrétiens représentent une minorité, mais une minorité riche de ses particularités, non seulement ethniques, linguistiques, mais aussi rituelles,  car la plupart des migrants chrétiens appartiennent  à d’autres confessions ou sont des catholiques de rite melkite, maronite… C’est une chance pour notre Église en France, car les chrétiens qui ont grandi dans d’autres cultures que la nôtre apportent leur contribution à notre annonce de l’Évangile (cf. Joie de l’Evangile, N° 116).

Quant à nos frères et sœurs d’autres religions, notamment les  musulmans, notons qu’ils se dirigent vers l’Europe, continent héritier de la tradition chrétienne.  Ce phénomène migratoire dont les principales causes sont la pauvreté et la guerre constitue bien sûr un grand défi pour notre Église aujourd’hui. Ne manquons pas le rendez-vous de la charité tout en respectant le travail de nos partenaires de la société civile et de l’état. Ne minimisons pas les difficultés que cela représente pour nos gouvernants et  gardons-nous de donner des leçons de morale. Toutes ces initiatives ont permis que l’accueil et la rencontre tracent un chemin pour avancer ensemble dans une diversité réconciliée. La dignité de chaque personne et la richesse de chaque culture sont reconnues.

Dans « Politique et société » (entretien avec Dominique Wolton), le pape François croit que l’Europe est capable d’intégrer les personnes accueillies. Il nous rappelle que, au plan existentiel, du fait de notre foi, nous sommes tous des migrants et que avant le droit d’émigrer, il y a le droit de ne pas émigrer dont parlait le pape émérite Benoît XVI. Pour cela, il faut trouver dans les pays de migration des sources de création d’emploi et savoir y investir. Le pape l’a répété aux nations Unies et au Conseil de l’Europe.

Le phénomène migratoire d’une grande ampleur auquel nous assistons de nos jours donne une mission à l’Europe qui a déjà relevé tant de défis. Le pape parle de sa situation démographique catastrophique et nous avertit « l’Europe peut perdre le sens de sa culture, de sa tradition. Pensons que c’est le seul continent à nous avoir donné une aussi grande richesse culturelle. L’Europe se retrouvera en retournant à ses racines et en cessant d’avoir peur de devenir l’Europe mère».  Ainsi le phénomène  migratoire invite l’Europe à la grandeur d’âme. Relevons le défi que l’ordre international demain repose non sur la conquête mais sur la charité !

+ Georges Colomb

Évêque de la Rochelle et Saintes

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 18:18
Un enfant migrant dans le village de Breil-sur-Roya dans le sud de la France, le 25 octobre 2016 / AFP/Archives

Un enfant migrant dans le village de Breil-sur-Roya dans le sud de la France, le 25 octobre 2016 / AFP/Archives

Le tribunal administratif de Nice a condamné lundi pour la deuxième fois en moins de six mois le préfet des Alpes-Maritimes pour violation du droit d'asile, après avoir examiné le cas de trois Soudanais interpellés alors qu'ils se rendaient à Nice formaliser leur demande.

Ces trois hommes, Bakhid A., Alhadi M. et Kamal B., étaient hébergés chez Cédric Herrou, figure de l'association de défense Roya citoyenne à la frontière franco-italienne.

L'association avait envoyé un courriel à la gendarmerie et au préfet pour indiquer qu'ils comptaient se rendre à à Nice pour formaliser leur demande d'asile.

Or, une fois à la gare de Breil-sur-Roya le 22 août, ils avaient été emmenés pour vérification au poste de Menton et immédiatement remis aux autorités italiennes. Roya Citoyenne avait filmé et mis en ligne une vidéo de ce nouvel épisode de la guerre que se livrent les militants associatifs et les pouvoirs publics sur la question de l'accueil des migrants.

Dans trois ordonnances rendues en référé lundi, le juge administratif niçois conclut identiquement pour les trois hommes que "l'administration porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile". Il enjoint à la préfecture d'enregistrer leurs demandes d'asile respectives sous trois jours.

Le préfet "respectera, sur cette affaire, l'autorité de la chose jugée", a-t-il annoncé dans un communiqué.

La préfecture des Alpes-Maritimes a aussi estimé que "l’expression +condamné+ est utilisée abusivement". "Formellement, ce n'est pas une condamnation de la personne du préfet, c'est une décision du préfet qui est annulée", a ajouté la préfecture par téléphone à l'AFP. Par définition, le tribunal administratif ne juge pas les personnes mais les actes de l'administration.

Le 31 mars, la préfecture avait déjà été condamnée pour le renvoi expéditif d'une famille érythréenne.

Un protocole de fait avait alors été mis en place avec la préfecture pour permettre à Roya Citoyenne d'accompagner en toute transparence les demandeurs d'asile arrivant dans la propriété de Cédric Herrou, qui se situe à quelques kilomètres de la frontière italienne.

Parallèlement les contrôles avaient été sévèrement renforcés dans toute la vallée, sur les routes et sur les sentiers, ce qui n'est pas dissuasif pour les migrants qui ont fui l'instabilité dans leur pays et se pressent depuis trois ans à Vintimille, souvent via la Libye.

A l'audience, en compagnie de nombreux autres militants, Cédric Herrou avait exprimé son souhait de voir le préfet de nouveau condamné : "Nous avons gagné !", a-t-il exulté lundi dans un communiqué.

Condamné récemment en appel à quatre mois de prison avec sursis, Cédric Herrou est par ailleurs mis en examen pour transport de personnes en situation irrégulière. Il avait été arrêté en gare de Cannes avec 156 migrants qu'il accompagnait à Marseille demander l'asile.

afp

 

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 06:24
La Grande Mosquée de Paris. | Photo EPA

La Grande Mosquée de Paris. | Photo EPA

Une étude allemande, réalisée par l’institut Bertelsmann, souligne de "vrais progrès" dans l’intégration des immigrés musulmans en Europe.

L’intégration des immigrés de confession musulmane fait de « vrais progrès » en Allemagne, France, Royaume-Uni, Suisse et Autriche, malgré les obstacles dans l’éducation et l’accès à l’emploi, selon une étude de l’institut allemand Bertelsmann.

« À la seconde génération au plus tard, la majorité (des immigrés musulmans) a intégré la société générale », a souligné la Bertelsmann Stiftung dans un communiqué publié à l’occasion de la parution jeudi d’un « Moniteur de la religion » (1 000 personnes représentant la population, ainsi que 500 se disant musulmanes, interrogées dans chacun des pays étudiés).

5 % de la population en Europe de l’Ouest

L’institut a retenu plusieurs indicateurs d’intégration pour les musulmans - qui représentent environ 5 % de la population en Europe de l’Ouest, selon l’étude - comme le niveau d’éducation, l’emploi et la rémunération, le lien exprimé avec le pays d’accueil ou encore le temps libre passé avec des non musulmans.

« Cette intégration couronnée de succès est d’autant plus notable qu’aucun de ces cinq pays n’offre des moyens structurels adéquats permettant une participation (à la société) et que les musulmans sont confrontés à un rejet ouvert de la part d’environ un cinquième de la population », souligne l’institut Bertelsmann.

« Connectés » avec leur pays d’accueil

L’étude affirme qu’à la seconde génération, 67 % des descendants d’immigrés se disant de confession musulmane poursuivent leurs études au-delà du lycée (17 ans). Ils se disent très majoritairement « connectés » avec leur pays d’accueil (96 % en France et en Allemagne) même si dans certains pays, les expressions de rejet peuvent être fortes.

Ainsi, 28 % des personnes interrogées en Autriche disent ne pas vouloir de voisins musulmans. Ils sont 21 % au Royaume-Uni, 19 % en Allemagne, 17 % en Suisse et 14 % en France, et les taux de rejet sont bien moindres si on les interroge sur l’éventualité d’avoir des voisins « homosexuels » ou « d’une couleur de peau différente ».

Une rémunération inférieure

Si la France est saluée pour le faible taux d’interruption de scolarité après 17 ans (11 %, contre 36 % en Allemagne), elle est en revanche épinglée pour la « discrimination sur le marché du travail ». Celle-ci se traduit par un taux de chômage de 14 % pour les immigrés de confession musulmane, contre 8 % dans l’échantillon représentatif de la population.

La situation est quasiment inversée en Allemagne, avec une orientation jugée trop précoce des élèves vers la scolarisation professionnelle (64 % seulement des immigrés musulmans a poursuivi l’école après 17 ans) ce qui « tend à perpétuer les désavantages liés à l’origine ». En revanche, « la capacité d’absorption du marché du travail est relativement bonne et les barrières d’accès pour les migrants relativement basses », d’où un taux de chômage de 5 % chez les immigrés de confession musulmane (contre 7 % dans la population totale).

Dans tous les cas, leurs niveaux de rémunération restent inférieurs à la moyenne.

Les « musulmans pratiquants » affichant leur foi sont confrontés à des discriminations plus fortes encore, tant au niveau du taux de chômage que de la rémunération, selon l’institut Bertelsmann. Il plaide pour que les pays étudiés encouragent la diversité en accordant à l’islam « le même statut légal que d’autres groupes religieux institutionnels » et promouvant « les contacts interculturels et interreligieux ».

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 07:34
Dans un camp de fortune du district d'Amuru, au nord de l'Ouganda, le 16 juillet 2016 / AFP/Archives

Dans un camp de fortune du district d'Amuru, au nord de l'Ouganda, le 16 juillet 2016 / AFP/Archives

Le nombre de Sud-soudanais ayant trouvé refuge en Ouganda voisin pour fuir la guerre civile dans leur pays a dépassé le million, a annoncé jeudi le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), pour qui cette crise ne semble pas près de prendre fin.

La guerre civile déclenchée en décembre 2013 a poussé en moyenne 1.800 Sud-soudanais par jour à traverser la frontière vers l'Ouganda depuis un an, pour la plupart des femmes et enfants fuyant des "violences barbares", selon le HCR.

Un million supplémentaire a trouvé refuge ailleurs dans la région. Mais c'est l'Ouganda - l'un des pays les plus pauvres au monde - qui est le plus directement touché.

"Nous avons encore de nouveaux arrivants et nous ne voyons pas vraiment quand cela va prendre fin", constate Bik Lum, chef du HCR à Arua, dans le nord de l'Ouganda, qui abrite Bidibidi, le plus grand camp de réfugiés au monde, avec ses 270.000 habitants.

Le nombre de réfugiés en Ouganda est comparable à celui des personnes - pour la plupart syriennes - qui ont fui vers l'Europe au plus fort de la crise des migrants en 2015.

Deux ans et demi après son indépendance, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile alimentée par la rivalité entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar.

Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, poussé 4 millions de personnes à fuir leur foyer, et rendu près de la moitié des 12 millions d'habitants dépendants de l'aide alimentaire.

- "La plus grande misère possible" -

"Le nombre de Sud-soudanais déplacés et ayant faim est faramineux", indique Peter Maurer, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

"L'échelle sidérante des souffrances est la preuve des effets cumulés de trois années et demie d'un genre de conflit qui apparaît destiné à causer la plus grande misère possible", estime-t-il. "La guerre ne devrait pas avoir un impact aussi direct sur les vies d'autant de civils."

Outre le million de Sud-soudanais ayant fui en Ouganda, au moins un autre million a trouvé refuge au Soudan, en Ethiopie, au Kenya, en République démocratique du Congo et en Centrafrique, selon des données de l'ONU.

Deux autres millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays, sans l'avoir quitté.

"Les nouveaux arrivants continuent de parler de violences barbares, avec des groupes armés qui brûlent des maisons avec des civils à l'intérieur, des gens tués devant des membres de leur famille, des agressions sexuelles sur les femmes et les filles, et des enrôlements forcés de garçons", décrit le HCR dans un communiqué.

Le HCR estime à 674 millions de dollars (576 millions d'euros) pour cette année seulement ses besoins pour aider les réfugiés d'Ouganda, mais n'a pour l'instant reçu qu'un cinquième de cette somme.

En juin, le Programme alimentaire mondial (PAM) a dû réduire les rations pour les réfugiés du pays. Les docteurs, infirmières et médicaments manquent aussi. La scolarisation est aussi très affectée.

- Des questions sur les chiffres -

"Une classe normale comprend au moins 53 ou 55 étudiants. Mais en moyenne, une classe a 110 élèves pour un enseignant, sous le même toit", témoigne Simon Abukua, le directeur de la Ocea Primary School dans le nord de l'Ouganda.

Même si la gravité de la situation ne peut être remise en cause, certains doutes ont été soulevés sur l'exactitude des chiffres.

L'enregistrement des nouveaux arrivants est effectué par les services gouvernementaux ougandais. Mais depuis des mois, les travailleurs humanitaires se sont, en privé, inquiétés de la possibilité que le nombre de réfugiés soit volontairement gonflé.

Pour Elizabeth Pfifer, la représentante en Ouganda de l'ONG américaine Catholic Relief Services (CRS), seul l'enregistrement biométrique des réfugiés, qui est prévu, pourra "effacer certaines incohérences et questions qui entourent les nombres réels", citant l'exemple de familles de réfugiés qui se sont enregistrées dans plusieurs endroits.

L'Ouganda a longtemps été considéré comme l'un des pays au monde offrant l'environnement le plus favorable aux réfugiés. Il leur garantit la liberté de mouvement, le droit de travailler et un terrain sur lequel s'installer.

Mais l'ampleur de la crise a eu un impact sur l'hospitalité des populations locales, qui ont commencé à durement ressentir la présence des réfugiés. Or ceux-ci semblent décidés à rester, aucune issue à la guerre ne se profilant à l'horizon.

"Avec ce qu'ils m'ont fait (...), je ne me sens pas de rentrer", confie une réfugiée, Jasmine Ramadan, que seule l'émergence de nouveaux dirigeants pourrait convaincre de retourner dans son pays.

afp

 

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 21:52
Une volontaire membre de l'ONG Bureau d'Accueil et d'Accompagnement des Migrants) le 27 juillet 2017 à Paris / AFP/Archives

Une volontaire membre de l'ONG Bureau d'Accueil et d'Accompagnement des Migrants) le 27 juillet 2017 à Paris / AFP/Archives

"Ce matin je me suis levé, j'avais mal aux dents": cahiers sur les genoux, assis sur des marches place Stalingrad à Paris, plusieurs dizaines de migrants répètent en choeur les phrases prononcées par leur professeur de français.

Le temps est agréable, mais qu'il fasse "-5 degrés" comme cet hiver ou en période de canicule, ils sont une petite centaine, tous les soirs, à suivre une heure de cours de français en plein air, sur des pentes d'herbe longeant la place, devant le bassin de la Villette.

"J'ai mal au dos", mime devant son tableau en criant Pierre Piacentini, pour se faire entendre de tous ses élèves du "niveau 2" serrés sur les marches et, faute de place, debout en haut de l'escalier. Le bruit de la fontaine, la musique du bar voisin et la circulation compliquent parfois un peu sa tâche.

"J'ai mal au dos", reprennent en choeur une cinquantaine d'hommes, âgés de 18 à 30 ans, pour la majorité originaires du Darfour ou d'Afghanistan, tout en prenant des notes.

La scène, un peu incongrue, interpelle les passants qui sont nombreux à s'arrêter.

Omar, un demandeur d'asile soudanais de 28 ans, explique qu'il suit les cours depuis neuf mois. Avant il ne connaissait "rien" au français. "Maintenant je parle bien", dit-il tout sourire.

Hissan, un Egyptien de 27 ans qui prend des cours depuis un mois, a lui du mal à définir son niveau : "Je comprends mais je ne sais pas parler", explique-t-il en anglais.

Il est en Europe depuis dix ans. "Grèce, Italie, France, Royaume-Uni, Belgique, Calais" énumère celui qui dit avoir renoncé à se rendre en Angleterre et veut rester en France. Il n'a pas de papiers, mais "une maison, un métier" de maçon, dit-il.

- 'Pallier un manque de l'Etat' -

Les cours, organisés par l'association BAAM (Bureau d'accueil et d'accompagnement des migrants), ont débuté il y a plus d'un an et demi dans une dizaine de lieux de la région parisienne, dont Stalingrad, où un gigantesque campement de rue a été démantelé en novembre. Alors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) ne dispense des cours de français qu'aux réfugiés statutaires, l'association veut "pallier un manque de l'Etat" en proposant des cours à tous les migrants, quel que soit leur statut.

"Le problème, c'est que le temps de la demande d'asile est tellement long, les gens veulent apprendre le français et ils ne peuvent pas", estime aussi Julian Mez, l'un des fondateurs de l'association. "C'est du temps perdu" qui retarde leur intégration et la faculté à trouver un emploi, débuter des études ou sociabiliser, ajoute-t-il.

Comme Pierre Piacentini et Louise, sa collègue de 22 ans qui s'époumone quelques mètres plus loin sous l'escalier "débutant" pour faire répéter l'alphabet à ses élèves, tous les professeurs ici sont bénévoles, et ont d'autres occupations professionnelles.

Pierre Piacentini, infirmier retraité, donne des cours "tous les jours" depuis neuf mois. "c'est devenu une drogue", dit-il en riant.

Il raconte les partages, les différences culturelles et les petites bourdes, comme la fois où pendant un cours sur la famille il s'était étonné que tous les Soudanais ne mentionnent que leurs frères. "Mais vous n'avez pas de soeurs?" avait-il interrogé. Plus tard, l'un d'entre eux l'avait pris à part pour lui expliquer que ça ne faisait pas de poser des questions sur les femmes de la famille.

L'absence de femmes est ici notable: il n'y en a pas une seule. "Jamais", confirme M. Piacentini, précisant que la majorité des migrants qui assistent au cours sont des hommes qui ont entrepris seuls le voyage depuis leur pays.

Outre l'apprentissage du Français, les bénévoles sont aussi là pour aider les migrants dans leur vie quotidienne: expliquer les démarches administratives, traduire des formulaires... "C'est un acte politique" résume M. Piacentini, alors qu'il examine le dossier de demande d'asile d'un de ses élèves après la classe.

afp

 

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 08:42
L'Italie se sent seule face aux migrants

L'Italie a une nouvelle fois dénoncé le manque d'entraide européenne sur l'accueil des migrants, en dépit des déclarations de solidarité de Paris et Berlin mercredi à l'occasion d'un sommet tripartite à Trieste (nord-est).

"L'Italie a fait et continuera à faire sa part dans les secours et l'accueil (des réfugiés, ndlr). Mais elle se bat dans le même temps pour que la politique migratoire ne soit pas confiée à quelques pays seulement et qu'elle soit partagée par toute l'Union européenne", a déclaré le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni.

Depuis plusieurs semaines, l'Italie exhorte ses partenaires européens à apporter une "contribution concrète" pour endiguer les départs mais surtout à ouvrir leurs ports aux bateaux chargés de migrants, ce qu'ils refusent toujours de faire.

Plus de 4.600 migrants ont été secourus ces derniers jours au large de la Libye, venant s'ajouter aux 85.000 déjà arrivés depuis le début de l'année, et le sujet a dominé la rencontre de M. Gentiloni avec Emmanuel Macron et Angela Merkel.

L'afflux migratoire record de ces derniers mois en Italie, où les prochaines législatives sont prévues pour au plus tard début 2018, met le gouvernement de centre gauche de M. Gentiloni sous la forte pression de l'opposition populiste et de droite.

M. Gentiloni a plaidé pour "une politique migratoire commune, de plus en plus partagée" : "une intervention (économique, ndlr) en Afrique, la coopération en Méditerranée et en Libye, un travail commun pour orienter les activités des ONG" qui portent secours aux migrants en mer.

Affirmant sa "solidarité" avec l'Italie, M. Macron a concédé que sur le sujet des migrants, la France n'avait "pas toujours pris sa part". "Je veux dire ici que nous sommes en train d'accélérer les relocalisations et que nous continuerons à le faire".

Son Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé mercredi la création de 12.000 places d'hébergement supplémentaires pour les demandeurs d'asile et les réfugiés d'ici à 2019.

- Réfugiés ou migrants économiques -

Le plan présenté par M. Philippe prévoyant en même temps une plus grande fermeté à l'égard des personnes qui sont déboutées de leur demande de bénéficier du droit d'asile, M. Macron a tenu à souligner la différence entre "réfugiés politiques et migrants économiques".

"A chaque fois que des réfugiés, des gens à qui on octroie l'asile, sont identifiés, la France doit pouvoir les accueillir", a-t-il assuré, tout en expliquant que l'UE ne pouvait pas "accueillir des femmes et des hommes qui, pour des raisons économiques, cherchent à venir vivre dans nos pays".

Pour M. Gentiloni, "la distinction que fait M. Macron est légitime", mais les "grandes migrations (...) parfois provoquées par des désastres climatiques ou économiques ou des guerres (...) ne peuvent pas être ignorées", a-t-il affirmé, déplorant des "résultats encore insuffisants" face à ces défis.

La chancelière allemande, dont la décision en 2015 d'ouvrir la porte à des centaines de milliers de demandeurs d'asile essentiellement syriens est loin de faire l'unanimité dans son pays, a pour a part insisté sur la coopération économique avec les pays africains d'où proviennent la majorité des migrants arrivés en Italie.

"Tous les trois, nous sommes d'avis que nous devons avant tout nous occuper de combattre les causes des migrations", a-t-elle déclaré, évoquant un partenariat avec le Niger et la nécessaire "stabilisation politique de la Libye", afin que les migrants puissent y séjourner "dans des conditions dignes".

Les trois dirigeants ont également souligné la nécessité de poursuivre la construction d'une Europe plus unie et solidaire.

Leur rencontre précédait un sommet de sept pays de l'UE et de six pays des Balkans occidentaux en présence de responsables de la Commission européenne.

Ce sommet de Trieste est le quatrième du genre et s'inscrit dans le cadre d'une série de réunions dites du "processus de Berlin", entamé en 2014 pour encourager les réformes et le développement dans les pays des Balkans occidentaux, qui ont tous engagé une procédure en vue d'adhérer à l'UE.

M. Macron s'est dit favorable à "un rapprochement" entre les pays des Balkans et l'UE, "dans le cadre d'un dialogue qui va vers un élargissement".

afp

 

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