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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 21:52
Une volontaire membre de l'ONG Bureau d'Accueil et d'Accompagnement des Migrants) le 27 juillet 2017 à Paris / AFP/Archives

Une volontaire membre de l'ONG Bureau d'Accueil et d'Accompagnement des Migrants) le 27 juillet 2017 à Paris / AFP/Archives

"Ce matin je me suis levé, j'avais mal aux dents": cahiers sur les genoux, assis sur des marches place Stalingrad à Paris, plusieurs dizaines de migrants répètent en choeur les phrases prononcées par leur professeur de français.

Le temps est agréable, mais qu'il fasse "-5 degrés" comme cet hiver ou en période de canicule, ils sont une petite centaine, tous les soirs, à suivre une heure de cours de français en plein air, sur des pentes d'herbe longeant la place, devant le bassin de la Villette.

"J'ai mal au dos", mime devant son tableau en criant Pierre Piacentini, pour se faire entendre de tous ses élèves du "niveau 2" serrés sur les marches et, faute de place, debout en haut de l'escalier. Le bruit de la fontaine, la musique du bar voisin et la circulation compliquent parfois un peu sa tâche.

"J'ai mal au dos", reprennent en choeur une cinquantaine d'hommes, âgés de 18 à 30 ans, pour la majorité originaires du Darfour ou d'Afghanistan, tout en prenant des notes.

La scène, un peu incongrue, interpelle les passants qui sont nombreux à s'arrêter.

Omar, un demandeur d'asile soudanais de 28 ans, explique qu'il suit les cours depuis neuf mois. Avant il ne connaissait "rien" au français. "Maintenant je parle bien", dit-il tout sourire.

Hissan, un Egyptien de 27 ans qui prend des cours depuis un mois, a lui du mal à définir son niveau : "Je comprends mais je ne sais pas parler", explique-t-il en anglais.

Il est en Europe depuis dix ans. "Grèce, Italie, France, Royaume-Uni, Belgique, Calais" énumère celui qui dit avoir renoncé à se rendre en Angleterre et veut rester en France. Il n'a pas de papiers, mais "une maison, un métier" de maçon, dit-il.

- 'Pallier un manque de l'Etat' -

Les cours, organisés par l'association BAAM (Bureau d'accueil et d'accompagnement des migrants), ont débuté il y a plus d'un an et demi dans une dizaine de lieux de la région parisienne, dont Stalingrad, où un gigantesque campement de rue a été démantelé en novembre. Alors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) ne dispense des cours de français qu'aux réfugiés statutaires, l'association veut "pallier un manque de l'Etat" en proposant des cours à tous les migrants, quel que soit leur statut.

"Le problème, c'est que le temps de la demande d'asile est tellement long, les gens veulent apprendre le français et ils ne peuvent pas", estime aussi Julian Mez, l'un des fondateurs de l'association. "C'est du temps perdu" qui retarde leur intégration et la faculté à trouver un emploi, débuter des études ou sociabiliser, ajoute-t-il.

Comme Pierre Piacentini et Louise, sa collègue de 22 ans qui s'époumone quelques mètres plus loin sous l'escalier "débutant" pour faire répéter l'alphabet à ses élèves, tous les professeurs ici sont bénévoles, et ont d'autres occupations professionnelles.

Pierre Piacentini, infirmier retraité, donne des cours "tous les jours" depuis neuf mois. "c'est devenu une drogue", dit-il en riant.

Il raconte les partages, les différences culturelles et les petites bourdes, comme la fois où pendant un cours sur la famille il s'était étonné que tous les Soudanais ne mentionnent que leurs frères. "Mais vous n'avez pas de soeurs?" avait-il interrogé. Plus tard, l'un d'entre eux l'avait pris à part pour lui expliquer que ça ne faisait pas de poser des questions sur les femmes de la famille.

L'absence de femmes est ici notable: il n'y en a pas une seule. "Jamais", confirme M. Piacentini, précisant que la majorité des migrants qui assistent au cours sont des hommes qui ont entrepris seuls le voyage depuis leur pays.

Outre l'apprentissage du Français, les bénévoles sont aussi là pour aider les migrants dans leur vie quotidienne: expliquer les démarches administratives, traduire des formulaires... "C'est un acte politique" résume M. Piacentini, alors qu'il examine le dossier de demande d'asile d'un de ses élèves après la classe.

afp

 

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 08:42
L'Italie se sent seule face aux migrants

L'Italie a une nouvelle fois dénoncé le manque d'entraide européenne sur l'accueil des migrants, en dépit des déclarations de solidarité de Paris et Berlin mercredi à l'occasion d'un sommet tripartite à Trieste (nord-est).

"L'Italie a fait et continuera à faire sa part dans les secours et l'accueil (des réfugiés, ndlr). Mais elle se bat dans le même temps pour que la politique migratoire ne soit pas confiée à quelques pays seulement et qu'elle soit partagée par toute l'Union européenne", a déclaré le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni.

Depuis plusieurs semaines, l'Italie exhorte ses partenaires européens à apporter une "contribution concrète" pour endiguer les départs mais surtout à ouvrir leurs ports aux bateaux chargés de migrants, ce qu'ils refusent toujours de faire.

Plus de 4.600 migrants ont été secourus ces derniers jours au large de la Libye, venant s'ajouter aux 85.000 déjà arrivés depuis le début de l'année, et le sujet a dominé la rencontre de M. Gentiloni avec Emmanuel Macron et Angela Merkel.

L'afflux migratoire record de ces derniers mois en Italie, où les prochaines législatives sont prévues pour au plus tard début 2018, met le gouvernement de centre gauche de M. Gentiloni sous la forte pression de l'opposition populiste et de droite.

M. Gentiloni a plaidé pour "une politique migratoire commune, de plus en plus partagée" : "une intervention (économique, ndlr) en Afrique, la coopération en Méditerranée et en Libye, un travail commun pour orienter les activités des ONG" qui portent secours aux migrants en mer.

Affirmant sa "solidarité" avec l'Italie, M. Macron a concédé que sur le sujet des migrants, la France n'avait "pas toujours pris sa part". "Je veux dire ici que nous sommes en train d'accélérer les relocalisations et que nous continuerons à le faire".

Son Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé mercredi la création de 12.000 places d'hébergement supplémentaires pour les demandeurs d'asile et les réfugiés d'ici à 2019.

- Réfugiés ou migrants économiques -

Le plan présenté par M. Philippe prévoyant en même temps une plus grande fermeté à l'égard des personnes qui sont déboutées de leur demande de bénéficier du droit d'asile, M. Macron a tenu à souligner la différence entre "réfugiés politiques et migrants économiques".

"A chaque fois que des réfugiés, des gens à qui on octroie l'asile, sont identifiés, la France doit pouvoir les accueillir", a-t-il assuré, tout en expliquant que l'UE ne pouvait pas "accueillir des femmes et des hommes qui, pour des raisons économiques, cherchent à venir vivre dans nos pays".

Pour M. Gentiloni, "la distinction que fait M. Macron est légitime", mais les "grandes migrations (...) parfois provoquées par des désastres climatiques ou économiques ou des guerres (...) ne peuvent pas être ignorées", a-t-il affirmé, déplorant des "résultats encore insuffisants" face à ces défis.

La chancelière allemande, dont la décision en 2015 d'ouvrir la porte à des centaines de milliers de demandeurs d'asile essentiellement syriens est loin de faire l'unanimité dans son pays, a pour a part insisté sur la coopération économique avec les pays africains d'où proviennent la majorité des migrants arrivés en Italie.

"Tous les trois, nous sommes d'avis que nous devons avant tout nous occuper de combattre les causes des migrations", a-t-elle déclaré, évoquant un partenariat avec le Niger et la nécessaire "stabilisation politique de la Libye", afin que les migrants puissent y séjourner "dans des conditions dignes".

Les trois dirigeants ont également souligné la nécessité de poursuivre la construction d'une Europe plus unie et solidaire.

Leur rencontre précédait un sommet de sept pays de l'UE et de six pays des Balkans occidentaux en présence de responsables de la Commission européenne.

Ce sommet de Trieste est le quatrième du genre et s'inscrit dans le cadre d'une série de réunions dites du "processus de Berlin", entamé en 2014 pour encourager les réformes et le développement dans les pays des Balkans occidentaux, qui ont tous engagé une procédure en vue d'adhérer à l'UE.

M. Macron s'est dit favorable à "un rapprochement" entre les pays des Balkans et l'UE, "dans le cadre d'un dialogue qui va vers un élargissement".

afp

 

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 06:51
Carte bleue distribuée aux migrants par l’État : démêler le vrai du faux

Depuis plusieurs mois, de fausses informations circulent sur les allocations dont peuvent bénéficier les demandeurs d’asile en France. InfoMigrants fait le point autour de la carte bancaire dont peuvent bénéficier des demandeurs d’asile.

Cela fait plusieurs mois que de fausses informations circulent sur les allocations dont peuvent bénéficier les demandeurs d’asile en posant le pied sur le sol français. Sur les réseaux sociaux, la photo d’une carte de crédit portant la mention « allocation pour demandeur d’asile » a été largement partagée.

La fachosphère et les milieux d’extrême-droite ont souvent utilisé l’image pour dénoncer les prétendus « avantages » des migrants par rapport aux Français disposant de peu de ressources. Pourquoi ces informations sont-elles mensongères ? Explications.

1- Oui, les demandeurs d’asile ont le droit à une allocation : elle s’appelle l’ADA (allocation demandeurs d'asile) et elle varie en fonction de la situation familiale du demandeur (avec ou sans enfants).

Les montants vont de 6,80 euros/jour pour une personne seule (soit environ 190 euros/mois) à 17 euros/jour pour un couple avec deux enfants (soit environ 476 euros/mois). Pour bénéficier de 40 euros par mois, il faudrait pouvoir justifier d’une famille de 10 personnes !

Pendant tout le temps que dure le traitement de son dossier, le demandeur d’asile ne bénéficie que de l’ADA. Il n’a droit ni aux allocations familiales, ni aux allocations logements, ni au Revenu de solidarité active (RSA). Pour prétendre au RSA, il faut avoir un titre de séjour et une autorisation de travail valable depuis 5 ans.

2- Oui, les demandeurs d’asile peuvent obtenir une carte de retrait pour retirer cette ADA. Ce n’est pas une carte bancaire classique. Elle ne sert qu’à retirer l’argent auquel il a droit, le demandeur d’asile ne peut pas payer directement un commerçant.

Cette disposition est légale et inscrite dans le décret paru le 21 octobre 2015 : "L'allocation pour demandeur d'asile est versée mensuellement […] par alimentation d'une carte de retrait."

L’aide est versée en une fois à la fin de chaque mois. Dans tous les cas le versement de l’ADA s’interrompt lors de la décision de l’administration sur la demande d’asile.

3- Non, tous les migrants n'ont pas le droit à une allocation

Pour pouvoir bénéficier de l’ADA, il faut remplir des critères stricts :

1) Etre âgé de 18 ans révolus

2) Gagner moins que le RSA

3) être en possession d’une attestation de demande d’asile ou d’un Récépissé de Carte de Séjour (RCS) mention « a demandé l’asile »

4) Avoir accepté les conditions matérielles d’accueil proposées par l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII).

Les migrants, en situation irrégulière, et qui n’ont fait aucune demande d’asile, n’ont droit à rien.

Charlotte Boitiaux

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 10:28
Dans le jardin potager, la famille Umbadi échange avec le voisin Bernard. / Nadine Barbançon pour La Croix

Dans le jardin potager, la famille Umbadi échange avec le voisin Bernard. / Nadine Barbançon pour La Croix

Depuis plus d’un an, un peu dans toute la France, des citoyens se sont mis à héberger des migrants. Sur le plateau des Petites Roches, près de Grenoble, un collectif d’hébergeurs solidaires, baptisé Un Toit sur un Plateau, s’est créé pour organiser cet accueil dans trois villages de montagne.

Ce mercredi-là, face au massif de Belledonne aux sommets encore piqués de neige, le soleil de midi arrose copieusement les flancs du jardin. Entre les troncs des fruitiers, une petite fille croque un radis. Rebondissant sur ses jambes de cabri, sa cadette sautille jusqu’au ruisseau qu’on entend courir sur les rochers. Penché sur le sol, leur père, Abdellatif Umbadi, sonde la terre du bout des doigts. Il aimerait bien, cet après-midi, planter ses tomates. Pas si vite, le tempère Bernard, son voisin de jardin, « car ce week-end la température va tomber de 4 °C ».

Umbadi ne maîtrise pas encore l’art du jardinage en zone préalpine. Au Soudan, le pays que celui qui était professeur d’arabe dans un collège du Darfour a fui en août 2016, tout était si différent. Pour échapper aux militaires dont il avait dénoncé les exactions, ce quadragénaire a dû embarquer en vitesse sa femme Amani, ses trois petites filles et son neveu, qui habitait chez lui, dans l’aventure de l’exil.

« On se sent bien ici »

Une mer et tant de routes plus loin, la famille, arrivée sur le territoire français à l’automne, a eu de la chance dans son malheur. En décembre 2016, le plateau des Petites Roches, à 30 minutes de route de Grenoble, lui a offert l’asile.

Depuis le 7 décembre, les Umbadi habitent un logement social, dont la mairie de Saint-Hilaire du Touvet paie le loyer tandis qu’un collectif d’habitants assume les charges. Les institutrices de l’école communale se sont mises en quatre pour intégrer dans leurs classes les petites, qui ne parlaient pas un mot de français.

Le père fait du jardin avec Bernard, mais aussi de l’escalade avec Patrick. La mère, Amani, de la gym avec Véronique et de la marche à pied avec Karine. Le couple reçoit des leçons de français de Cécile ou encore de Babette. « On se sent bien ici, on est protégés », résume Abdellatif.

Les Umbadi, qui logent à Saint-Hilaire, ne sont pas les seuls migrants à bénéficier de la solidarité des trois villages qui composent le Plateau des Petites Roches. Une famille d’Azéris a été hébergée deux mois dans un gîte rural de Saint-Pancrasse. Et, depuis un peu plus d’un an, deux Congolais, plus un Angolais, ont été accueillis par une douzaine de familles.

L’histoire a commencé à l’été 2015. Parmi les 2 500 habitants des trois villages, beaucoup travaillent « en bas », à Crolles ou à Grenoble, mais ont choisi d’habiter le plateau, dont l’air pur attire les mordus de parapente, après avoir jadis drainé les habitués des sanatoriums.

Dans ce territoire un peu alternatif, on a l’habitude de se préoccuper des affaires du monde. Certains, au sein de l’association du Grand Tétras, sont déjà engagés dans un réseau de covoiturage ou une Association de maintien de l’agriculture paysanne. Alors quand des images de migrants naufragés en Méditerranée envahissent les journaux, on se sent concerné, chacun à sa façon.

« Accueillir comme moi-même j’ai été accueillie »

« Quand j’ai entendu le pape demander à chaque paroisse d’accueillir des migrants, ça a résonné en moi », se souvient quant à lui Olivier Prache, le directeur d’école et le premier adjoint de Saint-Hilaire. « Moi qui ai beaucoup voyagé et qui ai rejoint mon amoureux sur le plateau il y a deux ans, raconte Aurélie Féron, depuis sa maison de Saint-Bernard, je me dis que je voudrais accueillir comme moi-même j’ai été accueillie ici. »

Accueillir donc. Mais comment ? Chez soi, en famille ? Ou alors dans ces appartements sociaux restés vacants depuis la fermeture de l’hôpital ? Autour de ces questions, des centaines de mails circulent début 2016. Une ruche, composée d’une soixantaine d’abeilles, se met en effervescence. Bientôt le collectif se donne un nom. Ce sera « un Toit sur un Plateau ».

Reste, quand même, à convaincre les autres. En juin 2016, on organise une réunion publique. Beaucoup d’habitants se montrent confiants. Pas tous. « Après, un des maires m’a rapporté qu’on lui avait dit espérer qu’il n’allait pas se lancer là-dedans. Ça nous a fait comprendre qu’on devait tenir compte des craintes », explique Karine Gatelier, bénévole à l’Association demandeurs d’asile (Ada) de Grenoble et habitant Saint-Pancrasse.

Pour ne pas demander trop aux municipalités, un appel aux dons est lancé, qui atteint rapidement 500 puis 700 € par mois. En novembre, poussé par Olivier Prache, le conseil municipal de Saint-Hilaire vote la mise à disposition un appartement, si le collectif paie les charges. Celui de Saint-Pancrasse accepte de prêter son gîte, s’il n’est pas réservé. Et la mairie de Saint-Bernard réfléchit à louer à prix d’ami un logement communal inoccupé.

« Sylvana, je l’appelle maman »

Parallèlement, une autre aventure a démarré. En mars 2016, Sylvana et son mari se sont lancés tout seuls en accueillant dans leur maison Nanga, un exilé angolais francophone que leur a présenté l’ADA. « Sylvana, je l’appelle maman, elle a été ma porte, elle m’a présenté à tous les autres et ici j’ai commencé à me consoler en paix », raconte Nanga, 40 ans, qui loge désormais dans un Cada, un centre de demandeurs d’asile mais qui revient souvent voir ses amis du Plateau.

Car, dans le sillage de Sylvana, une douzaine d’autres familles ont dit banco pour un accueil tournant, moins lourd qu’un hébergement à plein temps : deux semaines chez l’un, plus ou moins, deux semaines chez un autre, etc. Après avoir accueilli Nanga, elles ont ouvert leur porte à Souvé, venu du Congo-Kinshasa, puis, plus récemment, à Stephen, lui aussi congolais.

Avec eux, le mot accueil a pris encore un peu plus d’épaisseur. Dans la maison d’Aurélie et Julien, l’aîné des quatre enfants, qui ne revient que le week-end, a offert sa chambre. Dans la famille de Claske Dikjema, originaire de Hollande, on mange habituellement plutôt végétarien mais on a rajouté un peu de viande. Chez Solène Coulomb, qui a deux enfants tout petits, à Noël, on a prié autour du sapin avec Souvé, chrétien et très croyant.

« Je trouve que mes parents ont bien fait »

Peu à peu, on s’est donc apprivoisé. La question du partage des tâches a été évoquée. Souvé a rentré le bois. Nanga a préparé un repas angolais. Les exilés africains ont découvert qu’en France les enfants usaient beaucoup de leur droit d’expression. Souvent d’ailleurs ce sont eux qui ont posé les questions que les adultes n’osaient pas poser.

On a ainsi appris, à la faveur d’un film regardé ensemble, que Souvé, enlevé à 12 ans, avait été enfant soldat. « C’est dans le quotidien finalement qu’on partage des choses, qu’on se rencontre vraiment », résume Claske. « Au départ, je me suis dit que ça allait faire trop à la maison, mais quand Nanga est arrivé, j’ai vu que ça se passait bien, on a fait du sport ensemble. Je trouve que mes parents ont bien fait », confirme Caas, son fils de 14 ans.

Parfois, cependant, on a vécu ensemble des choses compliquées. Par exemple quand Souvé a failli être expulsé en Espagne, un pays dont il ne parle pas la langue, mais où ses empreintes ont été prises à son arrivée en Europe et où il est censé faire sa demande d’asile selon le règlement Dublin.

« On pourrait penser que, après tout ce qu’ils ont vécu, une fois arrivés en France on va les laisser tranquilles. Mais pas du tout. Toutes ces règles absurdes, ces procédures incompréhensibles sont d’une violence incroyable », résume Solène.

Alors, face à cette réalité administrative, gérée par l’Ada mais vécue quotidiennement par tous, le collectif est amené à se poser des questions qui n’étaient pas dans l’équation de départ. Peut-on garder les Umbadi, auxquels on s’est attaché ? Ou faut-il mettre l’État face à sa responsabilité de loger les demandeurs d’asile ? Doit-on reprendre la famille azérie, actuellement logée dans un centre de Valence, si la justice dit qu’elle doit être expulsée en Italie ? Quelle est l’attitude que l’on a envie d’avoir ? L’empathie ou le militantisme ? Et quel est le choix qui est juste ? L’aventure ne fait manifestement que commencer…

Les réseaux d’hébergement de migrants

Les historiques : en 2015, Singa a lancé la plate-forme « Comme à la maison » (Calm) qui, à Paris, Lille, Paris, Montpellier et Lyon met en relation réfugiés et citoyens en capacité de les héberger pendant 3 à 12 mois. Le Jesuit Refugees Service a aussi créé le réseau « Welcome en France », qui propose, dans une trentaine de villes, à des familles et à des communautés religieuses d’accueillir un demandeur d’asile pendant 4 à 6 semaines.

Les réseaux d’hébergements citoyens conventionnés : à la fin du mois de novembre 2016, le gouvernement a conventionné 11 associations, locales ou nationales, retenues suite à un appel à projets pour l’hébergement citoyen de 1 300 réfugiés.

Une multitude d’autres initiatives. De très nombreuses associations, comme Utopia à Paris, Roya citoyenne près de Nice, l’Ada à Grenoble, coordonnent des hébergements chez les particuliers. Le collectif « Sursaut citoyen », qui a lancé une carte interactive des « 1 000 initiatives citoyennes de solidarité avec les migrants », en recense 213 dans toute la France.

Nathalie Birchem (au plateau des Petites Roches, Isère)

 

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 11:27
Aide aux migrants : l’aumônier du Pape dort dans son bureau pour leur donner un toit

Mgr Krajewski : "Une petite fille est née dans mon appartement, je me sens une sorte de grand-père… C’est la vie qui continue".

L’opinion publique connaît bien Mgr Konrad Krajewski, l’homme de confiance du pape François sur le front des interventions de charité. Le Saint-Père l’avait prévenu en le nommant au poste d’aumônier pontifical : « Tu ne seras pas un évêque de bureau… Et je ne veux pas te voir derrière moi lors des célébrations (…) Tu devras être le prolongement de ma main pour apporter une caresse aux pauvres, aux déshérités et aux plus petits ». Ce polonais, au service du Saint-Siège depuis désormais 25 ans, est depuis 2013 « le cœur et la main du Pape », partout où les besoins se font cruellement sentir, à Rome mais également dans le reste du monde.

Et tout ce que le Pape demande au « père » Krajewski – car il ne veut surtout pas qu’on l’appelle « monseigneur » — l’aumônier le suit à la lettre, apportant une aide quotidienne et discrète aux plus pauvres et plus vulnérables, quitte à devoir s’aventurer, de nuit, dans les quartiers les plus sombres et les plus désespérés, ou se précipiter dès qu’un appel au secours arrive à ses oreilles et qu’il lui est demandé d’y répondre. Jusqu’à laisser son appartement à des groupes d’immigrés ou réfugiés, à l’intérieur de la cité du Vatican, le temps que ceux-ci trouvent une installation définitive et un emploi, rapporte la presse italienne (iltirreno). »Je leur cède mon appartement et dors dans mon bureau sans hésiter », a-t-il confié à nos confrères, qualifiant son geste de « naturel et spontané ». Oui, ce geste n’a rien « d’héroïque » — affirme-t-il à ceux qui s’étonnent de son choix — « l’Évangile ne nous enseigne-t-il pas qu’il faut aider les personnes en détresse ? Et le premier des besoins fondamentaux n’est-il pas d’avoir un toit ? ».

Un exemple peu suivi

Il faut dire que Mgr Krajewski est une des rares personnes, à l’intérieur comme à l’extérieur du Vatican, à avoir appliqué à la lettre la demande du pape François, l’année dernière, à toutes les paroisses, à tous les couvents, monastères, maisons religieuses, d’Europe, d’offrir l’hospitalité à des réfugiés provenant de Syrie ou du nord de l’Afrique pour échapper aux guerres, à la famine, aux maladies et aux persécutions. Et le Saint-Père avait montré l’exemple en ramenant de Lesbos 12 réfugiés syriens ayant fui leur pays après le bombardement de leurs maisons à Damas et Deir ez-Zor, ville assiégée par Daesh. Et lui, son aumônier, a aussitôt pris le même chemin, transformant sa maison en une sorte « d’ilot de sauvetage » pour réfugiés et migrants, décrivent nos confrères italiens.

Depuis quelques semaines, sont arrivées de nouvelles familles et, « pour la première fois, est née chez moi une jolie petite fille. Je l’avoue, je me sens une sorte de grand-père, d’oncle. C’est la vie qui continue, don de Dieu », confie l’aumônier pontifical, très ému. Malheureusement les exemples du Pape et de son aumônier, ont été suivis de peu d’effets. Les chiffres sont parlants : seulement à Rome, une quarantaine de paroisses à peine sur les 332 que compte le diocèse ont mis leurs espaces à la disposition de familles de migrants. Réponse également limitée dans tout le reste de l’Italie où, selon Caritas, sur 26 000 paroisses, 600 seulement d’entre elles ont répondu concrètement à l’appel de François.

En France, un an après l’appel

En France, un an après l’appel du souverain pontife, plusieurs milliers de migrants ont été hébergés et accompagnés par les paroisses et associations catholiques dans 43 diocèses sur les 93 que compte le pays, soit un peu moins de la moitié. Cet engagement de l’Église en France ne date pas d’hier. L’appel du pape François en septembre 2015 lui a donné un nouvel élan et une nouvelle ampleur, qu’il est encore difficile de chiffrer. Le dernier bilan remonte à septembre 2016.

Isabelle Cousturié

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 06:34
Bérénice, Mohammed et Dauphine. Crédit : Leslie Carretero

Bérénice, Mohammed et Dauphine. Crédit : Leslie Carretero

Mohammed est guinéen. À son arrivée en France en mars dernier, il passe ses nuits sous un pont parisien. Jusqu'au jour où il croise la route de Bérénice, Parisienne de 29 ans. Depuis, l’avenir du jeune homme s’est un peu éclairci.

Un simple regard a fait basculer le destin de Mohammed. Arrivé à Paris début mars, le Guinéen qui ne connait personne en France dort seul sous un pont de la capitale. Bérénice, en pleine séance de course à pied, croise le regard de ce jeune de 19 ans. Ils discutent et se lient très vite d’affection l’un pour l’autre. C’est le début d’une longue histoire d’amitié.

"C’était comme une évidence", raconte aujourd’hui la Parisienne de 10 ans son aîné. La jeune femme journaliste dit n’être jamais venue en aide à quelqu’un dans la rue, ni n'avoir jamais travaillé avec des associations qui viennent en aide aux migrants. Alors pourquoi lui ? "Je ne sais pas pourquoi je me suis arrêtée ce jour-là. Il avait ‘une bonne tête’, il semblait très sympa. Je me suis dit qu’il n’avait rien à faire ici".

La route de l’exil

Un an plus tôt, Momo – comme l’appelle Bérénice – fuyait son pays natal. De son passé en Guinée, le jeune homme au visage angélique ne dit pas grand-chose. Originaire de Kankan, la deuxième plus grande ville après la capitale Conakry, il a été mis à la porte de chez lui par sa mère. Sans ressources, Mohammed survit dans la rue jusqu’au jour où il se décide à partir. Il prend alors contact avec un de ses oncles installé en Belgique. Ce dernier lui assure qu’il prendra soin de lui à son arrivée en Europe.

Un jour de janvier 2016, Mohammed prend donc la route. Direction la Libye. Après avoir mis plusieurs semaines pour traverser le Mali dans la remorque d’un camion, il s’arrête quelques mois à Ghardaïa, une ville algérienne à 600 km au sud d’Alger. Il y fait des petits boulots pour payer le reste de son voyage : de la maçonnerie ou des travaux dans les jardins. Ensuite, le jeune homme à la carrure athlétique rejoint la Libye. Là, Mohammed se renferme. Difficile d’obtenir des détails mais on comprend rapidement dans son regard que le passage dans ce pays en proie au chaos a été difficile. La traversée de la Méditerranée représente un autre moment douloureux à évoquer.

Après six mois passés sur la route, Momo arrive en Italie où il demande l’asile. En attendant, il est logé avec sept autres personnes dans un appartement non loin de la ville de Bologne. "Il n’y avait rien à faire là-bas. On ne mangeait pas bien et on ne pouvait pas travailler", explique-t-il d’un air désabusé.

Le Guinéen pense alors à recontacter son oncle, mais celui-ci ne décroche plus son téléphone. Désemparé, seul, lassé d’attendre une réponse des autorités italiennes qui n’arrive pas, Mohammed s’enfuit et réussit à atteindre Paris. On est en mars 2017. Il ne sait pas que quelques jours plus tard, il fera la connaissance de Bérénice.

"C’est du bonheur ça"

Avec cette rencontre, la chance lui sourit enfin. "C’est du bonheur ça", avoue Momo qui même dans la rue prenait soin de son style vestimentaire : "Il est toujours bien habillé, même le jour de notre rencontre alors qu’il vivait sous un pont. Les chaussures assorties au tee-shirt ou à la casquette, sourit-elle. Il adore la mode et ça se voit, il fait attention à lui".

Après leur première rencontre, Bérénice accompagnée de sa colocataire et amie Dauphine, revient plusieurs fois. Elle lui achète une carte SIM pour qu’ils puissent se joindre plus facilement. Des jours et des nuits durant, les nouveaux amis passent des heures à appeler le 115 pour que Momo puisse dormir sous un toit. D’échecs en échecs – le Samu social n’ayant jamais de place pour lui – les filles se démènent pour trouver des solutions. Elles se renseignent auprès de la mairie de leur quartier et vont même toquer aux portes des églises. Coup de chance, Dauphine tombe alors sur une personne qu’elle fréquentait à l’époque de ses années de scoutisme. Elle apprend qu’une petite pièce est réservée aux personnes sans domicile au sein de la paroisse. C’est donc là que Momo loge aujourd’hui, en attendant de trouver mieux. Le lieu étant un logement de nuit, le jeune homme doit partir chaque matin à 9h et ne peut rentrer qu’après la prière du soir. Le symbole est fort : Momo, bien que non pratiquant, est de confession musulmane.

"Comme mon frère"

Les journées n’en sont pas moins longues : Mohammed ne connait personne à Paris et erre donc seul dans les rues de la capitale quand Dauphine et Bérénice ne sont pas disponibles. Sinon, les deux copines s’alternent pour passer du temps avec celui qu’elles considèrent désormais comme leur petit frère. "Ensemble, on fait du shopping, on se balade. On regarde des films à la maison, dit Bérénice. Je me comporte avec lui comme je le fais avec mon petit frère qui a d’ailleurs le même âge que Momo". Une grande complicité se dégage de leur relation. À tel point que le soir, le Guinéen appelle ses "grandes sœurs" avant de s’endormir.

 

Les parisiennes ne s’arrêtent pas là. Momo a quitté son pays sans papiers d’identité. Or, pour demander l’asile il est préférable d’être muni d’au moins un extrait d’acte de naissance. Le Guinéen a réussi à trouver quelqu’un dans sa ville d’origine qui s’est occupé de lui faire un duplicata. Bérénice a ensuite demandé à une de ses amies qui vit à Conakry de récupérer le document, qu’elle lui a ensuite remis en mains propres à Paris. Un rendez-vous est donc pris début juin à la préfecture pour tenter de régulariser la situation de Mohammed.

Mais le petit groupe avoue se sentir seul et démuni. "Nous, on est parisiennes, on a un réseau grâce à nos parcours personnels. Mais comment font ceux qui viennent d’arriver en France ? Malgré l’aide que peuvent offrir les associations, on se sent quand même terriblement seules dans cette histoire, insiste Bérénice. On n’ose même pas imaginer ce que vivent ceux qui ne parlent pas la langue et qui ne sont pas aidés". Momo, le regard dans le vide, approuve timidement. "Il fait trop chaud dans ma tête", souffle-t-il maladroitement comme pour évoquer les soucis qui encombrent son esprit. Le jeune homme est conscient que la suite sera encore longue et compliquée. Les filles, elles, ont peur que sa demande d’asile n’aboutisse pas.

Si Mohammed n’obtient pas l’asile, la séparation sera terriblement douloureuse. "On n’ose même pas imaginer. On va se battre", assure Dauphine comme pour se donner du courage.

 

Leslie Carretero

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 06:18
Un sans-abri à Marseille, dans le sud de la France, le 24 novembre 2005 / AFP/Archives

Un sans-abri à Marseille, dans le sud de la France, le 24 novembre 2005 / AFP/Archives

Un adolescent bangladais de 17 ans dormant seul dans la rue depuis plus d'un mois a obtenu gain de cause en justice face au département des Bouches-du-Rhône, obligé par la loi de le prendre en charge.

Le conseil départemental, présidé par Martine Vassal (LR) s'est vu enjoindre jeudi de fournir un hébergement au mineur étranger isolé dans les 48 heures, sous peine d'une astreinte de 150 euros par jour, par le tribunal administratif de Marseille.

"En ne prenant pas, dans un délai raisonnable, les mesures nécessaires pour que" ce jeune "bénéficie d’un hébergement d’urgence (...) le département des Bouches-du-Rhône a porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale", souligne le tribunal, dans sa décision consultée par l'AFP.

Le juge avait été saisi en référé-liberté, une procédure d'urgence, a précisé l'avocate de l'adolescent, Laurie Quinson, confirmant une information de La Provence.

A l'origine, un juge pour enfants avait ordonné le 9 mai la prise en charge de l'adolescent, seul, sans famille ni ressource en France. Mineur, il ne peut ni déposer de demande d'asile, ni faire appel au Samu social. Mais faute de place disponible en structure d'accueil selon le département, cette décision était restée lettre morte, et il était resté à la rue.

"Le juge a attaqué le département au portefeuille", ce qui devrait porter ses fruits et permettre à l'adolescent d'être hébergé rapidement, s'est réjouie Laurie Quinson.

La loi impose aux départements de prendre en charge les mineurs étrangers isolés qui se trouvent sur leur territoire, mais dans les Bouches-du-Rhône, le nombre de places est insuffisant, et plusieurs de ces enfants et adolescents dorment dans la rue, en particulier à Marseille.

afp

 

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 17:26
L'affiche du ciné-club de ce mardi à Vernon

L'affiche du ciné-club de ce mardi à Vernon

Avant de passer au "week-end" (bien chargé !) et en regardant ma semaine de quatre jours dans le rétroviseur, en voici un rapide compte-rendu :

1°) Mardi 6 juin : de 9h30 à 12h30 permanence de l'Association d'Entraide aux Migrants au 28 rue du coq à Vernon. Nous étions trois pour accueillir une vingtaine de personnes qui nous ont sollicité pour une dizaine de situations fort différentes (demandes d'asile, naturalisation, droits sociaux, etc...)

 2°) Mardi 6 juin : de 15h à 17h Intervention dans un groupe de 12 jeunes du dispositif "Garantie Jeunes" de Vernon (pour la plupart issus de l'immigration) afin de les accompagner dans leurs projets d'insertion professionnelle

3°) Mardi 6 juin : de 20h à 23h au cinéma de Vernon : projection du film "Riace, un paese di Calabria" à propos d'un village de Cababre ressuscité par la venue des migrants. J'ai participé, après le film, au débat animé par le ciné club et Amnesty International. Je suis intervenu pour présenter les possibilités et les difficultés rencontrées par les réfugiés et migrants à Vernon.

4°) Mercredi 7 juin de 6h30 à 13h : rédaction d'un recours gracieux adressé à Monsieur le Préfet pour une famille Sri-Lankaise rencontrée à la permanence la veille. Envoi par courrier électronique de ce recours gracieux.

5°) Jeudi 8 juin au matin déplacement au Tribunal Administratif de Rouen où nous étions 6 pour accompagner Catherine (originaire du Libéria) qui était reçue pour faire valoir ses droits au séjour en France du fait des risques pour sa vie et sa liberté en cas de retour dans son pays.

 

Marie-Françoise, Soeur Marie-Véronique, Soeur Marie-Dominique, Catherine et Lucia au T.A. de Rouen

Marie-Françoise, Soeur Marie-Véronique, Soeur Marie-Dominique, Catherine et Lucia au T.A. de Rouen

7°) Vendredi 9 juin, déplacement à la Cour Nationale du Droit d'Asile à Montreuil (Seine Saint Denis) pour accompagner Akila et Hassene (originaires d'Algérie) pour l'examen de leur dossier de demande d'asile à la France

Hassene, Maitre Erika Koenig et Akila à la Cour Nationale du Droit d'Asile ce 9 juin

Hassene, Maitre Erika Koenig et Akila à la Cour Nationale du Droit d'Asile ce 9 juin

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 19:53
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, dans un discours devant le Parlement européen à Strasbourg, le 17 mai 2017 / AFP

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, dans un discours devant le Parlement européen à Strasbourg, le 17 mai 2017 / AFP

Les réticences de certains Etats à accueillir des réfugiés entament leur "autorité morale" pour défendre les droits de l'homme, a estimé mercredi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, dans un discours devant le Parlement européen à Strasbourg.

"La récente crise des réfugiés dans le monde a sapé dans une certaine mesure l'autorité morale de plusieurs pays dans le monde pour défendre efficacement les droits de l'homme", a jugé M. Guterres, qui s'exprimait pour la première fois depuis son entrée en fonction le 1er janvier devant l'assemblée à Strasbourg.

L'ex-Premier ministre portugais - premier ressortissant d'un pays de l'UE à diriger l'ONU - n'a pas spécifiquement désigné des pays européens comme mauvais élèves en la matière.

Mais ces propos surviennent alors que la Commission européenne a haussé le ton mardi contre la Hongrie et la Pologne, à cause de leur refus d'accueillir des demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce.

Lors d'une conférence de presse, organisée après son discours dans l'hémicycle, M. Guterres a regretté qu'en 2015, alors qu'il était lui-même à la tête du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), les pays européens n'aient pas fait preuve de plus de solidarité entre eux pour se répartir les centaines de milliers de réfugiés débarqués sur leurs côtes.

"Ce problème aurait pu être gérable si l'Europe avait été capable de le faire avec une pleine solidarité entre ses Etats membres", a estimé le secrétaire général, qui a "encouragé tous les pays européens à exprimer leur solidarité envers les pays d'entrée" des migrants, "de manière à ce que l'Europe dans son ensemble soit capable de faire face à ce problème".

Un million de migrants arrivés en Europe, "c'est beaucoup. Mais ça représente à peine 2% de la population de l'Union européenne. Alors que le Liban compte un tiers de réfugiés dans sa population", a-t-il observé.

M. Guterres a appelé à un "engagement fort" de l'UE pour instaurer un "régime international de protection des migrants".

Les Européens devraient également s'engager dans l'élaboration du "Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières" que l'Assemblée générale des Nations unies devrait approuver en 2019, a plaidé le secrétaire général.

Le responsable onusien a par ailleurs estimé "essentiel" que "le monde applique les accords de Paris" sur le climat, malgré les réticences de l'administration Trump aux Etats-Unis.

"Si certains gouvernements avaient des doutes quant aux objectifs poursuivis, raison de plus pour que les autres persistent et travaillent à la mise en oeuvre des accords", a-t-il insisté, soulignant que les pays qui refuseraient aujourd'hui de se lancer dans l'"économie verte" s'en "mordraient les doigts dans quelque temps".

Enfin, M. Guterres a assuré qu'il s'efforçait de réformer les Nations unies "pour qu'elles deviennent plus efficaces" et "répondent mieux aux attentes des citoyens".

afp

 

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 14:08
Des migrants africains dans la capitale libyenne le 13 avril 2017 / AFP

Des migrants africains dans la capitale libyenne le 13 avril 2017 / AFP

La Cour pénale internationale (CPI) envisage d'ouvrir une enquête sur les crimes visant les migrants en Libye, qui est devenue un "marché" pour la traite des êtres humains, a déclaré lundi la procureure de cette instance.

Des milliers de migrants, dont des femmes et des enfants, sont retenus dans des centres de détention en Libye où "les crimes, y compris meurtres, viols et actes de torture, sont présumés monnaie courante", a déclaré Fatou Bensouda devant le Conseil de sécurité des Nations unies, précisant que la CPI était en train de collecter des éléments sur ces crimes présumés.

Elle s'est dite "consternée par les informations crédibles selon lesquelles la Libye est devenue un marché pour le trafic d'êtres humains".

La CPI "examine soigneusement la possibilité d'ouvrir une enquête sur les crimes liés aux migrants en Libye" si ces cas relèvent de la compétence du tribunal, a ajouté l'ancienne avocate gambienne.

Les passeurs de migrants clandestins profitent du chaos qui règne en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. La plupart des départs ont lieu depuis l'ouest du pays, à destination de l'Italie qui se trouve à 300 kilomètres par la mer.

Notant que la situation sécuritaire en Libye s'est "considérablement détériorée" depuis l'année dernière, Mme Bensouda a mis en garde contre les liens entre la contrebande de migrants et le développement du crime organisé et des réseaux terroristes dans le pays.

Le nombre de migrants ayant quitté la Libye pour l'Europe a augmenté de près de 50% cette année par rapport aux premiers mois de 2016.

Lundi, les agences de l'ONU ont signalé la mort de onze migrants et près de 200 disparus après le naufrage de deux bateaux au large du pays.

 

Fatou Bensouda a également déclaré suivre de près une offensive menée dans l'est du pays, après l'apparition d'une vidéo semblant montrer des crimes graves commis par des soldats de l'armée nationale libyenne, y compris des exécutions sommaires de détenus.

La procureure de la CPI a également exhorté les autorités libyennes à arrêter l'ancien chef de la sécurité de Kadhafi, Al-Touhami Khaled. Selon elle, cet homme réside actuellement en Libye et fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre depuis 2013.

afp

 

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