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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 16:40
Démasqués le temps de la photo !

Démasqués le temps de la photo !

117 associations (sportives, culturelles, sociales....  de loisirs) de Vernon "s'exposaient" ce dimanche 5 septembre 2021 au Parc des Tourelles à Vernonnet. L'ADEM (Association d'Entraide aux Migrants) y tenait un stand. Cette manifestation était organisée à l'initiative du service de la vie associative de la Ville de Vernon. Une belle réussite. Nous avons rencontré beaucoup de monde et même recruté de nouveaux bénévoles ! MERCI au personnel municipal et MERCI aux élus !

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 09:33
Le photographe Olivier Jobard explique les histoires derrière ses photos exposées au festival international du photojournalisme à Perpignan, le 2 septembre 2021 / AFP

Le photographe Olivier Jobard explique les histoires derrière ses photos exposées au festival international du photojournalisme à Perpignan, le 2 septembre 2021 / AFP

Le photographe Olivier Jobard explique les histoires derrière ses photos exposées au festival international du photojournalisme à Perpignan, le 2 septembre 2021 / AFP

Fuir les bombes, les persécutions, les sécheresses ou les inondations... Aux quatre coins du monde, des photojournalistes ont posé leur objectif sur ces hommes et femmes en quête d'un ailleurs plus clément, dévoilant "à hauteur d'homme" les histoires de ceux communément appelés "migrants".

"Pour moi ce sont les héros du 21e siècle: ces personnes prêtes à tout lâcher, jusqu'à leur vie, dans le seul but de vivre mieux", affirme sans réserve Olivier Jobard, l'un des exposants au festival international de photojournalisme Visa pour l'image à Perpignan.

En Ethiopie, celui qui parcourt depuis 20 ans les différentes routes d'exil, découvre des paysans "au bord du gouffre" dont les terres asséchées ne les nourrissent plus.

Sur une photo où l'ont voit un groupe franchir péniblement des montagnes arides, un détail attire l'attention: ils portent tous des sandales vertes fluo en plastique.

"C'est le truc le moins cher, ils se font passer le mot comme quoi c'est LA chaussure de marche, mais je ne sais pas comment ils font pour parcourir 2.000 km avec", s'interroge, admiratif, le photographe.

Olivier Jobard suit nuit et jour en 2019 les pas de ceux qui rêvent de rejoindre l'Arabie saoudite, considérée comme un eldorado. Mais sur cette route empruntée par des dizaines de milliers de personnes tous les ans, certains meurent de déshydratation, d'autres se noient dans la mer Rouge.

- "A hauteur d'homme" -

Pour Moustafa, 20 ans, le voyage touche aussi à sa fin, "en même temps que tous ses espoirs d'aider son vieux père": il est gravement blessé au Yémen en guerre. "Rapatrié en Ethiopie et rongé par la honte, ce jeune paysan se laisse dépérir loin du regard de sa famille", raconte le photographe qui lui consacre plusieurs clichés.

"J'essaie de raconter mes sujets à hauteur d'homme", souligne Olivier Jobard. "Il est de notre responsabilité en tant que photojournalistes de faire extrêmement attention à ne pas tomber dans le misérabilisme", lance-t-il.

Loin des déserts brûlants, l'Europe aussi peut devenir un "piège" pour toutes les personnes fuyant la guerre dans leur pays.

Le photographe grec Angelos Tzortzinis a été le témoin de l'incendie ayant ravagé le tentaculaire camp de Moria à Lesbos en septembre 2020: "beaucoup qui y habitaient l'appelaient +l'enfer+ ou la +prison+, et quand il a brûlé j'ai entendu des migrants dire qu'ils étaient enfin libres".

- "Transmettre une émotion" -

Fuir guerre, climat ou pauvreté: derrière le "migrant", mille histoires
Le photographe grec de l'AFP Angelos Tzortzinis explique les histoires derrière ses photos exposées au festival international du photojournalisme à Perpignan, le 2 septembre 2021 / AFP

Sur une des photos de son exposition à Perpignan, on aperçoit au premier plan un garçon d'une dizaine d'années visiblement choqué par le feu qui ravage le camp derrière lui: il porte lui-même un enfant dans ses bras.

"Je ne sais même pas s'ils se connaissaient. A ce moment-là, alors que chacun devait sauver sa peau, j'ai assisté à des scènes d'entraides bouleversantes", se souvient le photojournaliste de l'AFP, l'un des quatre nominés pour le Visa d'or News de cette 33e édition.

Sur une autre photo, un enfant de trois ans accroupi et pieds nus hurle de peur, la tête entre les mains.

"Bien sûr que je couvre l'actualité, mais derrière le +hard news+, ce qui m'intéresse c'est de transmettre à travers une émotion, une histoire", souligne Angelos Tzortzinis.

Perdre sa maison, fuir et recommencer tout à zéro, un drame auquel sont aussi de plus en plus confrontés les Bangladais, mais dans leur propre pays.

"La plus grande partie (du Bangladesh) est située à moins de dix mètres au dessus du niveau de la mer et se retrouve sous l'eau tous les ans, frappée par des cyclones et des tornades", écrit le photojournaliste Abir Abdullah à propos de son exposition sur les migrants climatiques.

Il capte dans ses clichés des scènes aux allures surréalistes: une famille transporte sur une barque le toit de sa maison vers un lieu sec ou encore des hommes prient sur une planche de bois surélevée dans une mosquée engloutie par les eaux.

"Ce pays où beaucoup n’ont jamais conduit de voiture, utilisé de climatisation ni contribué un tant soit peu à la hausse des émissions de carbone pourrait bien se retrouver en première ligne de la lutte contre le changement climatique", craint le photographe.
AFP

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9 août 2021 1 09 /08 /août /2021 15:49
Eseosa Desalu, lors de son sacre en équipe aux 4x100. AP - Aleksandra Szmigiel

Eseosa Desalu, lors de son sacre en équipe aux 4x100. AP - Aleksandra Szmigiel

L'Italie a dépassé tous ses records en décrochant 40 médailles, dont 10 en or, aux JO de Tokyo. Le pays est évidemment heureux des performances de ces athlètes qui incarnent espoir, courage et fierté nationale. Mais l'Italie a aussi été très touchée par des histoires qui font particulièrement chaud au cœur. Parmi elles, celle de Eseosa Fostine Desalu (« Fausto » en Italie), l'un des champions olympiques au relais 4 x 100 mètres.
L'émouvante histoire de Fausto Desalu, 27 ans, est intrinsèquement liée à celle de sa mère Veronica. Originaire d'un village du Nigeria, elle est arrivée en 1991 dans la province de Crémone, en Italie, avec son mari également Nigérian. Mais il l'a abandonnée peu après la naissance de leur fils.
À 50 ans, cette femme au beau visage, tout en rondeur et en douceur, est aide à domicile le jour et garde une personne âgée la nuit. Une vie de sacrifices pour élever dignement son fils, lui permettre de suivre des études et de s'entraîner à la course. Mamma Veronica a tout fait pour Fausto. Elle a notamment récolté des tomates, un travail harassant souvent réservé aux migrants africains.
Devenu Italien après ses 18 ans
 « Vivre dans un pays étranger, c'est toujours difficile pour les immigrés », confie Veronica au quotidien La Stampa. « C'est pour cela que j'ai inculqué à mon fils le sens du devoir et du respect pour les autres. Ce sont les bases de l'intégration. » Veronica raconte aussi qu'elle a appris à Fausto à ne rien gâcher. Ses paroles laissent deviner les conditions très modestes dans lesquelles il a grandi : « On n'achète de nouvelles chaussures et de nouveaux vêtements que lorsque les autres sont inutilisables. »
Le regard pénétrant, lui affirme ne jamais avoir manqué de rien. Dès l'âge de 12 ans, il caressait un rêve qui s'est enfin réalisé : « Monter sur un podium, verser des larmes de joie et chanter à cor et à cri  l'hymne national Fratelli d'Italia. » Fausto n'a pourtant obtenu la nationalité italienne qu'à l'âge de 18 ans révolus.
L'Italie n'a pas encore instauré le « jus soli ». Le projet de loi est bloqué, faute de soutiens suffisants au Parlement. À ce jour, les enfants nés en Italie de parents étrangers ne peuvent demander la citoyenneté italienne que lorsqu'ils sont majeurs et à condition qu'ils aient résidé de manière permanente dans le pays depuis la naissance.
Mais Fausto s'en est fait une raison : « Il faut vivre avec les lois qui existent, comme me l'a enseigné ma mère. Mais pour un enfant né en Italie, c'est douloureux d'être mis en parenthèse », confie-t-il au Corriere della Sera. Quoi qu'il en soit, rien n'ôtera son immense sentiment de bonheur.
Sa mère va pouvoir se reposer au Nigeria
Comme les neuf autres médaillés d'or italiens aux JO de Tokyo,  il va recevoir de l'État 180 000  euros. Il promet de récompenser enfin sa mère de tous les efforts qu'elle a accomplis pour lui. Quant à Veronica, elle espère retourner au Nigeria pour y retrouver sa fille aînée et se reposer, après des années de dur labeur. Mais elle attendra que son champion olympique ait fondé sa propre famille, en Italie.
Qui sait si cette histoire, profondément humaine, relancera le débat sur le droit du sol en Italie et permettra d'avoir un autre regard sur les personnes de couleur, les plus discriminées du pays par les anti-migrants.

Anne Le Nir

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 10:41
Des réfugiés et des migrants secourus débarquent d'un navire des garde-côtes grecs dans le port d'Ierapetra, sur l'île de Crète, le 23 juillet 2021 / AFP/Archives

Des réfugiés et des migrants secourus débarquent d'un navire des garde-côtes grecs dans le port d'Ierapetra, sur l'île de Crète, le 23 juillet 2021 / AFP/Archives

Des réfugiés et des migrants secourus débarquent d'un navire des garde-côtes grecs dans le port d'Ierapetra, sur l'île de Crète, le 23 juillet 2021 / AFP/Archives
Plus de 700 migrants tentant de traverser la Méditerranée à bord d'embarcations de fortune ont été secourus durant le week-end, notamment au large de Malte et de la Libye, a annoncé dimanche l'ONG SOS Méditerranée.
Depuis samedi, six sauvetages ont été effectués dans les eaux internationales dont le dernier, dimanche après-midi, a permis de porter secours à 106 personnes se trouvant dans un bateau surchargé au large de Malte, a annoncé l'ONG européenne SOS Méditerranée dont le siège est à Marseille. L'embarcation en détresse avait été repérée par le navire de l'ONG allemande Sea-Watch.
"Le plus jeune rescapé de cette opération n'est âgé que de trois mois", a souligné SOS Méditerranée, affréteur de l'Ocean Viking, qui a recueilli ces migrants.
Cette opération est intervenue quelques heures seulement après que l'Ocean Viking ainsi que les bateaux de Sea-Watch et de l'ONG allemande ResQship furent venus en aide dans la nuit de samedi à dimanche à plus de 400 personnes en perdition en Méditerranée centrale.
Ce sauvetage particulièrement "périlleux", qui a duré jusqu'au petit matin, a permis de secourir des personnes se trouvant dans une grande embarcation en bois qui prenait l'eau, a expliqué à l'AFP une porte-parole de SOS Méditerranée.
Les rescapés ont ensuite été répartis sur le Sea-Watch3 et l'Ocean Viking pour y recevoir notamment des soins.
Depuis samedi, l'Ocean Viking en est à sa sixième opération de secours. Le navire qui avait déjà recueilli 196 personnes au cours de différents sauvetages au large de la Libye samedi, compte désormais à son bord 555 rescapés avec les deux opérations de dimanche. Parmi eux figurent au moins 28 femmes, dont deux sont enceintes, et 81 mineurs, dont 66 non accompagnés, avait précisé lors de son avant-dernier sauvetage SOS Méditerranée.
Il n'est pas encore déterminé dans quel port "sûr" ces personnes pourront débarquer.
Malgré une insécurité persistante, la Libye demeure un important point de passage pour des dizaines de milliers de migrants cherchant chaque année à gagner l'Europe par les côtes italiennes, distantes de quelque 300 km des côtes libyennes.

- "Répartition solidaire" -
La porte-parole en France du Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU, Céline Schmitt, a appelé début juillet l'Europe à se doter en "urgence" d'un mécanisme de répartition automatique, prévisible et solidaire des migrants secourus afin de leur offrir les gages d'un meilleur accueil et de ne pas laisser uniquement les pays frontaliers de la Méditerranée en première ligne.
"Si on regarde la Méditerranée centrale (la route migratoire maritime la plus meurtrière du monde, qui relie notamment la Libye à l'Italie ou Malte, ndlr), l'an dernier, ce sont moins de 50.000 personnes qui arrivent", avait-elle souligné.
"C'est totalement gérable au regard de la population européenne et au vu du nombre de personnes déracinées dans le monde, qui a atteint 82 millions de personnes", relevait la porte-parole.
Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), les départs de migrants, les interceptions et les arrivées en Méditerranée centrale sont en augmentation cette année.
"En plaidant pour de meilleures pratiques de gestion des migrations, une meilleure gouvernance des migrations et une plus grande solidarité de la part des Etats membres de l'UE, nous pouvons parvenir à une approche plus claire, sûre et humaine de cette question, à commencer par sauver des vies en mer", avait également plaidé le porte-parole de l'OIM, Paul Dillon.
Selon l'OIM, au moins 1.113 personnes sont mortes en Méditerranée au cours du premier semestre 2021 en tentant de rejoindre l'Europe.
SOS Méditerranée assure de son côté avoir secouru plus de 34.000 personnes depuis février 2016, d'abord avec l'Aquarius, puis avec l'Ocean Viking

AFP

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27 juin 2021 7 27 /06 /juin /2021 08:52
Hébergement d'urgence. A Évreux un toit pour les oubliés du 115

Créée à Évreux (Eure) en juin 2016 pour loger les personnes exclues des dispositifs institutionnels et d'hébergement d'urgence, l'association a assuré 22 700 nuitées en 2020.
Totalement indépendante, Un toit sous la main fonctionne sans aucune subvention, uniquement grâce aux dons des particuliers.
Totalement indépendante, Un toit sous la main fonctionne sans aucune subvention, uniquement grâce aux dons des particuliers.
« Nous sommes le chaînon manquant dans la chaîne de l’hébergement d’urgence » a résumé Vincent Breuil, vendredi soir, dans la salle Jules-Janin d’Évreux où se tenait l’assemblée générale d’Un toit sous la main. Cinq ans presque jour pour jour après la création de l’association, le président rappelait, en préambule, les intentions des associations d’aide aux migrants réunis dans une même volonté de soutien à tous ceux dont « la situation ne permet pas d’être hébergés par le 115 ».
Des « oubliés du 115 », déboutés du droit d’asile, en attente d’un jugement ou d’un titre de séjour qui, sans solution, se retrouvent le plus souvent à la rue. Pour leur éviter cet écueil, l’association a mis en place plusieurs stratégies. D’abord en s’appuyant sur un noyau de citoyens engagés en capacité, moyennant une compensation, d’héberger des migrants à domicile. Puis en se constituant, petit à petit, un parc de logements.

Totalement indépendante, Un toit sous la main fonctionne sans aucune subvention, uniquement grâce aux dons des particuliers. « Les associations subventionnées doivent répondre aux injonctions de l’État, ce qui exclut de fait un certain nombre de personnes » a précisé Vincent Breuil.

22 700 nuitées en 2020
Grâce à l’hébergement citoyen et aux logements obtenus via des conventions d’occupation précaire (bail précaire) ou mis à disposition, Un toit sous la main a mis à l’abri des dizaines de migrants le temps de les accompagner vers l’insertion. Au total, l’association a assuré 19 000 nuitées en 2018, autant en 2019, 22 700 en 2020 et 13 200 à ce jour pour 2021. Un chiffre en augmentation pour une structure « qui ne devrait pas exister » regrette le président.
Appel aux familles d’accueil
Pour soulager les citoyens solidaires, Un toit sous la main envisage un accueil mutualisé pour permettre aux familles qui accueillent des migrants de tenir dans la durée. Un appel est donc lancé à tous ceux qui sont capacité d’héberger une ou plusieurs personnes. De la même manière pour conserver son indépendance et continuer à couvrir les frais d’hébergement, l’association lance régulièrement des appels aux dons.

« Vos dons, défiscalisés, constituent nos seules subventions et garantissent notre indépendance. Ils seront directement et intégralement redistribués à ceux qui en ont le plus besoin, exclus de tous droits et des minima sociaux », précise l’association qui, à regret, va devoir « continuer à pallier aux insuffisances institutionnelles qui conduisent à l’abandon de ces personnes ».

Un toit sous la main : 1, rue de la Poterie – 27000 Évreux. Tél. : 06 04 06 58 27. Email : 1toitslm@laposte.net
Charles Giovacchini
La Dépêche Évreux

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 05:38
Les associations distribuent des repas trois fois par jour. Crédit : InfoMigrants

Les associations distribuent des repas trois fois par jour. Crédit : InfoMigrants

Les quelque 300 migrants qui occupent depuis dimanche le jardin Villemin, dans le 10e arrondissement de Paris, peuvent compter sur un important élan de solidarité des associations et des riverains. Tous espèrent une prise en charge rapide des autorités, synonyme d'un hébergement d'urgence et d'un peu de répit dans leur quotidien précaire.
En ce premier jour de juin, le jardin Villemin, situé près de la gare de l'Est à Paris, se réveille sous le soleil. D'ordinaire peu fréquentées en début de matinée, les pelouses du parc sont déjà occupées par des centaines de personnes.
Blottis sous des couvertures grises, les corps éreintés par une nouvelle nuit dehors émergent doucement. "Je suis ici car je veux juste un toit au-dessus de ma tête", glisse Kami. Depuis son arrivée en France en 2019, ce Somalien de 29 ans n'a connu que la rue.
Comme lui, ils sont quelque 300 migrants à avoir investi les lieux deux jours plus tôt, épaulés par le collectif Réquisitions, qui regroupe plusieurs associations dont le Droit au logement (DAL), Utopia 56 ou encore Solidarité migrants Wilson (SMW). Tous s'étaient rassemblés place de la République dimanche 30 mai avec l'espoir de pouvoir bénéficier d'un hébergement décent.
Si près de 500 personnes - dont la moitié de familles - ont été prises en charge par l'État, environ 700 n'ont pas eu cette chance. La moitié est retournée vivre dans des campements du nord de Paris. Le reste, pour la plupart originaire d'Afrique de l'Est et d'Afghanistan, occupe le jardin Villemin, dans le 10e arrondissement de la capitale.
"Sans les associations, je ne pourrais pas me nourrir"
C'est leur deuxième réveil en plein cœur de Paris, et chacun semble encore prendre ses marques dans ce campement installé à la hâte.
Au milieu du jardin, des associatifs débutent les distributions de petits-déjeuners, avant celles des repas du midi et du soir.
"En arrivant dimanche, les exilés n'ont rien eu à manger, car nous n'avions pas prévu qu'autant de personnes resteraient à la rue", explique Philippe Caro de SMW. Les humanitaires ont alors lancé des appels aux dons sur les réseaux sociaux et via leurs contacts.
Dès lors, une impressionnante chaîne de solidarité s'est constituée. "Plusieurs associations nous ont offert leur aide, comme l'Armée du salut ou les Restos du cœur", précise le militant. À ces grosses structures, s'ajoutent des plus petites comme une association basée dans les Yvelines, l'Équipe de l'espoir, qui va également fournir des denrées alimentaires. Des habitants et des restaurateurs du quartier passent aussi dans la journée apporter des vivres.
"Une chose est sûre, tout le monde mange à sa faim", se réjouit Philippe Caro, qui jongle entre la gestion des denrées et les appels des associations solidaires. 
Une source de stress en moins pour ces migrants qui manquent de tout. "Sans les bénévoles, je ne pourrais pas me nourrir et je serais affamé", confie Mohammad, un Tchadien de 24 ans, en France depuis six mois.
Si la distribution de la nourriture est assurée, l'accès à l'hygiène reste en revanche plus problématique. Seules deux toilettes sont disponibles pour les 300 migrants du parc. Les associations ont demandé d'en ajouter de nouvelles, mais elles ont essuyé un refus catégorique de l'État, inquiet de voir ce campement s'installer dans la durée.
Pour parer au plus urgent, des kits d'hygiène contenant du dentifrice, des brosses à dents, des masques, du gel hydroalcoolique ou encore du savon sont distribués aux exilés. Les quelques fontaines du parc permettent une toilette rudimentaire.
Des négociations difficiles avec les autorités
Habituées à ce genre d'occupation, les associations ont rapidement assuré la logistique malgré l'urgence de la situation. Mais pour combien de temps ? Les humanitaires négocient avec l'État l'ouverture de centaines de places d'hébergement supplémentaires mais les discussions patinent. "Les autorités ne semblent pas décidées à faire bouger les choses et à mettre ces personnes à l'abri", déplore Philippe Caro de SMW.
Les migrants, eux-aussi, commencent à s'impatienter. "On est mieux ici que sur les trottoirs de la porte de Chapelle mais ça va durer combien de temps ? On veut juste vivre dignement et construire notre vie en France", martèle Kamal*, un Soudanais d'une vingtaine d'années, assis avec des amis sur une couverture de fortune.
La plupart de ces exilés vivent dans l'Hexagone depuis plusieurs années. Certains sont des dublinés, d'autres des déboutés du droit d'asile, d'autres encore des demandeurs d'asile et quelques-uns des réfugiés statutaires. Beaucoup sont ballotés depuis des mois ou des années entre les hébergements d'urgence de la région au gré des opérations du collectif Réquisitions et des démantèlements de camps par la police.
Et à chaque fois, l'histoire se répète, comme le raconte Kami. "J'ai plusieurs fois été envoyé dans ces hébergements mais c'est toujours temporaire. Je dois toujours retourner à la rue. Je veux juste un abri, et ne plus me soucier de la police, des rongeurs ou de la pluie", supplie le Somalien.
La pluie justement devrait faire son retour dans les prochaines heures. "Qu'est-ce qu'on va faire quand la météo va se dégrader ? Que fait l'État pour protéger ces gens ?", s'interroge Yann Manzi, fondateur d'Utopia 56 qui dort aux côtés des migrants depuis dimanche. "L'accès à l'hébergement est un droit, les autorités doivent mettre la main au portefeuille et respecter la loi", renchérit Jean-Baptiste Eyraud du DAL, bien décidé à maintenir la pression.

*Le prénom a été modifié.

Leslie Carretero 

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27 mai 2021 4 27 /05 /mai /2021 15:28
L’Union Européenne appelée à revoir sa copie en matière de gestion des migrants

L’Union européenne (UE) vient de se faire épingler par un récent rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU), dans le cadre de sa politique de gestion et de sauvetage de migrants qui arrivent aux portes du ‘Vieux continent’ en traversant la mer Méditerranée.
Le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme (HCDH), estime dans ce rapport, que la politique de l’UE relative aux migrations souffre de beaucoup d’insuffisances, relevant que le manque de respect des droits des migrants en mer, est loin d’être une «anomalie tragique», il est plutôt «une conséquence de décisions politiques et de pratiques concrètes» de la part de l’UE et des autorités libyennes.
Dans son rapport publié peu après la tragédie des nombreux corps d’enfants noyés, retrouvés sur une plage de la Libye, le HCDH a ainsi appelé «l’Europe à revoir et réformer de toute urgence ses pratiques en matière de recherche et de sauvetage des migrants en Méditerranée centrale».
«La véritable tragédie est que tant de souffrances et de morts le long de la route de la Méditerranée centrale sont évitables», a indiqué Michelle Bachelet, Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, au lancement du rapport.
Incidemment, au moment même où est publié le rapport du HCDH, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), est traînée devant la justice par un groupe d’avocats, pour son implication présumée dans le refoulement des réfugiés à travers la mer Égée, une première dans l’histoire de cette agence.

Agnès Molitor

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18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 06:16
La garde civile espagnole avec un migrant qui vient d'arriver à la nage dans l'enclave de Ceuta, depuis le Maroc voisin, le 17 mai 2021 / AFP

La garde civile espagnole avec un migrant qui vient d'arriver à la nage dans l'enclave de Ceuta, depuis le Maroc voisin, le 17 mai 2021 / AFP

La marée humaine aura duré une journée entière: au moins 5.000 migrants, dont un millier de mineurs, sont parvenus lundi à atteindre par la mer ou par la terre l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc voisin, un «record», en pleines tensions entre Rabat et Madrid.
Dès les premières lueurs du jour jusque tard dans la nuit de lundi à mardi, les arrivées de migrants, venus des plages marocaines situées à quelques kilomètres au sud de Ceuta, se sont multipliées sur le territoire espagnol situé au nord-ouest du Maghreb, a indiqué un porte-parole de la préfecture de Ceuta à l'AFP.
A l'aube, ils n'étaient encore qu'une centaine, mais au fil des heures, le flot n'a cessé de gonfler.
Des jeunes hommes, mais aussi des enfants (un millier de mineurs, selon la préfecture) et des femmes comptaient parmi ces migrants, venus par la mer, à la nage, utilisant parfois des bouées gonflables ou des canots pneumatiques. D'autres encore sont arrivés en marchant, à la faveur de la marée basse.
Dans la nuit de lundi à mardi, le porte-parole de la préfecture a annoncé à l'AFP que 5.000 personnes avaient franchi la frontière et que ce chiffre, inédit, pourrait encore augmenter.
Parmi eux, un homme a trouvé la mort en se noyant, selon la préfecture.
Interrogée sur leur hébergement, la préfecture a précisé que toutes ces personnes devaient être accueillies dans des hangars sur la plage d'El Tarajal, mais que les autorités se réunissaient pour évaluer la situation, sans précédent.
Des vidéos postées sur les réseaux sociaux montraient de jeunes migrants, parfois en maillots de bain ou tout habillés, débarquant sur les plages de rochers, sous le regard des forces de l'ordre marocaines, qui ne réagissent pas dans un premier temps, avant de repousser la foule de curieux.
Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé lundi soir dans un communiqué le «renforcement immédiat des effectifs de la garde civile et de la police nationale dans la zone» avec 200 agents supplémentaires.
Rappelant que «les autorités espagnoles et marocaines ont conclu récemment un accord concernant le retour vers leur pays des citoyens marocains qui arrivent à la nage» à Ceuta, le document assure que «les contacts avec les autorités marocaines ont été maintenus» de façon «permanente».
- «Crise diplomatique» -
Pour Mohamed Benaïssa, président de l'Observatoire du nord pour les droits de l'Homme, basé à Fnideq, à quelques kilomètres de Ceuta, cette nouvelle vague de migrations concerne surtout «des mineurs, mais également des familles, tous marocains».
Elle «pourrait», selon lui, «être en lien avec la crise diplomatique entre le Maroc et l'Espagne».
Madrid n'a en effet pas intérêt à se brouiller avec Rabat, son allié clé dans la lutte contre l'immigration clandestine.
Entre le début de l'année et le 15 mai, 475 migrants sont arrivés à Ceuta, soit plus du double par rapport à la même période l'an passé, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur publiés il y a quelques jours.
-Conflit au Sahara occidental -
Les relations diplomatiques entre Rabat et Madrid se sont tendues depuis l'accueil, fin avril, en Espagne du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali pour y être soigné, le Maroc allant jusqu'à convoquer l'ambassadeur espagnol pour lui signifier son «exaspération».
Le conflit au Sahara occidental, ancienne colonie espagnole classée «territoire non autonome» par les Nations unies en l'absence d'un règlement définitif, oppose depuis plus de 45 ans le Maroc au Front Polisario, soutenu par l'Algérie.
Le Polisario réclame un référendum d'autodétermination alors que Rabat, qui considère le Sahara comme une «cause nationale», propose une autonomie sous sa souveraineté.
Les tensions à propos du Sahara occidental entraînent «immédiatement» une hausse des arrivées de migrants, constate Isaias Barreñada, professeur de relations internationales à l'Université Complutense de Madrid.
Contactées par l'AFP, les autorités marocaines n'avaient pas réagi lundi soir.
Ceuta et Melilla, l'autre enclave espagnole située sur la côte marocaine, constituent les seules frontières terrestres de l'Union européenne avec l'Afrique.

AFP 18 mai 2021

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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 07:18

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 05:52
Ronaldo Mbumba travaille à l'Ehpad de la Louvière depuis 2019. Il y est très apprécié du personnel et des résidents, qui se sont mobilisés contre son expulsion. Crédit : DR

Ronaldo Mbumba travaille à l'Ehpad de la Louvière depuis 2019. Il y est très apprécié du personnel et des résidents, qui se sont mobilisés contre son expulsion. Crédit : DR

Ronaldo Mbumba, Congolais arrivé mineur en France en 2014, est actuellement en formation en alternance dans un Ehpad d’Aurillac, dans le Cantal. Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français, il bénéficie d’un très large soutien. Une pétition contre son expulsion a déjà rassemblé plus de 40 000 signatures.
Pour ses soutiens, Ronaldo Mbumba est un modèle d’intégration réussie. Le jeune homme de 22 ans originaire de République démocratique du Congo (RDC) est pourtant sous le coup d’une obligation de quitter le territoire (OQTF) malgré son emploi d’aide-soignant dans un Ehpad d’Aurillac, dans le centre de la France.
Arrivé mineur et sans papiers dans l'Hexagone en 2014, il a été pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) de Clermont-Ferrand. À sa majorité, Ronaldo a fait le nécessaire pour que les autorités congolaises en France lui remettent un passeport afin qu’il puisse obtenir un titre de séjour. Mais aujourd’hui, la préfecture du Cantal estime que Ronaldo a utilisé de faux documents pour obtenir son passeport congolais en juin 2018.
Après avoir reçu une OQTF en février, le jeune homme a été convoqué par la préfecture du Cantal le 4 mars. Il s’est alors vu remettre une "invitation" à prendre l’avion de Lyon pour Kinshasa le 15 du même mois.
Vocation de soignant
Pourtant, jusque-là, le jeune homme avait effectué un parcours d’intégration sans faute. Installé à Aurillac, l’adolescent a obtenu en 2017 un baccalauréat avec mention après une formation d’aide à la personne en lycée professionnel. À ses 18 ans, il signe un "contrat jeune majeur" avec le département et poursuit sa formation dans ce domaine. Il multiplie les stages "à l’hôpital, en crèche, en maternelle, en maison de retraite".
"Depuis que je suis petit, je veux être médecin, confie le jeune homme à InfoMigrants. Mais quand je suis arrivé en France tout seul, j’ai vu que les études étaient très difficiles et je n’avais pas trop les bases. Ma conseillère d’orientation m’a suggéré de me former dans le domaine de l’aide à la personne."
Pour suivre cette vocation, Ronaldo a débuté en novembre 2019 une formation en alternance de deux ans en tant qu’aide-soignant à l’Ehpad de la Louvière à Aurillac où il travaillait déjà depuis le mois de mars de la même année.
Dans l’établissement, l’annonce de son OQTF a été un choc. Le jeune homme n’est qu’à quelques mois de valider son diplôme et il est très apprécié tant par le personnel et la direction que par les résidents.
"C’est une chance pour la collectivité d’avoir Ronaldo"
Gwendal le Berre, directeur de l’Ehpad de la Louvière, estime qu'"au regard de son parcours depuis son arrivée en France, c’est non seulement une chance pour la Louvière, mais aussi pour la collectivité d’avoir Ronaldo".
"Toutes les maisons de retraite ont de grandes difficultés à recruter des soignants. Lui, il fait une formation qui lui ouvre grandes les portes de l’emploi et il se trouve que c’est un très bon soignant", ajoute le responsable.
Très attachés à lui, de nombreux résidents de la Louvière ont souhaité se mobiliser pour soutenir Ronaldo. Sur la page Facebook de soutien qui a été ouverte, on peut voir des images de plusieurs résidents brandissant une pancarte où il est inscrit : "Des papiers pour Ronaldo".
Le Congolais a notamment pu passer toute la durée du premier confinement au sein de la résidence qui l'emploie. Il s’était alors fait remarquer en venant sur son temps libre chanter pour les résidents de l'Ehpad. Le jeune homme avait repris à la guitare et au chant "Les yeux de la mama" de Kendji Girac. Filmé par ses collègues, Ronaldo était apparu dans de nombreux médias locaux et avait été contacté par le conseil départemental pour participer à une campagne sur les jeunes qui se sont distingués pendant le confinement.
Pétition
Pour tenter de retenir Ronaldo en France, Gwendal Le Berre a lancé le 6 mars une pétition qui a déjà rassemblé plus de 42 000 signatures. Le 16 mars, plus de 300 personnes se sont rassemblées devant la préfecture du Cantal pour demander sa régularisation.
Deux élus du département ont également manifesté leur soutien à Ronaldo Mbumba. Le député (LR) Vincent Descoeur a envoyé le 11 mars une lettre au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin appelant à "réexaminer la situation de Monsieur Ronaldo Mbumba afin qu’une solution permettant d’obtenir sa régularisation puisse être recherchée".
Le sénateur (LR) Stéphane Sautarel a, lui aussi, interpellé le ministre de l’Intérieur et le secrétaire d’État en charge de l’enfance et des familles, le 12 mars, rapporte France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. "Par un nouveau courrier du 12 mars j’ai de nouveau saisi Adrien Taquet et Gérald Darmanin, pour leur demander de donner des instructions claires aux préfets afin de traiter avec discernement et humanité ces situations, dans l’attente d’une réforme plus profonde", a-t-il écrit dans un post sur Facebook.
Ronaldo se dit extrêmement touché par cette vague de soutien à laquelle il ne s’attendait pas. "Tout le monde a mobilisé ses réseaux, ça me dépasse. Je n’ai pas les mots pour exprimer ce que je ressens", assure le jeune homme. "Même des opposants au conseil municipal qui sont de la droite dure, ont relayé l’information de la pétition. Au delà des clivages politique, on a regardé l’homme que je suis et la manière dont je travaille."
Pas un cas isolé
Début avril, Ronaldo Mbumba a reçu de nouveaux documents des autorités congolaises. Le jeune homme les a remis à la préfecture et espère que celle-ci tranchera finalement en sa faveur. "Ça serait cool que j’obtienne au moins un récépissé pour que je finisse ma formation et que j’obtienne mon diplôme", espère le jeune soignant qui rêve de poursuivre ses études médicales et sociales jusqu’à devenir infirmier.
Le cas de Ronald Mbumba est loin d’être isolé. "D’après Vincent Descoeur, une dizaine de sans-papiers du Cantal connaîtraient actuellement le même sort que Ronaldo", indique France 3.
En novembre 2020, une aide-soignante béninoise, employée dans un Ehpad d’Isère, avait reçu une OQTF. La pandémie l’avait empêchée d’effectuer ses démarches de renouvellement de titre de séjour à temps et la préfecture souhaitait l’expulser. Sous la pression médiatique et citoyenne, elle avait finalement été autorisée à rester en France et à poursuivre son activité. 

Julia Dumont 

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