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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 18:08
Belle Fête de l'Assomption

Marie, femme des frontières

Sainte Marie, femme des frontières, nous sommes fascinés de te voir dans l'histoire du salut, perpétuellement en tête, sur les lignes frontalières, tendue non pas à séparer mais à unir des mondes différents qui s'affrontent.

Tu es debout sur les lignes de crête qui séparent l'Ancien et le Nouveau Testament. Tu es l'horizon qui unit les derniers contreforts de la nuit aux premières lueurs du jour. Tu es l'aurore qui précède le Soleil de justice. Tu es l'étoile du matin. C'est en toi, comme le dit la lettre aux Galates, qu'arrive la plénitude des temps, en toi que Dieu décide de naître d'une femme. Ainsi, en ta personne, s'achève un processus chronologique centré sur la justice et mûrit un autre, centré sur la miséricorde.

Sainte Marie, femme des frontières, merci pour ta présence auprès de la croix de Jésus. Dressée hors des lieux habités, cette croix synthétise les faubourgs de l'histoire, elle est le symbole de toutes les marginalités de la terre : mais c'est aussi un lieu de frontière, où le futur s'introduit dans le présent, en l'inondant d'espérance.

(...)

Sainte Marie, femme des frontières, il est une appellation très douce par laquelle t'invoque l'antique tradition chrétienne, exprimant ta présence aux extrémités de la terre : porte du ciel.

Eh bien, "à l'heure de notre mort", arrête-toi auprès de notre solitude comme tu l'as fait avec Jésus. Veille sur notre agonie. Ne t'éloigne pas d'auprès de nous. Tends-nous la main sur la ligne ultime qui sépare l'exil de la patrie. Parce que, si tu te trouves là, au seuil décisif de notre salut, avec toi nous passerons la frontière. Même sans passeport.

Tonino Bello

(Marie, femme de nos jours, Médiaspaul, p.61-62.) 

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Mgr Tonino Bello : né le 18 mars 1935 à Alessano (province de Lecce, Italie) et mort le 20 avril 1993, apôtre de la paix et de la non-violence, ancien évêque de Molfetta dans la région des Pouilles et ancien Président de Pax Christi.

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 06:43
Carlotta Bertelli | Facebook

Carlotta Bertelli | Facebook

Un coiffeur de mode et une photographe italiens racontent les doutes et souffrances qui ont nourri leur foi et leur amour.

« Je recherche Dieu dans la beauté, dans son amour, dans le silence qui touche par Sa présence ». Gianluca Guaitoli est coiffeur de mode. Les superbes mannequins qu’il doit coiffer pour un service photo deviennent pour lui – comme le buisson ardent de Moïse, l’eau du puits de Sichar – des occasions de rencontre avec Dieu et d’ouverture à des perspectives inattendues de grâce commune :

« Mon travail, je le fais comme il est demandé à un chrétien de le faire ; pour moi, avoir la foi c’est aller au milieu des personnes, là où elles vivent. Enzo Bianchi, un ami de longue date, me répétait souvent que Jésus allait au milieu des personnes que la société considérait de “mauvaises personnes”. Et moi je fais le coiffeur comme ça : j’aime les formes structurées, précises, mais il doit toujours y avoir un défaut, un coup de vent qui décoiffe. Le défaut est la révélation qui fait de nous des êtres uniques ».

En chaque personne, une lumière cachée

Et cette personne merveilleusement « unique », Gianluca, à force de la chercher, l’a trouvée : son épouse Carlotta Bertelli, photographe.

« Après le premier week-end passé ensemble, je l’ai déposée chez elle, à Modène. Puis je me suis mis à pleurer jusqu’à chez moi, bouleversé par cette sensation que Dieu m’avait offert enfin la personne que je n’avais jamais cessé de chercher, la lumière pour mes jours à venir ».

Grâce au light painting – une technique de prise vue photographique — Carlotta arrive à capter la lumière cachée en chaque personne :

« Je place la personne dans l’obscurité d’une pièce, dans le silence. Puis j’ouvre l’obturateur de l’appareil, posé sur un chevalet, et m’approche de la personne, en l’éclairant d’une torche. Peu à peu les parties secrètes de son visage commencent à apparaître, comme jaillissant de la nuit, fruit d’une rencontre entre deux personnes disposées à se révéler mutuellement ».

Le light painting, technique que l’on peut traduire aussi par « peinture à la lumière », est un parcours humain et artistique que Gianluca et Carlotta aujourd’hui ont beaucoup de plaisir à partager : lui s’occupe des coiffures, elle de faire les photos. Mais ensemble, ils expérimentent « l’enchantement de se perdre et de perdre du temps à regarder les atermoiements sur le visage de l’autre comme préambule avant le dévoilement », comme souligné dans l’introduction de leur dernière exposition intitulée : Les silences de la lumière. Le visage révélé (Modena, Galerie Artesì, 4-28 mars 2017).

Le « dévoilement »

À propos de « dévoilement », le couple se souvient du jour où ils ont invité un grand mannequin à venir poser pour un portrait. Pendant la séance, la jeune femme s’est mise soudainement à pleurer comme libérée d’un gros poids : « Nous lui avions probablement créer un espace où elle s’est sentie accueillie comme une personne avec d’autres personnes », racontent-ils. « Ses larmes étaient sincères… Elle nous a raconté le mal qu’elle avait à se sentir vraie, authentique, et le sentiment de libération qu’elle éprouvait maintenant ». Quelques temps plus tard, le mannequin rencontrera à nouveau le couple et lui confiera que ce moment fut pour elle comme « un retour imprévu » au baptême. « Un moment que l’on peut avoir oublié pendant des années et qui, tout-à-coup, sans prévenir, revient, rallumant une étincelle inattendue de grâce ».

Si l’Esprit te touche…

Gianluca et Carlotta ont toujours vécu leur foi comme une conquête exigeante. En 2006, la mère de Gianluca était tombée gravement malade. Il venait juste de quitter le toit familial pour aller habiter seul. Cette période, se souvient-il, fut une période terrible. « J’avais des crises d’angoisse, ne fermais pas l’œil de la nuit », explique-t-il. Alors, il s’est mis à rechercher la présence de Dieu, et s’est lancé dans la lecture de l’Évangile. Un soir, il est tombé sur l’hymne à la charité de saint Paul et a compris que cet hymne était un hymne à la vie, une carte, comme un plan de route, pour trouver l’authenticité perdue. Puis il est parti pour la Verne, au-dessus d’Assise, où il a rencontré un vieil ermite de 85 ans. Assis l’un en face de l’autre, alors que celui-ci échangeait avec lui, un rayon de lumière s’est posé sur ses yeux. Une véritable explosion de lumière : « J’ai vu une personne sainte et libre. À partir de ce moment-là plus rien ne fut comme avant. Si l’Esprit te touche, plus rien ne peut être comme avant. Car il te court après, malgré tes défauts et tes fardeaux quotidiens ».

Pour Carlotta aussi, sa foi en Dieu a été une conquête progressive. Elle raconte :

« J’ai perdu ma mère quand j’avais 2 ans et j’ai encore tant de souvenirs d’elle : son parfum, sa voix, des instants que je saurais photographier, si cela était possible. J’avais arrêté d’aller à l’église, me tenais à distance de toute cette sacralité. Le livre du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, était ma seule bible. J’ai travaillé des années ne pensant qu’à ma carrière, minute après minute, et à n’être que comme les autres me voulaient. Dans cette course effrénée, je me suis retrouvée avec de sérieux problèmes alimentaires, je n’arrivais plus à manger. Puis, avec Gianluca, peu à peu, je me suis sentie à nouveau nourrie d’un amour simple. Et maintenant, depuis quelques mois, nous sommes trois avec Francesca Edith, notre merveilleuse petite fille. La grossesse m’a fait voir un corps qui avait beaucoup changé, mais j’ai affronté avec joie ces kilos en plus. Depuis que Francesca est née, je vois mon travail d’un autre œil, il a refleuri. Autrefois je remuais ciel et terre et j’avais la sensation que ça ne suffisait jamais. Maintenant j’ai l’impression que tout est trop ».

Comme dirait le Petit Prince :

« Les hommes cultivent cinq mille roses dans un même jardin… cependant ce qu’ils cherchent pourrait être trouvé dans une seule rose, ou un peu d’eau. Seuls les enfants savent ce qu’ils cherchent ».

Traduit de l’italien par Isabelle Cousturié, version originale de Giuseppe Gazzola. 

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 05:16
Confirmation de Céline, ma filleule, ce samedi 3 juin à Evreux

Notre évêque ; le Père Christian NOURRICHARD, a confirmé 80 jeunes et adultes ce samedi de Pentecôte à la cathédrale d’Evreux.

Parmi eux, Céline, ma filleule, que j’accompagne depuis sa naissance il y a 14 ans.

Voici son témoignage de reconnaissance :

Confirmation de Céline, ma filleule, ce samedi 3 juin à Evreux

Après ce magnifique message qu'elle m'a adressé publiquement au cours de la soirée de fête qui a suivi la cérémonie, voici ma réponse :

Chère Céline,

Je suis très heureux de t'accompagner en ce grand jour de ta confirmation, comme j'étais là au jour de ton baptême, il y a 13 ans en 2004.

Je te souhaite la joie de vivre, la paix du coeur et "la foi chevillée au corps" !

Il y aura des jours plus difficiles, des questions et des doutes... N'aie crainte, tu as choisi un beau chemin de vie... le chemin du bonheur !

Je t'embrasse de tout mon coeur

Ton parrain, Denis

 

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 22:26
En route vers le baptême !

Lou, Marie et Axel, trois collégiens de Saint Adjutor étaient baptisés ce soir à la Collégiale de Vernon

Nous avons célébré ce matin, lors de la messe au Prieuré de Béthanie à Blaru, leur dernière étape de baptême. Ils étaient entourés de la communauté des soeurs Bénédictines de Montmartre et des enfants des Collèges de Jeanne d'Arc et de Saint Adjutor en retraite de "profession de foi".

Ils ont choisi le chemin de la foi, une route escarpée certes, mais un vrai chemin de bonheur !

Tous mes voeux les accompagnent !

 

En route vers le baptême !

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 22:56
Barack Obama s’est exprimé devant 80 000 personnes le 25 mai à Berlin. / John Macdougall/Afp

Barack Obama s’est exprimé devant 80 000 personnes le 25 mai à Berlin. / John Macdougall/Afp

Barack Obama était l’invité d’honneur du Kirchentag, le grand rassemblement des protestants allemands qui célèbre cette année les 500 ans de la Réforme de Martin Luther, le 25 mai.

L’ex-président américain a appelé la jeunesse à agir pour un monde meilleur.

« Engagez-vous ! » C’est avec cet appel que Barack Obama a pris à partie les 80 000 personnes venues l’écouter le 25 mai, devant la porte de Brandebourg, en plein cœur de Berlin. L’ex-président américain était l’invité d’honneur, aux côtés de la chancelière Angela Merkel, du rassemblement des protestants allemands (Kirchentag) qui a démarré mercredi 24 mai au soir et se termine dimanche 28.

Pour sa troisième prestation en public depuis 2008 dans la capitale allemande, Barack Obama n’a pas déçu une foule tout acquise à sa cause. « Quand il parle, il nous transporte », avance Sophie, une étudiante de 20 ans. « Il parle des problèmes de notre temps, de la crise des réfugiés, d’éducation. Cela me plaît. »

Le Christ et Martin Luther King en exemples

À la retraite depuis quatre mois, Barack Obama a fait de l’engagement citoyen et politique l’un de ses nouveaux chevaux de bataille à travers le lancement d’une fondation, basée à Chicago. « N’oubliez pas que les gens qui ont œuvré pour le mouvement des droits civiques aux États-Unis avaient votre âge », a-t-il lancé devant une foule constituée d’une majorité de jeunes. « Martin Luther King n’avait pas 40 ans lorsqu’il a été assassiné. Le Christ a lui aussi eu une vie courte mais il a changé le monde », a rappelé Barack Obama en suscitant une ovation.

« Vous pouvez accomplir beaucoup de choses à votre âge : votez, engagez-vous dans votre université, contre le changement climatique, contre la pauvreté. Vous ne changerez pas le monde du jour au lendemain mais votre action au quotidien aura un impact », a-t-il ajouté, avant de conclure par une formule : « Les cyniques ne changeront pas le monde. »

L’engagement, fil rouge de ces rencontres protestantes

Interrogé sur ses regrets durant ses huit années de présidence, Barack Obama a cité l’assurance médicale universelle (Obamacare) qu’il juge trop limitée et la tragédie syrienne. Mais l'ex président américain s’est voulu optimiste. « La nouvelle génération est beaucoup plus éduquée et tolérante que les précédentes. Mon souhait est qu’elle s’engage », a-t-il déclaré.

Dans la foule, une mère de famille apprécie le message mais en voit les limites. « Quel rôle puis-je jouer face à cet énorme défi que représente la crise migratoire », interroge-t-elle. « Je suis souvent perdue et me sens inutile. Ces encouragements sont beaux mais pas faciles à mettre en œuvre. »

Si l’engagement était au cœur de cette discussion entre Barack Obama et Angela Merkel, il est aussi l’un des fils rouges de ces rencontres protestantes qui célèbrent cette année les 500 ans de la Réforme de Martin Luther. Outre-Rhin, les Églises catholique et protestantes jouent un rôle de premier plan dans les débats politiques. Plusieurs représentants de partis font ainsi partie du comité d'organisation de ce Kirchentag.

« C’est une erreur de ne pas faire de compromis en politique »

Devant la foule, Barack Obama n’a pas craint, d’ailleurs, d’évoquer le rôle joué par sa foi dans sa pratique du pouvoir. Élevé par une mère athée, l'ex-président américain s'est converti au protestantisme en 1988, dans la banlieue sud de la ville de Chicago où il travaillait à l'époque dans un centre social.

« Dans nos croyances religieuses, il y a des choses avec lesquelles nous ne voulons pas faire de compromis », a-t-il souligné. « Mais c’est une erreur de ne pas faire de compromis en politique. Nous devons nous baser sur des principes moraux et éthiques pour créer des ponts avec les autres. Dans ma propre foi, je trouve toujours utile de laisser la part au doute. J’essaie d’être humble. Je pense que Dieu ne me parle pas à moi seul. Dans un monde pluriel, il faut essayer de voir que chacun d’entre nous détient une part de la vérité. »

À ses côtés, la chancelière allemande, fille d’un pasteur luthérien et habituellement plus réservée sur ses convictions religieuses, évoque elle aussi son lien avec la religion. « Ma foi signifie qu’il existe quelque chose au-dessus de moi et en moi », souligne-t-elle, à sa suite. « Elle me pousse à agir tout en sachant que je peux faire des erreurs. Elle me donne le courage d'agir et de voir les autres. »

Entre Angela Merkel et Barack Obama, les points d'accord étaient visibles et nombreux sous le soleil printanier de la capitale allemande. « Angela a été l'une de mes partenaires préférées durant ma présidence », a lancé l’ex-président américain. Peu surprenants de la part d’un homme qui, ces dernières années, a soutenu à plusieurs reprises la politique d’ouverture d’Angela Merkel envers les migrants, ces mots ont résonné le 25 mai comme un adoubement à peine voilé envers une chancelière qui remet son mandat en jeu en septembre.

Cinq jours de rassemblement

Le Kirchentag est le grand rassemblement de l’Église protestante allemande. Organisé tous les deux ans depuis 1949, il a débuté à Berlin mercredi 24 mai avec la célébration de trois offices religieux.

Cette 36e édition s’insère dans « l’année Luther » qui marque le 500e anniversaire de la Réforme. Cent quarante mille personnes sont attendues à ces cinq journées de festivités, de rencontres et de débats dans la capitale allemande.

Programme : Le soir du samedi 27 mai, les pèlerins se rendront à Wittemberg à 100 km au nord de Berlin, pour une grande veillée, là où Martin Luther placarda ses 95 thèses le 31 octobre 1517. L’office religieux de clôture s’y déroulera le lendemain matin, au bord de l'Elbe, en présence de l’archevêque anglican sud africain Thabo Makgoba.

Delphine Nerbollier, à Berlin

 

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 09:16
Le vendredi Saint : témoignage de Maurice Zundel

Chers Amis, aux yeux de Dieu, l'homme = Dieu. C'est, en somme, l'équation que Jésus inscrit dans l'histoire en ce jour du Vendredi saint.

En effet, Jésus donne sa vie pour notre vie, c'est-à-dire qu'il attribue à notre vie le poids de la sienne. Rien ne nous confond davantage, rien ne nous émeut plus profondément que cette équation sanglante et magnifique.

Voilà donc ce que nous sommes aux yeux de Dieu, voilà ce que nous valons devant lui : lui-même. Il est impossible de glorifier la vie humaine d'une manière plus magnifique. Il est impossible de révéler le caractère incommensurable de notre aventure qu'en établissant cette équation entre la vie de Dieu et la nôtre.

 

Si jamais l'homme a été tenté - et Dieu sait qu'il l'est plus que jamais aujourd'hui - a été tenté de voir en Dieu et dans la croyance en Dieu une diminution de l'homme, une situation de rivalité qui empêcherait l'homme de s'épanouir au maximum, le Vendredi saint inflige à cette crainte un démenti éternel car, justement, ce que Dieu veut ce n'est pas la soumission, l'assujettissement, l'esclavage, ce qu'il veut, c'est la liberté des fils de Dieu, ce qu'il veut, c'est que nous soyons des créateurs avec lui, ce qu’il veut, c'est que notre intimité s'enracine dans la sienne et la sienne dans la nôtre.

Il me semble que, si l'on pouvait crier dans les pays de l'Est où le communisme érige l'athéisme en doctrine d'Etat, si l'on pouvait crier cette équation, il me semble que l'on ferait refluer cet athéisme qui a, justement, ses racines dans la crainte d'une rivalité entre l'homme et Dieu, dans la crainte que Dieu signifie la diminution de l'homme. C'est le contraire qui est vrai et le christianisme, d'une manière unique précisément, proclame cette mystérieuse égalité d'amour entre l'homme et Dieu. Comment la concevoir ? Comment l'imaginer ? Comment la comprendre Comment la vivre ? Mais en tous cas, d'entrée de jeu, nous voyons que rien ne peut nous conférer une noblesse et une dignité plus grande.

Il ne s'agit pas de nous diminuer : au contraire, il s'agit de donner à notre vie une dimension infinie, infinie, infinie... C'est l'infini que nous portons en nous et c'est cet infini que nous avons à exprimer et à communiquer dans toutes les, dans tous les actes de notre vie.

Mais comment est-ce concevable, encore une fois, comment Dieu a-t-il pu écrire cette équation dans l'histoire ? Comment cette équation est-elle au cœur même de l'Evangile ?

Il faut pour cela remonter à la Trinité divine car le Dieu qui se révèle en Jésus-Christ, le Dieu qui est Jésus-Christ est un Dieu qui se communique, c'est un Dieu qui n'a prise sur son être, précisément, qu'en se communiquant, c'est un Dieu qui, loin de se posséder lui-même, n'existe que sous forme de don. Car la vie divine éternellement circule du Père dans le Fils et du Fils et du Père dans le Saint-Esprit dans une éternelle communion d'amour. Ce Dieu-là qui resplendit dans la personne de Jésus-Christ, ce Dieu-là est un Dieu libre. C'est un Dieu esprit, car être esprit, c'est cela même : être esprit, c'est ne pas se subir soi-même, c'est circuler dans la transparence de soi, sans rencontrer de limites, parce que l'être tout entier n'est plus qu'un élan d'amour.

C'est dans cette innocence, c'est dans cette enfance, dans cette enfance éternelle que gît le mystère du Dieu qui se révèle en Jésus-Christ et ce Dieu-là, ce Dieu qui est libre de lui-même, ce Dieu qui ne se regarde jamais, ce Dieu qui ne se complaît pas en soi, ce Dieu qui n'existe qu'en se donnant, de quel monde peut-il être le créateur, sinon d'un monde libre, libre jusqu'aux dernières fibres de son existence? Il a voulu, ce Dieu Esprit, une création qui fût esprit, comme Jésus le suggère à la Samaritaine.

Oui Dieu, Dieu est libre de soi, Dieu n'adhère pas à soi, Dieu est entièrement donné, Dieu est souverainement libre à l'égard de lui-même et c'est pourquoi, il va imprimer sa marque dans la création, c'est pourquoi il va susciter des esprits en les appelant chacun à vivre comme une source, à vivre comme une origine, à faire jaillir son existence d'un pur élan d'amour.

Nous voyons donc immédiatement ici le caractère nuptial de la création. Il ne s'agit pas d'un monde d'esclaves ou de robots : il s'agit d'un monde libre, libre de la vraie liberté qui est la liberté intérieure, libre de la vraie liberté qui est d'être libre à l'égard de soi-même, libre de la vraie liberté qui consiste à ne pas se subir soi-même, mais à se prendre tout entier pour renouveler son existence intégralement, en la donnant de bout en bout, en la donnant totalement à celui qui nous la donne en se donnant totalement.

Un jour nouveau est ainsi jeté sur la création, sur son sens, sur son mystère, sur les relations de l'homme avec Dieu. Dieu n'est pas un dominateur. Dieu n'est pas un souverain devant lequel il faudrait s'aplatir. Dieu est un amour qui se remet lui-même entre nos mains.

En effet, si, il s'agit d'une relation, d’une relation nuptiale entre Dieu et nous, si Dieu veut consacrer, veut contracter avec nous un mariage d'amour, ce mariage d'amour suppose que notre " oui " est indispensable à l'accomplissement du " oui " de Dieu. Et de là, justement, surgit cette passion de Dieu, cette crucifixion de Dieu qui remonte au commencement même de la création, qui remonte à ce refus originel de fermer l’or, de fermer l'anneau d'or des fiançailles éternelles. Dès que l'homme se refuse, Dieu meurt. Dieu meurt en l'homme, Dieu meurt par l'homme, Dieu meurt pour l'homme.

Il est impossible de méditer sur la passion de notre Seigneur, sans, justement, découvrir ce visage mystérieux de Dieu, ce visage d'amour et de pauvreté, ce visage de désappropriation et de liberté, ce visage où Dieu est tout don et respecte, jusqu'à en mourir, la règle du jeu car, s'il s'imposait, c'en serait fait de tout, s'il s'imposait, le monde ne pourrait plus être esprit et Dieu serait la caricature de lui-même.

C'est donc jusqu'aux racines de notre être que la lumière de la passion pénètre, en nous révélant à nous-même, d'une manière unique : voilà ce que nous sommes devant Dieu : d'autres lui-même, voilà ce que nous comptons sous son regard : nous sommes indispensables à la création, car la création ne peut être, précisément, que cette communication d'une liberté originelle, d'une liberté où chacun de nous devient le créateur de soi et de tout, où chacun de nous devient le porteur de Dieu et capable de le communiquer à tout l'univers.

Nous voyons donc à, à quel degré nous sommes concernés. Il ne s'agit pas d'un récit qui nous réfère au passé: il s'agit de ce qu'il y a de plus actuel, de plus brûlant, de plus passionnant, il s'agit du sens même de notre vie aujourd'hui !

Comme on a diminué la vie ! Comme on l'a aplatie ! Comme on l'a rendue vaine et absurde, justement parce qu'on s'est détourné de cette équation inscrite par Jésus éternellement dans l'histoire. Jésus rend à l'homme sa noblesse et sa dignité. Jésus fait de notre vie une aventure incommensurable, à condition que nous nous réveillions de notre torpeur, que nous surgissions de notre sommeil et que nous regardions avec les yeux de l'amour ce visage défiguré et glorieux qui est le visage du crucifié.

Comment ne pas rendre grâce à notre Seigneur de nous révéler ainsi à nous-même, de donner à Dieu ce visage qui nous bouleverse, d'établir entre Dieu et nous cette relation nuptiale et de nous rendre possible d'être les créateurs de nous-même en ne nous subissant plus mais en nous prenant tout entier pour nous offrir comme une hostie vivante entre les mains de l'éternel amour.

C'est ce que chacun de nous maintenant va s'efforcer d'accomplir du fond même de sa faiblesse et de sa misère mais avec toute la puissance de l'espérance et de l'amour. C'est ce que chacun de nous va s'efforcer d'accomplir, en se donnant à Jésus et, par Jésus, à la Trinité divine, pour fermer l'anneau d'or des fiançailles éternelles, afin que le monde apparaisse à travers nous comme l'ostensoir de Dieu.

 

Maurice ZUNDEL

Eglise du Saint Rédempteur à Lausanne

Vendredi Saint 1974

 

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 20:32
Samedi 25 mars, fête de « l’annonciation »

En cette fête de « l’Annonciation », (à 9 mois de Noël, ça ne s'invente pas !) où nous fêtons le OUI de Marie en réponse à l’ange Gabriel qui lui demandait si elle acceptait de porter en son sein puis de mettre au monde son fils, Jésus, le Sauveur du monde, je vous propose ce poème de Jean Debruynne, Prêtre de la Mission de France, qui nous invite à nous laisser « habiter » !

 

Entre donc chez moi

 

Seigneur, si tu passes par là, viens chez moi, entre donc.

Mais il vaut mieux que tu le saches :

tu trouveras sûrement ma porte fermée.

J´ai toujours peur, alors je mets le verrou.

Mais toi tu sais bien comment entrer,

surtout quand ma porte est fermée.

Tu arrives à passer même quand il n´y a pas de porte.

J´aime mieux te dire, Seigneur, si tu viens chez moi

tu ne trouveras pas grand’chose.

Si tu veux de l´Amour, il vaudrait mieux que tu en amènes.

Tu sais, mon amour à moi, il est plutôt rassis,

ce serait mieux que tu en apportes du "frais".

Emballe-le bien en le transportant, c´est si fragile l´amour !

Si tu avais aussi un peu d´Espérance, de la "vivace",

de celle de ton jardin, ce serait bien d´en prendre un bouquet.

J´en ai tant besoin pour fleurir mon regard.

Et si encore tu avais un peu de Foi pour moi,

rien "qu´un peu", pas plus gros qu´un grain de moutarde,

alors je déplacerais les montagnes.

Viens chez moi, aujourd’hui.

Au cœur de ma faiblesse, je T’attends !

 

Jean Debruynne (1925-2006)

 

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 07:12
"Athée moins un" par Martin Steffens

Quand je parle avec un athée, je suis souvent déçu : non pas parce qu’il est athée, mais parce qu’il l’est rarement jusqu’au bout. Il ne croit en rien – sauf en cette croyance elle-même qui donne à son athéisme des airs supérieurs. Je me dis parfois que l’athée a assez de confiance en lui pour n’en avoir pas en son Créateur. Le récit de libération par l’humanité de ses propres superstitions est si puissamment ancré (et encré) en lui, que la difficile création par Dieu d’un peuple libre de tous les esclavages (technique, politique, religieux) ne peut plus l’atteindre. L’athée « croit savoir ». Le chrétien, lui, « sait qu’il croit » : il met sa confiance en Dieu. Confiance faite et refaite, dans le doute et l’espérance. Confiance donnée en un Dieu qui a promis. Confiance dont il fait une prière : « Vois, mon Dieu, je suspends ma vie à Ton amour… Alors révèle-le encore ! »

Le véritable athée est chose rare. Quand, moi-même, je croyais l’être, je le rencontrai chez mes amis chrétiens plus qu’ailleurs. L’Église primitive passait pour incroyante. Si, dans leur genre de vie, les chrétiens se conformaient aux usages de leur pays, sur un point ils se démarquaient : ils refusaient de plier le genou devant l’empereur. Ce genou, que raidissaient les grandeurs du monde, flanchait devant de très simples choses : une mère à l’enfant, le pain quotidien, le dieu abaissé, condamné à mort par les puissances de l’État (Pilate), de l’argent (Judas) et de la religion (Caïphe).

Oui, le chrétien a quelque chose de l’athée. Il n’adore aucun Dieu, sauf un, dont il accorde que, parfois, Il se tait. Seulement, il ne conclut pas du silence de Dieu à son inexistence. Quand le monde semble démentir l’Alliance, quand Dieu devient « plus absent qu’un mort » (Simone Weil), l’oreille du chrétien ne se ferme pas, elle se creuse. Le chrétien est un athée qui attend.

Martin Steffens

La Croix, 27-28 août 2016

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 05:45
14 septembre : Fête de la Croix glorieuse !

Je vous propose cette méditation très suggestive sur la croix de Jésus :

« Dieu est menacé, menacé comme la dignité humaine, menacé comme la grandeur humaine, menacé comme tout ce qui est humain parce que, justement, Il est la respiration de tout ce qui est humain. Il est la caution de tout ce qui est humain. Il est le secret de tout ce qui est humain. Il est l'essence, Il est le cœur, Il est la lumière de tout ce qui est humain. Il est l'humanité même dans sa source et dans son universalité puisqu'Il l'est. Et c'est là justement tout le mystère de la Croix comme Il est dans sa fragilité, désarmé, livré à l'homme, livré au jugement de l'homme, livré à la condamnation de l'homme comme la vérité.

Il est si facile de piétiner, de défigurer, de s'approprier, pour en faire un monstrueux monopole, qui permettra en toute sécurité de condamner. De condamner qui ? Mais justement le Fils de l'homme et le Fils de Dieu !

Nous sommes déjà au cœur de la Passion. C'est là qu'elle s'accomplit justement dans cette méconnaissance du royaume intérieur de l'homme. Alors on voulait voir un temple, un temple immense dont la beauté stupéfiait le regard du pèlerin. On voulait circuler dans ses galeries aux assises formidables. On voulait cette splendeur d'un culte extérieur, qui finalement n'engageait à rien, on voulait ce monopole, on voulait cette certitude sur le papier qui permette de passer tranquillement à côté du blessé sans le voir. On voulait ces garanties, on voulait ces cautions qui sanctifient par des objets, sans que l'on ait besoin de se convertir et de se transformer.

Et voilà la religion, la religion tragique, la religion du Fils de l'homme, la religion de la Croix, la religion de la défaite, la religion de la fragilité, la religion de l'innocence condamnée, méconnue, piétinée. Et pourquoi s’étonner ? C'était si commode d'avoir un Dieu bon à tout faire, un Dieu dont on chargeait les épaules de tous les fardeaux de l'Histoire, un Dieu qui devait intervenir à point nommé, un Dieu qui devait mettre ses mains, ses doigts dans la mécanique du monde, un Dieu que l'on appelait à la rescousse lorsque l'on ne savait plus se tirer d'affaire et que l'on se hâtait d'oublier, lorsque la vie prospérait, s'engraissait, lorsque l'animal humain ne se sentait plus blessé, ne se sentait plus réduit à se découvrir et à reconnaître sa dignité.

Et maintenant nous savons que le Vrai Dieu, du moins nous commençons à nous en douter, que le Vrai Dieu est là, qu'Il est au-dedans de nous, qu'Il nous est livré comme la vérité aux savants, comme la musique aux musiciens, comme l'amour au cœur de l'homme…… »

Maurice Zundel

Dans Vie, Mort et Résurrection, Chapitre 1 La dignité de l’homme

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 21:24
« Dieu » quel est ton nom ? par Jean-Marie PLOUX

Le mot « Dieu » n'est pas un nom et Dieu n'a pas de réalité physique.

Sa présence se manifeste dans sa Parole portée par des hommes et des femmes qui ont confiance en lui. Parmi eux, Jésus qui l'a révélé et nous dévoile ses noms.

Le Créateur de I ‘univers n'a pas de nom, parce qu'il est non engendré. Recevoir un nom suppose en effet quelqu’un de plus ancien qui donne ce nom. Ces mots : Père, Dieu, Créateur, Seigneur et Maître ne sont pas des noms, mais des appellations motivées par ses bienfaits et ses actions. Le mot "Dieu" n'est pas un nom, mais une approximation naturelle à l’homme pour designer « l’Inexplicable »

J’aime beaucoup ces mots d'un grand Ancien, Justin de Rome : il est loin d'être le seul à s'exprimer ainsi. Tous ces chretiens des premiers siècles qui ne doutaient pas de ''existence de Dieu avaient une pudeur ou une retenue en parlant de Dieu que notre incroyance n'a plus….

Dieu est présent à tout être humain car il veille par son Esprit sur son humanité. Dans l'injustice il a nom : révolte ; dans la douleur il a nom : compassion ; dans la solitude il a nom : amitié... Si les hommes l'acceptent, il chemine avec eux et se fait leur compagnon pour parcourir la vie et traverser la mort. S'ils le refusent, il est comme un chien que l’on chasse mais qui suit obstinement, de loin, et qui viendra gémir sur nos tombes. Dieu est Amour dit l'évangéliste Jean, Son amour est inconditionnel, sans retour, désarmé, respectueux, attentif, attendant, libérateur... Amour de Dieu avec ou sans la foi, dans ou hors de l’espérance.

Dieu, personne ne l'a jamais vu mais il a confié et confie encore et confiera toujours sa Parole à celles et ceux qui mettent leur confiance en lui. Et même à ceux qui lui en veulent que le monde soit ce qu'il est, que l'histoire des hommes soit si tragique et leur existence si chaotique. Le désespoir dessine sa présence en creux.

Qu'est-ce donc que la Parole de Dieu ? C'est d’abord la parole adressée par Dieu dans l'intimité du cœur, dans les moments de bonheur et de malheur, seul ou avec d'autres. Des mots, des silences, des gestes, des cris... Avant de parler de Dieu, il faut parler à Dieu. C'est normal après tout, qui parlerait de l'amour sans avoir aimé ou souffert de ne l'être pas ?

Mais c'est ensuite la Parole créatrice de Dieu et il n'y a pas d'autre parole créatrice de l'homme que celle des hommes qui instaurent l'humanité de chaque être humain ou s'efforcent de la restaurer quand elle est abimée. Si on sait bien l'écouter, toute parole d'un être humain qui fait vivre un autre être humain, qui l'accompagne avec amour et respect dans la vie et jusque dans la mort est Parole créatrice de Dieu.

Parmi tous les porteurs de la Parole de Dieu au long des temps - les prophètes et les justes de toute notre histoire - nous, chrétiens, reconnaissons en Jésus celui qui, par ses gestes, ses paroles, sa vie et sa mort, a révélé Dieu dans le rapport le plus accompli et le plus décisif de l'homme à Dieu. A sa suite et à son écoute, nous pouvons entrer dans sa prière et découvrir peu à peu la vérité de sa parole : la Parole du Dieu ineffable, la proximité de Celui qui demeure au-delà de tout. La Parole d'un Dieu qui s'est fait l'un de nous et qui nous appelle à croire qu'il ensemence par sa présence notre chair et notre histoire pour qu'elles survivent aux naufrages du devenir et de la mort. Son nom est l'Amant et l'Ami.

Jean-Marie Ploux,

Prêtre de la Mission de France et théologien.

Lettre d’Information de la Communauté Mission de France

« Paroles de Mission » n°5 Juin 2016 page 19

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