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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 08:16
Le vendredi Saint : témoignage de Maurice Zundel

Chers Amis, aux yeux de Dieu, l'homme = Dieu. C'est, en somme, l'équation que Jésus inscrit dans l'histoire en ce jour du Vendredi saint.

En effet, Jésus donne sa vie pour notre vie, c'est-à-dire qu'il attribue à notre vie le poids de la sienne. Rien ne nous confond davantage, rien ne nous émeut plus profondément que cette équation sanglante et magnifique.

Voilà donc ce que nous sommes aux yeux de Dieu, voilà ce que nous valons devant lui : lui-même. Il est impossible de glorifier la vie humaine d'une manière plus magnifique. Il est impossible de révéler le caractère incommensurable de notre aventure qu'en établissant cette équation entre la vie de Dieu et la nôtre.

 

Si jamais l'homme a été tenté - et Dieu sait qu'il l'est plus que jamais aujourd'hui - a été tenté de voir en Dieu et dans la croyance en Dieu une diminution de l'homme, une situation de rivalité qui empêcherait l'homme de s'épanouir au maximum, le Vendredi saint inflige à cette crainte un démenti éternel car, justement, ce que Dieu veut ce n'est pas la soumission, l'assujettissement, l'esclavage, ce qu'il veut, c'est la liberté des fils de Dieu, ce qu'il veut, c'est que nous soyons des créateurs avec lui, ce qu’il veut, c'est que notre intimité s'enracine dans la sienne et la sienne dans la nôtre.

Il me semble que, si l'on pouvait crier dans les pays de l'Est où le communisme érige l'athéisme en doctrine d'Etat, si l'on pouvait crier cette équation, il me semble que l'on ferait refluer cet athéisme qui a, justement, ses racines dans la crainte d'une rivalité entre l'homme et Dieu, dans la crainte que Dieu signifie la diminution de l'homme. C'est le contraire qui est vrai et le christianisme, d'une manière unique précisément, proclame cette mystérieuse égalité d'amour entre l'homme et Dieu. Comment la concevoir ? Comment l'imaginer ? Comment la comprendre Comment la vivre ? Mais en tous cas, d'entrée de jeu, nous voyons que rien ne peut nous conférer une noblesse et une dignité plus grande.

Il ne s'agit pas de nous diminuer : au contraire, il s'agit de donner à notre vie une dimension infinie, infinie, infinie... C'est l'infini que nous portons en nous et c'est cet infini que nous avons à exprimer et à communiquer dans toutes les, dans tous les actes de notre vie.

Mais comment est-ce concevable, encore une fois, comment Dieu a-t-il pu écrire cette équation dans l'histoire ? Comment cette équation est-elle au cœur même de l'Evangile ?

Il faut pour cela remonter à la Trinité divine car le Dieu qui se révèle en Jésus-Christ, le Dieu qui est Jésus-Christ est un Dieu qui se communique, c'est un Dieu qui n'a prise sur son être, précisément, qu'en se communiquant, c'est un Dieu qui, loin de se posséder lui-même, n'existe que sous forme de don. Car la vie divine éternellement circule du Père dans le Fils et du Fils et du Père dans le Saint-Esprit dans une éternelle communion d'amour. Ce Dieu-là qui resplendit dans la personne de Jésus-Christ, ce Dieu-là est un Dieu libre. C'est un Dieu esprit, car être esprit, c'est cela même : être esprit, c'est ne pas se subir soi-même, c'est circuler dans la transparence de soi, sans rencontrer de limites, parce que l'être tout entier n'est plus qu'un élan d'amour.

C'est dans cette innocence, c'est dans cette enfance, dans cette enfance éternelle que gît le mystère du Dieu qui se révèle en Jésus-Christ et ce Dieu-là, ce Dieu qui est libre de lui-même, ce Dieu qui ne se regarde jamais, ce Dieu qui ne se complaît pas en soi, ce Dieu qui n'existe qu'en se donnant, de quel monde peut-il être le créateur, sinon d'un monde libre, libre jusqu'aux dernières fibres de son existence? Il a voulu, ce Dieu Esprit, une création qui fût esprit, comme Jésus le suggère à la Samaritaine.

Oui Dieu, Dieu est libre de soi, Dieu n'adhère pas à soi, Dieu est entièrement donné, Dieu est souverainement libre à l'égard de lui-même et c'est pourquoi, il va imprimer sa marque dans la création, c'est pourquoi il va susciter des esprits en les appelant chacun à vivre comme une source, à vivre comme une origine, à faire jaillir son existence d'un pur élan d'amour.

Nous voyons donc immédiatement ici le caractère nuptial de la création. Il ne s'agit pas d'un monde d'esclaves ou de robots : il s'agit d'un monde libre, libre de la vraie liberté qui est la liberté intérieure, libre de la vraie liberté qui est d'être libre à l'égard de soi-même, libre de la vraie liberté qui consiste à ne pas se subir soi-même, mais à se prendre tout entier pour renouveler son existence intégralement, en la donnant de bout en bout, en la donnant totalement à celui qui nous la donne en se donnant totalement.

Un jour nouveau est ainsi jeté sur la création, sur son sens, sur son mystère, sur les relations de l'homme avec Dieu. Dieu n'est pas un dominateur. Dieu n'est pas un souverain devant lequel il faudrait s'aplatir. Dieu est un amour qui se remet lui-même entre nos mains.

En effet, si, il s'agit d'une relation, d’une relation nuptiale entre Dieu et nous, si Dieu veut consacrer, veut contracter avec nous un mariage d'amour, ce mariage d'amour suppose que notre " oui " est indispensable à l'accomplissement du " oui " de Dieu. Et de là, justement, surgit cette passion de Dieu, cette crucifixion de Dieu qui remonte au commencement même de la création, qui remonte à ce refus originel de fermer l’or, de fermer l'anneau d'or des fiançailles éternelles. Dès que l'homme se refuse, Dieu meurt. Dieu meurt en l'homme, Dieu meurt par l'homme, Dieu meurt pour l'homme.

Il est impossible de méditer sur la passion de notre Seigneur, sans, justement, découvrir ce visage mystérieux de Dieu, ce visage d'amour et de pauvreté, ce visage de désappropriation et de liberté, ce visage où Dieu est tout don et respecte, jusqu'à en mourir, la règle du jeu car, s'il s'imposait, c'en serait fait de tout, s'il s'imposait, le monde ne pourrait plus être esprit et Dieu serait la caricature de lui-même.

C'est donc jusqu'aux racines de notre être que la lumière de la passion pénètre, en nous révélant à nous-même, d'une manière unique : voilà ce que nous sommes devant Dieu : d'autres lui-même, voilà ce que nous comptons sous son regard : nous sommes indispensables à la création, car la création ne peut être, précisément, que cette communication d'une liberté originelle, d'une liberté où chacun de nous devient le créateur de soi et de tout, où chacun de nous devient le porteur de Dieu et capable de le communiquer à tout l'univers.

Nous voyons donc à, à quel degré nous sommes concernés. Il ne s'agit pas d'un récit qui nous réfère au passé: il s'agit de ce qu'il y a de plus actuel, de plus brûlant, de plus passionnant, il s'agit du sens même de notre vie aujourd'hui !

Comme on a diminué la vie ! Comme on l'a aplatie ! Comme on l'a rendue vaine et absurde, justement parce qu'on s'est détourné de cette équation inscrite par Jésus éternellement dans l'histoire. Jésus rend à l'homme sa noblesse et sa dignité. Jésus fait de notre vie une aventure incommensurable, à condition que nous nous réveillions de notre torpeur, que nous surgissions de notre sommeil et que nous regardions avec les yeux de l'amour ce visage défiguré et glorieux qui est le visage du crucifié.

Comment ne pas rendre grâce à notre Seigneur de nous révéler ainsi à nous-même, de donner à Dieu ce visage qui nous bouleverse, d'établir entre Dieu et nous cette relation nuptiale et de nous rendre possible d'être les créateurs de nous-même en ne nous subissant plus mais en nous prenant tout entier pour nous offrir comme une hostie vivante entre les mains de l'éternel amour.

C'est ce que chacun de nous maintenant va s'efforcer d'accomplir du fond même de sa faiblesse et de sa misère mais avec toute la puissance de l'espérance et de l'amour. C'est ce que chacun de nous va s'efforcer d'accomplir, en se donnant à Jésus et, par Jésus, à la Trinité divine, pour fermer l'anneau d'or des fiançailles éternelles, afin que le monde apparaisse à travers nous comme l'ostensoir de Dieu.

 

Maurice ZUNDEL

Eglise du Saint Rédempteur à Lausanne

Vendredi Saint 1974

 

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 19:32
Samedi 25 mars, fête de « l’annonciation »

En cette fête de « l’Annonciation », (à 9 mois de Noël, ça ne s'invente pas !) où nous fêtons le OUI de Marie en réponse à l’ange Gabriel qui lui demandait si elle acceptait de porter en son sein puis de mettre au monde son fils, Jésus, le Sauveur du monde, je vous propose ce poème de Jean Debruynne, Prêtre de la Mission de France, qui nous invite à nous laisser « habiter » !

 

Entre donc chez moi

 

Seigneur, si tu passes par là, viens chez moi, entre donc.

Mais il vaut mieux que tu le saches :

tu trouveras sûrement ma porte fermée.

J´ai toujours peur, alors je mets le verrou.

Mais toi tu sais bien comment entrer,

surtout quand ma porte est fermée.

Tu arrives à passer même quand il n´y a pas de porte.

J´aime mieux te dire, Seigneur, si tu viens chez moi

tu ne trouveras pas grand’chose.

Si tu veux de l´Amour, il vaudrait mieux que tu en amènes.

Tu sais, mon amour à moi, il est plutôt rassis,

ce serait mieux que tu en apportes du "frais".

Emballe-le bien en le transportant, c´est si fragile l´amour !

Si tu avais aussi un peu d´Espérance, de la "vivace",

de celle de ton jardin, ce serait bien d´en prendre un bouquet.

J´en ai tant besoin pour fleurir mon regard.

Et si encore tu avais un peu de Foi pour moi,

rien "qu´un peu", pas plus gros qu´un grain de moutarde,

alors je déplacerais les montagnes.

Viens chez moi, aujourd’hui.

Au cœur de ma faiblesse, je T’attends !

 

Jean Debruynne (1925-2006)

 

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 06:12
"Athée moins un" par Martin Steffens

Quand je parle avec un athée, je suis souvent déçu : non pas parce qu’il est athée, mais parce qu’il l’est rarement jusqu’au bout. Il ne croit en rien – sauf en cette croyance elle-même qui donne à son athéisme des airs supérieurs. Je me dis parfois que l’athée a assez de confiance en lui pour n’en avoir pas en son Créateur. Le récit de libération par l’humanité de ses propres superstitions est si puissamment ancré (et encré) en lui, que la difficile création par Dieu d’un peuple libre de tous les esclavages (technique, politique, religieux) ne peut plus l’atteindre. L’athée « croit savoir ». Le chrétien, lui, « sait qu’il croit » : il met sa confiance en Dieu. Confiance faite et refaite, dans le doute et l’espérance. Confiance donnée en un Dieu qui a promis. Confiance dont il fait une prière : « Vois, mon Dieu, je suspends ma vie à Ton amour… Alors révèle-le encore ! »

Le véritable athée est chose rare. Quand, moi-même, je croyais l’être, je le rencontrai chez mes amis chrétiens plus qu’ailleurs. L’Église primitive passait pour incroyante. Si, dans leur genre de vie, les chrétiens se conformaient aux usages de leur pays, sur un point ils se démarquaient : ils refusaient de plier le genou devant l’empereur. Ce genou, que raidissaient les grandeurs du monde, flanchait devant de très simples choses : une mère à l’enfant, le pain quotidien, le dieu abaissé, condamné à mort par les puissances de l’État (Pilate), de l’argent (Judas) et de la religion (Caïphe).

Oui, le chrétien a quelque chose de l’athée. Il n’adore aucun Dieu, sauf un, dont il accorde que, parfois, Il se tait. Seulement, il ne conclut pas du silence de Dieu à son inexistence. Quand le monde semble démentir l’Alliance, quand Dieu devient « plus absent qu’un mort » (Simone Weil), l’oreille du chrétien ne se ferme pas, elle se creuse. Le chrétien est un athée qui attend.

Martin Steffens

La Croix, 27-28 août 2016

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 04:45
14 septembre : Fête de la Croix glorieuse !

Je vous propose cette méditation très suggestive sur la croix de Jésus :

« Dieu est menacé, menacé comme la dignité humaine, menacé comme la grandeur humaine, menacé comme tout ce qui est humain parce que, justement, Il est la respiration de tout ce qui est humain. Il est la caution de tout ce qui est humain. Il est le secret de tout ce qui est humain. Il est l'essence, Il est le cœur, Il est la lumière de tout ce qui est humain. Il est l'humanité même dans sa source et dans son universalité puisqu'Il l'est. Et c'est là justement tout le mystère de la Croix comme Il est dans sa fragilité, désarmé, livré à l'homme, livré au jugement de l'homme, livré à la condamnation de l'homme comme la vérité.

Il est si facile de piétiner, de défigurer, de s'approprier, pour en faire un monstrueux monopole, qui permettra en toute sécurité de condamner. De condamner qui ? Mais justement le Fils de l'homme et le Fils de Dieu !

Nous sommes déjà au cœur de la Passion. C'est là qu'elle s'accomplit justement dans cette méconnaissance du royaume intérieur de l'homme. Alors on voulait voir un temple, un temple immense dont la beauté stupéfiait le regard du pèlerin. On voulait circuler dans ses galeries aux assises formidables. On voulait cette splendeur d'un culte extérieur, qui finalement n'engageait à rien, on voulait ce monopole, on voulait cette certitude sur le papier qui permette de passer tranquillement à côté du blessé sans le voir. On voulait ces garanties, on voulait ces cautions qui sanctifient par des objets, sans que l'on ait besoin de se convertir et de se transformer.

Et voilà la religion, la religion tragique, la religion du Fils de l'homme, la religion de la Croix, la religion de la défaite, la religion de la fragilité, la religion de l'innocence condamnée, méconnue, piétinée. Et pourquoi s’étonner ? C'était si commode d'avoir un Dieu bon à tout faire, un Dieu dont on chargeait les épaules de tous les fardeaux de l'Histoire, un Dieu qui devait intervenir à point nommé, un Dieu qui devait mettre ses mains, ses doigts dans la mécanique du monde, un Dieu que l'on appelait à la rescousse lorsque l'on ne savait plus se tirer d'affaire et que l'on se hâtait d'oublier, lorsque la vie prospérait, s'engraissait, lorsque l'animal humain ne se sentait plus blessé, ne se sentait plus réduit à se découvrir et à reconnaître sa dignité.

Et maintenant nous savons que le Vrai Dieu, du moins nous commençons à nous en douter, que le Vrai Dieu est là, qu'Il est au-dedans de nous, qu'Il nous est livré comme la vérité aux savants, comme la musique aux musiciens, comme l'amour au cœur de l'homme…… »

Maurice Zundel

Dans Vie, Mort et Résurrection, Chapitre 1 La dignité de l’homme

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 20:24
« Dieu » quel est ton nom ? par Jean-Marie PLOUX

Le mot « Dieu » n'est pas un nom et Dieu n'a pas de réalité physique.

Sa présence se manifeste dans sa Parole portée par des hommes et des femmes qui ont confiance en lui. Parmi eux, Jésus qui l'a révélé et nous dévoile ses noms.

Le Créateur de I ‘univers n'a pas de nom, parce qu'il est non engendré. Recevoir un nom suppose en effet quelqu’un de plus ancien qui donne ce nom. Ces mots : Père, Dieu, Créateur, Seigneur et Maître ne sont pas des noms, mais des appellations motivées par ses bienfaits et ses actions. Le mot "Dieu" n'est pas un nom, mais une approximation naturelle à l’homme pour designer « l’Inexplicable »

J’aime beaucoup ces mots d'un grand Ancien, Justin de Rome : il est loin d'être le seul à s'exprimer ainsi. Tous ces chretiens des premiers siècles qui ne doutaient pas de ''existence de Dieu avaient une pudeur ou une retenue en parlant de Dieu que notre incroyance n'a plus….

Dieu est présent à tout être humain car il veille par son Esprit sur son humanité. Dans l'injustice il a nom : révolte ; dans la douleur il a nom : compassion ; dans la solitude il a nom : amitié... Si les hommes l'acceptent, il chemine avec eux et se fait leur compagnon pour parcourir la vie et traverser la mort. S'ils le refusent, il est comme un chien que l’on chasse mais qui suit obstinement, de loin, et qui viendra gémir sur nos tombes. Dieu est Amour dit l'évangéliste Jean, Son amour est inconditionnel, sans retour, désarmé, respectueux, attentif, attendant, libérateur... Amour de Dieu avec ou sans la foi, dans ou hors de l’espérance.

Dieu, personne ne l'a jamais vu mais il a confié et confie encore et confiera toujours sa Parole à celles et ceux qui mettent leur confiance en lui. Et même à ceux qui lui en veulent que le monde soit ce qu'il est, que l'histoire des hommes soit si tragique et leur existence si chaotique. Le désespoir dessine sa présence en creux.

Qu'est-ce donc que la Parole de Dieu ? C'est d’abord la parole adressée par Dieu dans l'intimité du cœur, dans les moments de bonheur et de malheur, seul ou avec d'autres. Des mots, des silences, des gestes, des cris... Avant de parler de Dieu, il faut parler à Dieu. C'est normal après tout, qui parlerait de l'amour sans avoir aimé ou souffert de ne l'être pas ?

Mais c'est ensuite la Parole créatrice de Dieu et il n'y a pas d'autre parole créatrice de l'homme que celle des hommes qui instaurent l'humanité de chaque être humain ou s'efforcent de la restaurer quand elle est abimée. Si on sait bien l'écouter, toute parole d'un être humain qui fait vivre un autre être humain, qui l'accompagne avec amour et respect dans la vie et jusque dans la mort est Parole créatrice de Dieu.

Parmi tous les porteurs de la Parole de Dieu au long des temps - les prophètes et les justes de toute notre histoire - nous, chrétiens, reconnaissons en Jésus celui qui, par ses gestes, ses paroles, sa vie et sa mort, a révélé Dieu dans le rapport le plus accompli et le plus décisif de l'homme à Dieu. A sa suite et à son écoute, nous pouvons entrer dans sa prière et découvrir peu à peu la vérité de sa parole : la Parole du Dieu ineffable, la proximité de Celui qui demeure au-delà de tout. La Parole d'un Dieu qui s'est fait l'un de nous et qui nous appelle à croire qu'il ensemence par sa présence notre chair et notre histoire pour qu'elles survivent aux naufrages du devenir et de la mort. Son nom est l'Amant et l'Ami.

Jean-Marie Ploux,

Prêtre de la Mission de France et théologien.

Lettre d’Information de la Communauté Mission de France

« Paroles de Mission » n°5 Juin 2016 page 19

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 08:30
Les 7 qualités des pères selon le pape François

Le mercredi 4 février 2015, salle Paul VI à Rome, le pape François présentait 7 qualités pour encourager les pères d’aujourd’hui. Publié le 18 mars 2015

Les enfants ont besoin d’un père faisant preuve d’une sagesse qui consiste à être : (…) « fier et ému d’avoir transmis à son enfant ce qui compte vraiment dans la vie, c'est-à-dire un cœur sage ».

Cette sagesse conduit à la maturité (…) « Je t’ai enseigné des choses que tu ne savais pas, j’ai corrigé des erreurs que tu ne voyais pas. Je t’ai fait sentir une affection profonde et en même temps discrète, que peut-être tu n’as pas reconnue pleinement quand tu étais jeune et faible. »

Sans une réelle proximité, de son enfant et de la mère de l’enfant il ne peut devenir un vrai père (…) « La première nécessité, (…) c’est que le père soit présent dans la famille. Qu’il soit proche de sa femme, pour tout partager : les joies et les souffrances, les peines et les espoirs. Et qu’il soit proche de ses enfants dans leur croissance : quand ils jouent et quand ils s’appliquent, quand ils sont insouciants et quand ils sont angoissés, quand ils s’expriment et quand ils sont silencieux, quand ils osent et quand ils ont peur, quand ils font un mauvais pas et quand ils retrouvent la route. Père présent, toujours. ».

La patience est essentielle : « Les pères doivent être patients. Tant de fois, il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre. Prier et attendre avec patience, douceur, magnanimité et miséricorde. »

La magnanimité est nécessaire aussi « les enfants ont besoin de trouver un père qui les attend quand ils reviennent après leurs échecs. Ils feront tout pour ne pas l’admettre, pour ne pas le faire voir, mais ils en ont besoin. Et quand ils ne le trouvent pas, cela ouvre en eux des blessures difficiles à cicatriser ».

Etre ferme est attendu (…) « Un bon père corrige mais n’humilie pas. Il sait attendre et pardonner, mais il sait aussi corriger avec fermeté : ce n’est pas un père faible, qui cède, sentimental. Il sait corriger sans humilier. »

Enfin, Il faut qu’il soit un homme de foi. « Sans la grâce de Dieu, les pères se découragent… Sans cette grâce qui vient du Père qui est aux Cieux, les pères, qui vivent la paternité à la première personne, perdent courage et abandonnent la partie… »

Sébastien Antoni

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 10:22
Maëlye, Maëva, Noémy, trois soeurs et leur mamie Josette

Il y a quelques années, Josette, 60 ans aujourd’hui, travaillait dans le même Lycée que moi à Evreux au service de la maintenance et de l’hygiène des locaux. Elle était contractuelle et remplaçante, dans une situation de grande précarité. Aujourd’hui elle est fonctionnaire et titulaire de son poste.

J’ai célébré avec elle, ce dimanche, deux grands moments : la profession de foi de sa petite fille Maëlye, 11 ans, au cours de la messe de 9h30 à l’église de Saint Marcel, puis le baptême de Noémy, 1 an, après la messe.

Quel bonheur de vivre de pareils moments ! A la grâce de Dieu !

Voici une photo des trois sœurs : Maëlye, Maëva (9 ans qui a fait cette année sa première communion) et Noémy dans l’église de saint Marcel après le baptême.

Maëlye, Maëva, Noémy, trois soeurs et leur mamie Josette

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 10:52
Noël CHOUX : « pour une vie réussie » !

Noël CHOUX, prêtre de la Mission de France, fêtait à Pontigny (Yonne), entouré de plus de 200 amis, ses 70 ans d’âge et ses 43 ans d’ordination de prêtre le dimanche de la Pentecôte (15 mai 2016).

Il nous a adressés, en guise de remerciements pour notre présence, ce message pour « une vie réussie ». Je le trouve particulièrement juste et beau :

« Plusieurs attendaient que je rappelle, une fois de plus, les trois composantes d’une vie réussie. Alors, sur leur demande, les voici :

La première, c’est le grain de folie. Le grain de folie qui fait espérer contre toute espérance, qui fait entreprendre sans avoir des certitudes et qui donne la confiance au-delà de tous les doutes. Le grain de folie qui fait rêver et oser.

La deuxième, c’est la rigueur. La folie sans la rigueur, ce serait n’importe quoi, la voie ouverte à toutes les initiatives les plus farfelues et irréalistes. Et surtout, aucune action ne serait menée jusqu’au bout. Elle calerait au premier obstacle et à la première difficulté.

Et la troisième, c’est celle qui permet aux deux premières de tenir ensemble, de ne pas s’opposer l’une à l’autre, c’est la tendresse. Pas une tendresse au rabais, ni une mièvrerie de quatre sous, mais une vraie tendresse qui fait naître un regard positif sur chacun.

Ces trois ingrédients, je les partage avec vous tous, quelle que soient vos croyances. C’est cela qui nous unit et qui nous a rassemblés. « Ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas » comme disait Paul Eluard.

Pour ceux et celles d’entre vous qui partagent avec moi la foi chrétienne, ces trois ingrédients ne sont pas étrangers à notre foi.

Cette folie, elle à l’image de celle de notre Dieu, qui donne son amour à l’humanité, qui aime chaque homme et chaque femme quelle que soit sa vie, et qui va jusqu’à envoyer son Fils partager notre vie, de la naissance à la mort. Il n’y a pas de vie chrétienne sans cette folie, qui se décalque sur celle de notre Dieu.

Cette rigueur, elle s’enracine sur celle de Jésus, qui va aller jusqu’au bout se sa mission, qui va témoigner de l’amour de son Père face à tous ceux qui veulent le faire taire, et qui va partager jusqu’à notre mort pour que nous ayons la vie.

Cette tendresse, elle prend sa source dans la tendresse même de Dieu, dans cette tendresse que notre Dieu offre à chaque femme et à chaque homme qu’elle que soit sa vie. Notre Dieu est un Dieu de tendresse.

Grain de folie, rigueur, tendresse, voilà un beau programme pour chacun et chacune d’entre nous, pour inventer un avenir à l’image de ce que nous avons vécu ensemble ce week-end. Un avenir où chacun ait sa place et soit heureux, les petits comme les grands, avec nos différences. L’avenir peut sembler parfois sombre, mais si nous l’inventons ensemble, il deviendra lumineux. »

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 17:18
50 ans de la MISSION OUVRIERE en Seine Saint-Denis : « Ce que nous croyons »

Voici la « belle » déclaration de la Mission Ouvrière de Seine Saint Denis lors de la célébration de ses 50 ans à Sevran samedi 9 avril 2016 :

« Ensemble aujourd'hui, enfants, jeunes et adultes, nous sommes fiers de vivre dans notre département du 93.

Nous sommes les héritiers d'une longue et belle histoire ouvrière..... Ici à Sevran, nos anciens envoyaient leurs pellicules photos à développer à l'usine Kodak ;

Ici même dans ce quartier de Freinville, on y fabriquait justement des freins pour les trains de la SNCF. Rappelons qu'il y a 4 ans, nous avions soutenu la longue lutte des ouvriers de PSA dans la ville voisine d'Aulnay. La société évolue et maintenant la vie ouvrière prend de nouveaux visages comme dans la ville nouvelle de la Plaine Saint Denis.

Aujourd'hui même, partout en France, des jeunes et des travailleurs sont en train de se mobiliser pour lutter contre les précarités. Unis à eux, nous les applaudissons !!!!!!!!!

Nous sommes tous différents, et notre département est riche de toutes ces diversités : de langues, de cultures, de traditions, de couleurs, de religions. Ce n'est pas toujours facile de vivre bien ensemble, mais nous aimons être un département arc-en-ciel où nous apprenons à élargir notre regard et notre cœur aux dimensions du monde entier.

Trop souvent notre département est stigmatisé dans les médias : il serait celui de toutes les violences urbaines, de tous les trafics, de toutes les délinquances ...

Nous ne sommes pas naïfs, mais nous savons bien que notre département ne se réduit pas à ces vraies difficultés, mais que des trésors d'humanité s'y vivent quand les jeunes, les enfants, les adultes de toutes origines y inventent, y créent, y partagent les fruits de leur travail et de leur amitié.

Aujourd'hui rassemblés, nous sommes aussi porteurs des évènements de notre monde. Porteurs de tout ce qui lui fait du mal : les guerres, les attentats, les pollutions de toutes sortes, la famine pour encore trop de peuples ... mais porteurs aussi de toutes les solidarités vécues, de tous les espoirs mis en actes, de tous les efforts de paix, de plus grande écologie, de non-violence .... »

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 21:10
Abraham et Moïse… amis de Dieu !

Aux sources bibliques de l’amitié (1) Abraham, l’ami de Dieu

Et si nous allions interroger la Bible sur l’amitié ? C’est ce que je vous propose dans l’un ou l’autre article, et cela, en commençant par Abraham lui-même. Et l’on découvre que celui qui est le père des croyants était appelé « l’ami de Dieu ». Dès l’origine, le thème de l’amitié est donc présent, et pas n’importe quelle amitié, celle qui lie à Dieu lui-même !

C’est Jacques qui le rappelle : « Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice; et il fut appelé ami de Dieu. » (Jc 2,23). Mais d’où tient-il cela ? En fait, il cite le prophète Esaïe (41,8) : Toi, Israël, mon serviteur, Jacob, toi que j’ai choisi, descendance d’Abraham, mon ami ». Abraham ne s’est pas déclaré ami de Dieu, il n’a pas revendiqué cette amitié, c’est Dieu lui-même qui le déclare tel par la bouche de son prophète.

On voit dans le texte de Jacques qu’il y a un lien fort entre le fait d’être juste et celui d’être ami de Dieu. Mais en quoi Abraham était-il « juste » ? La Genèse (15,6) nous répond : « Abram eut foi dans le Seigneur, et pour cela le Seigneur le considéra comme juste ». Cette affirmation est tellement importante qu’elle fut reprise telle quelle par trois fois dans des épitres (Jc 2,23, Rm 4,3 et Gal 3,6).

Ainsi, l’amitié qui existe entre Dieu et Abraham se fonde sur la foi, sur la confiance comme le disent explicitement d’autres traductions : « Abram fit confiance au Seigneur et, à cause de cela, le Seigneur le déclara juste »

Le terme "ami" évoque l’affection, l’intimité, la confiance. Il s’agit d’une intimité profonde et partagée. Ces mots nous décrivent une relation remarquable qui laisse dans l’émerveillement. Un être humain, limité, est considéré par Dieu comme son ami très cher, avec lequel il veut lier une relation chaleureuse, durable et unique.

Les mots mon ami représentent bien comment Dieu considérait Abraham, dont la relation avec lui était une amitié vraie et profonde.

Abraham l’a manifesté par la confiance absolue qu’il a mise en Dieu, son ami, se montrant loyal et fidèle à travers tout, quoique Dieu lui demande. On peut penser à la ligature d’Isaac mais aussi, dès le départ au « Va dans le pays que je te montrerai » et tant d’autres étapes de sa vie.

Il l’a aussi manifesté par sa confiance dans les paroles échangées : en relisant la grande intercession d’Abraham en faveur de Sodome (Gn 18), on ressent jusqu’où la vraie amitié peut aller dans la confiance mutuelle.

Ainsi Abraham nous montre aujourd’hui encore le chemin pour devenir à notre tour « ami de Dieu ».

Rosy

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Aux sources bibliques de l’amitié (2) Moïse : comme un ami…

Après Abraham, je vous propose aujourd’hui d’aller à la rencontre de Moïse.

« L’Eternel parlait avec Moïse face à face, comme un ami parle à son ami ». (Ex. 33,11)

Qui ne serait pas attiré par ce verset qui traduit une profonde intimité avec Dieu, et qui est sans doute une situation unique dans la Bible ? D’ailleurs nous lisons en Dt 34,10 : « Il n'a plus paru en Israël de prophète semblable à Moïse, que l'Eternel connaissait face à face ».

Alors, pourquoi Moïse ?
Comme Abraham, Moïse est un homme qui a accepté de tout quitter pour obéir à la voix de Dieu. Il a fait une entière confiance à Dieu qui lui demandait une « mission impossible ». A cause de cela, il fut désigné comme la personne la plus humble que la terre ait jamais portée (Nb 12.3) ! Cette amitié est donc liée à la foi, à l’humilité, à la confiance et donc à l’obéissance à la Parole de Dieu. Le fruit de cette attitude intérieure a permis à un homme d’entrer dans une relation d'intimité avec le Seigneu
r.

Et que veut dire ce « face à face » ?

Il y a là de quoi nous étonner, car si souvent la Bible nous rappelle qu’on ne peut voir Dieu sans mourir. Ainsi en Ex 33,20 Dieu dit : «Tu ne pourras pas voir mon visage, car l'homme ne peut me voir et vivre. » Et pourtant, à la tente de la Rencontre, là où Moïse parlait avec Dieu, il se passait bien quelque chose d’extraordinaire car ensuite « Aaron et tous les enfants d'Israël regardaient Moïse, et voici la peau de son visage rayonnait; et ils craignaient de s'approcher de lui » (Ex 34,30)

En même temps, certains textes soulignent que Dieu parlait à Moïse « à face découverte », et nous pouvons comprendre qu’il se révélait ainsi sans énigme. Dieu dit :(Nb 12,8) « Je lui parle (à Moïse) bouche à bouche, je me révèle à lui sans énigmes, et il voit une représentation (une forme ? le dos ? ) de l'Eternel. »

Cette rencontre privilégiée se tient en un lieu qui l’est tout autant : la tente de la Rencontre, désignée aussi sous les noms de « Tabernacle » ou de « Demeure ».

Porté par notre désir de connaître cette intimité que Dieu nous offre, nous pouvons dire aussi, avec le psalmiste : « Pour moi, dans mon innocence, je verrai ta face » (Ps 17,15)

Ainsi Moïse vivait une dimension « de cœur à cœur » avec son Dieu, un Dieu qui cherche à s’entretenir avec nous, à se révéler à nous.

Oui, notre Dieu aime parler avec ses amis !

Rosy

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Published by Denis CHAUTARD - dans Foi
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