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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 08:30

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28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 16:39
Parler de Dieu quand Dieu n’intéresse plus personne

« La culture chrétienne est en net recul, notamment chez les plus jeunes » : tel est le titre d’un article paru dans « Le Monde » du 14 août, donnant les résultats d’un sondage de l’IFOP réalisé début août 2020. Le commentateur Jérôme Fourquet écrit : « Il y a un phénomène global de sécularisation de la société. Pour beaucoup, cela n’a plus grand intérêt de connaître cette culture. C’est devenu une langue étrangère, voire inconnue, pour une grande partie des jeunes générations. » Telle est bien la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Il s’agit directement dans ce sondage de « culture chrétienne » et non pas de « foi chrétienne ». On peut avoir une bonne culture chrétienne sans avoir la foi, l’inverse n’étant guère possible puisque la foi naît de la parole et que cette parole contient nécessairement des éléments de connaissance et donc de culture. Bien d’autres sondages ont déjà eu lieu ces récentes années, indiquant un déclin continu de la pratique religieuse et de l’adhésion aux données de la foi. Il y a tout lieu de penser que le mouvement va se poursuivre. Pour ceux qui sont croyants, une telle situation est un vrai défi, sans compter la souffrance qu’elle peut entraîner, notamment chez les personnes âgées constatant l’abandon religieux chez leurs enfants et plus encore chez leurs petits-enfants. La question est de savoir comment il est possible aujourd’hui de communiquer la foi, quelle parole et quel témoignage pourraient surmonter ce manque d’intérêt évident pour les réalités de la foi.
La sécularisation est là. Il s’agit donc de savoir comment suggérer un intérêt pour la question de Dieu hors toute démarche religieuse. Est-ce seulement possible ? La question n’est pas vraiment neuve, car elle a été posée prophétiquement par Dietrich Bonhœffer dont les Lettres de prison restent indépassables. Il n’y a sans doute pas d’autre possibilité pour faire saisir quelque chose de la foi que de parler de Dieu à partir de nos réalités humaines. La situation présente est une invitation à cesser de mettre en œuvre une démarche traditionnellement déductive qui consiste à partir d’un Dieu préalablement défini pour en déduire ensuite une « vision chrétienne » de l’homme. Ce n’est pas de l’homme qu’il faut parler à partir des réalités religieuses. Il s’agit désormais de parler de Dieu à partir de l’homme. La question de Dieu ne peut faire sens que si elle se situe dans le prolongement de la question de l’homme. Elle se situe dans son développement. Dieu devient ce qui est au cœur de la consistance humaine. Il cesse d’être celui à partir duquel on pourrait déduire ce qu’est l’homme, car il est celui dont le visage se construit à partir de notre humanité. Oui, c’est bien à partir de l’homme que nous pouvons connaître quelque chose de Dieu. Une telle démarche ne fait que se conformer au fait de la révélation de Dieu dans l’homme Jésus. C’est bien à partir de cette humanité singulière qui est celle de Jésus de Nazareth que s’esquisse le visage de Dieu. C’est vrai à tel point que Jésus déclare en saint Jean 14, 9 : « Qui m’a vu a vu le Père. » Parole que l’on pourrait qualifier, à partir de nos habitudes religieuses, de « réductionnisme inacceptable ». « Non, pourrions-nous rétorquer au Christ, qui t’a vu n’a pas vu le Père, le Père c’est encore quelqu’un d’autre, quelqu’un qu’on n’a pas le droit de confondre avec toi ! Ne serais-tu pas le faux prophète d’un Dieu sans transcendance ? Nous en avons assez de ce rappel permanent de l’humain, nous avons besoin d’un Dieu autre, un Dieu qui nous élève l’âme vers les hauteurs, loin de nos vallées de larmes. Nous avons précisément besoin d’autre chose que de l’humain, et voilà que tu viens rabaisser nos aspirations jusqu’à prétendre qu’il suffit de te voir, toi l’homme de Nazareth, pour voir Dieu. Quel affadissement ! Quel enfermement ! Nous espérions nous élever vers les sphères célestes et tu nous rabaisses au ras du sol ! »
 
« De plus, cet homme que tu es et auquel tu as osé réduire ton Père a perdu sur la Croix tout attrait humain. Cet homme est devenu le dernier de tous, le flagellé, le condamné, et tu voudrais que l’on ramène Dieu à une telle déchéance ! Non, il nous faut bien maintenir l’écart, l’abîme entre toi et Dieu, entre l’homme et Dieu. Sinon, nous sommes perdus. Il n’y aurait plus alors de raison de nous attacher à Dieu si Dieu nous ressemblait à ce point ! Nous avons besoin d’un autre Dieu, d’un vrai Dieu, d’un Dieu qui ne soit pas un homme, surtout pas un homme humilié, affligé, meurtri, mis à mort. Non, nous avons besoin d’un Dieu fort, d’un Dieu tout-puissant, d’un Dieu rayonnant, capable de venir nous secourir au lieu de ce Dieu humble qui vient partager notre sort. » Mais ce Dieu, ce Dieu des religions, ce Dieu haut placé, ce Dieu puissant, ne serait-ce pas lui qui vient de déserter notre univers ? N’est-ce pas lui le Dieu qui n’intéresse plus grand monde en dépit des réclamations religieuses d’un nombre de plus en plus réduit de personnes ? N’est-ce pas, finalement, le Dieu de la religion, ce Dieu tout-puissant, glorieux et condescendant, qui a cessé d’être crédible pour la majorité de nos contemporains ?
 
Prenons au départ le fait de plus en plus évident que ce qui intéresse les hommes de bonne volonté, c’est de pouvoir mener une vie proprement humaine, sans tambour ni trompette, une vie avec ses joies simples et ses petits bonheurs du quotidien, une vie où l’on puisse vivre dans la dignité, où nous puissions participer au festin de la vie en savourant les douceurs de la terre, la beauté des choses et la chaleur des relations, une vie où chacun a le souci de construire la fraternité humaine. Tout cela ne peut-il pas remplir nos vies ? Pourquoi relativiser notre mode de vie, à partir d’un point de vue qui serait celui d’un Dieu extérieur proposant quelque chose de beaucoup plus grandiose ?
 
L’humain, à partir duquel le Christ nous parle de Dieu et en esquisse le visage, est fait de tout ce qui donne du prix à notre vie, comme cela donnait du prix à sa propre vie. Il n’y avait pas que des grandes choses dans sa vie, celles que l’on dit réservées aux élites, il y avait tous ces gestes simples et amicaux qui créent de la fraternité, il y avait cette attention à la souffrance d’autrui qui était le premier pas effectué pour soulager le malheur humain, il y avait aussi ces repas et ces boissons qu’il appréciait au point d’être traité de glouton et d’ivrogne par ses détracteurs. Il y avait cet accueil inconditionné des blessés de la vie, ce parfum répandu sur sa tête, ces repas partagés avec ceux qu’il n’aurait jamais dû fréquenter selon la morale en cours des hommes religieux.
 
Oui, tout cela nous renvoie à un autre Dieu. Un Dieu humain, un Dieu proche, un Dieu qui titube avec nous tout en nous comblant de sa tendresse. Ce Dieu ne s’impose pas et je me garderai bien d’en faire un Dieu nécessaire. Non, il est même un Dieu facultatif, c’est-à-dire un Dieu qui laisse à l’homme la faculté de le laisser de côté. Il est un Dieu dont on peut se passer, même si lui ne peut pas se passer de nous. Un Dieu que je ne peux rencontrer qu’en découvrant simultanément que je suis infiniment précieux à ses yeux. Il est un Dieu qui réjouit le cœur, un Dieu qui permet la vie, un Dieu qui n’attend personne au tournant, un Dieu qui se cache au cœur de toute relation de fraternité, un Dieu qui dilate toute la richesse de l’humain parce qu’il est lui-même la plénitude intérieure de l’humain. Il est un Dieu dont il est possible de parler humainement, un Dieu qui se laisse aborder sans même qu’on le sache, un Dieu qui ne craint pas de se laisser rencontrer en se recouvrant d’anonymat lorsque n’importe quel homme, croyant ou incroyant, accueille n’importe quel autre homme croyant ou incroyant. Il est un Dieu qui se découvre dans « le murmure d’une brise légère » (Ier Livre des Rois, 19, 12) et non dans l’ouragan, l’éclair, les tremblements de terre, les tsunamis, les chars d’assaut, la violence des dictatures, la barbarie des attentats. Un Dieu si discret qu’il est là, alors même que n’en savons rien et que nous n’éprouvons rien. Ce Dieu-là est un Dieu source de ce qu’il y a de plus humain dans l’homme. Il est la dimension ultime de ma propre humanité. Mon espérance est que ce Dieu-là suscite dans notre cœur le désir de le rencontrer, tout autrement que ne peut le faire, du haut de sa grandeur, un Dieu souverain figé dans l’absolu. Nous restons responsables des traits que revêt son visage lorsque nous parlons de lui. Tout le reste lui appartient.
Publié le 28 décembre 2020 par Garrigues et Sentiers

Alain Durand
Dominicain
Prieur du Couvent de la Tourette (69210 - l’Arbresle)

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 21:28
Incertitude, Certitude par Frère Yves COMBEAU, Dominicain

Soyons francs : l'épidémie est avec nous pour un moment. Nous avons peut-être cru que l'été venant, elle partirait sur la pointe des pieds. Elle n'est pas partie et nous déambulons tous avec des masques — et, en ce qui me concerne, de la buée sur les lunettes. Cette protection qui brouille ma vision est comme l'image de notre état moral. Je ne crois pas me montrer excessif en le résumant par un mot : incertitude.
Incertitude sur notre avenir. Ce n'est pas que nous manquions de courage, ni de dévouement, ni de capacité à tenir dans l'épreuve ; plutôt la récurrence de cette question : que faire ? Que penser ? Jusqu'à quand ? Et après ? Cela est vrai de nombreux domaines, la vie de l'Église comprise.
Bref : l'avenir est à peu près aussi clair que mes lunettes quand j'ai le masque sur le nez. Dans cette brume, quels repères ? Quels phares ? Ceux que Jésus a posés. L'Évangile nous ramène à l'essentiel : charité, foi, espérance. Voilà une certitude qu'aucune circonstance ne peut ébranler.
Charité, c'est-à-dire amour et service de l'autre, qui est notre frère, notre soeur, et spécialement de notre prochain, cette personne que Dieu a placée devant nous. Foi, c'est-à-dire confiance en Dieu qui tient ses promesses. Espérance, c'est-à-dire attente et désir du Salut, d'un mieux, d'un meilleur, d'un au-delà.
Ce n'est pas toujours facile. Nous le savons assez depuis que nous sommes adultes. La charité se heurte à cent obstacles, raison et foi se livrent toujours à leur vieille querelle dans la tête de beaucoup d'entre nous, et l'espérance... Eh bien ! C'est, je crois, de l'espérance que nous avons le plus besoin ces jours-ci. De cette audace tranquille qui fait dire aux personnages de l’Écriture : « Je sais que Dieu ne m'oublie pas ; je sais qu'il va venir ; je sais que mon salut est proche. » Ce n'est pas toujours facile, certes, mais c'est une certitude. Le Christ et ses témoins l'affirment. Saint Paul, qui a connu l'épreuve et la connaîtra encore, écrit dans la Lettre aux Romains « l'espérance ne déçoit pas » (Rm 5, 5), et elle ne déçoit pas parce qu'elle est fondée sur la mort et la résurrection du Christ. Le reste peut soulever des interrogations, jusqu'au désarroi, comme Paul le confie plus loin (Rm 7, 16-20), mais l'espérance, elle, demeure claire et solide :
« J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les principautés célestes, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature - rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre
Seigneur ! »
La buée s'efface de mes lunettes. 


Fr. Yves Combeau, o.p.
Source : Bulletin du Jour du Seigneur n°221 page 12
 

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 09:36
Peinture d'Arcabas : les disciples à l'auberge d'Emmaüs

Peinture d'Arcabas : les disciples à l'auberge d'Emmaüs

Peut-on imaginer que notre Seigneur nous ait donné l’Eucharistie pour que nous refabriquions un culte idolâtrique, pour que nous puissions le posséder là, à la portée de notre main, en l’enfermant dans une boîte pour qu’il soit bien à nous?
Peut-on concevoir un pareil matérialisme de la part du Seigneur? Peut-on imaginer qu’il ait dérobé sa présence visible aux Apôtres pour nous restituer dans l’hostie un foyer d’idolâtrie, comme si nous pouvions disposer de Dieu comme on le fait d’un objet? C’est absolument impossible. C’est le contraire.
Ce que notre Seigneur a voulu, c’est établir entre lui et nous toute la distance de la foi, toute la distance de l’amour, exactement toute la distance qui mesure l’écart entre notre moi biologique et notre moi oblatif.
Car nous ne pouvons l’atteindre qu’à travers notre moi oblatif, nous ne sommes en contact avec lui que dans la mesure où nous décollons de nous-même.
Et c’est justement ce décollement qu’il a voulu provoquer dans l’Eucharistie en établissant entre nous et lui toute l’humanité et tout l’univers.


Comme toujours, notre Seigneur en l’Eucharistie nous oriente vers l’homme.
Pour venir à moi, nous dit le Christ, pour me trouver réellement, pour ne pas trouver une caricature et une idole, pour ne pas recommencer l’illusion mortelle des Apôtres, il faudra que vous assumiez toute l’humanité et tout l’univers – au moins en intention, c’est-à-dire avec toutes les énergies dont vous disposez en ce moment même.
Quand vous aurez formé ensemble mon Corps mystique, quand vous serez tous réunis autour de ma table, alors, ce sera le moment de m’appeler, et je n’hésiterai pas à répondre.
Il est clair que ce sont là les intentions du Seigneur, et c’est pourquoi l’Eucharistie n’a pas besoin d’être nommée dans les derniers entretiens rapportés par saint Jean, parce qu’elle est implicitement contenue dans le commandement de l’amour, dans la consigne suprême et le Lavement des pieds.


Comme toujours, notre Seigneur en l’Eucharistie nous oriente vers l’homme.

Jésus sait toutes les impostures que l’on peut mettre sous le nom de Dieu, puisqu’il va en être victime.
C’est au nom de Dieu qu’on va le tuer, qu’on va le crucifier. C’est au nom de Dieu qu’on déclarera que sa présence est un danger public et qu’il faut l’éliminer pour que le peuple soit sauvé.
C’est le grand-prêtre – prophète, puisque grand-prêtre cette année-là – qui fera cette déclaration. Rien n’est plus officiel, rien n’est plus religieux que cette sentence et cette condamnation.
Comment peut-elle être exécutée, pensée et conçue au nom du vrai Dieu? C’est impossible. Il est clair qu’il s’agit d’un faux dieu à l’image de celui qui prononce ce jugement. Jésus savait que les faux dieux pullulent sous le couvert du vrai et que, seule, peut nous guérir de l’idolâtrie la charité qui nous oriente vers l’homme.
L’homme a des besoins réels. Pour s’adapter à tous et à chacun, il faut décoller de soi-même, il faut réaliser cette nouvelle naissance, il faut passer du dehors au-dedans, il faut se surmonter soi-même réellement et être toujours disponible à l’amour de Dieu qui n’est jamais absent.
Lorsque je dis: le Seigneur répondra à la communauté rassemblée, à cette communauté qui porte, dans Ignace d’Antioche, le nom d’agapè, c’est-à-dire d’amour, «le Seigneur répondra» est encore une manière humaine de parler.
Le Seigneur répond toujours. Il est toujours là: c’est nous qui ne sommes pas là. L’humanité de Jésus est toujours avec nous. Davantage: elle est toujours en nous, car c’est à travers la sainte humanité de notre Seigneur que toute grâce nous est toujours communiquée. Et, puisque la grâce est ce que nous avons de plus intime, que c’est la grâce qui suscite notre intimité délivrée, nul doute que l’humanité de notre Seigneur soit avec nous dans une proximité insurpassable. (…)
Notre Seigneur va nous demander, pour nous approcher de lui, c’est-à-dire pour entrer en contact réel avec sa présence, qui ne manque jamais, de faire de nous une présence réelle, une présence universelle, une présence catholique, sans frontière, une présence où tout homme se sent accueilli et où tout l’univers peut faire un nouveau départ.
C’est là le sens de l’Eucharistie: vous ne pourrez venir à moi qu’ensemble. Vous ne serez habilités à m’appeler que si vous ne formez plus qu’un seul corps, mon Corps mystique qui, seul, est en prise sur son chef, moi-même.

Maurice Zundel
Conférence lors d’une retraite
à l’Abbaye de la Rochette (Savoie) en 1963.

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 09:27
Kamala HARRIS élue vice présidente des Etats Unis

Kamala HARRIS élue vice présidente des Etats Unis

Dans une interview sans fards, la candidate démocrate à la présidentielle américaine Kamala Harris se confie sur sa foi personnelle et l’impact que celle-ci aurait sur une administration Biden-Harris à la Maison-Blanche. Rencontre.
Candidate démocrate à la Maison-Blanche aux côtés de Joe Biden, la sénatrice Kamala Harris a accepté de répondre à différentes questions relatives à sa foi personnelle. Une discussion décomplexée, à la veille de l’élection présidentielle, où elle s’explique sur les liens profonds entre ses croyances et son engagement politique.

Interview.
Lors du débat vice-présidentiel, vous avez déclaré: «Joe Biden et moi sommes tous deux des gens de foi». Parlez-nous de votre propre parcours de foi.
Mon cheminement spirituel a commencé quand j'étais petite fille. Le dimanche, ma mère nous habillait, ma sœur Maya et moi, avec nos habits du dimanche et nous envoyait à l'église, où Maya et moi chantions dans la chorale d'enfants. C'est de là que datent mes premiers souvenirs des enseignements de la Bible. C'est là que j'ai appris qu’«avoir la foi» est une action, et que nous devons la vivre et l’incarner en actes.
Ma mère, une immigrante de l'Inde, m'a inculqué la même idée lors de voyages dans des temples hindous. Et je l'ai également vue se refléter dans les traditions et les célébrations juives que je partage maintenant avec mon mari, Doug. De toutes ces traditions et de tous ces enseignements, j'ai appris que la foi n'est pas seulement quelque chose que nous exprimons dans l'église et dans la prière, mais aussi dans notre façon de vivre, de travailler et la manière dont nous poursuivons nos appels respectifs.
Vous avez été procureure de San Francisco, procureure général de Californie et maintenant sénatrice des États-Unis. Comment votre foi influence-t-elle votre approche du leadership ?
Le Dieu en lequel j'ai toujours cru est un Dieu d'amour, un Dieu qui nous demande de servir les autres et de parler pour eux, en particulier ceux qui ne sont pas riches ou puissants et ne peuvent pas parler pour eux-mêmes. Je peux faire remonter ma croyance en l'importance du service public à la parabole du bon samaritain et à d'autres enseignements bibliques sur le souci du prochain, et à la compréhension que nos voisins ne sont pas seulement ceux qui vivent au sein du même code postal, mais qu'ils incluent aussi l'étranger.
L’église est un lieu où l'on se sent enraciné dans un monde complexe

Tout au long de ma carrière, j'ai toujours essayé de me faire l'avocate des sans-voix et des personnes vulnérables, qu'il s'agisse de survivants d'agressions sexuelles ou de propriétaires californiens escroqués par les grandes banques.
Quel rôle voyez-vous pour les organisations religieuses et les lieux de culte au sein d’une administration Biden-Harris?
Joe et moi ,nous sommes engagés à travailler en partenariat avec les chefs religieux, les congrégations et les organisations confessionnelles pour renforcer et développer le travail essentiel qu'ils font pour soutenir leurs communautés au lendemain de cette pandémie.

Tout au long de nos carrières, nous avons tous deux travaillé avec des organisations confessionnelles pour accroître la justice et la paix, et nous continuerons à le faire dans une administration fédérale.

Nous ne nous contenterons pas de nous associer aux organisations et aux communautés religieuses, nous les protégerons. Au cours des quatre dernières années, nous avons assisté à une augmentation des incidents antisémites alors même que les communautés chrétiennes, musulmanes et sikhes ont également été visées par des actes de terrorisme interne. Lorsque Joe et moi serons à la Maison Blanche, nous contribuerons à protéger ces communautés en augmentant les subventions pour la sécurité de ces communautés religieuses, en établissant un programme d'application de la loi basé sur la foi au sein du Ministère de la justice et en renforçant les poursuites contre les crimes de haine.

La liberté et la tolérance religieuses sont des principes fondamentaux de ce pays depuis sa fondation, et Joe et moi les maintiendrons et les protégerons – tout en protégeant les croyants de toutes les confessions.

Vous avez dit que vous fréquentiez régulièrement l'église. Qu'est-ce qui vous plaît dans le fait d'aller à l'église?

Depuis que je suis petite, l'église n'est pas seulement un lieu où je puise des forces, c'est aussi un lieu de réflexion, un lieu où l'on étudie les enseignements du Seigneur et où l'on se sent enraciné dans un monde complexe. L'église joue toujours ce rôle pour moi. Et j'en tire également quelque chose d'autre: un sentiment de communauté et d'appartenance où nous pouvons établir des relations durables et être là les uns pour les autres en cas de besoin.

Quel est votre verset biblique préféré?

«Nous marchons par la foi et non par la vue», de la deuxième Épître aux Corinthiens. C'est un rappel que Dieu nous aidera à relever les défis auxquels nous sommes confrontés, tant que nous faisons le travail et que nous gardons notre foi. Comme beaucoup de personnes croyantes, j'ai des conversations privées avec Dieu, où je lui demande généralement la force et la protection pour prendre de bonnes décisions et faire ce qui est juste.

PROTESTINTER

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 09:18
Joe Biden s’apprête à devenir le deuxième président catholique de l’histoire des États-Unis. CAROLYN KASTER/AP

Joe Biden s’apprête à devenir le deuxième président catholique de l’histoire des États-Unis. CAROLYN KASTER/AP

Soixante ans après l’arrivée à la Maison-Blanche de John Fitzgerald Kennedy, Joe Biden a atteint le seuil des 270 grands électeurs nécessaires à son élection comme 46e président des États-Unis, samedi 7 novembre. Il s’apprête à devenir le deuxième président catholique de l’histoire des États-Unis. Dans les rangs de ses coreligionnaires, ses positions en faveur de l’avortement et du mariage homosexuel ne font pas l’unanimité.
Sa foi a fait partie intégrante de son récit de campagne. En août dernier, l’un de ses clips politiques le présentait même riant, en 2016 au Vatican, aux côtés du pape François. Vainqueur du scrutin du 3 novembre, le démocrate Joe Biden devient, soixante ans après l’arrivée à la Maison-Blanche de John Fitzgerald Kennedy, le deuxième président catholique de l’histoire des États-Unis.
Originaire d’une famille modeste et pratiquante issue de l’immigration irlandaise, le septuagénaire a toujours mis en avant son éducation religieuse. « Il a notamment fait plusieurs déclarations très élogieuses sur les religieuses qu’il avait côtoyées durant sa scolarité dans des établissements catholiques », retrace Blandine Chelini-Pont, professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Aix-Marseille, spécialiste du catholicisme américain.
« Honnête dans sa foi »
Dans ce pays très religieux, l’homme s’est forgé la réputation d’être un fidèle fervent et authentique, assidu au culte dans sa paroisse de St. Joseph on the Brandywine, à Wilmington dans le Delaware. On lui prête même de garder toujours avec lui, dans sa poche, un chapelet. Pour Blandine Chelini-Pont, « il passe pour quelqu’un d’honnête dans sa foi, et cette religiosité a même contribué à lui acquérir l’adhésion de certaines franges évangéliques », même si ces dernières ont toujours largement constitué la base électorale de Donald Trump.
Discours devant des groupes de croyants pendant les primaires démocrates, clips de campagne axés sur sa foi, confessions dans la presse, congrès rassemblant d’éminents responsables religieux… Ces derniers mois, le camp démocrate a cherché à capitaliser sur les convictions religieuses de l’ex-bras droit de Barack Obama, pour tenter de cibler les voix de ses coreligionnaires. « Contrairement aux dernières campagnes électorales, il y a eu un revirement de la part du parti, qui a fait un effort considérable pour valoriser sa spiritualité », abonde Blandine Chelini-Pont.
Une foi éprouvée
Après le dramatique accident de voiture ayant tué, en 1972, sa première femme Neilia Hunter et leur fille Naomi, et après le décès en 2015 de son fils aîné Beau, emporté à 46 ans par une tumeur au cerveau, Joe Biden s’est souvent confié dans la presse sur la manière dont sa foi l’a aidé à surmonter les grandes tragédies de sa vie. « C’est un homme qui a été éprouvé, et cela lui a forgé un caractère compassionnel qu’il projette dans sa démarche politique », poursuit la spécialiste.
Décoré en mai 2016 de la médaille Laetare de l’université Notre-Dame-du-Lac - considérée comme la plus haute distinction des catholiques américains -, le septuagénaire est connu pour citer volontiers les Écritures ou Jean-Paul II. « Je crois que la foi est un don. Et le premier devoir que nous avons tous est : “Aime ton Dieu.” Le deuxième est : “Aime ton voisin comme toi-même” », avait écrit sur son site de campagne, celui qui assure défendre un programme économique inspiré par la Doctrine sociale de l’Église.
Résistances
Toutefois parmi les catholiques américains, ses positions en faveur de l’avortement et du mariage entre personnes de même sexe cristallisent de très nombreuses critiques. Au point d’avoir même été violemment tancé, ces derniers mois, par certains évêques lui reniant son identité catholique. « Pour la première fois, le ticket démocrate n’inclut pas un catholique. Triste », avait ainsi tweeté Mgr Thomas Tobin, évêque de Providence (Rhode Island).
« Cela me déroute vraiment que Joe Biden (…) [déclare] à maintes reprises être catholique et [promeuve] l’avortement illimité », avait aussi fustigé Mgr Rick Stik, évêque de Knoxville (Tennessee). D’autres ont implicitement appelé, en raison des positions de Joe Biden sur les questions sociétales, à voter pour Donald Trump. Aux États-Unis, l’épineuse question du droit à l’avortement reste extrêmement polarisante, et oriente pratiquement à elle seule le vote des chrétiens.

Malo Tresca, 

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 08:23
L’Église Saint-Georges, à Brunstatt (en Alsace), vidée de ses fidèles à l’heure de la messe durant le premier confinement. JEAN-FRANÇOIS FREY/L'ALSACE/MAXPPP

L’Église Saint-Georges, à Brunstatt (en Alsace), vidée de ses fidèles à l’heure de la messe durant le premier confinement. JEAN-FRANÇOIS FREY/L'ALSACE/MAXPPP

Monique Baujard, doctorante en théologie et Anne-Marie Pelletier, bibliste, réagissent à la saisie du Conseil d’État par de nombreux évêques qui demandent la levée de l’interdiction des cultes publics.
Faut-il ajouter à la débauche de protestations, de revendications en circulation dans le corps social et dans l’Église ? Peut-être que oui, au vu de ce qui se passe en cette dernière, où une partie des catholiques s’est enflammée pour obtenir une exemption au confinement, que les autres religions ont accepté.
Voilà bien comment nous prenons notre part à la cacophonie et à la confusion ambiantes autour de la défense des libertés. À chacun son culte. Ici, celui d’une laïcité dont le fleuron ambigu serait le droit au blasphème. Là, celui du « culte » tout court, défendu avec des accents de piété irrécusable. Les catholiques font savoir qu’ils ont le droit d’« aller à la messe », une liberté non négociable. Et si peu négociable que l’on porte l’affaire devant la justice, pour confondre un État français, que l’on déclare en guerre contre les catholiques.
Interdiction des cultes publics : le Conseil d’État s’apprête à trancher
Sérieuse inconséquence à l’heure où il nous faut nous rassembler pour défendre tous ensemble une juste laïcité, contre la menace des communautarismes. Comme si une forme de trumpisation gagnait insidieusement les esprits, qui fractionne la société, creuse la méfiance de l’autre, fait se barricader dans une identité que l’on déclare menacée.
Une posture qui laisse songeur et inquiet. Comment assumer en vérité, c’est-à-dire de manière évangélique, notre mission de chrétien dans le monde ? Un monde agité de peurs, de colères, de frustrations. Où la peste de la désinformation et de la manipulation des esprits est aussi active que le virus. Où l’islamisme radical recrute gaillardement pour semer la terreur. Où le quotidien de beaucoup de Français, sur fond d’une pandémie sans fin, est la peur du chômage, de la misère, de bouleversements, qui laissent la jeunesse tragiquement aux prises avec un lendemain sans avenir.
Porteur d’espérance
Or, c’est bien dans cette conjoncture qu’il s’agit de vivre en chrétien, d’être porteur d’espérance contre toute espérance, témoin du Ressuscité face à de multiples désespoirs et aux succès insolents de la mort. Qui contestera qu’il nous faut puiser notre fidélité et notre énergie à partir de la source, c’est-à-dire du Christ ? Qui contestera que la vie sacramentelle est la modalité la plus naturelle de cette relation ? À condition cependant de ne pas laisser contaminer cette vérité par les étroitesses, qui voudraient qu’il n’y ait de vie chrétienne qu’à fréquenter les églises selon les protocoles du temps ordinaire. Et qui prétendrait en particulier assigner la relation au Christ à une participation dévote à la messe célébrée par des prêtres en présentiel ou en virtuel…
C’est peut-être le moment de réentendre Jérémie recevant, à l’heure du péril, l’ordre divin de se rendre au temple pour interpeller ceux qui en font un talisman protecteur. Cessez d’invoquer le « Temple du Seigneur ». C’est une autre fidélité qui est requise d’Israël à cette heure de crise ! Cela n’est pas sans rapport avec notre situation présente. Certes, c’est bien l’Eucharistie qui fait l’Église, en même temps que celle-ci la célèbre. Mais il est faux de prétendre que l’Eucharistie épuise les moyens par lesquels un chrétien partage la vie du Christ et à part à sa mission. C’est d’ailleurs le discours que l’institution ecclésiale s’est toujours empressée de tenir à l’égard des divorcés remariés…
La Parole de Dieu, table de vie
La privation provisoire de l’Eucharistie pourrait être l’occasion salutaire pour tous de reprendre conscience que la Parole de Dieu est, de façon tout aussi nécessaire, table de vie. Et qu’il suffit que deux ou trois soient réunis au nom du Christ, ouvrent ensemble les Écritures, pour que le marcheur anonyme du chemin d’Emmaüs leur soit présent, et que se renouvelle l’illumination des cœurs qui devrait être le préalable de toutes les fractions du Pain célébrées dans l’Église.
Belle occasion en fait d’expérimenter à neuf l’Église comme communauté de disciples. De se rappeler mutuellement que l’on n’est pas chrétien en se recroquevillant sur l’entre-soi, mais en sortant comme le Christ en sortie d’Évangile. Car la mission d’un chrétien a un nom que nous ne pouvons ignorer en ces jours de Fratelli tutti. C’est la fraternité ! Loin d’un plat humanisme, la première lettre de saint Jean nous apprend qu’elle est la vérification de l’amour de Dieu et, par conséquent, en christianisme, une réalité à densité mystique ! Tout comme elle est l’antidote à nos replis, qui ne font que conforter la relégation des croyants dans la sphère privée.

Ne nous leurrons pas, la véritable fidélité aujourd’hui n’est pas dans la défense crispée de pratiques auxquelles nous tenons légitimement mais qui, dans leurs formes traditionnelles, sont en train de s’effondrer. Elle a à voir plutôt avec une confiance et une générosité qui nous rendent créatifs de nouvelles formes de vie communautaire. Dans une solidarité avec une société remplie d’urgences, qui est le lieu où les chrétiens ont rendez-vous avec Celui dont ils reçoivent leur vie et leur mission.
Monique Baujard et Anne-Marie Pelletier

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 18:29
Diacre et premier préfet handicapé de France, Jean-Christophe Parisot est mort

Atteint d’une maladie génétique évolutive, la myopathie, l’auteur du Manifeste des humains fragiles, haut-fonctionnaire et premier handicapé à être nommé préfet, était considéré comme un porte-parole hors du commun, essentiel à la société et porté par une foi vive. Après une vie consacrée à la défense des exclus et des plus vulnérables, Jean-Christophe Parisot est mort ce dimanche 18 octobre à l’âge de 53 ans.
Atteint d’une maladie génétique évolutive, la myopathie, Jean-Christophe Parisot a eu le temps d’avoir une vie bien remplie et accomplie. Père de famille de quatre enfants, diacre, romancier à ses heures (Ce mystérieux Monsieur Chopin), il a été, en 2012, le premier préfet atteint de handicap et a même été fait Chevalier de la Légion d’Honneur des mains de Manuel Valls. Il a eu à coeur de porter la parole des personnes handicapées afin qu’elle soit entendue dans la société. En janvier 2020, il invitait d’ailleurs, à travers la publication de son Manifeste, à reconnaître le rôle essentiel joué par les humains fragiles dans le développement durable. Car il était aussi un relais fidèle de la Parole de l’Évangile.

“Le temps qu’il nous est donné de vivre est un cadeau du Ciel”
Dans sa dernière homélie en tant que diacre, le 4 octobre dernier, il rappelait l’importance du temps accordé sur la Terre. “Vous endormez-vous sans remercier Dieu pour cette journée passée? Vous réveillez-vous sans remettre à Dieu le jour qui vient? Le temps qu’il nous est donné de vivre est un cadeau du Ciel. Pour beaucoup, le temps s’écoule si vite qu’on ne prend plus le temps de vivre. Il faut du bruit tout le temps, comme le silence était dangereux.”

Au-delà de son engagement auprès des plus faibles, ce message dit beaucoup de son esprit de gratitude et d’un autre engagement tout aussi important dans sa vie. Celui d’éveiller l’homme à la présence de Dieu et à la beauté de la vie. C’est en devenant diacre en 2002 qu’il a répondu à cet appel, devenant alors le plus jeune diacre permanent de l’Église catholique en France. Sa foi a toujours été là. En octobre dernier, il témoignait de son expérience du sens de la Croix du Christ dès l’enfance, sur KTO.

Ses derniers voeux, très inspirés, ont été publiés sur sa page Facebook : “Avant de quitter ce monde, il tenait absolument à remercier tous ceux qui ont suivi ses actions, l’ont encouragé dans son combat contre l’indifférence et l’injustice liées au handicap, l’ont accompagné avec bonté et amitié dans ses indicibles souffrances. Il a aimé la vie, aimé ceux qui font de la faiblesse une force. Il espérait que l’esprit de résistance puisse s’intensifier dans les générations à venir. De là où il serait, il a promis d’intercéder, autant que possible et si Dieu le permet, en faveur de ceux qui sont enfermés par leur handicap et qui luttent en faveur des fragiles.” 
Ces mots ont été rédigés par sa famille peu après l’annonce de son décès. Ils traduisent un engagement qui ne s’arrêtera pas à sa mort, à l’image de la force de vie dont il a fait preuve dans tous ses combats. De son côté, sa soeur Anne-Sophie Parisot a ajouté qu’il “n’avait cessé d’affirmer combien le handicap était une chance pour notre société.” Elle rappelle notamment son rôle “d’initiateur de mouvements citoyens favorables à la participation des personnes en situation de handicap à la vie démocratique française”, ainsi que son travail, en tant que préfet, aux côtés de François Chérèque “dans la mise en oeuvre du plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale.”
Le rédacteur en chef de Ombres & Lumière, Cyril Douillet, a salué l’homme qui “portait avec détermination sans faille la voix des personnes fragiles, la voix de l’Évangile. Un prophète, vraiment.”
Rappelant la force du texte de son livre La voie de la fragilité, dans lequel il dialogue avec le directeur de l’Office chrétien des personnes handicapées, Monseigneur Matthieu Rougé y a souligné “le magnifique témoignage de courage et d’espérance.”

Louise Alméras - Domitille Farret d'Astiès 

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 10:13
Timothy Radcliffe reprend dans soin denier livre une phrase forte du cardinal Newman : « Ne craignez pas que votre vie prenne fin, craignez plutôt qu’elle n’ait jamais de commencement. » DAVID HARTLEY/SHUTTERST/SIPA

Timothy Radcliffe reprend dans soin denier livre une phrase forte du cardinal Newman : « Ne craignez pas que votre vie prenne fin, craignez plutôt qu’elle n’ait jamais de commencement. » DAVID HARTLEY/SHUTTERST/SIPA

Pour l’ancien maître de l’ordre dominicain, « le christianisme tourne autour d’une seule et unique chose : être vivant ». Dans un livre foisonnant, il nous convainc que « la plénitude de la vie commence dès aujourd’hui ». 
(Choisis la vie ! le livre de Timothy Radcliffe Traduction de l’anglais par Robert Sctrick Cerf, 500 p., 20 €)

Il y a quelques années, une série de conférences à l’université de Newcastle a donné à Timothy Radcliffe l’occasion de réfléchir au lien entre religion et pensée contemporaine sous l’angle de « l’imaginaire ». Ce thème ne pouvait pas déplaire à l’ancien maître de l’ordre dominicain qui, depuis toujours, aime nourrir sa prédication de références à la littérature, au cinéma ou à la chanson. Cette fois, il pouvait essayer de dire comment les chrétiens conçoivent, se représentent et expriment ce qui les anime. De cette expérience, est né un livre qui a donc pour sous-titre « Un imaginaire chrétien ».
Un livre profus, foisonnant, truffé de toutes sortes de citations, plein d’humour et, souvent, d’autodérision ; bref, débordant de vie. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Dans son projet d’« ouvrir aux laïcs et aux athées une porte sur l’imaginaire chrétien », Timothy Radcliffe démontre - y compris aux chrétiens - « que le christianisme tourne autour d’une seule et unique chose : être vivant ».
Le livre cite bien sûr d’entrée ce verset évangélique : « Moi, je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait surabondante » (Jn, 10,10). Mais aussi ce mot du cardinal Newman : « Ne craignez pas que votre vie prenne fin, craignez plutôt qu’elle n’ait jamais de commencement. » Car Timothy Radcliffe veut nous en convaincre : « La plénitude de la vie commence dès aujourd’hui. »

« Si tu n’aimes pas, tu es déjà mort»

Ne pas en conclure que Choisis la vie ! est un manuel de développement personnel parfumé à l’eau de rose et vantant un bonheur facile. Ce livre nous parle de la maladie, de la fatigue, du mal, de la pauvreté. « Suivre le Seigneur est une aventure risquée que ne couvre aucune assurance », écrit Timothy Radcliffe, qui cite aussitôt un autre dominicain, Herbert McCabe : « Si tu aimes, attends-toi à être blessé, peut-être tué. Si tu n’aimes pas, tu es déjà mort. »

Vivre pleinement à la suite du Christ, sous la plume du dominicain est une réponse, presque un défi, à la culture utilitariste contemporaine, à sa volonté de tout étroitement contrôler, à commencer par le temps, et de tout tarifer. Dans un très beau chapitre sur la liturgie, Timothy Radcliffe observe : « En ce lieu, nous est promis un bonheur qui ne peut être acheté mais qui nous est donné gratuitement. »

Refus du dualisme

Ce qui frappe, une nouvelle fois, dans la réflexion de Timothy Radcliffe, c’est sa réfutation éclatante du dualisme, de la séparation entre un esprit qui serait noble et un corps qui serait mauvais. La tentation a bien sûr toujours été présente au sein du christianisme. Mais, paradoxalement, elle habite désormais la culture scientifique contemporaine qui « rêve souvent le salut comme évasion hors du physique ». Le transhumanisme apparaît ainsi comme l’antithèse de l’incarnation qui est le cœur même du christianisme.
« Le christianisme est une religion très physique, nous dit Timothy Radcliffe. De même que nous nous représentons mieux la « vie spirituelle » dès lors que nous la rapportons à cette activité physiologique essentielle qu’est la respiration, de même toute notre vie corporelle, l’ouïe, la vue, le tact, marcher boire et manger, est sanctifié dans le Seigneur. » Lui qui, « au cours de sa dernière nuit sur terre, lava les pieds sales et fatigués de ses disciples et leur ordonna de faire de même entre eux ».

Aucun domaine de la vie et de la foi n’est passé sous silence. Notre amitié avec le Christ qui doit conduire les chrétiens à « nouer des amitiés que le monde considère comme impossibles ». La nécessité pour les chrétiens d’une « réappropriation de la non-violence radicale de Jésus ». L’importance, aussi, pour eux, de se consacrer à l’étude, Timothy Radcliffe n’hésitant pas à affirmer : « La doctrine nous délivre de tout ce qui est étroit et ennuyeux. » Ce livre en est une assez belle démonstration.


Guillaume Goubert

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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 18:32
Dieu a-t-il crée le mal ? La réponse de Albert Einstein.

Un professeur a défié ses étudiants avec cette question.
-Est-ce que Dieu a créé tout ce qui existe?
Un étudiant a bravement répondu : – oui, Il l’a fait!
Le professeur a dit : – Dieu a tout créé?
-Oui, monsieur, a répliqué l’étudiant.
Le professeur a répondu : si Dieu a tout créé, il a donc aussi créé le mal, Puisque le mal existe et selon le principe de nos travaux qui définissent ce que nous sommes, alors Dieu est mauvais.
L’étudiant était resté silencieux devant une telle réponse. Le professeur était tout à fait heureux de lui-même et il se vantait aux étudiants qu’il avait prouvé encore une fois que la foi était un mythe.

Un autre étudiant a levé sa main et a dit : – Puis-je vous poser une question professeur ?
-Bien sûr, a répondu le professeur.
L’étudiant a répliqué : – Professeur, le froid existe-t-il?
– Quel genre de question est-ce, cela ? Bien sûr qu’il existe. Vous n’avez jamais eu froid ? a répliqué le professeur.
Le jeune homme a répondu : – En fait monsieur, le froid n’existe pas. Selon la loi de physique, ce que nous considérons comme le froid, est en réalité l’absence de chaleur. Tout individu ou tout objet possède ou transmet de
l’énergie. La chaleur est produite par un corps ou par une matière qui transmet de l’énergie. Le zéro Absolu (-460°F) est l’absence totale de chaleur ; toute la matière devient inerte et incapable de réagir à cette température. Le Froid n’existe pas. Nous avons créé ce mot pour décrire ce que nous ressentons si nous n’avons aucune chaleur.
L’étudiant a continué : – Professeur, l’obscurité existe-t-elle?
Le professeur a répondu : – Bien sûr qu’elle existe !
L’étudiant a répondu : – Vous avez encore tort Monsieur, l’obscurité n’existe pas non plus. L’obscurité est en réalité l’absence de lumière. Nous pouvons étudier la Lumière, mais pas l’obscurité. En fait, nous pouvons utiliser le
prisme de Newton pour fragmenter la lumière blanche en plusieurs couleurs et étudier les diverses longueurs d’onde de chaque couleur. Vous ne pouvez pas mesurer l’obscurité. Un simple rayon de lumière peut faire irruption dans
un monde d’obscurité et l’illuminer. Comment pouvez-vous savoir l’espace qu’occupe l’obscurité ? Vous mesurez la quantité de lumière présente. N’est-ce pas vrai ? L’obscurité est un terme utilisé par l’homme pour
décrire ce qui arrive quand il n’y a pas de lumière.
Finalement, le jeune homme a demandé au professeur :-Monsieur, le mal existe-t-il?
Maintenant incertain, le professeur a répondu :- Bien sûr comme je l’ai déjà dit. Nous le voyons chaque jour. C’est dans les exemples quotidiens de l’inhumanité de l’homme envers l’homme. C’est dans la multitude des crimes
et des violences partout dans le monde. Ces manifestations ne sont rien d’autre que du mal!
L’étudiant a répondu :- le Mal n’existe pas Monsieur, ou du moins il n’existe pas de lui-même. Le Mal est simplement l’absence de Dieu en soi. Il est comme l’obscurité et le froid, un mot que l’homme a créé pour décrire l’absence de Dieu en soi. Dieu n’a pas créé le mal. Le Mal n’est pas comme la foi, ou l’amour qui existe tout comme la lumière et la chaleur. Le Mal est le résultat de ce qui arrive quand l’homme n’a pas l’amour de Dieu dans son coeur. Il est comme le froid qui vient quand il n’y a aucune chaleur ou L’obscurité qui vient quand il n’y a aucune lumière.
Le professeur s’est assis.
Le nom du jeune homme? Albert Einstein né le 14 mars 1879 à Ulm, dans le Wurtemberg, et mort le 18 avril 1955 à Princeton, dans le New Jersey 

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