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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 12:58

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Marc 9,38-41 : « Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : “Nous avons vu quelqu’un chasser des esprits mauvais en ton nom ; nous avons voulu l’en empêcher, car il n’est pas de ceux qui nous suivent Jésus répondit : “Ne l’empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom, ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n’est pas contre nous, est pour nous. Et quiconque vous donnera à boire un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, en vérité, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense. ” »

Il n’est pas de ceux qui nous suivent. » Dans l’événement que Jean rapporte à Jésus, ce qu’il met en évidence, ce n’est pas le fait que des humains aient vécu une expérience de libération, mais, c’est une sorte d’anomalie : quelqu’un a chassé des esprits mauvais au « nom » de Jésus, sans appartenir au groupe de ceux qui suivent Jésus! On sent toute l’indignation et l’incompréhension du disciple : « quelqu’un » qui n’est pas identifié comme faisant partie du groupe des apôtres a eu l’audace d’utiliser un pouvoir lié au « nom » de Jésus ! Le collectif désigné par « nous » (les Douze, et les disciples marchant avec eux) a voulu « l’empêcher » de poursuivre son action bienfaisante. Cette intransigeance est révélatrice d’une attitude tellement répandue : exclure par prétention à l’exclusivité. Le groupe des Douze se perçoit comme le dépositaire exclusif du « nom » de Jésus; pas question d’accepter la concurrence de gens en dehors du cercle reconnu. Comme cette manière d’être nous est malheureusement familière ! Combien de rivalités, de mesquineries, de tensions entre communautés chrétiennes ne sont-elles pas fondées sur cette prétention à se croire, seuls, détenteurs de la vérité. Il est salutaire que l’Évangile vienne débusquer nos pratiques sectaires.

« Ne l’empêchez pas... » Empêcher, c’est faire obstacle, mettre une entrave, et parfois même faire tomber. Là où Jean et les autres disciples veulent fermer, exclure, réduire au silence, par peur de ne plus avoir la maîtrise, Jésus leur apprend à accueillir : toute son attitude et ses gestes sont ouverture d’un espace nouveau, de liberté, un espace où « circule » l’Esprit. La parole à entendre, c’est celle qu’il adresse au sourd qui parlait difficilement : « Ephata ! », c’est-à-dire « Ouvre-toi » ! (Me 7, 34) On pourrait traduire : « Sois ouvert », « Accepte d’être ouvert! ». Jésus déplace l’angle de vue : l’essentiel, c’est de ne pas s’approprier la puissance capable de chasser les démons. Il montre que celui qui chasse les esprits mauvais en son nom, ne se considère pas propriétaire de l’énergie, de la puissance à l'œuvre, quand il invoque le nom de Jésus. Son action bienfaisante « parle » de la puissance libératrice du nom de Jésus, et révèle la justesse et la vérité de son lien à Jésus.

« Celui qui n'est pas contre nous est pour nous. » Les disciples sont conduits par Jésus à perdre leurs prérogatives d’être les premiers qui doivent être suivis par d’autres ; l’Es- prit précède Pierre dans la maison de Corneille (Actes 10). Les chrétiens « patentés », les responsables en Église et tous ceux qui les suivent, ont à accepter de ne pas être les meilleurs ni les plus forts, de devenir « comme des petits enfants » qui ne peuvent se targuer de leur propre force, parce quelle leur vient d’un Autre. Il leur faut accueillir le verre d’eau à boire, ce que les autres, non croyants, veulent leur offrir. Donner à boire, c’est tout simple, ce n’est ni croire au Christ, ni devenir disciple. Quiconque leur donne à boire un verre d’eau, les reconnaissant comme des hommes d’espérance animés de cette relation au Christ qui passe par le « petit », reçoit aussi, mystérieusement, de façon cachée, d’appartenir au Christ.

« L’Esprit souffle où il veut... » (Jean 3,8) L’Église de Jésus-Christ a pour espace le grand large, elle est exposée au souffle de l’Esprit, elle ne peut fermer ses portes ni verrouiller sa maison. Si elle peut être tentée d’imposer des frontières étroites à l’Esprit, de lui imposer ses conditions, elle n’appartient plus au Christ.

Malou Le Bars

Animatrice de lecture biblique, membre d’une équipe Mission de France en Bretagne.

Source : Témoignage Chrétien n° 3508 ,du 27 septembre 2012 page  16

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Published by Denis CHAUTARD - dans foi
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commentaires

claudine onfray 29/09/2012 19:48


oui que ce vent d'ouverture souffle et bouscule les habitudes et les certitudes