Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 11:35
Vision de Saint Augustin  Détail d'une toile de Vittore Carpaccio

Vision de Saint Augustin Détail d'une toile de Vittore Carpaccio

Augustin, un géant de la recherche et de la contemplation de la Beauté divine. Impossible de s'approcher de la théologie de la Sainte Trinité, de méditer la vie sacramentaire ou les écrits de st. Jean ou encore de se lancer dans la philosophie de l'histoire sans le rencontrer. À tous, il rappelle deux réalités essentielles : Dieu seul est capable d'étancher notre soif de vérité et d'amour - et c'est dans l'Église que nous rencontrons Dieu puisqu'il s'est fait homme en Jésus-Christ et que l'Église est le Corps du Christ.
Avant de gravir de tels sommets de lumière fulgurante, Augustin a parcouru toute une trajectoire : sa quête douloureuse de la vérité dans le Christ. Né à Thagaste (Souk-Ahras en Algérie) en 354, d'un père païen et d'une mère chrétienne Monique, il ne fut pas baptisé à sa naissance. Longtemps, il est la désolation de sa mère. Étudiant à Carthage, il a pris une concubine et il reste fasciné par les sectes et les modes culturelles de son temps. Déjà parvenu à environ trente ans, le brillant rhéteur gagne Rome, puis Milan : là il fait la rencontre décisive de sa vie, l'évêque saint Ambroise. Enfin, les prières de sa mère sont exaucées : il reçoit le baptême chrétien la nuit de Pâques 387. Ordonné prêtre quatre ans après, Augustin s'investit à fond dans l'Évangile du Christ. Il n'a pas oublié le fils qu'il avait eu de sa concubine : il est nommé Adéodat, "Dieudonné", il continue de le chérir et il a été baptisé avec lui.
Désormais jusqu'à sa mort le 28 août 430, devenu en Afrique du Nord évêque d'Hippone, Augustin sera grand dans toutes les dimensions de son être : son intelligence sublime de théologien, ses combats ardents contre les hérésies, le service des pauvres et de la communauté chrétienne. Ses Écrits ont traversé les siècles : ainsi ses " Confessions" et " La Cité de Dieu". Il nous invite à presser le pas vers Dieu : " Tard, je t'ai aimée, Beauté divine si ancienne et si toujours nouvelle...Aime, et ce que tu veux, fais-le."

Frère Bernard Pineau, 
Dominicain (1925-2017)

Lien à la Source

 

 

Partager cet article

Repost0
27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 06:47
Sainte Monique Luis Tristan de Escamilla

Sainte Monique Luis Tristan de Escamilla

Sainte Monique est  née en 332 à Thagaste dans l'Empire romain (aujourd'hui Souk Ahras en Algérie) et décédée en 387 à Ostie (aujourd'hui en Italie), est une chrétienne d'origine berbère. Née dans une famille chrétienne, Monique est mariée très jeune à un notable païen de Thagaste, Patricius. Elle sera une épouse modèle pour ce mari infidèle et violent que sa douceur et son silence sous les reproches finiront par convertir. Elle a de lui trois enfants, dont le futur saint Augustin. Veuve en 371, elle se dévoue à ce fils qui semble “mal tourner”. Tout d’abord, il vit maritalement avec une femme dont il a un fils. Mais le plus douloureux reste l’adhésion à la secte manichéenne, si opposée à la foi chrétienne. Que de larmes cet enfant coûte-t-il à sa mère. Des larmes importunes pour cet esprit libre. Pour y échapper, Augustin s’enfuit en Italie et Monique le rejoint à Milan où elle se met à l’école de l’évêque saint Ambroise. C’est alors qu’elle a la joie immense d’assister à la conversion et au baptême du fils chéri. Désormais elle ne sera plus un reproche vivant, mais une aide et même une disciple quand s’affirmera l’ampleur intellectuelle et spirituelle du futur Père de l’Église. Un soir, à Ostie, ils ont le bonheur de partager une expérience spirituelle intense qu’Augustin n’évoquera qu’à demi-mot dans ses “Confessions”. Elle mourra quelques jours plus tard, mère comblée de ce fils qui l’avait tant fait pleurer.


Lien à la Source
 

Partager cet article

Repost0
28 juin 2021 1 28 /06 /juin /2021 15:27
« Saint Pierre et saint Paul ». Barcelone © MNAC - Museu Nacional d’Art de Catalunya

« Saint Pierre et saint Paul ». Barcelone © MNAC - Museu Nacional d’Art de Catalunya

Saint Pierre et saint Paul que nous fêtons ce mardi 29 juin sont les deux colonnes de l’Eglise, les deux premiers témoins sur qui repose la foi des premières communautés. A une époque où les « évangélistes » font recette dans bien des lieux où l’Eglise est en perte de vitesse, je vous invite à une petite réflexion autour du mot (barbare !) : « Evangélisation » ! Je m’inspire d’une page du site de la communauté de Taizé (en Bourgogne) :
 « À l’heure du marketing, nous avons appris à nous méfier de ceux qui nous promettent des bonnes choses. Dans ce contexte, le mot du Nouveau Testament « évangéliser » peut faire peur. On est gêné de proposer sa foi à quelqu’un d’autre, comme s’il s’agissait d’un produit de vente. Et nous avons un sens si affiné du respect de l’autre que nous ne voulons pas donner l’impression d’imposer nos idées ou de chercher à convaincre. Surtout quand il s’agit d’un thème aussi intime que la confiance en Dieu.
Mais savons-nous vraiment ce que le Nouveau Testament entend par « évangéliser » ? En grec, le verbe est utilisé pour résumer l’expression « annoncer une bonne nouvelle » : quelqu’un « d’évangélisé » est, en somme, quelqu’un qui a été « mis au courant ». Le verbe peut être employé pour l’annonce d’une naissance, d’un armistice ou pour l’avènement d’un nouveau dirigeant, il n’a donc au départ rien de religieux. » …
« Évangéliser n’est pas avant tout parler de Jésus à quelqu’un mais, bien plus profondément, le rendre attentif à la valeur qu’il a aux yeux de Dieu. Évangéliser, c’est lui transmettre ces mots de Dieu qui retentissent cinq siècles avant le Christ : « Tu as du prix à mes yeux, et je t’aime » (Isaïe 43, 4). Depuis le matin de Pâques, nous savons que Dieu n’a pas hésité à tout donner pour que jamais nous n’oubliions ce que nous valons. »

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
24 juin 2021 4 24 /06 /juin /2021 11:00
El Greco - Saint Jean Baptiste

El Greco - Saint Jean Baptiste

Ils sont deux personnages de l’Evangile dont l’Eglise ne célèbre pas la fête le jour de leur mort, mais le jour de leur naissance : Jésus et Jean Baptiste.
Jean-Baptiste inaugure la naissance de ce monde nouveau qui advient avec le Christ.
Voilà pourquoi ce texte « naître » de Jean Debruynne est particulièrement en résonnance avec la fête de Saint Jean Baptiste :

Naître
C’est se déposséder
C’est s’accepter avec ses deux mains nues
Et son visage à découvert
Naître
C’est quitter son masque et son déguisement
Naître
C’est oser, c’est prendre le risque
C’est quitter la terre ferme
C’est ne pas savoir à l’avance ce qu’il y a devant
C’est accepter l’inconnu, l’imprévu, la rencontre
Naître
C’est inventer de nouveaux mondes
Qui deviendront des mondes nouveaux
Naître
C’est tout laisser derrière soi
Ses greniers et ses gardes manger
Ses coffres forts et ses sécurités
Ses habitudes et ses certitudes
Naître
C’est quitter son abri
C’est essuyer le vent de face
Et porter le soleil sur son dos
Naître
C’est avoir trop froid et trop chaud
Naître
C’est n’avoir plus d’autre maison que le passage
C'est accepter que le pain n'ait plus le même goût
Et c'est accepter peut-être
Qu'il n'y ait plus de pain du tout...
Naître
C’est prendre le temps d’aimer
Celui qui aime est un inventeur, c’est un nomade
Celui qui naît se croyait seul
Il est plusieurs, il est multiple, il est deux
Et même Dieu était parti
Et faisait route vers eux.

Jean Debruynne (11 mars 1925 - 8 juillet 2006)

Prêtre de la Mission de France

Ecrivain et Poète

Extrait de l'ouvrage "Les trois saisons d'aimer" 1980

Partager cet article

Repost0
16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 19:59
Mercredi 16 juin, fête de Saint Jean-François Régis (1597-1640), apôtre de l'Ardèche et du Vivarais

Jésuite français né à Fontcouverte dans l’Aude, Jean-François Régis est le saint patron des jésuites de la Province de France. Sa vie témoigne de la vitalité des premiers jésuites “missionnaires de l’intérieur” qui parcourent montagnes et vallées pour annoncer la Bonne 
Le nom de Régis reste lié à celui de Lalouvesc, petite ville d’Ardèche, où il est mort d’épuisement. Depuis les pèlerins ne cessent de venir…
Qui était saint Jean-François Régis ?
Régis naît à Fontcouverte en Languedoc en 1597. Son nom de famille va devenir grâce à lui un prénom. La France sort des Guerres de Religion et connaît un vrai printemps d’Église, avec des saints comme François de Sales ou Vincent de Paul.
Avec “un visage épanoui, un abord gai, riant, franc et familier”, sans parler de son mètre 92, c’est une vraie force de la nature, ce qui lui permet d’intervenir, vigoureusement au besoin, pour fermer la bouche des blasphémateurs, pour défendre des prostituées du Puy contre leurs souteneurs, ou simplement pour parcourir sans relâche les montagnes du Vivarais, des Cévennes et du Velay. Sa ferveur mystique impressionnait : “On aurait dit qu’il respirait Dieu seul … “, de même la chaleur de son accueil pour les montagnards venus par temps de neige à sa rencontre : ” Venez, mes enfants, je vous porte tous dans mon cœur “.
Au Puy, ” le père des pauvres ” n’arrête pas d’hôpital en prison, de taudis en soupe populaire, de lutte contre le chômage ou le marché noir en maison d’accueil … Et grâce à lui, parfois, la fille de rue devient dentellière!
Il y laissera sa santé et sa vie. C’est dans ce pays de rude climat, pour apporter à ses “enfants” montagnards la parole de Dieu, qu’il mourut de froid et d’épuisement, un 31 décembre, à Lalouvesc où l’on vient aujourd’hui encore en pèlerinage.
Les missions itinérantes
Régis visite et évangélise les écarts et les villages voisins de la paroisse. Un habitant, Claude Sourdon, s’en souvient encore en 1702 :
” Lorsqu’il sortait de notre maison où il était logé pour aller catéchiser les peuples dans les paroisses voisines, dans les huttes et les granges, il se contentait pour toute nourriture d’une pomme qu’il demandait à ma mère pour soutenir ses forces dans les fatigues de tout le jour dont il n’était de retour qu’à l’entrée de la nuit. ”
Le caractère itinérant des missions de Régis tient aussi à ce qu’il allait d’une paroisse à l’autre dans la même région, ” courant d’un village à l’autre, toujours à pied, avec des peines et des dangers incroyables… en un temps où personne n’osait tenir la campagne . ” La zone des lieux évangélisés par Régis, attesté par la tradition locale, est si vaste qu’il n’est pas possible qu’en si peu d’années il ait pu le faire autrement qu’en courant de village en village.
Les foules se déplacent à sa rencontre, l’accompagnent aussi d’une paroisse à l’autre. Une partie du travail du missionnaire se fait parfois en chemin. La foule de ceux qui le suivaient par les champs était quelquefois si grande que, pour ne les point incommoder, les faisant suivre trop loin, sa charité l’obligeait de s’asseoir sur une pierre, et d’entendre là leurs confessions trois ou quatre heures de suite, ayant les pieds dans la neige, et tout le corps exposé aux rigueurs de la saison la plus rude. “Catéchiser et prêcher, instruire et émouvoir : tel est le double souci du Régis. Jusque dans le débordement de son zèle, il reste pédagogue. ” Il expliquait très distinctement de manière fort simple et très touchante les mystères de la religion et en enseignait la pratique d’une manière très utile qui les faisait comprendre, et chacun sentait l’impression de l’Esprit-Saint dont il était animé lui-même. “

Biographie du sanctuaire de La Louvesc (Ardèche)

Lien à la Source

 

 

Partager cet article

Repost0
19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 14:03
Notre prière en ce jour de la Fête de Saint Yves, patron des avocats et des magistrats

En ce 19 mai 2021, jour de la fête de Saint Yves, prêtre et official du diocèse de Tréguier, né probablement vers 1253, et décédé au manoir de Kermartin à Minihy, dans le Duché de Bretagne le 19 mai 1303, 
Saint patron des avocats et des juges, 
En ce jour également de protestation nationale des policiers suite aux deux assassinats récents et aux conditions de plus en plus difficiles d’exercice de leurs missions, 
Nous sommes unis – policiers – avocats et magistrats chrétiens dans la prière et dans l’action pour la justice et pour la paix.

Que notre prière à Saint Yves soit celle des pauvres et des affamés de justice :

« Ô saint Yves écoute les prières de tous ceux qui viennent t’invoquer au pied de ton tombeau ou dans ton église du Minihy.
Toi, le Père des pauvres, prends pitié de tous les pauvres de notre temps :
les chômeurs, les sans-abris, les laissés-pour-compte, les malades,
tous ceux et celles qui, d’une manière ou d’une autre,
ont été blessés dans leur dignité d’hommes et de femmes.
Toi, le Patron des avocats et hommes de loi,
nous te prions pour ceux qui ont la lourde mission de rendre la justice,
et nous te prions aussi pour toutes les victimes de l’injustice sous toutes ses formes.
Toi, le Saint Prêtre de Dieu, obtiens à notre Bretagne, autrefois si chrétienne,
les prêtres dont elle a grand besoin.
Toi, le modèle de la jeunesse étudiante, aide nos jeunes, en particulier
ceux qui sont sans repère, à trouver un sens à leur vie, une raison d’exister.
Saint Yves, secours de tous ceux qui t’invoquent, entends notre prière,
et, nous t’en conjurons, sois à l’heure dernière l’avocat des Bretons.
Amen ! »

Denis Chautard
Aumônier catholique à la Préfecture de Police de Paris

Lien à la Source
 

Partager cet article

Repost0
24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 20:10
Arcabas -L'Annonciation

Arcabas -L'Annonciation

Que se passe-t-il au moment de l'Annonciation ? Un ange vient indiquer à une jeune femme la survenue d'événements pour le moins déroutants. Marie va devenir enceinte sans que son fiancé n'y soit pour quelque chose, situation embarrassante s'il en est. Or l'ange de l'Annonciation, comme celui qui visitera Joseph plus tard, indiquent une clé de lecture toute différente aux deux fiancés. Dans cette grossesse apparemment malvenue on peut discerner les traces d'un agir divin tout à fait extraordinaire. La surprise de la grossesse de Marie peut donc être lue de deux manières :

On peut y voir un événement dont on va rechercher, le pourquoi, le comment. Cette causalité problématique (qui est le père ?) va conditionner le déroulement de l'histoire (Joseph veut répudier Marie). Autrement dit, l'histoire de Marie et de Joseph ne peut plus continuer parce que les conditions que l'on considère comme nécessaires pour commencer une vie de couple ont été perturbées et ne sont plus présentes. Cela renvoie d'une manière générale à toutes ces fois où nous considérons que les conditions de nos vies telles que nous les interprétons nous enferment, nous lient et nous empêchent d'avancer dans la vie.

Mais l'ange s'attarde peu sur la cause de la grossesse, il parle principalement au futur indiquant ce que sera cet enfant. Il pousse le regard de Joseph et Marie vers l'avant, vers ce qui va arriver à partir de là. Il ne s'agit plus alors de se demander si les conditions sont suffisamment bonnes pour que nous acceptions d'avancer dans l'histoire, il s'agit, étant pris dans le dynamisme de cette histoire, de savoir ce que nous allons pouvoir en faire avec Dieu.(…)

Thierry Collaud est titulaire d’un doctorat en médecine et d’un doctorat en théologie. Il pratique la médecine générale à Neuchâtel. Il est collaborateur scientifique et chargé de cours à la faulté de théologie de Fribourg (Suisse).

Lien à la Source


 

Partager cet article

Repost0
18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 09:28
Saint Joseph avec l'Enfant Jésus - Guido Reni, 1635 environ - musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg

Saint Joseph avec l'Enfant Jésus - Guido Reni, 1635 environ - musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg

Le grand silencieux
 
Dans les Évangiles, nous ne trouvons pas un mot prononcé par saint Joseph. Mais son silence n’en est pas un du vide. Il renferme un des plus grands secrets de l’histoire du salut. Averti par un ange dans son sommeil, il sait que sa fiancée, Marie, porte en elle un enfant conçu par l’opération du Saint-Esprit (Matthieu 1,20-22). À son réveil, il ne dit mot et prend chez lui sa fiancée enceinte. Il a désormais chez lui le Messie attendu depuis des siècles et sa Mère. Il garde le secret, mais, dans sa prière et sa méditation, il entre dans les vues que les Écritures annonçaient à propos de cet enfant. Joseph est un grand contemplatif. Mais il est aussi un grand débrouillard qui a su prendre les mesures pour obéir promptement aux ordres venus du Ciel.
 
Le Père de Jésus
 
On a donné toutes sortes de qualificatifs à la paternité de saint Joseph envers Jésus. Imitons la belle simplicité de celle qui a vécu la situation. En le retrouvant au Temple après trois jours de recherches, Marie s’adresse à Jésus en lui disant : « Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous. Ton père et moi nous te cherchions tout angoissés » (Luc 2,48), « ton père ». Saint Joseph a été le père de Jésus en tout sauf sous l’aspect biologique. Il l’a aimé, il l’a nourri, il lui a appris à parler, il l’a éduqué, il lui a montré à prier, il lui a enseigné un métier. Il a été l’image humaine du Père éternel qui s’est révélé à l’homme Jésus au moment approprié. Si nous avons eu un bon père, l’image de celui-ci nous aide à habiller de façon humaine l’idée que la foi nous donne de notre Père céleste. Jésus n’a pas échappé à notre condition humaine. Il a donné à saint Joseph le même vocatif, ABBA, Papa, qu’il a adressé plus tard à son Père éternel.
 
Le patron de la bonne mort
 
Saint Joseph a fait une sortie discrète comme l’accomplissement de sa vocation. On ne sait pas quand ni comment il est décédé. Les Évangiles ne nous disent pas ce qui n’est pas essentiel à la connaissance salvatrice du mystère. On imagine qu’il a quitté la vie mortelle en compagnie de Jésus et de Marie. C’est pourquoi on l’invoque comme le Patron de la bonne mort.
 
Un grand saint
 
Personne n’a aimé Jésus et Marie autant que lui. Personne n’a été aimé autant que lui par notre Sauveur et sa Mère. La sainteté, c’est aimer Dieu et accueillir son amour. Ce n’est pas à nous de mesurer le degré de sainteté des amis de Dieu. Mais nous pouvons, dans la liste des saints, placer Joseph tout de suite après son Épouse. Dans son encyclique Redemptoris Custos (Le Gardien du Rédempteur), le pape Jean-Paul II nous dit que « dans l’écoute religieuse de la Parole de Dieu, Joseph est dans cette ligne, après Marie ou avec elle – le plus parfait modèle. »
 
Une dévotion progressive
 
L’Église a gardé saint Joseph dans sa mémoire, mais elle a ruminé longtemps son rôle et son témoignage avant d’en expliciter toute la richesse. La dévotion populaire à ce grand saint a précédé les actes du Magistère. En 1872, Léon XIII l’a proclamé « Patron de l’Église catholique ». En 1955, Pie XII a institué la fête de « Saint Joseph artisan » pour affirmer la valeur sanctifiante du travail. En 1962, Jean XXIII l’a fait entrer dans le Canon de la messe (la prière eucharistique) jusque-là hermétique, à côté de la Mère de Dieu, avant les Apôtres et les autres saints. En 1989, Jean-Paul II lui consacrait une magnifique lettre encyclique « Redemptoris  Custos » mentionnée plus haut.
 
Depuis les derniers siècles, les sanctuaires dédiés à saint Joseph se sont multipliés dans le monde. Grâce au zèle de l’humble saint Frère André, nous avons, à Montréal, le plus monumental sanctuaire au monde érigé en l’honneur de ce grand saint. Faisons en sorte que ce signe de notre dévotion traditionnelle à saint Joseph nous aide à conserver celle-ci dans notre mémoire et notre foi.
 
 + Robert Lebel
8 novembre 1924 - 25 mai 2015
Évêque émérite
Diocèse de Valleyfield (Canada)
 
Lien à la Source

 

 

Partager cet article

Repost0
1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 18:17
2 février, fête de la « présentation de Jésus au Temple »

La CHANDELEUR. C’est le nom populaire de la Fête de la Lumière : Jésus fut présenté au Temple de Jérusalem par Marie et Joseph quarante jours après sa naissance, en conformité à la Loi de Moïse. Marie sa mère se soumit au rite de purification prescrit pour les mères venant d'accoucher.

Syméon, poussé par l'Esprit et devenant prophète, vint à la rencontre de l'enfant Jésus, le prit dans ses bras, le proclamant « Lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël »

Anne, veuve prophétesse, reconnut en lui le libérateur de Jérusalem. En même temps, dans la prédiction de Syméon à Marie, sur le bonheur de la naissance de Jésus le sauveur, se projette déjà l'ombre de la Croix : « Ton enfant sera un signe en butte à la contradiction. Toi-même, un glaive transpercera ton âme : ainsi seront dévoilées les pensées intimes de bien des cœurs ». (Luc 2. 22-38).

La fête de la Présentation de Jésus au Temple célèbre d'abord sa mission de sauveur universel. Homme-Dieu, il se manifestera comme le nouveau Temple, unique et définitif.

Cette fête est aussi louange de Marie sa mère, Fille de Sion, qui gardera mémoire de cet évènement dans son coeur. Pour symboliser cette rencontre en Jésus de l'humanité et de la Divinité, dès sa petite enfance, on fait la procession des lumières. D'où ce nom de Chandeleur.

Et la tradition des crêpes ? Cette coutume provient du V ème s. Nombreux étaient déjà les pélerins à Rome, même en plein hiver. Souvent très pauvres, ils y arrivaient affamés. Une année où l'hiver fut très dur, le Pape Gélase ordonna de ramasser dans Rome toute la farine et les oeufs disponibles pour réconforter les pélerins. Alors, que la confection des crêpes soit un geste d'amitié et de partage : « Qu'en nos mains soient des lampes allumées pour reproduire visiblement la foi de Syméon portant la Lumière en ses bras. Soyons brûlants d'amour, lumière en nos coeurs et par nos œuvres » (Guerric d'Igny).

Rédacteur: Frère Bernard Pineau, Dominicain

Lien à la Source

Partager cet article

Repost0
25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 18:31

Sainte Catherine est la patronne des jeunes filles et des philosophes et l’une des plus célèbres martyres des premiers siècles. La plus jolie et la plus savante des jeunes filles de tout l’Empire, mystiquement fiancée à la Sagesse éternelle qui lui fait écarter avec succès les objections apportées contre la foi par les philosophes chargés de la convaincre de l’inanité du christianisme. Une sainte dont la légende a dévoré l’existence historique, recouverte de broderies fabuleuses. Car elle est surtout connue par cette légende qui la fait mourir déchiquetée par quatre roues armées de pointes et de scies. Très populaire au Moyen Age, elle fut l’une des « voix » de sainte Jeanne d’Arc. Son culte reste très vivant au monastère situé au pied du mont Sinaï où des anges l’ont portée.
« Je suis la descendante de l’illustre roi Costos. On m’appelle Catherine. J’ai étudié les langues, exploré toute la science des philosophes et des poètes. Mais j’ai compris : ce ne sont que vanités ! Alors j’ai suivi mon Seigneur Jésus Christ. Je n’épouserai que mon Dieu ! » 
(La Passion de sainte Catherine)
 

Le mariage mystique de Sainte Catherine – Entourage de Daniel Seghers Huile sur panneau de chêne. Ecole anversoise de la première moitié du 17e siècle. Peintre de l’entourage de Daniel Seghers (1590 – 1661).

Le mariage mystique de Sainte Catherine – Entourage de Daniel Seghers Huile sur panneau de chêne. Ecole anversoise de la première moitié du 17e siècle. Peintre de l’entourage de Daniel Seghers (1590 – 1661).

Comme surprises dans l’ouverture d’une fenêtre, ces noces spirituelles s’inscrivent dans un blason architecturé ceint d’une luxuriante couronne florale, véritables miscellanées botaniques.
La scène empreinte de douceur féminine et maternelle, célèbre l’union de la Sainte à Dieu. Et la mandorle richement fleurie vient garnir l’autel de cet amour. Comme toujours dans les œuvres illustrant le sujet (le Corrège, le Parmesan, Memling, Véronèse…) la Sainte est représentée épousant le Christ enfant afin de renforcer l’image de pureté.
Dans « Le Cantique spirituel », Saint-Jean de la Croix décrit l’expression de « mariage mystique » comme une élévation, une expérimentation personnelle qui permet de ressentir l’amour de Dieu plutôt que de tenter de le comprendre.
Nous retrouvons dans notre précieux tableau la suavité du coloris de Daniel Seghers, sa facture lisse aux couleurs vives, sans ombres.
Daniel Seghers (Anvers 1590 – id. 1661). Elève de Jan Bruegel de Velours en 1610, il est reçu Maître à Anvers l'année suivante. Il entre en 1614 dans la Compagnie de Jésus et prononce ses vœux définitifs en 1625. Dès lors, il signe ses tableaux " Daniel Seghers Soc. [Societatis] Jesu ".
Seghers invente un nouveau type de guirlandes de fleurs plus en adéquation avec le goût ornemental baroque. Quand son maître, Jan Bruegel de Velours, disposait de simples couronnes de fleurs autour d’un médaillon central, Seghers crée de véritables espaces architecturés en trompe-l’œil sur fond sombre offrant l’illusion de monuments de pierre.
L’image pieuse qui illustre le centre de ses compositions est souvent peinte par d’autres artistes. Plusieurs guirlandes de Seghers dont le médaillon central est vide nous en apportent la preuve. Les principaux peintres ayant peint les motifs centraux sont le Dominiquin, Gonzales Coques, Erasme Quellinus II, Cornelis Schut, Abraham Diepenbeck ou Thomas Willeboirts Bosschaert.
Un catalogue de son œuvre, dressé par l'artiste lui-même et comportant l'indication de ses clients, a été retrouvé récemment. Il est le témoignage de la diffusion de sa peinture dans les plus grandes maisons d’Europe.
Lien à la Source
 

Partager cet article

Repost0