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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 14:42
Homélie du dimanche 28 juin 2015

« Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée »

Après le chapitre sur les paraboles (4, 1-34), l’évangile de Marc nous présente Jésus qui continue la formation de ses disciples à travers une série de miracles. Le premier est celui de la tempête apaisée, le second la libération du possédé de Gerasa et aujourd’hui la guérison de la femme qui souffrait depuis douze ans et la résurrection de la fille de Jaïre. Ces miracles montrent la bonté de Dieu et servent de leçon d’apprentissage, de pédagogie pastorale pour les apôtres et pour nous.

Jésus a le pouvoir d’apaiser nos angoisses et de raviver notre espérance.

Les maladies chroniques, les cancers de toutes sortes, la mort prématurée font voler en éclat toutes nos illusions et toutes nos prétentions au contrôle de notre vie. Plus on avance en âge, plus on se rend compte qu’on a peu d’emprise sur notre santé physique et mentale. Malgré tous nos efforts, le vieillissement, la maladie et la mort nous rattrapent inexorablement.

Je me souviens d’avoir administrer le sacrement des malades à une personne d’une soixantaine d’années. Les médecins lui avaient donné 48 heures de vie. L’homme avait travaillé sans relâche pendant toute sa vie. Il était à la retraite depuis peu et comptait en profiter au maximum. Il avait élaboré toute une série de projets pour ses années de retraité. Un cancer virulent l’emporta en moins de trois mois. Lors de ma visite, il était calme et résigné. Avec le sacrement des malades et s’était réconcilié avec son Dieu, et, quelques heures plus tard, il est décédé tout doucement, entouré de sa famille.

La maladie et la mort sont de grandes pédagogues et nous invitent à ne pas trop nous attacher aux biens de ce monde, à nous préparer à faire face à ces réalités de fin de parcours que l’on essaie souvent d’ignorer. On refuse d’y penser et on agit comme si elles n’existaient que pour les autres. La maladie et la mort sont des moments importants de notre vie.

Aujourd’hui, l’évangile nous parle d’une femme, souffrant d’une maladie débilitante. C’est pour elle non seulement une souffrance et un handicap mais aussi la cause de rejet et de discrimination. La malade «qui souffrait de perte de sang depuis douze ans» était considérée comme impure. Elle devait se tenir loin des autres. Si elle touchait quelqu’un, cette personne devenait impure. Tabous et préjugés, résultats d’ignorance médicale! Vis-à-vis la fille de Jaïre, Jésus savait que, dans sa culture, toucher à un cadavre rendait une personne impure. Jésus n’avait pas peur de lutter contre les tabous et les préjugés de toutes sortes, lui qui mangeait avec les lépreux et les pécheurs et ne craignait pas d’entrer en contact avec eux.

Le texte d’aujourd’hui souligne de façon spéciale le verbe toucher : la femme touche Jésus et est guérit, Jésus prend la petite fille par la main et lui redonne la vie. S. Marc souligne ici l’importance du contact avec le Seigneur. Dans un chapitre précédent, il écrit que tous ceux qui avaient des infirmités se précipitaient sur Jésus pour le toucher (3, 10). Plus loin, il ajoute : «Partout où il entrait, villages, villes ou hameaux, on mettait les malades sur les places ; on le suppliait de les laisser toucher seulement la frange de son vêtement ; et ceux qui le touchaient étaient tous guéris» (6, 56). S. Luc, au chapitre 6, 19 écrit : «toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.» Pour les évangélistes, cette force n’a rien de magique. C’est la puissance de Dieu qui agit à travers Jésus et, s’il y a miracle, c’est en réponse à un acte de foi.

Nous portons tous nos souffrances physiques et morales. Nos vies sont fragiles. Mais nos manques, nos faiblesses, nos vides sont autant de raisons de vouloir toucher au Christ, entrer en contact avec lui. Il ne fera pas nécessairement disparaître nos maladies et nos fauteuils roulants. Mais il a le pouvoir d’apaiser nos angoisses et de raviver notre espérance.

L’évangile d’aujourd’hui souligne deux choses importantes :
a) la nécessité de revoir nos préjugés et nos tabous. Nous en avons tous! Nous sommes invités, à l’exemple du Christ, à ne pas avoir peur de nous approcher de ceux et de celles qui souffrent, de ceux et de celles qui sont malades et mis de côté.
b) l’importance de la foi. À la femme malade, le Christ dit : «Ma fille, ta foi t’a sauvée; va en paix et sois guérie de ton infirmité.» Et au chef de synagogue : «Sois sans crainte; aie seulement la foi

Nous pouvons nous interroger sur la qualité de notre propre foi et nous demander ce que nous faisons pour que cette foi puisse progresser, croître et atteindre une plus grande maturité. Pendant la période d’été, nous avons un peu plus de temps à notre disposition pour jouir de la nature, pour lire, méditer et prier. Demandons au Seigneur, en ce dimanche d’été, d’augmenter notre foi.

Yvon-Michel Allard directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.

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Published by Denis CHAUTARD - dans homélie
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