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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 19:57
De gauche à droite : Amer, Fadia, Annick et Michel

De gauche à droite : Amer, Fadia, Annick et Michel

 

Amer et Fadia ont dû fuir l'Irak, chassés par Daesh. Un couple de retraités, Annick et Michel, du village d’Hennezis, dans le Vexin normand, leur a ouvert ses bras pour les aider à se reconstruire.

 

Ils échangent des sourires l complices, plaisantent et se taquinent même comme le font des amis, ou des membres d'une même famille. C'est une belle histoire qui unit Annick, Michel, Amer et Fadia. Un conte de Noël qui permet d'échapper à un destin tragique.

 

Une bouteille à la mer

Tout a commencé il y a plus d'un an et demi. Avril 2015, Amer, 28 ans, lance une bouteille à la mer sur Internet. Avec sa famille, il a dû fuir l'est de l'Irak, à la frontière syrienne. Installé à Quaraqosh, plus au nord, près de Mossoul, il craint toujours pour sa vie et celle des siens. Il est orthodoxe. Fadia, son épouse, 27 ans, est catholique. Les chrétiens sont devenus la cible de l'Etat islamique. Alors pour tenter de fuir, il lance un appel sur un réseau social. Une bouteille à la mer.

C'est Annick qui lui répond. « J'ai vécu en Tunisie petite, et je suis allée plusieurs fois au Liban, je sais lire l'arabe », explique-t-elle. À des milliers de kilomètres, Amer et Annick font connaissance par écran interposé. Une main tendue.

À l'été 2015, Amer, Faria et leur famille se réfugient à Erbil, à l'ouest de Mossoul. Ils sont cinq familles à vivre dans un deux pièces. Pendant ce temps, Annick se renseigne sur les marches à effectuer pour faire venir en France le jeune couple. Elle se rapproche du consulat de France à Erbil, aide Amer à réunir tous les papiers. Pour obtenir un visa, « il leur fallait une adresse en France », explique Annick. En décembre, le 12 très exactement, c'est le soulagement : Amer et Fadia obtiennent leur sésame pour quitter un pays en guerre.

 

« Toute une vie dans une valise »

Le jeune couple « met toute sa vie dans une valise », et part d'abord pour Istanbul avant d'arriver à Roissy. C'était le 24 janvier 2016. « Pour moi, c'est un peu comme un accouchement, relate Annick. On a attendu 9 mois avant qu'ils n'arrivent ».

L'histoire d'Amer et Faria a touché au cœur la retraitée. Leur histoire a fait écho à la sienne, chassée de la Tunisie en 1961 alors que son père était ingénieur des mines, pour arriver à Marseille.

 

Accueillir le couple était pour elle une évidence.

Aujourd'hui, Amer et Faria ont obtenu le statut de réfugiés politiques. « J'ai tout perdu là-bas, explique Amer. Ma maison a brûlé, je n'avais plus de travail... » Et puis il y a cette blessure, « la famille qui nous manque et qui est restée en Irak ». Tous les jours, le couple découvre sur internet sa ville détruite, « mon frère qui est encore en Irak nous a envoyé des photos de notre maison saccagée ».

 

Apprendre le français

En Irak, Amer était avocat. Faria, elle, étudiait aux Beaux-Arts. Ils ont trouvé chez Annick et Michel « une deuxième famille ». Et une communauté généreuse, « c'est un voisin qui m'emmène à l'association Alpha à Vernon pour mes cours de français ». Car en devenant réfugié, Amer a dû donner tous ses papiers, y compris son permis de conduire.

Désormais, il rêve de devenir photographe, Faria, elle, espère devenir coiffeuse. Repartir au pays, c'est risquer la mort.

« Comme nos enfants »

Voilà un an maintenant qu'Amer et son épouse Fadia sont hébergés chez Annick et Michel dans un petit village du plateau du Vexin. Le couple normand prend soin de ses protégés, « comme s'ils étaient nos enfants. En plus, ça nous rajeunit de s'occuper d'eux ! ». Le tout avec chaleur et simplicité. « Ils nous ont sauvés, ils sont nos anges gardiens », explique Amer.

« Si c'était à refaire, on le referait sans hésiter », souligne Annick avant de préciser : « On ne les laissera pas tomber, on les accompagnera jusqu'à ce qu'ils aient une situation stable ».

« Et peut-être qu'un jour, c'est toi Amer qui m'accueillera en Irak entouré de ta famille », glisse-t-elle.

 

Fabienne Marie

 

LE DÉMOCRATE VERNONNAIS

JEUDI 29 DECEMBRE 2016

Page 6

 

www.ledemocratevernonnais.fr

 

 

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Published by Denis CHAUTARD - dans Réfugiés
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